mardi 7 mai 2019

Européennes 2019. Propos centristes: Ecologie; smic européen, armée européenne, menace de l’extrême-droite…

Sélection des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux à propos de l’Europe et des élections au Parlement européen du 26 mai.

► France
● Gouvernement
Edouard Philippe (Premier ministre)
- Maintenant qu’Emmanuel Macron est élu, on voit la gauche et la droite nous dire qu’il faut sanctionner le président de la République comme si le sujet des européennes, ça n’était pas plutôt de s’intéresser à l’Europe.
- C’est à nous qu’il revient de construire la nouvelle Europe, l’Europe renaissante que nous appelons de nos vœux!
- Ma conviction c’est que les Français s’intéressent à l’Europe, qu’ils savent que c’est une part de ce que nous sommes et une part des solutions que notre pays peut mettre en œuvre.

François de Rugy (ministre de la Transition écologique et solidaire)
Demain au Parlement européen, il faudra des député-e-s qui travaillent au cœur d’une majorité pour mettre en œuvre des propositions efficaces pour l’écologie. Si la majorité se constitue autour des nationalistes anti-européens, l’écologie reculera.

Sébastien Lecornu (ministre chargé des Collectivités territoriales)
Ne vous y trompez pas, la seule personne qui porte l’héritage européen, républicain, français, qui fait notre identité, c’est Emmanuel Macron. Donc soyons basique, faisons simple, pour continuer la transformation du pays, on a besoin de cette élection européenne.

Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire)
- C’est important que toute la majorité se mobilise pour le projet européen. Cette élection européenne est déterminante. C’est l’Europe que nous voulons construire. C’est la possibilité pour la France de déployer son action en Europe.
- [Campagne de Nathalie Loiseau] Je suis assez frappée de la quantité d’insultes qu’elle reçoit, je trouve qu’il y a aussi une part de sexisme là-dedans.

● LREM
Nathalie Loiseau (tête de la liste Renaissance aux élections européeennes)
- Notre programme vise à bâtir une Europe puissante , car sans Europe forte il ne peut pas y avoir une France forte dans le monde d'aujourd'hui. Nous voulons en priorité faire de l'Europe une puissance verte, à même de réussir sa transition écologique. Nous proposons ainsi de créer une banque européenne du climat qui orientera l'épargne des Européens vers les investissements verts indispensables pour lutter contre le dérèglement climatique mais aussi créateurs d'emplois. Ensuite, nous voulons bâtir une politique industrielle commune. Pour cela, nous appelons à choisir des secteurs stratégiques pour lesquels il est urgent de revoir les règles de la concurrence. Dans un marché mondial, nous devons encourager l'émergence de champions dotés d'une taille critique suffisant et capable de faire face à des géants qui bénéficient parfois de subventions publiques. La Commission vient de donner son feu vert à un projet d'alliance dans les batteries électriques, sur une impulsion franco-allemande. Nous voulons encourager d'autres projets en commun, autour de l'intelligence artificielle par exemple, où l'Europe dispose des talents nécessaires et de la taille du marché.
- Nous voulons sortir de la naïveté dans le domaine commercial. Nous nous battrons pour que l'Europe se fasse respecter et fasse entendre sa voix pour peser dans le monde. L'attractivité du marché européen doit nous permettre de fixer nos conditions: réciprocité dans les marchés publics, pas d'accord de libre-échange avec un pays qui sort des accords de Paris, interdiction de l'accès au marché́ européen à toute entreprise ne respectant pas les exigences sociales et environnementales fondamentales.
- Notre modèle de croissance doit être respecté par nos partenaires. Le dispositif de surveillance des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques que nous avons poussé est un premier pas dans la bonne direction mais il est encore insuffisant, puisqu'il se fait sur une base nationale et volontaire.
- Sur le travail détaché, nous avons gagné l'acte I de la réforme, en instaurant le principe «à travail égal, salaire égal». C'était une première victoire. Mais nous voulons un acte II où «à travail égal, le coût est égal pour l'employeur» entre un travailleur national et un travailleur étranger détaché, c'est-à-dire, que les cotisations sociales seront celles du pays le plus généreux. Leur montant serait reversé au pays d'origine du travailleur détaché pour lutter contre le dumping social et aider à la convergence sociale par le haut en Europe. Entre-temps, nous avons signé des accords avec un certain nombre de pays de l'Est pour lutter contre la fraude et ces accords portent leurs fruits.
- L'Europe a construit un marché sans barrières intérieures mais elle n'a pas progressé sur la convergence sociale. C'est une attente forte des travailleurs et des entreprises. Un certain nombre de pays sont proches du plein-emploi aujourd'hui et souffrent de pénuries de main-d'œuvre. C'est le bon moment pour proposer une démarche de hausse des salaires minimums européens adaptée à chaque pays. Il est évident qu'on ne mettra pas le Smic bulgare au niveau du Smic luxembourgeois en six mois mais les pays de l'Est ne peuvent pas continuer à mener un dumping social inacceptable.
- Depuis quelques années, la droite européenne est devenue plus conservatrice. C'est vrai en France avec Les Républicains. C'est vrai aussi en Allemagne. Cette droite européenne prône le statu quo. Si nous utilisons le mot de progressisme c'est que nous pensons que le statu quo n'est pas tenable dans l'Union européenne et qu'elle a besoin d'un nouveau souffle, d'une nouvelle énergie. Il y a par ailleurs un contexte politique allemand dans lequel la chancelière a annoncé qu'elle quitterait le pouvoir à l'issue de son mandat, ce qui l'incite à la prudence. En Europe, le leadership d'Emmanuel Macron est une réalité. La liste que je conduis rassemble au-delà de la majorité présidentielle d'origine. Notre ambition est d'aller porter au Parlement européen cette capacité de répondre aux défis auxquels l'Europe est confrontée.
- Il y a deux manières de répondre aux inquiétudes de nos compatriotes et des Européens: certains veulent se protéger de l'Europe, ils se trompent. C'est à l'Europe de nous protéger. Dans quinze ans, aucun pays en Europe ne comptera parmi les dix premières puissances mondiales. L'Union européenne est en revanche la deuxième puissance économique et la première puissance commerciale du monde. Face à la Chine, à la Russie, aux Etats-Unis, aux géants de l'internet, seule l'Europe a la capacité de peser. C'est la bonne échelle pour répondre en matière commerciale, de puissance industrielle, de défi climatique, de défi migratoire et de défense.
- La défense européenne, on en a parlé pendant des décennies. Depuis deux ans, elle est en train de devenir une réalité car ce qui paraissait impensable devient réalisable: des financements européens, des coopérations entre 25 Etats de l'Union européenne. Les différences de culture entre la France et l'Allemagne n'empêchent pas de travailler ensemble sur le projet d'avion de combat ou de char de combat du futur , ou d'être présents ensemble au Mali. Oui, il se passe quelque chose.
- Nous avons besoin de capacités d'intervention européennes dotées de matériels communs, des armées qui savent mieux travailler ensemble. Il ne s'agit pas de faire concurrence ou de se débarrasser de l'Otan, mais d'en être un puissant pilier européen et surtout de répondre à des menaces qui ne sont pas considérées comme des priorités par notre partenaire américain. Quand Donald Trump parle de hausse des budgets de défense européens, il attend surtout que nous soyons les clients des entreprises d'armement américaines. Ce n'est pas notre vision des choses. Nous devons développer des armements européens.
- La campagne européenne a à peine commencé et personne n'a véritablement parlé d'Europe. Ce que j'entends du RN pour l'instant, c'est «carton rouge à Macron, faites échouer Macron!» et sur l'Europe, jusqu'ici, c'était «nous sommes pour une Europe différente que nous ferons avec nos alliés.»  Le 1er mai, le vrai visage du RN a fait son retour: Marine Le Pen a comparé l'Union européenne à l'union soviétique dans un discours résolument anti-européen. Les extrêmes ne s'accordent sur rien sinon sur la destruction du projet européen. Il y a urgence à lutter contre ce parti qui est la première formation politique française au Parlement européen. Si les Français veulent peser en Europe, veulent que notre modèle de société l'emporte en Europe, nous leur disons de ne pas confier leur voix à un parti anti-européen qui s'est opposé à tous les progrès au cours de ces dernières années. Le parti de Marine Le Pen a voté contre le Fonds européen de défense, contre le renforcement du contrôle des frontières extérieures, contre la lutte contre le dumping social et contre la lutte contre le terrorisme. Le bilan de cinq ans de présence massive du RN au Parlement européen, c'est un recul de l'influence française en Europe.
- J'ai bien écouté Michel Barnier. Il a parlé de souveraineté européenne, il a salué l‘action du président de la République. Il a aussi reconnu qu'il est minoritaire dans son parti et parlé d'un vote de loyauté. Je n'ai pas ressenti un vote d'enthousiasme ou d'adhésion.
- Monsieur Bellamy semble oublier que pour commencer nous avons un bilan, celui de notre action depuis deux ans. Il feint d'oublier la tribune du président de la République publiée dans la presse européenne pour une renaissance européenne. Il paraît ignorer que nous avons déjà fait connaître aux Français nos positions sur la transition écologique, l'agriculture, l'Europe sociale ou en matière de politique commerciale. Mais parlons de messieurs Bellamy et Wauquiez: ils sont les alliés de la CDU et de sa nouvelle dirigeante «AKK» qui veut que l'on renonce au siège du parlement européen de Strasbourg. Ils sont les alliés de Viktor Orban qui fait du dumping social au détriment des entreprises et travailleurs français et qui veut faire alliance avec Matteo Salvini. Leur projet ne dit rien ou presque sur l'Europe sociale, l'innovation ou la transition écologique. Quant à leur crédibilité quand ils disent vouloir changer l'Europe, le droit de la concurrence … Pourquoi leur parti ne l'a-t-il pas fait, eux qui gouvernent l'Europe depuis quinze ans! M. Bellamy en réalité veut le statu quo, c'est un souverainiste qui a voté «non» en 2005 et refuse de dire pour qui il a voté au second tour en 2017. Pour moi, voilà un gros problème démocratique.
- Nous serons le groupe incontournable pour construire une majorité et nous travaillerons avec tous ceux qui veulent faire avancer l'Europe.
- Le président de la République est impliqué dans les affaires européennes à sa place, celle de chef de l'Etat. Il a fait la campagne présidentielle comme européen convaincu et exigeant. Il a un leadership sans précédent en Europe. C'est au moins aussi fort que de participer à un meeting.
- J'ai envie de dire aux Français que nous voulons ramener le progrès en Europe: réussir la transition écologique, créer des emplois et des champions industriels européens, être autonome dans un monde qui est instable.
- Nous voulons bâtir une Europe puissante, car sans Europe forte il ne peut pas y avoir une France forte dans le monde d'aujourd'hui.
- Certains veulent se protéger de l'Europe, ils se trompent. C'est à l'Europe de nous protéger. Dans quinze ans, aucun pays en Europe ne comptera parmi les dix premières puissances mondiales.
- Le parti de Marine Le Pen a voté contre le Fonds européen de défense, contre le renforcement du contrôle des frontières extérieures, contre la lutte contre le dumping social et contre la lutte contre le terrorisme.
- Dans 20 jours, vous aurez le choix entre le repli ou la Renaissance de l’Europe. Vingt jours pour convaincre les Français de donner une réponse claire, un oui franc à l’Europe car nous voulons la changer ensemble.
- Je voudrais vous parler d’un mot qu’on n’entend plus beaucoup, qu’on ne prononce plus beaucoup, auquel les déclinistes ne veulent plus croire. Je voudrais vous parler de progrès.
- [Du progrès écologique] C’est maintenant ou jamais. Il y a devant nous un péril immense. Ne tremblons pas, ne nous résignons pas, agissons! Faisons de l’Europe une puissance verte.

Stanislas Guerini (délégué général)
- Il nous reste 20 jours pour défaire les contradictions des nationalistes. 20 jours pour convaincre que voter pour la liste Renaissance, c'est permettre à la France de reprendre tout son poids en Europe. 20 jours pour faire gagner la France et faire gagner l’Europe.
- Il nous reste 20 jours, 20 jours pour convaincre que le 27 mai, ça peut être soit le 1er jour du délitement du projet européen, soit le 1er jour de sa refondation.
- Quand la France veut faire bouger l'Europe, la France peut faire bouger l'Europe. Prenez la question du glyphosate, nous étions partis pour une prolongation de 15 ans et c'est grâce à la France qu'elle a été réduite à 5 ans.

Pieyre-Alexandre Anglade (député)
- [Une victoire du Rassemblement national aux élections européennes] ne serait pas un échec pour La République en marche. Ce serait un échec pour le pays.
- L'issue du scrutin est encore incertaine et qu'à trois semaines de l'élection les Françaises et les Français n'ont pas encore leur avis tranché donc il faut mener campagne résolument parce que deux visions de l'Europe s'opposent radicalement en tête de cette élection. Le RN a pour seul objet de défaire l'Europe alors que la liste LREM porte une vision positive, progressiste du projet européen avec la volonté de la refonder en profondeur.
- Ce que défend ou prétend promouvoir Marine Le Pen sur la protection des frontières, la lutte contre le terrorisme, sur une Europe plus sociale, pendant cinq années, elle s'y est systématiquement opposée. Je ne me place pas d'un point de vue strictement partisan, je pense que c'est dans l'intérêt du pays qu'on soit capable de porter un véritable projet de refondation.

● MoDem
Sarah El Hairy (porte-parole)
- Nous choisissons le 9 mai jour de l'Europe pour présenter notre programme qui répondra aux défis de l'écologie, de la souveraineté européenne ou d'une Europe sociale. Nos propositions répondront aux attentes des français vis à vis de l'Union européenne.
- Emmanuel Macron est déjà en campagne, car la liste Renaissance est dans la continuité de son discours de la Sorbonne, de sa lettre aux européens et nos troupes sont mobilisées et rassemblées pour faire gagner Nathalie Loiseau.

●UDI
Jean- Christophe Lagarde (président, tête de la liste Les Européens aux élections européennes)
- Nous proposons de supprimer totalement les contributions des Etats, ce qui permettrait de rendre 91 milliards d’euros aux français dans le prochain cadre budgétaire. La moitié doit être affectée au désendettement du pays.
- Nous proposons la fin des contributions nationales que chaque pays donne à l'Europe pour la faire fonctionner et qui alimentent les égoïsmes nationaux. On n’aura pas d'Europe puissante si chacun demande à retrouver sa mise en permanence!
- Nous avons toujours porté nos idées européennes, derrière Valéry Giscard d'Estaing, derrière Simone Veil, derrière Jean-Louis Borloo et, vous voulez simplement qu'on s'efface derrière une liste qui n'a pas de projet?
- Le SMIC européen, c'est de la poudre de perlimpinpin. Vous voyez Monsieur Macron ou Madame Loiseau expliquer aux suédois qu'ils doivent adopter le modèle français ?
Nous sommes à trois semaines des élections et on n’a pas de programme chez LREM: ils veulent esquiver le débat alors que l'Europe est en danger et qu'on regarde sur les ronds-points.
- L'Europe ne fonctionne qu'à partir de projets fédérateurs. Elle est en panne comme dans les années 80 où Jacques Delors avait réussi avec des projets fédérateurs à sortir l'Europe de l'ornière.
- Face au réchauffement climatique, Emmanuel Macron propose une banque. Monsieur Glucksmann propose une taxe: il est socialiste, c'est logique. Nous proposons un livret d'épargne populaire, un livret E comme Europe et Environnement.
- Seule l'Europe nous permet d'engager un rapport de force face aux GAFA pour imposer un droit de propriété sur les données numériques afin qu'ils rémunèrent les Européens pour les données qu'ils leur volent.
- Si nous faisons 300 000 voix de plus que ce que les sondages nous accordent aujourd'hui, il y a 3 élus FN en moins et 5 eurodéputés pro-européens de plus !

Daniel Leca (secrétaire général)
Résumer le débat des européennes à un affrontement LREM/RN, c’est une insulte à la démocratie. Médias et politiques s’y livrent à outrance. C’est dangereux!!

► Union Européenne
● Royaume Uni
Liberal democrats
- Nous combattons les élections européennes en tant que le parti le plus important et le plus puissant de «Remain». Nous avons combattu le Brexit pendant près de 3 ans. Un vote pour les libéraux démocrates est le moyen le plus clair de voter pour arrêter le Brexit.
- Pour panser leurs plaies après les élections locales, Corbyn et May s'apprêtent à se mettre d'accord sur un accord à propos du Brexit à huis clos.


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