Un pré-rapport – qui sera suivi d’un rapport plus étoffé – a été dévoilé aujourd’hui sur l’action de la justice et de la gendarmerie à propos des plaintes et des soupçons sur le comportement pédocriminel du meurtrier et violeur de Lyhanna qui auraient pu permettre de l’arrêter et d’empêcher la disparition de la petite fille de 11 ans.
Ce rapport conclu à une suite de mauvais choix et de dysfonctionnements
à propos de la plainte de la mère de Rosa violée à plusieurs reprises par le
pédophile:
«Au terme de ses premières investigations, la mission a noté le traitement
adapté de la plainte de la victime [Rosa] réalisé par le parquet de Toulouse et
la BTA de Plaisance-du-Touch. Pour autant, elle a identifié au parquet de
Toulouse lors du dessaisissement, des points d’amélioration qui, s’ils avaient
été mis en œuvre, auraient pu être de nature à prévenir les défaillances
constatées par la suite.
Elle a relevé, par ailleurs, des dysfonctionnements, tant au niveau du parquet
d’Auch que de la compagnie de gendarmerie de Condom, qui n’ont pas permis une
prise en compte des faits dénoncés le 18 août 2025 à la hauteur de leur
gravité.»
Le Premier ministre a réagi au contenu du rapport :
«Le pré-rapport d'inspection qui a été remis ce matin au gouvernement établit
une vérité d’une extrême gravité : dans cette affaire, la chaîne de protection
a failli. Une plainte concernant des viols commis sur une enfant n’a pas
toujours été traitée avec l’urgence, la rigueur et la diligence qu’elle
exigeait. Dans un environnement où beaucoup de plaintes sont déjà en
souffrance.
Le rapport ne décrit ni un simple dysfonctionnement administratif ni un manque
de moyens. Il souligne d’abord que les premiers actes d’enquête réalisés par la
première juridiction et les enquêteurs ont été conduits de manière efficace.
Mais la suite de la procédure a été marquée par une succession d’erreurs, de
négligences, d’inactions et de mauvaises décisions, à plusieurs niveaux de la
chaîne judiciaire et de l’enquête. Ces manquements ont eu des conséquences
dramatiques.
La puissance publique ne se défaussera pas. Elle doit reconnaître cette
défaillance, établir précisément les responsabilités et en tirer toutes les
conséquences, y compris individuelles. Cette exigence de vérité ne doit
cependant pas conduire à jeter l’opprobre ni sur la gendarmerie nationale ni
sur l'autorité judiciaire dans leur ensemble, ni sur les milliers de femmes et
d’hommes qui se sont engagés pour protéger chaque jour nos concitoyens avec
professionnalisme et dévouement.
Avec les ministres, nous recevrons les familles concernées. Mais la vérité et
la responsabilité doivent conduire à l’action.
Le projet de loi relatif à la protection de l’enfance sera renforcé lors d’un
tout prochain conseil des ministres pour rendre obligatoires, dans les trois
premiers mois suivant une plainte pour viol sur mineur, les actes d’enquête
indispensables. Nous garantirons également aux parents une information claire
sur l’identité des adultes auxquels leurs enfants sont confiés dans le cadre
des activités périscolaires.
Nous proposerons enfin que les violeurs en série de mineurs puissent être
condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
D’autres mesures suivront. Je saisirai plusieurs experts scientifiques et
associatifs afin qu’ils nous remettent des recommandations hiérarchisées,
fondées sur les connaissances scientifiques, l’expérience du terrain et les
faits établis. Elles devront pouvoir nourrir les évolutions nécessaires de la
loi, des règlements et des pratiques professionnelles.
La protection des enfants ne supporte ni l’inertie, ni les approximations, ni
les récupérations politiciennes. Elle exige la vérité, la responsabilité et des
décisions.»
Une réponse forte qui devra être suivie d’effets concrets.
Néanmoins, les dysfonctionnements de la justice et de la gendarmerie disent beaucoup de la place de l’enfant dans notre société.
Si celle-ci plaçait sa protection comme un devoir essentiel, les plaintes déposées contre le tueur auraient été prioritaires, non pas parce que c’est la loi mais parce que c’est la dignité même de la société, donc de chacun de ses membres, qui est en jeu.
Alors, au-delà d’un renforcement des procédures et de sanctions contre ceux qui n’auraient pas agi de la manière requise, c’est bien la société, c’est-à-dire nous, qui devons faire en sorte que chaque fois que des enfants sont en danger ou ont été agressés, la réponse soit immédiate et forte parce que nous l’avons décidé moralement.
[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

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