Voici une sélection, ce 22 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Avec l’Allemagne, nous posons aujourd’hui un acte majeur de souveraineté
pour notre défense. En renforçant ensemble KNDS, nous donnons à nos armées les
moyens de se défendre, de produire et d’innover par elles-mêmes. Une Europe
souveraine qui protège et choisit son destin !
> Je tiens à remercier le Premier ministre Keir Starmer pour sa contribution au renforcement de la relation franco-britannique, son engagement au sein de la coalition des volontaires pour l’Ukraine, ainsi qu’à la relance de la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Le travail accompli ensemble pour la défense, l’énergie nucléaire, l’espace et l’innovation, en particulier lors de notre sommet franco-britannique de juillet dernier, témoigne de cet engagement. Nous poursuivrons sur cette voie au bénéfice de nos peuples et de l’Europe.
> Bienvenue cher Edi Rama. La très bonne dynamique de la relation entre l’Albanie et la France dans l’innovation, l’éducation et l’enseignement supérieur, la culture et le tourisme, témoigne de notre proximité. Nous voulons lui donner un nouvel élan, en continuant également de renforcer nos coopérations économique et de défense. La France réaffirme son soutien à l’intégration européenne de l’Albanie et à la poursuite des réformes nécessaires pour avancer sur son chemin européen.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Le pré-rapport d'inspection qui a été remis ce matin au gouvernement
établit une vérité d’une extrême gravité : dans cette affaire, la chaîne de
protection a failli. Une plainte concernant des viols commis sur une enfant n’a
pas toujours été traitée avec l’urgence, la rigueur et la diligence qu’elle
exigeait. Dans un environnement où beaucoup de plaintes sont déjà en
souffrance. Le rapport ne décrit ni un simple dysfonctionnement administratif
ni un manque de moyens. Il souligne d’abord que les premiers actes d’enquête
réalisés par la première juridiction et les enquêteurs ont été conduits de
manière efficace. Mais la suite de la procédure a été marquée par une
succession d’erreurs, de négligences, d’inactions et de mauvaises décisions, à
plusieurs niveaux de la chaîne judiciaire et de l’enquête. Ces manquements ont
eu des conséquences dramatiques. La puissance publique ne se défaussera pas.
Elle doit reconnaître cette défaillance, établir précisément les
responsabilités et en tirer toutes les conséquences, y compris individuelles.
Cette exigence de vérité ne doit cependant pas conduire à jeter l’opprobre ni
sur la gendarmerie nationale ni sur l'autorité judiciaire dans leur ensemble,
ni sur les milliers de femmes et d’hommes qui se sont engagés pour protéger
chaque jour nos concitoyens avec professionnalisme et dévouement. Avec les
ministres, nous recevrons les familles concernées. Mais la vérité et la
responsabilité doivent conduire à l’action. Le projet de loi relatif à la
protection de l’enfance sera renforcé lors d’un tout prochain conseil des
ministres pour rendre obligatoires, dans les trois premiers mois suivant une
plainte pour viol sur mineur, les actes d’enquête indispensables. Nous
garantirons également aux parents une information claire sur l’identité des
adultes auxquels leurs enfants sont confiés dans le cadre des activités
périscolaires. Nous proposerons enfin que les violeurs en série de mineurs
puissent être condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. D’autres
mesures suivront. Je saisirai plusieurs experts scientifiques et associatifs
afin qu’ils nous remettent des recommandations hiérarchisées, fondées sur les
connaissances scientifiques, l’expérience du terrain et les faits établis.
Elles devront pouvoir nourrir les évolutions nécessaires de la loi, des
règlements et des pratiques professionnelles. La protection des enfants ne
supporte ni l’inertie, ni les approximations, ni les récupérations
politiciennes. Elle exige la vérité, la responsabilité et des décisions.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Mort de Lyhanna] J’ai demandé une enquête de commandement pour faire la
lumière sur les responsabilités de chaque intervenant.
J’ai souhaité que le directeur d’enquête et le commandant de
compagnie de Condom fassent
l’objet d’une mutation d’office dans l’intérêt du service et qu’ils soient
placés dans des emplois hors exercice de la police judiciaire.
Le prérapport de la mission d’inspection,
diligenté après la mort de Lyhanna, met en évidence une distinction nette
entre une phase initiale de traitement jugée par l’inspection diligente,
efficace et proactive par la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch et le
parquet de Toulouse, d’une part, et une phase ultérieure marquée par des
défaillances de suivi, de coordination et de pilotage au niveau du parquet
d’Auch et de la compagnie de gendarmerie de Condom, d’autre part, et qui
commande de prendre différentes mesures.
Dans la première phase, « toutes les
investigations possibles ont été conduites de manière optimale (…) avec une
grande considération pour la victime, déployant pédagogie et écoute
En revanche, le transfert de la procédure
au parquet d’Auch, territorialement compétent, « a provoqué une rupture de
continuité dans le suivi de la procédure et de la perception du danger et de
l’urgence.
Les mécanismes de
contrôle et de priorisation de ce dossier ont été défaillants. L’accompagnement institutionnel de la victime n’a pas été à la hauteur des
enjeux. (…)
Ces défaillances collectives n’ont pas permis de corriger les manquements
individuels, plus particulièrement au sein du parquet d’Auch et de la brigade
de Lectoure. (…)
La stratégie d’investigation (…)
influencée par la volonté de consolider le dossier avant le placement en garde
à vue de Jérôme Barella qui avait
déjà échappé par deux fois aux poursuites a conduit à ce que d’autres missions
priment sur le dossier, laissé sans aucun nouvel acte d’enquête ou de contrôle
depuis le 14 février dernier, par un manque de discernement avéré, malgré
les huit appels à l’aide de la mère de la victime.
Les conclusions de l’enquête conduiront à
déterminer les mesures disciplinaires nécessaires et adaptées et, le cas
échéant, de prendre d’autres mesures individuelles.
> Je remercie l’ensemble des préfets ainsi que les forces de l’ordre et de secours mobilisées sur le territoire national dans le cadre de la fête de la musique 2026 qui s’est tenue cette année dans un contexte de températures très élevées. Grâce à des dispositifs de sécurisation adaptés, les festivités se sont déroulées sans débordement. Les auteurs d’infractions ont pu être appréhendés sans délai : 268 interpellations ont été effectuées, 185 personnes ont été placées en garde à vue. Merci à tous.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Dissuasion nucléaire] Depuis plus de soixante ans, les grandes
caractéristiques de la doctrine de dissuasion demeurent. Les inflexions
apportées par le président de la République lors de son discours de l’Île
Longue concernent d’abord l’augmentation du nombre de têtes nucléaires de notre
arsenal. Elles concernent ensuite la matérialisation de la dimension européenne
de nos intérêts vitaux, par la mise en place de la dissuasion avancée avec
certains de nos partenaires volontaires. Enfin, le Président a réaffirmé la
nécessité de l’épaulement stratégique par des forces conventionnelles robustes.
Pour décliner cette feuille de route, l’ensemble des acteurs du ministère se
met en ordre de marche, grâce au dialogue stratégique avec nos alliés
volontaires, à la préparation opérationnelle des forces armées, et au travail
constant avec les industriels de la défense. Je suis allée à la rencontre de
nos forces armées, de nos ingénieurs et de nos industriels, pour avancer sur
ces enjeux essentiels : d’abord à l’Île Longue, port d’attache des sous-marins
nucléaires lanceurs d’engins français, puis sur la base navale de Cherbourg, où
ils sont construits, et enfin au CEA-DAM de Valduc, qui joue un rôle central
dans la conception, la production et la maintenance des têtes nucléaires. J’échange
d’ailleurs très régulièrement avec les principaux industriels concernés par ce
sujet stratégique. L’une des priorités de l’actualisation de la loi de
programmation militaire – que j’ai présentée en Conseil des ministres et
défendue devant les parlementaires – concerne justement la dissuasion nucléaire
: plus que jamais, nous devons être au rendez- vous de 2035 pour le
renouvellement des porteurs et missiles des composantes océanique et
aéroportée.
> [Dissuasion nucléaire] La rehausse de notre
arsenal, qui avait diminué de moitié en 2008 par rapport au temps de la guerre froide,
ne remet absolument pas en cause nos engagements en matière de
non-prolifération. Notre format s’adapte à l’évolution du contexte international
et au rapprochement constaté de plusieurs puissances nucléaires (Russie, Corée
du Nord, Chine). Pour autant, nous refusons toute logique de course aux
armements. Le niveau de notre arsenal est strictement adapté pour que nos
forces nucléaires puissent infliger des dommages inacceptables à tout État qui
menacerait nos intérêts vitaux. Il n’est donc pas directement lié aux capacités
nucléaires ou conventionnelles des autres États, et cela ne changera pas. Nous
assumons la puissance de cette arme destructrice et nous y associons la
responsabilité qu’elle emporte, ce qui explique nos choix en matière de
dimensionnement de l’arsenal. La dissuasion avancée constitue une grande inflexion
du discours de l’Île Longue. (…)
Avant de parler de changement, il faut parler de constance : les intérêts
vitaux de la France ont toujours eu une dimension européenne. Par ailleurs, il
ne faudrait pas limiter cette dimension aux huit partenaires avec lesquels vont
se développer des coopérations dans le cadre de la « dissuasion avancée »
annoncée par le président de la République. Le premier enjeu, c’est que la
France gagne en profondeur stratégique par le déploiement d’éléments de ses
forces nucléaires et pose plus de dilemmes à un adversaire potentiel. Les
forces aériennes stratégiques ont en effet la capacité, en fonction des
circonstances et à partir du territoire national, de se disséminer sur celui
des pays partenaires. De plus, le second enjeu de ces dialogues stratégiques, qui
excluent l’acquisition d’armes nucléaires ou le partage de la décision, est de
marquer très concrètement l’engagement et la détermination de la France au
profit de la sécurité européenne.
> [Dissuasion nucléaire] L’attachement de la France à la posture de dissuasion et de défense de l’Otan reste intact. Il n’y a aucune concurrence. La dissuasion avancée s’ajoute à la dissuasion élargie de l’Alliance atlantique. Avant même la dissuasion avancée, la coopération franco-britannique était déjà particulièrement étroite dans le domaine de la dissuasion.
> [Dissuasion nucléaire] En tant que seuls États dotés européens reconnus par le Traité de non-prolifération, la France et le Royaume-Uni ont une responsabilité particulière. Depuis la déclaration de Chequers de 1995, nous œuvrons pour le renforcement du noyau nucléaire de l’Europe. Fin décembre dernier, le ministère des Armées a participé au groupe de pilotage nucléaire (Nuclear Steering Group) réuni pour la première fois à Paris sous la coprésidence de Downing Street et de l’Élysée. De façon tout aussi inédite, des représentants britanniques ont observé en vol la simulation d’un raid aérien nucléaire par les forces aériennes stratégiques, dans le cadre de l’opération Poker. Plus que jamais, nos liens sont forts, et nous démontrons que nos deux dissuasions indépendantes peuvent se coordonner. La crédibilité de ce noyau nucléaire s’en trouve renforcée, au moment où la responsabilité des deux pays vis-à-vis de la sécurité du continent européen est pleinement assumée, comme le démontre également leur leadership sur la Coalition des volontaires pour l’Ukraine. Les forces conventionnelles participent de l’épaulement des forces nucléaires.
> Dans un conflit qui se déroule sous le seuil nucléaire, nous devons disposer de capacités conventionnelles qui offrent des options pour maîtriser l’escalade. Il ne s’agit d’ailleurs pas de capacités uniquement nationales, car le théâtre d’opération serait celui du continent européen. C’est pourquoi nous devons penser en Européens. J’ai ainsi, dès mon arrivée, signé avec mon homologue allemand Boris Pistorius une lettre d’intention, qui marque une étape décisive vers la constitution d’une capacité européenne d’alerte avancée. L’initiative Jewel1 permettra de nous doter de capacités souveraines pour surveiller, détecter et agir face à des menaces balistiques. Nous comptons nous appuyer à la fois sur des capteurs spatiaux (satellites dédiés) et terrestres avec des radars dont la première brique nationale (radar Nostradamus) est en cours de montée en puissance. Il faudra également mettre en place un centre de commandement et de contrôle qui regroupera les observations et qui analysera les données in fine pour diffuser l’alerte vers les centres de décision de tous nos partenaires. S’agissant ensuite de la défense aérienne élargie : je suis allée en Roumanie, en Ukraine, au Proche et au Moyen-Orient où nos forces sont déployées, et les militaires français que j’ai rencontrés m’ont tous fait part de cet enjeu majeur. Face aux menaces balistiques de courte et moyenne portée, aux missiles de croisière, à la démultiplication des drones de type Shahed, ou à tout autre type de menace aérienne, nous devons élargir nos options pour assurer une défense du ciel qui puisse être tenue dans la durée, notamment avec un rapport coût/efficacité optimisé. Ma priorité, c’est que les forces armées puissent disposer et tirer pleinement bénéfice de l’ensemble des outils qui permettent de renforcer notre protection. Avec mes grands subordonnés, nous travaillons au quotidien pour produire et combiner ces outils, des radars aux satellites en passant par les drones intercepteurs, car la protection qu’ils permettent est une nécessité de l’efficacité opérationnelle. C’est pourquoi l’actualisation de la loi de programmation militaire renforce l’effort dans ce domaine de 1,6 milliard d’euros supplémentaires pour 2026-2030, soit un effort cumulé de 6,9 milliards d’euros sur la période 2024-2030. Enfin, sur les frappes dans la profondeur. Si un adversaire cherchait à nous tester sous le seuil nucléaire, nous devrions être capables de lui opposer une réponse crédible, graduée et maîtrisée. C’est tout l’enjeu : faire savoir à quiconque serait tenté de nous défier que la France a la volonté de se défendre et les moyens de le faire. C’est pourquoi, avec l’actualisation de la LPM, nous accélérons la cadence pour disposer de nouvelles capacités qui pénétreront les défenses adverses : missiles de croisière plus rapides et plus manœuvrants, missiles balistiques conventionnels, munitions téléopérées longue portée productibles en masse, bombes guidées dont la portée s’accroît. Ainsi, 1,2 milliard d’euros supplémentaires sont consacrés aux feux dans la profondeur.
> [Dissuasion nucléaire] La dissuasion nucléaire repose sur deux piliers indissociables : une force de frappe crédible, moderne et opérationnelle ainsi qu’une industrie de défense souveraine, innovante et résiliente. Depuis 2017, nous avons engagé une nouvelle phase de modernisation de notre dissuasion. C’est le troisième grand pic d’investissement depuis sa création : après celui de la fin des années 1960, avec la création de la force océanique stratégique, puis celui, vingt ans plus tard, du renouvellement des flottes de sous-marins et d’avions de chasse. Aujourd’hui, nous préparons l’horizon 2035, avec le renouvellement des porteurs, des missiles et des têtes nucléaires. Nous donnons ainsi de la visibilité à nos maîtres d’œuvre industriels. Car, pour notre base industrielle et technologique de défense, la dissuasion nucléaire représente un écosystème majeur : un noyau dur de 700 entreprises et près de 2 000 entreprises contributrices, dont Naval Group, Dassault Aviation, MBDA et ArianeGroup, partenaires essentiels de l’État. Cette garantie de pérennité, je la porte au quotidien lorsque je vais au contact des entreprises, dans nos territoires. Je le dis très clairement : sans cet écosystème industriel remarquable, il n’y aurait pas de dissuasion nucléaire française.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> À Lucerne, en Suisse, avec le Premier ministre du Qatar, nous avons évoqué
les négociations en cours pour mettre fin durablement à la guerre au
Moyen-Orient, notamment au Liban, et apporter une solution pérenne aux défis du
programme nucléaire iranien. Après la signature de l’accord de cessation des
hostilités à Versailles, la France poursuit sa mobilisation pour la paix et la
sécurité dans la région.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Fin de vie et aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] Nous abordons
cet après-midi la nouvelle lecture de la proposition de loi relative à l’aide à
mourir, examinée en première lecture en 2025 et en deuxième lecture en février
de cette année. Nous avions auparavant, en 2024, procédé à la première lecture
d’un projet de loi sur le même sujet.
Avant d’en venir aux débats qui vont nous occuper, je me félicite de l’adoption
conforme, par les deux chambres du Parlement, de la proposition de loi visant à
garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Je
salue chaleureusement les travaux des rapporteurs, qui ont su mener le texte à
bon port.
Cette loi nous permettra d’agir plus efficacement dès le diagnostic de la
maladie, d’améliorer les parcours, mais aussi de dépasser les silos
organisationnels. Je rappelle qu’elle est adossée à une stratégie décennale,
qui nous a permis de commencer à changer d’échelle : 352 millions
d’euros supplémentaires sont déjà investis ; les deux tiers des mesures
sont en cours de mise en œuvre.
Nous enregistrons de premiers résultats au service des patients. Depuis deux
ans, cette stratégie a permis de créer 600 nouveaux lits de soins
palliatifs et douze unités de soins palliatifs. Elle a aussi permis de prendre
en charge à domicile 22 % de patients supplémentaires.
J’en viens à la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Sur la
méthode, nous pouvons selon moi partager trois constats.
Le premier, c’est que le travail que nous menons aujourd’hui est le produit
d’un long et profond travail de fond. Depuis 2022, près de dix rapports ont été
produits, une convention citoyenne a travaillé, des concertations avec les
professionnels ont été menées, des auditions parlementaires ont été conduites
avec l’ensemble des parties prenantes. Quatre années de travaux extrêmement
fournis ont accompagné l’examen de ces textes – personne
ici ne peut le nier.
Le second constat, c’est que le débat peut être serein malgré les désaccords
exprimés. Le gouvernement souhaite continuer de l’aborder avec humilité.
Autrement dit, il faut reconnaître ce que nous ignorons, refuser de parler à la
place de ceux qui souffrent et admettre que chacun vient ici avec sa part
d’expérience, d’histoire personnelle et de conviction – nous
devons respecter tout cela. Nous devons aussi développer l’écoute et refuser
les batailles rangées, le prêt-à-penser et la disqualification par principe de
la parole de l’autre.
Le troisième constat, c’est que le texte a évolué. J’ai entendu la petite
musique selon laquelle il n’y aurait pas eu d’inflexion, ni de prise en compte
des inquiétudes exprimées et des évolutions demandées.
Sans compter l’examen de 2024, près de 300 amendements ont été adoptés,
venant de groupes politiques aux sensibilités différentes. Je pense, par
exemple, à la suppression de l’intervention d’une personne tierce non
professionnelle de santé dans l’administration de la substance létale ; au
remplacement de la notion de « moyen terme » par celle de
« phase avancée », plus précise et plus sécurisante ; à
l’affirmation que la souffrance psychologique isolée ne pouvait figurer parmi
les critères cumulatifs ; au renforcement des garanties applicables aux
majeurs protégés ; à la transformation d’une procédure initialement
consultative en une véritable procédure collégiale.
Ces évolutions illustrent que le texte n’est jamais resté figé : nous en
avons discuté, il a été précisé et amélioré, y compris sur des points
importants, afin d’atteindre le meilleur équilibre possible.
J’en viens à ces points d’équilibre. Les précédentes lectures ont donné lieu à
beaucoup de surinterprétations, ou de comparaisons avec des législations
étrangères. Je le répète à cette tribune : nous voulons bâtir un chemin
français de l’aide à mourir, avec un cadre éthique propre.
Ce cadre est hérité de vingt-cinq années d’évolutions législatives fondées sur
l’autonomie du patient, le respect de sa volonté et l’accompagnement médical.
Il repose sur des lignes claires. La première, c’est que l’aide à mourir ne
sera jamais proposée, suggérée ou encouragée. Elle ne pourra procéder que d’une
initiative personnelle, exprimée par le seul malade. La volonté libre et
éclairée de la personne constitue donc la clé de voûte du texte. Cette volonté
doit être réitérée à chacune des étapes de la procédure.
C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas souhaité que l’aide à mourir
puisse être sollicitée par l’intermédiaire des directives anticipées. C’est
aussi pourquoi, comme lors des précédentes lectures, le gouvernement tient à la
primauté de l’autoadministration de la substance létale ; revenir sur ce
point, ce serait déplacer le centre de gravité de l’acte final et bouleverser
la philosophie du texte.
La seconde ligne claire, ce sont des critères d’accès stricts, cumulatifs et
resserrés. Vous connaissez ces critères : il faut être majeur ; être
Français ou résider en France de manière stable et régulière ; être
atteint d’une pathologie grave et incurable, qui engage le pronostic vital, en
phase avancée ou terminale ; présenter des souffrances réfractaires ou
insupportables ; être apte à manifester sa volonté de manière libre et
éclairée. Chacun de ces critères doit être rempli.
Je le répète, ce texte ne concerne que des personnes malades et en fin de vie.
Aucun critère ne saurait, à lui seul, ouvrir l’accès à l’aide à mourir aux
personnes qui ne répondraient pas à l’ensemble de ces conditions.
La troisième ligne claire, c’est la collégialité. Là encore, le débat
parlementaire a fait évoluer le texte : nous sommes passés d’une
succession de consultations à une réelle collégialité permettant le croisement
éthique des points de vue. Dans un tel espace de délibération, les regards se
croisent, les arguments s’éprouvent, l’éthique est une pratique.
La quatrième ligne claire, enfin, c’est le contrôle : contrôle par la
traçabilité des procédures et grâce à une commission de contrôle qui examinera
individuellement chaque procédure.
Nous entamons cet après-midi la nouvelle lecture de la proposition de loi
relative au droit à l’aide à mourir. Au fil des lectures, des travaux en
commission et des échanges, de très nombreux points ont été examinés, clarifiés
et approfondis. Cette nouvelle lecture doit permettre à votre assemblée de se
prononcer, avec la gravité qu’appelle ce texte, sur des questions de fond qui
demeureraient en débat.
Ce débat vous appartient pleinement, car vous êtes les dépositaires de la
pluralité des convictions, des sensibilités et des consciences. Le gouvernement
demeurera à l’écoute, attentif à vos échanges et apportera, chaque fois que
cela sera nécessaire, les éclairages utiles.
> [Canicule] Il faut comprendre que les vagues de chaleur ne sont plus de simples épisodes météorologiques : elles deviennent un véritable défi de santé publique. La chaleur qui s’accumule tout au long de la semaine dérégule notre organisme et met les plus fragiles en première ligne. Si nous ne garantissons pas des conditions de vie adaptées et une protection efficace, les conséquences peuvent être graves, avec des malaises affectant le cerveau comme le cœur.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Projet de loi relative aux
résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l'année 2025
/ Intervention au Sénat] Ce texte, technique, devrait recevoir l'assentiment de
tous, car il n'appelle pas de décisions nouvelles. C'est un état des lieux.
Cet exercice, demandé par les fondateurs de la Lolf, s'inscrit dans une
logique de chaînage vertueux : on ne saurait aborder sereinement les
débats budgétaires de l'automne si on ne s'est pas mis d'accord au printemps
sur l'exécution de l'année précédente. Je regrette donc que le Parlement ait
rejeté les quatre précédents textes de ce type. Cela fragilise le débat
parlementaire.
Bien sûr, il est légitime de contester les décisions prises, de proposer des
voies différentes, mais il est étrange, voire baroque, de déchirer des
photographies. Il ne saurait y avoir de débat sans un examen méticuleux de
l'état des lieux réalisé par nos administrations.
Il n'est pas sain que l'arrêt des comptes devienne un objet de querelle
idéologique. Cela nuit à la clarté de nos débats, donc à l'intelligibilité de
nos institutions.
Principal constat de ce texte : la nette amélioration du déficit public,
qui s'établit à 5,1 % du PIB, en baisse de 0,7 % par rapport
à 2024. Il n'y a pas de quoi s'en gargariser pour autant, compte tenu du
décalage qui nous sépare des autres pays européens et des enjeux
d'investissement majeurs qui sont devant nous : défense, intelligence
artificielle...
Pas de satisfecit, donc, nous devons poursuivre nos efforts, pour mettre notre
pays à l'abri de tumultes financiers, alors que les taux d'intérêt augmentent
considérablement - ils sont cinq fois plus élevés qu'il y a
quatre ans. Résultat : cela accroît la charge de notre dette.
La dette publique s'établit à 115,6 % du PIB, contre 112,6 %
en 2024. Le solde budgétaire, à 124,2 milliards d'euros, est meilleur
de 7,4 milliards d'euros aux prévisions de la loi de finances de fin de
gestion : d'abord en raison de recettes fiscales dynamiques - près de
356,4 milliards d'euros, soit 3,1 milliards d'euros de plus que
prévu ; ensuite, en raison d'une maîtrise stricte de la dépense de l'État,
à 502,9 milliards d'euros, soit 1 milliard d'euros en dessous des
prévisions.
Ces résultats ne doivent rien au hasard. Le Gouvernement a pris des mesures de
régulation après le déclenchement de la guerre dans le détroit d'Ormuz :
gels, annulations de crédits, indispensables pour assurer un pilotage serré en
cours d'exécution.
Le texte permet également d'apprécier la situation patrimoniale, avec un
résultat à 129,5 milliards d'euros, en dégradation par rapport
à 2024, en raison de la hausse des charges, notamment financières.
Cela dit, l'amélioration du déficit en 2025 tient aussi à des facteurs non
pérennes : plus-value exceptionnelle sur certaines recettes ; charge
de la dette inférieure aux prévisions.
Croire donc que nous pourrions relâcher nos efforts parce que nous avons fait
mieux que prévu, ce serait nous mettre le doigt dans l'œil!
Ce texte contient douze articles, dont l'article liminaire, qui présente
la situation générale des comptes de l'État et garantit une présentation
lisible de nos comptes malgré l'absence d'adoption des précédentes lois
relatives aux résultats de la gestion.
Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) maintient l'activation du
mécanisme de correction prévu par l'article 62 de la Lolf.
En 2026, malgré la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences sur les prix
de l'énergie, nous devons poursuivre nos efforts, d'abord car l'argent public
est rare et cher. La charge de la dette atteindra 78 milliards d'euros.
Dans le même temps, les besoins d'investissement public vont croissant :
transition énergétique, cohésion sociale, défense. Laisser filer le déficit,
c'est renoncer à agir demain.
Ensuite, les mesures face aux crises doivent être ciblées, temporaires et
financées. Chaque euro supplémentaire dépensé pour soutenir ménages et
entreprises doit être compensé par des économies. Cela a été le cas jusqu'à
présent. Enfin, la transparence : en période d'incertitude, nous devons
dire ce que nous savons - et ce que nous ne savons pas. Ainsi, nous avons
rendu publiques les recettes fiscales liées à la hausse du prix des carburants.
Chacun a pu voir qu'il n'y avait pas de cagnotte.
Transparence, aussi, lorsque j'ai décidé de réduire de moitié les reports de
crédits, dès ma prise de fonction.
En adoptant ce texte, vous ne donneriez pas quitus à une politique, vous
valideriez les comptes tels qu'ils ont été arrêtés par nos administrations.
Vous renforceriez aussi le rôle du Parlement dans le contrôle de l'action du
Gouvernement.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Les attaques racistes et menaces visant le magistrat Youssef Badr sont une
atteinte à la République. En France, on combat le racisme. On ne s'y habitue
pas. Et on rejette toute forme d'intimidation à l'encontre des magistrats. La
justice ne se rend pas sous la menace. J'ai demandé à la DILCRAH de procéder
sans attendre aux signalements nécessaires auprès du Procureur de la
République.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Face à la réalité d'une France à +4°C en 2100, le sérieux budgétaire du
Premier ministre est vital : sans comptes tenus, impossible de continuer à
investir avec les élus pour rénover nos écoles, nos EHPAD et nos logements.
> Depuis 9 ans, le budget de l’écologie a doublé. Nous avons rénové 3 600 écoles, renaturé plus de 1 000 hectares dans les villes, rénové 1,2 million de logements, baissé les émissions de gaz à effet de serre de plus de 25 %, et lancé un grand plan d’électrification des usages grâce à Sébastien Lecornu. Aucune majorité n’a fait autant que celle d’Emmanuel Macron depuis 2017. Que proposent les oppositions dans le même temps ? Censurer tous les budgets et la programmation pluriannuelle de l’énergie qui nous rend souverains en la matière.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Au Liban, j'ai visité la Disaster Risk Management Unit, en première ligne
de la réponse à la crise depuis le déclenchement des hostilités, et je me suis
entretenue avec la ministre des Affaires sociales, Haneen Sayed, cheffe de file
de la réponse interministérielle.
Le déplacement de plus d'un million de personne rend leur travail de
recensement, de coordination et de gestion des abris absolument déterminant.
Aux côtés de mes homologues Jenny Chapman pour le Royaume-Uni et Maryam Al
Misnad pour le Qatar, je salue l'action du gouvernement libanais pour
structurer cette réponse d'urgence.
La France est aux côtés du Liban pour répondre à cette urgence : depuis le
début de la crise, la France a livré plus de 100 tonnes d'aide humanitaire. Le
Liban peut compter sur la France : nous poursuivrons cet effort.
> Au cœur de la réponse humanitaire au Liban : visite du centre d’hébergement collectif géré avec le soutien des Nations unies et de la Croix-Rouge libanaise, ainsi que du centre d’aide de la Croix-Rouge libanaise. Depuis le 2 mars, plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban et plusieurs milliers ont perdu la vie. J’ai constaté le rôle déterminant de la Croix-Rouge libanaise, dont les volontaires interviennent sans relâche auprès des populations dans des conditions extrêmement difficiles. Je tiens à saluer l’engagement des équipes sur le terrain et à rappeler l’importance du respect du droit international humanitaire. Les attaques contre le personnel humanitaire sont inacceptables.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> Dans les Corbières, un an après l’incendie de Ribaute, le paysage porte
encore les traces du feu. Mais il témoigne aussi de la mobilisation engagée
pour reconstruire l’avenir.
Le 5 août 2025, plus de 11 000 hectares ont brûlé. Dix-sept communes ont été
touchées. Une personne a perdu la vie et deux autres ont été grièvement
blessées. Par sa rapidité exceptionnelle, cet incendie a marqué durablement le
territoire et rappelé à tous l’ampleur du défi que représente le changement
climatique.
Face à ces événements, notre responsabilité est claire : prévenir avant, lutter
pendant, restaurer après.
Si le Ministère de l'Intérieur est en première ligne dans la lutte contre les
feux, mon ministère agit sur deux leviers essentiels : la prévention des
risques et la reconstruction des territoires touchés.
Depuis l’incendie, les équipes de l’ONF (Office National des Forêts) sont pleinement
mobilisées. Leur travail ne s’est pas arrêté lorsque les flammes ont été
maîtrisées. Il a commencé autrement.
La première priorité a été de sécuriser le massif : évaluer les dégâts,
cartographier les zones brûlées, identifier les secteurs les plus fragiles et
prévenir les nouveaux risques liés à l’érosion ou au ruissellement.
La deuxième priorité a consisté à rétablir les accès. Les pistes forestières et
les voies indispensables aux secours comme aux habitants ont été sécurisées ou
remises en état. Des militaires ont également été mobilisés pour conduire des
travaux de bûcheronnage et renforcer les infrastructures nécessaires à la
défense des forêts contre les incendies.
La troisième priorité est celle du temps long : restaurer sans reproduire les
fragilités du passé.
Dans les massifs méditerranéens, la réponse ne peut pas être de replanter
partout et à l’identique. Il faut accompagner la régénération naturelle lorsque
cela est possible, choisir les essences adaptées au climat de demain et
construire des paysages plus résilients face aux incendies.
C’est tout le sens du Plan Corbières.
Nous devons désormais passer de la gestion de crise à un véritable projet de
territoire. Une directrice de projet dédiée a été installée auprès du préfet de
l’Aude pour coordonner l’ensemble des acteurs concernés et bâtir une stratégie
commune.
La feuille de route 2026-2030, attendue cet été, permettra d’aborder ensemble
les grands enjeux du massif : la forêt, l’agriculture, l’eau, les paysages, les
accès et les activités économiques.
Reconstruire après un incendie, ce n’est pas seulement réparer ce qui a été
détruit. C’est préparer un territoire plus robuste, plus résilient et mieux
armé face aux défis climatiques qui s’annoncent.
> À Couffoulens, dans l’Aude, nous voyons très
concrètement ce que signifie adapter nos territoires au changement climatique.
Après les crues de 2018, une vingtaine de maisons particulièrement exposées au
risque d’inondation ont été acquises puis démolies. Une question se posait
alors : que faire de cet espace libéré ?
C’est ainsi qu’est née la Terrasse du Lauquet. Ici, il ne s’agit pas de
reconstruire à l’identique, mais de reconstruire autrement : créer un espace de
vie, des équipements utiles aux habitants et des cheminements doux, tout en
intégrant les risques de demain.
Ce projet nous enseigne deux choses essentielles.
D’abord, après certaines catastrophes naturelles, la meilleure protection
consiste parfois à ne pas reconstruire à l’identique et à réinstaller les
habitants dans les secteurs les plus vulnérables. Préparer l’avenir, c’est
aussi savoir tirer les conséquences des événements passés.
Ensuite, protéger ne signifie pas abandonner. À Couffoulens, un quartier exposé
devient un espace public utile, vivant et résilient, au service de tous.
L’État est pleinement aux côtés des collectivités qui s’engagent dans cette
démarche.
Grâce au Fonds vert, 174 440 € ont été mobilisés pour accompagner ce projet.
Depuis 2023, ce dispositif a soutenu près de 25 000 projets partout en France,
représentant 4,5 milliards d’euros d’aides de l’État, dont 28 millions d’euros
dans l’Aude.
J’ai fait le choix de consacrer la moitié du Fonds vert à l’adaptation au
changement climatique. Dans des territoires comme l’Aude, cela signifie agir
plus fortement encore face aux risques déjà bien présents : inondations,
sécheresse, incendies et vagues de chaleur.
Au-delà des financements, les élus doivent pouvoir s’appuyer sur une ingénierie
de qualité. C’est le rôle des préfets, des DREAL, de l’ONF (Office National des
Forêts) ou encore des Agences de l’eau : accompagner les collectivités,
objectiver les risques et accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes.
À Couffoulens, nous voyons que l’adaptation est aussi une opportunité de rendre
nos territoires plus sûrs, plus résilients et mieux préparés aux défis à venir.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> [Mort de Lyhanna] On a 1243 gardes à vue depuis une semaine qui concernent
directement des atteintes sur les mineurs... Les Français doivent savoir qu'il
y a un avant et un après.
> [Mort de Lyhanna] On voit qu'il y a des défaillances très importantes qui ne sont pas dues dans le cas très précis à des manques de moyens ou à des problèmes quelconques, ils sont dus, me semble-t-il pour les gendarmes et la magistrature à des défaillances personnelles.
> [Mort de Lyhanna] J'engage ce soir une procédure disciplinaire, une enquête administrative qui sera rendue avant la fin de l'été, pour engager des sanctions qui seront à la hauteur des défaillances graves constatées pour le substitut du parquet d'Auch.
> Je condamne fermement les attaques racistes et les menaces dont un magistrat de Bobigny fait l’objet sur les réseaux sociaux. En France, quand on n’est pas d’accord avec une décision, on fait appel. J’apporte à ce magistrat tout mon soutien, et le ministère est à ses côtés pour le soutenir.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> La protection des enfants est une priorité absolue. J’ai donné une
instruction claire aux recteurs d’académie. Dès qu’un personnel est mis en
cause pour des violences sur mineur :
- Sa suspension est immédiate
- Une enquête administrative est engagée sous 48 heures pour éclaircir les
circonstances
- Ses premières conclusions doivent être rendues dans un délai d’un mois Nous
allons également mettre en place, grâce au projet de loi sur la protection des
enfants, une liste noire d’interdits d’École : toute personne révoquée pour de
tels faits ne pourra plus mettre les pieds dans un établissement scolaire, dans
le périscolaire ou dans les sports.
> [Fermeture des écoles à cause de la canicule] La sécurité des élèves et des personnels guide ces prises de décision. Ces chiffres pourront continuer d’évoluer, en fonction des prévisions météorologiques et de la situation, territoire par territoire.
> La drogue est un fléau contre lequel nous devons lutter sans relâche. Le gouvernement du Premier ministre est pleinement engagé dans ce combat. En un an, les faits de consommation de stupéfiants signalés par les chefs d’établissement ont augmenté de 24 %, notamment du fait de la hausse de consommation de protoxyde d’azote. Face à cette évolution préoccupante, l’École a un rôle majeur à jouer en termes de prévention. Mais c’est plus large que cela : nous devons tous montrer l’exemple.
> Après le collège, je souhaite que l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable soit étendue au lycée à la rentrée prochaine. Alors que certains jeunes passent plus de temps devant leur écran que face à un professeur, c’est une mesure de bon sens : le temps de l’École, ce n’est pas le temps du téléphone.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Non, Marine Le Pen, c’est sous l’impulsion de la France que l’Europe a
renforcé ses instruments de maîtrise de l’immigration ces dernières années.
Nous obtenons des résultats: baisse de moitié des entrées irrégulières ces deux
dernières années, la tendance continue cette année. Quand vous prôniez le
retrait des textes européens, nous avons agi. Pacte Asile et Migrations qui
permettra une première sélection des demandeurs d’asile à la frontière (contre
lequel vous avez voté au parlement européen), coopération avec les pays de
départ et de transit, renforcement de Frontex, règlement retour pour renforcer
la rétention et les retours forcés, conditionnalité des accords commerciaux.
Loin des postures, le choix de l’efficacité, de la fermeté et des résultats.
> Il faut bosser les dossiers. En Pologne, Jordan Bardella s’oppose à l’emprunt SAFE en justifiant qu’il veut que les fonds européens incluent la préférence européenne… ce qui est précisément le cas de SAFE sous l’impulsion de la France. SAFE bénéficiera à notre industrie et à l’autonomie des Européens. Plus savoureux encore, il affirme son accord avec le président polonais qui s’est opposé à SAFE entre autres par alignement atlantiste !
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> À VivaTech j’ai rencontré une France ambitieuse qui innove. Des jeunes
femmes qui entrent dans la tech, des pays qui avancent ensemble, des
entreprises qui transforment l’innovation en résultats concrets. Bref, une
France qui n’attend pas demain et invente aujourd’hui.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La réindustrialisation de la France ne se fera pas depuis Paris. Elle
prend vie ici, sur le terrain, aux côtés des entrepreneurs et des ouvriers qui
font la richesse de notre pays. (…) Le plein-emploi et la valorisation de notre
savoir-faire local sont au cœur de mon projet pour la France.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Canicule] Nous avons
énormément travaillé ces huit dernières années. Nous avons multiplié par quatre
la baisse des émissions de gaz à effet de serre, ce qui est important parce
qu’il faut prendre le mal à la racine et ralentir le dérèglement climatique lié
notamment à l’utilisation des énergies fossiles. Nous avons également travaillé
sur un plan d’adaptation au changement climatique, avec des financements comme
le Fonds vert et le fonds Barnier, dont les moyens ont été multipliés par deux.
Le budget consacré à l’écologie a, au fond, doublé. (…)
Ce travail ne concerne pas uniquement la
décarbonation. Environ 6.500 écoles ont été rénovées ces dernières années, des
salles ont été climatisées et des établissements d’hébergement pour personnes
âgées dépendantes, les Ehpad, ont été mis en conformité. Aujourd’hui, environ
3% des écoles ferment pendant cet épisode de canicule et, oui, c’est un
problème. Mais le dérèglement climatique est une transformation absolument
massive, à laquelle aucun pays ne peut faire face en seulement trois ans.
(…)
Il faut modifier la manière dont nous
construisons et mettre à niveau les logements qui sont aujourd’hui des
bouilloires thermiques. Il faut aussi climatiser les transports publics, et
cela fait partie du plan national d’adaptation au changement climatique. Le
phénomène va plus vite que nous, en France comme dans tous les pays du monde,
de l’Inde à la Chine en passant par nos voisins européens. Nous devons donc
nous en occuper massivement, et pas seulement pendant les dix jours où la
canicule occupe toute l’actualité. (…)
Ce qui me frappe, c’est que nos opposants
critiquent les mesures écologiques pendant tout le reste de l’année. Lorsque la
canicule arrive, ils se réveillent et nous expliquent que nous n’avons pas
assez investi. Qu’ils votent alors les budgets qui sont en rapport avec
l’écologie. On ne peut pas demander davantage d’adaptation tout en refusant les
crédits qui permettent de rénover les bâtiments, de végétaliser les villes et
de créer des îlots de fraîcheur. (…)
Il faut absolument refroidir les
bâtiments accueillant les personnes les plus vulnérables, quelle que soit la
technologie retenue. Mais les clims partout, cela coûte cher, et ce sont les
Français qui vont payer. Il faut climatiser après avoir pris toutes les mesures
qui permettent de ne pas déclencher la climatisation toute l’année. C’est comme
le chauffage dans une passoire thermique : si le bâtiment est mal isolé, la
facture devient délirante. (…)
Un plan massif de climatisation ne
permettra pas d’obtenir de bons résultats dans les passoires et les bouilloires
thermiques. Vous imaginez les factures ? C’est Marine Le Pen qui va les payer ?
Nous devons d’abord rénover thermiquement, puis installer des dispositifs
passifs de confort d’été qui peuvent diminuer la température de trois, quatre
ou cinq degrés. La climatisation doit intervenir en dernier lieu, lorsque les
températures deviennent réellement insupportables et que la consommation peut
rester maîtrisée. (…)
Cela dépend de la manière dont vous
climatisez. Certains appareils de mauvaise qualité consomment énormément
d’énergie, peuvent rejeter des gaz à effet de serre et évacuent de la chaleur
vers l’extérieur. Dans les villes denses, avec des immeubles de dix étages et
peu de végétation, cette chaleur rejetée peut encore augmenter la température
extérieure. Il existe cependant des solutions plus efficaces, comme la
géothermie, qui permet de rafraîchir sans produire le même effet de chaleur
dans la rue. (…)
MaPrimeRénov’ couvre bien les travaux
liés au confort d’été, contrairement à ce que j’ai parfois entendu. Une partie
de son financement a été transférée vers les certificats d’économie d’énergie,
qui obligent les fournisseurs à soutenir les économies d’énergie. Lorsqu’on
installe une pompe à chaleur, elle peut être réversible, c’est-à-dire produire
du chaud en hiver et du frais en été. Le plan consacré aux pompes à chaleur
constitue donc une solution intéressante pour la canicule comme pour la
réduction des consommations énergétiques. (…)
Il est essentiel d’accélérer la
climatisation des transports publics, et cela fait partie du plan national
d’adaptation au changement climatique que j’ai porté. Nous voyons à quel point
la situation peut devenir insupportable dans le métro, dans les bus et dans de
nombreux transports partout en France. Nous n’échapperons pas à cette
adaptation. Il faut aussi garder à l’esprit que le bureau est parfois mieux
climatisé que le domicile, ce qui doit être pris en compte lorsque l’on
recommande le télétravail.
> Le congé climatique est un gadget. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’accélérer la mise à niveau des logements et des bâtiments. Il faut commencer par les lieux qui accueillent les personnes les plus vulnérables, notamment les écoles, les Ehpad et les hôpitaux. Ces politiques ont été engagées depuis plus de vingt ans, mais elles doivent désormais être amplifiées face à l’accélération du dérèglement climatique.
> La végétalisation et les îlots de fraîcheur sont des combats que j’ai portés avec le Fonds vert. Il est anormal de trouver encore des quais, des places ou des espaces publics sans ombre, notamment dans les régions les plus exposées à la chaleur. Les collectivités doivent pouvoir planter des arbres et éviter d’ajouter continuellement du béton au béton. Je rappelle cependant que certains responsables politiques qui réclament aujourd’hui ces aménagements veulent réduire les crédits du Fonds vert.
> Je n’ai pas
quitté le gouvernement par hasard. Je l’ai quitté parce que j’avais le
sentiment que nous étions en train de ralentir et d’arrêter de porter un combat
absolument essentiel, alors même que nous disposons de solutions. Nous savons
rénover des bâtiments, installer de la géothermie et climatiser avec des pompes
à chaleur fabriquées en France. Lorsque les solutions existent, il faut avoir
la volonté politique et les budgets nécessaires pour les déployer. (…)
Depuis deux ans, nous bataillons au
Parlement et nous n’arrivons pas à avancer correctement sur les budgets.
L’extrême droite et l’extrême gauche ont bloqué les textes financiers, tandis
que certains de ceux qui réclament maintenant davantage de climatisation ont
empêché les budgets de passer. Cela a fait perdre environ un quart de l’année
aux programmes de rénovation thermique. On ne peut pas ignorer cette
responsabilité lorsque l’on constate aujourd’hui le retard pris dans
l’adaptation à la canicule.
> La planification écologique portée sous la présidence d’Emmanuel Macron a permis de construire le premier plan national d’adaptation au changement climatique digne de ce nom. Ce plan a reçu un accueil très favorable des associations environnementales, des associations d’élus, des représentants des entreprises et des syndicats de salariés. La France est l’un des rares pays à disposer d’un plan aussi précis. Nous sommes en retard dans son application, mais nous avons désormais une feuille de route sur laquelle il faut travailler.
> Je souhaite que
la loi sur la fin de vie soit votée, parce qu’il s’agit d’un enjeu de justice.
Je vais me battre pour que nous y arrivions. Le texte concerne des personnes
condamnées dont les souffrances ne peuvent être soulagées par aucune prise en
charge médicale. C’est une question de dignité humaine et d’égalité entre ceux
qui peuvent aujourd’hui choisir le moment de leur mort et ceux qui n’y ont pas
accès. (…)
Il faut sortir de cette hypocrisie, qui
place également les aidants dans une situation d’insécurité. Cette loi est
travaillée depuis sept ans et elle a fait l’objet d’une convention citoyenne
ainsi que de réunions organisées dans les territoires. Lorsque l’on explique
précisément le dispositif aux Français, ils comprennent de quoi il s’agit et
appellent ce nouveau droit de leurs vœux. Ce n’est pas un sujet de second
ordre, mais une question de justice et d’égalité devant la mort. (…)
Pour organiser un référendum sur la base
d’un texte, il faut d’abord que celui-ci soit voté par le Sénat et par
l’Assemblée nationale. Or Bruno Retailleau empêche le texte d’être voté au
Sénat, alors même qu’une convention citoyenne a longuement travaillé sur le
sujet. Choisir sa mort et pouvoir le faire dans la dignité est ce que l’on peut
attendre d’un pays démocratique. La France fait aujourd’hui partie des pays
démocratiques les plus en retard sur cette question.
> [Présidentielle] Gabriel Attal est en campagne et plusieurs dynamiques existent aujourd’hui. Dans une démocratie, c’est aussi aux électeurs et aux Français de choisir, et nous verrons les choses se mettre en ordre dans les mois qui viennent. Je suis confiante sur le fait que nous aurons un seul candidat du bloc central au début de l’année prochaine. Ce candidat aura tout mon soutien.
> Nous sommes dans une course contre la montre. Le budget de la mission écologie a doublé depuis 2017. Dans le même temps, le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre a été multiplié par quatre par rapport au quinquennat de François Hollande. L’action s’est donc considérablement accélérée. Mais le dérèglement climatique aussi. Et aucun pays ne peut aujourd’hui prétendre être pleinement prêt face à un défi d’une telle ampleur.
> Le Rassemblement national et une partie de la droite se plaignent dès que la température dépasse les 30 degrés, mais passent le reste de l’année à semer le doute et à ralentir l’action climatique…
> L’adaptation au changement climatique sera l’un des grands enjeux de 2027. Face à une extrême droite qui n’a aucune proposition en la matière, qui veut freiner l’action climatique et dont les positions ne feraient qu’aggraver le dérèglement climatique, nous devrons être au rendez-vous. Et nous le serons : avec Renaissance et avec Gabriel Attal, nous porterons des propositions fortes.
> J’ai présenté un Plan national d’adaptation au changement climatique qui comporte 52 mesures concrètes pour préparer la France à un monde à +4°C. Il est considéré comme une référence au plan européen et international. Mais maintenant, il faut le mettre en œuvre concrètement et arrêter les « stop and go ».
Elisabeth Borne (députée)
> L’innovation transforme notre quotidien : transports, services de
proximité, transition numérique… La Tech est au cœur de notre avenir. À VivaTech,
j’ai partagé cette conviction que nous devons poursuivre nos investissements et
cette transformation, tout en encourageant davantage de femmes à rejoindre les
métiers de la Tech et de l’innovation. C’est un enjeu d’égalité, mais aussi de
performance et de souveraineté.
Paul Midy (député)
> Financer l'innovation de rupture, c'est préparer la croissance, les
emplois et la souveraineté de demain. La France et l'Europe ne peuvent pas
rester spectatrices de la révolution de l'IA.
● MoDem
François Bayrou (président)
> La justice comme toute administration des affaires humaines, si le travail
n'est pas fait, il y a forcément des sanctions. Et je ne doute pas que le Garde
des Sceaux y réfléchit. Il faut des moyens, mais ce que ce livre montre, c'est
que toute la réflexion, toutes les campagnes électorales qui promettent des
dépenses supplémentaires sur tous les sujets dont on aurait besoin, eh bien, on
va être bloqués, empêchés parce que tous les moyens de la nation, tout le
travail des Français va être capté et détourné vers les intérêts que nous
devons payer pour notre dette. Et dans des proportions que nous n'imaginons
même pas. Songez que l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que
paient les Français, le vôtre, celui de tous ceux qui étaient sur le plateau,
et tous nos compatriotes, la totalité de l'impôt sur le revenu ne suffira pas
pour payer les intérêts de la dette. Je ne sais pas si vous vous rendez compte
de ce que ça signifie des sommes colossales. Et cet argent-là, nous en aurions
besoin pour tous les sujets et pour les jeunes Français. Pour préparer l'avenir
des jeunes Français. Cet argent, nous ne l’aurons pas, ce qui va nous obliger à
réinventer complètement notre organisation de l'action publique. On parle de la
justice, on parle de l'éducation, on parle de la santé, des hôpitaux, on parle
du climat et des investissements nécessaires qu'il faudrait faire.
> Augmenter les impôts, alors on peut trouver des mesures d'équilibre. Mais l'idée que propage un certain nombre de ceux qui s'expriment dans le débat public, c'est que ce sont les autres qui paieront. Il y a toute une partie qui dit que ce sont les immigrés qui vont payer, l'immigration va payer, l'Europe va payer. Et puis une autre partie qui dit que ce sont les riches qui vont payer. La vérité, c'est que la France est le pays du monde qui a le plus d'impôts et on ne peut pas dire qu'on se porte mieux. Et donc la question pour moi, c'est la question de la réorganisation complète de notre action publique. Et les mesures de justice, il faut toujours y penser. Mais ne pas croire qu'on va réussir à résoudre les questions qui se posent à nous si on ne remet pas en cause la totalité de notre État.
> Il y a une question sur les patrimoines. Je prends un exemple que je cite dans le livre. Il y a un pays qui est très proche de nous, qu'il a une société comme la nôtre, ce sont les Pays-Bas. On ne peut pas dire que les Pays-Bas soient une société en misère et en drame. Aux Pays-Bas, le produit, la production de la nation par habitant est de 30% supérieur à la France, 30%. Si on avait la même production par habitant que les Pays-Bas, les ressources de l'État et les ressources de chacun d'entre nous serait de 30% plus élevé. Quelle est la clé aux Pays-Bas ? Deux choses. La première, ils accueillent les entreprises au lieu de leur faire la chasse. Et la deuxième, ils travaillent plus que nous.
> [Il faut un rassemblement de] tous ceux, du PS
aux Républicains, ce que j'appelle les réformistes, qui considèrent que
l'extrême droite et l'extrême gauche sont des dangers mortels pour le pays. Ils
doivent en se respecter entre eux. Savoir qu'au bout du compte, ils devront
travailler ensemble. Est-ce qu'il y a un pays dans le monde où l'extrême droite
et l'extrême gauche ont apporté du bien-être et du bonheur ? (…)
Je souhaite qu'on se trouve au bout du chemin avec une solution qui permette
d'éviter les extrêmes. Moi je pense que les extrêmes, pour un certain nombre
d'entre eux, sont moins bien placés qu'on ne le croit. Mais je suis tout seul à
le penser, donc c'est très minoritaire. Mais je vois bien les faiblesses de ce
que j'appelle le fleuve central. Ceux qui écartent les risques doivent se
respecter, s'écouter et se rassembler.
> [Canicule] Comment se prépare-t-on sur le long
terme ? Pas là, dans les jours qui viennent, nous allons faire ce que l’on
peut. Je suis effaré. J'ai vu tout le débat sur le fait d’avoir recours ou
non à la climatisation. On peut, et ce n'est pas cher. A condition de se
tourner vers les solutions techniques qui existent ! Et la solution
technique principale, c'est la géothermie. Nous avons sous nos pieds, nous
sommes debout sur un formidable appareil à faire de la chaleur l'hiver et du
froid l'été. Et nous ne nous en servons pas. (…) On creuse le sol. On a des
pompes à chaleur qui peuvent, l'hiver, fournir de la chaleur. Et l'été, on
enfouit la chaleur dans le sol. Technologiquement, c'est complètement au point.
Écologiquement, c'est complètement au point. C'est absolument gratuit,
absolument éternel. Tous les outils qui permettent, les pompes à chaleur qui
permettent de produire des calories et des frigories, elles existent ».
> J'étais Commissaire au plan et j'ai sorti le très
grand rapport sur la géothermie comme le grand rapport sur l'électricité
nucléaire qui traite en réalité de la même question : "Comment
produire sans nuisance pour l'atmosphère, le climat et la planète ? Il y a un
chapitre sur ce sujet dans le livre. Il y a un très grand doute des écologistes
sur la science et la technique. Ils considèrent que la science et la technique,
c'est un moyen d'éviter le problème. Et en réalité, ce qu'ils défendent, je
crois, je crains, c'est quelque chose comme la décroissance. On va revenir en
arrière. Il n'y a pas de solution sur la décroissance. Et donc ces phénomènes
qui sont des phénomènes de très long terme, qui sont des phénomènes de
décennies, de siècles, et certains diront sans doute à juste titre de
millénaires, ces phénomènes-là, il faut les prévoir et investir.
Ce que je défends, la géothermie, cela n'est pas cher. Il suffit d'étaler dans
le temps cet investissement qui vous permet d'avoir de la chaleur l'hiver et de
la fraîcheur l'été, gratuitement. Je vous donne le chiffre, simplement. Le
chiffre des économies. La géothermie, cela produit de la chaleur quand on en a
besoin l'hiver, avec 80% d'économies par rapport à la chaleur électrique
normale. La climatisation, c'est 90% d'économie. Et ce qu'on appelle le
rafraîchissement, c'est-à-dire la température ambiante au moins 8 degrés, c'est
98% d'économie.
> Ce qui vient, c'est extrêmement simple. C'est la
confiscation de tout ce que nous créons, du travail que nous allons faire, des
moyens que nous pourrions avoir, la confiscation pour payer la dette que nous
avons laissée grandir inconsidérément ». (…)
Il y a 50 ans que nous n'avons pas voté un budget en équilibre. 50 ans. Donc
tout le monde est responsable. Tous les gouvernements successifs et toutes les
inspirations successives. (…)
Et donc, pas de budget en équilibre. Donc on a un déficit tous les ans. Et
c'est intéressant la question parce que c'est la première fois qu'un livre
explique le mécanisme. Et il est, je crois, absolument clair une fois qu'on a
découvert. Donc, budget en déficit. Le déficit, ce n'est pas du déficit, c'est
de la dette. Vous empruntez le déficit. Et l'État, à la différence des
particuliers et des entreprises, l'État ne rembourse, la France n'a jamais
remboursé un euro de la dette. Vous entendez ça? (…)
Nous avons 3 500 milliards de dettes, 3 500 fois 1 000 millions de dettes. On
n'a jamais remboursé un euro. Mais les intérêts, eux, ils augmentent. (…) On
rembourse en empruntant et même en empruntant pour payer les intérêts. (…)
Jamais il n'y a eu fardeau aussi lourd. Parce qu'on a fait des dettes pendant
les guerres. La guerre de 1914, la guerre de 1940. Nous les avons effacées avec
l'inflation, par les dévaluations et par la croissance. C'est-à-dire que, je
vous donne un chiffre pour l’avoir en tête. C'est incroyable. Entre la valeur
du franc français En 2014, c'est la valeur du franc français en 1999. Cette
valeur a été divisée par 200. (…)
La première conséquence, c'est que nous n’aurons pas l'argent pour faire ce qui
est indispensable. Et notamment pour s'occuper des jeunes. Les jeunes, ils vont
avoir la double punition. La première punition, c'est qu'ils vont avoir une
charge comme aucune des générations n'en a eue, et pour une durée qui sera
toute la durée des 15 ou 20 ans qui viennent. Et la deuxième conséquence de
tout cela, c'est qu'évidemment que nous allons nous trouver avec une
contestation par les plus jeunes.
> La France s'appauvrit par rapport à nos voisins.
Je donne un chiffre que j'avais donné évidemment dans les débats où j'ai essayé
de convaincre l'Assemblée nationale que c'était le sujet dont il fallait
s'occuper ». (…)
J'avais donné un chiffre très simple. Je ne prends même pas la richesse des
États-Unis ou la richesse de l'Irlande ou la richesse de la Suisse. Je prends
la richesse des Pays-Bas. Si nous avions les ressources du Pays-Bas, nous
aurions des revenus de 30% plus élevés. L'État aurait 30% de budget de plus et
les salaires seraient de 30% plus élevés. Donc il y a un problème de production.
Pourquoi les Pays-Bas en sont là ? Pour deux raisons principales. La première,
ils accueillent les entreprises alors que nous, nous leur faisons volontiers la
chasse.
> Emmanuel Macron a raison, mais il suffit d'ouvrir
les journaux pour voir à quel point les grandes entreprises françaises sont
ciblées, préfèrent encore nos voisins. Et quand elles sont ciblées, elles s'en
vont. Et donc deuxièmement, parce qu'ils travaillent plus que nous. Et vous
voyez bien que les réponses, elles sont simplissimes. Ou bien, nous allons
couper, couper dans les retraites et les salaires de la fonction publique. Ou
bien, nous allons augmenter les charges sur tous ceux qui travaillent, ou bien
nous allons travailler plus. Eh bien moi, je choisis d'être du côté de
travailler plus. (…)
Nous pouvons faire les choses à la condition que ce soit débattu à partir de la
vérité avec les citoyens. Si vous faites des choses que vous leur imposez sans
avoir partagé avec eux la responsabilité...
> Les responsables politiques ne dirigent pas
l'opinion, ils la suivent. Ils sont là tous les matins. C'est la raison pour
laquelle j'ai dit que je ne serai pas candidat à l'élection présidentielle,
parce qu'autour de moi, on dirait que c'est pour moi que je défends cette
thèse. Et surtout, autour de moi, tout le monde dirait : « François,
ce n'est pas sérieux, tu ne peux pas faire une campagne. Je me souviens, quand
j'ai fait une campagne en 2007 sur ce sujet, de Nicolas Sarkozy qui se gaussait
sur le fait qu'on puisse faire une campagne sur ce sujet. (…)
On croit toujours que ce sont les dirigeants qui dirigent, c'est ce qu'on
croit. On les élit pour cela. Et en vérité, ce n'est pas comme cela que ça se
passe. Les dirigeants, ils sont soumis à la pression perpétuelle de l'opinion
et des médias. « Monsieur le ministre, vous avez vu, vous avez perdu trois
points hier ». Alors les types tremblent, leurs entourages leur disent que
ce n'est pas possible. Ils collent aux attentes ».
> Dans l'ordre des présidents de la République.
Celui qui a creusé le plus, c'est François Mitterrand. Nicolas Sarkozy, très
important après la crise de 2008, et Emmanuel Macron. Ils ont aussi continué
dans ce sens-là. Pourquoi ? Parce qu'il y avait des crises (…)
Si vous relisez les débats de toute cette époque, Tout ce qui montait à la
tribune, c'était pour dépenser plus. Tous, de Marine Le Pen à Olivier
Faure qui disait, je cite qu’il faut « ouvrir grand les vannes de la
dépense publique » disait Olivier Faure. C'est une phrase que j'ai
retrouvée. Il n'était pas le seul. Tout le monde dit cela parce que,
évidemment, l'émotion publique, elle est juste. Jamais il n'y a eu de gens qui
se sont mis de l'argent dans la poche. C'est pour les Français que tout cela a
été dépensé. Mais le jour vient où il faut se mettre en tête une loi. Quand il
y a des crises, on dépense pour soutenir la qualité, mais en dehors des crises,
on économise. C'est ce qu'on n'a jamais fait.
> Mon gouvernement a fait voter des
budgets qui avaient été refusés à propos des gouvernements précédents. Nous
avons fait voter le budget de l'action publique, nous avons fait voter le
budget social, nous avons baissé le déficit comme aucun gouvernement ne l'a
fait. On a pris un déficit à près de 6 à 5,8 et on l'a ramené à 5,1. (…)
Qui a fait 0,8 comme ça ? En une seule année. Je ne dis pas que cela soit
formidable. Je dis qu'on a fait cela. On a fait voter la loi d'orientation
agricole, on a fait voter la loi sur le narcotrafic. Et en effet, j'ai lancé
cette épreuve de vérité, exactement comme le héros de Laurent Joffrin, Pierre
Madès France qui l'a fait sur la décolonisation. Il est monté à la tribune sur
le sujet le plus grave du temps en disant si vous ne voulez pas choisir la
seule orientation qui puisse sauver le pays, eh bien je ne pourrai pas assumer
la politique de renoncement.
> L'engagement de ma vie, c'est de rassembler toutes les forces qui sont parfaitement caractérisées, qui sont les forces, je vais employer le mot juste, qui sont les forces réformistes du pays. Et donc, on va voir. Je ne veux pas me prononcer sur les personnes. Je vous explique ce que j'ai pour moi comme nécessité. Qu'est-ce que j'appelle réformiste ? Au moins deux choses essentielles. La première c'est voir les problèmes comme ils se posent et accepter de les énoncer sur les déficits. Et la deuxième, C'est que se rassemblent tous ceux qui refusent l'entente avec un extrême comme avec l'autre. Et donc, tous ceux qui disent : « jamais l'extrême droite et jamais l'extrême gauche, jamais ». Ce que Mélenchon est en train de faire avec des teintes incroyablement antisémites, par exemple, constamment le jeu sur cette question-là. Et tous les deux, les extrêmes ont un point commun simple. Ils disent, ce n’est pas vous qui allez devoir payer ou participer à l'effort. On va faire payer, les uns disent les immigrés et l'Europe, et les autres disent : « on va faire payer les riches ». L'idée du bouc émissaire, c'est une idée qui est contraire à l'idée de la démocratie.
> Je ne suis pas candidat. Être candidat, cela veut dire, d'une certaine manière qu’on est forcé de renoncer à dire la vérité. Et je pense que cette élection doit être une élection de vérité ».
> La France risque la dévitalisation.
Tous les moyens dont nous aurions besoin pour notre vie et pour nos jeunes vont
être captés pendant une décennie pour la charge de la dette. Et personne
ne veut le voir. Ce livre dévoile le mécanisme jamais expliqué qui nous a
conduits là où nous sommes. Depuis cinquante ans, la France n’a jamais présenté
un seul budget en équilibre. Pour pouvoir payer le montant du déficit, on
l’emprunte. Ces sommes se sont accumulées jusqu’à représenter des milliers de
milliards.
Or, en cinquante ans, la France n’a jamais remboursé un euro de ces emprunts.
Mais les intérêts qu’il faut verser à nos créanciers, eux, il faut les payer
tous les ans. La marée des intérêts n’a cessé de monter. Ces créanciers, pour
les deux tiers, sont étrangers. C’est donc une hémorragie continue et
croissante qui ponctionne nos ressources pour les déverser à l’étranger. Les
jeunes vont être les grands sacrifiés. Ignorer cette question, c’est le grand
mensonge. (…)
On dira forcément que c’est la faute des gouvernements successifs. Le débat
politique classique en revient toujours à « c’est la faute des
autres ». Pour l’opposition, c’est la faute de ceux qui sont au pouvoir.
Quand on est au pouvoir, c’est la faute des prédécesseurs… Le discours
politique repose sur le principe de la défausse. La vérité est plus
brutale : tout le monde, sans exception, n’a cessé de faire pression, tout
le temps, pour dépenser toujours plus.
Qui a reçu cet argent ? Ce sont les Français, directement, pour les
retraites, pour les dépenses sociales, pour la fonction publique. Et tous les
opposants, sans exception, n’ont cessé d’exiger des milliards supplémentaires.
Et quand j’ai proposé à l’Assemblée nationale de partager le constat de cette
situation pour en tirer des choix politiques, elle l’a refusé. C’est l’opinion
publique qui commande, et les politiques suivent. La seule déclaration vraiment
révolutionnaire, et vraiment respectueuse des citoyens,
c’est : « Je dirai la vérité quoi qu’il en
coûte. » Sans dire la vérité, il est impossible d’avancer. C’est le
propos de ce livre.
> Regardez les trois jours que nous venons de vivre. Qui,
parmi les chefs d’État en Europe et dans le monde, peut s’imposer dans le jeu
mondial face aux géants de la planète ? Qui pour défendre l’Ukraine et
faire entendre notre voix jusqu’au Moyen-Orient ? Même si je suis à
contre-courant, j’affirme que cet homme est à la hauteur de l’histoire. Et j’en
suis sûr, un jour, ce ne sera plus discuté. (…)
Lors des deux premières années de son mandat, le déficit de la France a baissé,
et il prévoyait un plan pour le ramener au niveau où il devrait être. Dois-je
vous rappeler l’énumération des crises qui ont suivi ? Les
Gilets jaunes, le Covid, la guerre en Ukraine, l’explosion du prix de
l’énergie, l’inflation, et enfin la guerre en Iran. Il a fait ce qu’il n’est
pas illogique de faire : quand tout va mal, on soutient. C’est après que
vient le temps des économies. Ce qui a manqué, c’est
cet « après ».
> [Présidentielle] L’enjeu, c’est la prise de conscience
des Français. Tout ce qui y contribuera ira dans le bon sens. Moi, j’ai le
regard fixé sur les jeunes. Les finances publiques, pour ne pas leur laisser le
fardeau, l’Éducation, pour effacer l’effondrement du niveau, l’efficacité de
l’action publique, pour que les choses se fassent, ou encore l’organisation du
modèle social menacé.
J’ajoute, et c’est aussi important, qu’il s’agit aussi de s’assurer que les
candidats ne feront aucune alliance d’aucune sorte avec les extrêmes, de droite
ou de gauche. Jamais avec les uns, et jamais avec les autres. En deux siècles
d’histoire, chaque fois qu’ils ont été au pouvoir, ils ont conduit au drame et
au malheur, à la misère et à l’affrontement, dans tous les pays où ils ont
régné. Et autour d’eux.
> [RN = FN] Le réflexe est le même. Chercher toujours des boucs émissaires : il n’y a pas de pire moyen de tromper un peuple que de lui désigner un ennemi et de faire de cet ennemi l’origine de tous les maux, la cible unique. Que dit l’extrême gauche ? Elle dit que c’est la faute des riches. Et on va leur faire payer. Que dit l’extrême droite ? Elle dit que c’est la faute des immigrés et de l’Europe. Et on va leur faire payer.
> L’identité est une condition d’existence pour les peuples. Et quand elle est menacée, cela ronge l’âme. C’est un devoir de garantir que notre patrimoine culturel, notre mode de vie, les valeurs qui nous font vivre, tout ce patrimoine-là sera respecté et transmis. Respecté. Transmis. Les deux mots ont leur plein sens. Mais il n’est pas vrai que nous résoudrons nos problèmes par la guerre à des catégories de populations. Promenez-vous dans les rues des grandes villes, regardez les échafaudages : qui est sur les échafaudages ? Allez dans les cuisines des restaurants : qui y travaille ? Qui s’occupe des tâches si difficiles dans les maisons de retraite ? C’est la partie la plus fragile de la population qui assume les tâches du pays. Souvent, ces femmes et ces hommes viennent de l’immigration. Les placer en situation d’accusés, c’est les jeter dans le communautarisme et l’extrémisme.
> La première clef, c’est le travail. Nous sommes un pays
dont la démographie est fragile et dont les entreprises peinent à recruter.
Dans le même temps, nous interdisons à une partie de ceux qui vivent sur notre
sol d’accéder à l’emploi. Cela n’a pas de sens. Je considère que ceux qui sont
sur le territoire national doivent pouvoir travailler et non être pris en
charge par la collectivité. Il y a des centaines de milliers de jeunes qui
coûtent au pays plusieurs dizaines de milliers d’euros par an pour être logés
et nourris, alors même qu’on leur interdit de travailler. Vous rendez-vous
compte de la stupidité de la situation ? C’est exactement l’inverse de ce
qui permet d’intégrer une population. Historiquement, les sociétés ont intégré
par le travail, souvent le plus pénible.
La deuxième clef, c’est la langue. Il faut en exiger la maîtrise. La troisième,
c’est l’adhésion aux principes de vie que nous avons en commun. Chez nous, la
religion ne peut pas prétendre diriger le pays. C’est un principe fondamental.
> Ce n’est pas seulement les enfants que l’on n’écoute pas. Les parents ne
sont pas entendus non plus ! Pensez à l’ignominie du
périscolaire à Paris, pire encore, qui parle du pire du pire, dans les
crèches ? Dans les crèches ! Et on a l’impression qu’on ne cherche
même pas les responsables…
> [Commissions d’enquête] Elles peuvent être très utiles lorsqu’elles
permettent d’éclairer des problèmes de société. Mais lorsqu’une commission est
en fait détournée de son objet, lorsque c’est une personne qui est en fait
visée, les garanties sont insuffisantes. Devant un tribunal, vous avez un
avocat. Vous pouvez demander des vérifications, faire valoir vos droits,
contester certains éléments. Devant une commission d’enquête, aucun de ces
droits. Vous êtes seul, sans aucune garantie, face à des parlementaires par
définition politisés et dont certains ont pour objectif de vous abattre.
Dans ce cas particulier, LFI et quelques autres avaient pour plan de
montrer que j’avais menti sous serment afin que l’affaire soit ensuite
transmise à la justice. Documents à l’appui, j’ai pu leur faire rendre gorge.
Mais un tel dispositif devrait offrir davantage de garanties. On vient de le
voir sur l’audiovisuel. On ne peut pas organiser des procédures qui sont en
fait de véritables procès sans accorder à chacun les moyens de sa défense.
Perrine Goulet (députée)
> La lutte contre toutes les violences faites aux enfants n’est pas la même
chose que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Les deux sujets
sont essentiels.
Sabine Gervais (députée)
> [Fin de vie et aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] Nous voici
réunis en nouvelle lecture pour un texte qui touche à l’une des questions les
plus intimes et les plus universelles qui soient : la fin de vie. Si ce
retour devant notre assemblée démontre une chose, c’est bien la rigueur du
travail parlementaire mené depuis des années. Loin d’être improvisé ou
précipité, ce débat mûrit en réalité depuis longtemps. Il est le point
d’aboutissement d’un long cheminement éthique et citoyen. Il s’est nourri des
avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), des réflexions de la
Convention citoyenne, mais aussi, et surtout, du quotidien des soignants, des
associations et des malades eux-mêmes.
À ce titre, je veux saluer le travail considérable réalisé par Olivier Falorni.
Depuis de nombreuses années, avec constance, évidence et respect des opinions
divergentes, il a porté ce débat dans notre hémicycle. Son engagement nous a
permis assemblée d’aborder cette question avec sérieux, sans caricature et sans
jamais céder à la facilité. Le texte qui nous occupe refuse les dogmes, il
cherche la juste mesure. C’est la ligne qu’a toujours tenue Olivier
Falorni : équilibre entre la liberté individuelle et la protection des
personnes vulnérables ; équilibre entre le respect de l’autonomie de
chacun et les garanties nécessaires à l’exercice d’un droit nouveau ;
équilibre, enfin, entre la reconnaissance de situations de souffrance extrême
et le développement indispensable des soins palliatifs.
Il est essentiel de rappeler que ce texte ne crée ni une obligation, ni un
droit absolu, ni un accès sans condition à l’aide à mourir. Au contraire, il
définit un cadre particulièrement exigeant : l’aide à mourir ne pourra
être demandée que par une personne majeure, atteinte d’une affection grave et
incurable, dont la maladie est entrée dans une phase avancée ou terminale, dont
les souffrances sont réfractaires aux traitements ou jugées insupportables, et
qui est en capacité d’exprimer une volonté libre et éclairée. Chaque étape fera
l’objet de vérifications. Les soignants disposeront d’une clause de conscience
et les verrous de sécurité sont réels. C’est précisément parce que le
dispositif est verrouillé qu’il dépasse les clivages partisans habituels.
Nous savons tous que cette question ne se résume pas à un clivage politique.
Elle touche aux convictions philosophiques, morales, spirituelles et
personnelles de chacun. C’est le cas au sein de mon groupe parlementaire :
certains de mes collègues soutiennent ce texte avec conviction, d’autres y sont
opposés avec une sincérité tout aussi respectable, quand d’autres encore
s’interrogent et continuent de peser les arguments. Cette diversité n’est pas
une faiblesse, elle témoigne au contraire de la profondeur du sujet dont nous
débattons. Comme lors des précédentes lectures, la liberté de vote sur ce texte
au sein du groupe Les Démocrates sera totale.
Au-delà de nos différences, nous partageons tous une même exigence :
apporter une réponse humaine aux situations les plus douloureuses. Derrière la
technique législative et le flot des amendements, il y a des visages, des
hommes et des femmes éprouvés par la maladie, des familles qui veillent un
proche dans ses derniers instants, des soignants dévoués qui affrontent cette
complexité au quotidien, et, enfin, des citoyens qui attendent depuis trop
longtemps que notre droit regarde leur réalité en face. Notre devoir est
d’aborder ces situations avec lucidité, humilité et respect.
L’accès aux soins palliatifs doit devenir une réalité pour tous nos
concitoyens. Je me réjouis d’ailleurs que la proposition de loi visant à
garantir l’égal accès à tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs a été
votée à l’unanimité par les parlementaires.
Les grandes réformes sociales de notre histoire ont toujours bousculé le pays.
Elles ont suscité des doutes légitimes, parfois des craintes profondes.
Pourtant, à chaque fois que le législateur a su lier liberté et responsabilité,
notre droit en est sorti grandi. Nous y revoilà. Ce texte ne banalise pas la
mort, il ne fragilise personne, il offre simplement une issue là où la médecine
ne peut plus guérir et où la souffrance persiste malgré tout. Face à ces
impasses, notre rôle n’est pas d’imposer une vision unique, mais d’ouvrir un
choix. Ce que demandent ces malades, ce n’est pas qu’on décide pour eux, c’est
que leur voix soit entendue et respectée dans un cadre légal protecteur.
Voilà pourquoi, tout en respectant les doutes de chacun, je reste convaincue
que ce texte apporte une réponse humaine, équilibrée et profondément attendue.
Je le voterai avec conviction.
Philippe Vigier (députée)
> [Fin de vie et aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] Il y a
parfois pire que la mort. Dire cela, c’est regarder avec lucidité la vie dans
ce qu’elle a de plus beau, mais aussi dans ce qu’elle a de plus cruel. Il y a
parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une inexorable angoisse,
quand elle n’est plus qu’un océan de souffrances que rien ne peut plus apaiser.
Il y a parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une survie
hurlante, sans le moindre espoir de guérison, et dont la seule espérance est
celle de l’ultime délivrance. »
Ces mots ont été prononcés à cette même tribune par Olivier Falorni, notre ami
et ancien collègue, qui a tant donné pour écouter les patients et faire en
sorte que nous puissions légiférer ensemble. Si je les prononce à mon tour,
c’est parce que je les partage pleinement Ce sont des mots vrais, des mots
forts, des mots justes, qui nous interpellent. Ils retracent, avec humilité,
clairvoyance et courage, le vécu de certains malades, qui attendent que nous
soyons collectivement au rendez-vous.
Il faut que les malades soient au cœur de nos débats. Il s’agit de leur
proposer ce droit en plus, qui n’est pas un droit en moins. Ce nouveau droit
est une réponse à des situations très particulières – exceptionnelles –,
que nous devons aborder avec humilité et gravité, Mme la ministre l’a
rappelé. À mes yeux, il n’y a dans ce débat aucune place pour la démagogie,
pour les contrevérités, pour l’à-peu-près. Nous tous, législateurs, y sommes
attachés, car c’est une question sociétale majeure.
On entend dire que le débat sur la fin de vie aurait été expédié en quelques
jours. Il n’en est rien. Il y a plus de cinquante ans, le sénateur Henri
Caillavet évoquait déjà le droit des malades. Puis ont été adoptées la loi du
4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de
santé, dite Kouchner, et la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux
droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, dite
Claeys-Leonetti, auxquelles beaucoup étaient opposés à l’époque – surtout
au Sénat. J’ai relu les débats de l’époque et ils éclairent utilement notre
réflexion.
Le débat actuel est donc le fruit d’un cheminement de plus de cinquante ans.
Rappelons la proposition de loi d’Olivier Falorni, examinée lors d’une niche
parlementaire : 2 500 amendements avaient été déposés et la
séance du soir avait été levée après l’adoption de l’article 1er.
Rappelons aussi le projet de loi défendu par votre prédécesseure, Catherine
Vautrin. Aujourd’hui, nous en sommes à la troisième lecture du présent texte.
Le débat n’a donc jamais été tronqué : il y a eu plus de cent heures de
débats et des centaines d’heures d’auditions. Ce débat honore le Parlement. Il
s’inscrit aussi dans la continuité des travaux de la Convention citoyenne, qui
a appelé à la mise en place d’une aide à mourir – j’invite
chacun à relire ses conclusions.
On entend dire également que la procédure serait aujourd’hui moins bien
encadrée qu’au début. Pourtant, plus de 270 amendements issus de tous les
bancs ont été adoptés. Ils ont renforcé le dispositif et sécurisé chacune des
étapes.
La preuve concrète, c’est que la décision revient au malade. C’est lui seul qui
décidera d’exercer ce nouveau droit que nous voulons lui donner.
La collégialité a été renforcée : nous sommes passés de la simple
consultation d’un médecin à une procédure collégiale réunissant trois médecins,
ainsi que d’autres professionnels.
Les influences extérieures ont été neutralisées : certains voulaient que
la personne de confiance soit présente lors de la décision, mais nous avons
refusé.
Le respect de la clause de conscience de tous les praticiens, de tous les
médecins, sera évidemment garanti.
Et, bien sûr, l’offre de soins palliatifs a été renforcée.
On a entendu parler d’à-peu-près. Non ! S’agissant des critères d’accès,
la Haute Autorité de santé (HAS) a contribué à préciser les notions de
« pronostic vital engagé », de « phase avancée » et de
« processus irréversible » – ces termes ont un sens.
Le protocole de recueil des informations sur les procédures est sécurisé et
exigeant. Il a fallu plus de dix ans pour que nous ayons une vision de la
situation des soins palliatifs et de l’application de la loi Claeys-Leonetti.
En l’espèce, nous devions y arriver en quelque mois.
Ce texte en appelle à nos consciences, à notre vision de la vie, au respect
absolu – je dis bien absolu – que nous devons aux
malades. À mes yeux, c’est un texte équilibré. Nous avons écarté le recours aux
directives anticipées ; nous avons veillé à déjudiciariser le dispositif,
en supprimant le délit d’entrave et le délit d’incitation ; nous avons été
respectueux des professionnels de santé – j’y tiens, j’en suis un.
Je soutiendrai ce texte de toutes mes forces, parce que ceux qui nous écoutent
ou nous regardent, ceux qui sont dans leur lit et n’ont d’autre issue que de
devoir, un jour ou l’autre, décider de leur avenir, attendent que nous soyons à
la hauteur de ce grand moment.
Je vous invite à mener dans cet hémicycle des débats apaisés, à l’image de ceux
que nous avons vécus en commission. Pensons avant tout aux malades.
● Parti radical
> Le 21 juin 1901 se
réunissaient en Congrès les radicaux de diverses tendances pour fonder le Parti
radical, le 1er grand parti de la
République française. 125 ans plus tard, ses valeurs doivent plus que jamais
guider notre action: solidarité, laïcité, liberté.
> Loi sur la fin de vie : pour les adicaux, il est
temps d’aboutir !
A l’occasion du débat difficile sur la
fin de vie qui reprend à l’Assemblée nationale, les Radicaux rappellent qu’ils
sont depuis longtemps un des fers de lance de cette bataille. Notre position
est claire est déjà exprimée à plusieurs reprises, notamment dans une tribune
parue dans Marianne en décembre 2021 : « Chaque patient atteint d’une
maladie incurable doit pouvoir accéder à une aide à mourir » ou encore
récemment en novembre 2025 dans l’Opinion « Fin de vie : le Parti radical appelle à la reprise de l’examen des
textes au plus vite ! ».
Il est en effet temps d’aboutir : la
loi très attendue par une majorité de nos concitoyens a fait l’objet de
nombreux débats, d’une convention citoyenne, de plusieurs lectures au
Parlement.
Elle est dans son écriture actuelle
encadrée strictement afin d’éviter les transgressions qui ont pu
malheureusement être observées ailleurs.
Cette loi qui viendra à être votée ne
peut que s’accompagner d’une accélération forte de l’accès sur tout notre
territoire à des soins palliatifs de qualité, que ce soit dans des structures
dédiées, à domicile par le biais d’équipes mobiles ou dans des services
conventionnels par le biais de lits dédiés. Le Parti Radical en appelle à
poursuivre les efforts de formation et de sensibilisation des professionnels de
santé.
La procédure législative doit maintenant
arriver à terme avant l’été comme annoncé par le Gouvernement. « Offrir
une fin de vie dans la dignité est un combat que les Radicaux mènent depuis la
fin des années 1970. Les Français sont aujourd’hui prêts. Si la fin de vie
relève de l’intime et des conceptions personnelles de chacun, les Radicaux,
garants de la Laïcité, en appellent à l’universel : l’intime conviction des uns
ne doit pas empêcher la liberté des autres. La dignité de chacun doit être au
cœur de l’action publique » précise la sénatrice Nathalie Delattre, présidente du Parti radical.
> 20 juin, journée mondiale des réfugiés : réaffirmons le
droit d’asile comme principe fondamental de notre République
À l’occasion de la Journée mondiale des
réfugiés, le Parti radical tient à
rappeler son attachement au droit d’asile et à la protection de celles et ceux
qui sont contraints de fuir les persécutions, les guerres ou les atteintes aux
libertés fondamentales.
Cette conviction n’est pas nouvelle. Elle
s’inscrit dans l’histoire même du radicalisme français. Au XIXe siècle et sous
le Second Empire, de nombreux républicains radicaux connurent l’exil en raison
de leurs combats pour la liberté, la démocratie et la République. Certains
trouvèrent refuge à l’étranger avant de pouvoir revenir participer à la
construction de notre pays.
Cette tradition humaniste s’est également
exprimée lors de la guerre civile espagnole. Face à la tragédie de la Retirada
de 1939, les radicaux furent parmi
les défenseurs de l’accueil des réfugiés républicains espagnols qui fuyaient la
dictature et les persécutions. Cet engagement s’inscrivait dans une conception
exigeante de la République : protéger ceux qui sont menacés pour leurs convictions
tout en affirmant les valeurs communes qui fondent la Nation.
Aujourd’hui encore, alors que des
millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont déplacés à travers le monde,
nous réaffirmons que le droit d’asile constitue un principe fondamental de
notre République. Il ne doit pas être confondu avec les autres formes de
migration et mérite d’être préservé avec sérieux, humanité et responsabilité.
Pour Patricia Fidi, secrétaire nationale du Parti radical Familles Démographie Migrations « accueillir ceux qui fuient les
persécutions, c’est rester fidèle à l’histoire de la France et à l’héritage
républicain que le Parti Radical contribue à porter depuis plus de cent vingt
ans ».
Nathalie Delattre (présidente)
> À l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes
et la greffe, je porte le ruban vert pour rappeler la force d’un geste qui peut
tout changer.
Les progrès de la médecine ouvrent des perspectives extraordinaires, mais ils
reposent aussi sur une chaîne humaine faite de générosité, de confiance et de
solidarité.
Alors que des milliers de patients attendent une greffe, nous devons continuer
à informer, sensibiliser et encourager chacun à exprimer son choix auprès de
ses proches. Le don d’organes traduit une conviction essentielle, même dans
l’épreuve, la vie peut encore être transmise.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> La démission de Keir Starmer est un sujet européen. Aux côtés des
Européens et du président Macron, il a été un allié fiable pour soutenir nos
initiatives. Pour faire vivre la coalition des volontaires en faveur de
l’Ukraine. Pour contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz. Dix ans après
le Brexit, le Royaume-Uni s’apprête à connaître son septième Premier ministre.
Cette instabilité politique persistante fragilise un partenaire dont l’UE a
pourtant besoin face aux défis stratégiques de notre temps. Nous espérons que
son successeur ne tournera pas le dos à l’Union européenne. Dans la nouvelle
donne géopolitique mondiale, l’UE et le Royaume-Uni ont un destin commun.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Quand et comment reprendre langue avec le Kremlin]
Peut-être est-il temps pour l’Europe de parler à Poutine puisqu’à force de ne
pas gagner cette guerre, il la perd et que le continent tout entier, Russie
comprise, aurait intérêt à éviter qu’il ne se lance dans une fuite en avant.
Lui parler permettrait de lui faire valoir qu’il peut encore s’en sortir
sans perdre la face puisque l’Ukraine, premièrement, ne va pas entrer dans
l’Otan car les Etats-Unis s’y opposeraient et que l’Alliance atlantique bat de
l’aile ; que l’Ukraine, en deuxième lieu, peut se passer de troupes
européennes sur son sol car elle va rejoindre l’Union européenne dont la
protection lui sera ainsi assurée et que la Russie peut, en troisième lieu,
conclure un cessez-le-feu sur l’actuelle ligne de front tout en continuant à
dire que l’ensemble du Donbass lui appartiendrait.
La Russie comme l’Ukraine pourraient signer un cessez-le-feu tout aussi
durable que celui des deux Corées tout en maintenant, pour la forme, que leur
territoire est partiellement occupé par la force. Ce serait d’autant plus
faisable que Vladimir Poutine aurait tout à gagner à arrêter les frais en
proclamant sa victoire et que quels que soient les points qu’elle marque,
l’Ukraine aussi a besoin de cesser de perdre des hommes et de se reconstruire.
C’est pour cela que Volodymyr Zelensky presse l’Europe de l’aider à ouvrir
des pourparlers directs avec le Kremlin et que plusieurs des 27 considèrent
qu’il est bel et bien temps de le faire avant que Donald Trump ne tente à
nouveau de négocier un accord avec Vladimir Poutine sur le dos de l’Ukraine et
de l’Union.
Solides, leurs arguments se tiennent mais beaucoup d’autres Européens font
valoir que le président russe paraît encore croire en la possibilité de
s’adjuger tout le Donbass par les armes ou la diplomatie et qu’il reste
convaincu que les Européens préfèreront toujours mettre genou à terre que
risquer la guerre. A vouloir dès maintenant ouvrir des conversations avec le
Kremlin, l’Union risquerait, jugent-ils, de conforter Vladimir Poutine dans
l’idée qu’elle serait peu ou prou prête à lâcher l’Ukraine comme Donald Trump
avait voulu le faire. Il faut d’abord, dit-on notamment à Paris, Londre et
Berlin, aider les Ukrainiens à multiplier les démonstrations de force, donner
ainsi à réfléchir aux dirigeants russes et, avant tout, au premier d’entre eux
et ne proposer qu’ensuite d’œuvrer à un compromis.
Pour l’heure, c’est cette seconde analyse qui prévaut. Donald Trump
lui-même ne s’y est pas opposé lorsqu’il a accepté, au G 7, de vendre aux
Ukrainiens des licences de fabrication d’armes américaines grâce auxquelles ils
pourront tenir tête aux Russes en se protégeant de leurs frappes.
Le soutien militaire et financier de l’Europe a permis aux Ukrainiens
d’instaurer un rapport de forces qui a fait évoluer la Maison-Blanche. L’Union
s’est imposée là en acteur essentiel de la scène politique internationale et
tous ceux qui continuent de penser que l’Europe n’existerait plus devraient
remettre leur montre à l’heure.
Comme les Américains, les Russes vont devoir intégrer ce changement de
donne. Ils le devront même plus vite et plus profondément encore car la Russie
n’est désormais plus confrontée aux Etats-Unis mais à l’Europe et son front
commun. Union européenne et Grande-Bretagne d’un côté, Fédération de Russie de
l’autre, ce ne sont plus les deux blocs de la Guerre froide qui sont
face-à-face, non plus les Occidentaux contre les Russes, mais deux Europe,
l’Europe démocratique et celle qui a encore tant de mal à rompre avec la
dictature.
Plus encore qu’une guerre, c’est une bataille politique qui se mène en
Ukraine. L’oligarchie y affronte la démocratie et avant même de parler ou non à
Vladimir Poutine, les démocraties européennes devraient donc s’adresser
directement aux Russes. Sans plus tarder, nous devons leur dire que nous avons
à bâtir ensemble un continent de paix et de prospérité et que seul leur
président nous en empêche, eux et nous.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> [Opinion : « Brexit : dix leçons et un sursaut pour l’Europe »]
Le 23 juin 2016 fut comme un coup de tonnerre dans le ciel européen. Pour la
première fois, un peuple choisissait de quitter notre Union.
La première leçon de ce triste départ vaut pour l’Europe entière. Certes, le Royaume-Uni
a toujours été l’enfant terrible de la famille, hésitant entre le continent
européen et le grand large américain, absent de la zone euro et de l’espace
Schengen. Le paradoxe est que le vote « leave » fut largement le rejet
d’une Europe trop libérale, défendue avec ardeur… par le Royaume-Uni.
La volonté de « reprendre le contrôle » mise en avant par les apôtres du
Brexit consistait à assurer la maîtrise des frontières, contre l’immigration
illégale mais aussi l’installation de centaines de milliers de travailleurs
européens des pays de l’Est ; le contrôle des eaux de pêche ; la liberté des
règles, loin des normes tatillonnes de Bruxelles ; la préservation du modèle
social, notamment du système de santé (NHS), auquel Boris Johnson avait promis
d’affecter l’argent économisé sur la contribution au budget de l’UE. Cette
demande de protection, de simplification et d’efficacité, tous les peuples
européens l’expriment. Il ne faut en aucun cas mépriser la colère qui a mené au
Brexit : elle traverse toute l’Europe.
La deuxième leçon est que les populistes mentent aux peuples en colère. Où est
passé le chèque de 350 millions de livres (par semaine !) que devaient
récupérer les hôpitaux ? Le NHS n’a rien reçu. Les pêcheurs britanniques n’ont
rien gagné, et nous avons défendu les intérêts des nôtres avec succès.
L’immigration a atteint des niveaux record, 900.000 migrants en 2023 contre
320.000 en 2016. Tous les accords commerciaux signés sont des copiés-collés des
accords de l’UE car aucun partenaire au monde ne donne la priorité à un marché
sept fois plus petit.
Bien sûr, le Royaume-Uni reste un grand pays : il ne s’est pas effondré et ne
s’effondrera pas. Mais, face à tous les défis communs, au regard de toutes les
promesses, il fait moins bien qu’annoncé, moins bien qu’avant, moins bien que
ses voisins de l’UE. Le PIB par habitant est inférieur de 6 % à 8 % à ce qu’il
aurait été sans la sortie de l’UE, soit une perte d’environ 5.000 euros par an
et par Britannique !
Les populistes mentent aux peuples en colère
La troisième leçon est qu’en sortant de l’UE on est plus autonome, mais moins
souverain. Fini, les négociations interminables dans les couloirs bruxellois.
Mais, en pratique, le Royaume-Uni a conservé intacts deux tiers des règles
européennes, et son alignement sur nos normes se renforce en matière de
régulation numérique ou d’environnement.
Pour une raison simple : on a plus d’impact à vingt-sept, donc, pour faciliter
la vie des entreprises et attirer les investisseurs, Londres réplique les
règles de Bruxelles – en ne participant plus à leur élaboration, beau succès !
Et pour une autre raison : les Britanniques ont au fond les mêmes aspirations
que les Français ou les Allemands ; ils se sont découvert plus Européens qu’ils
ne le pensaient. Ils viennent même de réadhérer à l’emblématique programme Erasmus.
La quatrième leçon est que les Britanniques regrettent ! Dix ans après, une
nette majorité voudrait rejoindre l’Union européenne. Et 57 % affirment que le
Brexit était une erreur.
Les Britanniques se sont découvert plus Européens qu’ils ne le pensaient.
La cinquième est que les Européens sont attachés à l’Europe. Le Brexit a créé
un sursaut : on ne joue pas avec le feu dans un monde qui brûle. 74 % des
citoyens estiment que leur pays bénéficie de son appartenance à l’UE, un niveau
inédit. Les populistes ne s’y trompent pas : à l’image du RN, les partis
nationalistes ont tous abandonné leur projet de sortie.
La sixième leçon est que l’Europe est attractive par-delà ses frontières. L’UE
compte actuellement neuf pays candidats, un record. Dont l’Ukraine, qui y voit
une garantie de démocratie et de sécurité dans la durée face à la menace russe.
Réformer l’Europe de l’intérieur
La septième leçon est qu’on peut réformer l’Europe de l’intérieur. Ce furent le
pari et l’engagement d’Emmanuel Macron : la réforme du travail détaché, face
aux mêmes angoisses que celles du Brexit (le dumping social), en a été la
première preuve, dès 2017.
La huitième est qu’on doit recréer un lien puissant avec le Royaume-Uni. De
l’Ukraine à Ormuz, il est évident que nos intérêts sont convergents, et la
coopération franco-britannique plus forte que jamais. En créant un Conseil de
sécurité européen associant le Royaume-Uni, nous ferions, ensemble, un grand
pas.
La neuvième leçon est que la démagogie ne vaccine pas contre la démagogie. Sans
honte d’avoir précipité ses concitoyens dans le ravin, Nigel Farage veut faire
croire qu’il peut apporter les solutions aux problèmes qu’il a lui-même créés
ou aggravés.
Dans ce contexte, la dernière leçon est qu’on ne bat pas les populistes en leur
courant après ou en les redoutant. En refusant d’afficher une grande ambition
européenne, le gouvernement de Keir Starmer a perdu ses électeurs. En affirmant
une ligne résolument pro-européenne face à l’extrême droite, le Premier
ministre des Pays-Bas a gagné les élections. À méditer, sur l’Europe et le
reste, pour 2027…
> [Donald Trump oblige Anthropic à bloquer ses meilleurs modèles d’IA pour les étrangers] La décision de Donald Trump a été un signal d'alarme pour l'Europe. Et c'était nécessaire. Nous, Européens, et notamment Français, parlons beaucoup de souveraineté, à juste titre selon moi. Jusqu’à présent, cela semblait abstrait, mais le danger est désormais réel : l’accès aux technologies numériques clés nous sera bloqué. Nous constatons à quel point les grandes puissances utilisent leurs avantages compétitifs comme une arme géopolitique dans le nouvel ordre mondial – et surtout par l’intermédiaire de notre allié. L’Europe doit tirer les leçons du traumatisme anthropique et réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis et de la Chine.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Face à des signalements d’annonces suspectes en ligne sur Vinted, j’ai
saisi l’Arcom et Pharos. Aucun doute ne doit être laissé sans réponse lorsqu’il
s’agit de protéger nos enfants.

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