Voici une sélection, ce 29 août 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Je vais être direct : il faut un budget. L'absence de budget nous mènerait
à une incertitude politique et financière que nous ne saurions pas gérer.
> [Jean-Luc Mélenchon propose de geler la dette française] En plus d'être une faute morale, c'est une faute patriotique.
> [RN] Son héritage politique et moral, me semble-t-il, ne correspond pas à ce que je me fais comme idée des valeurs républicaines.
> Le gouvernement a dû affronter une motion de censure de LFI et des écologistes parce qu'il faisait chaud, rendez-vous compte.
> Jamais l'Ukraine ne nous a demandé de rentrer en guerre contre la Russie, ce que nous demande l'Ukraine c'est : du matériel et de l'intelligence pour tenir eux-mêmes leur propre ciel.
> [États-Unis] La France est un allié libre, allié mais non aligné.
> Ce déplacement à Mayotte ne s’achèvera pas avec mon départ. Chaque mois, mon directeur de cabinet réunira les ministères concernés pour suivre l’avancement des projets. Les 17 maires et le président du Département seront reçus à Matignon en novembre pour un grand point d’étape. Je reviendrai à Mayotte au début de 2027 pour rendre compte des avancées et prendre les prochains actes. La fin du quinquennat doit être utile à Mayotte. Chaque mois doit désormais compter.
> À Mayotte, l’égalité des droits doit avancer sans casser l’emploi. Les droits sociaux seront quasi intégralement alignés en 2031, cinq ans plus tôt que prévu, tandis que la convergence des cotisations sera étalée jusqu’en 2036. Dès cet automne, la prime d’activité augmentera pour plus de 1 200 ménages. Le code de la sécurité sociale s’appliquera pleinement en 2028. La convergence du RSA, du SMIC et de la quasi-totalité des prestations sera achevée en 2031. Dans le budget 2027, le soutien à plus de 3 000 entreprises mahoraises sera prolongé, pour un effort d’environ 40 millions d’euros. Une trajectoire claire : accélérer les droits, accompagner dans le temps l’économie mahoraise.
> À Mayotte, la question de l’eau reste une urgence
du quotidien. Le territoire a besoin de 48 000 m³ chaque jour et n’en produit
aujourd’hui que 37 000. Ce déficit impose encore des tours d’eau, alors même
que les besoins continuent d’augmenter. La responsabilité de la gestion de
l’eau revient aux communes et au syndicat Les Eaux de Mayotte.
L’État sera à leurs côtés pour accélérer les travaux et mobiliser les
financements qui existent. Dès cet automne :
- de nouveaux forages seront réalisés.
- la lutte contre les fuites, qui représentent jusqu’à 9 000 m³, sera
renforcée, notamment avec les jeunes militaires du RSMA.
- après l’installation de cuves dans 90 écoles, l’État financera des capacités
de stockage pour 13 000 personnes vulnérables.
- le plafonnement du prix de l’eau en bouteille sera rétabli.
En parallèle, nous devons régler durablement le problème de la production : 10
000 m³ supplémentaires par jour avec l’usine de dessalement d’Ironi Bé au plus
tard début 2028, puis une troisième retenue collinaire à Ourovéni. Au total,
l’État mobilise 730 millions d’euros dans le plan Eau Mayotte. L’objectif est
simple : augmenter la production et réduire progressivement les tours d’eau.
> Près de deux ans après le cyclone Chido, la reconstruction et le développement de Mayotte doivent accélérer, en particulier pour les équipements et les infrastructures publiques du quotidien. C’était l’objet des échanges de ce midi avec les maires et présidents d’intercommunalité : identifier, commune par commune, les projets suffisamment avancés pour engager les travaux et lever les blocages qui demeurent, notamment en matière d’ingénierie et de foncier. Pour y parvenir, les moyens de la préfecture seront considérablement renforcés et une plateforme d’ingénierie territoriale accompagnera directement les 17 communes. Surtout, pour permettre aux maires de lancer plus rapidement leurs chantiers, les avances versées par l’État passeront de 30 % à au moins 60 %. Les financements sont là. Ils doivent désormais se traduire, partout à Mayotte, par des réalisations concrètes.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Le renforcement de la coopération franco-britannique relancée sur la lutte
contre l’immigration irrégulière dans le Nord porte ses fruits. Nous
enregistrons en France une baisse de 50% d’évènements en lien avec les
traversées en 2026, et un taux de mise en échec passant de 57% à 64%. 284
trafiquants ont également été interpellés. Notre action commune, qui permet de
démanteler des réseaux criminels et de sauver des vies, va être poursuivie pour
consolider ces résultats encourageants : je salue la détermination des forces
de sécurité intérieure qui interviennent quotidiennement sur le terrain dans
des conditions difficiles.
> Je suis très heureux d’avoir reçu à Beauvau mon homologue qatarien, Cheikh Khalifa bin Hamad bin Khalifa Al Thani, accompagné d’une délégation de haut niveau. La coopération franco-qatarienne en matière de sécurité est d’une grande densité et nos échanges nous ont permis d’évoquer plusieurs axes de travail pour la développer et l’approfondir. Je me félicite des perspectives de coopération ouvertes par cette visite, tant pour nos forces de sécurité intérieure qu’en matière de protection civile. Au-delà, dans le contexte de crise que connaît la région, la France se tient résolument aux côtés de ses proches partenaires, notamment le Qatar.
> À Mayotte, l’État agit et renforce ses moyens.
Aux côtés du Premier ministre pendant deux jours, j’ai annoncé des mesures
concrètes pour mieux lutter contre l’immigration clandestine et accélérer la
reconstruction :
- 10 intercepteurs opérationnels d’ici la fin de l’année pour renforcer la
surveillance et les interceptions en mer ;
- des effectifs supplémentaires pour le groupe d’appui opérationnel (GAO) de la
Police aux frontières ;
- la nomination d’un sous-préfet dédié à l’accompagnement des projets de
reconstruction, sous l’autorité du préfet.
Sur le terrain, j’ai voulu mesurer directement l’action de nos services :
réunion de l’état-major de lutte contre l’immigration clandestine, rencontre
avec les policiers du GAO et patrouille en mer à bord d’un intercepteur de la
Gendarmerie nationale qui réalisent au quotidien des interceptions
d’embarcations acheminant des migrants en situation irrégulière.
À Mamoudzou, j’ai également rencontré les gendarmes puis les policiers du
commissariat ainsi que les agents du service des étrangers de la préfecture qui
réalisent une remarquable activité en matière d’éloignements des étrangers en
situation irrégulière.
À terre comme en mer, nous renforçons nos moyens pour protéger Mayotte, lutter
contre l’immigration clandestine et reconstruire durablement l’archipel.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Je propose un pacte de stabilité aux chefs d'entreprise.
Vous avez besoin de visibilité, de stabilité. Nos entreprises doivent
continuer à investir et à se projeter dans l’avenir.
Dans le projet de loi de finances que nous déposerons d’ici quelques semaines,
nous nous engageons à :
- Ne pas toucher au Crédit Impôt Recherche (CIR).
La France doit rester le pays le plus attractif d’Europe.
- Ne pas toucher au Pacte Dutreil qui a déjà été retravaillé l’année
dernière.
Je vais aller encore plus loin. Malgré un contexte budgétaire difficile, la
France doit continuer à se projeter dans l’avenir et à décarboner son économie.
- Dans le prochain budget, nous présenterons un suramortissement pour les
industries du futur. Concrètement, les PME et ETI qui investissent dans la
robotique et les technologies 4.0 pourront bénéficier d’une déduction fiscale.
- Enfin, pour continuer à décarboner notre économie, quatre nouveaux secteurs
seront intégrés dans le crédit d’impôt au titre des investissements dans
l’industrie verte (C3IV).
Voici mes propositions qui figureront dans le budget qui sera déposé au
Parlement, qui sera ensuite entre les mains de nos parlementaires.
> N'oublions pas tout ce que nous avons fait depuis 10 ans pour nos entreprises, notre attractivité et nos innovations. Un travail que nous avons fait ensemble.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Désormais LFI déclare même la guerre aux familles ! Elles n'ont pas à être
combattues mais soutenues. Je veux donner envie aux Français de fonder leurs
familles, de bâtir, aimer, transmettre.
> LFI abîme la République. Je ne laisserai pas LFI bousiller la France.
> La primaire sauvage, c'est le pire des systèmes. C'est le risque de la machine à perdre. En 2027, il n'y a pas de filet de sécurité, pas de rattrapage possible : si nous ne sommes pas au second tour de la présidentielle, ce sera la victoire soit de Marine Le Pen, soit de Jean-Luc Mélenchon. Nous n'avons pas le droit de laisser faire ça.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Refuser le fatalisme en ouvrant le champ des possibles Après les rixes de
2022, les violences armées et l’incendie de sa mairie, Garges-lès-Gonesse
aurait pu s’enfermer dans ses difficultés. Elle a choisi d'agir sous
l’impulsion de son maire.
À ses côtés, j’ai vu aujourd’hui des citoyens déterminés et pleins de volonté,
une ville qui agit et n’a pas peur de soutenir leurs initiatives, et des
services de l’État mobilisés pour accompagner leurs projets et construire
ensemble des réponses concrètes. Entre les échanges dans la nouvelle mairie, la
discussion avec les forces de l’ordre mobilisées, les retours du terrain au
club de boxe et, pour finir, la visite du pôle d’innovation culturelle,
partout, une même ambition se dessine. Un travail de fond est mené de concert
pour prévenir les violences, recréer du lien et dessiner de nouvelles
perspectives, notamment pour les jeunes.
Les bonnes pratiques des territoires doivent être regardées, partagées et
valorisées. N’ayons pas peur d’expérimenter pour faire nation dans toutes les
villes de France.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> À Villers-Écalles, Ferrero investit 30 millions d’euros pour
transformer son usine et développer une nouvelle ligne de production. C’est un
choix industriel fort : celui de produire en France et de faire confiance à un
territoire. Mais une usine ne peut se développer durablement que si elle
trouve, à proximité, les compétences dont elle a besoin. Dans
l’agroalimentaire, ces besoins sont très concrets : maintenance, production,
automatisation, qualité. Notre responsabilité est donc de mieux faire connaître
ces métiers, de rapprocher les jeunes des entreprises et d’adapter la carte des
formations aux besoins réels de chaque bassin d’emploi. C’était tout le sens de
mes échanges avec les équipes et les jeunes accueillis sur le site.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Les effets délétères de l’ultra fast-fashion sur notre environnement et
notre économie sont connus et documentés. Le Gouvernement est déterminé à y
remédier et agit en conséquence. Avec l’entrée en vigueur de ce malus, la
France, pionnière en Europe dans la lutte pour la régulation de ces pratiques,
déploie un instrument puissant et efficace pour lutter contre un modèle qui
repose sur le fait qu’un vêtement passe en un temps record des étals d’un
magasin à la poubelle noire de son logement.
> La transition écologique et l'économie vont de pair. Nous faisons le choix d'une écologie de solutions concrètes avec les entrepreneurs : le courage d'accélérer la simplification sans jamais renier nos exigences environnementales, et d'accompagner l'adaptation de nos entreprises.
> Le trafic d'espèces sauvages est une menace environnementale, sanitaire et économique : la réponse de l'État aux frontières est totale. Saisies d'espèces protégées, contrôles ciblés sur les vols sensibles et coordination renforcée sur le terrain.
> Dans la continuité du plan d’action pour la protection des animaux présenté par Sébastien Lecornu, nous lançons aujourd'hui des mesures concrètes contre les trafics illégaux de faune sauvage avec une ligne claire : responsabiliser l’ensemble de la chaîne, des voyageurs aux plateformes en ligne. Face à cette criminalité, nous donnons à nos services de contrôle et à la justice les moyens d'agir plus efficacement.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Le monde se réarme. La France doit être prête.
> Notre réseau diplomatique est l’un de nos premiers atouts stratégiques : anticiper, agir et défendre nos intérêts partout dans le monde.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Nous devons protéger les plus vulnérables, garantir la pérennité de notre
modèle social, mais aussi permettre à nos entreprises de se développer, de
créer de la valeur et des emplois. Face aux transformations profondes du monde
du travail, nous avons besoin d’un nouveau contrat social, fondé sur la
responsabilité de chacun et sur un dialogue social exigeant et constructif.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Depuis plusieurs semaines, l'agriculture française traverse une grave
crise.
La canicule a éprouvé les Français, les incendies historiques ont ravagé nos
forêts et la sécheresse met à mal notre agriculture et nos industries
agro-alimentaires.
Les maraîchers, les arboriculteurs, les céréaliers, les éleveurs, les
vignerons, les agriculteurs de toute la France, presque sans exception, en
subissent de graves conséquences.
J'ai réuni ce jour les Préfets de toute la France pour faire un point précis de
la situation et des dommages sur l’agriculture de chaque territoire. Le bilan
est sans appel, avec 101 départements en situation de sécheresse, dont 62 en
situation de crise et 95 départements en restriction d’eau. Les pertes de
rendement pour les productions végétales dépassent 50 % dans plusieurs zones du
pays. L'élevage aussi est fortement impacté, avec une baisse de production
laitière mais surtout un manque de fourrage qui fait peser un risque sur
l’alimentation des animaux cet hiver (5 régions ont un stock de fourrage
inférieur de plus de 50 % par rapport à la normale et 8 régions d'au moins 25
%).
Toutes les régions font état d'une situation économique et sociale des
exploitations fortement dégradée.
Face à cette situation inédite, j'annoncerai le 3 septembre un plan d'aide
massif. D’abord avec des mesures d'urgence pour soulager la trésorerie des
exploitations et relancer la production car la continuité de l’activité
agricole est ma priorité.
Mais nous devons être lucides : les phénomènes que nous avons connus cette
année seront amenés à se répéter. Nous devons donc adapter notre agriculture à
ces nouvelles réalités. Mes prédécesseurs et moi-même avons mis en place des
mesures en ce sens (Plan Méditerranée, fonds hydraulique, innovation variétale,
investissements dans les bâtiments d’élevage ou les serres, rénovation des
vergers, etc.) mais nous devons accélérer car la pérennité de notre
souveraineté alimentaire est en jeu.
L'État est pleinement mobilisé depuis le premier jour de cet épisode
météorologique inédit pour aider ceux qui nous nourrissent à surmonter cette
crise majeure, reprendre espoir et relancer la prochaine campagne.
> Face à la crise climatique, notre agriculture va s’adapter : bâtiments d’élevage résistant à la canicule, variétés végétales plus robustes, meilleur accès à l’eau, choix de cultures plus résilientes, préservation de l’eau dans le sol... Nous devons donner des perspectives à l’agriculture française, il en va de notre souveraineté alimentaire.
> Pour soutenir nos agriculteurs, nous devons faire un effort de solidarité nationale ! L’État prend bien sûr toute sa part dans cette mobilisation. Mais toute la France doit être à leurs côtés : consommateurs, distributeurs, banquiers, assureurs, collectivités locales.
> L'agriculture française traverse une crise d'une
gravité exceptionnelle. On le sait, aux conséquences économiques terribles et
aux conséquences humaines. Et je suis très attentive à cette dimension humaine.
Pour beaucoup d'agriculteurs, c'est le travail d'une année qui est réduit à
néant par la sécheresse, par la canicule, par les incendies parfois. Un point
nous inquiète particulièrement, c'est la production de fourrage. 50% de
fourrage en moins dans la moitié des prairies et ça touche évidemment à la question
de l'alimentation des animaux. Mais le maraîchage de plein champ,
l'arboriculture, en partie la viticulture, que ce soit dans la France
hexagonale ou en Outre-mer, tous les territoires sont touchés, toutes les
productions sont touchées. Nous avons donc une situation d'une extrême gravité
qui appelle des réponses urgentes et puissantes. (…)
On va ajuster les mesures que nous allons présenter la semaine prochaine. Il
faut effectivement des aides financières, des aides réglementaires, des
allégements réglementaires. L'idée, si vous voulez, c'est d'abord d'épauler les
agriculteurs dans un moment où ils souffrent particulièrement, où ils voient le
travail d'une année réduit à néant pour certains. Et surtout, surtout, de
permettre la relance de la production pour l'année prochaine. Il faut pouvoir
acheter des semis, il faut pouvoir acheter des plants, il faut pouvoir acheter
des engrais. Donc assurer la continuité de l'activité agricole l'année
prochaine. (…)
Notre objectif c'est d'épauler la trésorerie des exploitations les plus
fragiles, ou celles qui menacent de l'être, et puis avec une attention
particulière portée aux jeunes agriculteurs qui viennent de s'installer dans le
métier, qui ont contracté des emprunts, qui doivent continuer leur activité.
Ceux-là auront toute mon attention. (…)
On essaie d'être au plus près de nos agriculteurs pour les épauler dans ce
moment extraordinairement difficile. Mais c'est un effort de solidarité globale
qui va du consommateur, qui doit soutenir nos agriculteurs en achetant des
produits français, à la grande distribution qui doit revoir les contrats pour
un calibrage de fruits et de légumes plus petit. C'est aussi les assureurs, les
banquiers, les collectivités, bref, toute la société française, toute la France
doit être aux côtés de ces agriculteurs. Maintenant sur la question des prix,
puisque c'était votre question, j'observe qu'il n'y a pas une envolée des prix,
et en tout état de cause, et pour être encore plus précise dans ma réponse, il
est clair qu'entre le consommateur et le producteur, il doit y avoir une
recherche d'équilibre. (…)
L'alimentation doit être payée à un juste prix, la part alimentaire dans le
budget des ménages n'a pas cessé de diminuer depuis des décennies. Donc c'est
vrai que l'alimentation doit être évaluée à un juste prix, ce qui ne signifie
pas que ça va nourrir l'inflation de façon dramatique. On est très attentifs
naturellement à contenir l'inflation, et la grande distribution a pris
l'engagement de pouvoir mieux rémunérer les agriculteurs si c'est nécessaire,
parce qu'au bout du compte, si nous ne voulons pas importer la totalité de
notre alimentation, il nous faut produire en France. (…)
C'est une prise de conscience globale que nous devons avoir, nous
consommateurs. Chaque consommateur a une partie de la solution, mais la grande
distribution également, et vous savez à quel point les relations commerciales
sont parfois tendues, donc j'appelle à ce que chacun comprenne qu'on ne peut
pas détruire de la valeur, et qu'il faut protéger notre appareil productif.
> Cette crise climatique et météorologique doit inspirer d'autres méthodes de production. Il faut adapter nos bâtiments d'élevage à la canicule, il faut des variétés végétales qui soient mieux résistantes au gel, à la sécheresse, à la chaleur. Il faut un meilleur accès à l'eau agricole, car l'agriculture, contrairement à ce qui peut être dit, ne prélève que 11% de la totalité des prélèvements quand l'énergie en prélève 45%. On irrigue très peu en France. 7% des terres sont irriguées, c'est très peu comparé à d'autres pays. Il nous faut bien sûr orienter vers une production qui s'adapte au mieux au changement climatique. C'est tout l'objet de la politique que j'ai mise en œuvre, depuis que je suis arrivée à la tête du ministère, en d'ailleurs continuant des politiques qui ont été initiées par mes prédécesseurs. C'est le fonds hydraulique, c'est le Plan Méditerranée pour adapter les cultures aux conditions météorologiques. Ce sont les contrats d'avenir pour la souveraineté alimentaire. Vous savez que 30% de notre assiette est importée. Moi je ne peux pas me résoudre à ça, et je ne veux pas que ce pourcentage augmente. Je veux que nous continuions de produire en France, et c'est tout le plan de souveraineté alimentaire. Donc il faut donner des perspectives à l'agriculture française.
> La France stocke très peu d'eau pour l'agriculture et que sans eau il n'y a pas de production. On ne peut pas dire déplorer la sécheresse et plaindre les agriculteurs qui n'ont pas d'eau pour produire.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Une nouvelle étape franchie pour Ariane 6 ! Pour la première fois, notre
lanceur européen vient de réaliser une mission vers l’orbite de transfert
géostationnaire. À son bord, MTG-I2 renforcera nos capacités de prévision
météorologique et de surveillance du climat. Un nouveau succès qui confirme la
montée en puissance d’Ariane 6 et renforce l’autonomie d’accès à l’espace de
l’Europe.
Sébastien Martin (ministre délégué auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> La France, visiblement, continue à attirer des usines et des entreprises.
On a été, en 2026, pour la septième année consécutive, le pays qui a attiré le
plus d'investissements étrangers. J'ai vu le baromètre NDO qui est sorti il y a
quelques jours. On a un niveau d'investissement industriel, sur le premier
semestre 2026, qui est bien supérieur à ce qu'on connaît depuis la moyenne
depuis 2009. Et puis dans son secteur, particulier, elle est dans un secteur de
la cimenterie décarbonée, il y a des dispositifs d'accompagnement qui existent
pour accompagner ce type de projets en France, et qui, d'ailleurs, n'existent
pas ailleurs, et que certains pays nous envient. Donc, je pense que si cette
personne a une envie de porter des projets comme ça, c'est bien en France qu'il
faut qu'elle les fasse.
> On n'augmente pas les salaires par décret. On augmente les salaires quand l'activité économique permet de le faire. Et excusez-moi, permettez-moi de le dire, mais si on pense qu'en effaçant de la dette et en ramenant la retraite à 60 ans, qui fera augmenter les cotisations sociales, on va pouvoir augmenter les salaires, on se goure complètement.
> La volonté d'un chef d'entreprise, ce n'est pas, contrairement à ce que j'ai pu entendre, de ne pas payer ses salariés, de ne pas leur apporter des services ou quoi que ce soit. La volonté d'un chef d'entreprise, c'est plutôt de pouvoir augmenter ses salariés quand il le peut. Juste rappeler, quand même, qu'il y a eu à un moment la baisse des cotisations sociales de la branche famille, que la CVAE a été divisée par deux, que l'impôt sur les sociétés a été ramené de 33% à 25 %.
> Sur le sujet de la Chine, qui, aujourd'hui, au niveau européen, porte le plus fortement l'enjeu de la préférence européenne, l'enjeu d'avoir des outils de protection beaucoup plus réactifs et beaucoup plus rapides, est l'enjeu du Made in Europe. C'est la France. Dans les débats que nous avons aujourd'hui au niveau européen, c'est la France qui porte le plus cette idée-là. On ne doit pas fermer l'Europe. On ne doit pas faire, à mon avis, exactement comme fait Monsieur Trump, qui ferme tous les États-Unis, en disant qu’il a mis d'énormes droits de douane sur la Chine. Tu parles. Ça s'est déporté sur l'Asie du Sud-Est. Par contre, qu'on puisse entrer en Europe à partir du moment où on respecte des règles du jeu qui sont conformes aux nôtres, là, il n'y a pas de problème.
> On nous a ri au nez quand on a mis en place la taxe sur les petits colis. Le Rassemblement national et LFI, ils ont voté contre. Après, ils disent qu’il faut se défendre contre la Chine. OK. Eh bien, qu'est-ce qu'on voit en ce moment si la France n'avait pas pris cette initiative, l'Italie a pris aussi, la taxe sur les petits colis national, qui, ensuite, s'est développée au niveau européen ? Je ne pense pas qu'on aurait -30 à -40% de petits colis qui arrivent en Europe. Il y a beaucoup de gens qui font de la politique, mais quand il s'agit d'agir, ils ne font rien. Ils ne font rien en Europe.
> Le seul pays qui, aujourd'hui, est capable, à 67 millions ou 68 millions d'habitants, de faire un truc qui marche en IA en Europe, ça s'appelle la France. Je veux juste le rappeler. Ça veut dire quoi ? Il y a quelques années en arrière, on était autour de la table, Framatome, dans le nucléaire, parce qu'on parle des secteurs qu'il faut bien savoir préserver, Framatome, dans le nucléaire, allait fermer. En 2016, Areva. Et aujourd'hui, vous allez me dire que Framatome va fermer ? Certainement pas. On va dire qu'on ne sait plus faire des voitures. Mais c'est faux. On sait faire des voitures. On est en train d'apprendre à savoir faire les véhicules électriques. Les véhicules électriques, en France, les plus vendus sont des véhicules français. Donc, arrêtons un petit peu de dire qu'on ne sait pas faire les choses. On sait les faire.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Simplification, fin de la fragmentation du marché intérieur, préférence
européenne, protection face à la concurrence déloyale, soutien à l’innovation. Nos
priorités sont au cœur de l’agenda de la commission européenne pour renforcer
la prospérité de notre continent.
> Protéger les consommateurs et les entreprises européenne, c’est possible. Deux mois après l’entrée en vigueur de la taxe européenne sur les petits colis, sous l’impulsion de la France, les importations chutent massivement. Une première victoire face aux plateformes.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Je lance un appel solennel à l’ensemble des forces politiques : sur la
protection de nos enfants face aux réseaux sociaux et aux écrans, nous n’avons
pas le droit de renoncer.
La décision du Conseil constitutionnel ne peut pas être le point final. Elle
doit nous conduire à trouver, sans délai, une voie juridique solide pour agir.
Chacun doit désormais prendre ses responsabilités. Ce combat dépasse les
partis, les postures et les échéances électorales.
Mettons-nous autour de la table, trouvons un accord et avançons.
> Il faut arrêter de changer la règle du jeu tous les ans en matière fiscale et budgétaire ! Nous devons apporter de la stabilité à nos citoyens, entrepreneurs et investisseurs !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La monoparentalité, pour moi, ce sont des souvenirs. Des images. Et une
odeur. L’odeur de tabac qui précédait ma mère. Pourtant elle ne fumait pas.
Mais pour subvenir à nos besoins après le divorce de mon père, elle avait dû
trouver un travail en toute hâte. Elle était assistante monteuse et passait ses
journées dans une pièce obscure, entourée d'hommes qui fumaient. La question
des mères seules, des pères seuls, je la connais. Je suis fier d'avoir été le
porte-parole du Gouvernement qui a annoncé le versement automatique des
pensions alimentaires, puis le ministre du Budget qui a permis sa mise en
œuvre. C'est l'une des avancées sociales les plus importantes de ces dernières
années et, pourtant, l'une des moins commentées. Comme Premier ministre aussi, j'ai
tenu à agir. Sur l'emploi. Sur le niveau de vie. Sur le logement. J'avais
lancé, avec la députée Fanta Berete et le sénateur Xavier Iacovelli, un travail
spécifiquement consacré aux familles monoparentales. La dissolution est venue
interrompre cette dynamique. Je le regrette profondément. Mais moi, je n'ai pas
arrêté. Et je n'arrêterai pas. Dans la refonte de notre modèle social que je
veux mener, je veux que les familles monoparentales ne soient plus une
catégorie oubliée. Je fais aussi campagne pour la mère qui part plus tôt du
travail en s'excusant alors qu'elle n'a rien à se reprocher.
> Enfant, je ne connaissais pas le mot « monoparentalité ». Je voyais simplement ma mère rentrer le soir et commencer sa seconde journée, à s'occuper de mes soeurs et moi. Aujourd'hui, ce sont près de 2 millions de familles qui vivent cette réalité. Dans 8 cas sur 10, une mère en première ligne. La société a changé, notre modèle social, pas vraiment. Il est temps que cela évolue. Alors, devant ces mères réunies à l’occasion de la première Université d’Été de la Monoparentalité, j’ai pris trois engagements. Défiscaliser les pensions reçues. Créer un véritable droit au répit pour les parents seuls. Reprendre, développer et achever le plan que j'avais lancé à Matignon, à commencer par une carte « parents seuls » pour reconnaître enfin votre situation et ouvrir des droits concrets. Les familles monoparentales ne font pas les gros titres. Peu importe. Ce que je veux, c'est changer notre système et améliorer la vie des Français. Je les défendrai sans m'arrêter.
> Rien ne résistera aux entrepreneurs de France. Rien ne résistera au peuple français. Les plus belles pages de notre histoire restent à écrire.
> La France n’est un paradis fiscal pour personne.
> Je suis inquiet de la situation du logement et du bâtiment en France. Le principal symptôme du déclassement aujourd’hui pour les jeunes générations, c’est l’impossibilité d’accéder à la propriété. Je souhaite simplifier drastiquement l’attribution des logements sociaux pour les primo-accédants et permettre aux Français qui sont dans le logement social depuis plusieurs années d’en devenir propriétaires.
> Il faut changer notre méthode et lever tous les freins qui bloquent les entrepreneurs. Ce que je propose, c'est ce qui a été fait pour rebâtir la cathédrale Notre-Dame. Que nous puissions agir librement, facilement, dans toutes les zones industrielles, les friches, les zones d’activité et qu’on sanctuarise, à l’inverse, certaines zones protégées.
> Madame Le Pen, c'est la copropriétaire qui vient aux assemblées générales, qui vote contre tous les travaux, contre tous les devis, contre toutes les provisions. Et qui se plaint ensuite que l'ascenseur soit en panne le lendemain ! Ça suffit maintenant.
> En 2024, avec mon Gouvernement, j’ai eu le courage de geler 10 milliards d’euros de dépenses. Grâce à cette décision, pour la première fois depuis 2015, les dépenses de l’État ont baissé en valeur. Il est temps désormais d'assumer que le véritable chantier des économies se trouve dans nos dépenses sociales. La réalité c'est que si on devait bâtir un bâtir un système de retraite aujourd'hui, ne serait-ce que pour des raisons démographiques, on construirait un système avec une part de capitalisation. C'est le modèle que je défends.
> Monsieur Mélenchon, s'il suffit d'annuler la dette, pourquoi vous proposez en même temps d'augmenter les impôts ? C'est par pur sadisme ?
> J’ai une certitude : la France peut redevenir la première puissance d’Europe. Elle a tous les atouts pour y arriver. Et elle a tous les atouts pour faire face à la stratégie commerciale de la Chine qui cherche à couler nos industries. Pour prendre le chemin de l’innovation et de l’intelligence artificielle. Pour renouer avec la confiance, pour renouer avec l’optimisme, grâce à un cap, grâce à des lignes claires et constantes.
Elisabeth Borne (députée)
> nos institutions sont robustes. Mais cela ne doit pas nous conduire à
l’immobilisme. Nous devons faire évoluer notre action publique : décider mieux,
agir plus vite et être plus efficaces. Nous devons aussi faire évoluer nos
institutions pour donner davantage de souffle à notre démocratie :
- Septennat unique
- Premier ministre présidant le Conseil des ministres
- Une dose de proportionnelle aux élections législatives.
> Chère Marine Tondelier, Merci pour votre hommage au Fonds vert comme au leasing social créés par mon gouvernement. Dommage que vous n’ayez pas davantage salué ces avancées à l’époque. Le débat politique mérite mieux que de réécrire l’histoire : ces dispositifs permettent d’accélérer la transition écologique et d’accompagner concrètement les Français et les collectivités. Il faut aujourd’hui les renforcer, je vous le confirme !
Marc Ferracci (député)
> Nous savons faire baisser le prix de l'électricité pour nos industriels,
raccourcir les délais d'implantation, détecter plus tôt les entreprises
fragilisées. Ce qui manque n'est pas les solutions, mais la constance à les
appliquer. La réindustrialisation ne se joue pas seulement sur les usines que
nous que nous sommes capables de sauver, mais sur celles que nous ouvrons.
> Les projets qui aboutissent sont ceux que les industriels portent avec les élus locaux et les services de l'Etat, en débloquant le foncier, en anticipant les raccordements, en accompagnant les entreprises pas à pas. La transition énergétique ne se décrète pas depuis Paris, elle avance grâce à ce travail-là, souvent invisible.
Jean-René Cazeneuve (député)
> Si vous doutiez encore du projet de bric et de broc du RN, le voici !
Proposer le retour de la retraite à 60 ans alors que notre système affichera 15
Md€ de déficit en 2035, c’est vouloir éteindre l’incendie avec un bidon
d’essence. Quelle irresponsabilité !
Olivia Grégoire (députée)
> Notre épargne est aussi abondante qu’elle est mal utilisée. Elle finance
des entreprises américaines au lieu de consolider nos entreprises européennes.
Réveillons-nous.
● MoDem
Delphine Lingemann (députée)
> On ne peut pas dire que l’Assemblée nationale soit une chambre
d’enregistrement, c’est une chambre de débat et moi je voudrais redonner de la
crédibilité à cette instance qui a été aussi bien malmenée par certains groupes
politiques, notamment LFI, qui a bordelisé et décrédibilisé cette assemblée. (…)
Je ne dirais pas seulement LFI, puisque LFI et le RN votent très souvent
ensemble, donc ces deux partis d'extrême droite et d'extrême gauche ont donné
aussi une image qui m’attriste de l’Assemblée nationale.
> Je suis très inquiète et je pense que les Français
attendent de nous un peu plus de raison, un peu plus de responsabilité, des
réponses à leurs problèmes, et le jeu qui se passe au niveau national, quels
que soit les partis m’attriste profondément. (…)
J’aimerais qu’à un moment donné à Paris, ils comprennent que sur le terrain, il
y a des personnes qui n’arrivent pas à finir leurs fins de mois, il y a des
personnes qui vivent dans des quartiers où ils ont envie de plus de sécurité,
des personnes qui ont envie de mobilité qui soient plus performantes.
> J'appelle à la raison, à la responsabilité, et à un peu plus d’unité au niveau national parce que c’est ce qu’on recherche.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Dans cette Europe de la puissance que nous bâtissons, nos agriculteurs et
les entreprises du secteur agroalimentaire jouent un rôle essentiel. Renew Europe
est à leurs côtés, tant dans la défense d’une PAC ambitieuse que sur les sujets
de compétitivité.
> C’est une réalité économique : la France et l’Europe décrochent face à leurs concurrents mondiaux. Avec Gabriel Attal et dans notre action au Parlement européen, nous sommes en soutien des entrepreneurs qui créent l’emploi et la richesse dans nos pays. Oui, nous pouvons retrouver le chemin de la compétitivité. Nous avons tous les atouts. Simplifions nos règles, donnons de la visibilité législative, atteignons notre indépendance énergétique, favorisons la mobilisation de l’épargne et des capitaux européens, défendons nos secteurs stratégiques.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Et si on (re)mettait davantage de long terme dans l’action politique ? Je
propose de re-créer les lois de plan pluriannuelles, ou « lois des grandes
options », pour fixer les grandes orientations du pays au-delà des sujets
de court terme.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les familles monoparentales ne demandent pas un traitement à part.
Elles demandent que leur réalité soit prise en compte. Nos politiques doivent
s’adapter aux familles telles qu’elles sont aujourd’hui. Je continuerai à
défendre toutes les familles, dans leur diversité.
> Meta accepte de changer son modèle. Non par bonté, mais parce que les réseaux sociaux ne sont pas neutres. Le rapport de force marche : nous continuerons. C’est un moment clé pour changer de paradigme !
> [Interdiction du
portable au lycée entre en vigueur dès la rentrée] On ne demande pas aux adolescents de vivre sans
téléphone. On leur dit simplement qu’au lycée, pendant quelques heures, le
téléphone n’a pas à être au centre de leur vie. Les établissements devront
organiser concrètement l’application de cette interdiction, avec des règles
claires, connues des élèves et des familles.
Il faut rester pragmatique : l’objectif
n’est pas de punir. L’objectif, c’est de rendre aux jeunes du temps de
concentration, mais aussi du temps entre eux. Un lycée, c’est aussi un lieu où
l’on apprend, où l’on discute, où l’on se regarde, où l’on se fait des amis. On
doit pouvoir y retrouver des espaces dans lesquels notre attention n’est pas
sollicitée toutes les trente secondes.
> Opposer l’éducation et la règle est une erreur. Bien sûr qu’il faut apprendre aux jeunes à utiliser le numérique. Ils vont vivre, travailler, aimer, s’informer dans un monde profondément numérique. Notre responsabilité est donc de leur donner les bonnes clés. Mais éduquer ne veut pas dire renoncer à poser des limites. On ne peut pas demander à un adolescent de quinze ans d’avoir, seul, la maîtrise parfaite de son attention face à des services dont certains sont précisément conçus pour la retenir le plus longtemps possible. Poser des règles dans l’enceinte de l’école crée un espace de respiration.
> Le numérique doit
être un outil. Il ne doit pas rythmer la vie de l’enfant. Utiliser Pronote pour
consulter un devoir ou une information scolaire n’est pas la même chose que
recevoir des sollicitations toute la soirée, regarder compulsivement ses notes
ou passer d’une notification scolaire à TikTok, puis à Snapchat, puis à une
vidéo.
D’ailleurs, l’Éducation nationale
commence elle-même à intégrer cette nécessité de déconnexion: les mises à jour
des ENT (espace numérique de travail) et logiciels de vie scolaire doivent être
suspendues par défaut le soir, entre 20 heures et 7 heures, ainsi que
pendant le week-end. C’est une évolution importante. Le droit à la déconnexion
ne doit pas commencer à 25 ans dans l’entreprise, il s’apprend dès
l’enfance et l’adolescence.
> [Bilan de
l’interdiction des portables au collège] Les premiers retours sont plutôt encourageants. L’expérimentation de
« Portable en pause » a concerné plus de 32 000 collégiens avant
sa généralisation. Les établissements concernés ont notamment observé des
effets positifs sur le climat scolaire, la concentration et le bien-être, ainsi
qu’une diminution de certains signalements liés au cyberharcèlement et aux
réseaux sociaux.
Mais au-delà des chiffres, il y a quelque
chose de très concret qui me paraît essentiel : qu’est-ce que font les
enfants quand ils n’ont plus leur téléphone dans la main ? Ils parlent.
Ils jouent. Ils s’ennuient parfois. Ils se disputent aussi. Et tout cela fait
partie de la vie. Je crois que nous avons parfois oublié que l’ennui, la
conversation, le silence, le fait de regarder autour de soi sont aussi utiles à
la construction d’un enfant.
> Le besoin de
protéger les moins de quinze ans des réseaux sociaux n’a absolument pas disparu. Une censure
juridique nous oblige à revoir le véhicule ou les modalités, elle ne fait pas
disparaître le problème auquel nous cherchons à répondre. Nous devons aller au
bout du raisonnement : une majorité numérique qui n’est pas accompagnée
d’une vérification d’âge réellement efficace risque de rester théorique.
Surtout, je ne veux pas que toute la responsabilité repose sur les parents et
les adolescents. La majorité numérique doit aussi devenir une responsabilité
industrielle.
La question de l’âge n’est donc pas
enterrée. Il faut maintenant construire un système juridiquement solide,
techniquement applicable et réellement protecteur.
> Quand un parent
voit une application sur le téléphone de son enfant, comment sait-il si elle
est adaptée à son âge ? Aujourd’hui, c’est presque impossible. Je voudrais
que nous puissions disposer d’une information simple qui permette de comprendre
le niveau de protection offert par un réseau social, un jeu ou un service
numérique. Un peu comme nous avons appris à regarder la composition de ce que
nous mangeons, nous devons pouvoir regarder la composition numérique de ce que
nous donnons à nos enfants.
Est-ce que le service collecte beaucoup
de données ? Est-ce qu’il utilise des mécanismes particulièrement addictifs?
Est-ce qu’un inconnu peut contacter facilement un mineur ? Comment
fonctionne la recommandation de contenus ? Peut-on signaler simplement une
situation dangereuse ? Est-ce que la conception est réellement adaptée à
l’âge de l’enfant ?
L’objectif n’est pas de distribuer des
bons et des mauvais points, mais de rendre visible ce qui est aujourd’hui
invisible. Cela change aussi le rapport de force : si les familles peuvent
comparer, les entreprises auront intérêt à améliorer leurs produits.

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