Meta, (Facebook, Instagram, etc.) vient de signer un accord amiable avec des dizaines d’Etats américains afin de mettre fin à un vaste procès concernant l'addiction des mineurs à ses réseaux sociaux qui venait de débuter.
Ainsi, la société de Mark Zukerberg qui est dans le viseur de tous les défenseurs des enfants a accepté de modifier le fonctionnement de ses applications pour les jeunes, tout en payant aux Etats la somme de 16 milliards de dollars.
Comme en France et en Europe, Meta est accusé d'avoir rendu les jeunes accros à ses plateformes.
Pire, selon les plaintes des Etats, Meta savait que ses applications nuisaient aux adolescents mais l'a caché au public.
Cet accord montre qu’il est possible de faire plier
les plateformes comme Facebook et Instagram mais aussi TikTok, YouTube,
Snapchat, X et consœurs sur la question de la protection des jeunes.
Une bonne leçon pour l’Union européenne et ses instances qui doivent maintenant
agir au plus vite en s’inspirant de l’action judiciaire aux Etats-Unis sans
avoir peur des menaces de rétorsion de Donald Trump dont c’est aussi une
défaite.
Etonnamment, le gouvernement français n’a pas réagi et peu de parlementaires ont pris la parole.
C’est en revanche le cas de la député Renaissance, Laure Miller dont nous reproduisons les propos:
«Marc Zuckerberg ne témoignera finalement pas devant
un jury mais a préféré payer 18 milliards de dollars et changer son modèle
plutôt que de laisser la vérité sur son produit s'étaler pendant des semaines à
la barre.
De la poudre aux yeux, ce que le procès avait déjà révélé. Un ancien analyste
de l'équipe «bien-être» d’Instagram a révélé qu'à peine 0,2% des ados utilisaient
le rappel de pause. La hiérarchie lui a dit de ne pas s'inquiéter. L'outil
existait surtout pour les protéger de futurs procès, pas pour protéger les
ados. C'était une pure opération de communication utilisée par les plateformes,
mais aussi récupérée avec une grande naïveté par certains politiques que je
connais bien.
Nous sommes à un moment clé, celui du changement de paradigme.
Pendant des années, le débat public a tourné autour d'une seule idée, les
réseaux sociaux ne seraient pas mauvais en soi, il suffirait d'apprendre à bien
s'en servir. D'où la sempiternelle rengaine sur l'éducation aux usages. Ce
mythe savamment entretenu a détourné notre regard du vrai problème. Ce que nous
révèle l'issue de ce procès, c'est que les réseaux sociaux ne sont pas neutres.
Le problème n'est pas l'usage qu'on en fait, le problème c'est le produit en
lui-même et sa conception.
Concrètement, voici les principales mesures ce que Meta a accepté de mettre en
place pour les moins de 18 ans :
- limitation à deux heures par jour,
- blocage de minuit à 6 heure du matin,
- masque des compteurs de like,
- contrôle parental élargi,
- vérification d'âge renforcé.
Meta invite les autres plateformes, elles aussi ciblées par la justice
américaine, à faire de même.
Ce que les États-Unis ont obtenu devant un tribunal, l'Europe doit l'obtenir
par une décision politique.»
[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

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