lundi 17 août 2026

Propos centristes. France – Interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans / Sécheresse: aides aux agriculteurs / Feux de forêts / Réforme des retraites…


Voici une sélection, ce 17 août 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Feux de forêts] 
Aujourd’hui en Gironde, aux côtés des habitants, des élus et des acteurs économiques touchés par les incendies, j’ai présenté les mesures du relèvement. Des familles ont tout perdu. À l’approche de la rentrée et avant l’hiver, notre responsabilité est de leur donner rapidement des solutions et une perspective de reconstruction. 
Pour les habitants : 
- permis de construire délivrés sous un mois pour une reconstruction équivalente ; 
- accompagnement individualisé de chaque sinistré, avec 5 M€ supplémentaires pour le relogement d’urgence. 
Pour les entreprises : 
- exonérations fiscales et sociales ; 
- activité partielle intégralement prise en charge pour les TPE-PME, sans reste à charge, pour protéger les emplois ; 
- plus de 30 M€ de prêts mobilisables avec Bpifrance et la Région ; 
- un fonds avec Bordeaux Métropole pour les entreprises indirectement touchées et 2 M€ pour restaurer l’attractivité touristique de la Nouvelle-Aquitaine. 
Pour les exploitations agricoles : 
- 6 M€ pour les exploitations agricoles, des prêts bonifiés ou garantis par l’État, conchyliculture incluse. Pour les collectivités : 
- 12 M€ pour la Gironde et les Landes, complétés par un soutien exceptionnel aux infrastructures du Porge. 
Enfin, une doctrine de reconstruction et d’adaptation, articulant habitat et forêt, sera élaborée sous trois mois pour une forêt plus résiliente. L’État sera là jusqu’au relèvement complet de ces territoires.

> [Feux de forêts] Nous avons tenu une longue réunion avec l'ensemble des acteurs socio-économiques et politiques de la Gironde, mais aussi des Landes, et au-delà d'ailleurs de la Gironde et des Landes, tout ce que nous allons vous annoncer dans quelques instants emmène aussi d'autres territoires qui ont pu être touchés ces dernières semaines par des incendies importants – je pense notamment au Var, à la Corse, avec des enjeux de reconstruction, des enjeux de relogement, d'accompagnement en matière de solidarité d'un certain nombre de nos compatriotes, mais enfin aussi des enjeux sur la résilience, comme on le dit, en tout cas l'adaptation de ces constructions à l'avenir aux risques incendies, aux différents risques aussi climatiques d'ailleurs qui peuvent découler de cela, à la relance des territoires en question.
C'est vrai pour les finances des collectivités locales, singulièrement d'ailleurs les finances communales, enfin aussi le monde économique, surtout qu'à chaque fois nous sommes en général dans des départements touristiques qui sont largement impactés évidemment par la rupture que nous avons connue dans la saison. Je veux quand même démarrer en ayant évidemment un message non seulement de reconnaissance, mais aussi de confiance dans les services de l'État ici en Gironde, la préfète de région évidemment, le contrôleur général, le directeur départemental du service d'incendies et de secours, parce qu’on parle beaucoup de ce qui n'a pas été sauvé, c'est d'ailleurs bien légitime et bien naturel, mais enfin il y a aussi tout ce qui a été sauvé dans la lutte contre ces incendies, les vies humaines, qui étaient quand même évidemment le vrai sujet, la vraie préoccupation majeure pour nous, la mise en protection des sites Seveso ou les sites industriels dangereux, parce que l'actualité passe, mais on finit par oublier qu'il y a quelques semaines, nous nous posions quand même des questions qui étaient redoutablement complexes, limiter évidemment les évacuations pour ce qui était nécessaire.
Je rappelle aussi qu'il y a seulement quelques semaines, nous posions la question d'une évacuation tout simplement de la ville de Bordeaux, en tout cas jusqu'à la Garonne, et que tout a été fait avec l'ensemble des moyens qui étaient à la disposition de l'État pour mettre en protection avant tout les personnes.
Ça n'a pas suffi, vous le savez, le ministre de l'Intérieur le sait mieux que quiconque, pour préserver la vie de deux sapeurs-pompiers qui ont perdu la vie ici en Gironde, qui sont morts au feu, qui ont rejoint malheureusement la liste d'autres sapeurs morts au feu cette année en France, et malheureusement la liste de celles et ceux qui ont déjà perdu la vie ces dernières années. Et puis, bien sûr, l'ensemble des biens qui ont été protégés.
Et donc, ce qui nous amène aujourd'hui à nous projeter un tout petit peu plutôt vers l'avenir, en disant : comment on retrouve une vie normale ici dans les territoires concernés, et comment on est capable de déclencher la solidarité nationale. Et c'est pour ça qu'on a choisi de le faire très vite ce 17 août, parce que la saison touristique n'est pas complètement terminée, parce que la rentrée scolaire constitue une angoisse importante pour les populations qui ont été évacuées et surtout sinistrées, qui ont tout perdu dans ces incendies, et sur lesquelles il convient désormais de donner des outils, des moyens, débloquer des sommes d'argent importantes pour permettre aux territoires de se projeter vers l'avenir, de réussir la rentrée autant que faire se peut, et surtout de préparer déjà les saisons qui viendront, notamment sur le risque incendie.
La première chose que je veux redire, je l'ai dit tout à l'heure — mais je le dis parce que je vois bien ce qui a pu être dit ici ou là, soit par les polémiques politiciennes menées par les uns et les autres, surtout par les réseaux sociaux, par certaines sphères complotistes — nous n'avons rien à cacher sur le déroulé des opérations. La directrice générale adjointe de la Sécurité civile est ici.
Nous avons demandé avec Laurent Nunez à ce que des réunions puissent se tenir assez rapidement avec l'ensemble des communes concernées, tout simplement pour montrer, comme on le fait d'ailleurs dans les opérations militaires avec le pouvoir politique — ça m'est déjà arrivé de le faire comme ministre des Armées — ce qui s'est passé minute par minute, comment les décisions ont été prises. Ce sont souvent des décisions qui n'ont pas été prises à Paris, ça tombe sous le sens, généralement pas non plus à Bordeaux d'ailleurs, parce qu'on est sur des décisions tactiques de terrain. Et je pense qu'au fond, au moment où tout le monde a parfois dit un peu tout et n'importe quoi, il n'est pas inutile de remettre un tout petit peu de rationalité, de vérité.
Et en tout cas, on n'a rien à cacher, et donc cette opération de transparence rationnelle, clinique, si j'ose dire, elle a beaucoup de sens. Elle permettra aussi à tout un chacun de comprendre la difficulté dans laquelle se sont retrouvés les services de l'État et les pompiers, avec une multitude de départs de feu, et un phénomène climatique, je vous rappelle, tout à fait particulier ce jour-là, puisque d'un feu conventionnel, il est devenu convectif, avec, donc, un embrasement tout à fait particulier que nous n’avions pas connu jusqu'à présent. Cette vérité (et cette transparence) nous permettra aussi d'accompagner quand même un territoire qui est profondément bouleversé, dans lequel, on le voit bien — ça m'a été rapporté, y compris hier après-midi, où j'ai décidé de me déplacer sans caméra, sans protocole, j'ai passé plus de deux heures avec le maire des Porge, et ça m'a permis d'avoir un contact particulier avec la population, pardon de le dire devant les journalistes, mais sans caméra, évidemment, ça change tout — il y a un enjeu psychologique majeur, un enjeu de suivi des individus, des personnes fragiles, parfois des personnes moins fragiles, mais qui commencent à découvrir des fragilités, des gens en tout perdu. Et donc là aussi, il y a une approche profondément psychologique, sanitaire même, quelque part, qu'il va nous falloir muscler.
Beaucoup de choses ont déjà été mises en œuvre, mais je commence par là, parce que c'est ce qui m'a le plus frappé dans les rencontres que j'ai pu avoir ce matin, mais surtout hier après-midi, sur la commune du Porge.
Ensuite, évidemment, un certain nombre d'annonces que le Gouvernement met sur la table ce matin, pour permettre de déclencher la solidarité nationale. Clairement, on assume de sortir l'artillerie lourde, parce que c'est cette artillerie lourde qui crée la rupture et qui permet à tout le monde de se projeter localement.
La première des choses, évidemment, c'est la question du relogement, beaucoup de relogements d'urgence. On va augmenter les fonds d'accompagnement des collectivités locales pour ces relogements d'urgence, parce que parfois, ce sont des solutions qui sont complètement temporaires, des mobile-homes, des meublés qui pouvaient être occupés par des touristes, mais comme il n'y a plus de touristes, ça permet d'accueillir des populations sinistrées. Tout ça est bien… en tout cas, c'est le mieux que l'on pouvait faire dans les moments que nous connaissons. Mais enfin, un jour viendra l'hiver, il faut donc trouver désormais des solutions de temps moyen et de temps long. Et donc ça, c'est évidemment un enjeu qui est clé, la rentrée scolaire.
Et puis, bien sûr, le relogement n'a de sens que si on ne donne pas une perspective de reconstruction. Alors là, ça pose des questions qui sont à la fois simples et redoutables. La question simple, c'est toutes les reconstructions d'habitations qui peuvent être faites, je ne dirais pas à l'identique, parce que les Françaises et les Français, nos compatriotes qui sont concernés par ça, n'auront peut-être pas envie de reproduire à l'identique la maison qu'ils avaient. C'est leur droit le plus strict. En tout cas, s'ils veulent reconstruire quelque chose d'équivalent, il faut que ce soit possible et possible très rapidement.
Il y a un enjeu avec les assurances, j'en dirai un mot. Mais en tout cas, moi, je ne veux pas que la puissance publique, c'est-à-dire les communes et l'État, soit montrée du doigt ou qu'on leur reproche une bureaucratie excessive qui retarderait justement ce retour à la normale et qui retarderait le deuil et qui retarderait au fond la capacité à retrouver une vie normale. Ce que nous allons donc faire, c'est que nous allons, pour les reconstructions en équivalence, faire en sorte que ces permis de construire puissent être délivrés globalement sous un délai d'un mois.
Un mois, c'est rapide. Ça peut être moins d'un mois. Je sais qu'un certain nombre d'habitants qui me l'ont dit, en tout cas, sont prêts pratiquement à les déposer rapidement. Alors, tout le monde n'est pas non plus à égalité en fonction de si vous avez déjà votre architecte, où est-ce que vous en êtes avec votre assurance, etc. Mais en tout cas, on veut pouvoir aller très, très vite. Et pour les reconstructions qui seraient plus délicates au regard de l'environnement, notamment lié à la forêt ou à des risques naturels, là aussi, on va demander à la mission d'appui d'élaborer une doctrine très rapide qui va permettre à la préfecture et aux maires de pouvoir délivrer des permis de construire qui soient un tout petit peu différents.
On sait qu'il peut y avoir des obstacles légaux importants. L'eau est littorale, l'eau assure l'eau. On est dans un environnement qui est contraint. Donc là, il y a un point d'équilibre à trouver entre rapidité et pas refaire ou faire n'importe quoi dans la construction. Parce que les mêmes qui veulent que ça aille très vite aujourd'hui seront les mêmes qui, dans 2 ou 3 ans, diront : « Mais pourquoi vous avez laissé faire ? » Un grand classique. Donc là, on va travailler très rapidement et on va reprendre ce qui avait fonctionné pour Notre-Dame-de-Paris. On a un texte sur le logement porté par le ministre Vincent Jeanbrun en ce moment, ici même. Et donc, nous allons injecter un article dans cette loi de type Notre-Dame-de-Paris sur les zones dans lesquelles nous avons eu un sinistre, qui va nous permettre justement d'avoir un véhicule législatif qui permettra aux maires, responsables de délivrer les permis de construire, et à la préfecture d'avoir une base légale particulière, extraordinaire en quelque sorte, qui permettra d'aller vite.
La vitesse passera aussi par les assurances. Je ne vous cache pas que c'est le point le plus aigu de ce que j'ai pu entendre hier et ce matin. Je pense même pouvoir dire que nous nous sommes fait engueuler à la place des assureurs. Donc, nous ne manquerons pas, évidemment, de restituer aux assureurs ce que nous avons entendu. J'ai demandé à l'État et aux services de l'État de jouer les interfaces. Beaucoup trop de gens (et je passerai un message personnel au grand patron des compagnies d'assurances) on a vraiment trop d'habitants qui sont complètement bouleversés par ce qui s'est passé. Et le méandre même de la relecture d'un contrat d'assurance, des petites polices, de savoir si on était à 150 mètres du feu ou pas à 150 mètres du feu, tout ça, déjà, c'est très compliqué, mais en fait, ça devient un obstacle quasiment insurmontable.
Donc, on ne va pas se substituer aux assureurs, mais enfin, on va quand même se mêler de la relation entre les assurés et leurs assurances, et on va le faire avec beaucoup de loyauté vis-à-vis des compagnies d'assurances. On n'est pas là pour taper sur elles. Mais enfin, je le dis quand même, celles et ceux qui joueront le jeu, on dira lesquels, et celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, on dira lesquels aussi, parce que c'est encore un univers concurrentiel dans lequel nous avons bien le droit de donner notre avis.
Ensuite, il y a un enjeu de solidarité territoriale important. C'est un très grand département, les Landes aussi, le Var aussi - départements particulièrement peuplés. Là, on va avoir globalement plusieurs outils qu'on débloque maintenant. Le premier, c'est évidemment pour les collectivités locales. Françoise Gatel s'en est occupée. C'est au fond : on a des collectivités qui ont clairement été mises à l'épreuve. Les réseaux, pour avoir vu ça après-hier, la situation des voiries, certains bâtiments qui ont parfois dû être déconstruits rapidement. Bref. Et puis, pas seulement le curatif, pas seulement réparer : il y a aussi clairement, dans ces communes, un besoin de se projeter sur l'avenir.
On est au début du mandat municipal, en plus. On ne peut pas demander à un conseiller municipal qui vient de se faire élire ou réélire que la seule feuille de route du mandat qui s'ouvre, c'est uniquement faire du post-incendie.
Donc là, c'est le sens des 12 millions d'euros que nous débloquons, et pour les Landes et pour la Gironde, qui vont vraiment être délégués à la préfète de région, donc à l’échelon local. J'y reviendrai, c'est très important. Moins on gère depuis Paris, et plus on redonne des capacités aux acteurs locaux, mieux ce sera. En tout cas, c'est notre philosophie et on va s'y employer. Mais cette somme d'argent, elle va être disponible dès maintenant et donc, elle va permettre aux collectivités de lancer les travaux sans retard et, au fond, aussi leur permettre de bâtir une forme de plan de relance.
L'autre grand enjeu, c'est évidemment le soutien au monde économique, voilà. Là, au fond, vous avez deux zones : les zones qui ont été évacuées/sinistrées, enfin d'abord sinistrées et donc évacuées, puis les zones évacuées sans être sinistrées, pour faire très vite.
Première famille de territoires et de communes qu'il nous faut impérativement traiter en urgence, j'en dis un mot tout de suite. Et puis les territoires non évacués, dans lesquels heureusement il n'y a pas eu de sinistre, mais dans lesquels il y a quand même eu un choc économique. La ville de Bordeaux et la métropole de Bordeaux étant sans doute d'ailleurs le meilleur des exemples, et pour autant, c'est quand même cette métropole qui a accueilli les personnes déplacées, qui a évidemment pris le choc sur le volet touristique. Là, on va donc adapter nos outils pour qu'on ait vraiment quelque chose de sur mesure.
Pour l'ensemble du monde économique, plusieurs outils ont été mis sur la table par le Conseil régional, par la métropole. On va les accompagner. Nous, l'État, Serge, nous mettons aussi en place un certain nombre de plans de soutien à l'économie qui va passer notamment par des exonérations de cotisations sociales. L'exonération, ce n'est pas un report. C'est-à-dire, en clair, l'État fait un moratoire, efface les cotisations sociales, période de trois mois dans laquelle l'ensemble des entreprises et des acteurs économiques qui ont connu le sinistre ou qui sont dans une zone évacuée verront un accompagnement de cette nature.
Ce qu'on va faire pour les cotisations sociales, comme nous l'avons déjà fait pour le chômage partiel, je vous le rappelle, qui est déjà lancé (le décret a été pris, il a été publié au Journal officiel) on va le faire également sur la fiscalité, notamment sur la taxe foncière durant laquelle l'État acquittera la taxe foncière à la place de ces entreprises pour les collectivités locales. Et donc là, on a bien une relance, et fiscale et sociale avec beaucoup de rapidité. Ce sont donc des dispositifs que vous retrouverez dans le projet de loi de finances pour 2027, dans le texte initial du Gouvernement.
Ces exonérations, elles étaient demandées, vous l'avez entendu sans doute. Il y avait beaucoup de craintes que ce soit seulement un déport ou un report de paiement. Pour avoir fait mon petit tour, y compris hier, j'ai bien vu que ça ne fonctionnerait pas. Et donc on va évidemment vers une mesure qui est assez radicale, un peu coûteuse pour les finances publiques, mais bon, je l'assume, dans la mesure où en plus vous avez beaucoup d'acteurs économiques qui sont saisonniers et dont — pardon d'enfoncer une porte ouverte — ça veut dire aussi que l'hiver ne leur permettra pas de récupérer ce qu'ils ont perdu l'été. Et donc, ça nous renvoie l'année prochaine. Et le vrai risque, c'est de voir des acteurs économiques touristiques disparaître et de voir au fond un restaurateur qui ne rouvre pas, un loueur de matériel nautique qui disparaît complètement. Le risque est réel, même si les chiffres de la saison à cette mi-août sont contrastés en fonction des communes. Soit ça va beaucoup mieux dans certains endroits, soit ça ne va toujours pas bien dans d'autres. Donc en fait, on a aussi quelque chose qui n'est pas du tout à égalité territoriale et qu'il va nous falloir évidemment accompagner.
D'autres mesures, je ne veux pas toutes les présenter, on va vous les communiquer, mais sont mises sur la table. Enfin, vous le voyez, globalement, on a sorti, comme je le disais, l'artillerie lourde.
Ensuite, on va essayer quand même très rapidement d'avancer sur quelques sujets importants. La sylviculture, l'ensemble de l'économie de la forêt, qui draine évidemment une création de richesses locales extraordinairement importante. C'est vrai pour la Gironde, Mathieu, c'est vrai aussi pour les Landes, dans lesquelles là, je vous rappelle qu'il faut 30 ou 40 ans pour voir un arbre repousser. Donc, on a un énorme enjeu de valeur. Donc là aussi, des mesures fiscales seront mises sur la table pour accompagner la filière.
Il y a un enjeu de dialogue, on le sent bien, avec les collectivités locales, avec les habitants. Comment on repeuple ces forêts, autour ? Là, il y a un équilibre à trouver entre rapidité et en même temps l'urgence de réfléchir. Pour être complètement transparent, ça renvoie — et là, pour le coup, la mission y travaillera — ça renvoie à la question de ces fameux OLD, ces obligations légales de débroussaillement, dont on ne peut pas dire que ce fut très respecté, je crois pouvoir le dire, et qui n'est pas du tout neutre, parce qu'y compris avec les pompiers qu'on a pu voir ce matin et que je reverrai cet après-midi, on le voit bien qu'intervenir dans des zones propres, nettoyées ou dans des zones qui ne l'étaient pas a tout changé, évidemment, pendant le traitement tactique du feu. Et évidemment, là aussi, il nous faudra y revenir. Une catastrophe peut en annoncer une autre.
L'ensemble de ces forêts et de ces arbres pompait énormément d'eau dans des zones qui, jadis, étaient humides, comme vous le savez, et qui ont été asséchées justement par la sylviculture. Tout ça remonte à Napoléon III et depuis. Désormais, on a donc un risque inondation qui peut être important pour l'hiver prochain et sur lequel les services de la préfecture ont déjà commencé à travailler avec évidemment l'ensemble des élus, des enjeux de biodiversité.
Je pense qu'on a tous été émus et bouleversés parce qu'on n'a pas réussi suffisamment à sauver, et pour cause : c’est la faune, qui quand même paie un très lourd tribut dans ces incendies. Donc là aussi, c'est vraiment un sujet qu'il faut mettre sur la table. Agriculture : la ministre est là avec un bon échange ce matin avec les représentants de la Chambre d'agriculture parce qu'on aurait pu craindre plus de feux de culture au début.
Enfin, l'impact quand même est réel – plus les filières pêchent, parce que les ostréiculteurs également, évidemment, portent aussi un impact important sur ce qui a été fait. Donc, au fond, on aura un retour d'expérience comme on l'a fait à chaque fois. Le tout, évidemment, c'est d'en tenir compte, puisqu'on voit bien que quand j'étais ministre des Armées en 2022, j'avais mobilisé l'embryon d'Héphaïstos, à l'époque, qu'on avait renforcé. J'ai regardé le retour d'expérience de 2022. Il faut être honnête, c'est toute une partie qui a bien été prise en compte. Incontestablement, tous ceux qui disent que c'est faux, etc., ne connaissent pas le dossier.
Après, il y a un problème de rapidité. On ne peut pas dire qu'il n'y a rien de fait. On ne peut pas dire que les mauvaises expériences du passé sont mises de côté, celles dans un tiroir, on ne regarde pas, c'est faux. Mais il y a un problème de vitesse d'exécution. Il est certain que la manière dont on met ça en œuvre désormais doit être beaucoup plus rapide et faite avec beaucoup plus de radicalité peut-être et d'urgence que ce n'a été fait jusqu'à présent.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)

> Conformément aux directives du Premier ministre, en lien avec les assureurs, nous suivons de très près depuis le début de la crise les indemnisations des sinistrés en Gironde et dans les Landes.
Les expertises précédant les indemnisations doivent pouvoir être conduites dans les meilleurs délais, et les indemnités associées versées au plus tôt, sans retard injustifié. J’y veille activement.

> Thierry Breton mélange deux sujets distincts : l'indexation automatique des pensions et le coût de la suspension de la réforme des retraites. Rétablissons les faits et les chiffres.
1/5 : Une suspension n'est pas une annulation La suspension votée ne supprime pas la réforme de 2023 : elle gèle l'âge légal et la durée d'assurance jusqu’en janvier 2028. Ses effets sont simplement reportés après la présidentielle, pas effacés.
2/5 : Des chiffres trompeurs T. Breton annonce 5 Mds€ perdus en 2025, 7,5 Mds€ en 2026, 10 Mds€ en 2027 et 14 Mds€ en 2030. C'est faux. Ce ne sont pas les chiffres de l’étude d’impact initiale. Surtout, ces montants correspondraient aux économies globales théoriques de la réforme, pas au coût de sa mise en pause !
3/5 : Une note gonflée de 5 à 10 fois Le coût réel de cette suspension ? 400 M€ en 2026 et 1,8 Md€ en 2027. Présenter cela comme une perte de 7,5 à 10 Mds€ est inexact.
5/5 : Et l'indexation ? Rappelons qu'aucun salarié au-dessus du SMIC ne bénéficie d'une hausse automatique de salaire liée à l'inflation.
La question de la contribution des retraités les plus aisés au redressement national, par exemple via une indexation plus modérée de leurs pensions, est une question qui mérite d'être posée.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Cinq ans après la chute de Kaboul, les femmes et les filles d’Afghanistan sont toujours privées d’école et de leurs libertés fondamentales. La France ne s’y résout pas : après avoir permis la scolarisation de 35 000 Afghanes et livré près de 100 tonnes d’aide humanitaire depuis 2021, nous continuerons d'agir pour la population. Nous continuerons de dénoncer et documenter les crimes commis en Afghanistan, pour que leurs auteurs répondent de leurs actes.

> [Feux de forêts] La France affronte cet été des incendies d’une ampleur inédite. J’adresse mes sincères remerciements à l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, la Croatie, la Lituanie, le Luxembourg, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Turquie, l’Ukraine et l’Union européenne dont les moyens terrestres et aériens ont été engagés aux côtés des services de secours français. Je remercie également tous les pays qui ont proposé leur aide pour lutter contre les incendies.
1- Leur contribution a constitué un appui précieux pour protéger les populations, préserver les territoires et soutenir les femmes et les hommes mobilisés sur le terrain. L’Europe, à travers le mécanisme européen de protection civile, c’est aussi cette solidarité concrète face aux crises.
2- En 2026, la France a également connu les mois de juin et juillet les plus chauds jamais mesurés. Ces faits illustrent le coût humain, écologique et économique du changement climatique. Ils ne font que renforcer la conviction portée par la France que la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité. Ce combat ne peut être gagné que par l'engagement de la communauté internationale.
3- Depuis 10 ans, la diplomatie française est résolument à l’initiative pour prévenir et contenir les effets de ce dérèglement : → Porter et faire respecter des accords internationaux ambitieux : Accord de Paris en 2015, traité sur la haute mer (BBNJ) en 2025. → Défendre la science face à la désinformation climatique, notamment à travers les travaux du GIEC et l’IPBES, son équivalent en matière de biodiversité. → Renforcer la solidarité internationale pour aider les pays les plus vulnérables à concilier lutte contre la pauvreté et protection de la planète.

4- Si de nombreux défis demeurent, l’action de la France a pour autant été décisive. En 2015, les scientifiques prévoyaient une trajectoire globale au-delà de +4°C de réchauffement. Elle se situe aujourd’hui autour de +2,3-2,5°C si tous les engagements des États sont mis en œuvre. C’est cette diplomatie inventive, active, qui unit les forces de tous, que la France continuera de porter. Il ne faut pas relâcher les efforts.
5- La lutte contre le changement climatique et le développement économique ne sont pas contradictoires, au contraire. Grâce à ses entreprises en pointe dans certains domaines (réseaux électriques, hydroélectricité, nucléaire…), la France est un partenaire innovant et crédible pour accompagner ses partenaires dans les transitions, notamment dans la décarbonation.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> [Hausse du taux de chômage] Nous l’avions anticipée, ce n’est pas une surprise. Il faut donner la bonne grille de lecture aux Français en étant précis, sans déni mais sans alarmisme. Le facteur principal de ces chiffres, c’est une croissance économique limitée, du fait de la guerre en Iran, du blocage du détroit d’Ormuz qui provoque une hausse des prix du gaz et des carburants. À cela s’ajoutent des vagues de canicule et des incendies massifs qui ne contribuent pas à la relance de l’économie et à l’activité des entreprises. Mais si l’on regarde les chiffres dans le détail, on s’aperçoit que 2 millions d’emplois ont été créés depuis 2017, que jamais autant de Français n’ont travaillé, et que le taux d’emploi des actifs entre 30 et 60 ans est de 5,6 %, ce qui est positif. Ce chiffre nous montre que nous devons maximiser nos efforts aux deux extrémités de la vie active : mieux insérer nos jeunes dans le marché du travail et maintenir en emploi les salariés au-delà de 60 ans.

> Nous avons lancé en mai un plan « Emploi futur », pour amener 400 000 jeunes supplémentaires dans l’emploi à l’horizon 2030. Mais surtout, depuis mon arrivée, j’ai engagé une politique de souveraineté pour l’emploi. Nous avons des secteurs stratégiques qui recrutent massivement – l’industrie de la défense, le nucléaire, l’énergie: des secteurs de l’économie souveraine. Il faut absolument orienter les jeunes filles et jeunes hommes qui vont entrer dans l’emploi vers ces filières. Elles proposent des métiers industriels bien rémunérés.
Dans la défense, ce sont 100 000 emplois qui sont à pourvoir dans les années qui viennent. Dans le nucléaire et l’énergie, plus de 500 000 ! Pour accélérer les recrutements, j’ai mis en place une force spéciale défense au sein de France Travail – pilotée par le général Dominique Vitte. Une feuille de route nationale sera présentée dès le mois de septembre, avec pour objectif clair d’apporter à notre industrie de défense les 100 000 personnes qualifiées dont elle a besoin d’ici trois ans. De la même façon, dans le secteur énergétique, j’ai recruté un grand ingénieur missionné pour faire le lien entre France Travail et les entreprises du secteur, identifier les besoins précis des acteurs économiques, flécher et accompagner les jeunes vers ces métiers.

> Nous allons soutenir et pousser l’apprentissage. C’était l’une de mes priorités pour le budget 2027. J’ai obtenu des arbitrages favorables du Premier ministre en ce sens. Non seulement les paramètres des aides aux entreprises qui prennent un jeune en apprentissage seront maintenus, ainsi que ceux sur le financement des formations, mais je peux vous annoncer que des moyens supplémentaires seront débloqués pour des formations qui répondent aux besoins des industries souveraines que nous venons d’évoquer. La souveraineté est un vecteur d’emploi puissant pour notre pays.

> Tout le monde doit comprendre que maintenir des salariés de plus de 55 ou 60 ans est un choix gagnant-gagnant. D’abord parce que ces salariés bénéficieront de meilleures pensions de retraite, mais aussi parce que leur expérience acquise peut être un atout pour l’entreprise, notamment dans la transmission aux jeunes avec la mise en place d’équipes mixtes. Nous avons fait voter l’année dernière la loi transposant l’accord national interprofessionnel des partenaires sociaux pour encourager le maintien dans l’emploi des seniors. Nous préparons des mesures qui seront présentées en septembre pour renforcer ce dispositif. Notre plan « Quelle deuxième partie de carrière ? » intégrera une plateforme d’accompagnement pour les entreprises qui souhaitent mettre en œuvre un plan RH spécifique senior afin de les maintenir en emploi, de continuer à les former, voire d’en recruter. Ainsi qu’un volet à destination des salariés pour leur permettre de mieux organiser leur propre projet professionnel et leur évolution de carrière. Il est important, quand on a une cinquantaine d’années, d’avoir un véritable projet professionnel pour les quinze ans qui viennent. On ne lâchera pas l’affaire, c’est absolument essentiel !

> [Désindexer les pensions de retraite des plus aisés] Rien n’est décidé à ce stade. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra faire des efforts. Le gouvernement s’est fixé comme objectif de réduire le déficit public, ce qui impacte nos marges de manœuvre budgétaires, d’autant que le gouvernement s’est beaucoup mobilisé pour accompagner les Français et les acteurs économiques au cours des derniers mois pendant la crise d’Ormuz, la canicule, ou face aux incendies. Cette baisse du déficit public est indispensable et les Français ont bien conscience que les intérêts de notre dette sont en passe de devenir le premier budget de dépense de l’État, ce qui n’est pas tenable. Les efforts seront répartis entre les actifs, les retraités, les ménages et les entreprises, pour qu’ensemble nous empruntions une trajectoire de retour progressif à la maîtrise de nos comptes publics.

> Le ministère du Travail et des Solidarités sera très attentif à tout ce qui a trait au travail et à l’activité. Favoriser l’emploi – l’emploi déclaré ! – est une nécessité. Tout cela en étant très rigoureux avec l’argent public. Cet équilibre est important. Nous sommes très mobilisés contre la fraude au travail non déclaré et à la formation, en fermant les centres qui ne répondent pas aux critères de qualité ou qui détourneraient des aides publiques. Nous ne lâcherons rien sur l’emploi, mais avec l’exigence d’efficacité et de bonne gestion des financements.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Toutes les récoltes n'ont pas encore eu lieu et il se peut qu'il pleuve. Nous l'espérons tous d'ici la fin du mois. Mais d'ores et déjà, on sait que les pertes sont extrêmement importantes. C'est une sécheresse et une canicule. Ce sont deux phénomènes météorologiques cumulés qui ont des effets dévastateurs sur notre agriculture. (…) Les pertes sont très importantes. Évidemment, l'État sera là dans son rôle de solidarité nationale. (…)
Ce que vivent nos agriculteurs en ce moment implique une solidarité nationale. J'ai vu, et je les en remercie, que certaines collectivités territoriales avaient commencé à déployer des aides. Les assureurs seront au rendez-vous. La grande distribution doit aussi jouer sa partie. Donc, c'est un grand effort de solidarité nationale duquel les Français ne seront pas exclus dans leur acte d'achat. Je les invite à acheter, Français, des produits agricoles français. (…)
Le prix payé aux producteurs ne sera pas nécessairement répercuté par la grande distribution. Il y a peut-être aussi un effort à faire par chacun. Donc, ne soyons pas alarmistes, parce que sinon les Français vont se détourner des produits agricoles de notre pays. Et vous savez, un pays qui abandonne ses agriculteurs, il abandonne l'espoir de se nourrir par lui-même. Donc, il faut être extrêmement prudent, c'est dans l'intérêt de tous. Il faudra accepter des calibres de fruits un peu différents. Il faut que la grande distribution regarde quand un agriculteur demande une revalorisation de ses prix. Il faut accepter de privilégier l'Origine France à chaque fois que c'est possible. On a un effort de solidarité nationale à faire auprès de nos agriculteurs. Et c'est le sens du plan d'urgence massif que je vais déployer. Parce qu'on ne peut pas laisser les agriculteurs seuls dans cette épreuve terrible.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Opinion: «Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : il faut un référendum»] Après la censure de la loi sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal appelle l'exécutif à organiser un référendum, qui serait un « acte de confiance envers le sens des responsabilités des Français ».
Le Conseil constitutionnel a censuré l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Je ne serai jamais de ceux qui remettent en cause sa légitimité. Le clivage politique structurant de notre époque oppose les démocrates, qui voient dans l’État de droit une protection qui met chacun d’entre nous à l’abri de l’arbitraire, à ceux qui, gagnés par la tentation autoritaire, voient dans chaque décision du Conseil constitutionnel l’occasion de remettre en cause nos institutions.
Pour autant, l’urgence demeure : sauver notre jeunesse et briser les chaînes de l’impuissance publique. Si les Français m’accordent leur confiance en mai prochain, mon mandat aura un cap unique : préparer l’avenir. Et préparer l’avenir commence par un impératif : protéger notre jeunesse.
C’est d’abord une urgence sanitaire. Des enfants sont livrés à des algorithmes qui nourrissent leur mal-être, installent en eux la détestation de leur propre image, les exposent au harcèlement et les conduisent trop souvent jusqu’à la dépression. Environ 19.000 adolescentes sont hospitalisées chaque année pour des gestes auto-infligés.
Le taux d’hospitalisation en psychiatrie pour geste auto-infligé des filles de 10 à 19 ans a quadruplé en dix ans. C’est aussi une urgence démocratique. Les puissances qui nous sont hostiles utilisent les réseaux sociaux pour s’ingérer dans notre vie démocratique parce qu’elles savent qu’elles y trouveront une jeunesse vulnérable et malléable. Ce n’est pas un hasard : c’est ce que j’appelle une arme cognitive.
Une nouvelle solution
Le président de la République a demandé au gouvernement de bâtir une nouvelle solution pour protéger les mineurs de ces plateformes. Je lui adresse un appel. Que ce nouveau dispositif, qui devra évidemment tenir compte des observations du Conseil constitutionnel, soit soumis directement au peuple français, par référendum.
Cela fait vingt et un ans que les Français n’ont pas été consultés directement. Pour tant de Français, dont je fais partie, c’est incompréhensible. Il existe peu d’occasions aussi justes de leur redonner la parole.
La santé mentale de nos jeunes et la protection de l’enfance sont, par essence, des politiques sociales de premier ordre pour la nation.
Car, oui, une loi de protection de l’enfance contenant une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans relève de la « politique sociale » de la nation et peut donc être soumise à référendum, en vertu de l’article 11 de la Constitution. Cet objectif a d’ailleurs été reconnu et validé par le Conseil constitutionnel lui-même dans sa décision du 14 août. La santé mentale de nos jeunes et la protection de l’enfance sont, par essence, des politiques sociales de premier ordre pour la nation.
Ce référendum serait ainsi d’abord un acte de confiance envers le sens des responsabilités des Français. Il serait aussi un gage d’efficacité. Une course contre la montre a démarré. Si l’on repartait de zéro avec une nouvelle procédure législative, la France perdrait plus d’un an pour que l’interdiction entre en vigueur. C’est plus de 750.000 enfants que nous laisserions, chaque jour, pendant 1 h 47 en moyenne, dans les griffes des algorithmes. Sur deux années, cela correspond à deux mois de vie passés devant les écrans.
Grâce au référendum, nous pourrions donc agir sans attendre. Que l’on ne s’y trompe pas : cette interdiction ne suffira pas, à elle seule, à garantir à la jeunesse un avenir meilleur. J’appelle à un élan national bien plus large pour notre jeunesse, qui doit associer les parents, l’école, les entreprises, la société tout entière. Tous ensemble, hissons-nous à la hauteur des enjeux et engageons-nous pour protéger notre jeunesse.

 

Marc Ferracci (député)
> Ceux qui prétendent réduire la dette publique sans réformer profondément les retraites n’ont aucune crédibilité.

 

Violette Spillebout (députée)
> Notre devoir est clair : tout faire, continuer à nous battre pour protéger notre jeunesse face à ce qui s’annonce comme l’épidémie du siècle : l’addiction des plus jeunes aux réseaux sociaux.


► Autres 
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Et si la France s'inspirait du Portugal ? Et de sa propre histoire des plans quinquennaux…
Depuis les années 1990, le Parlement portugais adopte une « loi des grandes options ». Tous les quatre à cinq ans, elle fixe les grandes priorités du pays : les objectifs stratégiques, les principaux choix à faire, la trajectoire budgétaire à suivre. En France, nous changeons trop souvent de priorités au rythme des urgences, des alternances ou des lois de finances annuelles.
Pourtant, certains défis – écologie, démographie, réindustrialisation, souveraineté, éducation – exigent une vision qui dépasse de loin un budget ou une année.
Pourquoi ne pas imaginer, nous aussi, une loi des grandes options ? Votée par le Parlement, elle fixerait quelques priorités nationales sur cinq ans, des objectifs mesurables et un rendez-vous annuel pour en évaluer la mise en œuvre. Et un budget, une fiscalité qui ne bougent plus chaque année ! Pour une France du temps long.

> L’Europe et la France connaissent un hiver démographique inédit depuis 1945. Nous devons l’affronter. Et débattre sans tabou : être plus productifs ; travailler plus ; accepter une immigration économique.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Glaçant : un homme envoie des photos sexuelles à une fille sur Xooloo, messagerie destinée aux enfants. Les prédateurs dupent. Ils trichent. Ils s’infiltrent. Ils sont partout. Aucune faille ne peut être tolérée. Protéger les enfants, c’est traquer les prédateurs sans relâche.

> Grok dénude (encore) des enfants. Cette nouvelle affaire le rappelle avec une violence particulière : nous devons poursuivre les auteurs qui sont des pédocriminels, et aussi demander des comptes aux plateformes qui rendent ces ignobles et écœurantes pratiques possibles via l’IA.

> On se souvient tous de cet enfant enfermé plus d’un an dans une camionnette en Alsace. À Nîmes, la chaîne de solidarité entre voisins a permis d’éviter le pire. Bravo à eux, merci aux autorités. Chaque signalement peut sauver une vie. Face au moindre doute: ayons le réflexe du 119.

 


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