dimanche 30 août 2026

Vues du Centre. Avant de s’informer sur ce que feront Le Pen et Mélenchon, demandez-vous ce qu’ils auraient fait s'ils avaient été au pouvoir

Par Jean-François Borrou


Avant de confier les destinées aux extrémistes populistes, ceux qui se proposent de voter pour eux doivent bien sûr se renseigner sur ce qu’ils se proposent de faire.

Mais il est tout aussi important de se demander ce qu’ils auraient fait face aux événements qui se sont produits ces dernières années et où ils auraient conduit la France aujourd’hui parce que cela dit autant de leur ligne politique et de leur vision du pays ainsi que de son organisation.

La pandémie de la covid19, l’agression de Poutine contre l’Ukraine, la guerre économique de Trump, la menace chinoise de plus en plus prégnante, le changement climatique qui s’accélère, le réarmement de la France et de l’Europe, la protection des enfants, la lutte contre les violences sexuelles, la réformes des retraites, la réindustrialisation du pays, l’immigration, etc., les dossiers ne manquent pas pour faire un bilan des prises de position de LFI et du RN et de leurs alliés et proxys.

Il ne s’agit pas d’être exhaustif ici, chacun pourra consulter plus en avant telle ou telle question mais de dégager les grandes lignes du positionnement ses extrêmes.

Le premier point est l’attitude que ceux-ci ont eu, en particulier au Parlement et plus précisément à l’Assemblée nationale.

Force est de constater que LFI et le RN ont joué systématiquement sauf rares exceptions, contre toutes les mesures du gouvernement et des autres partis, provoquant le blocage (par le biais du dépôt de milliers d’amendements sur certains textes en discussion), le chaos (avec des incidents de séance, des interruptions constantes et intempestives des orateurs du gouvernement et des autres partis) et utilisant souvent l’insulte, voire la diffamation.

Donc, pas de rôle constructif de la part de leurs députés et sénateurs, pas de volonté de travailler pour trouver des consensus, au contraire, une posture du contre tout et tous.

Ces attitudes des parlementaires font directement écho à leurs déclarations sur les grands sujets qui ont impactés la présidence d’Emmanuel Macron.

L’agression de Poutine contre l’Ukraine est un bon exemple de cette opposition systématique qui se traduit par une bienveillance étonnante vis-à-vis du régime totalitaire en place en Russie et par un refus d’aider les Ukrainiens et de réarmer l’Europe.

Si le RN a été, comme d’habitude, proche de Moscou qui est depuis longtemps un de ses soutiens les plus fidèles, lui ayant même prêter de l’argent, LFI a souvent choisi Poutine, un nationaliste d’extrême-droite et criminel, contre Zelendsky, un démocrate centriste, avant par un antiaméricanisme et un antieuropéanisme primaires où l’ennemi de mes ennemis est mon ami.

Du coup, si un de ces deux partis avaient été au pouvoir, non seulement, la France aurait de bonnes relations avec la Russie mais elle n’aiderait pas l’Ukraine, ne lui enverrait pas d’armes et aurait refusé d’augmenter son budget en faveur de sa défense et de celle de l’Union européenne.

Ce qui serait mettre en danger la sécurité du pays.

La réforme des retraites est un autre dossier qui montre que les deux extrêmes jouent la démagogie plutôt que la responsabilité.

Revenir à la retraite à 60 ans est un des slogans préférés des extrêmes et une de leurs promesses les plus démagogiques.

S’ils avaient été au pouvoir LFI et le RN auraient donc fait voter cette mesure qui aurait plombé l’économie et fragilisé la protection sociale des Français, augmentant le déficit public.

La défiance envers l’Union européenne que les deux formations pratiquent inlassablement auraient évidemment affaibli celle-ci et en conséquence la France.

Et ainsi de suite.

On le constate, le bilan de leur gouvernance aurait été catastrophique.

Mais, on peut imaginer, comme cela a été le cas de plusieurs partis extrémistes, populistes et démagogiques qui sont parvenus au pouvoir ces dernières années, que les promesses ne soient pas tenues parce qu’elles étaient impossibles à implémenter.

Pour l’extrême-gauche, on a l’aventure Syriza qui a d’abord appauvrit la Grèce avant que le gouvernement d’alors, obligé par le réel, abandonne tout son programme populiste.

Pour l’extrême-droite, on a le cas Fratelli d’Italia qui dirige actuellement l’Italie et qui a dû tourner le dos à nombre de ses promesses, sachant que la plupart de celles qui ont été mises en place ont affaibli la démocratie et l’économie transalpines.

Mais alors à quoi bon voter pour des partis qui tourneraient le dos à leurs promesses et feraient la politique de l’axe central.

Autant voter pour les formations le représentant, l’original valant toujours mieux que les copies!

Dès lors, que les extrémistes, les populistes et les démagogues aient appliqué leurs programmes ou qu’ils aient du tourner le dos à leurs promesses intenables et dangereuses, leur bilan devrait décourager tout électeur sensé et voulant défendre ses intérêts de voter pour eux.

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.]

 

 


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