dimanche 6 septembre 2026

L’Humeur du Centriste. Non, monsieur Faure, le Porge n’est pas Oradour-sur-Glane


L’effet de manche a toujours été une tentation, comme la petite phrase dont on espère qu’elle sera un succès médiatique ou qu’elle enverra un message plus ou moins codé à ses soutiens.

Les personnalités politiques, mais pas qu’eux, sont friands de ces postures qui vont faire parler d’eux que ce soit en bien – ce qu’ils préfèrent évidemment – ou en mal – ce qu’ils ne détestent pas souvent…

Mais il y a des dérapages plus ou moins calculés, les extrêmes et les populismes étant passés maîtres dans leur utilisation.

Ici, ce n’est pas un membre de LFI, du RN ou de Reconquête que l’on doit une déclaration honteuse mais à Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et candidat à la primaire de sa formation pour la présidentielle.

Celui-ci a osé faire une comparaison entre la disparition par un feux de forêt d’une partie de la ville du Porge cette été en Gironde et le massacre de 643 habitants et la destruction volontaire du village d’Oradour-sur-Glane par la division Das Reich des SS en 1945!

Et pour couronner le tout, il a utilisé cette fameuse tournure de phrase dans laquelle on va dire quelque chose qu’on ne devrait pas dire mais que l’on va dire tant c’est tentant de prononcer la petite phrase qui va faire parler de soi:
«Je ne sais pas s’il faut oser cette comparaison, mais enfin, ça a un côté Oradour-sur-Glane, avec ces maisons complètement brûlées.»

Oui, monsieur Faure vous avez osé et c’est honteux de la part d’un responsable politique.

Vous avez sans doute oublié la visite de François Mitterrand en 1994 à Oradour-sur-Glane pour commémorer le 50e anniversaire du massacre ou, surtout, celle, de François Hollande en 2013 en compagnie du président allemand, Joachim Gauck.

Quoiqu’il en soit, vos paroles sont indignes et sont même gênantes pour les habitants du Porge.

Car oui, ils ont vécu une tragédie, perdant leurs biens – fort heureusement, aucun d’entre eux n’est mort – et ils méritent notre compassion et que nous les aidions mais ils n’ont rien à voir avec ces femmes et ces enfants que l’on a enfermé dans une église avant d’y mettre le feu et dont la soldatesque nazie tirait sur tous ceux qui tentaient de s’échapper.

Il y a des occasions monsieur Faure, comme pour tout autre politique, où il vaut mieux se taire que de vouloir se mettre en avant.

Exister à tout prix n’est pas une excuse, c’est exactement le contraire.

Centristement votre.

Le Centriste

 

 


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