Voici une sélection, ce 6 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> L’Europe prend son destin en main, y compris dans le domaine spatial.
Après le succès d’Ariane 6 et ceux de Vega, Isar Aerospace vient à son tour
d’écrire l’histoire. Pour la première fois, un acteur privé européen a placé sa
fusée en orbite après un lancement depuis le sol européen. Une prouesse pour
l’Allemagne. Une victoire pour toute l’Europe. À quelques jours du Sommet
international sur l’espace à Paris, ces succès disent ce dont notre continent
est capable lorsqu’il innove, investit et assume son ambition : bâtir une
Europe puissance, indépendante jusque dans l’espace. Félicitations aux équipes
d’Isar Aerospace et rendez-vous mercredi au Grand Palais !
> Il y a 130 ans, la France faisait naître le cinéma. Aujourd’hui, le cinéma, les séries, l’animation et les jeux vidéo sont bien plus que des industries : ils sont des biens communs qui façonnent nos imaginaires et nous relient par-delà les frontières. Mais jamais ces biens communs n’ont connu de bouleversements aussi profonds. Nous sommes entrés dans une nouvelle révolution de l’image et de la création. L’intelligence artificielle en repousse les frontières. Les plateformes transforment nos usages. Les modèles de financement se réinventent. Nos enfants grandissent dans un flot d’images sans précédent. Face à des défis qui ne connaissent pas de frontières, aucune nation ne peut agir seule. C’est pourquoi, à Saint-Paul-de-Vence, la France et la Corée du Sud, deux grandes nations de création attachées à la diversité culturelle et à leur souveraineté, réunissent ceux qui créent, produisent, financent, diffusent, innovent et décident. Notre ambition : forger de nouvelles alliances entre créateurs et technologies, acteurs publics et privés, cinéma, télévision, plateformes et jeux vidéo. Pour que cette révolution ouvre de nouveaux possibles sans uniformiser nos imaginaires. Créer. Protéger ceux qui créent. Faire circuler les œuvres et les idées. Donner aux nouvelles générations les clés pour comprendre et inventer. Préserver, enfin, le pouvoir le plus précieux de la création : nous ouvrir au monde et nous rassembler. C’est l’ambition du Sommet Lumière que je co-présiderai demain avec mon homologue coréen à Saint-Paul-de-Vence. Action.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> À Vernon, l’histoire industrielle de la France s’écrit depuis des
décennies. Elle franchit aujourd’hui une étape décisive pour notre souveraineté.
C’est ici que MaiaSpace produira son premier lanceur réutilisable. Premier vol
prévu l’année prochaine, pour mettre en orbite des satellites et des
démonstrateurs, civils comme militaires. L’État a fait le choix d’investir,
d’accélérer les procédures et d’être lui-même client. Parce que nous devons
désormais aller vite pour garantir notre accès à l’espace et notre liberté
d’action.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Je me suis entretenu ce matin avec le député Nicolas Metzdorf. L’occasion
d’échanger avec lui de manière transparente et constructive sur la situation
sécuritaire en Nouvelle-Calédonie. Nous avons évoqué également la question des
effectifs de la police nationale et de la gendarmerie nationale sur place et
les besoins spécifiques dans ce territoire. Enfin, le sujet de l’investissement
immobilier pour entretenir nos casernes a également été évoqué. J’ai remercié
le député Metzdorf pour l’attention constante qu’il porte aux conditions de vie
et de travail de nos forces de sécurité. Je lui ai redit l’engagement sans
faille qui est le mien comme celui du haut commissaire et de l’ensemble des
policiers et des gendarmes sur place, au service de nos compatriotes en
Nouvelle-Calédonie.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Depuis 400 ans, sur tous les océans, la marine nationale protège la
France. Depuis 1626, lorsque, sous l’impulsion de Richelieu, notre pays se
dotait d’une marine unifiée, organisée et permanente, Il envoyait, déjà, un
message au monde. Un pays qui veut rester libre doit être capable d’agir en
mer.
> Je me suis rendue à l’Institution Nationale des Invalides. Bien plus qu’une institution, c’est une maison. Une maison forte de plus de 350 ans d’histoire, qui accueille et accompagne celles et ceux qui ont servi la France. J’y ai rencontré des pensionnaires, échangé avec eux sur leurs parcours, leurs souvenirs, leur vie. J’ai aussi rencontré les personnels de santé et les équipes qui les accompagnent chaque jour. Ces rencontres disent quelque chose d’essentiel de notre armée : elle prend soin des siens. Prendre soin de ceux qui ont servi. Être là dans la durée. Accompagner, écouter, soigner et entourer. C’est une responsabilité. C’est aussi une force : celle d’une communauté militaire qui ne laisse jamais les siens derrière elle. Je veux saluer celles et ceux qui font vivre cette exigence au quotidien, avec compétence, engagement et humanité. À l’Institution Nationale des Invalides, le lien entre les armées et ceux qui les ont servies est une réalité vivante.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Je rentre de San Francisco, ville qui concentre une part majeure des
acteurs et des investissements dans l’intelligence artificielle.
Les entreprises et fonds américains que j’ai rencontrés ont souligné que la
France était attractive grâce à des atouts majeurs :
- Un vivier de talents reconnu dans l’IA et la deeptech
- Une politique publique volontariste pour soutenir l’innovation
- Une électricité compétitive, grâce à notre parc nucléaire
Notre écosystème tech est aussi une force : avec 450 000 emplois directs dans
les nouvelles technologies, 36 licornes en 2026 (contre seulement 3 en 2017) et
plus de 20 000 startups, notre capacité à innover et à attirer les talents et
les investissements est plus forte que jamais.
Mistral AI, qui fait notre fierté aujourd’hui, en est un exemple concret. Et il
nous faut plus de pépites de ce type !
Pour cela, nous devons continuer à bâtir un écosystème complet qui nous
permettra de faire émerger les champions français et européens de l’IA et du
quantique. La France doit être la locomotive de la révolution IA en Europe.
Mais la compétition mondiale est féroce.
Notre objectif : continuer la consolidation de notre marché et de nos acteurs
sur toute la chaine de valeur de l’IA et du quantique et accompagner et
financer nos entreprises européennes et françaises pour bâtir des technologies
à l'Européenne.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Que des jeunes manifestent et s'indignent, c'est normal et c'est une bonne
chose. Ce qui est plus problématique c'est qu'il n’y avait aucune place pour le
dialogue, je le regrette.
> 145 jeunes venus du monde entier ont travaillé tout l’été pour rédiger un appel pour une nouvelle culture de la paix au XXIe siècle. Au cœur de cet appel, il y a l'exigence de la jeunesse de prendre des responsabilités, d'être prise au sérieux, de construire elle-même le monde dans lequel elle va vivre, mais aussi, et justement, de rouvrir des espaces de dialogue où peuvent se confronter des avis radicalement différents, dans le respect de l'interlocuteur. Sans cette possibilité-là, il n'y a plus de concorde nationale, il n'y a plus de possibilité de paix entre les nations.
> Vladimir Poutine est faible. Regardez dans quel état se trouve la Russie.
> Tout candidat qui se défie de l’Union européenne sera soutenu d’une manière ou d’une autre par Vladimir Poutine. Il veut que l’Union européenne se disloque.
> La diplomatie, c'est l'affaire de tous, des Françaises et des Français, des jeunes, des étudiants. C'est pourquoi, l'année dernière, on a voulu organiser la première édition de cette fabrique qui réunit plusieurs centaines d'intervenants, qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de participants l'année dernière. On attend une affluence similaire cette année, avec une deuxième édition placée sous le thème de la Fabrique de la paix, considérant qu'en 2025, on a atteint le record de conflictualité dans le monde du nombre de conflits armés auxquels participe un État depuis 1946 et qu'il est impératif de retrouver une manière de fabriquer la paix.
> La fabrique de la paix commence dans les esprits. C'est une question de récit et de perception du monde. Le problème, c'est qu'effectivement, on a utilisé des cartographies par habitude, pendant des siècles, qui avaient tendance à déformer les proportions des continents les uns par rapport aux autres. C'est le cas de cette cartographie dite « de Mercator », qui initialement a été conçue pour la navigation, dont le grand avantage est de permettre la navigation à cap constant. Mais elle a le gros inconvénient de faire apparaître les États-Unis, la Russie et la Chine comme beaucoup plus gros qu'ils ne le sont, relativement à l'Asie du Sud-Est, à l'Afrique ou à l'Amérique du Sud. Nous avons besoin de regarder le monde en vérité, et c'est pourquoi le ministère des Affaires étrangères – qui a vocation à diffuser les récits ou les récits pour opposer à ceux qui voudraient nous assigner, nous enfermer dans des logiques de blocs, des récits alternatifs – va faire évoluer l'usage de ces cartographies pour ne plus utiliser la représentation dite « de Mercator » par défaut, mais pour utiliser, selon les usages, les cartographies qui seront les plus adaptées, telles que les scientifiques et les cartographes nous les auront indiquées. J'ajoute que c'était l'une des annonces de cette Fabrique. La deuxième, c'est cet appel à une nouvelle culture de la paix qui a été lancé par 145 jeunes venus du monde entier qui, pour la première fois à l'Unesco hier, ont exprimé leurs revendications pour que le 21e siècle ne soit pas larvé par la guerre, mais qu'ils puissent ouvrir les nouveaux chemins vers la paix qui commence dans les esprits.
> Ne nous laissons pas enfermer dans le rôle dans lequel Vladimir Poutine voudrait nous assigner. Ce que Vladimir Poutine voudrait tenter de faire croire au monde, c'est que les Européens sont bellicistes, qu'ils veulent la guerre avec la Russie et qu'ils veulent l'escalade. (…) À chaque fois qu'il a testé les limites, qu'a-t-il rencontré ? Il a rencontré la fermeté et l'unité des Européens. Rien de tout cela va nous faire dévier de notre cap. Quel est notre cap ? C'est le soutien à l'Ukraine. Le soutien financier, le soutien énergétique, le soutien militaire. C'est la pression sur la Russie avec...
> La France, l'Allemagne, la Pologne sont des cibles prioritaires de la Russie, de Vladimir Poutine, depuis le 24 février 2022. Parce que Poutine voit bien que la France, l'Allemagne et la Pologne sont indéfectiblement en soutien de l'Ukraine. Rien de surprenant là-dessus. Ce que je dis, c'est que nous allons tenir à notre stratégie parce qu'elle fonctionne. Soutien à l'Ukraine, je l'ai dit, financier et énergétique.
> Vladimir Poutine est en échec absolu. Regardez la
situation en Russie, où il y a des pénuries de carburant, où l'économie
s'effondre, où le déficit atteint des records, où les taux d'intérêt sont
extrêmement élevés. La population russe souffre des choix délirants de Vladimir
Poutine aujourd'hui. (…)
Si Vladimir Poutine est en échec à la fois militaire, économique et politique,
voire diplomatique, c'est parce que nous avons pris, nous Européens, à
l'unanimité, des paquets de sanctions qui visent à la fois le complexe
militaro-industriel, mais aussi les responsables des actes de déstabilisation
de nos démocraties qui sont visées par Vladimir Poutine. Nous avons privé
Vladimir Poutine de 500 milliards d'euros qu'il aurait sinon engouffrés
dans sa guerre d'agression contre l'Ukraine. Vladimir Poutine, c'est simple,
contrôle moins de la moitié des territoires qu'il contrôlait au printemps 2022.
Il perd 35 000 hommes sur le front et ne fait aucun progrès.
> Ce qui est clair, c'est qu'il ne faut pas compter sur l'extrême droite, ni en France ni en Allemagne, pour cultiver les solidarités irréversibles que, génération après génération, des esprits visionnaires de chaque côté du Rhin ont su tisser entre nos deux pays pour écarter durablement le spectre de la rivalité, du conflit et éventuellement de la guerre. L'extrême droite, en France comme en Allemagne, à l'Union européenne dans son viseur, en quelque sorte. Donc la responsabilité de ceux qui croient dans ce projet européen, dans la force de la démocratie et de ses valeurs, c'est de déployer toute l'énergie nécessaire pour faire échec au projet de l'extrême droite, que ce soit en France, en Allemagne ou ailleurs.
> [Guerre des Etats-Unis contre l’Iran] Les Européens ne sont pas des passeurs de messages. Les Européens travaillent à diversifier leurs routes d'approvisionnement parce qu'il est tout simplement inacceptable que nous soyons dans une situation à payer le prix de guerre que nous n'avons pas choisi, qui n'est pas le nôtre parce qu'un détroit est bloqué, que cela a un impact sur les prix du pétrole, que cela se répercute sur notre économie, notre budget et nos recettes fiscales et notre pouvoir d'achat. Cela, on n'en veut plus. L'Europe, avec ses partenaires dans la région, a accéléré le travail sur la diversification des routes commerciales pour ne plus jamais être dans cette situation.
> [Violences en Cisjordanie occupée à l'encontre
des Palestiniens de la part des colons israéliens] J'ai relevé la condamnation,
non seulement du Premier ministre Netanyahou, mais aussi du président israélien
et du ministre israélien des Affaires étrangères. J'aurais souhaité que
les mots soient plus forts encore, parce que ce qui se passe en Cisjordanie
aujourd'hui est proprement scandaleux et indigne, porte atteinte à la dignité
du peuple palestinien, mais aussi à la sécurité d'Israël et à la solution à
deux États. Il faut des mots beaucoup plus forts et j'aurais voulu des actes
pour que cesse cette explosion de violence inédite, que l'on n'a jamais vue dans
l'histoire des territoires occupés par Israël en Palestine. (…)
D'abord, nous avons pris des sanctions à plusieurs reprises contre des
individus ou des entités, et même un ministre israélien du fait de ses
encouragements à la colonisation illégale, extrémiste et violente. Ensuite,
nous voulons que soit restreint le commerce entre les colonies qui sont
illégales et l'Union européenne. (…)
Les colonies sont illégales. Il n'est pas normal que l'Union européenne puisse
soutenir ce commerce. Rappelez-vous que, lorsque la Crimée a été illégalement
occupée par la Russie, l'Union européenne, dès 2014, a mis fin aux importations
en provenance de la Crimée. C'est la même chose que nous devons faire avec les
colonies illégales. Il faut un accord européen pour cela. Il y a un autre point
qui est très important : ce sont les élections législatives palestiniennes
attendues en novembre, l'élection présidentielle attendue au premier trimestre
2027. Il est temps pour le peuple palestinien de pouvoir se lever et s'exprimer
devant le monde entier, en se choisissant des chefs, en se choisissant des
leaders. Il n'y a pas de meilleure manière pour un peuple d'affirmer son droit
à l'existence et à l'autodétermination que de le faire au travers d'élections.
Et c'est pour ça que j'ai demandé et obtenu de l'Union européenne qu'une
mission soit envoyée dès le mois de septembre pour soutenir coûte que coûte ces
processus électoraux.
> Une carte n’est jamais tout à fait neutre. Sur la projection de Mercator, le Groenland semble presque aussi vaste que l’Afrique, alors que l’Afrique est en réalité environ quatorze fois plus grande. Les déformations finissent par s’installer dans les perceptions. Le moment est venu de les corriger. C’est pourquoi, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères abandonne cette projection déformante au profit de cartes plus fidèles aux superficies réelles, et conformes aux prescriptions des cartographes et des scientifiques. Changer de carte ne change évidemment pas le monde. Mais corriger une représentation qui le déforme, c’est déjà faire œuvre de vérité.
> [Déclaration lors du Triangle de Weimar] Cher
Johann, cher Radek, je suis très heureux d'être aujourd'hui à vos côtés à
Weimar, comme Johann, tu viens de le rappeler, est la ville de Goethe, la ville
de Schiller, capitale européenne des Lumières, dans un moment de notre histoire
où l'Europe telle que nous la connaissons aujourd'hui a commencé à se former.
Weimar aussi, qui fut le lieu où, tu viens de le dire - parce que les choix de
la compromission ont été faits avec le national-socialisme - l'Europe a
basculé, avant, en 1989, que depuis Weimar commence à se dessiner la réunification
de l'Allemagne. Et c'est sans doute pour toutes ces raisons combinées qu'il y a
35 ans, presque jour pour jour, les ministres des Affaires étrangères de nos
trois pays, auxquels je souhaite à mon tour rendre hommage, ont lancé cette
initiative du triangle de Weimar. Tant l'histoire de cette ville et de cette
région nous apprend la manière dont nous devons construire ensemble notre
avenir commun. Et de fait, il y a 35 ans, l'idée de nos prédécesseurs était de
créer un format trilatéral inédit en Europe pour œuvrer à un rapprochement de
la France, de l'Allemagne et de la Pologne. À l'époque, notre Union s'apprêtait
à s'ouvrir aux pays d'Europe centrale et orientale; et ce groupe, ce triangle,
ce format a contribué à la réintégration de la Pologne dans la famille
européenne, a servi de caisse de résonance pour l'unité des Européens.
Alors bien sûr, le monde d'il y a 35 ans est bien différent de celui
d'aujourd'hui. Le monde d'aujourd'hui est un monde brutalisé. Nos démocraties
sont désormais confrontées à un triple défi qui ne se posait pas il y a 35 ans.
Le premier est celui de notre sécurité alors que la guerre frappe à nouveau le
sol européen, la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine. Le
deuxième défi est celui de notre prospérité, alors que nos économies et nos
industries font face au retour des guerres commerciales, à une arsenalisation
des chaînes de valeur et à une course débridée à la domination industrielle et
technologique. Et puis troisième défi, la défense de notre modèle démocratique,
puisque désormais nos démocraties sont attaquées et nos valeurs ouvertement
contestées.
Et comme en 1991, même si les défis sont différents, le triangle de Weimar
démontre toute sa pertinence pour y faire face. Pour relever ces défis,
l'Europe a besoin d'abord d'un diagnostic clair, sans concession, et surtout
partagé, qui ne peut l'être que par une consultation et des échanges toujours
plus étroits entre les Européens. À cet égard, je me réjouis des échanges que
nous avons encore eu aujourd'hui avec Johann et Radek, les discours de la
Sorbonne du président Macron, le discours sur l'avenir de l'Europe de la
conférence Adenauer du ministre Wadephul, ou le discours qu'a tenu l'an dernier
le ministre Sikorski devant les ambassadeurs français : tous témoignent de
trois sensibilités européennes différentes, mais ils témoignent avant tout d'un
même constat et d'une ambition commune pour l'Europe.
Une ambition qui ne se limite pas aux échanges très réguliers que nous avons
tous les trois, puisque le triangle de Weimar n'appartient pas qu'aux seuls
ministres des Affaires étrangères. D'autres ministres se réunissent dans ce
format ; des parlementaires se réunissent dans ce format ; des liens se créent
entre des villes polonaises, allemandes et françaises ; et les sociétés
civiles, elles aussi, se sont appropriées cette habitude de travail entre nos
trois pays. Et c'est donc avec un grand plaisir et pour la première fois que
nous participerons aux côtés de la Pologne et de l'Allemagne au Salon du livre
de Leipzig.
Je crois pouvoir dire que nos échanges de ce jour ont une fois de plus confirmé
cette ambition que nous avons en partage pour l'Europe. Nous sommes entretenus
à trois sur les grandes crises auxquelles l'Union européenne doit faire face.
Nous avons échangé sur notre soutien à l'Ukraine en prévision de l'hiver. La
France, l'Allemagne et la Pologne se tiennent aux côtés de nos amis ukrainiens
et rappellent leur soutien indéfectible à la résistance face à l'agresseur
russe. Continuons de coordonner nos efforts pour la renforcer, tant sur le plan
militaire qu'humanitaire, et pour préparer les conditions d'une paix juste et
durable. Nous avons également abordé la situation au Proche et au Moyen-Orient
en soulignant les interconnexions entre ces deux théâtres de crise. Et nous
avons évidemment abordé les menaces hybrides et la résilience nécessaire pour
protéger nos valeurs et nos démocraties.
Ça a été l'occasion pour moi de réitérer la solidarité totale de la France avec
l'Allemagne après que Johann et le ministre de l'Intérieur ont formellement et
publiquement attribué l'attaque visant l'aéroport de Leipzig à la Russie. Nous
avons, comme les partenaires européens qui sont les nôtres, convoqué le chargé
d'affaires russe à Paris pour exprimer notre vive protestation ou notre
protestation la plus vive. Et il va de soi qu'un acte d'une telle gravité,
ciblant des infrastructures de transport en plein cœur de l'Europe, ne pourra
rester sans conséquence et que nous soutenons les mesures entreprises par
l'Allemagne en ce sens.
Sur les questions européennes, nous avons évoqué l'élargissement de l'Union, la
réforme de l'architecture de l'action extérieure de l'Union, que nous jugeons
tous trois nécessaires pour rendre la voix de l'Europe plus forte et plus
cohérente. L’Europe doit être un acteur souverain et uni sur la scène
internationale. Sur les questions géoéconomiques, c'est-à-dire à l'intersection
de l'économie et de la géopolitique, nous avons mentionné les discussions en
cours concernant le prochain budget de l'Union européenne, sujet crucial qui
doit permettre à l'Europe de se donner les moyens de son ambition ; la posture
à tenir vis-à-vis de la Chine ; la compétitivité de nos économies, de nos
industries, ainsi que la manière de garantir un accès sûr, juste, durable aux
matières premières critiques. L'Europe doit demeurer un pôle de prospérité et
de stabilité et nos trois pays doivent en être les garants.
Enfin, sur les questions de défense, nous avons évoqué le futur de l'OTAN, de
son pilier européen, et dans la lignée du sommet d'Ankara, un sommet
historique, nos trois pays se doivent être des moteurs pour l'européanisation
de l'OTAN.
Voilà, mesdames et messieurs, la France, l'Allemagne, la Pologne sont plus que jamais déterminées à agir ensemble pour une Europe souveraine, sûre, prospère et fière de ses valeurs. C'est ce message d'unité et d'action que nous portons aujourd'hui à Weimar dans le cadre du triangle qui nous unit à nos partenaires polonais et allemands. Et je remercie une nouvelle fois Johann, le maire de Weimar, le ministre-président, pour leur accueil chaleureux ce matin.
> Tout en réitérant la solidarité de la France avec
l'Allemagne après l'attaque de Leipzig, je voudrais à mon tour rappeler trois
principes simples et remettre les choses à l'endroit. Premier principe, c'est
la Russie qui agresse, c'est l'Ukraine qui est agressée et c'est l'Europe qui
est victime d'une agressivité redoublée de la part de la Russie depuis le 24
février 2022. À aucun moment et d'aucune manière, les pays européens n'ont fait
preuve d'agressivité à l'encontre de la Russie de Vladimir Poutine et je crois
qu'il faut le rappeler pour que les choses soient bien mises à l'endroit.
Deuxième principe, qui cherche l'escalade ? Ce n'est pas l'Ukraine, ce ne sont
pas les Européens, c'est systématiquement Vladimir Poutine qui en rajoute et
qui va plus loin. Mais il va de soi que lorsque l'intégrité du territoire de
l'Union européenne, du territoire de l'OTAN, que l'intégrité de nos processus
électoraux, bref, chaque fois que le cœur de nos États et de nos démocraties
sera touché par des attaques, qu'elles soient hybrides ou autres, nous y
répondrons. De quoi aurions-nous l'air si nous n'étions pas capables de
répondre lorsque le plus essentiel, ce sur quoi on ne transige jamais, est
attaqué ? Il est évident que des actes d'une telle gravité, s'en prendre à un
aéroport avec un drone chargé d'explosifs, c'est un acte extrêmement grave.
Chaque fois que des actes de telle gravité se produiront, il y aura des
conséquences.
Troisième principe simple, nous faisons la différence entre le régime de
Vladimir Poutine et le peuple russe, et rappelons inlassablement que le peuple
russe souffre des choix impérialistes et coloniaux de Vladimir Poutine. La
réalité vécue par le peuple russe aujourd'hui, ce sont des rationnements dans
l'ensemble de la Russie. Ces 35.000 soldats qui sont tués sur le front chaque
mois. C'est une économie qui s'effondre. C'est une nation qui se discrédite au
risque de sortir de l'Histoire. Nous savons faire la différence et nous faisons
la différence entre le régime qui précipite son pays au fond du gouffre et le
peuple russe.
[Questions prononcées en anglais et traduites simultanément en français]
> Les adversaires de la démocratie en Russie ou ailleurs ont une cible en particulier qui est l'Union européenne, qui est à la fois l'incarnation de la démocratie et le sanctuaire de la démocratie. Et c'est pourquoi lorsqu'on tient à ces grands principes, et donc lorsque l'on tient à renforcer l'Union européenne, à assurer sa sécurité, sa prospérité et à défendre son modèle démocratique, on ne peut pas être insensible ou rester les bras ballants lorsque nos partenaires, principaux partenaires, amis, alliés sont pris pour cibles. Et je sais que si toutefois une attaque hybride visait la France, je sais que je pourrais compter sur les membres de la famille européenne, au premier rang desquels l'Allemagne et la Pologne, pour être solidaires dans la condamnation et solidaires dans les conséquences qui seraient tirées de tels actes.
[Question prononcée en allemand et traduite simultanément en français]
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> La moitié des chefs d'exploitation partira à la retraite d'ici 10 ans. On
ne peut pas se priver de la moitié des talents pour réussir ce virage
stratégique. Il n'y a pas de grandeur de la France sans grandeur de son
agriculture. Et pas d'agriculture sans juste rémunération et dignité de celles
et ceux qui nous nourrissent.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Jordan Bardella… … député européen depuis 7 ans … se rêve futur Premier
ministre … mais signe avec Nigel Farage un texte dont il ne semble pas
comprendre le moindre mot ! Si le RN était au pouvoir, ce texte reviendrait à
faire revenir en France les migrants dont le Royaume-Uni ne veut pas. Vous
vouliez la souveraineté ? Vous auriez les choix imposés par le Royaume-Uni.
Vous vouliez le patriotisme ? Vous auriez la France variable d’ajustement du
Brexit.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> À la Conférence nationale sur le handicap, aux côtés du Président de
la République, pour rappeler qu’un handicap ne doit pas être un obstacle à
l’éducation ou à la formation. Aujourd’hui seulement 2 % des apprentis sont
reconnus travailleurs handicapés. Au-delà de l’intégration dans les CFA, les
entreprises doivent aussi être en capacité d’accueillir et accompagner les
apprentis dans les meilleures conditions. C’est pourquoi nous maintenons l’aide
de 6 000 € à l’embauche d’un apprenti reconnu travailleur handicapé, cumulable
avec l’aide de l’Agefiph, pour lever les freins au recrutement et encourager
davantage d’employeurs à franchir le pas. Nous sommes pleinement mobilisés :
l’objectif est d’accompagner 20 000 personnes supplémentaires vers l’emploi
d’ici 2028.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> [Développement de la géothermie] La programmation pluriannuelle de
l’énergie prévoit son doublement d’ici 2030. Une énergie souveraine, décarbonée
et bonne pour le pouvoir d’achat.
> Consigne des bouteilles en plastique pour recyclage : je veux remercier l'ensemble des parties prenantes pour le travail mené ensemble ces trois derniers mois. Compte-tenu du diagnostic partagé avec les collectivités territoriales sur la performance de la collecte, le Gouvernement fait le choix d'une approche territorialisée. Notre responsabilité est de choisir les solutions qui fonctionnent, territoire par territoire, sans pénaliser les collectivités qui ont déjà obtenu de très bons résultats.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> À la Conférence nationale du handicap, aux côtés du Président de la
République et du CNCPH, j’ai porté une conviction simple : chacun doit pouvoir
choisir son emploi, développer ses compétences et évoluer professionnellement.
Depuis la loi pour le plein emploi, notre objectif est clair : faire du droit à
travailler en milieu ordinaire une réalité. Nous progressons : le taux de
chômage des personnes en situation de handicap est passé de 19 % en 2017 à 12 %
en 2024, notamment grâce à la transformation du service public de l’emploi.
Pour poursuivre cette dynamique, nous allons renforcer l’accompagnement dans
les secteurs où l’emploi des personnes en situation de handicap reste
structurellement plus faible, rendre les lieux et les environnements de travail
plus accessibles et mieux sécuriser les parcours professionnels. D’ici 2028,
avec l’Agefiph, nous allons renforcer l’emploi accompagné avec un objectif de
20 000 bénéficiaires. Et l’aide de 6 000 € pour l’embauche d’un apprenti en
situation de handicap sera maintenue. C’est notre contribution pour faire du
monde du travail un monde pleinement accessible à toutes et tous.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> La petite Galiana a retrouvé sa maman. Toutes deux étaient séparées depuis
mai dernier, après un enlèvement de l'enfant par son père. Non seulement cette
enfant était privée de sa mère, mais nous avions plusieurs raisons d'être
inquiets de ses conditions de vie. Les services du ministère de la Justice
ayant été informés d'un changement possible de sa localisation, de la Pologne
vers l'Espagne, ils ont mobilisé les services espagnols compétents, avec l'aide
du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. Cette action a permis de
retrouver la petite fille qui est aujourd'hui auprès de sa mère. Face aux
enlèvements parentaux internationaux, notre action est souvent longue et
difficile. Nous l’avons évoqué à Vendôme, avec nombre de parties prenantes, le
27 août dernier. Cet aboutissement heureux nous encourage à poursuivre nos
efforts du quotidien avec toujours plus de détermination. Bravo aux agents de
l'Etat pour leur engagement!
> Depuis quelques jours, les 85 premières unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) sont entrées en service partout en France. Ces nouveaux centres réunissent les anciens centres éducatifs fermés et les unités d’hébergement collectif, autour de trois axes prioritaires : l’éducation, la scolarité et la santé, afin de mieux préparer la réinsertion des jeunes placés. Face à la délinquance des mineurs, nous ne devons pas céder à la naïveté : la sanction doit être ferme et réellement appliquée, mais elle doit également être éducative pour empêcher qu’un jeune ne s’enlise dans la délinquance. Merci à l’ensemble des agents de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour leur engagement sans faille dans cette mission essentielle.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Ce matin, j'ai signé quelque chose d'un peu spécial. Je vous raconte. Une
convention sur le tourisme avec le Groenland. Le Groenland c'est 100 000
visiteurs par an. Un chiffre modeste certes, mais qui progresse très vite avec
les nouveaux aéroports et la croisière arctique. Avec Mute Egede, ministre
groenlandais des Affaires étrangères, on a posé les bases d'un partenariat
simple : un tourisme qui profite d'abord aux communautés locales, et non un
tourisme qui les submerge. En France, on sait ce que ça veut dire d'accueillir
des millions de visiteurs tout en préservant nos littoraux, nos montagnes et
nos villages. Au Groenland, avec des écosystèmes polaires, l'enjeu est encore
plus fort. Alors on met tout notre savoir-faire à disposition pour les aider.
Notre agence Atout France va travailler avec Visit Greenland sur la gestion des
flux, la formation et le développement d’une offre touristique valorisant les
identités locales. Maintenant, au travail, pour faire de cette convention une
réalité !
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> La mère des batailles : indemniser rapidement les pertes agricoles pour
éviter les faillites.
Je prends l’engagement d’abonder autant que de besoin l’Indemnisation de
solidarité nationale, qui couvre une partie des pertes exceptionnelles. Au
global, l’effort représentera environ 520 millions d’euros, un effort
considérable. Pour que l’aide arrive vite, très vite, nous accélérons les
avances et les paiements.
> La seconde urgence : relancer la production.
C’est une question de souveraineté.
J’annonce à ce titre la mise en place d’un fonds de réarmement agricole, doté
de 235 millions d’euros, pour l’hexagone et les Antilles. Ce fonds est
territorialisé, à la main du préfet. Chaque territoire, chaque filière, connaît
une situation unique. Ce n’est pas à Paris que nous déciderons des modalités
d’indemnisation du maïs, du fourrage, dans un département, et des pertes de
fruits et légumes dans un autre. Les territoires eux-mêmes le feront, et le
feront mieux.
> Après l’annonce du plan inédit plus d’1 milliard d’euros, je suis allée immédiatement sur le terrain, aux côtés des agriculteurs, à la Foire de Châlons. Nos échanges le confirment : la situation des exploitations est difficile. Elle justifiait une mobilisation exceptionnelle de l’État. Elle appelle désormais un effort collectif de l’ensemble des acteurs. Le déploiement des mesures sera rapide et territorialisé. Parce que c’est notre souveraineté alimentaire qui est en jeu. Et parce qu’après l’urgence doit venir le temps de la relance, pour préparer l’avenir de notre agriculture.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Faire vivre l’éducation aux médias et à l’information ! C’est l’ambition
du partenariat signé entre le ministère de l'Éducation nationale et Radio
France. En développant des projets communs, nous donnons aux jeunes les clés
pour mieux comprendre un monde où les sources d’information se multiplient,
exercer leur esprit critique et devenir des citoyens éclairés Comme à l’école
Polangis de Joinville-le-Pont, où de jeunes journalistes en herbe ont créé un
journal en partenariat avec franceinfo. Une expérience immersive pour apprendre
à chercher, vérifier et transmettre l’information.
> La réussite des élèves, leur épanouissement, la
qualité du climat scolaire dépendent en grande partie de la qualité de la
relation entre les parents et l'Ecole.
C'est pour cette raison que j'ai souhaité, en cette rentrée 2026, mettre à
disposition des équipes et des familles une charte Parents-École.
Cette charte pose les bases d'une relation de confiance autour des principes
républicains qui nous fondent, du dialogue régulier entre les familles et les
équipes éducatives, des droits et devoirs de chacun, du respect dû à
l'institution, aux contenus d'enseignement et aux personnels, et de
l'engagement des parents d'élèves, notamment dans le cadre des élections de
leurs représentants.
La coéducation n'est pas un slogan : c'est une réalité concrète que cette
charte et tous les documents associés doivent renforcer. Parents, équipes
éducatives, nous sommes tous unis pour nos enfants !
> Servir l’École, c’est d’abord la connaître et en
rencontrer les acteurs. Et pour la connaître, il faut aller là où elle vit :
dans les classes, auprès des élèves, des personnels et des élus.
Depuis la rentrée, ces rencontres m’ont conduit à Mayotte, dans une école et
deux lycées ; à Montataire, dans l’Oise ; à Herblay, dans le Val-d’Oise ; à
Mende, en Lozère ; à la Sorbonne, auprès des nouveaux lauréats des concours ; à
Vannes et à Locmaria-Grand-Champ, dans le Morbihan ; et enfin à
Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne.
Dix jours sur le terrain, dans sept départements. Partout, le même engagement
des équipes éducatives. La même mobilisation des élus pour leur école. La même
curiosité chez les élèves. Des inquiétudes et des défis propres à chaque
territoire, des projets et, par dessus tout, une volonté commune : faire
réussir les élèves et préparer l’avenir.
Au-delà des débats nationaux, c’est cette coopération quotidienne qui permet à
l’École d’avancer et de s’adapter aux réalités de son environnement.
Écouter ceux qui la font vivre, fixer un cap clair, faire confiance aux équipes
locales, qui connaissent leurs élèves mieux que personne, c’est ainsi que l’on
sert utilement l’École.
> La Conférence nationale du handicap est un
rendez-vous majeur pour faire progresser l’accessibilité et construire une
société pleinement inclusive.
Nous étions 600 aujourd'hui, dont 10 ministres, avec le Président de la
République, pour lancer la nouvelle trajectoire 2026-2029. Trois ans pour
passer de l'inclusion à l'accessibilité universelle.
L’École est au cœur de cette ambition. Depuis 9 ans, sous l’impulsion du
Président de la République, des progrès importants ont été accomplis : à la
rentrée 2026, plus de 560 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés,
en hausse de 62 % depuis 2017.
Mais il nous reste encore du chemin. Nous devons poursuivre cette dynamique :
la CNH2026 fixe une feuille de route ambitieuse pour développer une véritable
culture de l’accessibilité à l’École, améliorer le parcours des élèves et
simplifier la vie des familles.
Notre objectif est clair : permettre à chaque enfant d’aller au bout de ses
potentialités.
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
> L'agriculture assure notre souveraineté alimentaire et la qualité de notre
alimentation. Engagée dans l'évolution de ses pratiques, elle est confrontée à
de grands défis climatiques. Les mesures annoncées sont des réponses concrètes.
- Indemniser très vite : plus de 500 M€ au titre de la solidarité nationale et
350M€ de dégrèvement de la taxe foncière partout où c'est nécessaire.
- Relancer les capacités de production agricole : 235 M€ pour financer, dans
chaque département, les besoins les plus urgents en plants, engrais, fourrage
et semences, sous le pilotage des préfets.
- Augmenter le recyclage des plastiques est une priorité. Pour y parvenir, les solutions doivent tenir compte des réalités territoriales. Avec les collectivités et les élus, construisons dans la confiance et la responsabilité des réponses adaptées à chaque territoire.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> À trois jours du Sommet international sur l’espace, l’Europe spatiale
envoie un signal fort.
Bravo à Isar Aerospace! Hier soir, depuis la Norvège, son lanceur Spectrum a
atteint l’orbite. L’autonomie spatiale de l’Europe est une condition
essentielle de sa souveraineté. La réussite de Spectrum ouvre la voie à son
renforcement concret. Avec Isar Aerospace aujourd’hui, avec Maia Space et
d’autres pépites européennes demain, l’Europe va développer une gamme de
lanceurs complémentaires d’Ariane et de Vega, qui assurent déjà notre accès
souverain à l’espace depuis Kourou. C’est le sens de l’European Launcher
Challenge, porté par l’ESA et ses États membres. Nous avons maintenant 3
lanceurs européens complémentaires capables d’atteindre l’orbite : Isar (1t),
Vega C (3,3t) et Ariane A64 (21,6t). Il est temps d’affirmer clairement que
tous les satellites européens doivent être lancés sur des lanceurs européens !
Une évidence qui n’est pas encore une règle.
> Le handicap ne doit contraindre aucun jeune à renoncer à ses études, à ses projets ou au libre choix de son avenir professionnel. À l’occasion de la Conférence nationale du handicap, j’ai rappelé notre ambition : rendre l’enseignement supérieur pleinement accessible. 81 000 étudiants en situation de handicap sont aujourd’hui recensés dans le supérieur, deux fois plus qu’en 2020-2021. Les moyens consacrés à leur accompagnement ont été multipliés par trois depuis 2021. D’ici fin 2026, les démarches essentielles de la vie étudiante devront être accessibles à tous. Passer d’une société inclusive à une société pleinement accessible, c’est faire en sorte que les droits soient une réalité dans le quotidien de chaque étudiant.
> « Vous n’êtes pas le bienvenu dans nos universités. » Ces mots adressés à mon collègue Jean-Noël Barrot me révoltent. Dans une démocratie, chacun peut exprimer ses désaccords et interpeller les ministres et les responsables politiques. Mais nos universités doivent demeurer des lieux de débat, de dialogue et de respect, jamais des espaces où l’on prétend décider qui y est « le bienvenu » ou non. En tant que ministre de l’Enseignement supérieur, je serai toujours attaché à la liberté d’expression et au débat contradictoire. Le ministre des affaires étrangères est le bienvenu dans toutes les universités, comme tous ceux qui viennent y débattre dans le respect du pluralisme et de leurs contradicteurs.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Le budget de l’écologie augmentera l’année prochaine.
> Le gouvernement propose de sanctuariser les budgets de la sécurité civile et des sapeurs-pompiers.
> [Présidentielle] Le vrai risque vient de la
division au sein de nos électeurs, de nos partis politiques, des responsables
qui composent nos partis. Si nous avons deux, trois candidats au premier tour,
nous serons éliminés et nous laisserons aux Français et à nos électeurs, le
choix d’un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. (…)
Je crois que la responsabilité de tous les responsables politiques de la droite
et du centre, et pas uniquement de Gabriel Attal mais de Bruno Retailleau,
Gérard Larcher, Yaël Braun-Pivet, (...) est de travailler à un rassemblement
rapide dès le premier tour de l'élection présidentielle.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Quelle humiliation. Jordan Bardella se couche devant les demandes de
Farage en s’engageant à reprendre sans condition tous les migrants interceptés
dans la Manche. Et ce serait ensuite à nous de les renvoyer dans leur pays. Une
soumission contraire à nos intérêts et notre souveraineté.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Une femme victime de violences doit pouvoir trouver une porte ouverte
lorsqu’elle décide de demander de l’aide. Aux Mureaux, la Maison Espoir de
Femmes sera cette porte : un lieu pour être accueillie, protégée, accompagnée
et retrouver le chemin de l’autonomie. J’étais fière de l’inaugurer ce matin.
Je continuerai à me battre pour que partout, aucune femme ne soit laissée seule
face aux violences.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Entre le Rassemblement National et moi, il y a deux mondes, deux visions
radicalement opposées. Eux abandonnent l'Ukraine et se soumettent aux
puissances étrangères. Moi, je veux me battre pour une France forte et
indépendante au sein d'une Europe puissante.
> Sous les applaudissements de ses militants, Nigel Farage fait signer à Jordan Bardella un mémorandum qui prévoit de renvoyer en France tous les migrants interceptés dans la Manche. Soit Jordan Bardella ne comprend pas l'anglais, soit il est d'une faiblesse indigne lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts de la France. Et je crois qu'il comprend l'anglais.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> La note que j’ai rédigée pour la Fondation Jean-Jaurès : « Réflexions
sur l’abondance : comment sortir de la vétocratie ? » La vétocratie, c’est le
terme qu’utilise Francis Fukuyama pour caractériser un système où
l’accumulation de normes et de procédures empêche la réalisation de projets
d’intérêt général, sans que personne n’ait à répondre de cet échec. Dans cette
note, je montre que ce n’est pas en faisant une grande réforme
constitutionnelle ou des trains d’ordonnances qu’on réglera le sujet, mais en ayant
une ligne politique claire et constante et en travaillant sur la méthode !
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> Minable et humiliante mise en scène de Bardella rampant devant Farage soutien
du Kremlin et du Brexit. En réduisant la France au rang de sous-traitant, il
prouve à nouveau que le RN est le parti de la soumission à ceux qui œuvrent
contre nos intérêts !
Violette Spillebout (députée)
> L’affaire Lyhanna doit aussi nous interroger sur la manière dont nous
protégeons les enfants lorsqu’une personne mise en cause dans plusieurs
plaintes est remise en liberté. La justice doit bien sûr respecter les droits
de chacun, mais elle doit aussi mesurer les risques potentiels lorsque cette
personne peut continuer à côtoyer des mineurs. Pendant les vacances, dans un
centre de loisirs, ce risque de contact avec des enfants doit aussi être
pleinement pris en compte.
> Les collectivités ont déjà les moyens de mieux
contrôler l’honorabilité des personnes qui travaillent au contact des enfants.
À Lille, les vérifications du casier judiciaire, du FIJAIS pour les infractions
sexuelles et du FIJAIT pour les infractions terroristes sont renouvelées tous
les trois mois pour les agents concernés. Les constats de notre commission
d’enquête ont ensuite été traduits dans la proposition de loi adoptée le 1er
juin, grâce notamment à Gabriel Attal qui avait choisi de l’inscrire dans la
niche parlementaire de notre groupe. Elle prévoit de renforcer les contrôles
d’honorabilité, non seulement au moment du recrutement mais aussi régulièrement
au cours de la carrière. (…)
Notre commission d’enquête a montré qu’une forme d’omerta pouvait encore
exister, parfois pour préserver la réputation d’un établissement ou face aux
difficultés de recrutement. Lorsqu’un signalement n’est pas suivi ou qu’un
agent écarté peut être recruté ailleurs, il faut pouvoir remonter toute la
chaîne des responsabilités, y compris au niveau des directions et des autorités
académiques. Le ministre de l’Éducation nationale souhaite notamment mettre en
place une « liste noire » pour empêcher qu’une personne écartée pour des faits
graves puisse retrouver un poste au contact des enfants. Les outils existent
désormais, ils doivent être pleinement utilisés.
Constance Le Grip (députée)
> J'étais ce mercredi encore aux côtés des militants engagés pour un
Iran libre, démocratique, laïc, pour appeler à une prise de conscience et à une
réaction beaucoup plus forte de la part de nos pays : le régime des mollahs et
des Gardiens de la Révolution islamique continue d'emprisonner et d'exécuter sa
jeunesse ! À Téhéran, à Ispahan, partout en Iran, les pendaisons se
poursuivent.
● MoDem
François Bayrou (président)
> Parce que les choix des deux extrêmes, c'est pour ça que je dis la
tenaille du pire, c'est une tenaille entre pire et pire. Les deux plongeraient
la France dans une situation dont elle ne sortirait pas. Je dis que le danger
est un danger, comme on dit en médecine, létal, c'est-à-dire question de vie ou
de mort. (…)
Je n'exagère rien et peut-être tous ensemble, y compris vous, ne remplissez pas
la mission de dire ce que les choses sont. Nous sommes dans un pays où toutes
les forces politiques, y compris celles-là, ont depuis 50 ans, en tout cas
depuis 1981, porté l'asservissement du pays par une dette qui dépasse tout ce
qu'on peut se représenter. (…)
Le RN est monté à la tribune sans interruption,
pendant toutes ces années, y compris lorsque nous étions au gouvernement, pour
demander des dépenses supplémentaires. Et vous avez vu que Marine Le Pen,
encore cette semaine, a dit à plusieurs reprises qu'elle voulait la retraite à
60 ans, pour ceux qui avaient commencé avant. (…)
Son plan d'économie de 125 milliards est une blague. 125 milliards d'économies sur
combien de temps ? Qu'est-ce que ça veut dire ? 125 milliards, le budget de
l'État, c'est 450 milliards. Et si on fait 125 milliards d'économies,
évidemment, aucun gouvernement ne peut, en claquant des doigts, faire des
économies de cet ordre. Vous savez, j'ai chiffré dans le livre. Le livre a cet
avantage que c'est la première fois qu'on décrit le mécanisme de la dette,
qu'on dit de manière explicite ce qui s'est passé, avec les chiffres qui
permettent de le vérifier et de le prouver. Les mesures qu'elle annonce, elle
dit trois choses simples. La première, on va faire payer l'immigration. On va
couper les crédits de l'immigration, et j'ai donné le chiffre présenté par un
institut proche de la droite, et je crois qui est admis par le RN aussi : ils
disent 6 milliards. Vous parlez de 125 milliards, ils disent 6 milliards.
Deuxièmement, on ne paiera pas notre contribution à l'Europe. À cet instant
précis, l'agriculture française n'a plus les subventions et l'Europe saute.
C'est un danger commun, j'y reviendrai dans une seconde. Troisièmement, elle
dit les agences. Les agences, le Sénat a essayé de couper dans les agences. 770
agences, qui ne servent pour un certain nombre d'entre elles pas à grand-chose,
mais qui ne permettent pas de faire les économies que l’on dit.
> Je ne sais pas si la vague populiste est stoppable. Je vois bien qu'on essaie d'introduire dans l'esprit des électeurs ou des citoyens l'idée que ce serait inéluctable et que ce serait bon. Et moi, je vous dis, ça n'est pas inéluctable et c'est mortel pour le pays.
> L'élection de l'extrême droite ou de l'extrême gauche, du RN ou de LFI, a la même conséquence, c'est que l'Union européenne saute. Et personne autour de la table ne peut me dire le contraire. Et l'Union européenne saute à l'instant même où un gouvernement français dit : nous n'honorerons plus nos engagements, et notamment nous n'honorerons pas nos engagements pris pour le financement de l'Union européenne.
> Ce risque majeur de dérive des finances publiques. Peut-être faut-il rappeler simplement un chiffre : l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que vous payez, que tout le monde autour de la table paye, et que paient tous les autres Français, tous les foyers fiscaux, la totalité ne suffira pas à payer les intérêts de la dette. On va dépasser 80 milliards et on va à 100 milliards. Et même certains disent à 120 milliards en 2030. Ce qui veut dire que nous sommes un pays en situation de surendettement, c'est-à-dire en situation d'étranglement. Un pays qui aurait besoin de nouveaux investissements et qui ne les a pas. Qui est responsable ? Toutes les forces politiques sont responsables, et ceux qui ont averti, ceux qui ont tiré la sonnette d'alarme, ceux qui ont demandé qu'on change d'orientation, sont très rares, pour ne pas dire rarissimes. Et c'est exactement, il y a un an, jour pour jour, presque jour pour jour, ce que le gouvernement que je conduisais a essayé de faire. Ça s'est aggravé après nous, parce qu'on a, en particulier, renoncé à la réforme des retraites.
> Le gouvernement que je conduisais, et ça ne s'est
pas produit souvent, a baissé le déficit de 5,8 à 5,1 du PIB. Et c'est une
baisse, une remise à l'endroit, une remise en ordre des finances du pays, comme
il n'y en a pas eu beaucoup. Et donc cette remise en ordre, en effet, elle est
interrompue. Le risque est immense. On a une élection présidentielle qui vient.
Quelle est la différence entre cette élection présidentielle et les précédentes
? Il y en a une. C'est que vous avez décrit le choc des ambitions.
Il y avait, à l'élection présidentielle, jusqu'à maintenant, une manière simple
de résoudre cette question, et c'était le premier tour. Le premier tour,
c'était : chacun présente son profil, son projet, essaie de convaincre et
d'entraîner les Français. Je l'ai fait trois fois, et une fois en étant aux
portes du second tour. Il y avait un premier tour. Écoutez-moi bien : il n'y a
plus de premier tour. Parce que si on va au premier tour dans l'ambiance de
dispersion que vous décrivez, alors on risque d'avoir au deuxième tour le pire
contre le pire, c'est-à-dire Le Pen contre Mélenchon.
> Nous allons tous, en tout cas moi je m'y inclus, devoir nous battre pour que le candidat qui présente une autre solution que le dramatique affrontement des extrêmes soit élu et soit au deuxième tour. On a bien le droit de savoir qui c'est, de dire son mot sur qui il doit être, et de discuter avec lui de ce que le projet doit être. Ce n'est pas du tout ce qui est en train de se passer. Et donc, la première conviction que nous devons défendre, c'est que ceux qui ont en commun de vouloir écarter les deux extrêmes, ce qui fait une solidarité très importante, essentielle sur ce sujet, doivent être capables de dire : nous appartenons au même ensemble et nous acceptons une compétition loyale.
> Je considère que le centre n'est pas représenté comme il faut dans cette élection présidentielle. Parce qu'on dit « la droite et le centre ». Quand on dit la droite et le centre, ça veut dire que le centre, c'est la droite. Or, il se trouve que tout l'engagement de ma vie, c'est que cette famille politique du centre, démocrate — certains disent démocrate-chrétien pour les uns, démocrate-humaniste pour les autres — a une histoire.
> Il y a deux certitudes. La première, c'est qu'on ne gagnera pas l'élection présidentielle si on n'a pas une base plus large que les 17%, 15% qu'on voit aujourd'hui. Et deuxièmement, une fois l'élection présidentielle passée, pour gouverner le pays, dans les circonstances si impressionnantes que nous avons décrites et que vous connaissez parfaitement, on ne pourra pas le faire avec une faction étroite, parce que dès cet instant-là, les oppositions et les concurrences se déchaînent. Quand vous proposez une idée, évidemment, elle est immédiatement combattue et censurée. Et donc, nous avons le devoir de préparer, avant l'élection présidentielle, la coalition large qui permettra de gouverner le pays.
> Je ne crois pas à une loi qui interdise le voile dans l'espace public. Et je crois que cette loi apparaîtrait très vite, y compris pour ses auteurs, insupportable.
> Le pays n'a pas le choix sur les efforts à faire.
Et Sébastien Lecornu, mon gouvernement auparavant, Michel Barnier auparavant,
tous ceux-là sont devant la même réalité, et donc ils sont obligés de choisir
le même chemin. C'est une question de responsabilité civique. Et donc je pense
que le gouvernement ira dans ce sens, en essayant de convaincre les
oppositions, on verra plus tard. (…)
Il ne peut pas y avoir une approche sérieuse de ce sujet sans un plan
d'ensemble, en essayant d'expliquer que ce ne sont pas les Français qui seront
mis à contribution, ce sont les autres — les retraités soi-disant riches, les
immigrés, les riches eux-mêmes, l'impôt sur le patrimoine — tout ça, ce sont
des faux-fuyants et des boucs émissaires, pour dire : rassurez-vous chers
électeurs, ça ne vous touchera pas, si vous votez pour moi, rien ne changera
pour vous. Et il ne peut y avoir de démarche civique, citoyenne, sérieuse, que
si on dit : tout le monde va devoir participer. Il faut mettre à l'abri les
situations les plus précaires, mais tout le monde va devoir, d'une certaine
manière, participer. D'ailleurs, qu'est-ce que font les gens qui disent, par
exemple, on va mettre une TVA de 3 points de plus ou 4 points de plus ?
Qu'est-ce que c'est, la TVA ? La TVA, c'est l'impôt universel, c'est-à-dire que
ceux qui paient la TVA, ce sont les consommateurs. Et plus la part de leur
revenu est consacrée à la consommation, plus ils paient, c'est-à-dire que plus
ils sont en difficulté.
> Nous avons aujourd'hui deux sujets. Un sujet qui ne peut pas se résoudre sans une Union européenne active, qui est le sujet de la régulation de l'immigration, pour empêcher des populations d'arriver. Il faut que nous indiquions clairement que nous ne sommes plus un pays ouvert dans lequel on vient s'installer parce qu'on le choisit ; il faut que le pays sache réguler tout ça. Deuxièmement, il y a un problème qui est l'intégration. Voyez-vous, nous avons des centaines de milliers de jeunes gens qui sont sur notre sol, qui sont à notre charge, qui coûtent chacun quelque 40 000 euros par an, et à qui on interdit de travailler. Et moi je crois qu'on devrait les obliger à travailler.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> Non Olivier Faure, le Porge n'est pas Oradour-sur-Glane et votre
comparaison est une insulte à la mémoire de ce village martyr. Le Porge, c'est
un incendie gigantesque au cœur d'un été extrême. Ce sont des maisons détruites
et des familles qui ont tout perdu. C'est une épreuve terrible, mais ce n'est
pas un crime de guerre commis par les SS. Oradour, c'est le nazisme dans sa
forme absolue : un village sciemment anéanti, des civils fusillés dans les
granges, des femmes et des enfants brûlés vifs dans une église. Ce sont 643 vies
fauchées en un après-midi. C'est la négation de l'idée que nous nous faisons de
l'humanité. Tout ne vaut pas tout et les mots ont un sens. Comparer pour
surenchérir, c'est banaliser l'horreur et c'est dangereux. À Oradour, des
hommes ont mis le feu et tiré sur ceux qui fuyaient. Au Porge, des hommes et
des femmes l'ont combattu : des pompiers, des secouristes, des maires, des
bénévoles qui ont évacué, hébergé, protégé, pendant des jours, parfois au
risque de leur vie. S'il n'y a pas eu un seul mort parmi les habitants, c'est à
eux qu'on le doit. Le minimum serait des excuses. Et allez voir ou revoir
Oradour-sur-Glane, Monsieur Faure. Vous y mesurerez l'indécence de votre
propos.
> À Odessa, dernière étape ukrainienne, nous nous sommes répartis en groupes de travail dans une ville où les frappes tombent trop souvent. Zarina Zabrisky, journaliste de Kherson, nous décrit les « safaris humains » qu'elle fut la première à documenter : des drones russes traquant les civils un par un, pour le simple plaisir de tuer. L'ONU conclut à un crime contre l'humanité. Puis le centre Superhumans, où les soldats blessés sont appareillés puis accompagnés jusqu'au retour à la vie civile, 800 par an. La France figure parmi les soutiens et certains soignants ukrainiens ont d'ailleurs été formés à Nancy. Enfin, depuis l'escalier Potemkine, le port, vide. Aucun navire commercial n'a quitté Odessa depuis plus d'un mois. Ces quais portent pourtant 90% des exportations céréalières du pays. La guerre alimentaire est à l’œuvre.
Erwan Balanant (député)
> Le pire n’est jamais une crainte pour les acteurs de la tech et Trump !
Les droits d’auteur et de la presse sont un des piliers de la liberté
d’expression dans nos démocraties. Faisons-les sortir de ce Far-West
cybernétique !
Frédéric Petit (député)
> Fermer le ciel ukrainien, c'est sauver des vies. Mais l'engagement citoyen
des Ukrainiens qui résistent chaque jour aux attaques russes, ça, c'est
imbombardable.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
Pascal Canfin (député)
> Le gouvernement français a annoncé ce matin des mesures d’urgence pour
aider l’agriculture française après un été catastrophique. C’est tout à fait
justifié étant donné l’ampleur des dégâts que le changement climatique a causé
depuis le mois de juin : la plus basse récolte de maïs depuis 40 ans, le plus
bas rendement des pommes de terre depuis 30 ans. Les rendements baissent, mais
surtout, certaines plantes ont tout simplement brûlé avec la chaleur, et aucune
bassine n’aurait pu y remédier.
Nous sommes ici témoins d’une part des conséquences physiques du changement
climatique, des vagues de chaleur et des sécheresses et de ce que cela implique
pour l’agriculture, mais aussi de ses impacts économiques. Le statu quo, que ce
soit dans l’agriculture comme dans les autres secteurs de l’économie, n’est
tout simplement plus soutenable.
Je soutiens les mesures présentées aujourd’hui. Mais elles ne peuvent être
uniquement une réponse ponctuelle. S’il est urgent d’aider à très court terme
nos agriculteurs et notre agriculture à passer la digue, il est tout aussi
urgent de préparer les prochaines saisons en adaptant pour de vrai notre
agriculture à la nouvelle réalité climatique.
Comment ? Via par exemple la diversification des cultures qui permet de réduire
les risques économiques sur une exploitation, en intégrant massivement des
légumineuses dans les rotations pour réduire les besoins en engrais et donc les
factures, en investissant dans le développement des variétés résistantes à la
chaleur et à la sécheresse notamment via les nouvelles techniques d’édition du
génome, en permettant un meilleur accès à l’eau mais en lien avec des
changements de pratiques sinon c’est un pansement sur une jambe de bois.
Si nous sommes sérieux avec nos objectifs de souveraineté alimentaire (et donc
de sécurisation de nos volumes de production) et de renouvellement des
générations (le moral des agriculteurs est en chute libre à un moment où nous
voulons pourtant redonner l’envie d’être agriculteur – en Charente-Maritime et
dans les Deux-Sèvres, 64% des agriculteurs envisagent d’arrêter leurs activités
et 91% expriment une souffrance psychologique !), nous n’avons pas le choix. Le
statu quo n’est plus une option. Sinon nous serons dans la même situation
l’année prochaine et les suivantes, car les mêmes causes produiront les mêmes
effets.
> Le Livret A, l'outil français de financement de
la transition.
Le coût de l’inaction climatique est considérable : l’été 2026, avec ses
incendies, canicules et sécheresses, a coûté entre 10 et 15 milliards d’euros
au pays.
Dans le même temps, les ménages français possèdent près de 6 200 milliards
d’euros d’épargne financière, dont le Livret A représente à lui seul plus de
400 milliards d’euros. La moitié de ces livrets sont au plafond maximum : les
Français plébiscitent cet outil et ils ont à cœur de mettre cette épargne au
service de la lutte contre le dérèglement climatique.
C’est pourquoi je salue la proposition de Monique Barbut qui souhaite donner la
possibilité aux épargnants d’aller plus loin, sans prendre de risque de perte
en capital, pour financer l’adaptation au changement climatique de notre pays.
Relever le plafond du livret A de 23 000 € à 30 000 €, c’est permettre la levée
de 10 milliards d’euros supplémentaires pour nos objectifs climatiques, sans
impôts ni charges additionnels.
La Caisse des dépôts qui gérera ces 10 milliards a déjà fait la preuve de sa
capacité à investir avec les collectivités locales dans de tels projets. Mais,
après l’été que nous venons de vivre, il faut changer d’échelle. Il n’y a pas
d’autres voies possibles que la mobilisation de notre épargne, sous contrôle
d’acteurs publics comme la Caisse des dépôts. Allons-y et allons-y maintenant !
Christophe Grudler (député)
> Donald Trump a fait comprendre à plusieurs entreprises américaines du
secteur spatial qu’il valait mieux ne pas participer au Sommet international de
l’espace, à Paris, la semaine prochaine. C’est dommage pour l’écosystème
spatial mondial, qui repose sur la coopération mondiale.
L’espace s’est aussi construit grâce à la coopération : l’ISS, Artemis et les
grands projets d'exploration en sont les meilleurs exemples. En faisant
pression sur ses entreprises, Washington marginalise les États-Unis dans un
sommet réunissant 140 pays.
Mais cet épisode dit aussi quelque chose de l’Europe. Lorsque des solutions
spatiales stratégiques dépendent d’entreprises américaines, elles peuvent être
influencées par les décisions politiques de Washington. C’est une vraie
question de souveraineté.
Voilà pourquoi la préférence européenne est indispensable dans le spatial.
Comment feront demain nos gouvernements si leurs solutions spatiales
souveraines sont entre les mains d’entreprises américaines, qui obéissent au
doigt et à l’œil au président d’une puissance étrangère ? (…)
Il est certain que le programme spatial européen doit continuer à être
SOUVERAIN, sans aucune dépendance aux USA. Space X et Blue Origin - aux ordres
de Trump - prouvent qu’ils ne sont pas fiables pour nous : l’argent des
Européens doit donc aller vers des solutions européennes.
Stéphanie Yon-Courtin (députée)
> Tribune co-écrite avec Serge Tisseron, psychiatre: « Les enfants
européens valent-ils moins que les enfants américains?»] Alors que Meta vient
d'accepter un changement du fonctionnement de son service sous la pression de
la justice américaine, l’Europe doit à son tour agir pour mieux protéger les
mineurs.
Le 26 août, Meta a cédé. Pour la première fois, une plateforme, et non des
moindres, accepte de modifier le fonctionnement de son service sous la pression
de la justice. Limitation à deux heures par jour de l'usage cumulé d'Instagram
et de Facebook pour les moins de 18 ans, blocage de l'accès entre minuit et six
heures du matin, suspension des notifications pendant les heures de classe et
alertes sur les durées d’utilisation comptent parmi les mesures promises par
Meta.
Or ces griefs sont ceux de la Commission européenne, qui a ouvert une procédure
contre Meta et conclu, le 10 juillet dernier, que Facebook et Instagram
enfreignaient le règlement sur les services numériques (DSA) par leur
conception addictive.
Soyons clairs : ce que Meta concède devant un juge américain, elle le dit
impossible chez nous. C'est un aveu de culpabilité, et un double
standard : les enfants européens y sont moins bien protégés que les
enfants américains. Ce double standard doit cesser : les mêmes
engagements doivent être pris en Europe, et sans attendre. Car ces
engagements ne sont pas anodins.
En limitant les usages et en suggérant régulièrement aux utilisateurs de faire
une pause, cette mesure introduit dans l'architecture même du réseau la
possibilité de s'arrêter. Elle pointe que le véritable enjeu n'est pas
seulement le temps d'écran, c'est la capacité de l'utilisateur à reprendre la
maîtrise de son attention. Et la question devient celle de savoir pourquoi nous
avons construit des environnements numériques dans lesquels il est si difficile
de décider par soi-même. Autrement dit, le problème n'est pas Internet, mais
l'absence de limites. La possibilité de se déconnecter fait partie de notre
liberté au même titre que celle de nous connecter.
Ce double standard doit cesser : les mêmes engagements doivent être pris
en Europe, et sans attendre.
Cette liberté-là, beaucoup d’adolescents ne l’ont plus : le sommeil
disparaît ; la comparaison permanente des corps, à l'âge où l'on se construit
une image de soi, tourne à l’obsession et au mépris de soi ; le cyberharcèlement
et la dépression se multiplient ; et le chatbot devient un ami,
un confident, souvent le seul, parfois jusqu’au suicide.
Ce sont les conséquences d’algorithmes conçus dans le seul but d’augmenter le
temps passé sur les plateformes, et donc la quantité de données personnelles
des utilisateurs qui sont prélevées. Ce que montre l’issue du procès intenté à
Méta aux Etats Unis, c’est que ce fonctionnement que l'on croyait
intouchable peut changer. Ce qui relevait hier d'une prétendue fatalité
technique dépend en fait d’une décision politique.
Alors agissons, sur quatre fronts.
L’éducation, d’abord.
Outre-Atlantique, certains États américains envisagent d'affecter une partie
des sommes versées par Meta à des programmes de prévention. Quel bon exemple
pour l’Europe ! Mais l'éducation se finance : des heures identifiées
dans les programmes dès le primaire, des enseignants formés. L'Union
agit sur ce qui rend malade, les États membres sur ce qui éduque et ce qui
soigne.
L’âge ensuite.
Reste à savoir à partir de quel âge, et comment le faire respecter. Meta
rappelle que l'usage des réseaux sociaux est en principe interdit avant 13 ans,
même si l'accord conclu aux États-Unis ne lui impose pas de moyens
efficaces pour contrôler cet accès.
C'est tout le problème : un seuil que personne ne contrôle n'est qu'une
déclaration d'intention. L'Europe doit se donner des outils qui prouvent l'âge
sans livrer l'identité et en respectant totalement les libertés. Une majorité
numérique ne dit pas aux adolescents de se taire, elle dit aux entreprises
qu'un enfant n'est pas un produit, et elle doit aller jusqu'à interdire aux
mineurs le plus nocif : les fils qui valorisent la maigreur, la violence
et la haine, les mécaniques conçues pour retenir, les compagnons
conversationnels qui simulent une présence affective et empathique.
Une majorité numérique ne dit pas aux adolescents de
se taire, elle dit aux entreprises qu'un enfant n'est pas un produit.
Au Parlement européen, nous avons fixé le cap en novembre 2025 : pas
d'accès avant 13 ans (qui n’est qu’un rappel des conditions générales des
plateformes elles-mêmes, mais trop peu appliquées), un accès encadré par
les parents jusqu'à 16 ans; le groupe d'experts réuni par la présidente de la
Commission européenne a convergé le 13 juillet. Si nous en sommes là, c'est
aussi grâce aux pays qui ont osé les premiers : la France, puis la Grèce,
l'Espagne, l'Irlande, la Belgique. Mais la censure cet été de la loi française
par le Conseil constitutionnel, le confirme : le bon échelon n'est pas
national, il est européen. Vingt-sept lois nationales seraient vingt-sept
contournements.
L’encouragement du rôle éducatif des parents
Nous défendrons cette majorité numérique jusqu'au bout. Mais elle ne peut pas
tracer un trait sur la responsabilité éducative des parents, ni faire passer
l’interdiction avant l’éducation. Les réseaux sociaux donnent accès à une
multitude d’activités possibles et ce sont les usages qui font la
différence. Les parents connaissent mieux que personne la maturité de leur
enfant et leurs propres capacités à l'accompagner. Ceux qui le peuvent et le
veulent doivent pouvoir le faire. Ils doivent garder la possibilité de modifier
l’accès de leurs enfants aux espaces numériques et leurs durées d’utilisation.
Les en empêcher en imposant les mêmes contraintes à tous sur le seul critère de
l’âge, non ! Les informer pour qu’ils puissent accompagner leurs enfants,
oui !
Enfin, la conception des services
Le modèle économique des plateformes n'est pas remis en cause par l’accord
conclu aux États-Unis, et c'est évidemment sa limite. Une transaction
arrache des concessions, elle ne touche pas au moteur. Et c'est précisément là
où la justice américaine s'arrête que la loi européenne doit prendre le relais.
Car l'économie de l'attention n'est pas un effet de bord de ces services, elle
en est la base commerciale : le temps passé est le produit vendu.
Défilement infini, lecture automatique, récompenses imprévisibles, coffres à
butin ne sont pas des accidents de conception, ils sont la conception. D'où un
principe opposable : les services doivent être conçus, par défaut,
pour ne pas rendre dépendant.
Quand tout est conçu pour maintenir les utilisateurs connectés le plus
longtemps possible, l’absence de limites devient une nouvelle forme de
contrainte. Il faut redonner aux usagers la liberté de leur navigation.
L’accord conclu aux États-Unis avec Meta donne aux adolescents la
possibilité de choisir un fil non personnalisé et de désactiver la lecture
automatique. Ils peuvent ainsi découvrir comment fonctionneraient des
plateformes qui ne seraient pas entièrement assujetties à l'objectif de capturer
leur attention, et la différence entre des outils numériques qui sont des
instruments de mise en relation et d'information, et ceux qui sont des
dispositifs de captation.
Les services doivent être conçus, par défaut, pour ne pas rendre dépendant
Raison de plus pour que ce soit le réglage de départ de tout compte mineur. On
objectera qu'on ne peut l'exiger d'entreprises en concurrence : c'est
l'inverse. L'addiction est un avantage concurrentiel, aucune plateforme ne
désarme seule, et seule la régulation permet un désarmement simultané.
Et pour les adultes ?
Il s'agit de leur donner encore plus de contrôle sur les mécanismes conçus pour
prolonger artificiellement leur présence en exploitant leurs biais cognitifs.
Et pour cela, faire appliquer le règlement sur les services numériques (DSA).
Car c'est là que le bât blesse. Pendant que Meta transige aux États-Unis, la
Commission européenne tergiverse : elle enquête, elle publie, elle
consulte, mais elle ne sanctionne pas. Quand il s'agit d'enfants, la
lenteur est en elle-même une décision.
Ce que l'on apprend aux enfants, l'âge auquel on les laisse entrer, la
valorisation des régulations familiales, la liberté rendue aux utilisateurs par
la conception des services : les quatre se tiennent, et aucun ne suffira
seul. Ce n’est seulement en n’oubliant aucun de ces objectifs que l’on pourra
passer d'une économie de l'attention à une écologie de l'attention. Nous
savons désormais que c'est possible. Il reste à le faire.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Un élu condamné pour détention et diffusion d’images pédopornographiques
ne pouvait pas continuer à exercer. Face à la pédocriminalité, il faut une
exigence absolue : protéger les enfants, refuser toute banalisation et garantir
l’exemplarité.

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