Voici une sélection, ce 10 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Merci pour votre visite à Bordeaux, cher Président Frank-Walter
Steinmeier, là où l’histoire spatiale européenne s’écrit. Votre présence ici
aux côtés des champions industriels européens est un symbole fort. Chez
ArianeGroup, avec Ariane 6, l’Europe affirme son autonomie d’accès à l’espace.
Chez The Exploration Company, pépite franco-allemande, avec la capsule
réutilisable Nyx, elle invente les transports spatiaux de demain. Au Laser
Mégajoule, où nous mobilisons une excellence scientifique et technologique
stratégique pour notre dissuasion et notre souveraineté. Trois sites visités,
trois ambitions complémentaires, une même volonté : renforcer la puissance
industrielle, technologique et spatiale de l’Europe. La France et l’Allemagne
sont ensemble le moteur d’une même ambition. Nous bâtissons une Europe plus
souveraine, plus compétitive et plus indépendante, pour rester libre de nos
choix et garder la maîtrise de notre destin.
> [Discours au Salon Bpifrance] Je suis très
heureux d'être parmi vous aujourd'hui et fidèle à cet événement. Je crois que
si on suit tous la même actualité, il est difficile de se dire qu'on vit dans
un monde enthousiasmant où les gens sont pleins de confiance en eux. Et
pourtant, vous êtes là. Ça fait 12 ans que vous êtes là. Et pour ma part, c'est
la 10ème fois comme Président que je suis là à vos côtés. Alors, je sais que le
thème de ce BIG c'est le culot. Ce n'est pas aujourd'hui la démonstration que
je suis venu vous faire. Je suis au fond venu essayer de vous dire comment je
vois les choses avec vous. Et pour aller droit au but, je suis venu vous passer
un message très simple : merci et soyez extrêmement fiers de ce que vous
êtes et de ce que vous faites.
Et quand je vous dis merci, c'est parce que quand je regarde tout ce qui a été
fait depuis 10 ans tous ensemble, rien n'était écrit. En 10 ans, on a créé des
millions d'emplois, on a recréé de l'emploi industriel. Il y a 10 ans, on
levait péniblement 1 milliard d'euros de fonds par an, on en lève 10 fois plus
aujourd'hui. En 10 ans, on a complètement transformé le paysage entrepreneurial
français. En nombre de deep techs créées par an, en nombre d'argent créé par
an, en transformation de nos entreprises. En 10 ans, vous avez changé le
paysage. Et ça, c'est irréversible. Et on vit pourtant dans ce monde fait de
crises multiples qu'on a traversées durant ces 10 années. On a vécu ensemble
les crises sociales, on a vécu ensemble la pandémie et le covid19, on a vécu
ensemble le retour des guerres en Europe, la crise énergétique de 2022, celle
qu'on vit aujourd'hui. Et malgré tout ça, les résultats sont là.
En 2025, on a battu l'année record de création du nombre d'entreprises dans
notre pays. On n'en avait jamais créé autant, 1 160 000. Et donc tout ça, c'est
ce que vous avez su faire, tout ce qu'on a fait durant cette décennie. Alors,
ça ne s'est pas fait tout seul. Il y a eu les mobilisations de la French Tech
et des French Tech partout à travers le monde, ce réseau qu'on a créé il y a
plus de 10 ans, qui s'est développé, qui a constitué cet écosystème. C'est tout
le travail qui a été fait par BPI, ses financements, ses programmes, son
développement et les BIG.
C'est ce qui a été fait par Business France pour emmener tout le monde à
l'international. C'est ce qui a ensuite été fait depuis 5 ans par France 2030,
qui a permis justement d'investir dans l'innovation de rupture dans tous les
secteurs et d'engager ces 50 milliards d'euros qui ont permis de transformer
les choses. Les évaluations ont été rendues il y a quelques jours, elles sont
positives pour l'économie française. C'est ce que les équipes des ministères,
depuis des années, ont su faire à vos côtés pour justement dynamiser notre
entrepreneuriat et avoir ces résultats.
Et en même temps, durant cette décennie, on a su créer plus d'entreprises,
lever des tickets plus gros, consolider dans la deep tech, par exemple, le
nombre de créations d'entreprises. On a davantage décarboné le pays. Là où il y
a 10 ans on nous disait, il faut faire un choix simple, vous voulez décarboner,
il va falloir fermer de l'industrie. Vous avez montré collectivement qu'au
moment où on crée des emplois, où on crée des emplois industriels, on pouvait
décarboner. On a multiplié par 4 par an le taux de réduction de notre CO2. Là
où on était à 1 % il y a 10 ans, on était à 4,5 en 2025. Et ça, parce qu'on a
fait le choix de la décarbonation dans de nombreux secteurs industriels. On a
accompagné nos entrepreneurs dans l'acier, dans le ciment pour pouvoir
décarboner.
Et quand je vous regarde aujourd'hui, je ne peux pas ne pas voir qu'on a réussi
ces transformations dans des secteurs très industriels où on a décarboné et,
dans le même temps, on a sécurisé des créations de data centers, 10 gigawatts
pour 2030. Aucun autre pays européen n'est à notre rythme. Et ça, on l'a appuyé
sur une force historique, mais qu'on a démultipliée. Il y a 10 ans, on nous
expliquait, il va falloir sortir du nucléaire. Je me rappelle, je venais d'être
élu. On nous disait, le nucléaire, il va falloir réduire, technologie du passé.
On ne créait plus un emploi dans le secteur. On visait 50 % à horizon 2035. On
a commencé à pivoter ça un an plus tard. On a réinvesti dans la filière. En
2022, à Belfort, on a dit nouvelle stratégie. Au moment où on se parle, on a 75
% de notre électricité sécurisée dans le nucléaire et le plus grand programme
de création d'énergie nucléaire depuis des décennies dans notre pays
aujourd'hui.
Mais en faisant ça et en relançant cette filière du nucléaire, les métiers qui
vont avec, avec les technologies les plus disruptives, on sécurise nos
capacités à produire de l'électricité pilotable décarbonée et donc à attirer
des data centers. Et au moment où, aux États-Unis d'Amérique, vous avez des
révoltes parce que les gens doivent choisir entre la facture de l'énergie pour
les ménages ou pour leurs entreprises, ou se dire, on pourra brancher notre
data center dans 5 ans, dans 10 ans, nous, on a plus de 90 TWh ces deux
dernières années disponibles grâce à notre nucléaire. Et donc c'est
l'électricité et la production du modèle français qui permet d'être dans la
compétition de demain.
Et donc oui, on est dans la compétition des data centers, à la tête du peloton
européen avec nos 10 gigawatts sécurisés d'ici 2030. Oui, on est dans la
compétition des modèles frontières d'IA. Mistral vient de sortir son nouveau
modèle, son dernier. Ils sont dans la compétition. J'entendais beaucoup de gens
qui doutaient encore ces derniers mois. Ils sont là. Quels autres pays dans le
monde sont dans la compétition des modèles frontières ? États-Unis, Chine,
et entre les deux, les Canadiens et nous, c'est tout. Soyez fiers de ça, c'est
le fruit de notre recherche, de jeunes étudiants qui ont créé leur entreprise
ces dernières années, qui l'ont développée, qui ont investi, qui ont levé de
l'argent et qui le font depuis la France.
Et au moment où vous avez Mistral AI, vous avez aussi AMI Labs, avec un Yann
LeCun qui a réussi à l'autre bout du monde, qui a été reconnu par ses pairs et
qui dit : « Moi, je vais réinvestir sur un modèle concurrent, les World
Models, et je vais le faire en France. Je vais revenir le faire entre la France
et les États-Unis parce que je crois dans mon pays. » Et il ne l'a pas fait il
y a 5 ans, il y a 6 ans, il l'a fait là, il y a 18 mois, dans notre France,
dans la même France que celle qu'on voit tous les jours quand on allume le
poste de télé, où on a plein de gens qui nous expliquent qu'elle serait foutue.
Ça n'est pas vrai parce que vous êtes là, parce que tout ce que je décris,
c'est cette France d'aujourd'hui.
C'est celle aussi des The Exploration Company, des Maiaspace, des Loft Orbital,
etc., de toute cette famille justement du NewSpace qui a su créer des
entreprises qui, aux côtés des géants, sont en train de transformer les choses.
Et regardez notre pays tel qu'il est. On a un modèle énergétique qui est fort,
le plus décarboné d'Europe, le plus à notre main, le plus souverain. On a
recréé plus de 2,5 millions d'emplois ces 10 dernières années. On a créé un
nombre record d'entreprises, comme je le disais. On a notre CAC 40 que beaucoup
décrient, mais qui est une énorme force. Il n'y a pas un pays en Europe qui a
autant de grandes boîtes.
En 10 ans, on est passé de 5 000 à 7 300 ETI, ce qui était un peu notre
faiblesse, le Mittelstand à l'allemande. On a commencé à rattraper. On est le
pays d'Europe qui crée le plus de start-up, qui a les plus gros tickets pour le
scale-up et qui avance. Et dans l'IA, on est là avec le modèle frontière, on
crée des data centers. Dans le quantique, on est les seuls à avoir des
champions mondiaux dans toutes les catégories d'innovation du quantique. Dans
le NewSpace, on est là dans la compétition avec des entreprises qui ont levé
des centaines de millions d'euros aux côtés de nos groupes du spatial européen
qui sont des champions historiques.
Regardons-nous tels que nous sommes. Nous avons pris le virage de la
décarbonation de notre économie et dans nos secteurs traditionnels parce qu'on
a investi avec France 2030, on est en train de pivoter. Regardez-nous tels que
nous sommes. Il y a 10 ans, on avait une crise terrible de la voiture. Non pas
qu'on en soit totalement sortis, mais il y a 10 ans, quand je demandais, et
dans quelques jours on recevra le Mondial de l'Automobile, juste avant le
salon, je réunissais tous les constructeurs, ils me disaient,
« malheureux, n'allez pas faire plus de véhicules électriques, il est
impossible en Europe de produire des batteries électriques. On dépend
complètement des Chinois et des Coréens du Sud ». C'était vrai. Au moment
où je vous parle, on a 4 Gigafactories en France qui tournent à plein. 4 !
On produit des centaines de milliers de véhicules électriques en France. La R4,
la R5, elle est produite en France avec des batteries faites en France. C'est
ce qu'on a fait ces 10 dernières années. Ce ne sont pas des mots, c’est des
réalisations. Et tout ça, on l'a fait avec quoi ? Avec vous, avec votre
énergie, avec votre envie de faire.
Tout ce que je viens de décrire, ce n'est pas des promesses. Vous savez, je ne
suis plus au temps des promesses. J'ai vécu cette époque avec vous. Tout ça,
c'est ce que nous avons fait tous ensemble. Alors oui, vous avez le droit
d'avoir beaucoup de culot et d'avoir beaucoup d'audace. Ne vous laissez pas
prendre ça. On l'a fait grâce à quoi ? Certes, des programmes que j'ai
cités depuis tout à l'heure, des choix fiscaux clairs dès le début, la flat tax
qu'on a faite sur les impôts de production, ce qu'on a fait pour baisser
l'impôt sur les sociétés, les ordonnances travail, la modernisation de beaucoup
de secteurs, l'invention d'un apprentissage à la française où on est passé de
250 000 apprentis par an à 1 million, la simplification du régime des entrepreneurs,
des simplifications dans beaucoup de domaines, l'accélération des choses.
Alors, à côté, oui, de beaucoup de choses qui vont mal, d'un monde déréglé, de
lourdeurs qui existent encore, tout ça, on l'a fait. Et si nous sommes le pays
le plus attractif d'Europe depuis 7 ans, si nous sommes ce pays qui a réussi,
de la décarbonation à l'IA, au spatial, au quantique, à nos domaines les plus
traditionnels, à recréer ou à créer et inventer, c'est parce que vous êtes là,
c'est parce que nous sommes là. C'est parce que depuis 10 ans, on a fait des
choix audacieux, on a cru en nous et surtout parce que depuis 10 ans, on a
assumé d'être ce que nous sommes, nous Français. Et ça, ne l'oubliez jamais.
Je l'ai dit, il y a 10 ans et je l'ai répété plusieurs fois. On a voulu nous
faire croire que le mot d'entrepreneur était un mot d'Anglo-Saxon. C'est un mot
français que nous ont pris les Anglo-Saxons. Et ce que vous avez imposé dans le
paysage du pays en 10 ans, c'est le goût du risque et c'est le goût de
l'avenir. Une entrepreneuse ou un entrepreneur, qu'il soit dans la deep tech,
qu'il soit dans le textile, dans le ciment, dans le nucléaire, qu'il habite
Laval, Montpellier, Paris ou qu'il serve la France depuis l'autre bout du
monde, il y a une chose qu'il ou qu'elle a en lui : la prise de risque, la
prise de risque. C'est qu'à un moment donné, vous avez fait un choix qui est de
croire dans une idée et que cette idée devienne une réalité. Et qu'elle allait
devenir votre vie et qu'avec vous, elle allait entraîner la vie des autres et
qu'elle allait devenir une petite entreprise, puis une plus grande et peut-être
un champion. Et qu'avec ça, vous avez eu le goût de l'avenir.
C'est ça investir. Ce n'est pas un gros mot investir. C'est de dire : « je
crois plus dans demain que dans aujourd'hui, je vais mettre mon argent, je vais
convaincre des gens de mettre leur argent dans mon idée, ou dans nous 3, nous
4, nous 10, parce que je crois plus dans demain que dans aujourd'hui. » Ce goût
du risque et ce goût de l'avenir, c'est le plus beau des trésors et c'est ce
qui fait qu'un pays avance ou qu'il recule. Au moment où des élites politiques,
économiques, où des grands groupes, des start-up, des ETI se mettent à se
dire : « demain est terrible et je n'y crois plus », elles ont déjà
perdu. Au moment où vous commencez à avoir cette idée en vous où vous cédez au
défaitisme, en fait, vous avez déjà perdu parce que les gens se disent : «
il y a un doute », alors ils arrêtent de mettre leur argent, parce que les gens
se disent : « il y a un doute », alors ils arrêtent d'acheter vos
produits.
L'économie, c'est de la psychologie. La vie de vos entreprises comme la vie
d'une nation, c'est une chose. La confiance en nous, le goût du risque et le
goût de l'avenir. Et donc, je vous demande une chose, c'est de ne pas céder au
manichéisme ambiant qui est en train de revenir, qui est l'esprit de défaite
que notre pays a déjà connu plein de fois dans son histoire. C'est l'esprit de
1870, de 1940, de tant de fois dans notre histoire économique où les gens
disent : « on est foutus, on regarde les autres, on est foutus pour telle
ou telle raison. » Chaque matin, dans vos entreprises, vous avez des raisons de
dire : « je suis moins bon que mon compétiteur. » À la seconde où vous
croyez à cette idée et vous lâchez le reste, vous avez déjà perdu face à votre
compétiteur. C'est pareil pour notre pays.
Oui, on a des faiblesses, nos finances publiques, un modèle social qui n'est
pas assez financé. Est-ce qu'on n'a pas essayé de se battre ces dernières
années là-dessus ? Oui. Est-ce qu'on a gagné toutes les batailles ?
Non. Mais il faut y repartir, il faut convaincre, il faut montrer qu'il faut le
moderniser, qu'un pays qui vieillit, c'est aussi une chance. Et donc, il faut
passer des transformations qui permettront de rendre ce pays qui vieillit avec
un modèle social soutenable. Ça ne veut pas dire pour autant qu'il faut rester
couché et qu'on est fichu. Il faut se battre, il faut repartir avec de
l'énergie. Mais je vous le dis, l'esprit de défaite ambiant que je vois n'y
cédez rien. Rien ! Croyez en vous, croyez en l'avenir. Si vous n'y croyez
pas, vous avez déjà perdu.
Et puis, l'autre chose qu'il ne faut pas laisser, c'est l'égalité à laquelle je
crois comme vous, l'égalité des possibles, celle qui permet de recréer
l'égalité des chances qui est nécessaire dans la République et qui fait que je
veux que chaque jeune de quelque famille, de quelque région que ce soit puisse
créer son entreprise ou avoir accès au meilleur. Cet esprit français, cet amour
de l'égalité, de l'égalité des chances et des possibles, n'a rien à voir avec
la jalousie et la haine de la réussite. Et on voit revenir cette haine
de la réussite, mais qui est au fond quoi ? La confusion entre la rente et
la réussite qui accompagne la prise de risque.
Vous, ici, vous n'êtes pas des rentiers, vous êtes des femmes et des hommes qui
avez pris vos risques, qui avez investi et qui, pour certains d'entre eux, et
j'espère de plus en plus, avez réussi et allez réussir encore. Mais cette
réussite, c'est le fruit de votre travail, de votre engagement, de votre
investissement, de celui souvent de la nation à vos côtés.
Ce sur quoi il faut revenir, c'est l'esprit de se rendre partout où ça
dysfonctionne. C'est d'essayer de tendre la main aux autres pour que chacun
soit dans cette aventure. C'est de ne pas laisser certains autres au bord de
cette aventure. Mais la réussite qui accompagne l'entrepreneuriat, ça n'est pas
la rente injustifiée et l'argent indûment gagné. On ne doit pas laisser cette
idée se réinstaller dans le pays.
Et donc, au fond, ce que je suis venu vous dire aujourd'hui, c'est :
regardez tout ce qui a été fait ces dernières années, ces 10 dernières années,
depuis que BIG existe. C'est une métamorphose de la France, une vraie
métamorphose où on a recréé de l'emploi industriel, où on a remis de l'emploi,
où on a résisté ensemble aux crises, où on a pris le tournant de la deep tech,
de la transformation de notre industrie, des transformations technologiques, de
l'IA, du quantique, de la décarbonation et on l'a fait malgré les crises,
malgré les chocs. Et de ça, vous devez être fiers. Et personne ne peut ni ne
doit nous le prendre, vous le prendre. Et donc, soyez infiniment fiers de tout
ce qui a été fait ces dernières années, mais surtout croyez en vous. Parce que
si nous en sommes là aujourd'hui, c'est qu'il y a des femmes et des hommes dans
leurs entreprises ou avec leurs idées qui ont cru en eux à un moment donné.
Vous, quand vous l'avez lancée, vous, quand vous l'avez reprise, vous, quand
vous étiez face à telle ou telle crise pour la relancer. Voilà ce que je suis
venu vous dire aujourd'hui.
Ne cédez rien à l'esprit de défaite, ne cédez rien à l'esprit de jalousie.
Continuez d'être des femmes et des hommes qui croient en vous, en vos
collaboratrices, en vos collaborateurs et en notre nation. Parce que ce qu'elle
a fait ces dernières années, ce qu'elle a su faire ces derniers siècles est
extraordinaire. Nous sommes une grande nation d'esprit de conquête, d'esprit
d'entreprise et de créativité. Et donc, continuez de l'avoir chevillé au corps.
Et oui, on va avoir devant nous beaucoup de défis dans les mois, les années qui
viennent. Il faut les aborder avec humilité, mais il faut les aborder aussi en
ayant à l'esprit ce que nous sommes, ce que je viens de décrire, ce que vous
êtes. Soyez fiers de ce goût du risque, soyez fiers de ce goût de l'avenir et
de l'investissement, soyez fiers de ce que vous êtes, de ce que nous sommes.
Vive BIG, vive la République et vive la France !
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Blocage des lycées] Chaque heure de cours perdue faute de professeur
remplacé pénalise les élèves. C’est une préoccupation majeure des lycéens, qui
l’expriment notamment dans la consultation nationale sur Agora.
Le ministre de l’Éducation nationale a présenté un plan d’urgence pour
améliorer les remplacements, avec trois mesures :
- Mobiliser les 3 024 professeurs remplaçants actuellement sans affectation
devant des élèves, en priorité dans les 114 lycées les plus en difficulté.
- Permettre le recrutement de plusieurs centaines de personnes supplémentaires
pour répondre aux besoins.
- Permettre davantage de remplacements de courte durée par des professeurs déjà
présents dans l’établissement dès la rentrée de la Toussaint, grâce à
l’attribution de centaines de milliers d’heures dans le cadre du « pacte
enseignant ».
Plus de 66 000 participations ont déjà été enregistrées sur Agora. Et cette
consultation aura des suites concrètes : le Gouvernement déposera des
amendements au projet de loi de finances pour 2027 pour traduire certaines
propositions des lycéens en mesures concrètes, notamment sur les remplacements.
> On ne peut pas redresser un pays sans soutenir ses territoires les plus fragiles. C’est le message que j’ai souhaité adresser aux maires ruraux réunis en congrès dans le Gers. En 2027, malgré les contraintes budgétaires, nous préserverons et renforcerons les moyens de nos communes rurales. Concrètement : - L’immense majorité des communes rurales sera exonérée de l’effort budgétaire. - 150 M€ supplémentaires pour la dotation de solidarité rurale. - Une nouvelle dotation de 50 M€ pour près de 9 000 communes, tenant compte de la superficie de leur territoire. - Une réponse spécifique pour les stations-service rurales isolées afin que la baisse du prix du gazole bénéficie à tous. - Un meilleur accès aux soins avec l’arrivée des docteurs juniors et le déploiement de France Santé. Nos communes rurales sont une force pour l’avenir du pays.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Dans le cadre de la journée de mobilisation des lycéens qui s’est déroulée
hier, je salue l’engagement de nos forces de l’ordre qui, partout sur le
territoire national, ont agi pour sécuriser les cortèges déclarés et faire
cesser avec réactivité les troubles et maintenir l’ordre public. Je condamne
fermement les violences dont plusieurs policiers et gendarmes ont fait l’objet,
comme par exemple à Paris où des morceaux de cheminées ont été jetés depuis les
toits en direction des effectifs. Une enquête a été ouverte.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Mesdames et messieurs les députés, « Une armée statique serait une armée
défaite », nous rappelait le Président de la République à Brienne le 13 juillet
dernier. Notre cap est clair et il guide le budget : donner à nos armées les
moyens d’agir vite, de se protéger, de frapper et de tenir dans la durée. C’est
ce que permettent les 6,5 Md€ supplémentaires inscrits au budget de la mission
Défense au PLF 2027.
> Sur les progrès de l’intelligence artificielle de
défense, je rappelle les investissements et les avancées concrètes du ministère
des Armées. 300 M€ mobilisés dans notre budget 2027 en intégrant la recherche
et développement.
- Le projet PENDRAGON, avec une première version d’unité de combat robotisée à
l’été 2027 ;
- Une première tranche de notre futur cloud de niveau Secret apte à héberger un
nouveau système de commandement en 2027, dans le cadre du projet ARCADIA ;
- Un renforcement de nos investissements dans la cybersécurité pour répondre
aux nouvelles menaces liées à l’IA.
Notre objectif : garantir notre indépendance stratégique et notre souveraineté
technologique.
> La France et l’Estonie sont des partenaires de confiance : dans le cadre de la mission Lynx, des soldats français y sont déployés pour contribuer à la sécurité du flanc oriental de l’Alliance. Nous travaillons ensemble au renforcement de notre coopération bilatérale, au service de la sécurité du continent européen.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Grande victoire pour la souveraineté et la compétitivité de l’Europe ! 🇪🇺
Cela fait des mois que je prône l'intégration poussée des marchés financiers
européens et leur supervision.
Nous sommes parvenus à un accord sur l’intégration des marchés. Il va nous
permettre de financer les grands défis des années à venir : transition
écologique, révolution technologique et innovation.
Cela signifie aussi moins d'obstacles pour le financement européen de nos
start-ups et scale-ups !
C’est une étape majeure, en lien avec les recommandations du rapport de Draghi.
L'Europe avance, renforce sa souveraineté et sa compétitivité !
> J’ai passé quelques heures à Londres pour prendre
le temps de m’entretenir avec mon homologue John Healey, qui a pris ses
fonctions de Chancelier de l’Échiquier récemment.
Lors de cet échange chaleureux, nous avons évoqué la force de la relation
franco-britannique, et les liens du Royaume-Uni avec l’Union européenne 🇬🇧 🇫🇷 🇪🇺
J’ai profité de ce passage londonien pour rencontrer des représentants du
secteur financier. J’ai réitéré mon engagement à faire en sorte qu’un budget
responsable, sérieux et qui préserve les moteurs de la croissance française
soit adopté.
La France est solide et dispose d’atouts économiques robustes. Prenons le
chemin de la consolidation budgétaire, garantissons la stabilité fiscale et
continuons d’investir dans l’avenir.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Discours de Jean-Noël Barrot sur la guerre informationnelle] Je ne suis
pas venu vous raconter des histoires, je suis venu vous parler des récits.
Parce que les entreprises de France sont désormais confrontées à des guerres
commerciales qui s'accompagnent d'une bataille nouvelle, la bataille des
récits. Et dans cette bataille, nos adversaires, nos rivaux ne se privent pas
pour porter atteinte à l'image de nos entreprises et à leurs intérêts, en
portant parfois des coups en dessous de la ceinture. Ce sont des rumeurs sur la
qualité de produits ou de technologies françaises à l'étranger. Ce sont des
campagnes hostiles qui visent directement certaines de nos entreprises. C'est
un doute qu'on cherche à instiller sur la fiabilité de la signature
française.
Et pour cela, ce n'est pas compliqué. Il suffit d'un peu d'intelligence
artificielle, de quelques comptes sur les réseaux sociaux et d'une bonne dose
de mauvaise foi. Et ça fonctionne. Je vous donne le modus operandi de ces
campagnes hostiles : six mois avant la signature d'un gros contrat à l'étranger
ou d'une acquisition majeure, on commence à instiller le doute ; trois mois
avant, on commence à l'amplifier ; et puis un mois avant, le doute est partout
sur les écrans. Et cela, nous le voyons de plus en plus et on aurait tort de le
sous-estimer. Je vous donne quelques exemples. C'est un faux communiqué de
presse relayé sur des sites miroirs qui font chuter le cours de bourse d'une
entreprise française. C'est une chaîne YouTube au Niger qui diffuse une fausse
information sur une entreprise française de l'énergie. Ce sont des images
tirées de jeux vidéo pour discréditer le Rafale, l'avion de chasse français,
après les affrontements entre l'Inde et le Pakistan, ou ce sont encore des
appels à manifester devant les usines d'un groupe français à l'étranger. Ce ne
sont pas des cas fictifs, ce sont des cas d'école documentés par Viginum, notre
service de détection et d'attribution des ingérences étrangères.
Alors face à cette offensive de plus en plus importante de nos compétiteurs et
de nos rivaux, le Quai d'Orsay a décidé de rentrer de plein pied dans la
bataille des récits et de se doter d'une force de frappe informationnelle en
trois temps. D'abord la veille et la détection, ensuite la riposte, et puis
troisième temps, celui qui nous occupe aujourd'hui, les récits.
La veille, grâce à nos 400 capteurs que nous permet notre réseau diplomatique,
le troisième réseau le plus important dans le monde, et que nous avons musclé
avec des outils, avec des profils dédiés, avec de la formation des
collaborateurs et des agents depuis deux ans maintenant, pour être en mesure de
détecter ce qui se passe partout dans le monde. Et nous avons créé cette année
des comités d'influence qui réunissent au sein de nos ambassades et sous
l'autorité des ambassadrices et des ambassadeurs toute l'Équipe France, y
compris bien sûr les représentants de Bpi lorsqu'ils sont présents dans le pays
concerné.
Et cette capacité de détection est évidemment le préalable à toute riposte, qui
est le deuxième temps, celui auquel nous avons consacré tous nos efforts dans
l'année qui vient de s'écouler, avec des instruments très puissants comme ceux
dont vous avez sans doute entendu parler, les comptes French Response
notamment, qui désormais, avec beaucoup de culot, ne se gênent pas pour
répliquer avec beaucoup de force, beaucoup d'ironie et de dérision aux attaques
dont nos entreprises peuvent être victimes à l'étranger.
Mais riposter ne suffit pas. Nous ne pouvons pas courir systématiquement après
les récits que nos compétiteurs, nos rivaux et nos adversaires écrivent à notre
place. Il nous faut écrire nos propres récits. Et c'est pourquoi le Quai
d'Orsay, ces derniers mois, a engagé un travail consistant à mesurer la
perception de la France et des entreprises françaises à l'étranger. Et ce qui
nous revient déjà, c'est quoi ? Eh bien, c'est que même dans des pays qui sont
nos partenaires et nos amis, l'image de la France est totalement décalée par
rapport à celle que renvoie ce rassemblement extraordinaire, cher Nicolas,
aujourd'hui. On perçoit la France, on perçoit l'Europe comme des valeurs du
passé, alors même qu'il y a en France et en Europe du talent, de l'énergie et
surtout une quantité astronomique d'innovation.
Alors bien sûr, il faut que nous fassions notre travail et c'est ce que nous
faisons au niveau européen pour avoir plus de simplicité pour les entreprises,
plus d'unification du marché intérieur, plus d'investissements publics et
privés pour être à la hauteur de nos ambitions, et puis bien sûr plus de
réalisme avec la préférence européenne et la protection de nos secteurs exposés
à la concurrence déloyale.
Mais il serait illusoire de considérer que la puissance publique et que nos
négociations à Bruxelles nous permettront de relever les défis si nous n'avons
pas la conviction intime que nous pourrons y parvenir, que nous saurons faire
de la France et de l'Europe des puissances dans le monde qui vient. Et c'est ce
récit-là que nous devons ensemble, entreprises, pouvoirs publics, construire
pour pouvoir le diffuser à l'étranger. Et c'est facile. Il suffit de se
retourner sur l'année qui vient de s'écouler, de constater les contrats
historiques qui ont été passés par Dassault pour le Rafale avec l'Inde par
exemple, par Airbus pour les avions avec la Malaisie ou les contrats passés par
Alstom aux États-Unis d'Amérique. Il suffit de se retourner sur la semaine qui
vient de s'écouler avec l'acquisition par Schneider Electric de PTC, une
entreprise de software américain, la plus importante de l'histoire de notre
fleuron, pour 20 milliards d'euros, plus de 20 milliards de dollars. C'est la
sortie par Mistral de son modèle Mistral Large 4, le Chonk, qui a ringardisé
d'un seul coup tous les modèles chinois disponibles sur le marché. Et c'est
hier, Henri Kagan, qui devient le huitième Français en quatre ans à remporter
le prix Nobel, deux prix Nobel pour notre pays chaque année en moyenne. Quel
autre pays européen, quel autre pays du monde peut en dire autant ? Et il
suffit de se retourner tout autour de nous, de constater ce qui a été depuis
neuf ans un immense élan d'entrepreneuriat, d'innovation, d'enthousiasme, d'audace
et de culot porté par Bpifrance ici avec ce BIG. Au fond, c'est ça le récit que
nous voulons diffuser pour le reste du monde, la France en grand, et ça
commence ici.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Garantir un meilleur accès aux soins en ruralité : avec plus de
professionnels de santé formés dans les territoires, dont plus de 3000 docteurs
juniors, ainsi qu’avec le déploiement du réseau France Santé, le gouvernement
agit.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Merci aux économistes du Conseil d’analyse économique (CAE) de sonner le
réveil collectif et de rappeler l’essentiel alors que s’ouvre le débat
budgétaire.
L’effort est indispensable et ne peut attendre 2028, car « l’ordre de
grandeur de l’ajustement requis est très élevé : il ne s’agit pas d’un simple
exercice de maîtrise budgétaire, mais d’un effort durable de redressement qui
impliquera des arbitrages difficiles ».
L’effort doit être partagé car « il est illusoire de penser qu’une partie
minoritaire de la population (ultra-riches, fonctionnaires, retraités,
étrangers, grandes entreprises, etc.) puisse en supporter l’essentiel ».>
Aucune violence sexiste ou sexuelle ne doit rester sans réponse dans la
fonction publique. Nous renforçons la formation des agents et des encadrants
pour mieux prévenir les violences, recueillir les signalements, protéger les
victimes et sanctionner les auteurs.
> Démarrage réussi pour la facturation
électronique. Un mois après, 3 entreprises déclarant de la TVA sur 4 sont déjà
montées à bord. Hier, premier comité de suivi avec les représentants des
entreprises et de leurs partenaires : les retours sont positifs, la dynamique
est là. Bien loin de ce que prédisaient certains tristes sires.
Les chiffres parlent : plus de 20 millions de factures échangées et plus de 70
milliards d’euros facturés en un mois. Notre méthode ne change pas : écouter et
accompagner. Le guide de démarrage sera enrichi d’ici deux semaines avec les
réponses aux questions du terrain. Et je le redis : aucune sanction pour aucune
entreprise avant la fin de l’année 2026.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> [Loi intégrale sur les violences sexuelles] Nous allions créer un droit au
congé pour les femmes victimes de violences sexuelles. Un droit essentiel pour
garantir que les victimes soient protégées et accompagnées. Le RN a voté
contre. Ce droit n'a pas été adopté. Je demande, au nom du gouvernement, un
nouveau vote qui aura lieu mardi 13 octobre avant le vote de la loi.
> [Loi intégrale sur les violences sexuelles] La vérité sur les femmes migrantes et ce qu'aurait permis l'article 62 de la loi intégrale. Est-ce que les femmes migrantes sont plus vulnérables ? Oui. Est-ce qu'elles sont protégées en France ? Oui et c'est notre honneur. Est-ce que l'on doit prendre le risque que n'importe quelle personne sous OQTF ou en situation irrégulière puisse bénéficier d'une autorisation de séjour ? Non.
> Avec le Premier Ministre, nous nous souvenons et nous nous inclinons devant les victimes du 7 octobre 2023. Dont 51 Français. Jamais nous ne nous habituerons à l'antisémitisme. Le projet de loi de cohésion républicaine pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme sera examiné le 14 décembre prochain au Sénat.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Face au RN défendre Schengen et une Europe qui protège nos libertés Face à
une énième proposition du RN pour détricoter Schengen, j’étais à l’Assemblée,
au nom du gouvernement pour défendre une autre vision : celle d’une Europe
capable de faciliter concrètement la vie des Français et des Européens, de
protéger ses frontières extérieures et de donner aux États les moyens d’agir
ensemble. Car face aux réseaux de passeurs, aux mouvements migratoires et aux
menaces qui traversent nos frontières, la réponse ne peut pas être le repli
national. Schengen, c’est aussi la liberté de circuler, de travailler,
d’étudier, de retrouver ses proches. Chaque jour, 3,5 millions de personnes franchissent
les frontières intérieures de cet espace. Un acquis européen que nous devons
préserver et améliorer, pas affaiblir. Merci aux députés d’avoir rejeté ce
texte et d’avoir défendu cet acquis européen.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> [Blocage des lycées] J’ai rencontré des jeunes qui, finalement, ne
demandent pas grand-chose. L’un de leurs principaux sujets de mécontentement
concerne le rythme scolaire. Ils parlent de journées qui peuvent s’étendre de 8
heures à 18 heures. Ils ne disent pas qu’ils refusent de faire 8 heures - 18
heures. Ils disent que leurs emplois du temps sont mal conçus, qu’ils sont
parfois incohérents et qu’ils ne leur permettent pas de travailler dans de
bonnes conditions. Je vais continuer à aller sur le terrain et on verra si ces revendications
se répètent. Il faut arrêter de réduire la jeunesse à son téléphone portable ou aux
réseaux sociaux. Si l’on m’avait donné un téléphone portable à leur
âge, j’aurais probablement été comme eux. Et si on me l’avait retiré, j’aurais
sans doute hurlé, moi aussi ! Il faut donc essayer de comprendre cette
génération plutôt que de la caricaturer, sans cesse.
> [Rythmes scolaires] Qui en a parlé ? Emmanuel Macron. Il a évoqué la possibilité de journées moins chargées au collège ou au lycée et des vacances plus courtes. Et aujourd’hui, certains de ceux qui se moquaient de lui sur cette question viennent expliquer sur les plateaux de télévision qu’il faut revoir les rythmes scolaires.
Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de journées moins chargées au collège ou au lycée et des vacances plus courtes. Et aujourd’hui, certains de ceux qui se moquaient de lui sur cette question viennent expliquer sur les plateaux de télévision qu’il faut revoir les rythmes scolaires.
> [Blocage des lycées] On entend beaucoup parler
d’un manque de moyens. Mais il ne suffit pas d’augmenter les moyens pour que
l'École fonctionne mieux. Le budget de l’Éducation nationale a encore augmenté
cette année, comme il a augmenté de façon continue depuis 2017. Il représente
encore le premier poste de dépenses de l’État. Cet investissement dans notre
jeunesse est de salut public.
Maintenant, il faut regarder la manière dont ces moyens sont utilisés. Le
Premier ministre a demandé aux ministres concernés d’aller sur le terrain, de
consulter les parties prenantes et de revenir avec des propositions chiffrées.
C'est ce qu'il faut faire. Lorsque j'étais en charge de « Marseille en grand », nous avions mis en
place les « écoles du futur ». Les directeurs et directrices
disposaient de moyens pour construire des projets adaptés à leur territoire et
aux élèves qu’ils accueillaient. On ne fait pas la même école partout, on
construit l’autonomie et on responsabilise.
> [Blocage des lycées] Le dédoublement des classes
concernait notamment les grandes sections de maternelle, les CP et les CE1 dans
les quartiers prioritaires. Ensuite, ce n’est pas encore cette génération qui
est arrivée au lycée, ou alors très peu d’élèves.
Nous avons désormais suffisamment de recul pour constater que les élèves qui
ont bénéficié de ce dispositif arrivent avec un meilleur niveau scolaire. Le
constat est assez simple : les enseignants disposent de davantage de temps avec
leurs élèves, et les élèves disposent, eux aussi, de davantage de temps avec
leurs professeurs.
C’est précisément ce temps supplémentaire, et la qualité de l’accompagnement
qu’il permet, qui fait la différence.
J’ai moi-même manifesté quand j’étais jeune. Ma première manifestation, c’était
après l’assassinat d’Ibrahim Ali, en 1995. Chaque génération a son traumatisme,
et c’est normal. C’est aussi comme cela qu’on se construit. (…)
Quand on est parent, on a toujours peur de ce qui peut arriver.
Après, il faut arrêter de stigmatiser notre jeunesse. Il faut lui faire
confiance, comme nos parents ont dû nous faire confiance et comme nos
grands-parents ont fait confiance à nos parents.
J’ai moi-même manifesté quand j’étais jeune. Ma première manifestation, c’était
après l’assassinat d’Ibrahim Ali, en 1995. Chaque génération a son traumatisme,
et c’est normal. C’est aussi comme cela qu’on se construit.
En revanche, sur les questions de sécurité, il faut être extrêmement ferme. La
violence n’a pas sa place à l’école et ne peut, en aucun cas, être tolérée. Je
pense notamment à nos personnels de l’Education nationale, et c’est une
nouveauté, qui ont été pris pour cible : c’est scandaleux et j’appelle à la
plus grande fermeté. S’attaquer à un personnel de l’Education nationale, c’est
s’attaquer à la République.
J'en profite pour préciser que je refuse que les lycéens de la voie
professionnelle soient désignés comme responsables des violences. J’ai entendu
certains commentateurs ou élus expliquer que les premiers troubles seraient
venus des lycées professionnels, et que lycéens professionnels seraient
davantage impliqués dans les violences. C’est faux.
La voie professionnelle est trop souvent stigmatisée. Peut-être parce que les
enfants de journalistes et ceux de responsables politiques sont très rarement
dans la voie professionnelle. Ces derniers jours, tout le monde nous a
interrogé sur la voie générale. La voie professionnelle ? Je n’ai pas vu
beaucoup de questions venir.... Pourtant, cela concerne un tiers des lycéens.
Cela compte. La voie professionnelle n’est pas une voie de seconde zone, c’est
la voie qui a le plus augmenté ses effectifs, pour laquelle l’orientation est
de plus en plus choisie.
La voie professionnelle est trop souvent stigmatisée. Peut-être parce que les
enfants de journalistes et ceux de responsables politiques sont très rarement
dans la voie professionnelle.
> Nous appartenons à une génération qui a été beaucoup exposée et qui a
grandi vite. Par opposition, nous avons voulu éviter à nos enfants
ce que nous avions nous-mêmes vécu. Mais ce n’est pas possible. On ne peut pas
construire un enfant en lui évitant toute difficulté. Nous avons parfois voulu
leur expliquer que s’ils avaient de mauvaises notes, ce n’était pas grave. Mais
si tu as une mauvaise note, oui, ça peut être grave. C’est aussi comme cela que
l’on apprend.
Je pense que l’exigence des parents est importante. Or, nous avons parfois
inversé les valeurs. Il y a une frustration que les adultes supportent de moins
en moins. Un jeune se construit aussi dans la frustration.
> Lorsque je dis aux parents de s’impliquer dans la
scolarité de leurs enfants, ce n’est pas un jugement moral. Les résultats de
PISA permettent désormais d’objectiver le désengagement des parents dans la
scolarité de leurs enfants, ainsi que les conséquences du temps passé devant
les écrans sur les apprentissages.
Et lorsque les proviseurs envoient des messages demandant aux parents de garder
leurs enfants chez eux parce qu’il y a des risques d’affrontements, cela relève
aussi de la responsabilité parentale.
Quel parent laisserait son enfant de 15, 16 ou 17 ans se rendre dans un
endroit où l’on sait qu’il peut y avoir des échauffourées et des éléments
extrêmement violents ?
J’en profite pour rappeler qu’il n’y a rien de plus difficile pour nos forces
de l’ordre que les situations de maintien de l’ordre impliquant des enfants. Il
faut être ferme, mais nous parlons d’enfants qui n’ont pas le discernement
nécessaire face à des situations de grand danger. C’est à nous de les protéger,
parfois d’eux-mêmes.
Nos forces de l’ordre sont les garantes de notre État de droit. Nous devons
leur faire confiance. Aucun d’entre eux ne veut qu’un drame survienne.
> Il faut adapter le maintien de l’ordre à son époque. Dans de telles circonstances, je suis favorable à l’interdiction de certains réseaux sociaux. C’est mon opinion de maman, une opinion qui se confrontera aux enseignements que nous devrons collectivement tirer de cette séquence.
Dans de telles circonstances, je suis favorable à l’interdiction de certains réseaux sociaux. C’est mon opinion de maman, une opinion qui se confrontera aux enseignements que nous devrons collectivement tirer de cette séquence.
> Chaque génération connaît sa mobilisation. On
essaye toujours de nous expliquer que ce qui arrive est anormal. Pourtant,
chaque génération se rebelle, se confronte à la société et conteste. Et elle a
raison de le faire. C’est aussi comme cela que les choses avancent. (…)
Cette génération est très inquiète. Après, arrêtons de verser dans le
misérabilisme. Est-ce que c'était mieux avant ? Prenons Parcoursup, par exemple. À mon époque, c’était le tirage au sort. On
pouvait être envoyé dans une formation que l’on n’avait pas demandée. Je
n’avais moi-même aucune idée des formations qui existaient. Mes parents
n’étaient pas enseignants. Je suis donc allée en faculté de droit parce que ma
mère m’a dit : « Tu vas aller en droit. » Je n’ai jamais voulu faire du droit.
Je voulais faire du cinéma.
Aujourd’hui, cette plateforme permet à chaque élève, qu’il soit dans la voie
professionnelle, technologique ou générale, d’avoir accès à l’ensemble de
l’offre de formation. Ce n’est pas un algorithme qui choisit les élèves : ce
sont les établissements qui les choisissent. On a également essayé de réduire
certaines différences entre un élève venant d’un établissement très favorisé et
un élève venant d’un quartier populaire, en regardant notamment les notes et
les appréciations. (…)
Il faut notamment améliorer les délais d’affectation. Lorsque 18 ou 20 % des
jeunes ne sont toujours pas affectés au mois d’août, cela devient une véritable
source d’angoisse, pour les élèves comme pour leurs familles. Mais avec une
augmentation du nombre d’inscrits sur la plateforme, l’offre de formation n’a
pas forcément augmenté en conséquence : d’où la frustration. J’en appelle à un
vrai choc d’offre, notamment pour les bacheliers pro, et développer davantage
les bac+1 : ce sont des propositions que nous devons concerter avec mes
collègues de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.
J’en appelle à un vrai choc d’offre, notamment pour les bacheliers pro, et
développer davantage les bac+1 : ce sont des propositions que nous devons
concerter avec mes collègues de l’Education nationale et de l’Enseignement
supérieur.
> Penser qu’on peut faire de grandes études,
devenir chef d’entreprise, menuisier ou exercer le métier dont on rêve sans
fournir d’efforts, cela n’existe pas. Il faut aussi dire aux jeunes que le pays
a besoin d’eux dans des métiers qui ne sont pas toujours les plus simples. Mais
il faut également leur montrer que ces métiers ont changé. Prenez l’industrie :
tout est désormais numérisé.
Nous avons accepté que les jeunes se dirigent massivement vers des secteurs
comme la communication ou le commerce, alors que ce sont parfois les secteurs
dans lesquels les besoins sont les moins importants. À un moment donné, il faut
arrêter de leur mentir. Il faut fermer certaines formations qui offrent très
peu de débouchés ou d’insertion professionnelle et rouvrir des places là où les
besoins existent.
Depuis deux ans, nous avons créé 23 500 places en lycée professionnel : 50 %
dans l’industrie, 25 % dans les services à la personne et les 25 % restants
dans l’hôtellerie-restauration et le BTP. Dans le même temps, nous avons fermé
13 500 places. C’est cela, aussi, la responsabilité politique : fermer des
formations lorsqu’elles ne conduisent pas suffisamment vers l’emploi et ouvrir
des places dans les secteurs qui recrutent. Il faut arrêter de raconter
n’importe quoi aux jeunes.
> Lorsque j’ai parlé des internats, certains m’ont
traitée de réactionnaire. Mais ma fille est elle-même en internat. Ce qui m’a
particulièrement marquée dans la Convention citoyenne sur les temps de
l’enfant, c’est que les jeunes nous disaient qu’au-delà de 45 minutes de
trajet, cela devenait inacceptable. Ils nous disent donc : « Nous voulons être
sur place. »
L’internat peut être une véritable mesure d’égalité des chances. Il permet aux
jeunes de choisir leur formation sans que la distance soit un obstacle. Il
permet aussi aux parents d’être soulagés d’une partie de la charge mentale liée
aux trajets quotidiens.
> [Blocage des lycées] Je crois profondément aux
mesures concrètes. Hier, j’ai posé une question aux jeunes : « Si je vous demande très
franchement si vous êtes prêts à réduire vos vacances pour avoir des journées
plus courtes, qu’est-ce que vous choisissez ? » Ils ont voté : moins de
vacances et des journées plus courtes. C’est tout. (…) Hors
de question pour moi d’attendre 2027. Il faut agir maintenant, concrètement sur
le terrain. Par exemple, nous allons mettre en place une forme de leasing
social permettant de proposer des voitures sans permis aux jeunes de la voie
professionnelle et aux apprentis qui vivent en zone rurale. Je n’ai pas besoin
d’une loi pour faire cela. Le dispositif est lancé et doit devenir effectif à
partir de novembre.
Un jeune qui habite à 40 kilomètres de son entreprise. On peut lui dire que 40
kilomètres, ce n’est pas très loin. Mais quand on n’a pas de voiture, 40
kilomètres, c’est énorme. Et les parents travaillent. Ils ne peuvent pas
nécessairement faire les trajets tous les jours.
Dans un premier temps, nous allons le déployer dans trois régions, en ciblant
la grande ruralité et les territoires où les temps de trajet sont les plus
difficiles. Nous avons retenu l’Auvergne-Rhône-Alpes, la
Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est. (…)
Je mets les entreprises à contribution. Nous allons travailler sur une flotte
de véhicules et, si nécessaire, l’État pourra compléter. Les entreprises ont
besoin de ces jeunes. Elles bénéficient déjà d’aides publiques lorsqu’elles
recrutent des apprentis. Les apprentis représentent pour elles un
investissement en compétences et en transmission. On peut donc imaginer
différents leviers, notamment fiscaux. En réalité, nous avons beaucoup de
leviers à notre disposition. Il faut simplement se pencher sérieusement sur les
sujets, travailler et surtout rester pragmatique.
> Partout où je vais à la rencontre des lycéens, un sujet revient toujours : les rythmes scolaires. Des journées trop longues, trop chargées, de la fatigue. Ils le disent tous, avec leurs mots. Le Président de la République était le premier à l’évoquer, en lançant la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant. Depuis plus d’un an, des propositions sont sur la table. Il faut s’en saisir. La jeunesse compte sur nous pour répondre à leurs attentes.
> Parcoursup est un outil perfectible, mais c'est d'abord une promesse tenue : toutes les formations accessibles à tous. Quel que soit son lycée d’origine, chaque élève a accès à la même offre : plus de 25 000 formations, réunies au même endroit. Avant Parcoursup, connaître une formation dépendait de son entourage ou de son réseau. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. C'est un vrai progrès pour l'égalité des chances. Peut-on encore l'améliorer ? Oui, bien sûr. Plus de lisibilité, plus d'accompagnement, moins d'attente : nous entendons ces demandes et le gouvernement y travaille.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Le RN veut abroger les ZFE sans aucune alternative pour la santé des
Français. Face à la pollution de l'air et ses 47000 morts par an et 100
milliards d'euros de coûts, leur seule réponse est le néant. Abroger est
facile, protéger les Français est plus difficile.
> Le Rassemblement National déplore les conséquences dont il chérit les causes. Avec son contre-budget, il propose de supprimer les certificats d'économie d'énergie et menace par conséquent le leasing social, grande promesse sociale du Président de la République qui permis à 50 000 Français de bénéficier d’un véhicule électrique à 100 euros par mois.
> Accélérer la concrétisation des projets et enrichir leur qualité environnementale. Avec la Conférence des autorités environnementales, nous engageons une modernisation de l’évaluation environnementale pour rendre les avis plus simples et mieux proportionnés.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> C'était le 9 octobre 1981, la France abolissait la peine de mort. Il y a
45 ans, sous l'impulsion de Robert Badinter, notre pays faisait le choix de la
dignité humaine et d’une justice qui ne tue pas. Cet héritage nous oblige. La
France continuera de défendre l’abolition universelle de la peine de mort.
> À Dublin, je me suis entretenue avec Barry Andrews, député européen et président de la commission du développement du Parlement européen. Nous avons échangé sur les priorités de l’action extérieure européenne : nous coordonner, renforcer la transparence et le contrôle politique des financements, mieux soutenir les acteurs européens et maintenir l’Afrique subsaharienne au cœur de nos partenariats.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> J’ai ouvert la 20e Journée nationale des Dys [Les troubles « Dys » sont
des troubles neurodéveloppementaux durables qui affectent les apprentissages et
des fonctions cognitives spécifiques, sans aucun lien avec l'intelligence ou le
niveau social] avec Nathalie Groh, présidente de la Fédération française des Dys
aux côtés de Vincent Gaillot, délégué interministériel pour les troubles du
neurodéveloppement.
L’occasion de remercier les professionnels de santé, de l’éducation nationale,
du médico-social et les chercheurs pour leur engagement pour l’accompagnement
des personnes ayant des troubles DYS.
Et de rappeler nos priorités :
- continuer à développer les plate-formes de coordination et d’orientation,
- prévenir les ruptures de parcours, notamment les parcours scolaires
- accentuer les déploiement des solutions de repérage et d’accompagnement des
adultes,
- développer des actions de formation et de sensibilisation des professionnels
de santé,
En associant les personnes concernées et les familles à la construction de ces
actions.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Les violences sexistes et sexuelles n’ont leur place nulle part, ni au
travail ni ailleurs. Sur ce sujet, c’est tolérance zéro. C’est un engagement
que je porte depuis plusieurs années y compris pendant ma vie de chef
d’entreprise. Et comme ministre du Travail et des Solidarités j’ai fait de la
santé et de la sécurité des femmes au travail et de l’égalité professionnelle
une priorité absolue de mon action. À l’Assemblée nationale, j’ai réaffirmé mon
engagement pour mieux lutter contre les violences sexiste et sexuelles et mieux
accompagner les victimes. Chaque salariée doit pouvoir se sentir soutenue et en
sécurité.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Blocage des lycées] Les lycéens attendent que le remplacement des
professeurs absents soit assuré.
Nous mobilisons des moyens concrets :
- Plus de 3 000 professeurs remplaçants déployés très rapidement dans les
lycées qui en ont le plus besoin.
- Plusieurs centaines de recrutements supplémentaires autorisés.
- Plusieurs centaines de milliers d’heures supplémentaires pour les
remplacements de courte durée, dans le cadre du « pacte enseignant ».
Ce sont les premières mesures issues du dialogue lycéen en cours, après celles
sur le renforcement de la démocratie scolaire.
> [Blocage des lycées] Les lycéens doivent avoir
voix au chapitre. Sur leur quotidien, sur leurs projets, sur les décisions qui
les concernent. Et tous les parcours doivent être représentés. J’engage dès
cette année une refonte des instances de démocratie lycéenne, avec une ambition
claire : que leur parole compte et se traduise en actes.
Quatre engagements concrets :
- Davantage d’élus lycéens au Conseil supérieur de l’éducation et une
participation garantie aux instances académiques.
- Un tiers des sièges des élus lycéens systématiquement réservé aux élèves de
la voie professionnelle.
- Les régions pleinement associées aux conseils académiques de la vie lycéenne,
pour un dialogue direct sur les sujets qui les concernent.
- Des budgets dédiés pour financer les projets soutenus par les instances
lycéennes. Des professeurs devant eux.
Une voix dans les décisions qui les concernent. Remplacement et démocratie
lycéenne : deux attentes majeures, deux chantiers engagés dès maintenant, pour
des résultats rapides et tangibles.
> [Blocage des lycées] Au lycée polyvalent de Cachan pour poursuivre le dialogue avec les lycéens. Comme chaque jour depuis la semaine dernière, j'ai vu ce matin le visage de la démocratie scolaire. Avec les élèves élus de l’établissement, nous avons échangé, sans tabou ni complaisance, sur leurs difficultés quotidiennes et les moyens concrets d’améliorer leur scolarité. Comme nous l'avons dit, les propositions qui émergeront viendront directement enrichir le budget de l’École pour 2027.
> [Blocage des lycées] Des saccages et incendies ont eu lieu dans plusieurs lycées de France, notamment à Cachan, où je me suis rendu ce matin. À Lormont, un lycée a été saccagé alors que 700 élèves se trouvaient à l’intérieur. Une formation aux métiers de l’imprimerie, la seule proposée dans toute l’académie, ne pourra plus être enseignée pendant plusieurs semaines. Ici comme ailleurs, des personnels ont été délibérément pris pour cibles, des dizaines de milliers d’élèves sont privés d’enseignement. Attaquer un lycée, c’est attaquer le service public de l’éducation et le droit d’apprendre. Face à ces violences, des proviseurs et des équipes ont fait preuve d’un sang-froid remarquable pour protéger leurs élèves et leurs établissements. Ils ont tout mon soutien et toute ma reconnaissance.
> [Blocage des lycées] Pour la première fois, les lycéens pourront peser directement sur le budget de l’Éducation nationale. Déjà 66 000 lycéens ont pris la parole sur la plateforme que nous avons lancée. C’est inédit. Leurs contributions auront un impact concret : elles nourriront des propositions d’amendement du Gouvernement dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, conformément aux orientations du Premier ministre.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Bon retour sur Terre, Sophie Adenot ! Après près de huit mois dans l’ISS,
plus de 200 expériences scientifiques et trois sorties extravéhiculaires
historiques, notre astronaute française est de retour ! Une mission
exceptionnelle pour la science, pour l’Europe spatiale et pour toutes les
jeunes générations qu’elle a fait rêver. Une immense fierté. Bravo Sophie, et
bienvenue à la maison !
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Au colloque marquant les 30 ans de France renouvelables, j'ai rappelé
l'ambition du Gouvernement : aux côtés de l'ensemble des professionnels de la
filière, nous continuons de bâtir un mix énergétique plus souverain, plus
propre et plus compétitif.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> L’Europe, c’est la liberté de voyager et d’apprendre. La Hongrie revient
dans le programme ERASMUS ! J’étais hier à l’Institut Français de Budapest pour
échanger avec des étudiants hongrois désireux d’étudier en France. Un dialogue
chaleureux sur les nombreuses opportunités d’approfondir les liens entre nos
pays.
> [Accord commercial entre l’UE et l’Inde] Vous
verrez la France être un grand moteur et un grand partisan de cet accord
commercial avec l'Union européenne et comment nous pouvons y donner plus de
contenu et de substance.
Si vous regardez tous les secteurs qu'ils ont mentionnés, vous savez, qu'il
s'agisse de l'IA, de l'espace ou de la santé, vous avez besoin
d'investissements. Vous avez besoin d'échelle. Vous avez besoin de capitaux
pour pouvoir croître et ne pas être simplement un spectateur passif de la
relation et de la rivalité entre les États-Unis et la Chine.
Regarder ce que nous pouvons faire dans des chaînes d'approvisionnement
résilientes, que ce soit dans le domaine de l'IA, de la défense, de l'espace,
des soins de santé ou de l'innovation, est clairement d'un intérêt mutuel pour
les deux parties.
Regardez, vous savez, la hausse des prix des combustibles fossiles. Regardez
l'impact de la crise géopolitique au Moyen-Orient sur les prix. Je pense donc
que si nous voulons pouvoir nous diversifier et réduire les risques, si nous
voulons également pouvoir construire un IMEC avec l'Inde, cet accord commercial
peut également être un accélérateur.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Après six jours de débats approfondis, l’Assemblée nationale vient
d'achever la discussion de la proposition de loi intégrale contre les violences
sexuelles et sexistes. Je vous donne rendez-vous mardi pour le vote solennel.
Je tiens à saluer l'important travail fourni par les rapporteurs et par
l'ensemble des députés : nous resterons mobilisés jusqu'au bout pour protéger
les femmes et les enfants.
> [Blocage des lycées] La France a besoin d’un véritable big bang de l’éducation ! Bâtissons une grande loi intégrale pour la jeunesse et l’éducation de nos enfants.
> [Blocage des lycées] Oui, je suis en colère quand je vois que nous avons eu une Convention citoyenne sur les temps de l’enfant et laissé ses recommandations de côté. Les jeunes réclament aujourd’hui ces changements. Il est temps de donner suite à ce travail.
> [Blocage des lycées] On ne maintient pas l’ordre face à des lycéens comme face à des black blocks. Nos forces de l’ordre font un travail remarquable et difficile. Mais face à nos jeunes, la réponse doit être proportionnée et le dialogue doit primer.
> La loi abolissant la peine de mort est promulguée le 9 octobre 1981, il y a 45 ans. Aujourd'hui comme hier, l'abolition n'est pas un principe que l'on suspend au gré de l'émotion : continuons de porter ce combat universel pour la dignité humaine et contre la peine de mort !
> Le Triangle de Weimar est né pour rapprocher l’Est et l’Ouest de l’Europe. Trente-cinq ans plus tard, il doit nous aider à défendre la sécurité de tout le continent. À Varsovie, avec Julia Klöckner, merci à Włodzimierz Czarzasty pour son accueil à la Diète.
> À Varsovie, nous donnons un nouvel élan au Triangle de Weimar et à sa dimension parlementaire. Face à l’agression russe la sécurité de l’Ukraine et celle de l’Europe sont indissociables. Nous devons prendre davantage en main notre défense collective. Nous réaffirmons notre soutien à une Ukraine libre, souveraine et dont l’avenir est au sein de l’Union européenne.
> J'ai eu l'honneur d'accueillir aujourd'hui, à l'Assemblée, le Président Frank-Walter Steinmeier, à l’occasion de la troisième visite d’État d’un président allemand en France depuis la réunification. Face à la polarisation croissante et aux menaces hybrides russes, nos démocraties doivent plus que jamais travailler ensemble pour défendre nos valeurs et construire une Europe puissante et souveraine !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
> Il y a 45 ans, le 9 octobre 1981, la France abolissait la peine de mort. Portée par le discours historique de Robert Badinter à l’Assemblée nationale, cette décision marquait un tournant majeur dans l’histoire de notre République et consacrait un combat essentiel pour la dignité humaine. Un an après son entrée au Panthéon, perpétuons l’hommage dû à sa mémoire, à son engagement et à son combat.
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La France ne redoute pas le changement. Elle l'attend !
> Je veux anticiper. Anticiper face à un sujet dont nous sommes les seuls à parler. Que tous les autres candidats ignorent et c’est criminel. C’est le défi de l’intelligence artificielle.
> Je veux être le président de la République qui parlera à la jeunesse parce qu'il la comprend. Le président qui regarde l'avenir !
> Aujourd'hui, je propose un nouveau pacte pour la jeunesse, fondé sur les droits et les devoirs. Je veux dire aux jeunes, les yeux dans les yeux : oui, vous pourrez vous élever en travaillant. Peu importe votre origine, votre couleur de peau ou votre nom de famille.
> Nous léguons à notre jeunesse une dette écologique, une dette financière et un modèle qui se meurt. L'extrême gauche manipule la colère des lycéens. L'extrême droite voit un émeutier dans chaque jeune. Ça suffit. Notre jeunesse mérite mieux !
> Notre jeunesse réclame du collectif. Nous sommes peut-être à l'aube d'un nouveau mai 68.
> [Blocage des lycées] À la minorité des casseurs : brûler une école, frapper un proviseur, s'en prendre aux forces de l'ordre, rien n'est plus intolérable. La réponse sera ferme, sans trembler. À la majorité des jeunes qui se mobilisent pacifiquement : vous méritez l'écoute, le respect et des réponses. Je m’y engage.
> Du vent, des cris, Mélenchon érige la démagogie en projet politique. 0 solution, 100% bordélisation. Derrière les postures de LFI se cache une seule réalité : la sélection par l'échec pour toute une génération. Votre cynisme est une insulte à l'avenir de notre jeunesse.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Reprenons tranquillement:
1. Marine Le Pen a été condamnée pour détournement de fonds : vrai
2. Bardella est visé par des accusations de propos antisémites étayées par des
preuves solides : vrai
3. 83 brebis galeuses du RN sont recensées par l’app Les Jours pour propos
racistes, antisémites ou homophobes : vrai
4. Tanguy fait des erreurs et des approximations de plusieurs dizaines de
milliards d’euros dans le contre budget du RN : vrai
5. L’infiltré est un journal fiable : faux
Vous relayez des infox qui ont été démenties par l’Elysée
Et votre manœuvre de diversion pour essayer de minimiser les multiples
incartades des RN pour propos racistes et antisémites ne trompe personne.
Marc Ferracci (député)
> La désindexation d’une partie des retraites est nécessaire pour rétablir
les comptes publics. Le taux de cotisation retraite atteint aujourd’hui 28%
avec les complémentaires. En 1970 c’était seulement 8%. Comment expliquer à un
travailleur actuel que notre système est juste ?
Jean-René Cazeneuve (député)
> Pour redresser nos finances publiques, le cap est clair : mieux maîtriser
nos dépenses. L’effort doit être partagé par tous : l’État, la Sécurité sociale
et les collectivités territoriales. Dans les débats budgétaires qui s’ouvrent,
chacun doit prendre ses responsabilités et contribuer à l’effort collectif.
> Face aux sécheresses à répétition et aux difficultés majeures que traversent nos agriculteurs, l’urgence exige des réponses concrètes. Au Sommet de l’élevage, Annie Genevard annonce 2 Md€ de prêts à taux zéro, 21 M€ d’aides d’urgence débloqués, un assouplissement des guichets GNR et engrais, ainsi qu’une transparence renforcée sur l’assurance-récolte. Je salue ces mesures du Gouvernement, essentielles pour accompagner nos agriculteurs et soutenir leurs exploitations.
> Comme prévu, après examen en commission des Finances de l’Assemblée, le déficit du Budget est passé de -5% à -5.4%. Absence de courage politique et alliance de la gauche et de la droite radicales produisent une potion bien amère.
Violette Spillebout (députée)
> Avec Gabriel Attalnous défendons une priorité claire : remettre les
conditions d’apprentissage au cœur de l’école. Cela passe par des remplacements
mieux assurés, des classes moins chargées et davantage de stabilité pour les
élèves. Parce qu’on ne peut pas demander à des jeunes de réussir quand leur
quotidien scolaire est désorganisé.
> [Blocage des lycées] Au lycée Kernanec de Marcq-en-Barœul, j’ai voulu aller écouter directement les élèves. Leur première demande est simple : être pris au sérieux, être entendus, et ne pas être assimilés aux casseurs qui ont brouillé leur mobilisation. Ils m’ont remis un cahier de doléances de 20 pages, fruit d’un vrai travail de démocratie lycéenne. À Kernanec, l’urgence est aussi très concrète : l’état du bâtiment. Depuis des années, les rénovations sont repoussées alors que les conditions de vie quotidienne ne sont plus adaptées. J’interpellerai Xavier Bertrand et la Région pour qu’un calendrier clair de rénovation soit enfin engagé. Écouter les lycéens, c’est aussi répondre concrètement à ce qu’ils vivent chaque jour.
Marie Lebec (députée)
> Le projet du RN de départ à la retraite à 62 ans est une chimère ! Peu
seront concernés, mais alors là, avec ce durcissement des règles, la retraite à
62 ans n'existe tout simplement plus. Plus on creuse le projet économique du
RN, plus on découvre qu'il n'y a rien : que du vent, que de l'improvisation,
que de l'amateurisme.
> Le RN sur les retraites, c'est comme sur son budget : personne n'y comprend rien, à commencer par le RN.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Depuis quelques jours, on parle beaucoup des lycéens et des étudiants,
parfois à leur place. Je crois qu’il faut d’abord les écouter et comprendre
leurs attentes. Alors, je leur laisse la parole.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Aujourd’hui, l’administration Trump vise la Cour pénale internationale
avec des sanctions draconiennes. Et aujourd’hui, l’ancienne juge de la CPI Navi
Pillay reçoit le prix Nobel de la paix pour son travail en faveur du droit
international. Le contraste ne pourrait pas être plus clair. La CPI existe pour
garantir que les génocides, les crimes de guerre et les crimes contre
l’humanité ne restent pas impunis et que personne n’est au-dessus de la loi,
aussi puissant soit-il. Sans justice indépendante, les victimes sont
abandonnées. Les règles qui protègent les civils en temps de guerre perdent de
leur force. L'impunité grandit. L’Europe doit rester ferme : défendre la CPI,
protéger son indépendance et s’assurer qu’elle ait les moyens de faire son
travail. La justice n'est pas négociable.
Pascal Canfin (député)
> Cela fait des mois que j’alerte sur la régression scandaleuse des règles
d'autorisation des pesticides en Europe que la droite et l’extrême droite
défendent en ce moment au Parlement européen.
Autoriser les pesticides à vie, c’est ce que s’apprêtent à voter l’extrême
droite et la droite au Parlement européen malgré les alertes des scientifiques
et des médecins. Et c’est la santé de 450 millions d'Européens qui va en payer
le prix. Et ils le font même contre les aspirations de leurs propres électeurs.
Dans un sondage réalisé par Cluster17 mi-septembre, 69 % des électeurs du RN,
70 % de ceux de Reconquête et 76 % de ceux de LR déclaraient vouloir maintenir
les réévaluations périodiques et être contre l'autorisation illimitée des
pesticides.
Il est encore temps de faire changer d'avis ces eurodéputés. Interpellez-les et
demandez-leur de ne pas voter cette régression sans précédent qui menace notre
santé et celle de nos enfants.
> L’été que nous venons de vivre a été un moment de prise de conscience
collective sur la réalité du changement climatique. Nous avons tous été
impactés, que l’on ait souffert de la chaleur dans son foyer, que l’on ait subi
des pertes de rendements sur son exploitation agricole ou bien que l’on ait dû
ralentir son activité industrielle en raison du manque d’eau, etc. Il doit y
avoir un avant et un après été 2026.
Nous devons donc maintenant construire ensemble le temps des solutions,
rapidement et à grande échelle, dans le contexte financier que l’on connaît. À
l’échelle européenne, Ursula von der Leyen s’est engagée à présenter la
première loi européenne sur l’adaptation et la résilience à la fin de ce mois.
> Mes amendements pour
promouvoir le Made in Europe dans notre industrie
Ce mercredi, les députés européens ont déposé leurs amendements sur le texte Industrial Accelerator Act (IAA) qui met en place une préférence européenne pour notre industrie. Je veux d’abord saluer le travail de mon collègue Christophe Grudler et de ses corapporteurs, dont le projet de rapport donne une base solide et ambitieuse pour les négociations à venir.
Voici ce que je propose dans mes amendements :
- L’argent public doit financer et soutenir
l’industrie implantée en Europe
L’un des points les plus débattus de ce texte, c’est évidemment la définition
de ce qui est considéré comme “Made in Europe”. La Commission européenne a
proposé dans sa version de la loi publiée en mars 2026 une définition qui
intègre tous les pays avec lesquels nous avons un accord commercial ou d’union
douanière, soit environ 80 pays. Avec cette logique, un produit fait au Vietnam
ou au Brésil devient "Made in Europe” ! Les rapporteurs du texte ont
proposé de renverser la logique : est européen ce qui est produit dans
l’Union européenne et des équivalences pourront être attribuées à certains pays
partenaires sur la base d’une évaluation rigoureuse pour établir s’il y a une
réciprocité effective, si l’intégration d’un pays partenaire est de nature à
renforcer la sécurité économique de l’Union, etc. Si on décide d’ouvrir, il
faut s’assurer qu’en face c’est réciproque. Je pense que c’est la bonne façon
de procéder et je soutiens cette approche. L'ouverture à des pays partenaires
doit être un choix au cas par cas en fonction de nos intérêts.
Pour les marchés publics, je propose de construire cette ouverture par cercles
concentriques. Le premier cercle, prioritaire, comprendrait nos partenaires les
plus proches : les pays européens comme le Royaume-Uni, la Suisse ou la
Norvège, mais aussi des partenaires comme le Japon, le Canada ou la Corée du
Sud, qui partagent nos objectifs de sécurité économique et dont les coûts de
production sont comparables aux nôtres. S'ouvrir à eux ne met pas notre
industrie en danger ; c'est au contraire renforcer des chaînes de valeur entre
alliés et construire l’alliance des puissances moyennes à laquelle fait souvent
référence le Premier ministre canadien. La Commission européenne devrait, dans
les 6 mois après l’entrée en vigueur de l’IAA, et après une évaluation rigoureuse,
publier une première liste de pays partenaires bénéficiant de l’équivalence.
Pour les financements publics attribués aux entreprises, l’enjeu est différent
et donc je pense, comme l’ont proposé les rapporteurs, que la définition doit
l’être aussi : l’origine européenne doit être restreinte aux 27 États membres
de l’Union européenne. Quand un État membre donne une prime à l’achat
d’un véhicule électrique ou une aide à la rénovation d’un bâtiment, il doit
soutenir des emplois et des usines en Europe.
Enfin, avec mes collègues du groupe Renew, nous proposons un cadre
anti-contournement robuste. Si demain un produit fabriqué dans un pays
partenaire est traité comme européen dans le cadre des marchés publics, ce
statut ne doit pas devenir une porte dérobée pour un pays qui domine déjà la
production mondiale, comme la Chine. Une usine de batteries installée en Corée
du Sud, mais contrôlée par un groupe chinois, ne pourra pas bénéficier de ce
traitement. Pour que la règle soit efficace, nos amendements imposent de
regarder qui contrôle réellement l’entreprise, et pas seulement où se trouve
l’usine. Sans ce critère, la règle serait facile à contourner. Il suffirait de
s’implanter au Royaume-Uni via une filiale britannique pour être éligible,
alors que le groupe qui la contrôle in fine est, par exemple, chinois.
- Créer des débouchés pour les produits décarbonés
Le texte IAA couvre également un autre enjeu important : créer des marchés
pilotes pour la production européenne de matériaux bas-carbone. Avec le marché
carbone, nous demandons à nos aciéristes, nos producteurs d’aluminium, nos
cimentiers, papetiers, verriers… d'investir des milliards pour décarboner leur
production. Mais un acier vert ou un ciment bas-carbone coûte plus cher à
produire. Si personne n'est prêt à payer ce surcoût, ces investissements ne se
feront pas. La commande publique, via les marchés publics, doit créer ces
premiers débouchés. Elle représente une part considérable de la demande dans le
secteur de la construction par exemple, et le surcoût y est marginal à
l'échelle d'un projet. Les acheteurs publics devront donc veiller, selon nos
amendements, à ce que 25 % de l'acier acheté pour un projet de construction,
par exemple, soit un acier bas-carbone produit dans une aciérie européenne.
Pour le béton, le mortier et le ciment, la Commission proposait que 5 %
seulement des volumes achetés par les pouvoirs publics soient bas-carbone et
d'origine européenne. De nombreux industriels estiment que ce niveau est trop
faible pour dérisquer leurs investissements dans des produits plus propres. Je
propose donc d’augmenter cette part à 25 % et de réserver au moins 5 % aux
produits quasi zéro-émission, c'est-à-dire ceux qui vont le plus loin : ciment
avec captage et stockage du carbone, ciments sans clinker (le clinker est
l'ingrédient du ciment qui émet le plus) ou liants innovants. Ainsi, les
produits les plus ambitieux disposent d'un premier marché. Il ne s'agit pas de
choisir une technologie plus qu'une autre, mais de récompenser la performance
en matière de gains CO2.
- Construire la filière automobile européenne de demain
La préférence européenne dans le secteur automobile ne peut pas être pensée
isolément. Les standards de CO2, le règlement sur les flottes d’entreprise et
l’IAA doivent former ensemble un cadre cohérent permettant de donner à toute la
filière - constructeurs, équipementiers, producteurs de batteries,
gestionnaires d’infrastructure de recharge...- de la prévisibilité.
Pour qu'une voiture électrique soit considérée comme « Made in EU », et puisse
ainsi bénéficier des subventions publiques, elle doit remplir un certain nombre
de critères : assemblage dans l’Union, avoir une part de composants
européens dont des composants clés de la batterie européens, etc.
Le premier enjeu, c’est de protéger la filière automobile européenne existante
de nouvelles délocalisations. En proposant un critère de 70 % de composants
européens pour qu’une voiture soit considérée Made in EU, nous protégeons nos
équipementiers. Ce sont eux qui forment la base de l’emploi automobile en
Europe, et qui sont aujourd’hui touchés de plein fouet par la concurrence
chinoise. Ce seuil vise à consolider ce qui existe et donc à empêcher que les
chaînes d’approvisionnement ne se délocalisent encore davantage. Il faut donc
préserver ce critère essentiel proposé par la Commission européenne. Mais, il
fait aussi regarder plus loin : de plus en plus de constructeurs font le
choix de concevoir leurs modèles en Chine. Or c'est là que se joue la compétitivité
de demain. Si l’Europe perd sa R&D, elle perd sa capacité d’innovation. Je
propose donc d’introduire un bonus sur la R&D réalisée en Europe.
L’IAA ne cherche pas seulement à préserver la filière existante, il vise aussi
à construire les chaînes de valeur de demain, à commencer par celle de la
batterie. Le texte prévoit donc une montée en puissance progressive des
exigences de production européenne des composants de batterie, au rythme du
déploiement de nos capacités industrielles. Une voiture sera considérée Made in
EU si elle intègre une cellule européenne à partir de fin 2027. Ce critère est
important car il permet de sécuriser la production européenne de cellules,
aujourd'hui en pleine montée en charge dans nos gigafactories. Reporter cette
exigence, comme certains constructeurs le demandent, mettrait en péril des
projets qui traversent leur phase la plus critique. Il y aura un surcoût à s’approvisionner
en cellules européennes, mais c’est pour cela que le Battery Booster prévu dans
le prochain cadre financier pluriannuel est essentiel pour rendre l’offre
européenne compétitive. Ensuite, nous devons remonter la chaîne de valeur des
batteries en intégrant des exigences européennes pour des composants clés,
comme les précurseurs de matériaux de cathode (pCAM). C'est aujourd'hui un
chaînon manquant stratégique sur lequel nous avons une très forte dépendance à
la Chine. Sans production de pCAM européenne, nos projets miniers et de
recyclage peineront à trouver des débouchés en Europe. Fixer cette exigence à
2032, au moment où s'appliqueront les obligations de contenu recyclé du
règlement Batteries, c'est donner à notre filière de recyclage le débouché qui
lui manque.
Cependant, ces exigences de sourcing européen demandent un effort aux
constructeurs européens, au moment où ils font face à une concurrence féroce
des voitures électriques chinoises sur les prix. C’est notamment vrai sur le
segment des petites voitures électriques où les marges sont plus faibles. C’est
pour cela que je soutiens des critères d’exigences plus allégés comme le
propose la Commission européenne dans un premier temps pour ces modèles qui
doivent rester le plus possible accessibles. En produisant sa R5 à Douai,
Renault montre que c’est possible de produire un modèle phare en Europe !
En offrant un bonus pour les voitures électriques dans le calcul des objectifs
des constructeurs dans les Standards de CO2, nous offrons une flexibilité qui
vise à contrebalancer en partie les surcoûts engendrés par la préférence
européenne.
Pour que cela fonctionne, les règles doivent être ambitieuses mais réalistes.
C'est pourquoi je propose d'intégrer deux filets de sécurité, pour le cas où
nos capacités de production européennes prendraient du retard. Le premier vise
à sécuriser les constructeurs qui se sont engagés auprès de fournisseurs
européens à travers des contrats d’achat et qui seraient confrontés à des
retards dans la production qui ne dépendraient pas d’eux. Le second permet, de
manière ciblée et après évaluation, d’adapter le calendrier des exigences
européennes à la réalité industrielle.
Enfin, les poids lourds ne sont pas dans la même situation. Une grande partie
des camions produits en Europe ne pourraient pas respecter aujourd'hui les
exigences sur les cellules de batterie, faute de fournisseurs européens pour ce
segment. Appliquer le même calendrier qu'aux voitures reviendrait à freiner
leur électrification. Je propose donc un calendrier adapté à la moindre
maturité industrielle de ce segment de marché.
- Des investissements étrangers en Europe, oui, mais pas à n’importe quel prix
Nous avons besoin d'investissements en Europe, y compris chinois, dans les
batteries, le solaire ou les matières premières critiques. Nous avons besoin de
ces capacités de production, et certains acteurs étrangers disposent
aujourd'hui d'une avance technologique objective. Mais un investissement n'a de
valeur pour l'Europe que s'il nous permet, à terme, de maîtriser nous-mêmes ces
technologies et de créer de la valeur en Europe : des emplois pour les
travailleurs européens, un transfert réel de technologies et de savoir-faire,
un approvisionnement auprès de nos fournisseurs. Pas des usines tournevis qui
se contentent d'assembler des composants importés.
L'IAA prévoit que les gros investissements dans les secteurs stratégiques,
lorsque l'investisseur vient d'un pays qui détient plus de 40 % des capacités
mondiales du secteur, ce qui est souvent le cas de la Chine, ne soient
autorisés que s'ils remplissent plusieurs conditions, parmi lesquelles l'emploi
de travailleurs européens.
Avec mes collègues du groupe Renew, nous renforçons le filtrage des
investissements étrangers, notamment en abaissant le seuil de contrôle de 100 à
50 millions d'euros, pour couvrir les investissements dans les composants,
souvent plus modestes mais tout aussi stratégiques. Pour qu’un investissement
étranger soit autorisé, il devra remplir certaines conditions. Je propose
notamment que le transfert de technologie devienne obligatoire, car c'est
l'objectif même du dispositif.
Des règles exigeantes ne servent à rien si elles peuvent être contournées.
C'est pourquoi nous proposons de regarder qui contrôle réellement un
investissement, au-delà des montages juridiques. La Commission proposait de
regarder la nationalité de l'investisseur direct : il suffirait donc de passer
par une holding établie par exemple à Singapour pour qu’une entreprise chinoise
échappe aux règles. Avec la notion de bénéficiaire effectif, on remonte
jusqu'au propriétaire réel. Nous proposons également que les investissements
réalisés via une filiale soient soumis aux mêmes conditions.
En matière de filtrage des investissements étrangers, le danger réside aussi
chez nous. Certains États membres sont moins regardants que d'autres, et les
investisseurs le savent. Sans garde-fou, un investissement “tournevis” refusé
dans un pays sera approuvé chez le voisin. Il nous faut donc renforcer le rôle
de la Commission européenne pour qu’elle puisse rendre son avis sur certains
investissements les plus stratégiques et se saisir de tout dossier présentant
des preuves de contournement. Je propose également une conséquence concrète
pour les États membres qui seraient tentés de ne pas jouer le jeu
européen : si un État membre approuve un investissement qui ne respecte
pas les conditions, contre l'avis de la Commission, les produits de cette usine
ne pourront pas bénéficier de la préférence européenne, ni dans les marchés
publics ni dans les aides publiques reçues.
L'Industrial Accelerator Act est l'un des textes les plus structurants pour
l'avenir industriel de l'Europe. Les amendements seront nombreux, car ses
ramifications touchent à notre façon de concevoir la politique industrielle à
l'échelle européenne et ont un effet direct sur le quotidien des entreprises,
quel que soit leur secteur. Les négociations à venir seront donc décisives. Je
resterai mobilisé, aux côtés de mon collègue Christophe Grudler, qui a la
lourde tâche de mener à bien cette révolution de la préférence
européenne !
> L'Union européenne doit durcir sa réponse
commerciale [envers la Chine].
Le basculement est particulièrement net en Allemagne. Depuis mi-2025, elle
achète plus de biens d'équipement à la Chine qu'elle ne lui en vend. C'est le
cœur de son industrie qui est touché. Paris et Berlin sont désormais alignés,
et c'est un élément structurant.
En tant que rapporteur permanent du Parlement européen sur les relations
commerciales avec la Chine, je vois de très près les conséquences de la menace
systémique chinoise pour nos industries.
Nathalie Loiseau (députée)
> Renew Europe a remporté
aujourd’hui une victoire méritée : depuis plusieurs années déjà notre groupe
est mobilisé pour que pas un euro d’argent européen n’aille à des bénéficiaires
qui ne respecteraient pas les valeurs européennes.
Nous luttons contre les ingérences et les attaques contre nos démocraties
d’où qu’elles proviennent. Nous constatons avec stupeur que la gauche a été
unie dans le déni, alors que nous dénonçons les atteintes aux droits des femmes
et des LGBT de la mouvance islamiste.
Nous nous félicitons en revanche d’avoir résisté aux tentatives
d’instrumentalisation des groupes d’extrême-droite, qui confondent l’islamisme
et l’islam et incitent à la haine contre les musulmans.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Un milliard d’euros par jour. 360 milliards par an. C’est l’ampleur du
déficit commercial de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine. Pour
l’industrie européenne, le défi est majeur. La menace commerciale n’est plus
conjoncturelle : elle accélère et touche tous les secteurs et tous les pays
européens. À qualité comparable, les coûts de production chinois sont 30 à 40 %
inférieurs. Face à cette concurrence, l’Europe doit à la fois innover et se
protéger. Vite.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Journée mondiale de la santé mentale. La colère qui gronde chez nos jeunes
révèle un mal-être profond : pression, anxiété, peur de l’avenir, sentiment de
ne pas être entendus. Sur le terrain, je l’écoute, je le mesure et je fais
remonter ces alertes.
> Jusqu’à présent, quand un médecin signale des violences sur un enfant… il peut être poursuivi par le parent. Merci à Yannick Neuder et Stéphanie Rist d’empêcher cette intimidation. Protéger les soignants qui alertent, c’est protéger les enfants !
> Face aux colères, frustrations et inquiétudes des lycéens, une nécessité : écouter sans détour.
> Quand un adolescent se confie à une IA, qui le protège ? À Nantes, avec l’Institut Mimethys, j’ai rappelé mes exigences : protéger les mineurs dès la conception, accompagner les familles et préserver le lien humain. L’innovation doit être au service de l’enfance !
> Ce chiffre glace le sang : 12 enfants concernés par une enquête pour violences sexuelles présumées dans un centre de loisirs à Nice. Un seul serait déjà trop. Informer les parents en cas de mesure conservatoire est nécessaire. Je l’ai proposé au Premier ministre en juillet.
> Deux hommes sans aucun antécédent judiciaire condamnés pour des milliers de fichiers pédocriminels. Vérité glaçante : un casier judiciaire vierge n’est pas un brevet d’innocence. Nous devons traquer sans relâche ceux qui exploitent les enfants. Aucun espace d’impunité !
> Merci à Kering et LVMH: plus de mannequins mineurs pour incarner des adultes, et des protections renforcées contre les abus. Mais à l’ère de Skinny tok, le défi dépasse les podiums : protéger les mannequins, mais protéger AUSSI les jeunes qui grandissent avec ces images.
> Aucune mère ne devrait être humiliée ou exclue parce qu’elle allaite son enfant. Ce vote est une avancée pour les droits des femmes et la place des familles dans notre société. Allaiter ou non doit rester un choix, jamais une injonction.
> Les personnes concernées par les adoptions internationales illicites attendent reconnaissance et réponses sur leurs origines. Au Conseil national de l’adoption, j’ai réaffirmé mon engagement pour reconnaître ces adoptions. Depuis 2022, je porte ce combat et je continuerai.
> La semaine dernière, j’ai appelé la HAS à établir un protocole pédiatrique clair pour le covid19 long: des repères pour les soignants et une prise en charge cohérente. Je me réjouis que mon appel soit entendu, car un enfant malade ne doit jamais être laissé dans l’errance !

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