Dans les sphères politiques et médiatiques, on parle désormais sans arrêt d’ultragauche et d’ultradroite que l’on distingue de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite voire la gauche et de la droite radicales.
Historiquement, il existe bien un courant qui s’est appelé ultragauche dont on a souvent peine à le distinguer de l’extrême-gauche et qui regroupe depuis les années 1920 des mouvances qui ont même pu dériver parfois jusqu’au négationnisme.
Quant à l’ultradroite, ce terme a été inventé par le ministère de l’intérieur à la fin du siècle dernier pour tenter de distinguer une extrême-droite légaliste d’une autre insurrectionnelle.
Ce qui réunit ces ultras seraient leur totale défiance envers la démocratie et la violence pour la déstabiliser puis pour la prise du pouvoir.
Mais ces caractéristiques sont aussi celles de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite, si bien que l’on peut se demander s’il y a vraiment une différence entre ces dernières et les ultras et si l’utilisation jusqu’à plus soif des termes d’ultradroite et d’ultragauche ne cachent pas une volonté de dédouaner ou de minimiser la responsabilité des extrêmes dans les stratégies de chaos et de déstabilisation de la démocratie républicaine libérale.
Ajoutons à cela que, comme c’est souvent le cas, ceux qui utilisent ces termes ne savent même pas de quoi ils parlent quand ils ne s’en servent pas comme un fourre-tout d’organisations et de courants qui n’ont pas les mêmes buts et les mêmes assises idéologiques.
Si l’on demande au grand public de définir ces ultras, c’est évidemment leur caractère violent qui ressortira mais on doute fort qu’il puisse faire la différence avec les extrêmes.
Et d’ailleurs, cette incapacité vient même de la proximité entre ultras et extrêmes qui est chaque jour démontrée par les prises de position de LFI qui soutien les groupes les plus violents accusant soit la police, soit l’extrême-droite d’être responsable d’une sorte de réaction de l’ultragauche.
Sans oublier que pour l’extrême-gauche, le pouvoir se prend, in fine, dans et par la rue.
En ce moment, le RN, lui, tente de se démarquer de tous ceux qui pourraient être qualifié d’ultradroite pour ne pas effrayer les électeurs de droite et même de centre-droit de voter pour lui alors même que l’affaire Bardella et sa proximité passée avec Alain Soral montre, là aussi, des liens de proximité entre extrême-droite et ultradroite.
Vouloir alors distinguer à tout prix ultras et des extrêmes parait superfétatoire.
En revanche, on pourrait tout à fait parler de militants ultras d’extrême-gauche et d’extrême-droite voire des ultras comme bras armés des extrêmes.
Ce qui redonne toute leur radicalité aux extrêmes auxquels le terme ultra, in fine, profite.
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