Si vous avez regardé les émissions des chaines d’information en continu ces deux derniers jours, vous auriez entendu nos «experts» médiatiques prévoir avec l’aplomb de ceux qui savent et qui savent qu’ils savent parce que bien sûr ils ont soi-disant l’expertise de ceux qui savent, que l’agence Moody allait bien évidemment dégrader la note de la France quasiment en cessation de paiement, dont la situation est pire que la Grèce au pire moment de son effondrement financier, une France qui allait donc connaître une nouvelle humiliation.
Or, il n’en a rien été.
Au-delà des problèmes de dette publique de la France et de la question de la note financière du pays, ce plantage révèle toute l’architecture de ces chaînes et qui pose question sur l’information des citoyens.
En effet, ces chaines d’information ont changé de modèle, celui que portait à son origine la première d’entre elles, l’américaine CNN.
Au moment de sa création, il s’agissait avant tout de donner les nouvelles du monde en instantané.
C’est d’ailleurs le modèle que reprit, lors de sa création, France Info, la radio.
Mais pour augmenter leur audience et garder celle-ci plus longtemps, ces chaines ont lentement dérivé et sont désormais devenues des chaines de commentaires et d’opinions où chacun vient se gargariser de son savoir auto-proclamé en prédisant tout et n’importe quoi sans souvent maîtriser le sujet dont il parle ou simplement par sa vision partisane et idéologique.
Et quelle aubaine d’annoncer le meilleur et plus souvent le pire pour faire de l’audience avec des «experts» souvent autoproclamés, voire érigés comme tels par ces chaines, qui en rajoutent des couches et des couches si bien que l’information n’est plus qu’un simple faire-valoir pour l’opinion et le commentaire.
Au bout du compte, le citoyen en ressort moins informé et plus exposé à des discours qui vont le tromper très souvent.
On peut considérer, d’ailleurs, qu’aujourd’hui, il n’existe plus de réelles chaines d’information en continu.
La preuve en regardant leurs «journaux» qui sont très souvent limités à deux ou trois nouvelles et passent sous silence la plupart des faits qui se déroulent en France et dans le monde.
Pas étonnant dans ce cadre que de plus en plus de monde s’informe par les réseaux sociaux.
Malheureusement.
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