Voici une sélection, ce 18 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé,
attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront
poursuivis et punis. Aux forces de l’ordre, garantes du droit à manifester, je
dis le soutien de la Nation. Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos,
qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment
pacifiquement leurs revendications de le faire.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est
une inversion dangereuse et cynique des responsabilités. Vous [Jean-Luc
Mélenchon] appelez celles et ceux qui partagent votre combat à ne pas
participer aux pillages. Commencez donc par désigner clairement les
responsables, c’est-à-dire ceux qui pillent et qui saccagent. On ne peut pas
appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les
commettent. C’est votre responsabilité politique.
> Les manifestations pacifiques ont toute leur
place dans notre République. Les incendies, les pillages et les attaques n’en
ont aucune. Aujourd’hui, des groupes d’ultragauche ont organisé la violence
dans plusieurs villes de France ; des délinquants s’y sont mêlés pour piller et
détruire. Au moment où certains cherchent à jeter l’opprobre sur nos forces de
l’ordre, je veux dire aux Français qu’ils peuvent être fiers de leurs policiers
et de leurs gendarmes. Ils ont affronté une violence d'une extrême intensité
pour protéger nos concitoyens et ils méritent tout notre soutien.
À ceux qui clairement veulent faire de ces violences «un tour de chauffe» avant
l’élection présidentielle, je le dis clairement : nous ne nous laisserons pas
intimider. Personne n’imposera son agenda politique par la violence. Les
consignes données sont claires : empêcher les exactions, protéger les biens et
les personnes, interpeller leurs auteurs et les déférer à la justice. Nous
irons jusqu’au bout de la discussion du projet de loi « casseurs-payeurs ».
L’argent public est rare : il doit financer nos services publics, pas réparer
sans fin ce que des casseurs détruisent. À eux d’en supporter le coût.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de
manière concertée n’en est pas un. Attaquer nos forces de l’ordre, s’en prendre
à nos institutions, dégrader des bâtiments publics, s’introduire dans des
préfectures ou des mairies, piller des commerces : rien ne peut le justifier.
Au lendemain de cette journée du 17 octobre qui dans certaines villes s’est
poursuivie très tard, je remercie vivement et j’apporte mon total soutien aux
policiers, aux gendarmes et aux sapeurs-pompiers qui, partout en France, sont
intervenus dans des conditions extrêmes.
Dès la mi-journée, à Marseille dès le matin, des exactions étaient commises par
plusieurs milliers d’individus d’ultra gauche décider à s’en prendre à nos
bâtiments publics et à prendre à partie nos forces de l’ordre.
Par la suite, ils ont été rejoints par des délinquants qui ont pillés et
saccagés de nombreux commerces dans plusieurs villes en France : Paris,
Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Grenoble, Nice, Limoges, … et
bien d’autres. Pour l’heure, 1800 personnes ont été interpellées et dès
aujourd’hui des enquêtes sont menées pour identifier les auteurs de ces actes
pour qu’ils en répondent devant la justice.
A ce stade, plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été
blessés pris dans ces scènes de violences. Ce bilan sanitaire n’est
malheureusement que provisoire.
Les dégâts matériels sont considérables, pour notamment plusieurs centaines de
commerçants.
La République ne cédera rien à ceux qui veulent imposer le désordre et la
violence.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Aucune place pour la violence. Hier des groupes d'individus violents ont
saccagé nos institutions, nos commerces, nos villes. C'est inacceptable. Non
seulement ils salissent la République, mais ils salissent aussi le mouvement
qu'ils prétendent défendre.
Honte à eux, honte à ceux qui bafouent toute la portée pacifiste d'une
manifestation. Nous serons intransigeants, ceux qui cassent payeront,
répareront et devront assumer leur responsabilité dans leur intention de semer
le chaos.
Aux côtés du Premier ministre et avec mon collègue Serge Papin nous sommes
mobilisés auprès des entreprises et des commerçants affectés, à qui j'adresse
ma sincère solidarité.
> Je reviens des Assemblées annuelles du FMI et de
la Banque mondiale, qui se sont tenues à Bangkok, en Thaïlande cette semaine.
Le monde regarde la France.
Ici j’ai expliqué que nous sommes sur le chemin de la responsabilité, de la
consolidation budgétaire avec une cible inflexible de déficit à 5 %.
Le monde observe aussi les revendications des jeunes qui expriment de manière
pacifique leurs peurs face à un avenir jonché d’inquiétudes : changement
climatique, accélération de l’IA, révolution technologique. Ces peurs sont
légitimes.
Dans ces instances nous travaillons à corriger les grands déséquilibres
mondiaux pour justement pallier à ces incertitudes.
La France, qui préside le G7 cette année, s’implique dans le recherche de
solutions pérennes. Ainsi, j’ai tenu en marge des assemblées une réunion du G7
Finances. La réduction des déséquilibres mondiaux, le soutien indéfectible à
l’Ukraine et la protection des plus vulnérables face aux effets du conflit au
Moyen-Orient, font l’objet d’un consensus.
Dans la continuité de la réunion ministérielle à Paris en mai dernier nous
avons abouti à des résultats concrets :
- Nous avons réussi à lever 260 millions d’euros pour réparer le sarcophage de
Tchernobyl, abîmé par un drone russe. Nous poursuivrons ces efforts le 9
novembre prochain à Paris.
- Nous avons aussi agrégé 2,5 milliards d’euros pour assurer la sécurité
alimentaire des populations les plus exposées à ce risque.
Le multilatéralisme fonctionne pour nos concitoyens, pour nos économies.
Le monde regarde aussi une France qui souffre, sous les coup de boutoir de ceux
qui cherchent le chaos. Nous ne nous y résignons pas. Les revendications
citoyennes, les manifestations ont toutes leur place dans notre société.
La violence y est proscrite.
> Grenoble, 1995 :
la première puce de NVIDIA est fabriquée par STMicroelectronics, anciennement
SGS‑THOMSON.
Depuis, la France et NVIDIA
entretiennent une histoire particulière.
La venue de Jensen Huang cette
semaine a mis en lumière la grande densité des partenariats avec notre champion
Mistral AI, mais aussi tout l’écosystème de l’IA français : des développeurs de
modèles d’IA aux industriels et énergéticiens, en passant par les fournisseurs
de cloud, les éditeurs de logiciels, les datacenters et les constructeurs de
matériel.
Signal fort de l’engagement de long-terme de NVIDIA, plusieurs investissements
ont été annoncés, dans Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment !
Si NVIDIA choisit la France, c’est pour son soutien au continuum
recherche-innovation et à l’attractivité, pour ses talents et son énergie bas
carbone abondante. Ce sont des atouts essentiels dont la France dispose pour
aborder les transformations de nos économies engendrées par l'IA.
Avec Jensen Huang, nous avons affirmé notre soutien à la diffusion d’une IA
ouverte, adaptée aux besoins des entreprises et garante d’une plus grande
liberté de choix, d’un plus grand contrôle sur les données et d’une plus grande
confiance dans les modèles.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Le maire de la commune d'Aulnoye-Aymeries a été violemment agressé par des
colons extrémistes en Cisjordanie. Nous sommes en lien avec lui. Les autorités
israéliennes doivent impérativement arrêter les responsables de ces actes
révoltants et les traduire en justice. Elles doivent de toute urgence faire
cesser ces violences criminelles et garantir la sécurité des populations
civiles, comme elles en ont l'obligation en vertu du droit international.
> Il nous faut écrire nos propres récits.
Parce que les entreprises de France sont désormais confrontées à des guerres
commerciales qui s'accompagnent d'une bataille nouvelle, la bataille des
récits. Et dans cette bataille, nos adversaires, nos rivaux ne se privent pas
pour porter atteinte à l'image de nos entreprises et à leurs intérêts.
Face à cette offensive de plus en plus importante, le Quai d'Orsay a décidé de
rentrer de plain-pied dans la bataille des récits et de se doter d'une force de
frappe informationnelle en trois temps. La veille et la détection d’abord, la
riposte ensuite, et enfin, les récits.
Riposter ne suffit pas. Nous ne pouvons pas courir systématiquement après les
récits que nos compétiteurs, nos rivaux et nos adversaires écrivent à notre
place. Il nous faut écrire nos propres récits. C'est pourquoi nous avons engagé
ces derniers mois un travail consistant à mesurer la perception de la France et
des entreprises françaises à l'étranger.
Ce qui nous revient, c'est que même dans des pays qui sont nos partenaires et
nos amis, l'image de la France est totalement décalée. On perçoit la France et
l'Europe comme des valeurs du passé, alors même qu'il y a en France et en
Europe du talent, de l'énergie et surtout une quantité astronomique
d'innovation.
Il faut bien sûr que nous fassions notre travail, au niveau européen, pour être
à la hauteur de nos ambitions, et plus de réalisme avec la préférence
européenne et la protection de nos secteurs exposés à la concurrence déloyale.
Mais il serait illusoire de considérer que la puissance publique et que nos
négociations à Bruxelles nous permettront de relever les défis si nous n'avons
pas la conviction intime que nous pourrons y parvenir, que nous saurons faire
de la France et de l'Europe des puissances dans le monde qui vient.
C'est ce récit-là que nous devons ensemble, entreprises, pouvoirs publics,
construire pour pouvoir le diffuser à l'étranger.
Et c'est facile. Il suffit de se retourner sur l'année qui vient de s'écouler
et constater les contrats
historiques qui ont été passés, par Dassault Aviation pour le Rafale avec
l'Inde, ou par Airbus pour les avions avec la Malaisie. Il suffit de se
retourner sur l'acquisition par Schneider Electric de PTC, pour 20 milliards
d'euros, ou sur la sortie par Mistral AI de son modèle Mistral Large 4. Et
c'est Henri Kagan, qui devient le huitième Français en quatre ans à remporter
le prix Nobel, deux prix Nobel pour notre pays chaque année en moyenne.
Quel autre pays européen, quel autre pays du monde peut en dire autant ? C’est
ça le récit que nous voulons diffuser pour le reste du monde, la France en
grand.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> [Tribune : « La révolution ne fait que commencer »] Après le vote à
l’Assemblée de la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux
enfants, la ministre assure que les moyens nécessaires seront inscrits dans la
loi avec une programmation année après année.
L’Assemblée nationale vient d’adopter à l’unanimité (malgré l’abstention de
LFI) la proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes et
aux enfants. Une première victoire et une démonstration : quand la protection
des victimes l’emporte sur les intérêts partisans, de nouveaux droits
deviennent possibles.
Pendant des décennies, les victimes ont suffoqué dans le silence que la société
leur imposait. Aujourd’hui, c’est elle qui suffoque devant le nombre de
témoignages qui arrivent de toutes parts. Le procès de Mazan a pulvérisé
l’illusion d’une violence commise toujours ailleurs, par des monstres
finalement bien commodes. Les monstres n’existent pas. Les violences sont
ordinaires. Elles sont chez nous.
Elles ne sont pas une succession de faits divers, mais un fait de société
auquel nous devons opposer une réponse de toute la société. Depuis 2017, nous
avons beaucoup construit. Des droits nouveaux, des moyens renforcés, des
Maisons des femmes, la possibilité de déposer plainte à l’hôpital, l’aide
universelle d’urgence, les ordonnances de protection. Une loi après l’autre,
une protection après l’autre. Chacune était nécessaire.
Aujourd’hui, notre responsabilité est de les relier. Parce que les violences,
elles, ne connaissent pas nos découpages. Physiques, sexuelles, psychologiques,
économiques, administratives ou numériques, elles traversent les âges, les
familles, les lieux de vie et s’engouffrent dans les failles de nos
protections.
En proposant de supprimer le terme « féminicide » de la loi, le RN a préféré
nier la réalité plutôt que la combattre
Face à ce continuum de violences, nous devons construire un continuum de
protection : prévenir, éduquer, repérer, écouter, mettre à l’abri, accompagner,
soigner, enquêter, juger, réparer. Faire système contre ce qui a trop longtemps
fait système.
C’est cette ambition qui nous rassemble. Pendant deux ans, les associations,
notamment la Coalition féministe et enfantiste, ont porté des propositions
fortes. Parallèlement, du côté du gouvernement, nous avons réuni les
représentants de tous les groupes politiques de l’Assemblée nationale et du
Sénat au sein d’un groupe de travail transpartisan. Et à l’Assemblée nationale,
cette ambition s’est traduite par une proposition de loi cosignée par
247 députés.
Passer des mots aux actes
Aujourd’hui, cette mobilisation se traduit en protections concrètes. L’inceste
est enfin reconnu pour ce qu’il est : un crime à part. À l’école, nous voulons
que chaque enfant puisse bénéficier d’ici à 2032 d’un entretien individuel pour
mieux repérer les violences et recueillir sa parole. Les enquêtes seront
renforcées par des actes obligatoires et la possibilité, sous conditions, de
prolonger la garde à vue. Et, face aux violences numériques, le texte renforce
la lutte contre les images intimes non sollicitées, le revenge porn et les
deepfakes.
Les débats ont aussi fait tomber les masques. En proposant de supprimer le
terme féminicide de la loi, le RN a préféré nier la réalité plutôt que la
combattre. En votant contre le congé pour les salarié(e)s victimes de violences
sexuelles, il leur a refusé du temps pour être accompagné(e)s ou porter
plainte.
À force de vouloir faire le procès de la police, LFI finit par oublier les
victimes. Oui, leurs accueil et accompagnement doivent continuer de progresser.
Mais jeter systématiquement le discrédit sur les policiers et gendarmes qui
accompagnent les victimes aux côtés des associations, c’est risquer de
décourager celles et ceux qui hésitent encore à porter plainte.
Le combat continuera au Sénat dans les prochaines semaines. Et, comme le
gouvernement s’y est engagé, les besoins humains et financiers seront évalués
précisément, et les moyens nécessaires inscrits dans la loi avec une
programmation année après année.
Nous ne serons pas jugés sur la force de nos indignations mais à l’aune des
protections que nous aurons bâties et de la culture que nous aurons changée.
Pour que celles et ceux qui suffoquent aujourd’hui puissent enfin retrouver de
l’air. Pour que nos enfants n’aient plus à mener les mêmes combats que les
nôtres. Et cette révolution ne fait que commencer.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Le Rassemblement national prétend défendre les traditions françaises
séculaires mais interdit la chasse dans les communes dont il a la charge. Le
double discours est un jeu dangereux. Total soutien aux chasseurs.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La violence inouïe d’hier nous laisse un profond sentiment de gravité.
Rien ne justifie jamais la violence ni les atteintes à nos institutions. Tout
mon soutien aux blessés, aux forces de l’ordre et aux pompiers mobilisés, aux
commerçants dont l’activité a été saccagée, à celles et ceux qui ont manifesté
pacifiquement et dont la voix a été étouffée. La France est plus grande que les
violences qui la traversent. Ne laissons pas une minorité étouffer les
aspirations, creuser les divisions et entamer notre confiance. Le chemin existe
pour avancer ensemble.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> L’aide alimentaire est une solidarité essentielle pour les plus fragiles.
Notre responsabilité est de donner aux associations les moyens d’agir, face à
des besoins qui ne cessent de croître. Dans le budget 2027, je me suis battu
pour renforcer les moyens consacrés à l’aide alimentaire, avec 24 millions
d’euros supplémentaires, portant notre engagement à 183 millions d’euros. À
Marseille, j’ai visité l’entrepôt solidaire de la Fondation CMA CGM, un modèle
exemplaire de coopération entre entreprises, associations et pouvoirs publics.
Grâce à la mutualisation des moyens logistiques de cinq grands réseaux
associatifs, cet entrepôt permet d’approvisionner 330 centres de distribution
et de renforcer concrètement l’efficacité de l’aide alimentaire. De cette visite
est née une ambition : engager une grande mobilisation des entreprises et de
leurs fondations en faveur de l’aide alimentaire. Car face à la précarité, la
solidarité doit être l’affaire de tous. L’État prend ses responsabilités, mais
c’est en unissant les forces publiques, associatives et privées que nous
pourrons aller plus loin.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> Des violences urbaines d'une gravité inouïe se sont déroulées aujourd'hui
et se déroulent encore actuellement. Dès ce soir, dans la continuité de mes
instructions des dernières 48 heures, j’ai redit à l'ensemble des procureurs
généraux et des procureurs d’apporter une réponse judiciaire extrêmement ferme,
à la hauteur des violences qui ont frappé notre pays. Le placement en détention
provisoire doit être requis contre ceux qui s’en sont pris aux forces de
l’ordre, aux sapeurs-pompiers, aux bâtiments publics et aux commerces.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Casser une vitrine, ce n'est pas défendre le pouvoir d'achat. C'est
détruire l'outil de travail de quelqu'un qui se lève tôt, qui paie ses charges
et qui fait vivre son quartier. Ce soir, dans toute la France, des commerçants
découvrent leur boutique saccagée. Ces violences n'ont rien à voir avec les
manifestations pacifiques d'aujourd'hui. Ceux qui ont cassé et pillé doivent
être poursuivis et punis, et c'est à eux d'en assumer le coût. Ce n’est ni aux
victimes, ni aux contribuables. C'est le sens du projet de loi «
casseurs-payeurs », que le gouvernement défendra. À tous les commerçants
touchés, je veux dire que nous sommes mobilisés à Bercy pour vous aider.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Tout mon soutien aux policiers, gendarmes et pompiers mobilisés hier,
ainsi qu’aux maires et préfets, pris pour cible parce qu’ils incarnent notre
République. Le droit de manifester est une liberté fondamentale de notre
démocratie, issu de notre Histoire. Jamais il ne saurait justifier les
violences, les pillages et les destructions. Les irresponsables politiques qui
attisent les tensions et légitiment ces violences devront répondre de leurs
paroles et de leurs actes. La République doit protéger les libertés comme ceux
qui les garantissent. Elle ne cédera jamais à la violence.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Une fois encore, la voix de ceux qui manifestaient pour porter des
revendications diverses a été étouffée par une violence totalement débridée
contre les institutions. À Limoges, Marseille, Lille… des mairies ont été
attaquées, après des lycées et des universités cette semaine. Rien ne peut
justifier de tels actes. Les masques sont tombés : ceux qui osent encore
invoquer les revendications des manifestants pour semer le chaos, la violence
et l’intimidation ne défendent pas leur parole. Ils la confisquent. J’apporte
tout mon soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers mobilisés pour protéger
nos concitoyens, ainsi qu’à toutes les victimes de ces violences. Manifester
est un droit. Détruire, agresser et intimider sont des délits.
> Les personnels de direction et les équipes de vie scolaire - conseillers principaux d'éducation, assistants d'éducation - jouent un rôle essentiel dans la vie des établissements. Aux côtés des professeurs, elles contribuent à leur bon fonctionnement, accompagnent les élèves au quotidien et font vivre ce lien éducatif indispensable à leur réussite. Depuis plusieurs semaines, celles qui ont dû faire face à des violences autour de leur lycée sont durement éprouvées. Et pourtant, elles continuent d’assurer leurs missions avec un engagement remarquable, au service des élèves et du service public de l’éducation, qu'elles n'ont eu de cesse de protéger. Au lycée Marguerite Yourcenar de Morangis, je suis allé hier à la rencontre d’une équipe soudée, attentive à ses élèves et attachée à la réussite de chacun. Alors que débutent les vacances scolaires, je veux leur témoigner toute ma reconnaissance. Elles sont, avec les professeurs, le visage de l’École et font vivre chaque jour les valeurs qui nous unissent.
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
> Notre Démocratie s'honore de la liberté d'expression qui doit être
entendue et respectée. Les violences, les destructions et les pillages la
violent et la détruisent. Tous ceux qui y participent doivent être sévèrement
punis.
Ceux qui les soutiennent ou se taisent sont gravement coupables. Détruire,
fracasser les lieux qui incarnent la République et créer le désordre, c'est
piller la Nation, nuire à ceux qui la servent, à tous nos concitoyens qui la
font vivre et à ceux dont elle doit prendre soin.
J'exprime aux forces de l’ordre, aux maires des villes abîmées et aux
commerçants touchés mon total soutien.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> La République, c’est le respect de l’état de droit, par tous, en toutes
circonstances. Brûler, détruire, piller, saccager : rien, rien ne justifie
cette violence. Les casseurs ne feront jamais avancer les revendications de
ceux qui manifestent pacifiquement. La République est forte, elle tient, elle
tiendra. Toutes les forces politiques doivent dès maintenant prendre leur
responsabilité et appeler sans aucune ambiguïté à mettre fin aux violences.
> Cette nuit, un violent incendie a ravagé l'UFR de lettres de Rouen, sur le campus de Mont-Saint-Aignan. L’incendie était volontaire et la justice devra sanctionner ses auteurs avec la plus grande sévérité. Aucun blessé n'est à déplorer et je veux saluer l'engagement des sapeurs-pompiers de Seine-Maritime, qui ont lutté plusieurs heures pour maîtriser les flammes. Mettre le feu à une université, ce n'est pas une forme de contestation : c'est s'en prendre au savoir, à ceux qui l'enseignent et à ceux qui s'y forment. Rien ne peut le justifier. Je pense aux étudiants et aux personnels de l'UFR de lettres. Le ministère est pleinement mobilisé aux côtés de la présidence de l'université pour que ce bâtiment rouvre au plus vite.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Face aux violences d’une extrême gravité survenues hier, je proposerai
mardi, en Conférence des présidents, la création d’une commission d’enquête
parlementaire pour faire la lumière sur ces débordements, les méthodes des
groupuscules violents et la stratégie de maintien de l’ordre. Nous devons en
tirer les enseignements pour mieux protéger les Français et garantir le droit
de manifester.
> Les actes de violences auxquels nous assistons aujourd’hui sont d’une gravité exceptionnelle. Alors que de nombreuses villes ont été le théâtre de pillages, d’incendies volontaires et d’exactions insupportables, je tiens à apporter tout mon soutien à nos forces de l’ordre mobilisées pour protéger les Français. J’appelle au calme et au dialogue. La démocratie donne à chacun le droit de faire entendre sa voix, jamais celui de s’en prendre aux personnes et aux biens.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Les scènes de violence sont insupportables. Les scènes de pillages de nos
commerces et de nos mairies sont indignes. Les scènes de chaos sont une
provocation envers l’autorité de l’État. Rien ne saurait justifier ces
agissements. Toutes les leçons de ces événements devront être tirées. Plein
soutien à nos forces de l’ordre qui font face à un niveau de violence inouï. La
France et les Français se tiennent à leurs côtés.
Elisabeth Borne (députée)
> Les violences, les pillages et les saccages commis ce samedi sont
inacceptables. S’attaquer à nos mairies, à nos préfectures et aux biens
publics, c’est s’attaquer aux fondements mêmes de notre République. Le droit de
manifester et d’exprimer pacifiquement ses revendications est une liberté
fondamentale. Rien ne saurait justifier de telles violences. Leurs auteurs
devront répondre de leurs actes devant la justice. J’exprime toute ma
solidarité aux personnels des lieux attaqués et ma reconnaissance à nos pompiers
et à nos forces de l’ordre, mobilisés avec courage et professionnalisme tout au
long de cette journée et encore ce soir.
Marc Ferracci (député)
> La colère, ce soir. Colère devant des manifestations citoyennes prises en
otage par les casseurs de l’ultra-gauche, relayés par des pillards sans foi ni
loi. Colère face à LFI et ses supplétifs, qui après avoir assumé la violence
comme « légitime », minorent l’action des voyous pour mieux critiquer
nos policiers et gendarmes. Lorsque l’ultraviolence sévit le soutien aux forces
de l’ordre doit être total. Chacun doit désormais choisir son camp. La
République ou le chaos.
> Apprendre à penser avant d’apprendre à réciter. Des élèves de 8 ans qui expliquent leur raisonnement, des enseignants spécialisés dès le primaire, pas d’estrade. Merci à Magali Wahl, à la directrice pédagogique et aux enseignantes de l’École Eden à Genève pour cette matinée inspirante.
Jean-René Cazeneuve (député)
> Manifester est un droit fondamental de notre République. Mais aucune
revendication ne peut justifier la violence ! Pillages, mairies et offices de
tourisme saccagés, attaques contre nos forces de l’ordre : ces actes sont
intolérables. Ces violences salissent la République et portent atteinte au
droit de manifester pacifiquement. Soutien total à nos forces de l’ordre et
solidarité avec les commerçants et les habitants touchés.
> Rétablir la taxe d’habitation, c’est faire peser un nouvel impôt sur les ménages les plus modestes ! Avant de vouloir la rétablir, il faut aussi se demander qui devra la payer.
Olivia Grégoire (députée)
> Le dégoût. La colère devant toutes ces destructions de bâtiments publics,
de commerces. La honte de voir ainsi attaquées les forces de l’ordre. Les
forces politiques qui hier encore appelait à cette colère au sein de
l’hemicycle sont lourdement responsables.
Violette Spillebout (députée)
> Un désastre ! Je suis extrêmement choquée et indignée des dégâts provoqués
partout en France par les casseurs et en particulier dans les rues de Lille, et
à la Mairie. Ils détournent les manifestations et les revendications légitimes
des Lycéens pour créer le chaos. Tout mon soutien aux forces de l’ordre et aux
agents municipaux. Nous vous soutenons !
Marie Lebec (députée)
> [M. Mélenchon] Arrêtez de prétendre que vous n’y êtes pour rien. C’est
précisément ce que vous cherchiez. La violence, les débordements, les
affrontements avec nos forces de l’ordre. Instrumentaliser chaque revendication
pour servir votre cause et attiser les tensions. C'est votre méthode, partout,
tout le temps.
Paul Midy (député)
> 9 milliards investis. 124 milliards de bénéfices. L’Europe est l’un de
nos investissements les plus rentables : elle nous rapporte 12 fois plus
qu’elle ne nous coûte ! À ceux qui rêvent d’en sortir : regardez le Brexit !
Qui peut dire aujourd’hui que c’est une réussite économique pour le Royaume-Uni
?
Constance Le Grip (députée)
> La priorité doit être une commission d'enquête œuvrant à faire la
lumière sur les mouvements des casseurs et des black blocs : qui sont-ils,
comment sont-ils organisés, qui les financent, quels sont leurs liens avec
l'ultra-gauche, l'extrême-gauche, quelles sont leurs connexions avec, le cas
échéant, des organisations politiques françaises et internationales et des
réseaux de narco-trafic, y a-t-il eu des ingérences numériques étrangères ? Le
Parlement a déjà tenu ces dernières années plusieurs commissions d'enquête sur
le maintien de l'ordre, et on ne saurait mettre un signe équivalent entre les
violences commises par des casseurs et des délinquants et la doctrine de
maintien de l'ordre.
> Soutien à nos forces de sécurité intérieure, qui ont à faire face à une très grande violence, aux pillages, au saccage, orchestrés par des groupes d'ultra-gauche ennemis de la République, et qui profitent avec un cynisme absolu des cortèges et manifestations pour tenter d'installer le chaos ! La très grande majorité de nos compatriotes vous soutient dans votre mission de protection et de sécurité des personnes et des biens !
> Présente à la projection organisée hier soir en avant-première par Arte du documentaire «Traces, survivantes de l'invasion», de la réalisatrice ukrainienne Alisa Kovalenko. Un documentaire absolument poignant sur les violences sexuelles liées au conflit (VSLC) commises par les soldats russes sur de nombreuses Ukrainiennes, dans le Donbass et d'autres régions occupées par les forces russes. Des survivantes de ces crimes de guerre se sont constituées en association, SEMA Ukraine , à l'initiative de la très courageuse Iryna Dovhan, présente à Paris, et se battent contre le traumatisme, la stigmatisation, et la reconnaissance du crime de guerre par la justice internationale. Le documentaire sera prochainement diffusé sur Arte.
● MoDem
Maud Gatel (secrétaire générale)
> Affligée. Et en colère. Les revendications sont oubliées compte tenu des
violences, des pillages et des incendies. Des sapeurs-pompiers dont la sécurité
n’est pas suffisamment assurée pour intervenir. Ce n’est pas un jeu. C’est la
mise en danger de la vie d’autrui.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> Jean-Luc Mélenchon en plein naufrage. La violence est un naufrage. L’éloge
de la violence ou son déni sont un naufrage. Le complotisme est un naufrage.
L’attaque contre les médias est un naufrage. Rien n’est anodin dans ces
messages d’aujourd’hui. Tout y est dangereux. Ils révèlent un basculement
profond : ne plus chercher à convaincre les Français d’une idée, mais les
persuader qu’on leur cache la vérité. Suggérer que les médias dissimulent et
que les institutions manipulent, c’est le ressort même du complotisme et des
dérives illibérales. Un « responsable » politique qui s’emploie à délégitimer
les institutions et les contre-pouvoirs ne combat plus un gouvernement. Il sape
les fondements de la démocratie. À force de convaincre que tout est
manipulation, il rend impossible toute vérité partagée. Ne restent alors que
des croyances qui s’affrontent, des camps qui se radicalisent et une société
qui se fragmente chaque jour un peu plus. Voilà la véritable hypocrisie :
prétendre défendre le peuple en détruisant ce qui lui permet de penser, de
juger, de délibérer librement et de se réconcilier. Plein soutien aux forces de
l’ordre agressées et qui font face. Plein soutien également aux secours
entravés dans leurs interventions, aux commerçants pillés, aux maires dont les
hôtels de ville ont été saccagés et aux manifestants dont les revendications
sont rendues inaudibles par une violence qui, le plus souvent, leur est
étrangère. Nous ne laisserons pas la violence et l’exacerbation des passions
conduire le pays au naufrage. Au naufrage politique, économique, financier,
civique et démocratique. Cela doit être l’obsession de tous les démocrates et
de tous les patriotes. Ce soir, comprenant que la situation lui échappe,
Jean-Luc Mélenchon se défausse sur le préfet. On ne se dédouane pas d’avoir
attisé l’incendie en accusant ceux qui tentent de l’éteindre. Tel Néron devant
Rome en flammes, il contemple un incendie qu’il a lui-même attisé. Il devra
rendre des comptes.
Perrine Goulet (députée)
> La manifestation qui avait de réelles revendications a, dans de nombreuses
villes, servi de prétexte pour que certains voyous s’en prennent aux bâtiments
publics et aux biens d’autrui en brûlant des véhicules et en pillant des
magasins. Tout mon soutien aux forces de l’ordre.
Erwan Balanant (député)
> La Loi intégrale doit absolument aboutir avant les élections de 2027. Il
nous faut sécuriser les dispositions portées. Je serais très inquiet pour
l’avenir de cette loi si Marine Le Pen arrivait au pouvoir. Il faut que tous
ceux qui ont porté cette loi en aient conscience.
Frantz Gumbs (député)
> Parcoursup est une réussite sur le plan technique, mais un
échec relatif sur le plan politique, au regard des objectifs que lui avait
assignés la loi ORE de 2018.
La plateforme a mis fin au tirage au sort
d’APB, raccourci la phase d’admission et facilité l’accès à l’information sur
plus de 24 000 formations. Elle a aussi ouvert le « champ des
possibles » à des lycéens de province, des territoires ruraux et
d’outre-mer.
Mais les difficultés persistent : environ
18 % des étudiants se réorientent et seuls 30 % obtiennent leur
licence en trois ans. Parcoursup ne sélectionne pas les candidats : ce sont les
commissions d’examen des vœux qui les classent.
Parcoursup est donc moins le responsable
que le révélateur des limites de nos politiques d’orientation et du
sous-financement de l’enseignement supérieur. (…)
Découvrir Parcoursup en janvier de
l’année du bac, c’est découvrir trop tard.
Les choix d’enseignements de spécialité
interviennent dès la seconde et conditionnent l’accès à de nombreuses
formations. Pourtant, les élèves ne bénéficient pas tous du même
accompagnement.
Le rôle de l’école est central. Les 54
heures annuelles d’accompagnement à l’orientation prévues au lycée doivent
devenir effectives et être financées. Nous proposons également de former les
professeurs principaux et de renforcer la présence des psychologues de
l’Éducation nationale, avec un objectif d’un professionnel pour 600 élèves, en
commençant par les territoires prioritaires, ruraux et ultramarins. (…)
La liberté des formations a une
contrepartie : un devoir de transparence et d’équité envers les candidats.
Trop de décisions sont vécues comme une « boîte noire ».
Nous proposons de
publier les algorithmes de pré-classement et les critères éliminatoires,
d’instaurer un référentiel national de notation du contrôle continu et de
supprimer la mention du lycée d’origine dans les dossiers.
L’égalité des chances suppose aussi des
correctifs sociaux et territoriaux. Les quotas de boursiers fonctionnent et
pourraient être étendus aux étudiants boursiers en réorientation. Il faut
également faciliter la mobilité, notamment pour les jeunes ultramarins qui
doivent parfois parcourir des milliers de kilomètres pour accéder à la
formation souhaitée. (…)
Parcoursup agit sur l’admission, pas sur
l’accompagnement pédagogique. En première année de licence, les étudiants
manquent encore trop souvent de tutorat et de soutien méthodologique.
Nous proposons de développer les parcours
de remise à niveau et de généraliser les questionnaires d’auto-positionnement
dans les filières où les risques d’échec sont élevés.
Il faut également changer notre regard
sur la réorientation.
La réorientation ne doit plus être
assimilée à un échec, mais reconnue comme une étape de maturation du
projet.
Nous proposons notamment d’expérimenter
des places réservées aux étudiants en réorientation et de développer des années
de transition pour ceux qui ont besoin de préciser leur choix. (…)
Il faut dépasser le seul nombre de
candidats affectés. Accepter une proposition ne signifie pas nécessairement
avoir obtenu la formation souhaitée.
Nous devons suivre les taux de
réorientation et de réussite en licence, la composition sociale des filières,
la mobilité géographique des étudiants et les moyens consacrés à l’orientation.
Ces données devraient être réunies dans
un tableau de bord public et suivies dans la durée. C’est indispensable pour
mesurer les effets réels des réformes et identifier les inégalités qui
persistent. (…)
Je retiens cinq priorités :
- renforcer l’accompagnement à
l’orientation au lycée ;
- garantir davantage de transparence dans
la sélection ;
- faire de Parcoursup une plateforme de
confiance ;
- revoir le calendrier pour réduire le
stress des candidats ;
- renforcer l’égalité territoriale.
J’attends notamment du Gouvernement un
financement dédié aux heures d’orientation, un plan de recrutement de
psychologues de l’Éducation nationale et des règles plus transparentes pour
l’examen des candidatures.
Je souhaite également que la régulation
de l’enseignement supérieur privé progresse et que les aides à la mobilité
soient renforcées pour les étudiants ultramarins.
> [Ecole] Il faut sortir de l’idée
d’un parcours linéaire et irréversible. La réussite ne se résume pas à l’obtention, du premier coup, de la
formation la plus convoitée. Le droit à l’erreur et la possibilité de bifurquer
doivent être reconnus et accompagnés.
Il faut aussi valoriser toutes les voies
de réussite, notamment les BTS, et mieux articuler le lycée avec l’enseignement
supérieur. Parcoursup ne peut pas corriger seul des inégalités qui se sont
construites tout au long de la scolarité.
Pour que l’effort paie pour tous, chaque jeune, quel que soit son milieu ou son territoire, doit disposer de la même information, du même accompagnement et des mêmes moyens matériels pour tenter sa chance.
● Parti radical
> Les violences et dégradations sont inacceptables. Des émeutiers
profitent des manifestations pour porter atteinte à notre République. Le Parti
radical apporte son plein soutien aux forces de l’ordre. Les auteurs de ces
actes doivent être sanctionnés avec la plus grande fermeté.
Nathalie Delattre (présidente)
> À Bordeaux, les casseurs ont pris la rue en otage. Espace public
ravagé, commerces dévastés, institutions menacées. Ce n’est pas manifester,
c’est défier la République et nos libertés ! Je condamne sans réserve. Soutien
total aux forces de l’ordre engagées partout en France.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Sandro Gozi (député)
> [Tribune : « Paris et Rome, laboratoire de l'Europe des villes
»] « Seul Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris. » En 1956,
nos deux capitales scellaient un jumelage unique au monde : chacune est la
seule ville jumelle de l’autre. C’était quatorze mois avant la signature des
Traités de Rome. Comme si, avant même que l’Europe ne se dote d’institutions, Paris et Rome avaient compris que leur
avenir se construirait ensemble.
Soixante-dix ans plus tard, cette intuition n’a rien perdu de sa force. Mais
elle court un risque : celui de devenir une belle formule, célébrée à chaque
anniversaire puis rangée jusqu’au suivant. Le partenariat a pourtant retrouvé
une vraie dynamique depuis sa relance en 2022. Rencontres entre les maires,
expositions, projets culturels : le 70e anniversaire a été dignement fêté. Mais
honorer une histoire ne suffit pas. La meilleure manière de lui être fidèle,
c’est de lui donner un avenir.
Nous disposons pour cela d’un outil encore sous-utilisé : le Traité du
Quirinal. Signé entre la France et l’Italie, il reconnaît explicitement le rôle
des collectivités territoriales dans la coopération entre nos deux pays. Paris
et Rome doivent en être les
premiers laboratoires.
C’est le sens des propositions que le Conseil de Paris vient d’adopter à
l’unanimité : une Biennale Paris-Rome, une Journée commune, un Passeport
Paris-Rome pour que les citoyens, et pas seulement les institutions,
s’approprient ce lien. Mais aussi des coopérations concrètes sur les sujets qui
décideront de notre avenir : l’intelligence
artificielle, l’innovation, la transition écologique, la reconquête de
nos fleuves, la Seine et le Tibre.
Un jumelage pour construire l’Europe de demain
Car les grandes villes européennes affrontent les mêmes défis : adaptation au climat, logement,
mobilités, révolution numérique. Elles n’ont aucune raison de les affronter
seules. Partager des expériences, mutualiser des projets, comparer des
politiques publiques : voilà ce que peut devenir un jumelage au XXIe siècle.
Cette initiative a une autre singularité. Elle est portée en même temps dans
les deux capitales : à Rome, mes amis d’Italia Viva défendent le même texte
devant l’Assemblée capitoline. Deux villes, deux assemblées, une même volonté.
C’est cela, une action politique véritablement européenne : non pas parler de l’Europe, mais la faire, concrètement, à
l’échelle où vivent les citoyens.
Rapprocher Paris et Rome, c’est construire, très concrètement, l’Europe que
nous voulons
L’adoption unanime de ce texte porte enfin une leçon qui dépasse les relations
franco-italiennes. Elle est le fruit d’un dialogue exigeant entre une
opposition qui propose et une majorité qui accepte d’enrichir. À l’heure où la
vie politique se réduit trop souvent à l’affrontement, c’est un rappel utile :
l’opposition n’est pas condamnée à contester. Elle a aussi le devoir
d’imaginer. Et une bonne idée mérite d’être soutenue, quelle que soit son
origine.
Paris et Rome partagent une certaine idée de la culture, de la liberté et de la
démocratie. Faisons de cette amitié historique une force d’avenir. Rapprocher
Paris et Rome, c’est construire, très concrètement, l’Europe que nous voulons.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> La casse et la violence salissent les revendications de tous ceux qui
veulent manifester dans le calme. Ne tolérons jamais cette sauvagerie. Ne la
confondons pas avec le droit de manifester, de protester dans le calme et le
respect. Soutien à tous ceux qui défendent l’ordre républicain.
> Il y a six ans, Samuel Paty était assassiné pour avoir enseigné la liberté d’expression. Trois ans plus tard, ce fut Dominique Bernard. Ces crimes visaient l’École de la République et la liberté de penser. L’École doit continuer à transmettre nos valeurs et à faire vivre la laïcité. Face au terrorisme islamiste, face aux menaces. Professeurs, nous ne vous oublierons jamais.
> [Tribune coécrite avec Antoine Bristielle,
directeur de l'Observatoire de l'opinion de la Fondation Jean-Jaurès : «
Derrière la colère, une jeunesse en quête de place»]Derrière la colère des
lycéens, se cache une jeunesse inquiète pour son avenir et fragilisée par les
inégalités. Une situation qui appelle à repenser la place des jeunes dans la
société et la démocratie.
Ces derniers jours, les mobilisations lycéennes ont surgi dans le débat public
avec des discussions dominées par les questions de violence et de casse, ou de
maintien de l’ordre. Ces sujets importants ne doivent pas occulter
l’essentiel : derrière la colère, des milliers de jeunes expriment une
inquiétude quant à leur place dans la société, qui renvoie à un déclassement
ancien et un vieillissement croissant.
Au-delà des revendications sur les conditions d’enseignement, le manque de
professeurs ou Parcoursup, ce mouvement invite à poser une question
fondamentale : la jeunesse française peut-elle encore envisager son avenir avec
confiance ? En octobre 2025, le haut-commissariat à la Stratégie et au plan a
publié une étude comparant la situation des jeunes d’aujourd’hui à celle des
années 1970.
Son enseignement est double. D’un côté, les progrès ont été considérables :
près d’un jeune sur deux possède aujourd’hui un diplôme de l’enseignement
supérieur, contre un sur cinq il y a cinquante ans ; le revenu moyen en début
de carrière a augmenté, même en tenant compte de l’inflation ; le temps de
travail a diminué… Sur bien des aspects, les jeunes, notamment les femmes,
vivent mieux que celles et ceux d’il y a cinquante ans.
Toutefois, leur position relative dans la société s’est dégradée. L’élévation
spectaculaire du niveau de diplôme ne s’est pas accompagnée d’une progression
équivalente des emplois qualifiés ; le rendement du diplôme s’est érodé. Dans
le même temps, l’entrée dans la vie active est devenue plus incertaine. En
1982, parmi les jeunes de moins de 25 ans qui travaillent, 75 % disposaient
d’un emploi stable, contre seulement 43 % en 2023. Les premières années
professionnelles sont davantage marquées par les contrats courts, le chômage,
la précarité.
Les jeunes n’ont pas bénéficié des fruits de la croissance dans les mêmes
proportions que leurs aînés
Les évolutions salariales témoignent d’une dynamique comparable. Si les jeunes
gagnent davantage qu’autrefois, leurs rémunérations ont progressé moins
rapidement que celles des salariés plus âgés, et que la richesse produite dans
le pays. Autrement dit, les jeunes n’ont pas bénéficié des fruits de la
croissance dans les mêmes proportions que leurs aînés.
La question du logement constitue la principale manifestation de cette
dégradation. La durée moyenne d’emprunt, à surface comparable, est passée de
quatorze à vingt-trois ans en deux générations. Le patrimoine se concentre
davantage, chez les générations âgées et chez une minorité favorisée au sein de
la nouvelle génération.
Plus profondément, nous sommes devenus, comme partout en Europe, un pays de
vieux, cette « France ridée » dont parlait Alfred Sauvy.
En 1975, les moins de 30 ans représentaient la moitié de la population
française. Ils n’en constituent plus qu’un tiers aujourd’hui. Et dans une
décennie, les plus de 70 ans seront plus nombreux que les moins de 20 ans !
Redonner une place aux jeunes dans la société et la démocratie
Il ne s’agit évidemment pas d’opposer les générations ni d’ignorer les
inégalités entre jeunes, mais le constat est clair : moins nombreux, ils sont
aussi moins favorisés dans la répartition des revenus et du patrimoine, et
peinent davantage à entrer dans la vie adulte.
À ces difficultés s’ajoute un contexte général marqué par une succession de
crises : dérèglement climatique, tensions géopolitiques, crises économiques,
inquiétudes démocratiques et transformations technologiques – sans parler du
passage par le Covid. Deux tiers des 18-25 ans pensent ainsi que la situation
de la France va se détériorer dans les années à venir, et la même proportion
des moins de 35 ans pense que « c’était mieux avant ». Le
pessimisme est devenu majoritaire parmi ceux qui ont la vie devant eux !
Les revendications lycéennes méritent des réponses qui dépassent la dimension
scolaire. Comment se projeter quand l’attention collective porte sur les
retraites – et les retraités ? Comment ne pas douter quand 90 % de nos dépenses
supplémentaires depuis les années 1970 ont financé les dépenses sociales,
notamment les pensions, au détriment de l’éducation ou de la recherche ?
À quelques mois de l’élection présidentielle, une question s’impose :
savons-nous parler d’avenir et proposer un projet désirable aux jeunes
générations ? Investir dans l’école bien sûr, grâce au dividende démographique
lié à la baisse des effectifs, et réformer l’enseignement supérieur. Mais bâtir
aussi une vision et un projet crédibles sur le climat, l’héritage et les
inégalités, le logement.
La colère de la jeunesse est une manifestation du choc démographique qui touche
notre pays
Cela suppose également de donner davantage de place aux jeunes dans notre
démocratie. Le rapport de prospective « France 2035, France 2050 »
du plan ouvre, entre autres, le débat sur le droit de vote dès 16 ans. Pourquoi
ne pas l’expérimenter aux élections locales, comme un sas d’entrée dans la
citoyenneté ?
Comme une manière de faire confiance, et de rééquilibrer le poids des plus
jeunes et des plus vieux dans nos décisions collectives. La colère de la
jeunesse est une manifestation du choc démographique qui touche notre pays,
pour longtemps. Regardons-la comme telle, la quête d’une place légitime,
par-delà les nécessaires réponses d’urgence.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Un professeur envoie « par erreur » un film porno à ses
élèves : des centaines d’images pédopornographiques découvertes chez lui] C’est
« par erreur » que l’on découvre l’horreur chez ce professeur. Combien de
prédateurs passent encore sous les radars ? La protection de nos enfants ne
peut pas dépendre du hasard. Repérer plus tôt, enquêter, empêcher d’agir :
protéger avant, pas seulement réparer après !
> Quelle tristesse de voir Marianne à terre ! La colère de la jeunesse mérite d’être entendue, pas confisquée par la violence et les dégradations. La République et ses symboles doivent être respectés.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.