dimanche 18 octobre 2026

Propos centristes. France – Casseurs et émeutiers sèment la violence / Mélenchon s’en prend à la police pas aux casseurs / Lutte contre les violences sexuelles / Aide alimentaire / Revendication des lycéens…


Voici une sélection, ce 18 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis. Aux forces de l’ordre, garantes du droit à manifester, je dis le soutien de la Nation. Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités. Vous [Jean-Luc Mélenchon] appelez celles et ceux qui partagent votre combat à ne pas participer aux pillages. Commencez donc par désigner clairement les responsables, c’est-à-dire ceux qui pillent et qui saccagent. On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C’est votre responsabilité politique.

> Les manifestations pacifiques ont toute leur place dans notre République. Les incendies, les pillages et les attaques n’en ont aucune. Aujourd’hui, des groupes d’ultragauche ont organisé la violence dans plusieurs villes de France ; des délinquants s’y sont mêlés pour piller et détruire. Au moment où certains cherchent à jeter l’opprobre sur nos forces de l’ordre, je veux dire aux Français qu’ils peuvent être fiers de leurs policiers et de leurs gendarmes. Ils ont affronté une violence d'une extrême intensité pour protéger nos concitoyens et ils méritent tout notre soutien.
À ceux qui clairement veulent faire de ces violences «un tour de chauffe» avant l’élection présidentielle, je le dis clairement : nous ne nous laisserons pas intimider. Personne n’imposera son agenda politique par la violence. Les consignes données sont claires : empêcher les exactions, protéger les biens et les personnes, interpeller leurs auteurs et les déférer à la justice. Nous irons jusqu’au bout de la discussion du projet de loi « casseurs-payeurs ». L’argent public est rare : il doit financer nos services publics, pas réparer sans fin ce que des casseurs détruisent. À eux d’en supporter le coût.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n’en est pas un. Attaquer nos forces de l’ordre, s’en prendre à nos institutions, dégrader des bâtiments publics, s’introduire dans des préfectures ou des mairies, piller des commerces : rien ne peut le justifier. Au lendemain de cette journée du 17 octobre qui dans certaines villes s’est poursuivie très tard, je remercie vivement et j’apporte mon total soutien aux policiers, aux gendarmes et aux sapeurs-pompiers qui, partout en France, sont intervenus dans des conditions extrêmes.
Dès la mi-journée, à Marseille dès le matin, des exactions étaient commises par plusieurs milliers d’individus d’ultra gauche décider à s’en prendre à nos bâtiments publics et à prendre à partie nos forces de l’ordre.
Par la suite, ils ont été rejoints par des délinquants qui ont pillés et saccagés de nombreux commerces dans plusieurs villes en France : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Grenoble, Nice, Limoges, … et bien d’autres. Pour l’heure, 1800 personnes ont été interpellées et dès aujourd’hui des enquêtes sont menées pour identifier les auteurs de ces actes pour qu’ils en répondent devant la justice.
A ce stade, plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés pris dans ces scènes de violences. Ce bilan sanitaire n’est malheureusement que provisoire.
Les dégâts matériels sont considérables, pour notamment plusieurs centaines de commerçants.
La République ne cédera rien à ceux qui veulent imposer le désordre et la violence.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Aucune place pour la violence. Hier des groupes d'individus violents ont saccagé nos institutions, nos commerces, nos villes. C'est inacceptable. Non seulement ils salissent la République, mais ils salissent aussi le mouvement qu'ils prétendent défendre.
Honte à eux, honte à ceux qui bafouent toute la portée pacifiste d'une manifestation. Nous serons intransigeants, ceux qui cassent payeront, répareront et devront assumer leur responsabilité dans leur intention de semer le chaos.
Aux côtés du Premier ministre et avec mon collègue Serge Papin nous sommes mobilisés auprès des entreprises et des commerçants affectés, à qui j'adresse ma sincère solidarité.

> Je reviens des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, qui se sont tenues à Bangkok, en Thaïlande cette semaine.
Le monde regarde la France.
Ici j’ai expliqué que nous sommes sur le chemin de la responsabilité, de la consolidation budgétaire avec une cible inflexible de déficit à 5 %.
Le monde observe aussi les revendications des jeunes qui expriment de manière pacifique leurs peurs face à un avenir jonché d’inquiétudes : changement climatique, accélération de l’IA, révolution technologique. Ces peurs sont légitimes.
Dans ces instances nous travaillons à corriger les grands déséquilibres mondiaux pour justement pallier à ces incertitudes.
La France, qui préside le G7 cette année, s’implique dans le recherche de solutions pérennes. Ainsi, j’ai tenu en marge des assemblées une réunion du G7 Finances. La réduction des déséquilibres mondiaux, le soutien indéfectible à l’Ukraine et la protection des plus vulnérables face aux effets du conflit au Moyen-Orient, font l’objet d’un consensus.
Dans la continuité de la réunion ministérielle à Paris en mai dernier nous avons abouti à des résultats concrets :
- Nous avons réussi à lever 260 millions d’euros pour réparer le sarcophage de Tchernobyl, abîmé par un drone russe. Nous poursuivrons ces efforts le 9 novembre prochain à Paris.
- Nous avons aussi agrégé 2,5 milliards d’euros pour assurer la sécurité alimentaire des populations les plus exposées à ce risque.
Le multilatéralisme fonctionne pour nos concitoyens, pour nos économies.
Le monde regarde aussi une France qui souffre, sous les coup de boutoir de ceux qui cherchent le chaos. Nous ne nous y résignons pas. Les revendications citoyennes, les manifestations ont toutes leur place dans notre société.
La violence y est proscrite.

> Grenoble, 1995 : la première puce de NVIDIA est fabriquée par STMicroelectronics, anciennement SGS‑THOMSON.
Depuis, la France et
NVIDIA entretiennent une histoire particulière.
La venue de Jensen Huan
g cette semaine a mis en lumière la grande densité des partenariats avec notre champion Mistral AI, mais aussi tout l’écosystème de l’IA français : des développeurs de modèles d’IA aux industriels et énergéticiens, en passant par les fournisseurs de cloud, les éditeurs de logiciels, les datacenters et les constructeurs de matériel.
Signal fort de l’engagement de long-terme de NVIDIA, plusieurs investissements ont été annoncés, dans Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment !
Si NVIDIA choisit la France, c’est pour son soutien au continuum recherche-innovation et à l’attractivité, pour ses talents et son énergie bas carbone abondante. Ce sont des atouts essentiels dont la France dispose pour aborder les transformations de nos économies engendrées par l'IA.
Avec Jensen Huang, nous avons affirmé notre soutien à la diffusion d’une IA ouverte, adaptée aux besoins des entreprises et garante d’une plus grande liberté de choix, d’un plus grand contrôle sur les données et d’une plus grande confiance dans les modèles.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Le maire de la commune d'Aulnoye-Aymeries a été violemment agressé par des colons extrémistes en Cisjordanie. Nous sommes en lien avec lui. Les autorités israéliennes doivent impérativement arrêter les responsables de ces actes révoltants et les traduire en justice. Elles doivent de toute urgence faire cesser ces violences criminelles et garantir la sécurité des populations civiles, comme elles en ont l'obligation en vertu du droit international.

> Il nous faut écrire nos propres récits.
Parce que les entreprises de France sont désormais confrontées à des guerres commerciales qui s'accompagnent d'une bataille nouvelle, la bataille des récits. Et dans cette bataille, nos adversaires, nos rivaux ne se privent pas pour porter atteinte à l'image de nos entreprises et à leurs intérêts.
Face à cette offensive de plus en plus importante, le Quai d'Orsay a décidé de rentrer de plain-pied dans la bataille des récits et de se doter d'une force de frappe informationnelle en trois temps. La veille et la détection d’abord, la riposte ensuite, et enfin, les récits. 
Riposter ne suffit pas. Nous ne pouvons pas courir systématiquement après les récits que nos compétiteurs, nos rivaux et nos adversaires écrivent à notre place. Il nous faut écrire nos propres récits. C'est pourquoi nous avons engagé ces derniers mois un travail consistant à mesurer la perception de la France et des entreprises françaises à l'étranger.
Ce qui nous revient, c'est que même dans des pays qui sont nos partenaires et nos amis, l'image de la France est totalement décalée. On perçoit la France et l'Europe comme des valeurs du passé, alors même qu'il y a en France et en Europe du talent, de l'énergie et surtout une quantité astronomique d'innovation.
Il faut bien sûr que nous fassions notre travail, au niveau européen, pour être à la hauteur de nos ambitions, et plus de réalisme avec la préférence européenne et la protection de nos secteurs exposés à la concurrence déloyale.
Mais il serait illusoire de considérer que la puissance publique et que nos négociations à Bruxelles nous permettront de relever les défis si nous n'avons pas la conviction intime que nous pourrons y parvenir, que nous saurons faire de la France et de l'Europe des puissances dans le monde qui vient.
C'est ce récit-là que nous devons ensemble, entreprises, pouvoirs publics, construire pour pouvoir le diffuser à l'étranger.
Et c'est facile. Il suffit de se retourner sur l'année qui vient de s'écouler et constater les contrats historiques qui ont été passés, par Dassault Aviation pour le Rafale avec l'Inde, ou par Airbus pour les avions avec la Malaisie. Il suffit de se retourner sur l'acquisition par Schneider Electric de PTC, pour 20 milliards d'euros, ou sur la sortie par Mistral AI de son modèle Mistral Large 4. Et c'est Henri Kagan, qui devient le huitième Français en quatre ans à remporter le prix Nobel, deux prix Nobel pour notre pays chaque année en moyenne.
Quel autre pays européen, quel autre pays du monde peut en dire autant ? C’est ça le récit que nous voulons diffuser pour le reste du monde, la France en grand.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Tribune : « La révolution ne fait que commencer »] Après le vote à l’Assemblée de la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, la ministre assure que les moyens nécessaires seront inscrits dans la loi avec une programmation année après année.
L’Assemblée nationale vient d’adopter à l’unanimité (malgré l’abstention de LFI) la proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Une première victoire et une démonstration : quand la protection des victimes l’emporte sur les intérêts partisans, de nouveaux droits deviennent possibles.
Pendant des décennies, les victimes ont suffoqué dans le silence que la société leur imposait. Aujourd’hui, c’est elle qui suffoque devant le nombre de témoignages qui arrivent de toutes parts. Le procès de Mazan a pulvérisé l’illusion d’une violence commise toujours ailleurs, par des monstres finalement bien commodes. Les monstres n’existent pas. Les violences sont ordinaires. Elles sont chez nous.
Elles ne sont pas une succession de faits divers, mais un fait de société auquel nous devons opposer une réponse de toute la société. Depuis 2017, nous avons beaucoup construit. Des droits nouveaux, des moyens renforcés, des Maisons des femmes, la possibilité de déposer plainte à l’hôpital, l’aide universelle d’urgence, les ordonnances de protection. Une loi après l’autre, une protection après l’autre. Chacune était nécessaire.
Aujourd’hui, notre responsabilité est de les relier. Parce que les violences, elles, ne connaissent pas nos découpages. Physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, administratives ou numériques, elles traversent les âges, les familles, les lieux de vie et s’engouffrent dans les failles de nos protections.
En proposant de supprimer le terme « féminicide » de la loi, le RN a préféré nier la réalité plutôt que la combattre
Face à ce continuum de violences, nous devons construire un continuum de protection : prévenir, éduquer, repérer, écouter, mettre à l’abri, accompagner, soigner, enquêter, juger, réparer. Faire système contre ce qui a trop longtemps fait système.
C’est cette ambition qui nous rassemble. Pendant deux ans, les associations, notamment la Coalition féministe et enfantiste, ont porté des propositions fortes. Parallèlement, du côté du gouvernement, nous avons réuni les représentants de tous les groupes politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat au sein d’un groupe de travail transpartisan. Et à l’Assemblée nationale, cette ambition s’est traduite par une proposition de loi cosignée par 247 députés.
Passer des mots aux actes
Aujourd’hui, cette mobilisation se traduit en protections concrètes. L’inceste est enfin reconnu pour ce qu’il est : un crime à part. À l’école, nous voulons que chaque enfant puisse bénéficier d’ici à 2032 d’un entretien individuel pour mieux repérer les violences et recueillir sa parole. Les enquêtes seront renforcées par des actes obligatoires et la possibilité, sous conditions, de prolonger la garde à vue. Et, face aux violences numériques, le texte renforce la lutte contre les images intimes non sollicitées, le revenge porn et les deepfakes.
Les débats ont aussi fait tomber les masques. En proposant de supprimer le terme féminicide de la loi, le RN a préféré nier la réalité plutôt que la combattre. En votant contre le congé pour les salarié(e)s victimes de violences sexuelles, il leur a refusé du temps pour être accompagné(e)s ou porter plainte.
À force de vouloir faire le procès de la police, LFI finit par oublier les victimes. Oui, leurs accueil et accompagnement doivent continuer de progresser. Mais jeter systématiquement le discrédit sur les policiers et gendarmes qui accompagnent les victimes aux côtés des associations, c’est risquer de décourager celles et ceux qui hésitent encore à porter plainte.
Le combat continuera au Sénat dans les prochaines semaines. Et, comme le gouvernement s’y est engagé, les besoins humains et financiers seront évalués précisément, et les moyens nécessaires inscrits dans la loi avec une programmation année après année.
Nous ne serons pas jugés sur la force de nos indignations mais à l’aune des protections que nous aurons bâties et de la culture que nous aurons changée. Pour que celles et ceux qui suffoquent aujourd’hui puissent enfin retrouver de l’air. Pour que nos enfants n’aient plus à mener les mêmes combats que les nôtres. Et cette révolution ne fait que commencer. 

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Le Rassemblement national prétend défendre les traditions françaises séculaires mais interdit la chasse dans les communes dont il a la charge. Le double discours est un jeu dangereux. Total soutien aux chasseurs.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La violence inouïe d’hier nous laisse un profond sentiment de gravité. Rien ne justifie jamais la violence ni les atteintes à nos institutions. Tout mon soutien aux blessés, aux forces de l’ordre et aux pompiers mobilisés, aux commerçants dont l’activité a été saccagée, à celles et ceux qui ont manifesté pacifiquement et dont la voix a été étouffée. La France est plus grande que les violences qui la traversent. Ne laissons pas une minorité étouffer les aspirations, creuser les divisions et entamer notre confiance. Le chemin existe pour avancer ensemble.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> L’aide alimentaire est une solidarité essentielle pour les plus fragiles. Notre responsabilité est de donner aux associations les moyens d’agir, face à des besoins qui ne cessent de croître. Dans le budget 2027, je me suis battu pour renforcer les moyens consacrés à l’aide alimentaire, avec 24 millions d’euros supplémentaires, portant notre engagement à 183 millions d’euros. À Marseille, j’ai visité l’entrepôt solidaire de la Fondation CMA CGM, un modèle exemplaire de coopération entre entreprises, associations et pouvoirs publics. Grâce à la mutualisation des moyens logistiques de cinq grands réseaux associatifs, cet entrepôt permet d’approvisionner 330 centres de distribution et de renforcer concrètement l’efficacité de l’aide alimentaire. De cette visite est née une ambition : engager une grande mobilisation des entreprises et de leurs fondations en faveur de l’aide alimentaire. Car face à la précarité, la solidarité doit être l’affaire de tous. L’État prend ses responsabilités, mais c’est en unissant les forces publiques, associatives et privées que nous pourrons aller plus loin.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Des violences urbaines d'une gravité inouïe se sont déroulées aujourd'hui et se déroulent encore actuellement. Dès ce soir, dans la continuité de mes instructions des dernières 48 heures, j’ai redit à l'ensemble des procureurs généraux et des procureurs d’apporter une réponse judiciaire extrêmement ferme, à la hauteur des violences qui ont frappé notre pays. Le placement en détention provisoire doit être requis contre ceux qui s’en sont pris aux forces de l’ordre, aux sapeurs-pompiers, aux bâtiments publics et aux commerces.

 

Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Casser une vitrine, ce n'est pas défendre le pouvoir d'achat. C'est détruire l'outil de travail de quelqu'un qui se lève tôt, qui paie ses charges et qui fait vivre son quartier. Ce soir, dans toute la France, des commerçants découvrent leur boutique saccagée. Ces violences n'ont rien à voir avec les manifestations pacifiques d'aujourd'hui. Ceux qui ont cassé et pillé doivent être poursuivis et punis, et c'est à eux d'en assumer le coût. Ce n’est ni aux victimes, ni aux contribuables. C'est le sens du projet de loi « casseurs-payeurs », que le gouvernement défendra. À tous les commerçants touchés, je veux dire que nous sommes mobilisés à Bercy pour vous aider.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Tout mon soutien aux policiers, gendarmes et pompiers mobilisés hier, ainsi qu’aux maires et préfets, pris pour cible parce qu’ils incarnent notre République. Le droit de manifester est une liberté fondamentale de notre démocratie, issu de notre Histoire. Jamais il ne saurait justifier les violences, les pillages et les destructions. Les irresponsables politiques qui attisent les tensions et légitiment ces violences devront répondre de leurs paroles et de leurs actes. La République doit protéger les libertés comme ceux qui les garantissent. Elle ne cédera jamais à la violence.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Une fois encore, la voix de ceux qui manifestaient pour porter des revendications diverses a été étouffée par une violence totalement débridée contre les institutions. À Limoges, Marseille, Lille… des mairies ont été attaquées, après des lycées et des universités cette semaine. Rien ne peut justifier de tels actes. Les masques sont tombés : ceux qui osent encore invoquer les revendications des manifestants pour semer le chaos, la violence et l’intimidation ne défendent pas leur parole. Ils la confisquent. J’apporte tout mon soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers mobilisés pour protéger nos concitoyens, ainsi qu’à toutes les victimes de ces violences. Manifester est un droit. Détruire, agresser et intimider sont des délits.

> Les personnels de direction et les équipes de vie scolaire - conseillers principaux d'éducation, assistants d'éducation - jouent un rôle essentiel dans la vie des établissements. Aux côtés des professeurs, elles contribuent à leur bon fonctionnement, accompagnent les élèves au quotidien et font vivre ce lien éducatif indispensable à leur réussite. Depuis plusieurs semaines, celles qui ont dû faire face à des violences autour de leur lycée sont durement éprouvées. Et pourtant, elles continuent d’assurer leurs missions avec un engagement remarquable, au service des élèves et du service public de l’éducation, qu'elles n'ont eu de cesse de protéger. Au lycée Marguerite Yourcenar de Morangis, je suis allé hier à la rencontre d’une équipe soudée, attentive à ses élèves et attachée à la réussite de chacun. Alors que débutent les vacances scolaires, je veux leur témoigner toute ma reconnaissance. Elles sont, avec les professeurs, le visage de l’École et font vivre chaque jour les valeurs qui nous unissent.

 

Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation)
> Notre Démocratie s'honore de la liberté d'expression qui doit être entendue et respectée. Les violences, les destructions et les pillages la violent et la détruisent. Tous ceux qui y participent doivent être sévèrement punis.
Ceux qui les soutiennent ou se taisent sont gravement coupables. Détruire, fracasser les lieux qui incarnent la République et créer le désordre, c'est piller la Nation, nuire à ceux qui la servent, à tous nos concitoyens qui la font vivre et à ceux dont elle doit prendre soin.
J'exprime aux forces de l’ordre, aux maires des villes abîmées et aux commerçants touchés mon total soutien.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> La République, c’est le respect de l’état de droit, par tous, en toutes circonstances. Brûler, détruire, piller, saccager : rien, rien ne justifie cette violence. Les casseurs ne feront jamais avancer les revendications de ceux qui manifestent pacifiquement. La République est forte, elle tient, elle tiendra. Toutes les forces politiques doivent dès maintenant prendre leur responsabilité et appeler sans aucune ambiguïté à mettre fin aux violences.

> Cette nuit, un violent incendie a ravagé l'UFR de lettres de Rouen, sur le campus de Mont-Saint-Aignan. L’incendie était volontaire et la justice devra sanctionner ses auteurs avec la plus grande sévérité. Aucun blessé n'est à déplorer et je veux saluer l'engagement des sapeurs-pompiers de Seine-Maritime, qui ont lutté plusieurs heures pour maîtriser les flammes. Mettre le feu à une université, ce n'est pas une forme de contestation : c'est s'en prendre au savoir, à ceux qui l'enseignent et à ceux qui s'y forment. Rien ne peut le justifier. Je pense aux étudiants et aux personnels de l'UFR de lettres. Le ministère est pleinement mobilisé aux côtés de la présidence de l'université pour que ce bâtiment rouvre au plus vite.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Face aux violences d’une extrême gravité survenues hier, je proposerai mardi, en Conférence des présidents, la création d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur ces débordements, les méthodes des groupuscules violents et la stratégie de maintien de l’ordre. Nous devons en tirer les enseignements pour mieux protéger les Français et garantir le droit de manifester.

> Les actes de violences auxquels nous assistons aujourd’hui sont d’une gravité exceptionnelle. Alors que de nombreuses villes ont été le théâtre de pillages, d’incendies volontaires et d’exactions insupportables, je tiens à apporter tout mon soutien à nos forces de l’ordre mobilisées pour protéger les Français. J’appelle au calme et au dialogue. La démocratie donne à chacun le droit de faire entendre sa voix, jamais celui de s’en prendre aux personnes et aux biens.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Les scènes de violence sont insupportables. Les scènes de pillages de nos commerces et de nos mairies sont indignes. Les scènes de chaos sont une provocation envers l’autorité de l’État. Rien ne saurait justifier ces agissements. Toutes les leçons de ces événements devront être tirées. Plein soutien à nos forces de l’ordre qui font face à un niveau de violence inouï. La France et les Français se tiennent à leurs côtés.

 

Elisabeth Borne (députée)
> Les violences, les pillages et les saccages commis ce samedi sont inacceptables. S’attaquer à nos mairies, à nos préfectures et aux biens publics, c’est s’attaquer aux fondements mêmes de notre République. Le droit de manifester et d’exprimer pacifiquement ses revendications est une liberté fondamentale. Rien ne saurait justifier de telles violences. Leurs auteurs devront répondre de leurs actes devant la justice. J’exprime toute ma solidarité aux personnels des lieux attaqués et ma reconnaissance à nos pompiers et à nos forces de l’ordre, mobilisés avec courage et professionnalisme tout au long de cette journée et encore ce soir.

 

Marc Ferracci (député)
> La colère, ce soir. Colère devant des manifestations citoyennes prises en otage par les casseurs de l’ultra-gauche, relayés par des pillards sans foi ni loi. Colère face à LFI et ses supplétifs, qui après avoir assumé la violence comme « légitime », minorent l’action des voyous pour mieux critiquer nos policiers et gendarmes. Lorsque l’ultraviolence sévit le soutien aux forces de l’ordre doit être total. Chacun doit désormais choisir son camp. La République ou le chaos.

> Apprendre à penser avant d’apprendre à réciter. Des élèves de 8 ans qui expliquent leur raisonnement, des enseignants spécialisés dès le primaire, pas d’estrade. Merci à Magali Wahl, à la directrice pédagogique et aux enseignantes de l’École Eden à Genève pour cette matinée inspirante.

 

Jean-René Cazeneuve (député)
> Manifester est un droit fondamental de notre République. Mais aucune revendication ne peut justifier la violence ! Pillages, mairies et offices de tourisme saccagés, attaques contre nos forces de l’ordre : ces actes sont intolérables. Ces violences salissent la République et portent atteinte au droit de manifester pacifiquement. Soutien total à nos forces de l’ordre et solidarité avec les commerçants et les habitants touchés.

> Rétablir la taxe d’habitation, c’est faire peser un nouvel impôt sur les ménages les plus modestes ! Avant de vouloir la rétablir, il faut aussi se demander qui devra la payer.

 

Olivia Grégoire (députée)
> Le dégoût. La colère devant toutes ces destructions de bâtiments publics, de commerces. La honte de voir ainsi attaquées les forces de l’ordre. Les forces politiques qui hier encore appelait à cette colère au sein de l’hemicycle sont lourdement responsables.

 

Violette Spillebout (députée)
> Un désastre ! Je suis extrêmement choquée et indignée des dégâts provoqués partout en France par les casseurs et en particulier dans les rues de Lille, et à la Mairie. Ils détournent les manifestations et les revendications légitimes des Lycéens pour créer le chaos. Tout mon soutien aux forces de l’ordre et aux agents municipaux. Nous vous soutenons !

 

Marie Lebec (députée)
> [M. Mélenchon] Arrêtez de prétendre que vous n’y êtes pour rien. C’est précisément ce que vous cherchiez. La violence, les débordements, les affrontements avec nos forces de l’ordre. Instrumentaliser chaque revendication pour servir votre cause et attiser les tensions. C'est votre méthode, partout, tout le temps.

 

Paul Midy (député)
> 9 milliards investis. 124 milliards de bénéfices. L’Europe est l’un de nos investissements les plus rentables : elle nous rapporte 12 fois plus qu’elle ne nous coûte ! À ceux qui rêvent d’en sortir : regardez le Brexit ! Qui peut dire aujourd’hui que c’est une réussite économique pour le Royaume-Uni ?

 

Constance Le Grip (députée)
> La priorité doit être une commission d'enquête œuvrant à faire la lumière sur les mouvements des casseurs et des black blocs : qui sont-ils, comment sont-ils organisés, qui les financent, quels sont leurs liens avec l'ultra-gauche, l'extrême-gauche, quelles sont leurs connexions avec, le cas échéant, des organisations politiques françaises et internationales et des réseaux de narco-trafic, y a-t-il eu des ingérences numériques étrangères ? Le Parlement a déjà tenu ces dernières années plusieurs commissions d'enquête sur le maintien de l'ordre, et on ne saurait mettre un signe équivalent entre les violences commises par des casseurs et des délinquants et la doctrine de maintien de l'ordre.

> Soutien à nos forces de sécurité intérieure, qui ont à faire face à une très grande violence, aux pillages, au saccage, orchestrés par des groupes d'ultra-gauche ennemis de la République, et qui profitent avec un cynisme absolu des cortèges et manifestations pour tenter d'installer le chaos ! La très grande majorité de nos compatriotes vous soutient dans votre mission de protection et de sécurité des personnes et des biens !

> Présente à la projection organisée hier soir en avant-première par Arte du documentaire «Traces, survivantes de l'invasion», de la réalisatrice ukrainienne Alisa Kovalenko. Un documentaire absolument poignant sur les violences sexuelles liées au conflit (VSLC) commises par les soldats russes sur de nombreuses Ukrainiennes, dans le Donbass et d'autres régions occupées par les forces russes. Des survivantes de ces crimes de guerre se sont constituées en association, SEMA Ukraine , à l'initiative de la très courageuse Iryna Dovhan, présente à Paris, et se battent contre le traumatisme, la stigmatisation, et la reconnaissance du crime de guerre par la justice internationale. Le documentaire sera prochainement diffusé sur Arte.

 

● MoDem 
Maud Gatel (secrétaire générale)

> Affligée. Et en colère. Les revendications sont oubliées compte tenu des violences, des pillages et des incendies. Des sapeurs-pompiers dont la sécurité n’est pas suffisamment assurée pour intervenir. Ce n’est pas un jeu. C’est la mise en danger de la vie d’autrui.

 

Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Jean-Luc Mélenchon en plein naufrage. La violence est un naufrage. L’éloge de la violence ou son déni sont un naufrage. Le complotisme est un naufrage. L’attaque contre les médias est un naufrage. Rien n’est anodin dans ces messages d’aujourd’hui. Tout y est dangereux. Ils révèlent un basculement profond : ne plus chercher à convaincre les Français d’une idée, mais les persuader qu’on leur cache la vérité. Suggérer que les médias dissimulent et que les institutions manipulent, c’est le ressort même du complotisme et des dérives illibérales. Un « responsable » politique qui s’emploie à délégitimer les institutions et les contre-pouvoirs ne combat plus un gouvernement. Il sape les fondements de la démocratie. À force de convaincre que tout est manipulation, il rend impossible toute vérité partagée. Ne restent alors que des croyances qui s’affrontent, des camps qui se radicalisent et une société qui se fragmente chaque jour un peu plus. Voilà la véritable hypocrisie : prétendre défendre le peuple en détruisant ce qui lui permet de penser, de juger, de délibérer librement et de se réconcilier. Plein soutien aux forces de l’ordre agressées et qui font face. Plein soutien également aux secours entravés dans leurs interventions, aux commerçants pillés, aux maires dont les hôtels de ville ont été saccagés et aux manifestants dont les revendications sont rendues inaudibles par une violence qui, le plus souvent, leur est étrangère. Nous ne laisserons pas la violence et l’exacerbation des passions conduire le pays au naufrage. Au naufrage politique, économique, financier, civique et démocratique. Cela doit être l’obsession de tous les démocrates et de tous les patriotes. Ce soir, comprenant que la situation lui échappe, Jean-Luc Mélenchon se défausse sur le préfet. On ne se dédouane pas d’avoir attisé l’incendie en accusant ceux qui tentent de l’éteindre. Tel Néron devant Rome en flammes, il contemple un incendie qu’il a lui-même attisé. Il devra rendre des comptes.

 

Perrine Goulet (députée)
> La manifestation qui avait de réelles revendications a, dans de nombreuses villes, servi de prétexte pour que certains voyous s’en prennent aux bâtiments publics et aux biens d’autrui en brûlant des véhicules et en pillant des magasins. Tout mon soutien aux forces de l’ordre.

 

Erwan Balanant (député)
> La Loi intégrale doit absolument aboutir avant les élections de 2027. Il nous faut sécuriser les dispositions portées. Je serais très inquiet pour l’avenir de cette loi si Marine Le Pen arrivait au pouvoir. Il faut que tous ceux qui ont porté cette loi en aient conscience.

 

Frantz Gumbs (député)
> Parcoursup est une réussite sur le plan technique, mais un échec relatif sur le plan politique, au regard des objectifs que lui avait assignés la loi ORE de 2018.
La plateforme a mis fin au tirage au sort d’APB, raccourci la phase d’admission et facilité l’accès à l’information sur plus de 24 000 formations. Elle a aussi ouvert le « champ des possibles » à des lycéens de province, des territoires ruraux et d’outre-mer.
Mais les difficultés persistent : environ 18 % des étudiants se réorientent et seuls 30 % obtiennent leur licence en trois ans. Parcoursup ne sélectionne pas les candidats : ce sont les commissions d’examen des vœux qui les classent. 
Parcoursup est donc moins le responsable que le révélateur des limites de nos politiques d’orientation et du sous-financement de l’enseignement supérieur. (…)
Découvrir Parcoursup en janvier de l’année du bac, c’est découvrir trop tard. 
Les choix d’enseignements de spécialité interviennent dès la seconde et conditionnent l’accès à de nombreuses formations. Pourtant, les élèves ne bénéficient pas tous du même accompagnement.
Le rôle de l’école est central. Les 54 heures annuelles d’accompagnement à l’orientation prévues au lycée doivent devenir effectives et être financées. Nous proposons également de former les professeurs principaux et de renforcer la présence des psychologues de l’Éducation nationale, avec un objectif d’un professionnel pour 600 élèves, en commençant par les territoires prioritaires, ruraux et ultramarins. (…)
La liberté des formations a une contrepartie : un devoir de transparence et d’équité envers les candidats. Trop de décisions sont vécues comme une « boîte noire ».

Nous proposons de publier les algorithmes de pré-classement et les critères éliminatoires, d’instaurer un référentiel national de notation du contrôle continu et de supprimer la mention du lycée d’origine dans les dossiers.
L’égalité des chances suppose aussi des correctifs sociaux et territoriaux. Les quotas de boursiers fonctionnent et pourraient être étendus aux étudiants boursiers en réorientation. Il faut également faciliter la mobilité, notamment pour les jeunes ultramarins qui doivent parfois parcourir des milliers de kilomètres pour accéder à la formation souhaitée. (…)
Parcoursup agit sur l’admission, pas sur l’accompagnement pédagogique. En première année de licence, les étudiants manquent encore trop souvent de tutorat et de soutien méthodologique.
Nous proposons de développer les parcours de remise à niveau et de généraliser les questionnaires d’auto-positionnement dans les filières où les risques d’échec sont élevés.
Il faut également changer notre regard sur la réorientation. 
La réorientation ne doit plus être assimilée à un échec, mais reconnue comme une étape de maturation du projet. 
Nous proposons notamment d’expérimenter des places réservées aux étudiants en réorientation et de développer des années de transition pour ceux qui ont besoin de préciser leur choix. (…)
Il faut dépasser le seul nombre de candidats affectés. Accepter une proposition ne signifie pas nécessairement avoir obtenu la formation souhaitée.
Nous devons suivre les taux de réorientation et de réussite en licence, la composition sociale des filières, la mobilité géographique des étudiants et les moyens consacrés à l’orientation.
Ces données devraient être réunies dans un tableau de bord public et suivies dans la durée. C’est indispensable pour mesurer les effets réels des réformes et identifier les inégalités qui persistent. (…)
Je retiens cinq priorités : 
- renforcer l’accompagnement à l’orientation au lycée ;
- garantir davantage de transparence dans la sélection ;
- faire de Parcoursup une plateforme de confiance ;
- revoir le calendrier pour réduire le stress des candidats ;
- renforcer l’égalité territoriale.
J’attends notamment du Gouvernement un financement dédié aux heures d’orientation, un plan de recrutement de psychologues de l’Éducation nationale et des règles plus transparentes pour l’examen des candidatures.
Je souhaite également que la régulation de l’enseignement supérieur privé progresse et que les aides à la mobilité soient renforcées pour les étudiants ultramarins.
> [Ecole] Il faut sortir de l’idée d’un parcours linéaire et irréversible. La réussite ne se résume pas à l’obtention, du premier coup, de la formation la plus convoitée. Le droit à l’erreur et la possibilité de bifurquer doivent être reconnus et accompagnés.
Il faut aussi valoriser toutes les voies de réussite, notamment les BTS, et mieux articuler le lycée avec l’enseignement supérieur. Parcoursup ne peut pas corriger seul des inégalités qui se sont construites tout au long de la scolarité.

Pour que l’effort paie pour tous, chaque jeune, quel que soit son milieu ou son territoire, doit disposer de la même information, du même accompagnement et des mêmes moyens matériels pour tenter sa chance.

 

● Parti radical
> Les violences et dégradations sont inacceptables. Des émeutiers profitent des manifestations pour porter atteinte à notre République. Le Parti radical apporte son plein soutien aux forces de l’ordre. Les auteurs de ces actes doivent être sanctionnés avec la plus grande fermeté.

 

Nathalie Delattre (présidente)
> À Bordeaux, les casseurs ont pris la rue en otage. Espace public ravagé, commerces dévastés, institutions menacées. Ce n’est pas manifester, c’est défier la République et nos libertés ! Je condamne sans réserve. Soutien total aux forces de l’ordre engagées partout en France.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Sandro Gozi (député)
> [Tribune : « Paris et Rome, laboratoire de l'Europe des villes »] « Seul Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris. » En 1956, nos deux capitales scellaient un jumelage unique au monde : chacune est la seule ville jumelle de l’autre. C’était quatorze mois avant la signature des Traités de Rome. Comme si, avant même que l’Europe ne se dote d’institutions, Paris et Rome avaient compris que leur avenir se construirait ensemble.
Soixante-dix ans plus tard, cette intuition n’a rien perdu de sa force. Mais elle court un risque : celui de devenir une belle formule, célébrée à chaque anniversaire puis rangée jusqu’au suivant. Le partenariat a pourtant retrouvé une vraie dynamique depuis sa relance en 2022. Rencontres entre les maires, expositions, projets culturels : le 70e anniversaire a été dignement fêté. Mais honorer une histoire ne suffit pas. La meilleure manière de lui être fidèle, c’est de lui donner un avenir.
Nous disposons pour cela d’un outil encore sous-utilisé : le Traité du Quirinal. Signé entre la France et l’Italie, il reconnaît explicitement le rôle des collectivités territoriales dans la coopération entre nos deux pays. Paris et Rome doivent en être les premiers laboratoires.
C’est le sens des propositions que le Conseil de Paris vient d’adopter à l’unanimité : une Biennale Paris-Rome, une Journée commune, un Passeport Paris-Rome pour que les citoyens, et pas seulement les institutions, s’approprient ce lien. Mais aussi des coopérations concrètes sur les sujets qui décideront de notre avenir : l’intelligence artificielle, l’innovation, la transition écologique, la reconquête de nos fleuves, la Seine et le Tibre.
Un jumelage pour construire l’Europe de demain
Car les grandes villes européennes affrontent les mêmes défis : adaptation au climat, logement, mobilités, révolution numérique. Elles n’ont aucune raison de les affronter seules. Partager des expériences, mutualiser des projets, comparer des politiques publiques : voilà ce que peut devenir un jumelage au XXIe siècle.
Cette initiative a une autre singularité. Elle est portée en même temps dans les deux capitales : à Rome, mes amis d’Italia Viva défendent le même texte devant l’Assemblée capitoline. Deux villes, deux assemblées, une même volonté. C’est cela, une action politique véritablement européenne : non pas parler de l’Europe, mais la faire, concrètement, à l’échelle où vivent les citoyens.
Rapprocher Paris et Rome, c’est construire, très concrètement, l’Europe que nous voulons
L’adoption unanime de ce texte porte enfin une leçon qui dépasse les relations franco-italiennes. Elle est le fruit d’un dialogue exigeant entre une opposition qui propose et une majorité qui accepte d’enrichir. À l’heure où la vie politique se réduit trop souvent à l’affrontement, c’est un rappel utile : l’opposition n’est pas condamnée à contester. Elle a aussi le devoir d’imaginer. Et une bonne idée mérite d’être soutenue, quelle que soit son origine.
Paris et Rome partagent une certaine idée de la culture, de la liberté et de la démocratie. Faisons de cette amitié historique une force d’avenir. Rapprocher Paris et Rome, c’est construire, très concrètement, l’Europe que nous voulons.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> La casse et la violence salissent les revendications de tous ceux qui veulent manifester dans le calme. Ne tolérons jamais cette sauvagerie. Ne la confondons pas avec le droit de manifester, de protester dans le calme et le respect. Soutien à tous ceux qui défendent l’ordre républicain.

> Il y a six ans, Samuel Paty était assassiné pour avoir enseigné la liberté d’expression. Trois ans plus tard, ce fut Dominique Bernard. Ces crimes visaient l’École de la République et la liberté de penser. L’École doit continuer à transmettre nos valeurs et à faire vivre la laïcité. Face au terrorisme islamiste, face aux menaces. Professeurs, nous ne vous oublierons jamais.

> [Tribune coécrite avec Antoine Bristielle, directeur de l'Observatoire de l'opinion de la Fondation Jean-Jaurès : « Derrière la colère, une jeunesse en quête de place»]Derrière la colère des lycéens, se cache une jeunesse inquiète pour son avenir et fragilisée par les inégalités. Une situation qui appelle à repenser la place des jeunes dans la société et la démocratie.
Ces derniers jours, les mobilisations lycéennes ont surgi dans le débat public avec des discussions dominées par les questions de violence et de casse, ou de maintien de l’ordre. Ces sujets importants ne doivent pas occulter l’essentiel : derrière la colère, des milliers de jeunes expriment une inquiétude quant à leur place dans la société, qui renvoie à un déclassement ancien et un vieillissement croissant.
Au-delà des revendications sur les conditions d’enseignement, le manque de professeurs ou Parcoursup, ce mouvement invite à poser une question fondamentale : la jeunesse française peut-elle encore envisager son avenir avec confiance ? En octobre 2025, le haut-commissariat à la Stratégie et au plan a publié une étude comparant la situation des jeunes d’aujourd’hui à celle des années 1970.
Son enseignement est double. D’un côté, les progrès ont été considérables : près d’un jeune sur deux possède aujourd’hui un diplôme de l’enseignement supérieur, contre un sur cinq il y a cinquante ans ; le revenu moyen en début de carrière a augmenté, même en tenant compte de l’inflation ; le temps de travail a diminué… Sur bien des aspects, les jeunes, notamment les femmes, vivent mieux que celles et ceux d’il y a cinquante ans.
Toutefois, leur position relative dans la société s’est dégradée. L’élévation spectaculaire du niveau de diplôme ne s’est pas accompagnée d’une progression équivalente des emplois qualifiés ; le rendement du diplôme s’est érodé. Dans le même temps, l’entrée dans la vie active est devenue plus incertaine. En 1982, parmi les jeunes de moins de 25 ans qui travaillent, 75 % disposaient d’un emploi stable, contre seulement 43 % en 2023. Les premières années professionnelles sont davantage marquées par les contrats courts, le chômage, la précarité.
Les jeunes n’ont pas bénéficié des fruits de la croissance dans les mêmes proportions que leurs aînés
Les évolutions salariales témoignent d’une dynamique comparable. Si les jeunes gagnent davantage qu’autrefois, leurs rémunérations ont progressé moins rapidement que celles des salariés plus âgés, et que la richesse produite dans le pays. Autrement dit, les jeunes n’ont pas bénéficié des fruits de la croissance dans les mêmes proportions que leurs aînés.
La question du logement constitue la principale manifestation de cette dégradation. La durée moyenne d’emprunt, à surface comparable, est passée de quatorze à vingt-trois ans en deux générations. Le patrimoine se concentre davantage, chez les générations âgées et chez une minorité favorisée au sein de la nouvelle génération.
Plus profondément, nous sommes devenus, comme partout en Europe, un pays de vieux, cette « France ridée » dont parlait Alfred Sauvy. En 1975, les moins de 30 ans représentaient la moitié de la population française. Ils n’en constituent plus qu’un tiers aujourd’hui. Et dans une décennie, les plus de 70 ans seront plus nombreux que les moins de 20 ans !
Redonner une place aux jeunes dans la société et la démocratie
Il ne s’agit évidemment pas d’opposer les générations ni d’ignorer les inégalités entre jeunes, mais le constat est clair : moins nombreux, ils sont aussi moins favorisés dans la répartition des revenus et du patrimoine, et peinent davantage à entrer dans la vie adulte.
À ces difficultés s’ajoute un contexte général marqué par une succession de crises : dérèglement climatique, tensions géopolitiques, crises économiques, inquiétudes démocratiques et transformations technologiques – sans parler du passage par le Covid. Deux tiers des 18-25 ans pensent ainsi que la situation de la France va se détériorer dans les années à venir, et la même proportion des moins de 35 ans pense que « c’était mieux avant ». Le pessimisme est devenu majoritaire parmi ceux qui ont la vie devant eux !
Les revendications lycéennes méritent des réponses qui dépassent la dimension scolaire. Comment se projeter quand l’attention collective porte sur les retraites – et les retraités ? Comment ne pas douter quand 90 % de nos dépenses supplémentaires depuis les années 1970 ont financé les dépenses sociales, notamment les pensions, au détriment de l’éducation ou de la recherche ?
À quelques mois de l’élection présidentielle, une question s’impose : savons-nous parler d’avenir et proposer un projet désirable aux jeunes générations ? Investir dans l’école bien sûr, grâce au dividende démographique lié à la baisse des effectifs, et réformer l’enseignement supérieur. Mais bâtir aussi une vision et un projet crédibles sur le climat, l’héritage et les inégalités, le logement.
La colère de la jeunesse est une manifestation du choc démographique qui touche notre pays
Cela suppose également de donner davantage de place aux jeunes dans notre démocratie. Le rapport de prospective « France 2035, France 2050 » du plan ouvre, entre autres, le débat sur le droit de vote dès 16 ans. Pourquoi ne pas l’expérimenter aux élections locales, comme un sas d’entrée dans la citoyenneté ?
Comme une manière de faire confiance, et de rééquilibrer le poids des plus jeunes et des plus vieux dans nos décisions collectives. La colère de la jeunesse est une manifestation du choc démographique qui touche notre pays, pour longtemps. Regardons-la comme telle, la quête d’une place légitime, par-delà les nécessaires réponses d’urgence.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Un professeur envoie « par erreur » un film porno à ses élèves : des centaines d’images pédopornographiques découvertes chez lui] C’est « par erreur » que l’on découvre l’horreur chez ce professeur. Combien de prédateurs passent encore sous les radars ? La protection de nos enfants ne peut pas dépendre du hasard. Repérer plus tôt, enquêter, empêcher d’agir : protéger avant, pas seulement réparer après !

> Quelle tristesse de voir Marianne à terre ! La colère de la jeunesse mérite d’être entendue, pas confisquée par la violence et les dégradations. La République et ses symboles doivent être respectés.

 


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