L’Union européenne a été très claire:
«L’UE regrette profondément la décision de l’Autorité palestinienne de
reporter à septembre 2027 les élections législatives initialement prévues le 28
novembre 2026 ainsi que l’élection présidentielle qui devait avoir lieu début
2027.
Tout en reconnaissant les défis et les limites auxquels est confrontée
l'Autorité palestinienne, nous réaffirmons l'importance d'organiser des
élections législatives et présidentielles dès que possible, conformément aux
engagements précédents du président Abbas.»
Puis d’affirmer que «des élections crédibles, inclusives et transparentes pour tous les Palestiniens sont essentielles pour le peuple palestinien, la légitimité démocratique et la responsabilité, ainsi que pour la solution à deux États.»
Et de menacer: «Le soutien continu de l'UE à l'Autorité palestinienne est indissociable des progrès accomplis vers ces objectifs et de l'avancement des réformes.»
Quant à la France, son ministre des Affaires étrangères
a signé avec ses homologues britannique, canadien australien, ce communiqué:
«Nous regrettons profondément la
décision du président palestinien de reporter à septembre 2027 les élections au
Conseil législatif palestinien ainsi que l’élection présidentielle.
Près de deux décennies se sont écoulées depuis les dernières élections au
Conseil législatif palestinien, et cinq ans depuis le report des élections
prévues en 2021. Toute une génération de Palestiniens a atteint l’âge adulte
sans avoir eu la possibilité de choisir ses représentants élus. Ce report
suscitera une profonde déception, privera une fois de plus les Palestiniens de
la possibilité de voter et érodera davantage la confiance de la population dans
les institutions démocratiques.»
Car il est important de rappeler que le soutien des démocraties à une solution à deux Etats et donc la création d’un Etat palestinien passe par un engagement des leaders de l’autorité palestinienne à mettre en place un régime démocratique réel, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent.
La défaite du Hamas dans la bande de Gaza, pourtant, est une opportunité pour celle-ci d’engager un processus qui mettra la pression sur le gouvernement israélien, qu’il soit dirigé ou non par Benjamin Netanyahu.
Car les adversaires d’une solution à deux Etats, ont beau jeu de présenter cette autorité comme autocratique et corrompue, incapable de se présenter devant sa population pour obtenir la légitimité nécessaire pour parler en son nom.
Et les agissements criminels de Netanyahu et de son gouvernement ne sauraient être une justification pour refuser d’organiser une élection.
De même, si celle-ci ne pouvait se dérouler normalement ou tout court, empêcher par des forces extérieures, cela donnerait à l’autorité palestinienne le crédit d’avoir tenté de les organiser.
Non, rien ne justifie ce report.
[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

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