vendredi 16 octobre 2026

Propos centristes. France – Protection des enfants / Samuel Paty, il y a 6 ans / Contrairement à Le Pen, soutien inconditionnel à l’Ukraine / Budget 2027 / Blocage des lycées / Contribution au budget de l’UE / Avenir de l’automobile européenne & voiture électrique…


Voici une sélection, ce 16 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> À Samuel Paty, dont la lumière demeure. Nous continuerons, professeur.

> J'ai redit ce soir au Président Zelensky notre détermination à nous tenir aux côtés de l'Ukraine et du peuple ukrainien. Alors que la Russie fait le choix d'escalader parce qu'elle est enlisée sur le front, il est capital que nous donnions collectivement à l'Ukraine tous les moyens nécessaires pour se défendre et pour protéger sa population civile et ses infrastructures. J'ai également redit notre détermination à continuer de soutenir l'Ukraine dans la recherche d'une paix solide et durable. La France continuera de prendre ses responsabilités.

> Avec l’Allemagne, nous avons trouvé un accord pour assurer l’avenir du secteur automobile européen. Nous portons une ambition claire : réussir la transformation de notre industrie automobile, tout en maintenant notre ambition climatique et notre production en Europe. Notre cap ne change pas : réduire fortement les émissions de CO₂ et produire en France et en Europe les futures voitures électriques. C'est cela la préférence européenne. Nous souhaitons que cette dynamique franco-allemande puisse aboutir à un accord rapidement avec nos partenaires, pour nos emplois et notre industrie. L’Europe doit être un continent qui innove, qui investit et qui produit tout en protégeant le climat et en préservant nos emplois, c’est le sens de notre engagement.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Budget / Intervention au Sénat]
Ce budget a été conçu pour être le plus réversible possible et ne pas préempter les choix qui seront faits lors de l'élection présidentielle. C'est pourquoi il s'inscrit dans un cadre de stabilité fiscale. Cela ne vous plaît pas, vous me l'avez écrit, mais j'assume cette ancre de stabilité.
Toutes les recettes du monde, ISF ou taxe Zucman, ne permettront pas d'éviter le débat sur l'augmentation tendancielle des dépenses publiques. Parce que nous doublons le budget de la défense nationale, et qu'il faudra le financer. Parce que le défi démographique devient un déni démographique et qu'une population qui vieillit pèse sur les dépenses d'assurance maladie et de retraite.
Vous avez été président de département comme moi, vous savez qu'il faut des réformes structurelles sur les collectivités locales : pour l'année prochaine, le seul tendanciel représente 11 milliards d'euros supplémentaires !
Je n'ai pas d'agenda, ma parole est donc libre. On peut toujours revenir sur la politique de l'offre, sur les choix fiscaux, rétablir la taxe d'habitation, revenir sur les 18 milliards d'euros du Ségur de la santé, sur l'augmentation du budget de la défense... De grands sujets devront être tranchés par les Français lors de l'élection présidentielle. À court terme, les deux chambres devront trancher certains sujets budgétaires.
Après avoir suspendu la réforme des retraites, on ne peut pas dire qu'on découvre le solde de la branche retraite. J'ai toujours été transparent.
Toutes les recettes du monde ne dispenseront pas le Parlement d'un débat éclairé et constructif sur la dépense publique.
Le Gouvernement est prêt au compromis, mais il y a une réalité : le niveau des taux d'intérêt et la crédibilité de la France exigent un budget avec un déficit à 5 %. J'ai entendu les propositions de votre famille politique à Blois et suivi les débats de votre primaire. Est venu le moment de la clarification, sur ce qui peut être fait dès maintenant et ce qui doit attendre l'élection présidentielle, pour l'intérêt général.

> [Blocage des lycées / Intervention au Sénat] Personne n'est dupe : après trois semaines, on voit bien qu'une partie de la classe politique court après le mouvement pour le récupérer à des fins électorales. Oui, au début, le mouvement a été instrumentalisé par vos alliés de LFI dans le Val-de-Marne. Oui, je comprends que cela vous gêne. Oui, ensuite, le mouvement s'est généralisé, sans LFI. Oui, il y a eu des violences urbaines inacceptables. Est-ce si difficile de les condamner ?
Dans quelque 200 lycées, la situation s'enkyste, avec une violence inédite : est-ce là le droit de manifestation et de grève de la démocratie sociale ? Non ! Lorsque des organisations étudiantes ou lycéennes déposent des demandes de manifestations, elles sont acceptées, car elles sont sécurisées. Ne jouez pas double jeu avec vos alliés de LFI : vous soufflez sur les braises et vous faites semblant de condamner la violence !
Votre hypocrisie fait du mal à la France et au service public de l'éducation nationale.
Sur le fond : la plateforme en ligne permettant de donner la parole aux lycéens a été accueillie avec beaucoup de mépris. (…) Lorsque 100 000 lycéens prennent la parole, ils méritent notre respect. Parfois, un peu de transparence ne fait pas de mal : 79,9 % des remontées de la plateforme portent sur l'organisation du temps scolaire et les emplois du temps.
Quelque 51,5 % des remontées concernent les problèmes liés aux bâtiments. Vous représentez les collectivités territoriales : allez-vous jeter l'opprobre sur les élus régionaux?
Les chiffres montrent que la réalité est différente d'une région à l'autre. Car toutes les gestions ne se valent pas : je le sais bien, j'ai repris une collectivité à la gauche qui a négligé les bâtiments scolaires pendant des années.
Rien ne résistera à la transparence ; 28,4 % des contributions concernent les remplacements.
Sans oublier la démographie : dans les lycées, il y aura 1,7 million d'élèves en moins d'ici à 2035 ; c'est un incroyable défi. Dès lors, deux scénarios possibles. Le premier, irréaliste et brutal : tirer aveuglément parti du dividende démographique pour réduire drastiquement le nombre d'enseignants ; le second, démagogique, refusant d'admettre la réalité démographique et prônant le statu quo.
Il existe un chemin de sagesse entre les deux, à l'instar de l'expérimentation menée par Edouard Geffray dans dix-huit départements. Halte aux doubles discours !
Le Sénat ne peut pas nous reprocher à l'automne de ne pas supprimer assez de postes, puis s'inquiéter au printemps de fermetures de classes !

Lors de l'examen du projet de loi de finances, nous débattrons des modifications du budget de l'éducation nationale, loin des grands discours. Nous serons à la disposition de tous les présidents de groupe pour l'améliorer, mais sans démagogie.

> [Crise agricole] Le monde agricole, les agriculteurs de France ont subi ces dernières semaines les effets de deux crises majeures. 
La première, géopolitique : à l'Ukraine s'est évidemment ajouté le Proche et le Moyen-Orient. C'est vrai évidemment pour le coût des carburants, mais peut-être encore de manière plus sensible sur le coût des intrants, des engrais.
Et puis évidemment, une crise climatique qui ne cesse de se confirmer avec la rencontre à la fois des phénomènes d'incendies dans un certain nombre de régions et de sécheresses. 
Pour nous, c'est un des dossiers majeurs de la rentrée depuis la fin du mois d'août, qui mobilise l'ensemble des membres du Gouvernement, avec plusieurs séries de réponses : déjà, objectiver évidemment les pertes. À la fin du mois d'octobre, on sera en fin de période de récolte. On va être capable de quantifier filière par filière et région par région les différentes pertes et on va pouvoir commencer à les chiffrer avec beaucoup plus de précision. Ça nous a permis de déclencher une première réponse avec un plan d'urgence pour 1,3 milliard d'euros. La première partie de cette réunion de ministres a d'ailleurs été consacrée à faire un suivi très précis de la consommation des crédits. Pour être complètement transparents, un certain nombre de guichets d'aide fonctionnent très, très bien, d'autres ont pris du retard. Donc, on a objectivé tout ça et les ministres, évidemment, y reviendront. 
La deuxième réponse que nous allons apporter, c'est évidemment une discussion avec la distribution parce que, par définition, notre modèle agricole repose aussi sur un marché de consommation sur lequel il n'est pas question de faire n'importe quoi, évidemment, en matière d'augmentation des prix, d'inflation des produits agricoles. On a déjà une inflation importée à cause des produits énergétiques, donc ce n'est certainement pas le Gouvernement qui va organiser le n'importe quoi en la matière, mais justement nous préemptons le sujet. On va organiser une discussion assez inédite dans une forme de pacte de responsabilité, justement, entre l'amont de la filière et l'aval de la filière. 
Troisième volet de réponse, évidemment, c'est le plan de relance qui, pour le coup, lui, va venir progressivement s'insérer dans les discussions budgétaires au Parlement. Certains outils sont déjà dans le budget, d'autres vont faire leur apparition par amendements, avec au fond des axes. Sur le volet adaptation au changement climatique, cela correspond aux travaux menés par le ministère de Monique Barbut, mais notre capacité à être beaucoup plus indépendants et souverains, on le dit toujours, mais je le redis sur engrais, on voit bien qu'on a une difficulté majeure. La décision que j'ai prise de libérer, avec le président de la République, 10 millions de barils de gazole nous permet d'avoir un impact évidemment positif sur le coût du GNR, ce qui est vrai d'ailleurs pour l'agriculture, ce qui est vrai également pour la pêche. 
Le deuxième volet de ce plan de relance, c'est l'adaptation au changement climatique de la production agricole, soit parce que les productions vont devoir s'adapter aux changements du climat, soit parce qu'on peut adapter ces productions, justement. On a tous été marqués par des images épouvantables l'été dernier, d'équarrissage de volailles en Bretagne, par exemple, parce que les bâtiments d'élevage en Bretagne n'étaient pas adaptés pour des raisons qu'on imagine et qu'on comprend, à des chaleurs aussi extrêmes. Comment fait-on pour que, de manière très pragmatique, l'été prochain ne ressemble pas à l'été que nous avons connu ? C'est la question évidemment des stockages d'eau, notamment des citernes. Bref, autant de sujets sur lesquels il faut avancer, plus aussi des sujets assurantiels, parce que malheureusement, la question agricole, le monde agricole n'est pas toujours convenablement assuré, soit parce que c'est difficile d'accéder à l'assurance, soit parce que les produits d'assurance ne sont pas toujours adaptés, évidemment, aux problématiques que nous connaissons.
Puis enfin, un volet aussi de simplification, notamment sur le volet fiscal, avec aussi une nouveauté. On connaissait le pacte Dutreil pour les transmissions d'entreprises dans le milieu familial. On connaissait le pacte Papin depuis maintenant quelques semaines sur la transmission vers les salariés. Et donc aussi, on va compléter nos dispositifs par le pacte dit Genevard, qui permet justement d'avoir des mécanismes de transmission des exploitations pour faire en sorte qu'aucune exploitation ne trouve pas un repreneur. 
On va continuer de travailler avec une concertation assez précise et assez territoriale sur ce plan de relance, sur des sommes qui sont importantes. Le plan d'urgence, c'est 1,3 milliard d'euros, vous disais-je. Le plan de relance, en fonction de ce que la concertation va donner, des discussions parlementaires : on est quand même quelque part entre 500 et 700 millions d'euros qu'on va réinjecter dans les discussions budgétaires. Certains sont déjà dans la copie, d'autres vont faire l'objet d'amendements du Gouvernement dès l'Assemblée nationale et dès le Sénat. Au moins quatre amendements d'ailleurs du Gouvernement vont être intégrés, mais on a globalement 15 jours devant nous qui vont nous permettre justement de mener une concertation efficace. 
Dernier point, la vraie relance passe aussi par les décrets d'application de la loi d'urgence agricole. Heureusement, on ne part pas de rien. Heureusement que le Gouvernement a décidé cette loi. Elle a été décriée sur le terrain politicien. Enfin, je note qu'aujourd'hui, plus personne n'ose la contester, parce que, et pour cause, au regard de la situation dans laquelle on se trouve, si on n'avait pas emmené la loi jusqu'à son adoption finale et jusqu'au Journal officiel au mois d'août dernier, on serait dans une grosse difficulté. Donc là, pour le coup, les ministres mènent un travail important pour que l'ensemble des décrets d'application de cette loi soit pris avant Noël. Publication fin août au Journal officiel de la loi, l'ensemble des décrets d'application : la prédation, l'eau, les simplifications de construction, de travaux dans les bâtiments d'élevage, beaucoup de sujets qui sont attendus, sur lesquels on doit aller vite. 
Et puis bien sûr, en toile d'écran, peut-être moins connue du grand public, mais une discussion importante actuellement avec l'ensemble des pays membres de l'Union européenne sur le budget de l'Union européenne et donc aussi sur la politique agricole commune. Et ce n'est pas qu'une affaire de montants, c'est aussi une affaire de critères, de capacité à transformer aussi nos exploitations agricoles. Et désormais, l'adaptation au changement climatique, on le voit bien, n'est pas seulement le sujet de quelques régions du sud de de la France, mais aussi du nord de la Loire, sans oublier évidemment aussi nos outre-mer, qui méritent aussi toujours une attention particulière. 
Voilà, pour donner quelques points en transparence sur un sujet qui parfois occupe beaucoup l'espace médiatique lorsque nous sommes définitivement en crise, je me permets de le dire, et c'est pour ça qu'on cherche, nous, régulièrement, avec beaucoup de transparence, à rendre compte de ce qui est fait, parce que c'est beaucoup d'argent public, c'est une question de souveraineté importante, savoir d'où vient notre nourriture. C'est aussi une question évidemment de pouvoir d'achat parce qu'un choc avec cette sécheresse, pardonnez-moi, par définition, peut aussi avoir un impact sur le pouvoir d'achat des Français. Et donc, c'est ce qu'on cherche à régler très en amont, justement, de ces discussions budgétaires.

> Le plan d'urgence, 1,3 milliard, nous l'avons financé essentiellement par des redéploiements de crédits sur les crédits de 2026, en ce moment. Plan de relance pour 2027, avec des crédits qui sont déjà dans la copie initiale, et pour cause, on a présenté le budget pour 2027 il y a 15 jours, donc on avait déjà des ingrédients du plan de relance, sauf que le plan de relance, pour qu'il fonctionne, il faut vraiment qu'il vienne du terrain. Donc c'est pour ça que depuis le début, j'avais dit au ministre : on va incorporer au fur et à mesure, par amendement, les nouveautés pour s'adapter, ce qui nous donne aussi de la souplesse, ce qui permet aussi d'ailleurs à l'Assemblée nationale et au Sénat de s'emparer du sujet. Vous voyez bien qu'il y a des objets nouveaux quand on parle du « pacte de Genevard » sur les transmissions. Bon, ça mérite quand même aussi des discussions avec les différentes forces politiques. La somme est indicative. Par définition, je vous l'ai dit et je ne le redirai jamais assez, on doit terminer à 5 % de déficit à la fin. Donc on est sur des sommes, si ça devait être plus, par définition, il faudrait le gager par des économies ou des recettes ailleurs. Voilà, ça, c'est pour moi évidemment absolument clé. Mais je ne l'ai jamais caché depuis l'interview que j'avais donnée à Paris Match au mois de juillet dernier, et les nombreuses interviews que j'ai données depuis, que la question agricole ne pouvait pas attendre l'élection présidentielle et que le budget pour 2027 devait le traduire de manière évidente.

> Est-ce que la Politique agricole commune doit rester commune, avec des financements communs ? Oui, dans un marché commun, c'est absolument indispensable, tout simplement parce que nous sommes une grande puissance agricole et qu'on a vocation à exporter. Si nous n'avions pas cette puissance agricole et cette vocation à exporter, je vois bien le débat qui pourrait consister à dire, au fond, donnons moins d'argent à l'Union européenne, et puis nous-mêmes prenons sur les crédits de l'État nos outils de financement pour le monde agricole. Enfin, on est une puissance, une puissance qui ne correspond pas à la seule consommation des Françaises et des Français. Donc par définition, oui, on doit être gagnant sur cette discussion. C'est pour ça aussi que nous sommes durs dans la discussion, pour être diplomates, sur non seulement la somme, le fonctionnement de ces sommes, parce que l'agriculture et la Politique agricole commune, c'est une politique de production agricole, ce n'est pas des dispositifs sympathiques pour la ruralité. Ça, c'est autre chose. Ça peut être du FEADER, c'est d'autres politiques, mais nous, on est attachés à avoir une Politique agricole commune autour de la production. Et puis d'autres sujets, le POSEI, qui n'est pas un sujet très grand public, mais qui correspond à des outils pour les outre-mer. Voilà. En tout cas, les discussions vont se poursuivre. Il y a une dimension très politique dans les débats à l'Assemblée nationale, sur le budget. Après, quand on le regarde de manière globale, on voit bien que pour notre puissance agricole, la Politique agricole commune est un outil. Maintenant, il faut évidemment bien la négocier.

> [Blocage des lycées] Au regard des informations qui nous sont remontées dans la matinée, ça ne ressemble plus à un mouvement lycéen. Là, on a un mouvement de violences urbaines dont, d'ailleurs, l'intensité de la violence a encore augmenté ces derniers jours, singulièrement en zones urbaines précises : Paris, Créteil, Lyon, quelques points disséminés sur le territoire et dans lequel il y a, pour le coup, un appel de violence qui est absolument épouvantable. Ce matin, autant que ces derniers jours, des tirs de mortiers avaient lieu de la rue vers les lycées, on a même eu des intrusions de personnes qui sont allées tirer au mortier dans les lycées. Bon, je pense que maintenant, les mots, et j'invite aussi la classe médiatique à être techniquement précis dans les mots qu'on emploie, ce n'est pas un mouvement lycéen. C'est faire injure d'ailleurs aux lycéens qui ont voulu témoigner une angoisse, un mécontentement ou demander des choses au gouvernement ou aux conseils régionaux. Il faut vraiment faire la part des choses entre les violences urbaines, qui ne trouvent pas de cadre légal et d'acceptation par définition, d'un cadre de revendications. Donc ça, il faut le faire parce que ça serait aussi jeter l'opprobre sur les lycéennes et les lycéens qui ont exprimé un mécontentement. Donc voilà, il faut le dire, je l'ai dit hier au Sénat, on a globalement quelque chose comme 200 lycées sur les 3 700 que compte le pays dans lesquels il y a une violence qui s'enkyste, qui n'est pas d'ailleurs toujours une violence qui vient des lycéens ou de jeunes, de gens qui sont du lycée concerné, mais qui viennent évidemment de l'extérieur. Donc ça, malheureusement, c'est un problème d'ordre public. Est-ce qu'en même temps, il faut oublier les revendications des lycéennes et des lycéens de France ? Non. Et d'ailleurs, on est à 92 000 ou 93 000 contributions sur la plateforme. Vous avez vu hier qu'on a commencé à faire un certain nombre d'annonces sur les réponses que l'on peut donner. On va saisir les conseils régionaux parce que beaucoup de questions bâtimentaires, qui méritent d'ailleurs d'être objectivées parce que tout ça, il n'y a pas un lycée qui ressemble plus à un autre, donc il faut aussi territorialiser tout ça. Le ministre est revenu sur la question des remplacements. J'ai ouvert moi-même un débat sur la question du nombre de professeurs au regard de la chute du nombre d'élèves, c'est-à-dire au fond le débat démographique. C'est un beau débat politique qui dépasse d'ailleurs, à mon avis, les semaines qui viennent. C'est pratiquement un débat de présidentielle, la démographie : retraites, assurance maladie, de l'autre côté, école. Donc non, moi, je reste évidemment très ouvert à ça. Ensuite, samedi. Bon, je le rappelle parce que parfois, sur les réseaux sociaux, on voit des choses un peu curieuses, parfois aussi d'ailleurs dans les médias, c'est une démocratie. Donc il y a un cadre de droit qui protège justement les citoyennes et les citoyens lorsqu'ils veulent exprimer un mécontentement. C'est vrai du droit de grève, c'est vrai du droit de manifester. Donc par définition, un certain nombre de mouvements, la France insoumise, le Nouveau Parti anticapitaliste, le syndicat, la CGT, ont commencé à rentrer en contact avec les préfectures, notamment à Paris, pour faire des déclarations de manifestation. Mais c'est bien leur droit. Et d'ailleurs, même si je ne suis pas d'accord avec eux, je me battrai jusqu'au bout, comme dirait l'autre, pour qu'ils aient toujours ce droit. Pourquoi d'ailleurs faut-il le faire, cette déclaration ? Parce que ça permet au mieux aux services de l'État d'organiser la protection des manifestants.
Est-ce qu'on redoute de la violence ? Oui. Oui, vous voyez bien que nous n'arrivons plus à avoir une manifestation dans ce pays, en tout cas, ces derniers temps, dans laquelle des mouvements violents de l'ultra-gauche, notamment, parfois de l'ultra-droite, en l'espèce ces derniers jours, de l'ultra-gauche qui s'insèrent justement dans les cortèges et notamment qui donnent à voir une violence épouvantable dans les fins de cortège. C'est pour ça que je me suis aussi un peu fâché par deux fois récemment à l'Assemblée nationale et au Sénat, parce qu'en fait on est en train de tout mélanger. Et donc, la condamnation de la violence, elle n'est pas que politique ou morale, elle permet aussi de reprotéger le cadre d'expression du mécontentement par ailleurs. Alors ensuite, convergence des luttes, ça, c'est un mot très politique. Vous avez bien le droit, d'ailleurs. Je fais aussi de la politique. Moi, je suis, enfin, le week-end, je suis dans la ville dans laquelle, je suis élu, dans laquelle j'ai grandi, à Vernon, dans l'Eure. Enfin, je vois bien quand même, il y a des angoisses. On est dans une forme de moment de permacrise, des guerres, des incertitudes sur le pouvoir d'achat, l'inflation. C'est pour ça qu'on a aussi pris des mesures inédites sur le carburant, le sentiment qu'une crise pousse une autre. C'est sûr qu'il y a un moment de fatigue dans le pays, je le ressens profondément. Bon ! Après, que la classe politique ou que certains mouvements politiques veulent récupérer cette fatigue pour la transformer en carburant électoral, ça n'a échappé à personne, et d'ailleurs, c'est leur droit. Et je pense que les Françaises et les Français ne seront pas dupes. Après, il y aura une grande journée de mobilisation aussi, c'est le 18 avril prochain. Je le dis, mais on fait comme s'il n'y avait pas un grand rendez-vous démocratique qui structure quand même la vie du pays depuis 1962, c'est-à-dire, l'élection au suffrage universel direct du président de la République. Et au fond, c'est aussi à la campagne présidentielle de démarrer, pour être complètement transparent avec vous, parce que pour une population, pour des concitoyens et concitoyennes qui ont des aspirations de long terme, c'est aussi à l'élection présidentielle de donner aussi à voir une espérance et une vision. Pour notre part, et j'ai toujours été clair, le Gouvernement se déconnecte de la campagne présidentielle. Ça n'empêche pas qu'on fait du mieux que l'on peut, et plus d'ailleurs, pour répondre à toutes les crises telles qu'elles surgissent. On l'a vu avec le drame épouvantable de Lyhanna. On a fait cette loi intégrale qui est une première réponse, dont je note que trop peu de personnes parlent dans le débat public. C'était seulement en mai et en juin dernier. Nous sommes en train de répondre sur les sujets de sécurité civile avec Laurent Nunez. On se rappelle les incendies, Landes, Gironde. Quand on parle de ce sujet aujourd'hui, ça n'intéresse presque plus personne dans le débat public parce que tout le monde parle des lycées. Quelque chose me dit que lorsqu'il y aura peut-être moins d'actualité sur les lycées, qu'on voudra parler du fond sur les lycées, on aura du mal à parler du fond dans les lycées dans le débat public. C'est un peu malheureusement aussi notre système politico-médiatique. Enfin, moi, je veux dire aux Françaises et aux Français que, comme on n'a pas d'agenda électoral, on n'est pas obligé de raconter n'importe quoi aux gens. C'est une grande liberté. Ça permet d'être responsable et de dire que l'ensemble des graves difficultés que le pays peuvent connaître, les ministres sont complètement mobilisés pour y répondre avec beaucoup de sérieux. Après, une fois de plus, c'est une démocratie, donc les gens veulent manifester, c'est bien leur droit, mais dans le respect de l'État de droit précisément, et en refusant la violence, je le redis, on n'est pas loin d'un peu moins de 1 000 policiers et gendarmes blessés, moins de 300, en dessous, enseignants, proviseurs blessés. Enfin, il faut aussi défendre le service public et celles et ceux qui le rendent. C'est aussi ça, un grand pays. Je pense qu'on est encore un grand pays, un grand peuple. Il faut aussi qu'on se comporte comme tel.

> [Budget 2027] Il ne faut pas non plus inquiéter ni les Français, ni le monde économique, ni les marchés financiers. Les premières lectures des textes économiques et financiers au mois d'octobre et au mois de novembre ont toujours été des premières lectures dans lesquelles les formations politiques marquent des engagements, défendent des sensibilités, se testent. On n'a jamais vu de compromis apparaître en octobre ni en novembre. Et vous le savez, puisque l'année dernière, c'est en décembre et en janvier que ces compromis sont apparus. Donc je pense qu'il faut aussi expliquer, qu'on fasse notre travail d'expliquer aux Françaises et aux Français, mais aussi au monde économique —je jette le pavé dans la mare— et au monde financier, évidemment, dans un moment dans lequel les taux d'intérêt sont plus élevés, il faudra expliquer comment ça fonctionne, notre système. Première lecture, on se compte. En décembre, il faudra trancher autour de compromis qui fonctionnent. Voilà, donc je pense qu'il faut le faire avec beaucoup d'ouverture d'esprit et beaucoup de calme.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Manifestations du 17 octobre] On a identifié environ 250 appels à des actions de voies publiques, on s'attend à environ 80 cortèges, qui doivent normalement être déclarés. (…) S’il devait y avoir des blocages perturbant la circulation, les instructions que j’ai données, c’est de débloquer immédiatement. (…) S’il devait y avoir des affrontements, tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisés.

> [Attaque d’un collège d’Aubagne par un adolescent soupçonné d’appartenir à la True Crime Community] C’est un phénomène qui monte en France. Les services de renseignement suivent quelques dizaines de jeunes gens qui sont dans cette idéologie.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Dans le domaine des drones, les technologies évoluent à une vitesse considérable. Notre enjeu est donc simple : conserver en permanence un temps d’avance. C’est tout l’intérêt d’entreprises comme Mc2 technologies, capables d’adapter rapidement leurs solutions aux besoins de nos armées.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Blocage des lycées] On a commencé à répondre aux revendications par des mesures dites d'urgence pour notamment remplacer les profs absents. Mais vous le savez, on a souhaité consulter. Il y a une plateforme de consultation qui a été ouverte par le ministre de l'Education nationale, et ça prend un peu de temps, tout ça. Et notamment s'il y a des enjeux budgétaires dans le cadre de la discussion budgétaire, on y reviendra, j'aime à dire que devant chaque plus , il faut un moins: il faudra qu'on équilibre si jamais on dépense plus pour la jeunesse. Et moi, ça me semble une très bonne idée.

> Les sujets qui sont importants aujourd'hui. Il y a les violences sexistes et sexuelles — une grande loi a été votée hier —, il y a l'agriculture qu'il faut soutenir, il y a la jeunesse. Moi, ce que je dis avec une certaine forme de gravité, c'est qu'on peut faire évoluer les priorités du budget, on ne peut pas changer le cadre d'ensemble, parce qu'évidemment 5% de déficit, c'est déjà beaucoup et qu'il faut respecter ce cadre. Je l'ai dit hier aux parlementaires dans l'Assemblée : le monde nous regarde aujourd'hui.

> Les rythmes scolaires, ça fait des années qu'on en parle. On est le seul pays du monde où on travaille de 8 h à 18 h. Et moi, je suis d'accord avec les lycéens : c'est trop. Mais il y a eu des consultations là-dessus. Vous savez que ceux qui sont le plus opposés à ça, ce sont quand même les représentants des syndicats d'enseignants. Ça crée aussi un défi pour les collectivités locales, le transport scolaire. Donc ce qui est clair, c'est que je ne pense pas qu'on va régler d'ici la rentrée prochaine le sujet des rythmes scolaires. Pourtant, il est essentiel. Donc ça va faire partie, je pense, des débats de l'élection présidentielle. Mais en attendant, on peut faire des choses.

> [Dette] Alors je n'ai pas besoin effectivement de Kristalina Georgieva, qui est une excellente directrice générale du Fonds monétaire international, pour savoir que ça va prendre du temps. En revanche, je veux quand même rassurer nos auditeurs : nous avons la confiance des marchés au sens où on n'a pas de problème pour émettre de la dette. Ça nous coûte plus cher, et ça, c'est un signal d'alarme qu'on doit tous intégrer. Mais nos émissions de dette obligataire se passent bien. Les investisseurs nationaux et internationaux continuent à acheter de la dette. Ça coûte cher.

> Le défi majeur, c'est de préserver ce modèle social. Il y a 80% des dépenses récentes qui relèvent de deux piliers : la santé et les retraites. Si on n'arrive pas à limiter les dépenses de santé et à limiter les dépenses de retraites, on ne pourra pas financer le reste : la défense, la jeunesse, le climat.

> Je défends un budget qui est un budget qui est quand même très largement critiqué comme étant trop strict, et dont je considère que c'est le minimum. 5%, ça ne peut pas aller au-delà, c'est un maximum de déficit public pour l'année prochaine. Parce que le monde nous regarde.

> Les riches, comme on dit, dans ce budget, vont contribuer à plus de 10 milliards au redressement national. Et j'allais dire : c'est très bien, c'est notre modèle, un des modèles les plus redistributifs au monde. Les écarts de revenus entre les riches et les pauvres après redistribution — c'est l'INSEE qui le dit, pas moi —, sont extrêmement réduits par notre modèle social. On peut aller plus loin.

> On est un des pays les plus redistributifs du monde. On a un sujet sur le capital, les grandes richesses comme on dit, et ça, c'est un problème mondial. Il est évident que si demain la France décide de taxer toute seule les grandes fortunes — les quelques grandes fortunes dont on sait que proportionnellement à leurs revenus, elles paient le moins d'impôts et dont on sait que le capital est mobile. Que cette question se pose. Nous, on l'a posée au niveau de l'OCDE. Par exemple, pour les grandes entreprises, on a imposé, grâce à la France, 15% d'impôt minimal pour les grandes sociétés. On ne l'a pas encore fait pour les sociétés du digital, ça c'est un sujet, et on n'est pas prêt de le faire. Mais je pense que ce débat doit avoir lieu pour les grandes fortunes. Mais la France ne taxera pas toute seule tout le monde pour mieux se porter. Ça n'arrivera pas. J'allais dire, malheureusement, il n'y a pas de solution si simple à notre problème. Il faut qu'on fasse tous des efforts, il faut qu'on revoie les modèles de financement. Et ça, ça passera peut-être du coup par une fiscalité du capital un peu plus élevée, une fiscalité sur le travail un peu moins élevée, peut-être une fiscalité sur les retraités un peu plus élevée, peut-être moins élevée pour ceux qui travaillent. Aujourd'hui, ce qui est clair, c'est que ce sont ceux qui bossent qui financent tout le reste : l'école gratuite, les crèches, l'université, les retraites, la santé. Tout ça, c'est financé par ceux qui travaillent. Ça fait beaucoup, quand vous vous levez le matin et que vous allez bosser.

> On a deux glissières de sécurité sur l'autoroute budgétaire : les ordonnances et le 49.3. Les deux outils sont disponibles. Les oppositions, quelles qu'elles soient, peuvent choisir en disant : on va laisser passer les ordonnances. Ce sera ce budget horrible qu'ils nous ont déposés qu'on changera quand on sera élus. C'est un choix stratégique. Mais critiquer un budget et le laisser passer, c'est aussi faire une décision stratégique importante, ou de dire qu'on peut l'améliorer dans le cadre de discussions de compromis. Il peut y avoir un 49.3 parce que je doute que ce budget soit voté, et dans ce cas-là, on ne censure pas le gouvernement parce que le budget, j'allais dire, est moins pire que celui qu'ils ont déposé. Mais je ne suis pas le seul responsable de tout ça. Chacun va devoir prendre ses responsabilités. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que si on n'a pas de budget, là, on sera dans une situation extrêmement difficile.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Marine Le Pen s'affiche à Bruxelles avec les dirigeants anti-européens et annonce que si elle était élue, elle mettrait fin au soutien de la France à l'Ukraine. Comme elle, les patriotes de pacotille d'ici et d'ailleurs se précipitent pour capituler devant Vladimir Poutine qui cherche à intimider l'Europe, à nous diviser et nous affaiblir. C'est le moyen le plus sûr de voir la guerre se rapprocher de nos frontières. Ceux qui veulent sincèrement la paix et la liberté soutiennent l'Ukraine. Les vrais défenseurs de l’intérêt de la France soutiennent l'Ukraine. Et nous continuerons de le faire, car aider l'Ukraine, c'est aider la France.

> Il faut se débarrasser de cette obsession pour l’élection présidentielle. La prochaine ou le prochain président de la République n’aura pas de majorité absolue, les élections législatives seront alors d’autant plus importantes.

> Ne nous laissons pas contaminer par la propagande de Vladimir Poutine. Ça fait 20 fois depuis le début de la guerre d'agression russe en Ukraine qu'on nous annonce que l'Ukraine va chuter, que les États-Unis abandonnent l'Ukraine. Qu'est-ce que c'est la vérité ? La vérité, c'est que ça fait bien longtemps que l'Europe, que nous, assumons l'essentiel du soutien à l'Ukraine et de la pression sur la Russie. Regardez ce qui s'est passé ces derniers jours. Nous avons transféré six milliards d'euros à l'Ukraine. Nous avons pris, j'y étais moi-même à Luxembourg, 1600 sanctions, gels d'avoirs, interdictions d'accès au territoire européen contre des responsables russes du complexe militaro-industriel. Et avant-hier, nous avons littéralement arrêté, arraisonné un navire de la flotte fantôme russe.

> On a régulièrement entendu Volodymyr Zelensky exprimer avec beaucoup de franchise son opinion sur l'attitude des alliés. Il n'a pas toujours épargné d'ailleurs les Européens. Mais il ne faut pas sortir la chose de son contexte. Volodymyr Zelensky a également exprimé son souhait de poursuivre sa collaboration avec les États-Unis. Et s'agissant du renseignement, puisque vous me relancez sur ce sujet, rappelons-le, deux tiers du renseignement qui est fourni à l'Ukraine, l'est aujourd'hui par les Européens et singulièrement par la France.

> On mène une guerre sur le champ de bataille, mais aussi dans les esprits. Et chaque fois que l'occasion se présente, le Kremlin et ses trolls sur les réseaux sociaux exploitent, amplifient un certain nombre de phénomènes ou d'évènements pour nous décourager. Décourager les Ukrainiens, mais ça ne fonctionne pas de toute évidence, puisque chaque fois qu'on est arrivés à l'automne, on nous a dit que l'Ukraine ne tiendrait pas l'hiver, et chaque fois, l'Ukraine en est sortie en tenant le front, et pour nous décourager, nous, nous dissuader de poursuivre notre soutien à l'Ukraine.

> Le renseignement qui est apporté à l'Ukraine aujourd'hui, il est essentiellement par l'Europe et par la France. Nous continuons notre stratégie qui produit des effets considérables, permet à la résistance ukrainienne de tenir le front. Bien évidemment, ça n'est pas parfait puisqu'on voit, comme vous l'avez rappelé, les bombardements très cyniques, très meurtriers sur les villes de l'arrière. On travaille activement.

> La France, l'Europe, les Ukrainiens, on est mobilisés notamment pour protéger le ciel ukrainien avec des projets de collaboration pour développer au plus vite des missiles intercepteurs de missiles, beaucoup moins chers et beaucoup plus rapidement produits que ça n'était le cas jusqu'à présent.

> les Ukrainiens, ils sont prêts. Le président Zelensky a dit qu'il était prêt à des élections, mais à condition qu'un cessez-le-feu puisse intervenir. Il l'a redit ces derniers jours, que la Russie cesse ses bombardements constants et désormais journaliers sur les villes de l'Ukraine et dans ces cas-là, des élections pourront se tenir.

> La production de diesel et même d'hydrocarbures par la Russie s'est effondrée depuis le début de la guerre et singulièrement depuis le début de l'année. Sous le double effet de quoi ? Eh bien, des frappes menées avec beaucoup de talent par les Ukrainiens et puis sous l'effet des sanctions très lourdes que nous avons prises. Ce ne sont pas quelques dizaines de milliers de barils de diesel qui vont changer les choses.

> Les discussions se poursuivent avec l'Arabie saoudite pour bien mesurer ce que sont ses besoins. Nous avons, dès le départ, annoncé que nous étions prêts à déployer des militaires, des capacités de détection, des radars mais aussi du matériel de défense, vous savez, ces choses-là prennent un peu de temps, il faut acheminer le matériel. (…)
il est nécessaire que nous puissions protéger les infrastructures énergétiques de l’Arabie saoudite pour que ce corridor puisse fonctionner et que ne vienne pas s'ajouter à la hausse des prix que nous connaissons actuellement une complication supplémentaire.

> [Gaza / Intervention à l’Assemblée] Monsieur le député Thomas Portes, une nouvelle fois, vous instrumentalisez la souffrance des Palestiniens à des fins politiques avec une question qui manque de nuance, qui de toute évidence, manque de connaissances de ces sujets pourtant si importants, et qui manque d'équilibre. Vous parlez de notre politique vis-à-vis d'Israël s'agissant des ventes d'armes. Je vais le répéter une nouvelle fois comme le Premier ministre l'a fait à de nombreuses reprises ainsi que la ministre des Armées. Nous ne vendons pas d'armes à Israël. Ceci étant dit, nous avons pris connaissance des révélations par le journal L'Humanité que certaines armes auraient pu être vendues à Israël. Et donc nous avons immédiatement lancé des investigations en cours. Nous avons pris des mesures conservatoires en attendant leurs résultats.
Vous prenez, Monsieur le député, au détour de votre question, des accusations très graves me concernant et concernant le gouvernement de la République. Il n'y a pas d'autre pays dans le monde qui aujourd'hui soutient autant le peuple palestinien que ne le fait la France, malgré toutes vos déclarations qui témoignent de votre méconnaissance crasse du sujet palestinien et du conflit israélo-palestinien. La meilleure preuve de cela, c'est que le seul exemple que vous pouvez donner de la mobilisation de la société civile, ce sont les actions d'Urgence Palestine. Vous auriez pu, et vous vous seriez honoré à le faire, citer que des organisations de la société civile ont organisé ici même à Paris le 12 juin dernier le rassemblement de plusieurs centaines d'Israéliens et de Palestiniens mobilisés pour la solution à deux États qui a définitivement quitté votre champ lexical et votre vocabulaire parce qu'eux croient à la paix et ils travaillent véritablement au quotidien. (…)
Vous, Monsieur le député, vous êtes l'idiot utile de tous ceux qui, en Israël, nient le droit des Palestiniens à l'autodétermination et à l'existence.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Avec France Santé, nous concrétisons l’engagement pris par le Premier ministre de renforcer l’accès aux soins de proximité. Cet été, nous avons franchi le cap des 2 000 structures labellisées France Santé. Notre objectif est d’en atteindre 5 000 d’ici 2027.

> La ménopause est une chance ! Elle doit en tout cas pouvoir être vécue sereinement, sans tabou et avec un accompagnement adapté. Aujourd’hui, aux premières Assises de la ménopause, j’ai annoncé 13 mesures concrètes pour mieux informer, prévenir et accompagner les femmes. Informer partout et de manière fiable. Avec une campagne de communication, des repères donnés aux créateurs de contenu, un espace pleinement dédié et enrichi sur http://Santé.fr et la lutte contre la désinformation en santé. Améliorer les parcours des femmes. En faisant irriguer les prochaines de recommandations de la Haute Autorité de Santé à l'ensemble des professionnels de santé concernés. En permettant aux professionnels de santé - dont les sages-femmes - de prendre davantage de responsabilités, sous conditions de validation scientifique. Et changer durablement le regard de la société. En mesurant concrètement les conséquences économiques et sociales de la ménopause. Nous traçons aujourd'hui un chemin, pour que la ménopause soit demain une chance !

> 80 % des enfants dépassent les apports maximaux recommandés en sucres. Un chiffre qui rappelle l’urgence d’agir sur la prévention. (…) La taxe sur les produits transformés sucrés prévue dans le Budget vise à inciter les industriels à réduire la quantité de sucre dans leurs produits. Face à la progression de l’obésité et des maladies chroniques, nous devons agir collectivement. Les entreprises ont aussi leur part de responsabilité pour améliorer notre alimentation et protéger la santé des Français.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> C’est toujours pareil avec LFI. À la télévision, ça nous parle de taxer les multimilliardaires mais à l’Assemblée ça propose de taxer l’épargne de tous : un quasi doublement de la fiscalité sur les CEL et les PEL !

> Notre système fiscal a été construit à une autre époque, avec beaucoup moins de divorces et de familles monoparentales. Nous devons aujourd’hui pouvoir faire évoluer nos dispositifs fiscaux pour renforcer le soutien aux femmes seules qui élèvent leurs enfants, un enjeu crucial pour la justice sociale et l’égalité entre les femmes et les hommes.

> Rejeter par principe tout effort des retraités, même ciblé, même proportionné, ce serait un coup de poignard contre la jeunesse. Mais ce serait aussi se moquer des retraités : les démagogues qui leur mentent aussi sur le reste des économies, et envoient notre pays dans le mur. On l’a vu ailleurs : cela finit toujours par des mesures socialement catastrophiques. Nous pouvons encore l’éviter.

> Le RN veut faire payer des impôts à une infirmière de 31 ans, et créer une exonération pour le trader de 29 ans. Des cadeaux fiscaux pour les footballeurs, des impôts pour les ouvriers ! Une mesure dramatiquement injuste.

> Le contre-budget du RN ne tient pas la route une seconde. Un seul exemple : il prévoit 3 milliards d’économies sur les retraites dès 2027, sans toucher aux retraités ni à l’âge de départ ! Ils sont où, les 3 milliards ? Le minimum d’honnêteté qu’on doit aux Français, c’est de dire ce qu’on entend faire.

> Les cris en hémicycle ne peuvent masquer ni les chiffres ni les faits : depuis 50 ans, 80 % de la hausse des dépenses publiques est allée aux dépenses sociales, notamment aux retraites et à la santé. Pas à la jeunesse. Pas à la transition écologique.

> [Budget 2027 / Intervention à l’Assemblée] En 2025 comme en 2026, nous avons réussi à donner à la France un budget grâce à un compromis en faveur duquel votre groupe politique a joué un rôle éminent. Il serait pour le moins paradoxal que dans le contexte international et financier que nous connaissons, qui rend encore plus indispensable la conclusion d’un compromis, nous ne puissions pas y parvenir cette année.
Les éléments majeurs de justice fiscale que vous avez négociés dans le budget précédent sont évidemment reconduits pour l’année prochaine. Vous avez oublié de le mentionner dans votre question !
C’est le cas de la fiscalité sur les revenus du capital, avec l’augmentation de la CSG, et de la prolongation de la taxation supplémentaire des revenus du capital pour les plus riches, avec la contribution différentielle sur les hauts revenus. Par ailleurs, la copie initiale du gouvernement –
⁠ je ne parle pas de la négociation – prévoit des mesures supplémentaires que votre groupe a longtemps appelées de ses vœux.
Je pense évidemment à la lutte contre l’abus d’optimisation fiscale. L’article 5 du projet de loi de finances pour 2027 contient une réforme du régime de l’apport-cession, massivement utilisé par les plus riches pour contourner l’imposition de la plus-value, notamment lors d’une transmission.
Le groupe socialisye plaide également depuis longtemps pour une fiscalité supplémentaire sur les produits ultratransformés : celle-ci est proposée dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027. Vous avez longtemps plaidé aussi pour une réforme de l’assiette des allègements généraux de cotisations sociales afin d’y inclure les compléments de salaire. Cette réforme est proposée dès le texte initial de ce même projet de loi.
Nous parlons de la version initiale du texte proposé par le gouvernement. Tant que nous serons engagés dans la réduction du déficit public dans une période où la stabilité financière est essentielle, nous serons disponibles pour parler avec vous des mesures de lutte contre l’abus d’optimisation fiscale des plus fortunés.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Aucune violence n'est acceptable. Près de 1000 policiers et gendarmes ont été blessés. 150 personnels de l'éducation nationale. Rien ne le justifie. Jamais. Notre rôle est maintenir l'ordre et de permettre le dialogue. C'est ce que nous faisons.

> Marine Le Pen et l'extrême droite ont un problème avec l'Etat de droit : qui cela étonne ? Un exécutif sans limite, sans contre pouvoir, voilà leur projet.

> La France est fière de ses 6300 entreprises cosmétiques qui façonnent nos territoires et comptent 226 000 emplois. Nous sommes le leader mondial. Ce n'est pas un hasard. Ce sont des choix industriels et d'innovation. Des femmes et des hommes qui s'engagent.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Les métiers de l'industrie automobile sont des métiers d'avenir, et ils sont ouverts à toutes et à tous, notamment aux jeunes filles. Au Mondial de l'Auto aujourd’hui, j'ai rencontré ceux, et surtout celles, qui feront l'automobile de demain. Merci à l’association Elles bougent qui œuvre au quotidien pour mieux relier orientation, formation et emploi, afin de faire tomber les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge. À toutes les jeunes filles je veux dire, prenez votre place. L’industrie française a besoin de vous. À toutes les femmes qui se sont engagées dans ces voies, parlez, montrez aux jeunes filles que c’est possible. À tous les adultes qui les entourent, encouragez-les !

> Nouvelle étape de dialogue au lycée professionnel Roberval, à Breuil-le-Vert dans l’Oise. Charge de travail, remplacement des professeurs, état des bâtiments, cantine… Les élèves m’ont parlé franchement de leur quotidien et des difficultés qu’ils rencontrent. J’ai aussi rencontré des jeunes fiers de leur parcours et des savoir-faire qu’ils acquièrent, dont notre pays a tant besoin.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> La lutte contre le gaspillage alimentaire, c’est un enjeu écologique, économique et social.

> Marine Le Pen fait croire qu’elle veut supprimer une agence. En réalité, ce sont des milliards d’euros investis partout dans le pays au service de la transition écologique et énergétique auxquels elle propose de renoncer. Une certaine idée de l’avenir.

> La transition écologique se construit avec celles et ceux qui la font vivre. Avec la signature de l'accord 2026-2029 pour la filière transformation et valorisation des déchets, l'État, les entreprises et les salariés s'unissent pour transformer nos déchets en ressources, renforcer notre souveraineté et innover.

> se sont tenues les assises du réemploi, comme l’avait indiqué le président de la République en mai dernier. Passer à l’échelle sans impôt, sans dépense et sans norme supplémentaire c’est possible.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La vision de l’Europe de Marine Le Pen est celle du renoncement. En voulant mettre fin au soutien à l’Ukraine, elle fragilise notre sécurité et sert les intérêts de Moscou. En célébrant son alliance avec Viktor Orbán, elle cautionne les atteintes à l’État de droit, aux droits des femmes, aux droits LGBTQ+ et à la liberté de la presse. La souveraineté ne se défend pas en abandonnant l’Ukraine, pas plus que la liberté ne se défend en renonçant aux droits fondamentaux. La France mérite une Europe forte, libre et souveraine, fidèle à ses valeurs et capable de protéger ses citoyens.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> Au Mondial de l’automobile, je suis allé à la rencontre des femmes et des hommes qui font la force de notre industrie automobile. Face à une concurrence internationale féroce, la France a de formidables atouts : ses savoir-faire, sa capacité d’innovation et les compétences de ses salariés. L’automobile reste un secteur essentiel pour notre emploi et notre souveraineté industrielle. Nous devons continuer à accompagner la mutation des compétences, attirer les jeunes et faire toute leur place aux femmes dans ces métiers d’avenir. C’est ainsi que nous préparerons l’avenir de l’industrie française !

> Nous atteignons cette année les 9 millions d’arrêts maladies. Face à cette augmentation nous devons être réalistes et construire un modèle plus juste. D’abord, en renforçant la prévention pour éviter les arrêts évitables. Ensuite, en protégeant mieux 3 millions de salariés qui ne sont pas assez bien couverts. Ce sont des intérimaires, des personnes en contrats courts, des femmes ou hommes de ménage. Enfin, en apportant une réponse à un paradoxe : les arrêts courts sont mieux protégés que les arrêts longs. Ils sont pourtant plus souvent soumis à des comportements abusifs qui exaspèrent les français. Il faut revoir notre modèle. Les arrêts maladies représentent 19 milliards d’euros de dépense en 2026 et ça augmente d’1 milliard par an. Je fais confiance aux partenaires sociaux pour trouver 1 milliard d’euros d’économie d’ici la fin de l’année.

> Il est plus difficile d'être jeune aujourd'hui qu'à mon époque. Trouver un emploi, construire son avenir, se faire une place dans un monde en pleine mutation, entre révolution de l’IA, bouleversements géopolitiques et dérèglement climatique : les inquiétudes sont nombreuses et je les comprends. J’ai fait de la jeunesse ma grande priorité pour le budget 2027.
Avec des engagements concrets qui concernent près d’un million de jeunes chaque année :
- Préserver les moyens nationaux de l’apprentissage, tant pour les aides aux entreprises que pour le financement des formations.
- Investir 123 millions d’euros supplémentaires pour soutenir les CFA et les formations prioritaires.
- Maintenir 269 000 entrées en Contrat d’engagement jeune, pour accompagner ceux qui en ont le plus besoin.
- Créer un 21e EPIDE à Maubeuge, pour aider des jeunes en difficulté à s'insérer dans le monde du travail.
C’est aussi tout le sens du plan Emploi Futur que j’ai présenté en avril dernier : mieux orienter, mieux former et mieux accompagner les jeunes vers l’emploi, tout en anticipant les ruptures de parcours. Investir dans notre jeunesse, c’est investir dans l’avenir de notre pays.

 

Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
> Le véhicule électrique doit être une solution accessible à tous, adaptée aux besoins de chacun et soutenue par des infrastructures de recharge à la hauteur.
Le véhicule électrique doit être accessible au plus grand nombre et le leasing social y contribue. Dans le second volet du plan d’électrification, nous renforçons également le soutien à l’achat aux véhicules électriques les plus légers, avec une aide portée à 2 000€, sous condition de fabrication en Europe. Plus abordables et adaptés à de nombreux déplacements du quotidien, ces véhicules constituent une solution supplémentaire pour accélérer la transition.
Le véhicule électrique doit aussi être adapté aux besoins des professionnels. C’est pourquoi, dans le cadre du plan d’électrification, nous avons annoncé de nouvelles mesures pour les accompagner dans cette transition. Dès le début de l’année prochaine, de nouvelles aides seront lancées pour l’acquisition de camionnettes électriques par les TPE et les PME. Elles pourront atteindre 11 000 € et concerner 20 000 véhicules.
Nous renforçons également le soutien aux poids lourds et aux bus électriques, avec des aides pouvant atteindre 130 000 € pour un bus électrique fabriqué en Europe, ainsi que des mesures pour faciliter la recharge et en réduire le coût.
Pas de véhicule électrique sans bornes de recharge. Nous devons donc faciliter l’accès à la recharge, et relançons en conséquence le programme Advenir avec 400 M€ à la clef, notamment pour la recharge en copropriété et pour les poids lourds en itinérance. Le déploiement devra se faire avec davantage de transparence.
Dès 2027, l’affichage du prix au kWh et de la puissance délivrée sera obligatoire sur toutes les bornes de recharge rapide. Les automobilistes doivent pouvoir connaître le coût de leur recharge et comparer les offres simplement.
La transition vers le véhicule électrique doit être une opportunité pour tous. Elle doit concilier décarbonation, pouvoir d’achat et souveraineté industrielle.

> le Citepa a publié ses dernières estimations : les émissions de gaz à effet de serre de la France ont diminué de 4,1% au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025.
Cette performance consolide la baisse d’environ un quart de nos émissions territoriales depuis 2017. Cette accélération repose sur des politiques publiques ambitieuses et sur notre capacité à écouter les citoyens.
C’est tout le sens de la Convention citoyenne pour le climat, lancée en 2019. Pendant plusieurs mois, 150 citoyens tirés au sort ont élaboré des propositions pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans un esprit de justice sociale. Leur travail, finalisé en 2021, a contribué à faire évoluer nos politiques publiques, notamment à travers la loi Climat et Résilience, mais aussi via des textes d’application du gouvernement.
Six ans après, où en sommes-nous ?
Le bilan final, que mon ministère vient de publier, démontre la qualité du travail produit par la convention. Il fait état de :
- 108 propositions mises en œuvre totalement ou partiellement ;
- 24 propositions encore en cours de discussion ;
- 17 propositions qui n’ont pu être mises en œuvre.
Se déplacer, se loger, se nourrir, consommer, produire...ces propositions touchent à tous les aspects de notre quotidien. Elles traduisent le fait que la transition écologique ne réussira que si elle se construit avec les citoyens, et qu’elle améliore concrètement leur quotidien, tout en assurant un rôle de premier plan aux entreprises et aux territoires.
Les chiffres du Citepa mesurent le chemin parcouru et celui qu’il nous reste à accomplir. Le bilan de la Convention citoyenne rappelle, lui, que cette transformation doit aussi se construire dans le dialogue et dans la durée.
Ces enseignements seront particulièrement utiles aux transformations à venir, alors que nous devons encore aller plus loin pour atteindre nos objectifs climatiques à l’horizon 2030, dans tous les secteurs de notre économie, en cohérence avec nos objectifs d’adaptation.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Cher Gabriel [Attal], ce n’est pas exact. Tu t’en souviens sûrement, en juin 2017, la Cour des comptes, dès notre arrivée aux affaires, alertait gravement sur de nombreuses dépenses sous-budgétées et un déficit attendu à 3,2% du PIB sans mesures correctrices. Sous l’autorité du Président de la République et d’Édouard Philippe, j’ai engagé immédiatement, comme ministre des comptes publics, dès l’été, des baisses de dépenses de l’État, représentant près de 5 milliards d’euros. Beaucoup de secteurs s’étaient alors émus (APL, social, travail, armées...) Cet effort a ramené le déficit à 2,9% en 2017, puis en continuant notre travail de rigueur, à 2,3% en 2018 sortant ainsi la France de la procédure pour déficit excessif. Comme ministre des Comptes publics entre 2017 et 2020, je veux témoigner publiquement du bon bilan du Président de la République et d’Edouard Philippe : baisse continue du déficit, baisse des impôts et transformation profonde de l’administration comme celle de l’impôt à la source.

> J’ai appelé M. Youssef Badr, magistrat au tribunal judiciaire de Bobigny, qui fait l’objet d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, pour lui apporter mon soutien. Aucun magistrat ne doit être menacé ou insulté dans une démocratie fière de son état de droit.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Après l'été que les agriculteurs viennent de traverser, qui est terriblement traumatisant, et y compris d'ailleurs sur le plan psychosocial, nous sommes très attentifs à l'état de la profession. Pour autant, il faut à la fois traiter l'urgence, c'est-à-dire soutenir nos paysans dans cette épreuve, leur permettre de relancer la production, bref, leur donner des perspectives malgré les mois difficiles qu'ils viennent de traverser. Pour autant, traiter l'urgence ne doit pas dispenser, et je dirais même au contraire, doit nous engager à aborder l'avenir et la relance de la production agricole en tenant compte, bien sûr, de la donne climatique. Il faut se mettre dans l'hypothèse que l'été prochain peut être difficile, donc dès maintenant, amener les agriculteurs à pouvoir être plus résilients. 
C'est par exemple un programme destiné aux bâtiments d'élevage pour les rendre mieux adaptés à la canicule, pouvoir débloquer rapidement les projets de stockage et d'irrigation tout en respectant naturellement la ressource eau qui est précieuse et qui doit être utilisée à bon escient. C'est pouvoir déployer rapidement, comme l'a dit le Premier ministre, les décrets d'application de la loi d'urgence. Et puis, c'est amener aussi, à plus long terme, à moyen et long termes, la réalisation des projets d'avenir agricole. 
Il y en a beaucoup. On a fait un tour de France. Il y a plus de 800 projets d'avenir agricole pour la souveraineté alimentaire qui ont été identifiés. Il faut lancer, dès avant la fin de l'année, un appel à projets pour que ces porteurs de projets puissent trouver auprès de l'État, mais pas que, des supports, des aides, de l'aide à l'ingénierie, par exemple, parce que ce sont des projets parfois compliqués à mettre en œuvre. Œuvre. Et enfin, il faut sécuriser, sécuriser par l'assurance, cela a été dit. Aujourd'hui, deux agriculteurs sur 10 en France, comme dans le reste de l'Europe, du reste, sont assurés. Or, l'assurance, c'est un outil pour dérisquer la production agricole. Il faut qu'il soit mieux compris et mieux sollicité. Et puis, bien sûr, encore et toujours travailler à la transmission.
Tous ces sujets trouvent une traduction dans la négociation que nous menons aujourd'hui au niveau européen dans la future PAC. La position de la France est très claire, c'est la position qui sera défendue dans ce qu'on appelle la « nego-box », la négociation, la boîte de négociation des États. Pas un euro ne doit manquer à la PAC. Nous devons, alors même que les enjeux de souveraineté alimentaire sont tellement importants dans un contexte géopolitique très bousculé, il faut que nous soyons souverains. C'est une question de liberté et de sécurité pour l'ensemble des Européens et singulièrement les Français. Et puis, il faut que la PAC soit là, aux côtés des agriculteurs, pour sécuriser le revenu, pour renouveler les générations, pour simplifier les procédures, et puis pour apporter aux différents secteurs de production l'aide que, légitimement, ils peuvent attendre.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Samuel Paty était un professeur. Il avait choisi de transmettre, d’éveiller les consciences, d’apprendre à ses élèves à penser librement. Il y a six ans, le terrorisme islamiste lui a arraché la vie pour cela. Nous n’oublierons jamais son nom, son visage, ni ce qu’il incarnait. Je pense à son fils, à sa famille, à ses proches, à ses collègues et à ses élèves. En l’assassinant, le fanatisme a cherché à frapper au cœur de la promesse républicaine : celle d’une École où le savoir affranchit, où le doute est permis, où chacun peut construire sa liberté de conscience. Honorer sa mémoire nous oblige. À défendre sans faiblesse la laïcité et la liberté d’expression. À protéger les professeurs qui les font vivre. À ne jamais les laisser seuls face aux menaces et à la haine. Nous devons à Samuel Paty de poursuivre ce qu’il accomplissait chaque jour : faire grandir des esprits libres.

> Le dialogue se poursuit sur le terrain. Au lycée des Graves à Gradignan, j’ai rencontré des lycéens attachés à l’École et soucieux de son avenir. Remplacement des professeurs absents, rythme des journées, orientation… Ensemble, nous avons abordé sans détour leurs préoccupations du quotidien. Ils m’ont aussi fait part de leurs attentes et de leur volonté de changement. Nous nous y sommes engagés : les propositions qui émergeront de ce dialogue viendront directement nourrir les décisions que nous prendrons ainsi que le budget de l’École pour 2027.

> Un établissement saccagé, des personnels menacés, des élèves privés de cours : le lycée Les Iris de Lormont illustre les conséquences de l’extrême violence qui frappe le service public de l’éducation et ceux qui le font vivre. Ce matin, je suis venu apporter mon soutien aux équipes et leur témoigner ma profonde reconnaissance. Leur sang-froid a permis de protéger les 700 élèves présents et d’éviter des dégâts bien plus importants. Mais des dizaines d’équipements ont été volés, dégradés ou incendiés. Résultat : les lycéens sont privés de cours, et la formation aux métiers de l’imprimerie et du graphisme est également perturbée. Ces violences doivent cesser. Depuis le début de la mobilisation, 165 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés. Je tiens à saluer leur courage et leur engagement au service de nos élèves. En démocratie, seul le dialogue permet d’avancer. Il se poursuit à tous les niveaux.

> À Aubagne, le pire a été évité grâce au courage et au sang-froid des personnels du collège. Je leur adresse tout mon soutien et ma profonde reconnaissance. Lorsque j’ai rencontré le principal du collège Lakanal, qui a été blessé, sa première préoccupation était de savoir si ses élèves et ses collègues allaient bien. Cette attention aux autres, même dans l’épreuve, dit tout de l'engagement des personnels. C'est cela l’Éducation nationale.

> La section La France Insoumise de Suresnes a affiché un proviseur sur les réseaux sociaux, livrant à la vindicte un homme qui cherchait simplement à sécuriser son établissement. En parallèle, 148 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés depuis le début des mobilisations. Lorsqu’un parti affirme condamner les violences, il doit en tirer les conséquences dans ses propres rangs : j’attends de LFI qu’elle prenne des sanctions contre les auteurs de cette publication. Les personnels de l’Éducation nationale consacrent leur vie à leurs élèves et au service public. Personne ne peut les menacer ou les prendre pour cible. (…)
Un signalement à la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale a été déposé en début de semaine, dès prise de connaissance de ces publications. La protection fonctionnelle a également été accordée à ce proviseur.

> Les contributions sur Agora. Les premières préoccupations des lycéens ressortent clairement :
- 70 % évoquent l’organisation des journées de cours
- 60 % les conditions matérielles
- 25 à 30 % le remplacement des professeurs
Derrière ces chiffres, les élèves nous parlent de leurs difficultés du quotidien : le rythme des journées, le temps pour déjeuner ou encore l’état de leurs établissements. Nous y apporterons des réponses, au niveau local comme au niveau national : chaque établissement, chaque région aura accès aux contributions qui les concernent. La parole des lycéens aura des suites concrètes, notamment dans le projet de budget de l’État pour 2027.

> Chaque heure de cours compte, et la première nécessité pour un élève est de pouvoir aller dans son lycée et d’y étudier. Pour remplacer les professeurs absents, nous mobilisons les enseignants remplaçants disponibles et nous autorisons plus de 900 recrutements supplémentaires, notamment dans les disciplines les plus rares, où nous manquons d'effectifs. Cet effort porte en priorité sur les établissements les plus en difficulté : selon les premières remontées, le nombre de lycées classés « rouge » pour les besoins de remplacement est passé de 114 à 50 en moins d’une semaine. Nous poursuivons ce travail pour que les professeurs disponibles soient pleinement mobilisés au service de la réussite de nos élèves.

> [Blocage des lycées / Intervention au Sénat] il y a une forme de vertige de la jeunesse devant l'effet du réchauffement climatique, de la géopolitique, de l'émergence de l'IA, qui remet en cause les perspectives professionnelles. Oui, Parcoursup peut être vécu, à tort ou à raison, comme un couperet.
Je suis très sensible à la promesse républicaine - je vis en banlieue parisienne depuis 47 ans - mais nous voyons toujours le verre à moitié vide, jamais à moitié plein, ou en train de se remplir.
Grâce à notre réforme, 100 % des postes aux concours ont été pourvus, pour la première fois depuis quinze ans. Le taux de remplacement a été amélioré de 30 % entre 2024-2025 et 2025-2026.
Je rappelle qu'un des principes de Parcoursup est la mixité sociale. Que ne dit-on que 150 000 boursiers ont obtenu des places auxquelles ils n'auraient pu prétendre sans les quotas ; qu'il n'y a jamais eu autant d'élèves de banlieue parisienne dans les universités et écoles parisiennes ? La promesse est tenue, dans des conditions qui seront précisées au cours des prochains jours.

> [Blocage des lycées / Intervention au Sénat] Quelque 148 personnels de l'éducation nationale ont été blessés par des actes volontaires, parfois commis par leurs élèves.
LFI a-t-elle instrumentalisé le mouvement ? Oui, évidemment. Dès le début, des députés LFI se sont rendus dans les établissements pour inciter au blocage.
Le maire de Saint-Denis a déclaré que la violence pouvait être légitime. Jean-Luc Mélenchon a parlé de « discipline de combat ». Hier, un tract de la section LFI de Suresnes a mis en cause un proviseur, avec son nom et son visage. Nous déposons plainte systématiquement.
En réponse, je n'entends que des condamnations de la violence en des termes très généraux. J'attends de voir ce que LFI fera vis-à-vis de sa section de Suresnes. Quand on souffle sur les braises, on ne peut se dédouaner de l'incendie. LFI porte la responsabilité politique d'avoir incité au blocage, alors que d'autres voies étaient ouvertes - je pense notamment à la plateforme mise à la disposition des élèves. Et tout cela est arrivé à la suite de ma circulaire interdisant toute forme de campagne électorale au sein des établissements...

> [Blocage des lycées / Intervention au Sénat] Nous devons collectivement marcher sur deux jambes : répondre aux préoccupations immédiates des jeunes et leur ouvrir un chemin d'avenir.
Le PLF que nous avons présenté s'inscrit dans une perspective de long terme, marquée par une chute démographique inédite. On peut, chaque année, se dire « Plus tard, Nestor, plus tard », comme dans Tintin... Mais nous serions douloureusement rattrapés par le réel, contraints dans sept ou huit ans de cisailler brutalement et durablement la pyramide des âges des enseignants.

Inversement, courir bêtement après la démographie serait suicidaire pour le système éducatif.
Nos propositions pour le premier degré émanent des suggestions faites par les dix-huit départements pilotes : une reprise démographique à 38 %. En d'autres termes, le gain démographique est aux deux tiers réinvesti dans le système éducatif. Résultat : le nombre moyen d'élèves par classe sera, pour la première fois, inférieur à la moyenne de l'OCDE.
Dans le second degré aussi, les mesures proposées permettent d'améliorer systématiquement la situation.

Le Premier ministre l'a dit, nous ferons des propositions à la suite des consultations en cours. Le débat sur ce sujet va donc évoluer.

> [Blocage des lycées / Intervention à l’Assemblée] Vous parlez d’avenir et en effet, avec leur mouvement, les jeunes expriment une certaine angoisse pour l’avenir. Toute la journée, ils entendent des discours crépusculaires, alors qu’ils sont l’aube de la société de demain.
Vous avez évoqué les 3 000 postes de remplaçant. Il y avait bien 3 000 professeurs remplaçants, ce qui est cohérent avec la taille de l’administration scolaire, pour la plupart titulaires, donc formés. Ils n’étaient pas encore affectés aux postes où un remplaçant était nécessaire ou n’étaient pas encore sollicités, là où un remplacement n’était pas nécessaire, pour venir en appui des équipes pédagogiques des établissements auxquels ils étaient affectés.
Nous avons fait en sorte de mobiliser l’intégralité de ce vivier. Je le dis honnêtement, c’est un sujet sur lequel je travaille depuis un an car ce fonctionnement n’était pas optimisé.
Vous avez omis dans votre question un autre élément : nous sommes en train de recruter 920 personnels supplémentaires, à affecter notamment dans les filières professionnelles –
⁠ dans certaines d’entre elles, il est très difficile de disposer d’un remplaçant titulaire. Depuis vendredi, 170 contractuels ont été recrutés par les académies.
Nous débattrons évidemment des dispositions du projet de loi de finances pour 2027, qui pourra être amendé à l’initiative du gouvernement. Nous le ferons à la lumière de ce que vous dites –
⁠ et que j’entends – et à celle des 90 000 contributions, dont 25 % sont collectives, reçues sur la plateforme. Elles pointent le problème des emplois du temps, celui du bâti, celui des régions et celui des remplacements, que je suis en train de traiter.
Sur tous ces points, nous apporterons des réponses. Toutes les contributions seront en accès libre, vous pourrez donc les vérifier.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Parcoursup / Intervention à l’Assemblée] Parcoursup, ce sont un million de jeunes et leurs familles, un million de projets ainsi que des dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui examinent les dossiers dans les commissions et décident de la meilleure orientation. Je sais que cette étape peut être difficile pour les familles –⁠ une source de stress, de fatigue et d’inquiétude – et, bien que nous devions prendre cela en considération, ce n’est pas en répétant des contrevérités qu’elles deviendront vraies et que nous améliorerons la situation.
Laissez-moi vous rappeler quelques éléments. En 2017, dernière année avant l’instauration de Parcoursup, 3 700 bacheliers se sont retrouvés sans affectation au terme de la procédure. En 2025, malgré 200 000 candidats supplémentaires inscrits sur la plateforme, seules 38 personnes ont saisi la commission d’accès à l’enseignement supérieur et n’ont pas bénéficié de solution –
⁠ 38 !
Avant Parcoursup, le tirage au sort décidait de l’avenir des jeunes. Est-ce cela que vous voulez remettre en place ? Avant Parcoursup, 12 000 formations étaient disponibles ; désormais on en compte 25 000, dont 11 000 en apprentissage. Je suis d’ailleurs surpris de vos propos : l’apprentissage fait tout autant partie des voies qui permettent aux jeunes de construire leur avenir.
Niez-le autant que vous voulez, mais les statistiques sont formelles : 150 000 bacheliers boursiers ont obtenu, grâce aux quotas instaurés sur Parcoursup, une place qu’ils n’auraient pas obtenue autrement.
  Parcoursup, c’est aussi la fin de l’assignation à résidence. Il n’y a jamais eu autant de lycéens issus de banlieue qui étudient aujourd’hui en Île-de-France.
Oui, il faut faire évoluer la plateforme, mais travaillons ensemble à son avenir, ainsi qu’à celui des jeunes, non pas en niant

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> La question du pouvoir d'achat, et spécifiquement sur le sujet de l'énergie, est indéniablement au cœur de nos préoccupations et au cœur de notre action. Le Président de la République s'est rendu au G7 il y a deux semaines, a réussi à négocier un accord de libération de 100 millions de barils. Sur cette base, la France s'est engagée à en libérer 10 millions d'ici au 1er novembre, et nous avons reçu les distributeurs de carburant autour du Premier ministre à Matignon lundi pour s'accorder sur cette baisse de 18 centimes et garantir encore une fois un calendrier très serré, s'accorder sur les modalités logistiques de libération. C'est extrêmement concret parce qu'on va libérer 10 millions de barils à un prix significativement effectivement inférieur aux prix du marché. Ça fait le lien entre ce que fait le Président de la République à l'échelle internationale et les prix à la pompe qui vont très concrètement baisser dans les prochaines semaines. Donc, sans qualifier de crainte la manifestation de samedi, c'est bien sûr, bien sûr au cœur des préoccupations et au cœur de l'action qu'on mène.

> [Budget 2027] il ne faut pas inverser les choses. Ce n'est pas parce qu'une part de la gauche refuse de discuter, pour reprendre vos termes, avec le Gouvernement, et je pense notamment à la France insoumise, à Europe Écologie-Les Verts, que le Gouvernement se retrouve automatiquement dans la situation de négociation avec d'autres forces politiques. Nous, nous appelons l'ensemble des partis, des forces politiques, des 577 députés, à se mettre autour de la table, tout simplement parce qu'il s'agit de s'accorder sur un budget pour 4 mois, dans une situation nationale et internationale difficile, avec des contraintes économiques et budgétaires qui sont très fortes. Et je le redis, ce ne serait dans l'intérêt de personne, ni des Français, ni des forces politiques, ni des candidats à la présidentielle, de prendre le risque qui serait absolument majeur, de priver la France d'un budget pendant 7 ou 8 mois, c'est-à-dire jusqu'à l'installation d'un nouveau Parlement après une probable dissolution de l'Assemblée nationale en mai ou en juin prochain. Je vous renvoie vers le rapport de l'Inspection générale des finances qui mentionnait un déficit avoisinant les 6% en cas d'absence de budget l'année prochaine et un coût de 15 milliards d'euros supplémentaires, là encore, dans un moment où les taux ont augmenté, où le contexte au Moyen-Orient pèsent sur l'économie mondiale et sur l'économie française, et où nos concitoyens attendent légitimement des actions de notre part pour davantage de services publics, davantage de pouvoir d'achat. Donc, si on veut pouvoir répondre à toutes ces contraintes et à toutes ces attentes, il n'y a pas d'alternative, il faudra un budget.

> Ceux qui brandissent Parcoursup comme un totem politique se gardent bien d'expliquer par quoi ils le remplaceraient. Nous, ce qu'on dit, c'est que la question de l'orientation, elle est bien sûr fondamentale. Elle génère des craintes, elle génère des angoisses chez les étudiants, chez les parents, parfois complètement légitimes, mais elle ne saurait se résumer à la question de Parcoursup, qui a permis de réelles avancées. Il y a toute la question de ce qui se passe avant Parcoursup. Comment est-ce qu'on accueille les jeunes, et pas uniquement en terminale, dans leur réflexion sur l'orientation, dans leur choix de matières ? Vous savez que maintenant, les étudiants au lycée ont une grande liberté sur le choix des options. Comment est-ce qu'on les accompagne à penser un projet professionnel, en tenant bien sûr compte du fait qu'ils ont 16, 17 ou 18 ans, mais néanmoins, comment est-ce qu'on le fait ? Et puis, comment est-ce qu'on organise l'enseignement supérieur de manière à ce que les élèves soient dirigés vers des formations professionnalisantes qui leur permettent ensuite d'avoir un métier, un débouché sur le marché de l'emploi au meilleur salaire possible ? Et c'est cet ensemble-là qu'il faut qu'on arrive à regarder. Réduire les choses à la question et réduire la focale à la seule question de Parcoursup, c'est vraiment aborder le sujet avec des œillères. Et ceux qui font ça généreront demain d'immenses déceptions chez les étudiants concernés parce qu'on se rendra compte a posteriori que la question de Parcoursup telle que la France insoumise le met en avant, par exemple, mais également d'autres, est en fait un leurre et que la question de l'orientation des jeunes et de l'accès au marché de l'emploi est bien plus large que ça.

> [Budget 2027] on propose un budget qui est encore une fois un budget sérieux, avec un objectif de réduction de déficit en dessous de 5%, et cet objectif-là devra être tenu. Ça n'empêche pas d'avoir des discussions avec les forces politiques par ailleurs, mais dans un cadre budgétaire qui est celui d'un plafond à 5% de déficit.

> [Nucléaire] Au Conseil des ministres où j'ai présenté un projet de loi essentiel pour l'avenir du secteur nucléaire. Vous le savez, le Président de la République a notamment, depuis le discours de Belfort de février 2022, fait de cette relance du nucléaire un axe clé pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Une première loi a été adoptée en 2023, dite loi d'accélération du nucléaire. J'avais d'ailleurs été rapporteur de cette loi à l'Assemblée nationale, loi qui permettait un certain nombre de mesures de simplification pour accélérer la construction des nouveaux réacteurs EPR2. Un peu plus de trois ans après son adoption, on en tire un premier retour d'expérience et on étend son champ d'application. C'est l'objet du projet de loi que j'ai présenté aujourd'hui. D'abord, en étendant les mesures d'accélération aux installations du cycle combustible. Ça permet de sécuriser sur le long terme les capacités industrielles indispensables au fonctionnement de notre parc nucléaire. C'est l'article 1 de ce projet de loi, et on cible tout particulièrement le programme Aval du futur porté par l'entreprise Orano pour renouveler les installations de traitement et d'entreposage du combustible usé situées à La Hague, dans le département de la Manche.
Très concrètement, ça facilite les procédures administratives en termes d'urbanisme et ça permet d'autoriser la réalisation de certains travaux préparatoires de façon anticipée. C'est ce qu'on fait sur les EPR2, typiquement, à Penly, vous avez des travaux de terrassement qui ont pu commencer. Ça ne constitue pas, bien sûr, le cœur nucléaire des travaux, mais des travaux, encore une fois, préparatoires qui permettent de gagner du temps sur le planning. C'est une mesure qui permet, sur le projet que j'ai cité, Aval du Futur, de gagner environ un an sur le calendrier, de sécuriser la construction de ces installations dans les délais, et donc aussi d'en maîtriser les coûts, ce qui est un point évidemment important.
Deuxièmement, c'est un texte qui simplifie le cadre applicable aux installations et aux activités de chantier. Ça renforce les pouvoirs du préfet, ça crée un guichet unique préfectoral afin de réduire, non pas les divergences, mais en tout cas les discussions qu'il pourrait y avoir entre le préfet d'une part et l'Autorité de sûreté nucléaire d'autre part, étant entendu, bien sûr, que ça ne concerne que les nuisances conventionnelles du chantier et que ça ne remet en rien la convention de la SNR au titre de ses prérogatives de sûreté pour le contrôle des ouvrages nucléaires.
Troisièmement, ça permet de garantir la primauté des exigences de sûreté nucléaire lorsqu'elles peuvent entrer en contradiction avec le Code de la construction et de l'habitation. C'est l'objet de l'article 2. Et ça signifie qu'en cas de conflit, le projet de loi prévoit la capacité de déroger à certaines dispositions du Code de la construction et de l'habitation pour faciliter le chantier au profit des exigences, là encore, de sûreté nucléaire. C'est évidemment du bon sens.
Et puis quatrièmement et enfin, ça permet à l'exploitant d'une installation nucléaire de base de confier la surveillance des intervenants extérieurs à des filiales ou à des sociétés sœurs qu'il contrôle directement ou indirectement, et ça va permettre notamment des gains de coûts. Ça permettra à des entreprises de confier à ces filiales dont c'est la spécialité la surveillance qui est obligatoire de ces prestataires. Voilà pour la présentation de ce texte, qui fait suite à, notamment, une décision qui avait été prise lors du Conseil de politique nucléaire de début d'année, et une inscription dans un premier temps au Sénat d'ici la fin 2026.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Contribution au budget de l’UE / Intervention à l’Assemblée] Le débat touchant la contribution budgétaire de la France à l’Union européenne a lieu tous les sept ans, lors de la négociation du cadre financier pluriannuel (CFP). Le dernier remonte à l’époque où nos deux chambres et le Parlement européen, souverainement, ont ratifié le CFP 2021-2027 ; le prochain se tiendra lors de la ratification du CFP 2028-2034.
La voix de la France comptera, car je rappelle que le budget européen doit être adopté à l’unanimité ; mais cette contribution ne peut être discutée, rabotée, de façon unilatérale, au cours d’un débat budgétaire. Nous pouvons –
⁠ nous le disions tout à l’heure, c’est même bienvenu – aborder le sujet des priorités européennes de la France, celui de la direction que prend l’Union, bien d’autres encore ; reste, encore une fois, que l’examen du projet de loi de finances n’est pas le cadre adapté à une remise en cause de ce versement.
Je voudrais profiter de cette intervention pour dire un mot de la PAC : nous pouvons être fiers que la France porte l’ambition d’une politique qui constitue le premier poste budgétaire de l’Union européenne. Nous nous sommes battus pour sécuriser, dans le cadre du CFP 2028-2034, les enveloppes destinées à la PAC : des députés de tous bords ont rappelé que dans sa proposition initiale, la Commission européenne les avait en quelque sorte fusionnées, au sein de partenariats nationaux et régionaux, avec celles concernant la cohésion, afin de donner au budget davantage de flexibilité. Nous ne sommes certes pas opposés à la flexibilité, à la modernisation, mais il y aurait eu dans la PAC 20 % de fonds en quelque sorte flottants, ce qui, à juste titre, suscitait chez nos agriculteurs beaucoup d’anxiété s’agissant de la prévisibilité de leurs revenus.
Je le répète, nous nous sommes donc battus ; nous avons obtenu en janvier, à l’issue de négociations très difficiles, en marge d’ailleurs des tractations concernant le Mercosur, une avance –
⁠  front loading, en jargon technocratique européen – de 45 milliards d’euros supplémentaires. Nous nous battons pour conserver à la PAC son caractère communautaire, c’est-à-dire pour que les règles en soient harmonisées d’un État membre à l’autre, ce que le premier ministre appelle le C de la PAC ; ainsi avons-nous également obtenu ces dernières semaines que certaines définitions, notamment celle du terme « agriculteur », soient intégrées au règlement de la PAC.
Nous avons bataillé pour faire entendre la voix de nos régions ultrapériphériques (RUP), en langage européen, et reconstituer le programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (Posei), adaptation de la PAC aux territoires ultramarins ; nous avons simplifié un certain nombre de dispositifs, par exemple les aides d’État destinées à la pêche, dans le cadre de l’omnibus publié par la Commission, à la demande de la France, pour l’outre-mer.
Enfin, vous avez mentionné à juste titre, madame la députée, les pesticides, les mesures miroirs : c’est là un combat de la France. Nous nous battons, là encore, pour faire admettre tout simplement que nos partenaires commerciaux doivent appliquer les normes et standards auxquels sont soumis nos agriculteurs ; avec nos partenaires entre autres italien et polonais –
⁠ pour peser dans ce cadre, il faut des alliés, des coalitions, le rapporteur général l’a rappelé –, nous avons obtenu, au moment des négociations touchant le Mercosur, un engagement très clair en faveur des mesures miroirs. La situation était quelque peu ubuesque : nous tolérions dans les produits importés des traces, une présence marginale, de pesticides ou d’additifs alimentaires interdits dans le marché intérieur européen. À ces limites maximales résiduelles, nous avons mis fin ; les règles seront désormais les mêmes que pour les denrées d’origine européenne.
Naturellement, il faut pouvoir contrôler : la France revendique que soient renforcées, dans le cadre de nos accords commerciaux, les forces d’inspection et de contrôle de la Commission. Nous avons déjà obtenu leur doublement dans les ports d’entrée sur le territoire de l’Union, mais aussi en vue de contrôles directs chez les exportateurs, car il ne faut pas être naïfs. Cette augmentation doit se poursuivre, ce qui requerra celle des moyens correspondants : ce sera l’un de nos objectifs majeurs concernant le CFP 2028-2034.
La souveraineté alimentaire de notre continent, la reconnaissance de nos agriculteurs, la prévisibilité des paiements directs dans le cadre de la PAC, le renforcement des contrôles, la réciprocité en matière d’usages, de standards –
⁠ j’irai plus loin : l’exportation de nos normes, comme avec le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières –, voilà ce que nous défendons. Lorsque nous parvenons à utiliser comme levier les 450 millions d’individus qui constituent notre marché intérieur, nous exportons l’influence européenne !

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Former les citoyens libres et éclairés de demain. Telle était la mission de Samuel Paty. Le 16 octobre 2020, il était assassiné par un terroriste islamiste qui lui reprochait d’enseigner la liberté d’expression à ses élèves. Six ans après, nous n’oublions pas l’engagement de Samuel Paty pour nos valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Face à l’intolérance et à l’obscurantisme, nous ne lâcherons rien !

> Moscou ne décidera pas de nos votes. À Rome, j’appelle les Parlements européens à unir leurs forces contre les ingérences russes qui menacent nos élections et notre soutien à l’Ukraine. Face à ces manipulations amplifiées par l’IA, notre riposte doit être collective et ferme.

> L’intelligence artificielle transforme déjà le monde du travail. Deux priorités pour notre jeunesse : lui donner les moyens de maîtriser ces nouvelles technologies et lui garantir un avenir professionnel où ses droits seront protégés.

> La Moldavie a toute sa place dans la famille européenne ! Ravie de retrouver à Rome mon homologue Igor Grosu pour lui réaffirmer le soutien indéfectible de la France sur ce chemin. Nous sommes déterminés à renforcer la coopération entre nos Parlements.

> La France et l’Arménie sont unies par un partenariat stratégique et une même volonté de défendre la paix et le droit. Avec mon homologue Ruben Rubinyan, nous avons échangé sur l’accord de paix de Washington et les menaces qui pèsent sur nos démocraties. Dans ce tournant de son histoire, l’Arménie doit pouvoir choisir librement son avenir et peut compter sur notre soutien !

> La Hongrie veut renouer avec ses partenaires européens. Avec Agnès Forsthoffer, Présidente de l’Assemblée nationale hongroise, nous avons évoqué cette nouvelle dynamique. Le rapprochement franco-hongrois doit désormais se traduire en actes. Et la diplomatie parlementaire a un rôle clé à jouer !

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Quelques mots d'une collégienne qui n'avait même pas assisté au cours. Puis une vidéo. Des partages, des commentaires, des messages. En quelques jours, un bruit a fait d'un professeur une cible. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty était sauvagement assassiné, victime du terrorisme islamiste. Il avait 47 ans. Il enseignait l'histoire-géographie et donnait à ses élèves les clés pour comprendre le monde. Il donnait les clés du respect, de l'écoute, de la liberté d'expression et de conscience. Six ans après, nous n'avons rien oublié. Ni la mécanique de la haine. Ni la barbarie de l'attaque. Ni combien l'École fait peur aux terroristes. Être fidèle à Samuel Paty, c'est continuer à apprendre et à enseigner sans peur. C'est refuser de céder, même d'un cheveu, face à la terreur, face à ceux qui veulent déchirer des pages de notre Histoire et brider notre liberté. En classe, la peur ne doit interdire aucun sujet. Aujourd'hui encore, notre peine est immense. Mes pensées vont à sa famille, ses collègues, ses élèves. À toute la communauté éducative, pour qui le 16 octobre reste un jour de deuil. Samuel Paty voulait que ses élèves comprennent le monde. Nous lui devons de ne jamais renoncer.

> Je m'oppose à la suppression de postes d'enseignants proposée par le Gouvernement. Notre École, c'est notre avenir et notre meilleur atout. Ministre de l'Éducation nationale, j'avais obtenu en 2024 la création de 6000 postes supplémentaires. La baisse du nombre d'élèves doit être une opportunité pour avoir moins d'élèves par classe et plus de remplaçants, pas pour faire des économies.

> La vision du Bac pour tous de Jean-Luc Mélenchon, c'est en réalité le choix de la sélection par l'échec à la fac. La véritable égalité des chances, c'est d'assumer l'exigence, d'accompagner nos jeunes et de refuser qu'un élève entre au collège sans savoir lire et écrire.

> Je lance la plateforme http://pactepourlajeunesse.fr pour permettre aux 16-25 ans de venir contribuer, de venir s'exprimer, d'être entendus. Parmi les participants, 150 d'entre eux seront tirés au sort pour venir débattre et construire l'avenir avec moi. Parce que votre voix doit enfin compter.

> Une crise de la dette menace notre pays. Depuis la dissolution, il y a eu 300 milliards de dettes supplémentaires et les taux d'intérêt ont explosé. Mon objectif à l'Assemblée nationale est clair : obtenir le budget le moins mauvais possible. Pour notre économie et pour les Français.

> 91 milliards d’euros d’intérêts de la dette en 2027. Je refuse qu’une génération soit sacrifiée pour payer l’addition.

> Soutenir l'Ukraine, ce n'est pas faire de l'humanitaire, c'est garantir notre propre sécurité en Europe. Quand Marine Le Pen menace de couper notre aide, elle défend les intérêts de Vladimir Poutine et accepte de laisser les Ukrainiens se faire massacrer. Je ne la laisserai pas faire.

> L'épreuve de force avec l'Europe ? Mais l'Europe, c'est nous, Mme Le Pen. Donc ce que vous proposez, c'est de diminuer la pression sur Moscou pour l'augmenter sur nos agriculteurs, sur nos territoires, sur notre industrie automobile et sur tous les secteurs qui bénéficient de la protection et du soutien de l'UE. Encore un tir dans le dos.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> En bons leaders autoritaires, Le Pen et Mélenchon semblent partager la même conception du débat : il est toléré tant qu’il ne va pas a l’encontre de leurs positions. Face à des experts qui opposent des arguments solides à leurs positions, même réflexe : esquiver le fond, attaquer les personnes et laisser planer la menace de ce qui se passera quand ils seront au pouvoir.
Premier artifice : « C’est celui qui dit qui est. » Côté Mélenchon, son contradicteur critiquerait « sans avancer aucun argument pour le réfuter ». Vraiment, Jean-Luc ? Il suffit pourtant de l’écouter pour entendre une réfutation argumentée et très pédagogique.
Côté Le Pen, Terra Nova contesterait le contre-budget du RN « sans le début du commencement d’un argument ». Ah bon ? Relis la note de Terra Nova Marine car elle ne manque pas d’éléments de fond. Prenons un seul exemple qui porte sur la bagatelle de 18 milliards d’euros de recettes supplémentaires attendues de TVA en 2031. Terra Nova rappelle que, selon la Commission européenne, l’ensemble de la TVA non collectée en France représentait 12,1 Md€ en 2023. Ce montant englobe non seulement la fraude, mais aussi les erreurs, faillites et insolvabilités. Le Conseil d’analyse économique estime, pour sa part, qu’une amélioration de 5 points du taux de recouvrement de la fraude à la TVA rapporterait environ 0,5 Md€ par an. Mais le RN promet 18 Md€ ! Plus largement, son bloc « fraude » est censé améliorer le solde public de 32,5 Md€ en 2031. Or, en additionnant cinq leviers de lutte contre la fraude chiffrés par le CAE, on arrive à environ 4,1 Md€. Huit fois moins. Ce n’est pas une opinion. C’est un écart chiffré, confrontable aux travaux d’économistes spécialisés. De quoi mériter une réponse sur le fond, non ?
Deuxième artifice : discréditer celui qui porte la critique. Marine Le Pen présente Terra Nova comme une « succursale de feu le Parti socialiste et soutien assumé d’Emmanuel Macron ». Mais même si cette étiquette était pertinente, ce qui n’est pas le cas, en quoi réfuterait-elle les chiffres avancés ? En quoi expliquerait-elle que les recettes promises par le RN soient si éloignées des estimations des spécialistes ? Attaquer la source ne réfute pas les chiffres. Jean-Luc Mélenchon, lui, accuse son contradicteur d’avoir « décidé, apparemment, de jouer contre son pays et contre la vérité », avant de dénoncer les « élites » françaises qui « tirent dans le dos ». Cette rhétorique de la trahison nationale a de sinistres résonances historiques. Dans les années 1930, l’extrême droite française dénonçait déjà les ennemis de l’intérieur, les élites traîtresses et ceux qui, en contestant le pouvoir, seraient supposément hostiles à la nation. Le vocabulaire change. Le mécanisme, lui, est connu et fait peur : on ne réfute plus l’adversaire, on le désigne comme un ennemi du pays. Tout cela pourrait prêter à sourire si ces deux leaders n’étaient pas entourés de leur meute prompte à s’en prendre à ceux qui osent les contredire Et ce qui est en jeu dépasse largement une querelle de chiffres ou d’ego. C’est la liberté d’opinion, la liberté d’association et la liberté de la presse qui sont en jeu. Des libertés que nous avons mis des décennies à construire et que nous avons tort de croire définitivement acquises. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder les amendements déposés par le RN visant à réduire à zéro les moyens des associations qui ne seraient pas dans la ligne du parti. Une démocratie vacille quand elle n’accepte pas la contradiction et que ceux qui la porte sont désignés comme des traîtres. Et quand le chef prétend incarner, à lui seul, la vérité et la nation. Le danger commence bien avant la prise du pouvoir : il commence quand on prépare les esprits à considérer toute contradiction comme une trahison. C’est ce que font ad nauseam Le Pen et Mélenchon.

 

Elisabeth Borne (députée)
> Il y a six ans, Samuel Paty était lâchement assassiné par un terroriste islamiste pour avoir enseigné la laïcité et la liberté d’expression à ses élèves. À travers lui, c’est l’École et la République tout entière qui étaient attaquées. Il incarnait les valeurs de notre République et la mission essentielle des professeurs : transmettre les savoirs, développer l’esprit critique et former des citoyens libres. Nous n’oublierons jamais la douleur de ses proches et de toute la communauté éducative. Fidèles à sa mémoire, nous continuerons de défendre sans relâche nos valeurs face à l’obscurantisme.

 

Pierre Cazeneuve (député)
>
[Retraites / Intervention à l’Assemblée] Monsieur le ministre des comptes publics, hier, vos services ont publié pour la première fois ce que l’on a longtemps appelé « le déficit caché des retraites ». Un tiers du budget de l’éducation nationale ne financera pas l’école de nos enfants, mais les pensions des générations passées. Sur les 89 milliards d’euros de crédits alloués à l’éducation nationale en 2026, 28 milliards iront financer ces pensions. Dans le contexte de la crise actuelle des lycées, ce constat doit nous interpeller. Ainsi, les retraites absorbent 30 % du budget du ministère de l’intérieur et 20 % de celui de la justice. Derrière ces chiffres, il y a un artifice comptable : des cotisations de l’État employeur surgonflées, avec des taux près de trois fois et demi supérieurs à ceux du privé, afin de masquer le déficit réel de notre régime de retraite. Ce déficit représente plus de 50 milliards d’euros par an, très loin des chiffres avancés par le Conseil d’orientation des retraites et par la Cour des comptes.
Un pays qui consacre cinq fois plus de budget aux pensions de ses retraités qu’à l’avenir de sa jeunesse est un pays qui se meurt peu à peu. Quand on sait que non seulement un tiers de ce budget n’est pas destiné à nos enfants, mais qu’il est consacré à payer ces mêmes pensions, alors nous devons collectivement nous indigner !)
Ces chiffres appellent des réponses. Pas celles de l’extrême droite, qui laisse croire aux Français qu’un retour à 62 ans et quarante-deux annuités serait possible. Pas celles de l’extrême gauche, qui leur ment en prétendant que l’on pourrait revenir à un âge de départ à la retraite de 60 ans. Nous avons besoin  de réponses courageuses. Quelles conséquences tirez-vous de ces chiffres que vous avez vous-même révélés ?

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> [Contribution au budget de l’UE / Intervention à l’Assemblée] Les débats budgétaires de cette année sont particulièrement suivis par nos partenaires européens, et celui-ci peut-être plus que les autres. En effet, chacun connaît la gravité de la situation que traverse notre continent. L’économie européenne ne cesse de décrocher par rapport aux États-Unis. En vingt-cinq ans, le PIB par habitant a progressé deux fois moins vite en Europe qu’outre-Atlantique, principalement faute d’investissements suffisants dans l’innovation. Dans le même temps, notre déficit commercial avec la Chine se creuse de 1 milliard d’euros par jour. Enfin, la crise énergétique pèse lourdement sur nos concitoyens et nos entreprises. À cela s’ajoutent, bien sûr, la guerre en Ukraine et les menaces croissantes que la Fédération de Russie fait peser sur l’ensemble des pays européens.
Nous sommes donc à un moment crucial de l’histoire de notre Europe. Face à ce tournant, la France ne peut pas, ne doit pas faire défaut à ses partenaires. C’est pourquoi nous avons plus que jamais besoin d’aboutir à un budget dans les prochaines semaines, tout en maintenant la plus haute ambition pour le budget européen. Pourtant, ce soir, plusieurs orateurs nous expliqueront que notre contribution à l’Europe ruine nos finances et qu’au fond, pour retrouver notre souveraineté, il faudrait cesser de verser la quasi-intégralité de notre contribution à l’Union européenne.
C’est évidemment faux et surtout dangereux. Faux, parce que l’Europe n’est pas responsable des difficultés budgétaires de la France. Elle est, au contraire, un multiplicateur de puissance et d’efficacité. Dangereux, parce que jouer le rapport de force, comme le réclamait Marine Le Pen ce matin dans le Financial Times, reviendrait à nous isoler et à nous exclure de l’Union européenne. Aucun pays européen n’acceptera de payer à la place de la France, ni de nous voir réduire unilatéralement notre contribution au budget de l’Union.
L’Union européenne, n’en déplaise à ses détracteurs, n’est pas une colocation sans règles. On ne peut pas profiter du marché, des investissements et de la protection du club, tout en refusant de payer sa part.
Au fond, deux chemins nous font face : celui de l’effacement de notre Europe ou celui de la puissance européenne que nous défendons. Ce dernier exige d’avoir un budget à la hauteur de ses ambitions. D’abord l’ambition d’investir massivement dans l’innovation et les technologies de rupture, en nous assurant que nos entreprises soient les premières à en bénéficier grâce à un principe strict de préférence européenne. Puis, l’ambition de réformer le budget, en reprenant la logique de performance qui était au cœur du plan national de relance et de résilience (PNRR). L’ambition, aussi, d’achever l’union des marchés de capitaux pour mobiliser les financements privés. L’ambition, enfin, d’aller chercher de nouvelles recettes pour le budget européen –
⁠ et la France a raison d’en faire un enjeu dans les négociations avec nos partenaires.
En somme, nous avons besoin d’innover, de financer, de simplifier et de protéger avec pour objectif l’indépendance et l’autonomie stratégique en matière d’innovation, de technologie, d’industrie, de défense et de sécurité. Cela passe par un budget européen le plus ambitieux possible. Pour mener ces nombreux et difficiles combats à Bruxelles, notamment vis-à-vis de notre partenaire allemand, la France aura besoin de peser de tout son poids dans les négociations. Finalement, c’est le sens de ce débat : que l’Assemblée nationale envoie à ses partenaires européens un message d’ambition très clair et ferme selon lequel la France tient ses engagements et versera sa contribution. La force de la France, c’est sa fiabilité. Si nous abaissions unilatéralement le montant de notre contribution ou si nous rejetions les crédits tels qu’ils nous sont présentés, nous enverrions un message contradictoire qui nous ferait paraître faible aux yeux de nos partenaires européens.
Ce débat n’est pas une affaire d’arithmétique, mais un débat sur notre responsabilité. Plutôt que de chercher le bras de fer avec nos partenaires européens –
⁠ une rhétorique devenue courante, notamment sur les bancs du Rassemblement national –, nos seuls véritables alliés dans ce monde redevenu dangereux, ayons plutôt un vrai débat sur le budget européen, sur le fait de savoir comment réindustrialiser l’Europe, comment réussir la transition écologique et comment garantir l’indépendance de notre continent. Tels sont les vrais sujets. La France ne peut donc pas quitter la table des négociations, ce à quoi reviendrait un vote de rejet du prélèvement pour 2027.

 

Nicole Le Peih (députée)
> [Contribution au budget de l’UE / Intervention à l’Assemblée] Les débats sur le prélèvement européen nous conduisent chaque année à examiner ce que l’Union européenne nous coûte. C’est un exercice salutaire et indispensable. Mais l’honnêteté voudrait que l’on regarde tout aussi attentivement ce qu’elle nous apporte. Pour la troisième année consécutive, la France est le premier bénéficiaire du budget européen. Je pense notamment aux 9 milliards d’euros de la politique agricole commune, dont je mesure toute l’importance en tant qu’ancienne agricultrice. S’y ajoutent les programmes européens pour les étudiants, le spatial, la recherche, les infrastructures de transport et d’énergie, l’emploi et la formation, et les transitions –⁠ autant de contributions européennes indispensables au développement de nos territoires, mais souvent trop peu visibles pour nos concitoyens.
Au-delà, il faut aussi prendre en compte tous les avantages non budgétaires que nous retirons de l’intégration européenne et de la participation à un marché unique de 450 millions de consommateurs, qui stimule l’innovation, accroît la productivité, soutient la croissance du PIB et garantit des règles de concurrence équitables par le respect des mêmes objectifs ambitieux en matière d’environnement. Cela a été dit, le prélèvement européen augmentera en 2027. Certains s’empresseront sans doute de dénoncer une Europe qui jetterait l’argent par les fenêtres au moment même où les États membres doivent se serrer la ceinture. Ce serait oublier l’essentiel et céder à une facilité aussi trompeuse qu’opportuniste.
En réalité, cette augmentation du budget européen répond à l’émergence de nouveaux défis. C’est d’abord le soutien à l’Ukraine, plus nécessaire que jamais, alors que le président américain semble prêt à abandonner les Ukrainiens au profit d’un accord sur les hydrocarbures russes. C’est aussi le coût des intérêts de l’emprunt commun destiné à financer notre plan de relance, qui serait bien plus élevé si la France empruntait directement sur les marchés : 4,75 % aujourd’hui, contre 3,3 % pour l’Union européenne. C’est encore l’accélération des dépenses du Fonds européen agricole pour le développement rural, dont la France est le premier bénéficiaire, et qui soutient l’installation des jeunes agriculteurs ainsi que l’adaptation de notre agriculture au réchauffement climatique. Les ravages des dernières canicules dans nos territoires en ont montré toute l’urgence.
Il faut le rappeler : le budget européen n’est pas une charge dont nous pourrions nous affranchir sans conséquences. Il est un levier essentiel pour financer des politiques que notre pays aurait bien du mal à porter seul, avec la même ampleur et la même efficacité. À l’ère des empires et des rapports de force brutaux, nous ne pourrons défendre nos intérêts et nos droits qu’en faisant bloc. La taxe sur les petits colis en est la preuve la plus éclatante : lorsqu’elle était une initiative française isolée, elle rapportait 2 millions d’euros par semaine. Depuis sa généralisation à l’échelle européenne, elle en rapporte 32 millions. Cette ambition est plus nécessaire que jamais, alors que les vingt-sept États membres préparent le prochain budget pluriannuel. Celui-ci engagera l’avenir de l’Union et sa capacité à répondre aux grands défis qui pèsent sur notre compétitivité, notre sécurité et notre souveraineté.
La Commission européenne a proposé un budget de près de 2 000 milliards d’euros pour la période 2028-2034, afin de permettre à l’Union européenne de mettre en œuvre l’agenda Draghi sur la compétitivité, qui prévoit 1 200 milliards d’euros d’investissements dans la décarbonation, la défense, le spatial, la transformation numérique et le déploiement de l’intelligence artificielle. Aussi cruciales soient-elles, ces nouvelles priorités ne sauraient justifier le sacrifice des politiques traditionnelles, qui sont au fondement de la construction européenne.
Il est impératif de préserver la politique agricole commune, en reconnaissant son caractère stratégique pour la souveraineté alimentaire du continent. À cet égard, je me félicite que le gouvernement ait obtenu de la Commission l’assurance que la France pourra reconduire son enveloppe PAC à l’euro près. La clé de l’équation réside dans la création de nouvelles ressources propres européennes, qui ne soient pas de simples ressources statistiques, mais de véritables leviers de politique publique.
C’est bien le cas des cinq propositions de la Commission, pleinement alignées sur nos objectifs de décarbonation, de protection de la santé et de lutte contre les distorsions de concurrence, et qui rapporteraient 66 milliards d’euros supplémentaires par an. L’Assemblée nationale aura à se prononcer sur ces enjeux déterminants l’année prochaine, lors de l’examen de la loi de ratification de la décision relative aux ressources propres. D’ici là, je vous appelle à réaffirmer le plein engagement européen de la France en adoptant l’article 55 du projet de loi de finances.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> L’an prochain, nous paierons 91Md€ d’intérêts de la dette, soit la totalité de l’impôt sur le revenu. Le fruit de notre travail sert à payer le passé. Avec les députés MoDem, nous proposons donc une année blanche : une pause dans la dépense publique répartie et partagée par tous. Le vrai choix n’est pas entre l’effort et le confort, mais entre une rigueur choisie aujourd’hui plutôt que l'austérité subie demain.

 

Bruno Fuchs (député)
> [Contribution au budget de l’UE / Intervention à l’Assemblée] Cinq minutes pour évoquer une enveloppe financière de 30,9 milliards d’euros, chacun en conviendra, c’est un peu court. Le sujet mérite pourtant amplement ce débat, tant il revêt une dimension à la fois politique et budgétaire. Il nous conduit à nous interroger sur la place que nous voulons donner à la France dans le monde. Derrière cette contribution, c’est notre capacité à peser en Europe et dans le monde qui est en jeu. Elle n’est pas une simple ligne budgétaire, mais un investissement dans notre capacité d’action et notre influence. C’est la seule voie possible pour préserver notre souveraineté.
Car nous vivons un moment de bascule : les grandes puissances réaffirment leurs ambitions, les menaces existentielles s’intensifient, les dépendances économiques deviennent des instruments de pression et la guerre est de retour sur notre continent. Dans ce monde incertain, une évidence devrait nous rassembler : avec 70 millions d’habitants, la France ne peut, à elle seule, défendre l’ensemble de ses intérêts et garantir toutes ses souverainetés. Nous avons besoin de l’Europe. Face à la Chine et aux États-Unis, notre indépendance ne se construit pas dans le repli et l’isolement, mais dans notre capacité à agir ensemble, avec plus de puissance encore.
Les bénéfices dépassent largement le montant de la contribution. Comme l’a rappelé le rapporteur général, grâce à l’euro et à la garantie de la Banque centrale européenne, notre pays bénéficie d’une politique monétaire commune. Si nous devions affronter seuls les marchés, les conséquences d’une dépréciation monétaire et d’une hausse des taux d’emprunt seraient considérables et, sans la garantie apportée par la BCE, dépasseraient largement les 30 milliards d’euros de contribution dont nous débattons.
L’Europe, c’est aussi un marché qui offre des débouchés à nos entreprises, des financements à nos territoires et une coopération scientifique au service de l’innovation. Le ministre Haddad a très bien développé cet aspect. L’Europe, c’est encore une force politique et diplomatique. Elle porte une vision du monde et une capacité d’action multilatérale pour répondre aux grands enjeux internationaux. La guerre en Ukraine nous rappelle combien cette solidarité européenne est essentielle et combien nous devons renforcer notre capacité collective à assurer notre sécurité et notre défense. Enfin, s’agissant des grands enjeux de demain, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle, de la génétique, des vaccins ou encore du secteur spatial, qui peut prétendre ici que la France, seule, est en mesure d’y faire face ?
La question, en réalité, est assez simple : voulons-nous renoncer à notre capacité à assurer notre souveraineté en décidant seuls ou, au contraire, peser et exister davantage en décidant avec d’autres ? L’intérêt de la France est clair : nous avons besoin d’une « Europe puissance », capable de renforcer sa sécurité, de faire entendre une voix crédible sur la scène internationale et de nous protéger face aux nouvelles menaces. Être européen n’empêche pas d’être lucide sur les imperfections de l’Union européenne. Certaines orientations de la Commission sont discutables. La transformation de l’Union européenne en véritable puissance n’avance pas assez vite. L’efficacité des politiques publiques européennes, le fonctionnement administratif de l’Union et le manque de transparence méritent également d’être questionnés, comme cela a été souligné à cette tribune. Ces limites ne doivent pas être ignorées.
Il n’en demeure pas moins qu’il nous faut peser davantage pour renforcer encore la puissance et l’efficacité de l’Union européenne. Face aux menaces actuelles, nous n’avons pas le choix. L’Union européenne est la meilleure concrétisation possible de l’Europe, comme en témoigne le fait que l’Ukraine et de nombreux autres pays du continent frappent à sa porte pour la rejoindre. Cela doit nous inviter à faire preuve de prudence, de sérieux et de responsabilité dans nos décisions à l’égard de l’Union européenne.
La France a une histoire, une voix, des principes et des intérêts singuliers. L’Europe ne les efface pas ; elle leur donne, au contraire, les moyens de les porter plus fort et plus haut. C’est cette ambition que doit servir notre contribution au budget européen. La commission des affaires étrangères a émis un avis favorable à l’adoption de l’article 55 du PLF, sans modification du montant inscrit. J’invite donc notre assemblée à voter en cohérence avec cette position.

 

► Autres 
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie industrielle)

> Pour la filière automobile européenne, en un an, nous avons parcouru un chemin considérable ! Sous l’impulsion de la Commission européenne avec le paquet auto et l’IAA, ce qui était tabou alors, devient une ambition partagée relayée par l’accord trouvé entre la France et l’Allemagne. C’est une étape majeure pour le Made in Europe, notre politique industrielle européenne et la décarbonation. D’un côté, le deal comprend une véritable préférence européenne, sans possibilité de contournement et un seuil de composants européens important. De l’autre, il permet les flexibilités en matière de CO
₂ et prend en compte spécificités des hybrides et des petites voitures. Le tout dans un contexte ou nous faisons face à une dynamique incontestable en faveur de l’électrique. Le travail législatif doit désormais se poursuivre et je suis persuadé que le Conseil et Parlement poursuivront cet élan pour cette politique industrielle avec le Made in Europe au cœur, que je défends depuis 2 ans.

> Soutenir la filière nickel, défendre les emplois, investir dans la jeunesse : l’Europe doit être au rendez-vous. La Nouvelle-Calédonie doit pouvoir compter sur l’Europe. Et l’Europe sur la Nouvelle-Calédonie.

> Engagements tenus pour l'automobile européenne.
En un an, la Commission européenne a proposé : Made in Europe, simplification, protection contre la concurrence déloyale, flexibilités. Place maintenant à la mise en œuvre !

 

● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
> Les dirigeants libéraux et démocrates européens ont appelé le Conseil européen à apporter une réponse collective plus forte aux attaques hybrides russes, à prendre des mesures concrètes sur le coût de la vie et à garantir que l'UE dispose d'un financement à la hauteur de ses engagements et des défis à venir. 
Réunis à Bruxelles pour le Sommet des dirigeants de Renew Europe, la famille politique a fixé une ambition commune pour un centre réformiste : une Europe capable de protéger ses citoyens, d'améliorer leur niveau de vie et de donner à la génération suivante la liberté de construire son avenir.
Alors que les dirigeants de l'UE se réunissent pour le Conseil européen, Renew Europe appelle à une protection renforcée des infrastructures critiques et à une action coordonnée contre les responsables des sabotages, cyberattaques et ingérences russes, ainsi qu'à un soutien accru à l'Ukraine cet hiver.Le sommet a réuni les libéraux et démocrates autour de priorités communes : la sécurité européenne, le renouveau économique et la réforme de l'Union. Les discussions ont porté sur la manière dont une UE élargie peut décider plus efficacement et plus démocratiquement, sur la façon d'aligner son budget sur ses ambitions, et sur la contribution de l'investissement dans l'IA et le marché unique à la prospérité.

 

Valérie Hayer (députée, présidente)
> L’Union européenne est un tournant : face à tous nos défis, Renew Europe prône une radicalité pro-européenne. Une vision optimiste, résolument déterminée, pour une Europe indépendante.

> La Russie veut effrayer nos citoyens, diviser nos sociétés et affaiblir notre soutien à l'Ukraine. Le Conseil européen doit montrer que les attaques en mer Noire ont des conséquences. Nous devons protéger ensemble nos infrastructures, renforcer nos défenses et donner à l'Ukraine le soutien dont elle a besoin. Les derniers jours ont également montré le besoin urgent d'une alternative européenne à Starlink.
La sécurité, c'est aussi pouvoir regarder l'avenir avec confiance. Les familles qui peinent face aux factures alimentaires, aux loyers et aux coûts de l'énergie ont besoin de plus que des assurances. Elles ont besoin de décisions qui améliorent leur vie. Les infrastructures nécessaires pour garantir la prospérité et la sécurité exigent une Europe bien financée. Nous avons besoin d'un CFP adapté à ses objectifs et financé par des ressources propres. La proposition actuellement sur la table en est très éloignée.
L'Europe doit aussi défendre ses travailleurs et ses entreprises. Quand la Chine fausse la concurrence ou utilise nos dépendances contre nous, l'Europe a besoin des moyens et de la volonté politique de répondre.

 

Pascal Canfin (député)
> L’accord franco-allemand sur le paquet automobile est maintenant finalisé après plusieurs jours de négociations intenses. Je vais prendre le temps de regarder en détails l’impact cumulé des flexibilités accordées au regard du signal d’électrification. Et également les bénéfices de l’accord en matière de soutien à la localisation en Europe des nouvelles usines de batteries, de voitures électriques, etc…
Je sors du Mondial de l’Auto à Paris où l’électrification ne fait plus débat : les commandes de véhicules électriques en France atteignent des records impressionnants chez les principaux constructeurs, entre 60-70% des commandes passées au mois d’octobre qui se refléteront dans les statistiques d’immatriculation à la fin de l’année.
> En amont de mon déplacement au Mondial de l’automobile, je vous partage trois convictions :
- L’électrification est en marche
Il nous a quasiment fallu 10 ans pour que les voitures électriques représentent 10% des parts de ventes en France. 4 ans pour atteindre 20%. Moins d’un an pour dépasser les 30%. Et moins de 6 mois pour dépasser les 40%.
Avec la flambée des prix des carburants, la voiture électrique s’est imposée comme un bouclier pour le pouvoir d’achat des ménages. Et les constructeurs répondent présent avec la multiplication de modèles abordables à moins de 25 000€.
Mon objectif est de libérer les Français du plein d’essence qui les prend à la gorge. Et pour le faire, il faut poursuivre et soutenir le déploiement de la mobilité électrique.
- Faire de l’électrique un succès industriel
J’en suis convaincu : le passage à l’électrique est aussi une opportunité industrielle pour l’Europe.
Avec la préférence européenne introduite par l’Industrial Accelerator Act, l’Europe agit pour préserver son tissu industriel, à commencer par les équipementiers, et choisit d’utiliser l’argent public pour soutenir la production européenne de voitures électriques. Aujourd'hui, la part des voitures électriques faites en France est supérieure à la part des voitures thermiques. Plus de voitures électriques françaises, c’est plus d’emplois en France. Mais il faut aller plus loin.
L’Europe agit également pour protéger son industrie automobile européenne de conditions de concurrence déloyale. Les récentes annonces d’une entente entre l’Union européenne et la Chine sur la modération des exportations de voitures hybrides sont, en ce sens, une bonne nouvelle pour la filière.
- Les deals de la transition : il nous faut penser tout l’écosystème !
Bornes de recharge, matières premières critiques, recyclage des batteries : la réussite de la voiture électrique dépend de toute la chaîne de valeur.
Nous devons penser toute la chaîne de valeur de manière intégrée : il nous faut à la fois investir dans le déploiement du réseau de bornes de recharge, mais aussi soutenir les usines de batteries européennes et déployer une production européenne de matières premières critiques et de leur recyclage. Et ce, simultanément.

 

Sandro Gozi (député)
> Nous avons besoin d'une révolution au centre, et cela commence par changer la manière dont l'Europe fonctionne. Nous ne pouvons pas promettre aux citoyens sécurité et prospérité tout en permettant à un seul gouvernement de bloquer les décisions pour tous. Nous devons mettre fin aux vetos nationaux, renforcer le Parlement européen et donner à l'Europe les ressources nécessaires pour agir. Et si cela exige une révision des traités, nous devons avoir le courage de nous y atteler.
Les libéraux et démocrates se rassemblent parce que défendre l'Europe, c'est accepter de la changer. Notre ambition est une force politique européenne capable de défendre notre liberté et de façonner notre avenir. Nous ne reconstruirons pas la confiance en demandant aux citoyens de se contenter de ce qui existe aujourd'hui.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Incitons les collectivités rurales à s’engager dans les premiers déploiements de véhicules autonomes, car c’est là où la voiture est un vrai besoin que l’on doit favoriser cette innovation !

> Face à l’accélération chinoise, l’Europe doit agir pour défendre son industrie automobile. C’est vital.

> En route en voiture autonome ! Un véhicule qui vous emmène au travail le matin, conduit une personne âgée à son rendez-vous médical dans la journée, puis vous ramène le soir : c’est possible ? Préparons-le, posons nos règles, c’est déjà l’avenir.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Parce qu’un doute ne doit jamais laisser un professionnel seul, je publie le guide « Détection des violences et recueil de la parole de l’enfant victime ». Repérer les signes, écouter sans enquêter, protéger.

> Samuel Paty a été assassiné par un terroriste islamiste pour avoir enseigné la liberté. En France, dans notre République. Six ans après, cette réalité demeure insupportable. Professeur, votre mémoire nous oblige. Nous ne vous oublierons jamais.

> Suite au lancement de la coalition pour une IA protectrice des enfants sous mon égide, j’ai échangé avec les responsables d’Open AI. Mon combat : que la sécurité des enfants soit intégrée dès la conception, avec des protections efficaces, évaluées et vérifiables.

> Je demande que soit créé un GIP national pour coordonner les Unités d’accueil pédiatriques enfants en danger. Objectif : audition unique, filmée, par un enquêteur formé et une continuité des soins. Quand un enfant parle, la République doit être prête.

> Après les agressions dans le métro, voilà qu’un robot agresse une mineure en Allemagne. Qui le pilotait ? Qui l’a programmé ? Remontons la chaîne des responsabilités. Derrière chaque robot, il y a des humains !

> Une exigence : que les plateformes protègent les enfants dès la conception de leurs services. Leur vulnérabilité ne doit jamais être une opportunité commerciale.

> Il va y avoir la diffusion d'un livre, d'une formation pour l'ensemble des professionnels au contact des enfants. Et ça, quel que soit leur statut, leur place ou leur métier dans le dispositif. On a tous été ébranlés au plus profond de nous après le drame de bien sûr, la petite Lyhanna. Mais plus que ça, tous les jours, toutes les 3 minutes, on a un enfant qui est victime de violence sexuelle ! Dans plein d'endroits différents : dans le périscolaire, à la maison, chez un tonton, dans une asso sportive, à la piscine. Partout.
L'inquiétude monte. 70% des professionnels ne savent pas comment faire, comment voir. Et pour les rassurer, nous avons travaillé avec la Haute Autorité de Santé et les associations, sur un guide qui s'appelle «Détecter et recueillir la parole d'un enfant victime» pour que jamais le silence ne serve le prédateur, le violeur.
Ce n'est pas qu'un guide papier, il y a une formation qui va avec. Il va être très largement diffusé parce que l'objectif c'est que ça soit la même formation partout. La fédération de rugby, par exemple, va le diffuser. L'association La voix de l'enfant aussi. Il sera diffusé également par des fédérations d'éducation populaire, des scouts, les guides de France le diffusent... Ce sont beaucoup d'associations sportives, le tissu associatif, éducatif également, et du monde de la protection de l'enfance. Mais le guide est disponible pour tout le monde. (…)
Ce guide permets de savoir : qu'est-ce que je fais, quelles sont les erreurs à ne pas commettre, comment j'envoie ou je saisis le procureur ou la CRIP, qui est la cellule qui peut lancer des investigations,... Le but est de réagir avant de regretter et se dire: J'aurais pu arrêter ce drame. Ce livre, c'est la première étape. La deuxième, c'est un module de formation gratuit sur le site du Ministère. Il dure 6 heures en e-learning. Nous avons besoin que tous, ouvrent les yeux sur les drames que peuvent connaître nos enfants. J'invite les professionnels et employeurs à donner ce temps pour se former. (…)
Ça va d'abord servir à la cohésion. Comprenez : les prédateurs, ces gens qui viennent faire du mal aux enfants, viennent volontairement cibler des endroits où il y a des enfants. Mais la majorité des professionnels de l'éducation populaire, ne sont pas violeurs en puissance. Ces gens font plutôt bien leur boulot et ont envie de faire grandir nos enfants. Ils les aiment donc la question du développement et du soutien des enfants préoccupe la majorité de ces gens.
Les prédateurs ? Ce sont des infiltrés. Ils sont vicieux, ont des méthodes de manipulation. Pour les débusquer, il faut se former. Et aujourd'hui, il y a deux outils, un guide et une formation en e-learning disponibles. (…)
Quand tu es témoin, tu ne prends aucun risque. Il ne faut pas que le silence serve le prédateur. Ça veut dire qu'on signale. Et c'est là où beaucoup de professionnels disent : Mais comment je fais ? Qu'est-ce que je dois écrire ? Il faut écrire à la CRIP, donner son nom, circonstancier les lieux, signer la déclaration.
Si on est un agent public, on peut saisir le procureur de la République. Il y a aussi des procédures internes. Et comme je sais qu'un certain nombre de professionnels ne veulent pas le dire à leur supérieur. Ils ont peur de perdre leur job. Là, il y a cette mise en place, cette possibilité d'alerter en évitant éventuellement sa hiérarchie. C'est possible directement.
Mais j’aimerais rappeler que parfois, même si l’adulte a peur, il faut oser. Pour protéger nos enfants, il faut protéger leurs paroles et donc, signaler. Toujours. Signaler.

> La loi de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, dite intégrale, est une avancée. D’ailleurs, plus d’un quart des mesures prioritaires que j'ai proposées au Premier ministre cet été, sont dedans, comme un parquet spécialisé sur la pédocriminalité, parce que ce ne sont pas des crimes comme les autres.
Ça touche les jeunes, les moins jeunes. Il y a le fait de condamner les deepfakes, le fait de recevoir des images dégueulasses, sexuelles, sans les avoir demandées, de voir ces images transformées. Mais il y a aussi surtout le Conseil des victimes, qui est cet espace, qui a vocation à construire les lois et les procédures de prévention avec les victimes elles-mêmes.
C'est comme ça qu'on réussira, je crois, à briser ces tabous. Mais pour recueillir la parole, les travaux sont en cours au sein de l'éducation nationale, pour ouvrir le dialogue. Moi, je crois que l'entretien individuel est une bonne chose, mais il faut aussi que ce livret soit diffusé par les pédiatres, le réseau, la fédération des syndicats des pédiatres. (…)
Tout le monde n'est pas formé à accueillir la parole d'un enfant victime. Et donc, parfois, quand il te dit deux choses différentes, on a l'impression qu'il ment. Sauf qu'il ne ment pas. C'est des outils de protection, donc il faut comprendre comment fonctionne le cerveau d'un enfant face à un traumatisme. Il faut travailler les questions avec les associations qui ont l'habitude de recueillir la parole. À un moment, on n'a pas les moyens de continuer à laisser des prédateurs bousiller la vie de nos enfants.

> J'aimerais rappeler que pour le périscolaire, il y a un scandale parisien, mais c'est partout en France. Il ne faut pas négliger les autres villes. Mais après, on va dire les choses très clairement : Quand tu n'as pas contrôlé les antécédents judiciaires de quelqu'un, qu'il a été condamné, qu'il est connu dans les fichiers et que tu le mets face aux enfants, tu es responsable. Bien sûr qu'il y a les coupables, ceux qui vont toucher, ceux qui vont violer, ceux qui vont violenter nos enfants. Mais la chaîne de responsabilité, on n'a pas le droit de s'en laver les mains!
Moi, quand je dépose mon enfant devant la grille de l'école, je n'ai pas d'autre choix que de faire confiance à l'institution. Et donc, ce choix, il doit engager des responsabilités. Il faut sortir de l'anonymat les gens du périscolaire.
Je connais le nom de la maîtresse de ma fille, je ne connais pas le nom des personnes qui l'accompagnent au déjeuner. (…)
On doit avoir plus de transparence concernant ceux qui travaillent aux côtés des enfants. Et la transmission des signalements est un des problèmes. Je vois encore trop d'endroits où on dit : ça va faire des histoires et puis on n'est pas sûrs. (…)
J'ai retiré plus de 8000 attestations uniquement dans le secteur de la protection de l'enfance, de la petite enfance. Et aujourd'hui, les espaces et lieux où il y a des enfants en situation de handicap, sont encore plus à risque : Les prédateurs utilisent malheureusement cet handicap pour abuser des enfants. Un chiffre en comparaison avec un avant Lyhanna. (…)

Les chiffres sont en train d'exploser. Ils n'étaient même pas obligatoires avant septembre donc là, les contrôles sont en cours. On parlait de quoi ? De quelques dizaines peut-être ? Je me suis battue depuis des années pour que ce soit ce même contrôle partout. Des parents qui accueillent dans leur propre maison un cours, je ne sais pas, de guitare, une aide du babysitting... Ils doivent avoir le droit d'accéder à un certificat d'honorabilité. Ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. J'espère qu'à la fin de

> Aujourd'hui les enfants vivent dans la prédation, dans beaucoup de violence et il ne faut pas le sous-estimer. Il y a une « économie d'attention », ces conséquences des réseaux sociaux sur nos enfants. Le monde entier fait des procédures judiciaires pour interdire des sites, poser des majorités numériques. Mais il y a un danger encore plus sourd et qui va plus vite : l'IA conversationnelle. Quand nos enfants s'attachent à leurs agents, à chat GPT qui devient leur ami, leur confident, voire leur amoureux… Est-ce qu'on s'en rend compte à quel point ce risque est grand ?
Ces IA, c'est sur un smartphone, parfois dans un jeu vidéo et d'autres fois dans un jouet pour les tout-petits : elle te parle comme si elle était ton amie, elle ne te contredit jamais. Elle fait tout pour que tu lui racontes le fond de ton âme, tes peurs, tes rêves, tes doutes. C’est une nouvelle forme de prédation. Je plaide pour le « safe child by design » : Si quelque chose n'a pas été conçu en protégeant les besoins fondamentaux de nos enfants, alors on ne les expose pas à ces objets-là."

> Quand vous élevez votre enfant correctement, vous l'éduquez, vous posez des règles. Mais dans sa chambre, pendant des semaines et des semaines il peut voir des vidéos et s'enfermer dans une autre bulle. Vous ne le voyez même pas et d'un coup, il prend un fusil, un vrai, le met dans un sac de guitare et va tirer sur un enseignant, sur un proviseur. Ce que je dis : c'est la responsabilité des plateformes. On ne va pas se mentir. Un certain nombre de réseaux sociaux sont et permettent des violences sur nos enfants."

 

 


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