Voici une sélection, ce 5 novembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Revendications lycéennes / Intervention au Sénat] Je salue les enseignants, les proviseurs et
l'ensemble de la communauté éducative qui ont fait l'objet de violences,
inacceptables et inimaginables il y a encore peu. Il y a eu 198 agressions
contre les personnels, dont 77 contre des chefs d'établissement ou adjoints.
Depuis lundi, les cours ont repris dans l'immense majorité des
établissements. C'est une bonne nouvelle !
Quelques lycées sont encore concernés par des blocages et de graves
violences : 26 chefs d'établissement ont été blessés ces trois
derniers jours. Pour la première fois, les blessés sont plus nombreux dans les
rangs de l'éducation nationale que parmi les forces de l'ordre. Je leur rends
hommage, ils nous trouveront toujours à leurs côtés.
Le Gouvernement a apporté de premières réponses aux revendications des
lycéens et des étudiants.
Nous devons permettre à cette génération de réaliser ses ambitions, d'avoir
une prise sur son avenir. Plus de 100 000 contributions issues de
près de 3 000 lycées ont été recueillies sur la plateforme du ministère de
l'éducation nationale ; 71 % évoquent l'organisation du temps
scolaire, 56 % l'état des bâtiments et 31 % les difficultés liées aux
remplacements.
Derrière ces chiffres, des attentes précises, dont certaines dépendent du
Parlement ou du Gouvernement, d'autres des conseils régionaux.
Les mesures annoncées la semaine dernière constituent une réponse globale.
Nous prenons au sérieux ce que les jeunes nous disent. Un élève qui a confiance
dans son avenir est un élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les
revendications des lycéens sont cohérentes.
Voilà pourquoi, dès 2027, nous plafonnerons à 28 élèves les
secondes générale et technologique dans les lycées les moins favorisés, puis
en 2028 dans tous les lycées publics. Nous créerons 500 postes de
professeurs supplémentaires. Nous poursuivrons nos efforts pour que chaque
professeur absent soit remplacé. Les ministres déposeront des amendements au
PLF en ce sens, mais, pour pouvoir agir, la France doit se doter d'un budget.
Les emplois du temps seront revus : une pause déjeuner d'une heure
sera garantie.
La place du contrôle continu sera réexaminée.
La santé mentale demeurera une priorité, avec la création de
500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux.L'État
consacrera 1 milliard d'euros aux bâtiments universitaires et des prêts à
taux préférentiel seront accordés aux conseils régionaux pour rénover les
établissements, avec une attention particulière pour l'outre-mer.
Nous ouvrirons 15 000 places dans l'enseignement supérieur
en 2027 et 2028 : 10 000 en BTS, 4 000 en IUT et
1 000 dans les formations de santé.
Dès la rentrée 2027, les bourses suivront l'inflation.
Nous souhaitons renforcer la place des jeunes dans les instances prenant
des décisions qui les concernent directement.
Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est une affaire entendue.
Dès la campagne 2027 - accessible dès le mois de décembre
prochain - les critères d'admission seront plus compréhensibles et chaque
refus devra être motivé.
L'orientation, processus qui débute en cinquième avec la découverte des
métiers, s'intensifie dès la seconde. Elle doit viser la réussite des jeunes
dans le supérieur : il faut s'assurer qu'ils trouveront des débouchés à
leurs études. Le cas échéant, les jeunes doivent pouvoir se réorienter en cours
de cursus.
Mais ce chantier exige une clarification politique et le Gouvernement est
ouvert au débat - un beau débat politique que nous devons à notre jeunesse.
La question de la sélection dans le supérieur ne date pas d'hier, mais
Parcoursup a fait office de révélateur. Les uns souhaitent une sélection plus
affirmée pour accéder aux études supérieures, tandis que d'autres veulent
autoriser l'accès sans sélection si ce n'est la sectorisation territoriale que
propose, singulièrement, La France insoumise, une nouvelle forme de
ségrégation. Ce faisant, on empile plus les difficultés qu'on ne les
résout !
Nous proposons 15 000 places supplémentaires, c'est un effort
important et concret. Nous sommes prêts à discuter pour aller plus loin, à
condition que cela soit faisable. Certains en réclament 250 000, il faut
être crédible.
Car ouvrir des places ne suffit pas à garantir une orientation adaptée à
chaque jeune. Il y a aussi la cohérence entre les formations proposées, les
territoires et les perspectives réelles d'insertion professionnelle.
Ajouter massivement des places sans tenir compte de ces réalités ne
réglerait rien et risquerait même de déplacer la sélection vers les premières
années d'études, au prix d'échecs et de réorientations que nous voulons
justement éviter.
Il faut offrir à chaque jeune une formation qui lui permettra de construire
son avenir.
Entrons maintenant dans le détail.
Pour le Gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions
explicables. Les revenus des parents et le lieu de résidence ou le manque
d'information ne doivent pas prendre le pas sur le travail et les aspirations
des jeunes. Mais nous souhaitons des propositions précises, non des slogans ni
des promesses sans fondement !
La semaine dernière, les représentants des conseils régionaux et des
lycéens ont été réunis pour débattre de la rénovation des bâtiments. L'État
accompagnera les régions, mais toujours dans le respect des principes de la
décentralisation.
Notre engagement est aussi financier, avec 4 milliards d'euros de
prêts à taux préférentiel accordés par la Banque des territoires.
L'équipement des lycées est très inégal d'une région à l'autre, de même que
les capacités de financement. Certaines régions ont bien fait leur travail,
comme l'Île-de-France.
Mais les demandes les plus pressantes ont trait à la propreté, à l'état des
sanitaires, à la disponibilité de papier toilette - je vous prie de
m'excuser pour cette trivialité.
Faut-il clarifier la répartition de certaines compétences entre l'État et
les conseils régionaux ? Le Gouvernement écoutera le Sénat à ce sujet.Je
rencontrerai de nouveau les représentants des lycéens la semaine prochaine,
nous ferons le point et échangerons sur ce qui relève du règlement - le
contrôle continu, par exemple - ou de la loi. Nous déterminerons pour
chaque mesure un calendrier et un responsable.
Lundi prochain, le premier comité de réforme de Parcoursup réunira lycéens
et étudiants et les ministres concernés. Les organisations syndicales et
patronales y seront associées, comme des parlementaires de tous les groupes
politiques.
Le Gouvernement présentera un projet de loi pour ce qui concerne les
mesures d'ordre législatif.
Vous le savez : les membres du Gouvernement ne sont candidats à aucune
élection. Celui-ci n'a aucune raison de faire des promesses intenables. Sa
crédibilité devra être examinée à l'aune des décisions prises.
Pas question de refaire le match sur Parcoursup, dont le remplacement est
déjà décidé. Il s'agit désormais de savoir ce que nous allons construire. Nos
réponses engagent notre conception de l'égalité, du mérite, du travail et de la
liberté.
D'autres questions se posent, et les lycéennes et les lycéens souhaitent
entendre nos réponses. Quelle place donner aux besoins du pays, sans étouffer
les aspirations individuelles ? Le bac doit-il rester le premier grade de
l'enseignement supérieur ou le diplôme qui clôt le lycée ? Comment prendre
en compte la révolution de l'intelligence artificielle qui détruira des emplois
et créera d'autres métiers ? Nous ne pouvons former des cohortes entières
de jeunes à des métiers voués à disparaître, peut-être très rapidement.
Reste le défi démographique, qui touche aujourd'hui le secondaire et demain
le supérieur. Nous attendons de chaque groupe politique des propositions
sérieuses et concrètes sur chacune de ces questions.
Aux jeunes qui nous écoutent, je leur dis : nous attendons beaucoup de
vous. Vous êtes en droit d'attendre beaucoup de nous, la classe politique. À
nous de vous donner des raisons concrètes de croire que vos efforts vous
ouvriront des portes.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Agressions de sapeurs-pompiers / Intervention au Sénat] J'ai une pensée pour l'adjudant-chef des
Pennes-Mirabeau, touché par balles au thorax lors d'une intervention sur un
incendie. Plongé en coma artificiel, il doit de nouveau être opéré. J'ai aussi
une pensée pour ses collègues.
Sur les 1 525 agressions que vous mentionnez, 39 % sont
physiques, et 5 % sont commises avec une arme ! Nous avons pris le
sujet à bras-le-corps. Dans le Var, j'ai signé un plan de prévention et de
lutte contre les violences faites aux sapeurs-pompiers qui facilite notamment
les dépôts de plainte. Nous avons aussi des dispositifs d'intervention
conjointe avec les forces de sécurité intérieure. Je suis favorable à la
plateforme demandée par la FNSPF, mais cela dépend des acteurs locaux.
Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, qui sera aussi un
texte de programmation, contiendra des mesures visant à renforcer la protection
des sapeurs-pompiers.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Une nouvelle avancée pour notre dissuasion ! Cette nuit, la DGA a réalisé
avec succès, depuis le site Landes à Biscarosse du centre d’essais et
d’expertise DGA Essais de missiles, un tir expérimental de la fusée-sonde
française SyLEx (système de lancement d’expériences), développée par Ariane sous
son pilotage. Ce lanceur national permet de tester en vol de nouvelles
technologies au profit de la dissuasion française, du développement de
démonstrateurs hypervéloces et d’applications civiles. Plus encore, il redote
la France d'une capacité souveraine de vols suborbitaux et d'essais en haute
atmosphère, dont elle était privée depuis plusieurs décennies. Moins d’un mois
après le tir d’acceptation n° 6 réalisé depuis le SNLE Le Vigilant, ce tir a
permis de conduire de nouvelles expériences essentielles au développement du
missile M51.4. Félicitations à toutes les équipes mobilisées pour cette avancée
technologique au service de notre souveraineté!
> En mer, les menaces se déploient au-dessus des flots, à la surface et jusque dans les profondeurs. Elles nous imposent de renforcer notre puissance navale avec un cap clair : accélérer notre réarmement, mobiliser notre industrie de défense et, toujours, garantir que la marine soit prête aux conflits de haute intensité. Je salue également nos partenaires étrangers : notre coopération, qu’elle soit industrielle ou opérationnelle, est essentielle pour renforcer notre autonomie. Pour protéger nos territoires, nos intérêts et la liberté de navigation. Notre souveraineté se défend aussi en mer.
> J'ai signé le pacte drones navals, qui permettra de fédérer les acteurs du secteur. Ce dialogue entre la DGA, les forces armées et les industriels vise à répondre à des enjeux fondamentaux : financement, visibilité, cycle d'innovation, besoins opérationnels de nos forces.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Casse et pillage lors des manifestations / Intervention à l’Assemblée] Face
aux émeutes, il faut d’abord assurer la sécurité. Ces deux derniers samedis, la
réponse du gouvernement a été exemplaire et a limité largement les pillages à
quelques cas isolés – qui, certes, seront toujours de trop.
Le deuxième élément de réponse est le projet de loi casseur-payeur, qui est en
discussion au Sénat et sera débattu à l’Assemblée.
Vous aurez donc l’occasion de vous prononcer sur ce texte.
Le troisième est la solidarité nationale. Appliquer la loi de finances adoptée
par le Parlement exige de mettre en œuvre un dispositif qui généralise et rend
obligatoire la garantie anti-émeutes. Cette garantie, qui existe déjà dans de
nombreux contrats d’assurance et ne posait problème que dans quelques
territoires, va passer par une contribution de solidarité de 2 euros par
an et par contrat d’assurance – vous avez omis d’indiquer ce chiffre.
Les sommes perçues abonderont un fonds de mutualisation qui couvrira les
commerçants et les collectivités territoriales en première ligne. L’État ne
récupérera rien de cette contribution que certains ont, à tort, qualifiée de
taxe. Nous faisons jouer la solidarité nationale et répondons aux besoins des
territoires, notamment en outre-mer. Bref, nous faisons notre travail.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis / Intervention à l’Assemblée] Le
résultat d’hier l’a en effet montré à ceux qui en doutaient encore : la
démocratie américaine est vivante et bien vivante.
Les électeurs américains ont littéralement marché aux urnes pour reprendre le
contrôle et faire entendre leur voix. La participation, poussée notamment par
la mobilisation des jeunes, a atteint un record absolu. Des États ancrés dans
un camp depuis des décennies ont subitement basculé. Les scrutins se sont
parfaitement déroulés et les résultats ne sont ni contestables ni
contestés : le président des États-Unis lui-même a admis la performance
des candidats démocrates.
C’est une très bonne nouvelle pour la démocratie américaine et une nouvelle
démonstration que le peuple, en démocratie, écrit sa propre histoire. Personne,
ni les algorithmes ni les intérêts privés, ne peut le faire à sa place.
Dans notre pays, certains se réjouiront de ce résultat. D’autres seront
déçus ; j’ai une pensée émue pour M. Jordan Bardella et pour ses amis
et j’espère très sincèrement qu’ils s’en remettront.
Nous aurions cependant tort et commettrions une grave erreur si nous nous
détournions, ne serait-ce qu’un instant, de la nécessité urgente et vitale pour
notre indépendance nationale de construire une Europe plus forte, plus prospère
et plus démocratique, indépendamment des choix qui sont faits outre-Atlantique.
Cela fait longtemps que les États-Unis ont réorienté leurs priorités de
l’Atlantique vers le Pacifique et qu’ils avertissent l’Europe que le moment est
désormais venu pour elle de se prendre en charge.
Accélérons pour faire de l’Europe une superpuissance démocratique capable de
résister aux pressions technologiques, commerciales et militaires des nouveaux
empires, et faisons en sorte qu’elle ouvre une troisième voie dans laquelle
s’engouffreront l’immense majorité des peuples du monde qui, comme le peuple
français, ne veulent être les vassaux de personne et entendent rester libres.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Accès aux soins / Intervention au Sénat] Nous ferons prochainement le bilan des engagements pris depuis dix ans en
matière d'accès aux soins.
Nous avons, d'abord, accru le nombre de professionnels formés. Depuis la
fin du numerus clausus, le nombre d'internes a augmenté d'un
quart ; les premiers effets s'en font sentir depuis avant-hier. D'autre
part, nous comptons toujours doubler le nombre d'infirmières en pratique
avancée d'ici à l'an prochain
Ensuite, nous avons amélioré l'organisation des soins. Les maisons
France Santé visent à garantir un accès aux soins à moins de
30 minutes dans les 48 heures si besoin. Plus de
3 000 maisons ont été labellisées : cette démarche est venue des
professionnels et des élus lorsqu'ils le souhaitaient. Dans les structures qui
existaient déjà, la labellisation a permis, par exemple, le recrutement d'une
secrétaire ou d'une infirmière en pratique avancée. Partout où je me suis
rendue, il y avait un projet derrière les 50 000 euros alloués à
chaque structure.
Ce dispositif fonctionne, et l'engagement du Premier ministre d'ouvrir
5 000 maisons France Santé d'ici à 2027 sera tenu.
Enfin, peu m'importe de savoir qui est à l'origine du dispositif des
docteurs juniors ; pour ma part, j'en ai défendu l'idée avec le Président
de la République lors de sa campagne. Toujours est-il que plus de
3 000 docteurs juniors permettront chaque année d'améliorer l'accès
aux soins.
> [Lutte contre les déserts médicaux / Intervention
à l’Assemblée] La fin du numerus clausus se concrétise : hier, plus de
1 000 internes se sont déployés partout sur notre territoire. Cela
représente une augmentation de 24 % du nombre d’internes mobilisés – 200
de plus dans votre région. Arrivent également 627 internes de psychiatrie,
soit une hausse de 32 %.
La réforme de la quatrième année de médecine générale conduit à l’arrivée des
docteurs juniors. Nous l’avons soutenue et ses résultats se matérialisent.
Cette dernière année de formation permettra à ces médecins, titulaires d’une
thèse, d’acquérir les compétences nécessaires à leur installation future. Dans
80 % des cas, ils travailleront dans des territoires situés en zones
sous-denses. Les inquiétudes étaient nombreuses et, dès ma nomination, j’ai
voulu que l’ensemble des acteurs – étudiants, maîtres de stage, élus –
prennent part à la concrétisation de cette réforme. Je les remercie pour leur
travail. Chaque année, de nouveaux docteurs juniors exerceront dans nos
territoires : plus de 3 000 ont commencé hier et 500 les rejoindront
en mai, pour des raisons personnelles liées par exemple à des congés de
maternité ou de formation.
Nous prenons aussi d’autres mesures. Le projet de loi de financement de la
sécurité sociale (PLFSS) prévoit de consacrer 12 millions d’euros aux
contrats d’engagement de service public. Cet effort supplémentaire prolongera
notre mobilisation contre les déserts médicaux, de même que les maisons France
Santé qu’a voulues le premier ministre et que le PLFSS soutiendra également.
> [Budget de la Sécurité sociale] Ce budget de la
Sécurité sociale va diviser par deux le trou de la Sécu. C'est très important
parce que c'est ce qui permettra après de pouvoir continuer à financer tous ces
droits sociaux que nous avons. Alors oui, il y a des maîtrises de dépenses
comme je dirais tous les ans, il y a un effort collectif qui est demandé. Je
pense à l'effort par exemple de 3 milliards sur les laboratoires
pharmaceutiques, il y a des efforts collectifs. Mais il y a aussi, et c'est
pour ça que nous avons vraiment besoin de ce budget, une augmentation des
dépenses. J'ai besoin de cette augmentation de 3% pour les hôpitaux. J'ai
besoin, dans ce budget, de l'augmentation des dépenses pour la protection des
enfants. Donc oui, vous savez, le budget de la Sécurité sociale, il va être en
augmentation de 6 milliards. Si nous ne faisions pas de budget, il aurait
été en augmentation de 10 milliards. (…)
Il y a un effort collectif, je ne suis pas là pour dire il n'y a pas d'effort
pour les Français. En moyenne, c'est 10 Euros par an ce transfert que nous
faisons aux complémentaires. Vous savez, nous sommes dans le pays où le reste à
payer, le reste à charge pour les Français, pour leur santé, est le plus faible
du monde, avec une grande protection. Mais si nous voulons continuer à avoir
cette protection, il faut effectivement cet effort. Je le rappelle, les mesures
qui sont prises, c'est 10 Euros en moyenne supplémentaires par an pour les
Français. (…)
Je regrette le rejet de la taxe sur le sucre. Je ne sais pas si on aura
l'occasion d'en parler, mais face à un problème de santé publique sur l'obésité
comme nous avons dans notre pays, cette taxe qui vise à faire que les
industriels baissent leur quantité de sucre dans leurs recettes est
indispensable. Nous devons faire que nos industriels changent les recettes pour
que nos enfants consomment moins de sucre.
> [Raison des arrêts maladie] Une partie qui est
une partie faible qui est due au vieillissement de la population. Ensuite, nous
avons face à ça un enjeu de société, je dirais, d'une part de lutter contre les
abus. Ils arrivent et c'est les mesures que j'ai pu prendre de lutte contre les
abus sur les arrêts courts. Le nomadisme, c'est-à-dire des gens qui vont voir
plusieurs médecins qui ne sont souvent pas leurs médecins traitants et qui font
des arrêts courts de quelques jours qui embêtent les entreprises et surtout les
collègues de ces personnes. Donc là, nous avons renforcé les sanctions sur ces
abus. (…)
Ce qu'on fait, c'est qu'on augmente le contrôle par l'assurance maladie de ces
arrêts courts et si l'assurance maladie constate un abus, dans ces cas-là, la
personne est sanctionnée plus fortement qu'avant. Et puis moi, je suis ministre
de la Santé, ce qui m'importe, c'est que les gens aillent mieux et notamment
dans les arrêts longs, vous savez, il y avait des gens qui avaient trois ans
d'arrêt maladie. (…)
Alors, ce sont des arrêts longues maladies qui concernent les dépressions et
les troubles musculo-squelettiques, ces gens qui ont des douleurs partout. En
tant que ministre de la Santé, ce qui m'importe, c'est que ces gens aillent
mieux. Donc ce qu'on propose, c'est qu'ils puissent être pris dans des parcours
de réadaptation, des prises en charge, soit de psychothérapie, soit de
rééducation avec des kinés, etc., pour qu'ils n'aient pas besoin des trois ans
d'arrêt maladie. C'est ça l'objet, c'est que les gens aillent mieux pour ne pas
avoir… Actuellement, ils avaient des arrêts de trois ans et ils n'avaient pas
de consultation chez le psychiatre, pas de consultation chez le rhumatologue ou
chez le kinésithérapeute. Donc on voit bien que ce sont des gens qui étaient un
peu abandonnés. Donc moi, je dis ce qui est important, c'est qu'on prenne en
charge les gens pour leur santé, pour qu'ils aient moins besoin d'arrêt
maladie. (…)
Je pense que le dialogue social est vraiment important dans ces moments, encore
plus que jamais, mais pour proposer des mesures efficaces. Vous savez, cette
augmentation, on peut faire croire aux Français qu'on pourra continuer à les
payer éternellement, ce n'est pas possible. Quand vous avez une augmentation
qui est à plus de 10% par an, on ne peut pas le soutenir avec l'argent de la
Sécurité sociale.
> [Lutte contre les déserts médicaux] En 2026, on a la concrétisation de ces réformes qui ont été portées, avec plus de 10 000 internes qui ont commencé hier. C'est une augmentation de 24% du nombre d'internes. C'est une note très positive. Il y a encore des difficultés d'accès aux soins, évidemment, mais le fait que cette augmentation de plus de 20% des médecins qui arrivent dans notre pays, c'est vraiment une concrétisation de ce qui a été porté depuis ces dix dernières années sur les mesures d'amélioration de l'accès aux soins. Ces docteurs juniors qui arrivent dans notre territoire, c'est plus de 3 000 qui sont à plus de 80% dans des zones en difficulté, des zones sous-denses.
> À Paris, nous avons réuni les représentants du G7 et nos partenaires internationaux pour les 25 ans de la Global Health Security Initiative (GHSI). Cette coopération a fait ses preuves cette année : face aux épidémies d’Ebola et d’hantavirus, nos pays ont échangé régulièrement des données sanitaires, des analyses de risques et des informations scientifiques pour mieux suivre les épidémies et organiser la réponse. Nos échanges ont également porté sur la gestion des urgences sanitaires, les nouveaux risques liés au changement climatique et la place de l’intelligence artificielle dans la détection des crises. Dans le cadre de sa présidence du G7, la France porte une ambition claire : mieux détecter les crises, partager plus vite les informations et renforcer notre capacité à agir ensemble. La sécurité sanitaire ne s’arrête pas aux frontières. Notre réponse doit être collective.
> [Santé mentale
des lycéens] 20 % des lycéens disent avoir eu dans l'année des
idées suicidaires. On est face à un véritable enjeu de santé publique. On est
dans l'année grande cause nationale santé mentale. Et donc, au début du
printemps l'année dernière, avec Édouard Geffray notamment et d'autres
ministres puisque c'est très interministériel, nous avons annoncé des mesures
qui permettent de mieux prendre en charge la santé mentale des jeunes.
Et typiquement, pour être très concret, dès ce mois-ci, tous les lycées
auront un numéro de téléphone direct qui permettra une prise en charge,
d'orienter le jeune en fonction de ses troubles. S'il a besoin d'une mesure
urgente, d'un soin urgent ou d'un soin dans les 24 à 48 heures, il aura un
rendez-vous. C'est une mesure qu'on avait appelée le coupe-file et pour
laquelle j'ai travaillé avec les professionnels, les psychiatres, les
organisations sur les territoires.
On peut le mettre en place, on le met en place, et ce sera une avancée
importante pour toutes les familles qui nous écoutent et qui peuvent parfois se
dire : «Mais le rendez-vous est dans six mois, comment je vais faire ?»
Désormais, il y aura un numéro unique à appeler qui permet une prise en charge
de ces jeunes s'il y a besoin. (…)
Nous devons tous pouvoir repérer les signes chez un jeune qui va mal.
D'ailleurs, on met en place aussi les premiers secours en santé mentale. Ça
marche chez les adultes : on a de plus en plus de Français qui se forment pour
prendre en charge les gens dans leur entourage et repérer les problèmes de
santé mentale. Nous allons le faire aussi chez les jeunes, et il y a un
engagement fort du ministre de l'Éducation sur le sujet.
> [Lutte contre les déserts médicaux] En termes
d'accès aux soins, il y a encore des difficultés. Évidemment, je ne veux pas
dire à tous nos auditeurs qu'aujourd'hui ils n'ont plus de problème d'accès aux
soins, mais ce que je leur dis, c'est qu'on est en train de gagner le combat
contre les déserts médicaux. Comment on l'a fait ? On l'a fait notamment en
augmentant le nombre de professionnels et de médecins formés. Lundi, 10 000
internes ont pris leur poste. Ça veut dire une augmentation, si je prends la psychiatrie,
de 32 % d'internes en psychiatrie. On est en moyenne à 24 % d'augmentation du
nombre de médecins : c'est la fin du numerus clausus, ça arrive.
Ensuite, il y a ces docteurs juniors. Les docteurs juniors, c'est qu'on a
rajouté une année de formation aux médecins généralistes. Il s'agit de médecins
qui ont leur thèse, ils ont les compétences médicales, mais ils avaient besoin
d'une année de formation notamment pour l'apprentissage de leur future
installation, pour savoir comment on fait pour s'installer, gérer les démarches
administratives.
Ces jeunes sont dans leur dernière année d'études : ils sont en formation, ils
sont encadrés, mais ils sont dans des territoires où spontanément ils n'iraient
pas forcément, soit parce qu'ils ne connaissent pas ces territoires, soit parce
qu'ils ont peur de s'y retrouver tout seuls. Ce qu'on fait, c'est qu'ils ne
seront pas seuls puisqu'ils seront encadrés. En un an, ils auront la
possibilité de s'y sentir bien et de rester. »
> Je suis favorable à une génération sans tabac. On
n'en est pas très loin : si on regarde les chiffres pour les jeunes de 16 ans,
on est à 3% de fumeurs. Il nous reste cette marge des 3%. (...)
En dix ans, on a baissé de 10 % le nombre de consommateurs de tabac, c'est une
bonne chose. On a une politique qui marche, de prévention, d'accompagnement et
de fiscalité, qui fonctionne et qu'il faut poursuivre. »
> Ma responsabilité est de faire que l'Assurance maladie soit soutenable, que les dépenses d'Assurance maladie puissent être maintenues dans les clous. Nous avons deux financeurs : l'Assurance maladie obligatoire et les complémentaires. Une partie du remboursement qui était actuellement assuré par l'Assurance maladie va être transférée aux complémentaires. Nous l'avons fait cet été par décret pour les médicaments qui ont un service rendu modéré, pour lesquels nous avons diminué le remboursement de l'Assurance maladie obligatoire en le passant aux complémentaires ; nous faisons pareil pour les cures thermales. (…) C'est une mesure de cohérence : à partir du moment où la science nous guide, comme nous l'avons fait pour les médicaments à plus faible efficacité, il était cohérent de le faire aussi pour les cures thermales. Mais le budget de la Sécu passe la semaine prochaine au Sénat, c'est un débat qui se fait et je suis sûre que sur ce sujet, nous aurons le débat.
> Dans les jours qui viennent, il va y avoir un
décret qui va faire diminuer l'activité des médecins esthétiques pour libérer
du temps de dermatologue et de médecin. Ce décret va dire quoi ? C'était une
demande aussi de l'Ordre des médecins avec qui j'ai beaucoup travaillé sur ce
sujet, une demande des parlementaires avec qui on avait eu le débat. On a un
accès aux soins de dermatologie qui est très difficile, ou de médecins
généralistes aussi, et certains ont une activité à temps complet de médecine
esthétique. Ce qu'on dit demain, c'est que ces professionnels ne pourront pas
avoir une activité à temps complet de médecine esthétique, mais qu'elle sera
limitée dans le temps. (…)
Dans le décret, il y a deux cas. Soit vous êtes un nouveau médecin, vous n'avez
pas commencé la médecine esthétique, et donc votre temps sera limité à 30 % de
votre temps en médecine esthétique. Et par contre, si vous êtes un médecin qui
fait de la médecine esthétique à 100 % de son temps depuis de nombreuses
années, l'Ordre des médecins va accompagner ces professionnels pour que dans
les deux à trois ans qui viennent, ils puissent diminuer leur temps de médecine
esthétique. »
> [Aide aux carburants] Avec le gouvernement, nous
avons choisi, et je l'assume réellement, de cibler les aides grands rouleurs
avec un revenu seuil que nous avons élargi. Il y a plus de Français qui peuvent
avoir accès à ces aides grands rouleurs, qui sont de 100 € avant l'été et 100 €
maintenant. J'ai fait rajouter pour ces infirmiers — je pense que madame doit
être dans cette catégorie — 80 € qui ont été versés vendredi dernier par
l'Assurance maladie pour les infirmiers qui roulent plus de 100 km en moyenne
par jour. Ce sont les aides ponctuelles. C'est 25 000 infirmières et
infirmières de pratique avancée qui étaient concernées, donc à peu près un
quart des infirmiers : tout le monde ne roule pas 100 km par jour.
C'est une aide ponctuelle, je me doute que cette aide ne va pas régler le
problème de pouvoir d'achat de tous les professionnels. Ensuite, je dois
rappeler que la négociation de l'année dernière pour les infirmiers, à qui on a
augmenté le champ de compétences, a donné lieu à des revalorisations avec une
enveloppe de 500 millions d'euros avec l'Assurance maladie. Je ne dis pas qu'il
n'y a pas de difficulté, évidemment, quand l'essence et l'alimentation
augmentent autant. Mais vu l'état économique de notre pays et les nécessités de
maîtriser nos dépenses, nous faisons le choix de cibler les personnes qui en
ont le plus besoin. »
> C'est le mois de la fertilité ce mois-ci, un
rapport m'a été remis hier et j'ai pu faire des annonces parce que ce n'est pas
le seul sujet. Il y a le sujet de l'information, de la sensibilisation. J'ai pu
annoncer hier que toutes les personnes de 29 ans de notre pays vont recevoir un
courrier de l'Assurance maladie sur l'information, pas pour leur dire qu'il
faut faire des enfants et pas pour faire des injonctions, mais sur ce courrier,
il y aura des informations sur la contraception pour ceux qui ne veulent pas
d'enfants, et il y aura des informations pour savoir quoi faire si on veut par
exemple conserver ses ovocytes.
J'ai pu annoncer d'ailleurs sur ce sujet, alors qu'on a déjà augmenté le nombre
de centres de conservation ovocytaire, que nous allons travailler à ouvrir aux
centres privés lucratifs pour ne plus avoir ces délais qui sont à plus d'un an,
pour que toutes les femmes puissent être prises en charge et mieux accompagnées
avec un parcours personnalisé dans leur fertilité. Et cela ne concerne d'ailleurs
pas que les femmes. (…)
On en met plus de moyens, on en met aussi sur la recherche, et ce que j'ai pu
annoncer hier, c'est que les efforts sur la recherche vont se poursuivre. On
est à peu près à 30 millions d'euros mis sur la recherche sur la fertilité.
Nous mettons aussi des financements sur des plateformes de santé
environnementale qui sont très intéressantes parce qu'il y a des professions
qui peuvent être plus exposées, avec des professionnels de santé du travail qui
reçoivent les gens en consultation et leur donnent des conseils très concrets
de prévention pour leur fertilité. Nous allons généraliser ces plateformes, il
y en a une quinzaine en France actuellement. Il y a un vrai engagement du
gouvernement que j'accélère sur la prise en charge. (…)
Ce n'est pas que ce n'est pas possible en France : en France, c'est pris en
charge, et tant mieux, par la Sécurité sociale. C'est vrai que les délais sont
longs, avec une file d'attente d'un an. C'est pour cela que nous avons ouvert
30 centres de plus de conservation des ovocytes. Cela a permis une diminution,
mais de quelques semaines, ce qui honnêtement n'est pas satisfaisant.
Nous devons donc augmenter encore le nombre de centres de prise en charge,
évidemment sans dépassement d'honoraires parce que nous sommes sur des mesures
importantes pour les couples français. Nous allons aussi travailler sur le don
de gamètes pour favoriser le don de gamètes. Voilà un ensemble de mesures que
j'ai pu prendre hier et qui vont permettre de mieux accompagner les couples qui
ont le souhait d'être accompagnés. »
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> L’an dernier, il y a eu un compromis autour des retraites. Cette année,
dans le budget, nous devons avoir un compromis pour la jeunesse.
> Passé au rayon X du débat parlementaire, le contre-budget du RN s’effondre : plus de 30 milliards d’euros de déficit public supplémentaire s’ils avaient la majorité. Derrière les PowerPoints Potemkine, la réalité des chiffres.
> Quand l’heure est grave, il faut dépasser les tabous, dans tous les camps. Pour réduire les déficits, il faut baisser la dépense mais aussi de la justice fiscale et sociale.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> [Protéger les demandeurs de logement contre les sollicitations sexuelles
abusives / Intervention au Sénat] « Logement gratuit pour femme dévergondée » : ce sont les
mots d'une annonce immobilière, en France, en 2026, pas ceux d'une
fiction. Et c'est loin d'être une exception. En Isère, un homme propose un
logement meublé à proximité d'une université contre services, comme si la
difficulté des étudiantes à trouver un toit constituait une opportunité à
saisir. Dans les Hauts-de-Seine, un quadragénaire au physique agréable et
sociable recherche une étudiante de 18 à 25 ans pour un logement contre
pratiques sexuelles. Tout est dit, écrit, assumé.
Derrière ces annonces, une même logique de prédation, d'exploitation de la
misère. Ce n'est jamais un libre choix lorsque l'alternative, c'est la rue. Je
le dis avec force : la précarité n'est pas un consentement, la nécessité
n'est pas une liberté. Jamais, dans notre République, un logement ne saurait
s'obtenir au prix de son corps.
Pour une étudiante, pour qui chaque rentrée est une course d'obstacles,
pour une jeune active sans garant, pour une mère seule qui cherche un refuge
pour elle et ses enfants, pour une femme qui quitte un conjoint violent, c'est
l'impasse. Une annonce apparaît. Alors on répond. Vient la condition. La menace
de se retrouver à la rue réapparaît. « Mon corps était une monnaie
d'échange », tels étaient les mots d'une femme concernée par ce piège.
Elle n'était plus considérée comme une personne, mais comme une contrepartie.
Le corps d'une femme remplace un virement bancaire ; la relation sexuelle
devient quittance de loyer.
Depuis quand faut-il choisir entre son intégrité et sa sécurité ? Ces
prédateurs promettent un refuge pour organiser l'emprise et entendent s'arroger
un droit sur le corps de leurs victimes.
Après les faits, qu'advient-il ? Le silence, la honte. Les victimes
sont aussi trop souvent mises en accusation : pourquoi avoir répondu à
l'annonce ? Pourquoi avoir visité cette chambre ? Pourquoi ne pas être
partie ? Mais partir, pour aller où ? Dans sa voiture, auprès d'un
conjoint violent, dans une gare ? On ne demande jamais aux auteurs
pourquoi ils ont cru pouvoir profiter de cette détresse
La honte doit changer de camp : elle n'est pas du côté de ces femmes, elle
est du côté du salaud qui a exploité cette fragilité.
Je salue l'initiative de Nathalie Delattre, qui a
choisi de mettre des mots et surtout une réponse législative sur une réalité
longtemps restée dans l'ombre. Je remercie aussi la présidente de la commission
des lois, Muriel Jourda, et Catherine Di Folco.
Le code pénal sanctionne certains abus. Mais comment pénalement appréhender la
situation de celui qui ne menace pas explicitement et ne demande pas de choses
de manière répétée ? Votre commission a choisi de retenir l'abus de
faiblesse et la prise en compte de la vulnérabilité économique et sociale.
Cette vulnérabilité peut naître de la misère, de l'isolement, de la dépendance
matérielle, d'une rupture familiale. Lorsqu'un individu l'exploite délibérément
pour obtenir des actes sexuels, la loi doit apporter des réponses claires.
Les violences faites aux femmes ne commencent pas toujours par des menaces et
ne se résument pas aux coups. Parfois, elles passent par des propositions
soi-disant généreuses. Mais elles reposent toujours sur la même idée : un
homme qui dispose d'un pouvoir matériel - hiérarchique, financier, un
logement - en tire un droit sur le corps d'une femme. La volonté de
domination demeure, même si les moyens de pression changent.
Aucune dépendance matérielle ne devrait créer un droit sur le corps de l'autre.
Aucun propriétaire n'acquiert un droit sur l'intimité de son locataire ;
le consentement ne s'achète pas avec un trousseau de clés.
Un mot pour les femmes qui ont connu ces situations : vous n'aviez pas à
payer par votre corps le droit de dormir en sécurité, à vous justifier d'avoir
eu besoin d'aide. Nous sommes réunis pour que d'autres femmes n'aient plus à
vivre ce que vous avez vécu.
Protéger les femmes, c'est faire en sorte qu'elles puissent dénoncer ceux qui
les hébergent sans risquer de se retrouver à la rue. La précarité économique ne
peut jamais être mise en balance avec le droit de se mettre à l'abri. On en
parle en chiffres, en seuils, en catégories administratives. Mais derrière, il
y a des vies : cette étudiante qui devrait pouvoir se concentrer sur ses
examens, cette mère qui devrait pouvoir chercher un logement pour ses enfants,
et toutes celles dont nous ne connaîtrons jamais les noms, qui ont cru qu'elles
n'avaient pas le choix.
C'est pour elles que nous légiférons. Le rôle de la République est d'empêcher
que la vulnérabilité des uns devienne le privilège des autres.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Le harcèlement peut tuer. Chaque année, la journée nationale de lutte
contre le harcèlement à l’École nous le rappelle : chacun a un rôle à jouer
pour que nos jeunes soient en sécurité, partout où ils apprennent. En classe, à
l’atelier, en entreprise pendant leurs périodes de formation professionnelle,
dans leurs loisirs, jusque sur leur téléphone : le harcèlement suit les élèves
partout. Face à cela, notre action doit être collective. Enseignants, équipes
éducatives, tuteurs en entreprise, familles : nous devons agir, sans jamais
minimiser ce que vivent nos jeunes. Tout acte de harcèlement est intolérable.
Rien ne doit passer. À vous, élèves : osez parler. Au lycée comme en
entreprise, des adultes sont là pour vous écouter et vous aider. Vous pouvez
aussi appeler le 3018, gratuit et confidentiel. Ensemble, continuons à nous
mobiliser pour protéger notre jeunesse.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> La géothermie permet de réduire nos dépendances aux énergies fossiles.
C’est un enjeu de souveraineté promu par le Premier ministre dans la 3e
programmation pluriannuelle de l’énergie.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Salaires / Intervention à l’Assemblée] Petit rappel historique : fin
2025 – ce n’est pas si vieux –, cela n’allait pas si mal. Les salaires
avaient à peu près rejoint le niveau de l’inflation, grâce à une politique
salariale assez dynamique. Les perspectives pour 2026 n’étaient pas si
mauvaises. Le smic étant indexé, il avait fait son chemin. Il était d’ailleurs
devant l’évolution des prix et des salaires moyens. Non, au fond, fin 2025, les
choses n’allaient pas si mal.
Et puis il s’est passé ce qu’il s’est passé : Ormuz, la guerre en Iran, la
hausse des carburants. C’est comme ça, c’est un fait. La géopolitique s’est
invitée dans la situation économique de notre pays et elle a créé des problèmes
de pouvoir d’achat, notamment sur les carburants.
Sur les carburants, justement, nous avons agi toute l’année. D’abord, nous
avons aidé les entreprises en difficulté – je pense aux transports, à l’agriculture, à la
pêche. Nous avons aussi aidé les salariés grands rouleurs, par deux fois, la
première prime aux grands rouleurs ayant été renouvelée et étendue – quasiment
6 millions de Français peuvent désormais en bénéficier. Et le smic fait
son travail : il est indexé, il avance. Il a augmenté de 1,2 % au 1er janvier,
de 2,4 % au 1er juin, et nous sommes en train de négocier
une augmentation supérieure. Rappelons que la prime d’activité, elle aussi, a
augmenté de 50 euros par mois au 1er juillet. Quand vous
additionnez tout ça, l’État a fait son boulot.
La période de la négociation salariale arrive dans les branches et dans les
entreprises. Comme je l’ai dit tout à l’heure, je suis en train de mener des
concertations sérieuses avec toutes les organisations syndicales, avec toutes
les organisations patronales, pour voir comment créer ensemble – État,
syndicats et entreprises – les conditions d’une relance salariale en
responsabilité.
En effet, si les salaires sont importants, l’emploi l’est aussi. Vous le savez,
il y a un lien entre les deux, sans parler de l’inflation.
> [Cumul emploi-retraite / Intervention à
l’Assemblée] Cette disposition est inscrite dans la loi : elle a été votée
l’an dernier et le décret publié ce matin ne fait que l’appliquer. L’ancien
dispositif portait mal son nom : il s’agissait davantage d’un cumul
retraite-emploi qu’emploi-retraite ! Les personnes concernées occupaient
un emploi en plus d’une retraite touchée à 100 %. Le dispositif pesait
donc sur les comptes de la sécurité sociale. En outre, il ne donnait pas
satisfaction et était très inéquitable. Il était particulièrement favorable
pour les carrières sans accroc et faisait l’objet de nombreuses stratégies
d’optimisation, au point que certains se mettaient d’accord à l’avance avec
leur futur employeur. À l’inverse, il était très restrictif pour ceux qui
avaient connu des aléas de parcours, car il était mal coordonné avec les autres
régimes existants. D’autre part, à l’heure où le Parlement est en train
d’examiner le projet de loi de financement de la sécurité sociale, la réforme
qui entre en vigueur ne rapportera pas moins de 2 milliards d’euros par
an, qui abonderont les comptes de la sécurité sociale. Pouvez-vous me citer une
autre réforme qui rapporte autant ?
La réforme qui entrera en vigueur au 1er janvier 2027 garantit
qu’aucun retraité actuel ne verra ses revenus diminuer. Elle ne change rien non
plus pour l’immense majorité des futurs cumulants.
Je tiens à vous rassurer, puisque vous l’avez évoqué : nous ne reviendrons
pas sur le principe des dérogations. La dérogation est faite pour être utilisée
lorsqu’un métier est d’intérêt général. Parmi ces métiers figurent déjà les
conducteurs de transports scolaires, les professions de santé en vacation en
zone sous-dense, celles qui assurent la permanence des soins, les assistants
maternels et familiaux. Dès lors que l’on reste fidèle à ce sens de l’intérêt
général, on peut discuter de la possibilité de revenir aux termes du dispositif
précédent par décret.
L’emploi des seniors est fondamental et je présenterai d’ici la fin de l’année
des dispositifs pour faire en sorte que davantage de seniors restent dans
l’emploi
> [Revendications sociales / Intervention à
l’Assemblée] Le contexte économique est difficile. Nous connaissons les causes
de ces difficultés, qui sont liées aux guerres au Moyen-Orient, et nous
débattons souvent des prix du carburant et de leurs conséquences sur le pouvoir
d’achat. En l’espèce, il faut savoir reconnaître les bonnes nouvelles :
depuis hier, les prix à la pompe du gazole ont beaucoup baissé, et ce grâce à
l’action diplomatique du président de la République. Nous avons aussi décidé
des aides à destination des grands rouleurs. Enfin, du côté des négociations
salariales, nous avons revu le plafond d’exonération de la prime carburant, ce
qui permet aux entreprises de verser 1 000 euros à leurs salariés et
à ses derniers d’empocher la même somme, le brut étant égal au net.
Pour autant, il appartient au gouvernement, en particulier au ministre du
travail que je suis, d’apporter des réponses sociales et concrètes aux
revendications légitimes qui portent sur le salaire et le pouvoir d’achat. Vous
connaissez mon attachement au dialogue social : depuis environ une
semaine, j’ai donc ouvert un premier round de négociations avec l’ensemble des
organisations syndicales et patronales et j’en attaque un second afin de jeter
les bases d’un nouveau logiciel.
Ces bases commencent à se dessiner. La première relève de la responsabilité de
l’État : c’est le smic. Vous avez raison d’évoquer cette question qui
n’est pas taboue, même s’il faut faire attention à préserver un équilibre entre
le niveau du smic et le taux d’emploi. La deuxième relève des négociations de
branches : il s’agit d’équilibrer les grilles salariales en luttant contre
les tassements et en relevant par la négociation les minimas conventionnels.
Enfin, les fameuses négociations annuelles obligatoires doivent être menées au
sein des entreprises avec les représentants des salariés. Nous travaillons sur
tous ces points et nous avançons. Je me suis fixé pour objectif de finir le
second round de négociations dans les jours qui viennent.
Comme vous, j’ai bien conscience qu’une manifestation importante aura lieu le
5 novembre. J’espère que nous pourrons converger avec l’ensemble des
partenaires sociaux afin que le gouvernement puisse présenter autour du
5 novembre des mesures susceptibles de réenclencher la dynamique
salariale.
> [Apprentissage / Intervention au Sénat] L'apprentissage propose un avenir à
800 000 jeunes par an. Je nuancerai votre propos :
Mme Roubache et moi-même nous sommes battus pour préserver les moyens
nationaux de l'apprentissage. Aucun euro ne manquera ni pour la formation dans
les CFA, ni pour les entreprises.
Concernant les régions, nous anticipons d'un an l'arrêt du système
exceptionnel des Pric (pactes régionaux d'investissement dans les compétences)
- la décision était actée et connue. Nous honorons les autorisations
d'engagement et les contrats signés : 300 millions d'euros seront
encore versés aux régions. Au total, plus de 12 milliards d'euros seront
consacrés à l'apprentissage.
Nous avons ajouté quelques moyens dans le budget pour soutenir les
formations vers les entreprises souveraines et stratégiques pour notre pays. Un
complément d'effort de formation dans les CFA sera possible. Un fonds est aussi
prévu pour soutenir les CFA en difficulté.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Harcèlement scolaire] journée
nationale Non au harcèlement. Mais ce combat doit être mené toute l'année, et
il est l'affaire de tous !
Victime ou témoin de harcèlement, il y a toujours une personne de confiance
pour en parler dans votre établissement. Merci aux dizaines de milliers de
personnels ressources, aux 150 000 élèves ambassadeurs, et à tous nos
partenaires qui nous aident dans cette lutte.
Élèves, parents, personnels de l'éducation nationale, tous ensemble disons non au harcèlement.
> Ce mercredi, 0,5 % des lycées étaient bloqués. Il existe un droit à l’instruction, mais il n’y a pas de droit à priver les autres élèves de cours - en particulier ceux qui ont le plus besoin de l’École. Nous répondons aux attentes exprimées par les lycéens : les mesures budgétaires annoncées sont sur le point de se concrétiser, les travaux sur le contrôle continu, le temps scolaire et la démocratie lycéenne sont engagés.
> [Agression d’enseignants d’une école maternelle /
Intervention au Sénat] À l'école
maternelle Clément Roassal, avant-hier, il y a eu des menaces et des
intimidations insensées. Ces faits appellent des réponses de quatre types, par
ordre chronologique.
Première réponse : plainte. Deuxième : protection fonctionnelle.
Troisième : application de mon décret pris cet été pour un changement
d'établissement d'office d'un enfant dont les parents font peser une menace
grave sur la sécurité des communautés éducatives. Quatrième réponse :
poursuites pénales contre l'intéressé et réexamen attentif de sa situation
administrative par le ministère de l'intérieur.
Ces faits extrêmement graves s'inscrivent dans une série d'actes contre
l'institution scolaire, notamment les chefs d'établissement. Alors que, depuis
48 heures, les blocages lycéens sont résiduels, 37 personnels ont été
blessés ; nous avons déposé un millier de plaintes depuis le début du
mouvement.
Quand on touche à un proviseur ou un professeur, la seule réponse est
pénale.
> [Revendications lycéennes / Intervention au
Sénat] Je m'associe aux propos du Premier ministre pour dénoncer les violences
contre les personnels. Je crains qu'au-delà d'un certain seuil, nous ne
traitions ces faits comme des statistiques, alors que chacun d'eux, pris
individuellement, devrait nous faire horreur. Jamais il n'y a eu autant de
personnels agressés, jamais il n'y a eu autant d'atteintes à l'institution
scolaire. Jamais ! Mille plaintes ont été déposées ; j'attends que
les poursuites pénales soient menées à leur terme.
Indépendamment de ces comportements, les revendications légitimes doivent être
entendues. La plateforme que nous avons ouverte a reçu
100 000 contributions d'élèves, dont un quart sont collectives.
Le 26 octobre, nous avons apporté des réponses efficaces et crédibles, sur
la santé scolaire, le nombre d'élèves par classe, les emplois du temps, les
remplacements.
Les travaux relatifs à l'organisation du temps scolaire ont commencé. Ce matin,
mes équipes travaillaient avec les parents d'élèves, les organisations
syndicales et les associations d'élèves sur ce sujet.
Une revendication condense toutes les inquiétudes face à l'avenir :
Parcoursup, devenu un totem notamment pour certains mouvements politiques.
Les lycéens abordent leurs études supérieures dans un contexte marqué par le
vertige de l'intelligence artificielle : des filières entières
- graphisme, interprétariat - vont disparaître, ce qui amplifie leurs
inquiétudes.
Le processus d'orientation n'est pas encore à la hauteur de nos ambitions. La
France est le pays qui envoie le plus d'élèves vers la voie générale, sans
commune mesure avec les autres pays comparables.
Depuis dix ans, nous avons agi, notamment avec le plan pluriannuel
d'éducation à l'orientation. En outre, quatre demi-journées annuelles
consacrées à l'orientation sont prévues sur le temps scolaire ; 88 %
des lycées les avaient mises en oeuvre l'an dernier, nous souhaitons atteindre
100 % cette année.
La diversification des choix est absolument inédite dans l'histoire de notre
système éducatif. Dans la voie professionnelle, les demandes sont passées de
32 % à 37 % en cinq ans, après vingt ans de baisse continue. Aucun
hasard, évidemment : nous avons entamé la transformation de la voie
professionnelle.
Les lycéens se sont repositionnés en abandonnant des formations tertiaires dont
les perspectives d'emploi étaient minces au profit de formations centrées sur
les métiers de l'industrie - cela représente 23 000 places.
La réforme du lycée introduisant le bouquet des spécialités offre une grande
liberté de choix, avec ce que cela a de vertigineux - plus de
300 combinaisons possibles -, mais aussi de positif. Les filières S,
ES et L étaient très marquées sociologiquement, les enfants de cadres
étant majoritairement en S, ceux d'ouvriers majoritairement en ES. Le
brassage des spécialités y a mis fin. Parcoursup a aussi rendu l'offre de
formation plus visible.
Cela dit, l'efficacité n'est pas encore au rendez-vous en matière
d'orientation, faute de coordination entre les acteurs tels que les professeurs
principaux, les psychologues scolaires ou encore l'Onisep.
Les familles ne sont pas suffisamment associées au processus, alors que
celles-ci jouent un rôle de prescripteur.
Plusieurs perspectives se dessinent.
Premièrement, il faut accompagner les générations les plus nombreuses, celles
qui sont actuellement au lycée, dans leur parcours d'orientation. Le
Gouvernement a renoncé aux suppressions de postes prévues dans le second degré
et crée 500 postes supplémentaires au lycée.
Deuxièmement, il faut densifier l'accompagnement à l'orientation - les
fameuses 54 heures annuelles - et la professionnaliser, en
accompagnant les professeurs.
Troisièmement, la réforme de Parcoursup pose la question du contrôle continu,
qui est vécu comme un facteur de stress alors qu'il avait été conçu pour lisser
l'effort. Les travaux sont ouverts. D'ici à la fin de décembre, je prendrai des
décisions pour une mise en oeuvre à la prochaine rentrée.
Il faut être ambitieux et prudent. Ambitieux, en respectant la promesse
républicaine en proposant aux élèves des formations qui répondent à leurs
appétences, à leurs compétences et aux exigences de l'employabilité. Prudent,
en n'oubliant pas d'où nous venons, à savoir d'un système imposant des
assignations sociale et territoriale, où les élèves choisissaient leur filière
au bac en fonction de leur milieu social et leurs études selon les choix de
leurs familles. Ceux qui réclament l'abolition de Parcoursup, comme La France
insoumise, y associent généralement la sectorisation. Or, la sectorisation,
c'est l'assignation sociale et territoriale garantie.
> À partir de cette année, tous les élèves du CM1 à la terminale commémoreront le 11 novembre, Journée nationale de commémoration de la victoire et de la paix, et d’hommage à tous les morts pour la France. Certains considèrent qu’il s’agirait là d’une militarisation de l’École. Je le regrette. Dire cela, c’est oublier que le 11 novembre commémore l’Armistice d’une guerre que nos ancêtres espéraient être la « der des ders ». Honorer la fin des combats est l'exact contraire de la glorification de la guerre. C’est oublier plus d’un million de morts pour la France, dont 30 000 tirailleurs sénégalais. C’est oublier que la paix a un prix et que nos soldats se sont battus pour la défendre. C’est oublier qu’entre la liberté que nos soldats ont défendue et celle dont nous jouissons aujourd’hui, il existe un trait d’union : la transmission par l’École. C’est oublier que la commémoration du 11 novembre 1940, au pied de l’Arc de Triomphe, a été l’un des premiers grands actes de résistance populaire face au nazisme. C’est oublier que, depuis plus d’un siècle, des millions d’hommes et de femmes ont sacrifié leur vie pour défendre des valeurs, des idées et des principes. C’est oublier, enfin, que le 11 novembre est un puissant ferment d’unité nationale. Par respect pour cette unité, comme par reconnaissance envers toutes celles et ceux qui l’ont rendue possible, le 11 novembre sera commémoré dans nos écoles, nos collèges et nos lycées.
> [Commémoration du 11 novembre / Intervention à
l’Assemblée] J’ai effectivement demandé aux écoles, aux collèges et aux lycées
de commémorer cette année au cœur de leur établissement le 11 Novembre,
Journée nationale de commémoration de la victoire et de la paix, et des morts
pour la France. Il est assez regrettable que certains voient dans cette
commémoration une quelconque militarisation de l’école ou de la jeunesse.
Dire cela, c’est d’abord oublier que le 11 Novembre célèbre un armistice,
celui de la guerre que nos ancêtres espéraient être la der des ders. C’est
oublier les 1 800 000 morts, dont 30 000 tirailleurs
sénégalais et bien d’autres hommes venus des quatre coins du monde. C’est
oublier que ce jour est devenu férié par la loi du 24 octobre 1922, avec
d’ailleurs le soutien du camp pacifiste des années 1920.
C’est oublier que la paix a un prix et qu’entre la liberté que les soldats
morts pour la France ont défendue tout au long du XXe siècle et
la liberté dont bénéficient nos jeunes un siècle après, il existe un trait
d’union qui s’appelle l’école.
C’est oublier également que le 11 novembre 1940 est resté symboliquement
le premier véritable moment de soulèvement populaire contre le nazisme, au pied
de l’Arc de triomphe – un moment merveilleusement porté au cinéma
récemment dans le film La Bataille de Gaulle.
C’est oublier enfin que, depuis un siècle et demi, des millions d’hommes et de
femmes venus de partout dans le monde ont sacrifié leur vie pour défendre une
idée et un principe. C’est donc oublier que le 11 Novembre est un profond
ferment d’unité. Par respect pour cette unité, comme par reconnaissance envers
ceux qui l’ont rendue possible, je vous confirme que le 11 Novembre sera
commémoré dans les écoles, les collèges et les lycées.
Catherine Pégard (ministre de la Culture)
> [Interdiction de Cnews / Intervention au Sénat] Je réitère mon soutien aux journalistes, de
plus en plus pris à partie dans l'exercice de leur métier.
Le débat sur la ligne éditoriale d'un média est légitime. L'Assemblée
nationale a décidé de s'en saisir en désignant hier un rapporteur pour examiner
le classement de la pétition Cnews ou l'organisation d'un débat. Il ne me
revient pas de préempter ce débat parlementaire.
Je rappelle le cadre réglementaire et juridique : nos médias
audiovisuels sont soumis à un cadre précis, fixé par le législateur, qui répond
au principe constitutionnel de la liberté de communication, lequel s'exerce
dans les limites fixées par la loi. Celle-ci prohibe l'incitation à la haine et
à la discrimination, impose de respecter le pluralisme, prescrit la rigueur
dans le traitement de l'information.
Cet équilibre est placé sous le contrôle du juge et d'une autorité
indépendante - l'Arcom -, garants de nos libertés fondamentales.
Charge à eux de s'assurer que ces règles sont respectées et d'en tirer les
conséquences. Cette mission est essentielle. Je leur témoigne ma confiance.
Leur rôle dans la sérénité d'un débat démocratique est plus important que
jamais.
> [Liberté de la presse / Intervention à
l’Assemblée] Je n’aurai de cesse de le rappeler, comme je l’ai fait devant vous
hier : la liberté de la presse ne se négocie pas. Il s’agit d’un fondement
des sociétés démocratiques. Partout où la liberté de la presse a reculé, c’est
parce que les principes démocratiques avaient auparavant régressé.
Cette liberté n’est pas pour autant sans règles : elle s’exerce dans le
cadre de l’État de droit. Le législateur a fixé les obligations des médias
audiovisuels et leur respect est contrôlé par le juge et par une autorité
indépendante, l’Arcom.
C’est à eux qu’il revient d’apprécier d’éventuels manquements et d’en tirer les
conséquences.
À cela s’ajoutent les règles déontologiques que les rédactions se donnent à
elles-mêmes ; elles fonctionnent.
Comme je l’ai dit hier, il ne m’appartient pas de commenter la ligne éditoriale
d’un média. L’Assemblée nationale s’est saisie du sujet en désignant hier un
rapporteur pour examiner le classement ou l’organisation d’un débat à la suite
de la pétition concernant CNews.
En revanche, il revient au gouvernement de garantir l’impartialité du service
public de l’audiovisuel.
C’est le sens du décret que nous venons de prendre à la suite du rapport de
Bruno Lasserre, qui vise à garantir cette impartialité et à la renforcer. C’est
mon devoir de ministre de la culture de défendre la liberté de la presse et des
journalistes. Les attaques contre la presse, je le répète, sont trop nombreuses
et trop violentes. C’est une dérive dangereuse pour la démocratie.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Remplacer Parcoursup ne peut pas se résumer à changer de plateforme. C’est
un véritable choix de société. Au Sénat, j’ai rappelé les questions
fondamentales que nous devons collectivement trancher : la sélection, l’avenir
de notre jeunesse, la place du baccalauréat et les principes du futur système
d’admission. Une plateforme n’est qu’un outil. Ce que nous devons définir,
c’est une vision. Une conception du mérite, de la justice sociale, de la
liberté de choix, de l'excellence et de l'égalité.
> À l’IUT de Vélizy, au sein de l’UVSQ, j’ai échangé avec les équipes mobilisées au quotidien pour la formation et la réussite de nos étudiants. L’occasion de revenir sur nos engagements : 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, dont 4 000 en BUT, des moyens renforcés pour les Crous afin d’accompagner le repas à 1 € et 1 milliard d’euros pour rénover nos campus. Merci à Loïc Josseran, à la direction de l’IUT, aux équipes enseignantes, administratives et techniques ainsi qu’aux personnels du Crous pour leur accueil et leur mobilisation.
> [Revendications lycéennes et étudiantes /
Intervention au Sénat] Il est
des débats qui, sous une apparence technique, nous obligent à répondre à des
questions profondément politiques. Celui sur Parcoursup en fait partie.
Les lycéens nous interpellent, et nous parlent de leur avenir. Derrière
Parcoursup, il y a la promesse républicaine de choisir son avenir plutôt que de
le subir.
Il faut donc faire le choix de la lucidité. En 2017, avec APB, la
plateforme d'admission post-bac, 4 000 lycéens n'avaient pas d'affectation.
En 2026, ils n'étaient que soixante.
Les chiffres sont têtus. Non, ce n'était pas mieux avant : pas de
manipulation.
Notre responsabilité, c'est de réconcilier idéaux et réel.
Avant 2018, notre pays en était arrivé à une situation où le tirage au
sort pouvait décider de l'avenir de certains.
La loi de 2018 a apporté des avancées, en combattant l'assignation à
résidence. L'égalité des chances ne saurait être réservée à ceux qui vivent
près des grandes universités. Elle doit être une réalité, pour chaque jeune,
partout. Nous disposons désormais d'une procédure nationale unique, d'une
meilleure visibilité des formations, des garanties communes, des dispositifs
d'ouverture sociale.
En intégrant 11 000 formations en apprentissage, inexistantes
sous APB, Parcoursup a largement facilité l'accès à la vie professionnelle de
centaines de milliers de jeunes.
Je pense aussi aux quotas de boursiers : depuis 2018,
150 000 jeunes ont obtenu une place dans une formation qui leur était
auparavant inaccessible.
Parcoursup n'a pas fait disparaître toutes les inégalités ni les angoisses
de l'attente, elle n'a pas rendu les décisions plus compréhensibles et surtout
n'a pas résolu le décalage entre aspirations des jeunes et le nombre de places
disponibles. Nous demandons à une plateforme de résoudre des problèmes
politiques qui ne dépendent pas d'elle !
Le Premier ministre a pris des engagements précis : une première
transformation dès 2027, un nouveau système d'affectation en 2028,
des places supplémentaires là où les besoins sont les plus importants, une
indexation des bourses - revendication de longue date des syndicats
étudiants - et un effort de rénovation de nos campus.
Pourquoi ne pas supprimer Parcoursup maintenant ? Ma responsabilité
est de faire en sorte que la prochaine campagne d'affectation se passe bien,
alors que la plateforme ouvre dans quelques semaines. Pas question de céder à
la démagogie : les lycéens et les candidats à une réorientation ont besoin
de stabilité et de confiance.
La prochaine campagne se déroulera dans les meilleures conditions.
Nombre d'entre vous ont pointé les limites de la plateforme. Mais remplacer
est un choix technique, choisir ce qui lui succédera est un choix de société.
Je salue les travaux de votre commission d'enquête, qui pose sans détour
des questions fondamentales à trancher avant d'envisager l'après-Parcoursup.
Vous proposez de repenser la place du baccalauréat.
Vous proposez, entre autres, de mettre fin au droit d'accès automatique à
l'enseignement supérieur et de mettre en place une année de propédeutique.
Au-delà de l'outil Parcoursup, ce sont les principes mêmes de l'accès à
l'enseignement supérieur que nous devons interroger. Nous devons affronter les
choix de société qui s'imposent.
Première question, la plus sensible : la sélection. Il faut la poser
clairement. Le point d'équilibre actuel est le suivant : les universités
choisissent les étudiants en fonction de leurs mérites lorsque les capacités
sont limitées ; en contrepartie, l'État garantit une place à chacun.
Certains ne veulent aucune sélection, d'autres davantage. Mais tous s'accordent
sur un point : jamais de sélection par l'échec.
Au-delà des vœux pieux, regardons la réalité en face : en première année
de licence de droit à Paris 1, il y a 20 500 candidats pour
745 places ; en parcours accès spécifique santé (Pass) à Dijon,
option SVT, 2 000 candidats pour quelques dizaines de places. Comment
départager les candidats sans recourir au mérite académique ni au tirage au
sort ?
La France est en tête de tous les pays de l'OCDE, avec un taux d'accès des
lycéens à l'enseignement supérieur de 95 %.
Que voulons-nous vraiment ? Une sélection assumée ou non ?
Deuxième question : que promettons-nous à notre jeunesse ? Où placer
le curseur entre ceux qui soutiennent qu'une bonne formation prépare à un
métier et ceux qui estiment que l'université ne devrait pas se préoccuper des
attentes économiques ?
Nous avons fait le choix - équilibré - d'offrir des cursus
académiques longs, et des formations professionnalisantes, notamment grâce à
l'apprentissage.
Troisième question : quelle ambition pour le baccalauréat ? Face à
l'hétérogénéité des niveaux, pouvons-nous tout attendre de l'université ?
Pas d'hypocrisie ! Le bac est une promesse, il ne peut devenir un
mensonge.
Quatrième question : à quoi devrait ressembler la future plateforme ?
Certains dénoncent une plateforme complexe, stressante.
Nous avons entendu les critiques et sommes prêts à faire évoluer l'outil. Mais
devons-nous garder une plateforme unique, ou en créer une nouvelle par
discipline, voire par région ? Ou abandonner toute plateforme, quitte à
revenir au dossier papier ?
Ces questions dépassent le simple fonctionnement d'une plateforme.
Nous devons définir une vision, et une conception du mérite, de la justice
sociale, de l'excellence et de l'égalité. On ne crée pas de places en
supprimant une plateforme. On n'efface pas les inégalités en changeant un
algorithme, on ne garantit pas la réussite en modifiant une procédure.
La loi du 8 mars 2018 est un équilibre, qu'il nous appartient de
retravailler, sans en abattre les fondements.
Il reviendra au Parlement de fixer les nouveaux équilibres et de définir les
principes du système à suivre ; le débat est ouvert.
Nos convictions sont différentes, mais notre responsabilité est commune :
ne pas laisser les jeunes face à des contradictions que nous n'aurions pas eu
le courage de résoudre.
Nous ne devons pas seulement construire un nouveau système d'admission, mais
une nouvelle promesse d'émancipation.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Energie / Intervention à l’Assemblée] Je tiens d’abord à vous remercier
d’avoir redit l’importance des certificats d’économie d’énergie : ils
constituent indéniablement un levier pour lutter contre la précarité et
encourager la transition énergétique et profitent avant tout aux ménages français
les plus modestes, qui en ont particulièrement besoin en ce moment.
Les programmes que vous avez mentionnés arrivaient à échéance, après cinq ans
de mise en œuvre ; ils n’ont donc pas été supprimés, mais non reconduits.
Vous me direz que je joue sur les mots, mais j’insisterai sur deux points. En
premier lieu, ces subventions n’ont pas vocation à financer éternellement des
filières qui doivent, progressivement, parvenir à maturité. C’est tout le sens
du financement par les C2E, qui prévoit une rotation des programmes et leur
évolution. En second lieu, le premier ministre m’a confié la mission, il y a
plusieurs mois, de mettre les certificats d’économie d’énergie au service de
l’électrification du pays.
Je comprends tout à fait vos arguments, mais la véritable lutte contre la
précarité énergétique, pour le pouvoir d’achat et pour aider les Français à
payer leurs factures consiste, au fond, à sortir progressivement des énergies
fossiles par l’électrification – enjeu que vous avez justement rappelé au début
de votre question. C’est pourquoi nous avons réorienté le financement lié aux
C2E vers les programmes qui soutiennent l’électrification. À terme, ce n’est
pas en leur permettant de consommer un peu moins de gaz qu’on aidera les
Français à s’en sortir, mais en redirigeant l’investissement dans le gaz et le
pétrole vers une électricité française, à bas coût et décarbonée.
> [Electrification du pays / Intervention au Sénat]
La lutte pour la transition
énergétique et pour le pouvoir d'achat, c'est de sortir du gaz et du pétrole et
non d'en consommer un peu moins ! Il nous faut une électrification
française à bas coût, décarbonée et abondante.
Le programme Actee arrivera à échéance fin décembre. Il sera reconduit
en 2027, pour mettre en oeuvre le plan Écoles. Il a vocation non à
financer des filières de façon indéterminée, mais à amorcer la pompe et à
accompagner la filière, dont l'équilibre économique ne doit pas s'appuyer
uniquement sur des finances publiques. Après cinq ans, nous avons donc
décidé une telle réorientation.
> [Coût de l’énergie / Intervention au Sénat] Depuis les premiers jours du conflit au Moyen-Orient, le Gouvernement a été aux côtés des entreprises en difficulté, des agriculteurs, des pêcheurs, du secteur du BTP, des transports, de ceux qui travaillent avec une aide de 100 euros pour 5,5 millions de ménages. Ce n'est pas rien !
Le déblocage de 10 millions de barils, c'est
18 centimes de moins à la pompe dans plus de la moitié des
stations-service. Vous pouvez le balayer d'un revers de main, mais ce n'est pas
rien !
La question de la redistribution des bénéfices de TotalEnergies se pose.
Mais la meilleure façon de le faire, c'est le plafonnement à la pompe qui a été
mis en place. Je préfère un levier qui bénéficie directement au consommateur
français qu'un levier qui alimente les caisses de l'État. Et je considère
qu'avoir un grand acteur pétrolier français est un atout pour la France.
La question d'une éventuelle rupture d'approvisionnement ne se serait pas posée
dans les mêmes termes si nous n'avions pas eu un tel acteur.
> [Energie nucléaire / Intervention à l’Assemblée] Je
vais être extrêmement claire : il est hors de question de remettre en
place quelque Arenh que ce soit, comme de brader la production électronucléaire
française. EDF ne vendra pas de l’électricité à ses concurrents à un prix
significativement inférieur à celui du marché, comme cela a été trop souvent le
cas après le vote de la loi de 2010. Par ailleurs, et même si cela dépasse
votre question, je me permets de faire un point sur les discussions en cours, car
beaucoup de choses ont circulé à leur sujet. Il est hors de question que
l’Union européenne impose à la France des interconnexions avec l’Allemagne ou
l’Espagne, lesquelles iraient à l’encontre de notre stratégie énergétique et
des intérêts français.
Les interconnexions sont nécessaires au fonctionnement du marché et nous
ont permis d’importer de l’électricité pendant la crise de 2022-2023.
Toutefois, elles doivent se faire à nos conditions, comme nous l’avons imposé
dans le nouveau paquet « réseaux ».
Le calendrier des discussions avec la Commission européenne, préalables à la
décision finale d’investissement sur les futurs EPR 2, sera tenu. Elles
avancent dans les temps impartis pour que cette décision puisse être prise
d’ici à la fin de l’année.
> [Coûte de l’énergie / Intervention à l’Assemblée]
Les difficultés auxquelles les Français sont confrontés sont réelles. C’est
particulièrement le cas en raison de la situation au Moyen-Orient depuis
plusieurs mois. Vous avez dit que la hausse des prix du gaz et des carburants
était la conséquence de dix ans de politique libérale, mais elle est le
résultat direct du blocage du détroit d’Ormuz.
Il n’est pas possible, en ce moment, de poser une question sur les prix de
l’énergie sans faire de lien entre les prix à la pompe et la situation
internationale. En effet, 60 % de notre énergie provient de ressources
fossiles, presque toutes importées. Nous dépendons donc de ce qui se passe
ailleurs et de prix fixés par d’autres.
Dans une décision inédite, le président de la République et le premier ministre
ont décidé de sortir 10 millions de barils de diesel des stocks
stratégiques.
Sauf erreur de ma part, c’est la première fois dans l’histoire de notre pays
qu’on procède à un déstockage de ce type non pour des questions de volumes
disponibles, mais pour agir sur les prix. L’effet est déjà visible dans une
station sur deux, avec des baisses qui peuvent aller jusqu’à environ
20 centimes par litre soit un coup de pouce important au pouvoir d’achat
des Français, quand bien même les prix restent hauts.
Moi aussi, j’aimerais bien, d’un coup de baguette magique, faire baisser la TVA
sur l’électricité à 5,5 %, d’autant qu’il s’agit d’une énergie souveraine,
produite en France et décarbonée. Mais comment financer cette mesure ?
Il n’y a pas de consensus sur la réponse, ne serait-ce qu’au sein de cet
hémicycle. Le premier ministre s’est engagé à ce que l’électricité n’augmente
pas dans les mois à venir, notamment pendant l’hiver. Serge Papin a par
ailleurs rappelé tout à l’heure que le paiement du chèque énergie aurait lieu
de manière anticipée, dès janvier. Enfin, son automatisation progresse puisque
200 000 personnes de plus que l’année dernière le percevront sans
démarches de leur part.
Sébastien Martin (ministre délégué auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> [Commerçants impactés par les manifestations / Intervention à l’Assemblée]
Le gouvernement tient à exprimer toute sa solidarité envers les commerçants
durement touchés par les mouvements sociaux des deux précédents week-ends. La
priorité du gouvernement, sous l’autorité du premier ministre et du ministre de
l’intérieur, consistait bien évidemment à assurer l’ordre. Lors des
manifestations, les moyens de sécurité ont été mobilisés, de sorte que
celles-ci se déroulent désormais dans des conditions normales et que nos
commerçants puissent, petit à petit, retrouver confiance.
Pour les aider à retrouver cette confiance, nous avons pris plusieurs
mesures : le financement de l’activité partielle, le report des charges
fiscales et sociales, ainsi que des aides à la trésorerie au moyen de prêts à
taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros. Nous avons également créé
un fonds de soutien qui peut attribuer des aides allant jusqu’à
10 000 euros.
Je vous rejoins également sur l’importance du rôle des préfets. À l’image de ce
qui a été fait lors de la crise agricole par la ministre Annie Genevard, nous
souhaitons que la gestion de ces aides soit confiée aux préfets. Nous leur
avons donné instruction de travailler à l’élargissement des ouvertures
dominicales et des amplitudes d’ouverture pour celles et ceux qui le
souhaitent.
Par ailleurs, territoire par territoire, les préfets travailleront à des
dispositifs spécifiques à destination des plus touchés, en lien avec les
équipes gouvernementales et avec Serge Papin – auprès
de qui je relaierai votre proposition.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Harcèlement scolaire] Dans chaque classe, au moins un élève est victime
de harcèlement scolaire. Comme mère, je sais combien cette violence peut
marquer un enfant et combien il faut être attentif à sa souffrance. Face au
harcèlement scolaire, tolérance zéro, 365 jours par an.
> Cela fait un an que les propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant restent lettre morte. Qu’attendons-nous ? Depuis des semaines, les lycéens se mobilisent. Plusieurs de leurs revendications trouvent déjà des réponses dans ce travail citoyen. Les propositions sont là : il est temps de nous en saisir. C’est le message que j’ai porté aujourd’hui en recevant à l’Assemblée nationale les membres de la Convention, aux côtés de la présidente du CESE.
> En Afghanistan, les femmes sont méthodiquement effacées de l’espace public, privées de leurs droits et réduites au silence. Cette politique systématique porte un nom : l’apartheid de genre. Elle est inacceptable et doit être combattue. Avec Nargis Nehan, ancienne ministre afghane, nous avons échangé sur l’urgence de reconnaître cette réalité et d’agir.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Harcèlement scolaire] Je crois vraiment qu'il y a quand même un
changement culturel qui a commencé à se faire dans l'éducation nationale, pas
partout et par rapport à certains témoignages sur le fait que il y a encore une
quinzaine d'années, le mot harcèlement scolaire n'existait même pas parce qu'il
y avait pas le terme. On parlait de chamaillerie, de brimade, le terme harcèlement
n'était même pas reconnu à l'école. Ça, je pense quand même que c'est en train
de changer. Alors, malheureusement, pas partout, pas dans les mêmes
proportions. Tout l'enjeu pour moi, pour les années à venir, c'est d’arriver à
faire changer les choses encore plus fortement parce que c'est pas encore une
fois qu'un sujet sur l'école, si on veut dans une société où les gens se
respectent, se tolèrent, ça commence par l'école. Si on arrive à avoir une
école où en fait les élèves et les enfants apprennent à grandir en se
respectant les uns les autres, en acceptant les différences, en se tolérant, en
étant aussi solidaire les uns des autres, bah ensuite vous produisez une
société, vous créez une société qui est totalement différente, qui est
humaniste, qui est fraternelle.
Et donc pour moi, le sujet de la lutte contre le harcèlement, c'est encore une
fois pas qu'un sujet scolaire, c'est un enjeu de de civilisation. En fait, la
question c'est dans quelle société on a envie de vivre. Est-ce qu'on veut vivre
dans une société euh de la méfiance, de la défiance, de l'insulte, de la
discrimination ou est-ce qu'on veut vivre dans une société où les gens
s'acceptent d'abord eux-mêmes mais parce que les autres les acceptent aussi ? Moi,
je fais clairement partie du deuxième camp
> Je ne crois pas que les jeunes n'aient plus envie de faire d'efforts, qu'ils n'aient plus envie d'étudier, qu'ils n'aient plus envie de travailler. Ils se demandent si leurs efforts leur permettront d'avoir un emploi, de fonder une famille, de vivre aussi bien qu'ont vécu les générations précédentes. À nous de leur redonner espoir !
> Dans le moment grave que nous vivons aujourd'hui, le vrai sujet aujourd'hui, c'est celui du rapport à l'autorité, du respect des règles, du respect de la République et de la lutte contre la délinquance des mineurs. Face à la délinquance, ma ligne n'a jamais bougé : tu casses, tu répares, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter.
> Vous avez des millions de Français qui ne veulent pas avoir à choisir entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ces millions de Français attendent un rassemblement. Et le seul moyen d'arriver à un rassemblement, c'est de passer par une primaire.
> Cette grande primaire aura lieu. Nous la devons à nos millions de compatriotes qui méritent d’espérer de nouveau. Nous devons à notre pays qui mérite mieux qu’un second tour entre Mélenchon et Le Pen.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Budget] À tous ceux qui avaient un doute sur le sérieux budgétaire du
RN : la somme des amendements déposés par ce parti sur le projet de loi de
finances et le projet de loi de finances de la sécurité sociale c’est 30Mds
d’euros de déficit en PLUS ! La vérité des prix !
> Il y a une semaine, je faisais adopter en commission des finances un amendement pour porter le Fonds chaleur à 1 milliard d’euros en 2027, alors que le Gouvernement prévoyait de réduire son budget à 500 millions d’euros. Un montant à comparer aux 1,8 milliard d’euros de projets déjà déposés par des collectivités locales et des entreprises auprès de l’ADEME pour sécuriser leur facture d’énergie ! Aujourd’hui, à la demande du Gouvernement, l’ADEME suspend temporairement le dépôt de nouvelles demandes de financement. À trois semaines du Salon des maires, c’est un bien mauvais signal envoyé aux collectivités locales qui portent ces projets. Pourquoi jeter le doute sur l’un des dispositifs les plus solides de notre transition énergétique, dont les bénéfices économiques et climatiques sont largement documentés ? Le Fonds chaleur, c’est un investissement public qui rapporte ! Pour 500 millions d’euros investis, près de 325 millions reviennent dans les caisses publiques dès la première année grâce à l’activité économique générée. C’est aussi moins de gaz importé, des factures d’énergie mieux maîtrisées, des entreprises qui sécurisent leurs factures d’énergie et des emplois directement en France. Je peux comprendre la volonté de questionner l’ordre de priorité des projets face à l'afflux de demandes. Mais attention à ne pas tomber dans le tout électrique au détriment des autres solutions décarbonées. Nous avons appris des crises passées qu’il ne fallait pas mettre tous nos œufs dans le même panier, particulièrement dans le contexte géopolitique actuel. Nous avons construit ces dernières années une politique énergétique fondée sur la complémentarité des solutions et la neutralité technologique. Revenir en arrière est un recul tout aussi idéologique que la sortie du nucléaire ou l’abandon des renouvelables. Ce qui compte avant tout, c’est d’agir pour baisser notre facture énergétique, tout en sécurisant nos approvisionnements, en créant des emplois en France et en réduisant nos émissions de CO2. C’est exactement ce que fait le Fonds chaleur.
Elisabeth Borne (députée)
> [Harcèlement scolaire] Derrière chaque situation de harcèlement, il y
a un enfant qui souffre, une famille désemparée, une confiance parfois brisée.
Comme Première ministre puis ministre de l’Éducation nationale, j’ai fait de la
lutte contre le harcèlement scolaire une priorité, avec un plan
interministériel, le déploiement du programme pHARe et des sanctions
renforcées. En cette journée nationale de lutte contre le harcèlement à
l’école, je veux redire à toutes les victimes : vous n’êtes pas seules. Nous
avons le devoir de vous protéger et d’agir. Chaque enfant doit pouvoir aller à
l’école sans peur, s’y sentir respecté et y trouver sa place. Je continuerai à
me battre pour cela.
Marc Ferracci (député)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] La victoire des démocrates aux
élections de mi-mandat est une très bonne nouvelle. Le populisme peut être
battu, y compris lorsqu’il semble tout emporter. Pour autant, nos désaccords
avec les États-Unis ne disparaîtront pas avec ce scrutin. Sur le commerce, le
climat ou l’Ukraine, les Européens doivent continuer à défendre leurs intérêts
et leurs convictions. Ce matin, nous pouvons nous réjouir. Mais notre sécurité
et l’avenir de notre industrie restent d’abord notre responsabilité. À nous de
construire une Europe capable de peser, quel que soit le locataire de la
Maison-Blanche.
> Renault entre dans la défense terrestre avec un nouveau drone, développé avec John Cockerill. Le constructeur prépare déjà au Mans une production de drones aériens à cadence industrielle. Forvia et Valeo se lancent eux aussi dans les drones militaires. Comme ministre de l’Industrie, j’ai accompagné plusieurs de nos équipementiers automobiles dans leur transition vers la défense. Le marché automobile traverse une crise profonde. Nos usines disposent pourtant de chaînes de production, d’ingénieurs et d’un savoir-faire de la grande série que nos armées recherchent. Cette reconversion est une double victoire. Elle préserve des emplois industriels sur nos territoires. Elle renforce notre souveraineté. Peu de pays savent produire à la cadence de l’automobile. Cet atout doit devenir l’un des piliers de notre réarmement.
Jean-René Cazeneuve (député)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Trump, responsable de la hausse du
prix de l'essence dans le monde et de l'inflation, paie l'addition. Il y a une
morale...
> Pour la gauche, il n’y a jamais assez d’impôts ! Pourtant, la France est le pays où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés d’Europe et de l’OCDE ! Nous devons maintenant faire des choix difficiles pour réduire notre déficit. C’est le meilleur cadeau que nous puissions faire à nos lycéens !
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Revers majeur pour Trump. Cette
lourde défaite démontre que la vague populiste n’est pas inéluctable. Cela vaut
aussi pour chez nous dans six mois. Au travail pour empêcher que la France
bascule aux extrêmes !
Marie Lebec (députée)
> « France 2030 est un miracle pour la France ! » Comme le souligne Nicolas Dufourcq,
ce programme sélectif a permis à tout un écosystème d’entreprises d’innover et
de préparer l’avenir de notre pays. plus de 10 milliards d’euros investis
chaque année depuis 2021 dans tous les secteurs stratégiques et partout sur
notre territoire. Et les résultats sont déjà là ! C’est rentable pour l’emploi,
pour l’innovation et pour nos finances publiques.
Laure Miller (députée)
> Table ronde sur les avancées du droit et les défis de l’accompagnement
des enfants victimes de violences sexuelles. Un constat : chacun peut
s’engager, même à petite échelle, pour sensibiliser la société et les
politiques aux violences sexuelles sur les enfants !
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Victoire des démocrates aux
Midterms ! Une lueur d’espoir dans un monde qui vacille. Mais restons lucides :
ce n’est la fin ni de nos désaccords entre UE-USA, ni des tensions sur
l’Ukraine, Ormuz ou le climat. Aujourd’hui, le ciel s’éclaircit pour ceux qui
refusent que l’outrance et la brutalité dictent l’avenir du monde. Un autre
chemin est donc possible.
Erwan Balanant (député)
> [Mission gouvernementale sur la participation citoyenne: 24
préconisations pour renouveler notre modèle démocratique] Entre la tentation autoritaire et la volonté
révolutionnaire, un chemin existe, celui de l’affirmation de la démocratie, de
sa transformation et de sa consolidation. (…)
Cinq mois de travaux, rythmés par les
auditions, les rencontres, les déplacements dans différentes régions et les
échanges. Nous avons pu rencontrer les citoyens qui portent depuis plusieurs
années des projets de participation citoyenne au sein d’associations ou de
municipalités comme Décider ensemble, la CNDP, la FNCC, les CNCD, Transparency
international France et Démocratie ouverte, des institutions tels que le Ceser
Bretagne, le CNRS. Nous avons par exemple rencontré les équipes de la ville de
Marseille, les Régions de France, UNICEF et tant d’autres. Nous avons aussi
échangé avec plusieurs députés et la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël
Braun-Pivet.
Ces travaux se sont appuyés sur deux grandes
enquêtes que nous avons réalisées pour constituer une base d’étude fiable et de
qualité : un sondage auprès de plus de 2 000 citoyens français et une enquête à
destination des collectivités locales. Plus de 1 800 communes,
intercommunalités, départements et régions ont répondu à cette dernière.
J’ai évidemment rencontré le ministre des
Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, pour lui rendre compte de ces
avancées et lui présenter le rapport en ce début du mois de novembre.
(…)
Ce rapport propose une méthode, déclinée
en 24 préconisations pour construire un renouveau démocratique et transformer
notre démocratie en s’appuyant sur la recherche d’un consensus citoyen.
Des préconisations les plus rapides à
mettre en œuvre, à celles, plus radicales, qui s’inscrivent dans un temps long,
chaque mesure permet d’aller vers la formation des citoyens dès le plus jeune
âge et de construire des politiques publiques en lien étroit avec les
citoyens.
Nous retrouvons ainsi par exemple
l’intégration de la participation citoyenne dans la formation initiale des élus
et au sein des établissements scolaires pour nos enfants, la création d’un
fonds d’aide à la vie démocratique pour soutenir l’innovation dans les
territoires et au niveau national, ou encore, plus ambitieux mais nécessaire,
la révision de la Constitution par une délibération nationale ou constituante.
(…)
À la veille de l’élection présidentielle,
nous devons nous interroger sur notre modèle démocratique qui souffre. Face à
la montée de l’extrême-droite, aux menaces qui pèsent sur l’espace
informationnel, au sentiment des citoyens de n’être ni représentés, ni
entendus, la réponse ne peut être qu’une réforme de notre modèle en
profondeur.
Le fonctionnement institutionnel et la
conduite des politiques publiques sont des piliers de cette refonte. Mais je
tiens aussi à insister sur l’état de notre modèle informationnel. L’accès de
tous les citoyens à l’information et la production d’une information fiable et
de qualité sont des conditions au fonctionnement démocratique.
Un peuple informé est un peuple qui peut
exercer ses droits et participer à la vie publique.
Pourtant, notre modèle informationnel est
aujourd’hui menacé : par le bouleversement des outils et des usages, par la
multiplication des contenus de désinformation et par la mise en péril du modèle
économique de la presse et des médias, ce droit à l’information est
fragilisé. (…)
L'instauration de la proportionnelle est
un prérequis au renouveau démocratique. Le mode de scrutin des élections
législatives est une véritable faiblesse de notre démocratie dès lors qu’il ne
permet pas une représentation réelle des différentes nuances politiques du
pays. Couplé à l’hyperprésidentialisation de la Vème République, ce
fonctionnement conduit à l'exacerbation du fait majoritaire et, in fine, à une
démocratie malade. Si l’impératif de gouverner avec des coalitions devient
d’autant plus urgent, la France est pourtant le seul pays européen à ne pas
avoir instauré ce mode de scrutin.
Mais ce n’est pas l’unique solution
puisque le désir de participation des citoyens ne se résume pas uniquement à la
conviction d’être peu ou pas représentés.
Ce rapport met justement en lumière les
besoins plus complexes qui se cachent derrière l’aspiration des citoyens à
participer : l’échange, l’écoute, se faire entendre et mieux comprendre.
Maud Petit (députée)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis / Intervention à l’Assemblée] Les
élections de mi-mandat américaines viennent d’envoyer un signal politique fort.
La méthode Trump, fondée sur la confrontation permanente, sur la brutalité
politique et sur le rapport de force vient de subir un revers électoral majeur.
Par ce désaveu net, les Américains nous rappellent qu’en démocratie aucun
dirigeant ne peut gouverner sans limite et sans jamais rendre de compte.
Ce sursaut venu d’outre-Atlantique témoigne de ce que la démocratie n’a jamais
dit son dernier mot.
Si nous saluons ce résultat, il convient toutefois de le regarder avec
lucidité. Une majorité démocrate au Congrès ne résoudra pas tout.
Le protectionnisme américain ne va pas disparaître comme par magie. Ne soyons
pas naïfs : jusqu’au 3 janvier, Donald Trump garde les mains
libres ; après, il conservera le pouvoir exécutif, celui de signer des
décrets et son droit de véto. Pour l’Europe et pour la France, le risque reste
entier. Sur le plan économique, la menace de taxes douanières agressives plane toujours
sur nos entreprises. Sur le plan international, l’imprévisibilité de la
Maison-Blanche demeure intacte, qu’il s’agisse de sa volonté de forcer un
accord de paix au rabais en Ukraine ou de l’escalade militaire dans le détroit
d’Ormuz face à l’Iran. Nous en subirons toujours les effets directs :
instabilité géopolitique et flambée des prix de l’énergie, avec ses
conséquences immédiates sur le prix à la pompe pour les Français.
Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, avec ce Congrès
renouvelé et face à un président américain affaibli mais toujours menaçant,
quelle sera la stratégie de la France ? Ce tsunami bleu peut et doit être
l’opportunité d’un sursaut pour l’autonomie stratégique européenne.
Romain Daubié (député)
> [Energie / Intervention à l’Assemblée] La France a choisi de décarboner son énergie
sans renoncer à sa souveraineté. Ce choix repose sur un mélange entre énergies
renouvelables et nucléaire, ce dernier étant propre, pilotable et compétitif.
Le groupe des Démocrates soutient pleinement cet équilibre.
Ce choix a un nom : EPR 2. À Penly, à Gravelines ou chez moi, dans
l’Ain, sur le site de la centrale du Bugey, ces réacteurs représentent des
milliers d’emplois, des compétences retrouvées, une électricité décarbonée pour
les industriels et les ménages jusqu’à la fin du siècle et, surtout, un prix de
l’électricité stable et qui ne dépend pas d’une guerre à l’autre bout de la
planète ou d’un blocus maritime.
EDF est prête, nos territoires aussi, mais tout reste suspendu à une décision
de la Commission européenne, qui a ouvert une enquête sur les aides d’État
envisagées et pourrait imposer à EDF de céder une partie de sa future
production à ses concurrents. Ne recréons pas l’Arenh (accès régulé à
l’électricité nucléaire historique) ! Ne demandons pas à EDF d’engager
seule plus de 70 milliards d’euros pour ensuite devoir céder le fruit de
son travail ! La décision finale d’investissement doit être prise avant la
fin de l’année, pour une mise en service en 2038.
Mes questions sont simples. Le gouvernement refuse-t-il toute condition qui
affaiblirait EDF ? Quels points restent à trancher ? Quelles actions
sont menées pour obtenir des arbitrages plus rapidement que la Pologne ou la
République tchèque et, en tout état de cause, avant la décision d’EDF prévue
pour la fin de l’année ?
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> Le Sénat a adopté le projet de loi sur la protection de l'enfance.
J’ai voté en faveur de ce texte, qui apporte des réponses concrètes aux
défaillances de notre système de protection des mineurs. Alors que plus de 380
000 enfants et jeunes majeurs sont accompagnés par l’aide sociale à l’enfance,
les révélations de violences et les insuffisances des dispositifs de contrôle
imposent de renforcer notre législation. Cette adoption prolonge les travaux
que je mène personnellement au Sénat. Dès le 5 février, j’ai déposé une
proposition de loi visant à généraliser les vérifications d’honorabilité de
toutes les personnes intervenant auprès des mineurs, salariés, bénévoles ou
intervenants occasionnels, pour mettre fin aux failles entre les différents
secteurs. Lors des débats, plusieurs amendements dont je suis l’auteure ou
cosignataire ont été adoptés.
- Contrôles d’honorabilité : Mon amendement adopté en commission confie les
vérifications aux ordres professionnels de santé et, pour les personnels n’en
relevant pas, aux agences régionales de santé. J’ai également défendu des
contrôles annuels et une application plus rapide du dispositif.
- Enfants placés : Priorité à l’accueil auprès de l’autre parent, d’un membre
de la famille ou d’un tiers digne de confiance, lorsque l’intérêt et la
sécurité de l’enfant le permettent, avant un placement institutionnel.
- Violences sexuelles : Rétablissement de l’imprescriptibilité de certains
crimes sexuels commis sur des mineurs, pour tenir compte notamment du temps
nécessaire à certaines victimes pour révéler les faits.
- Prévention : Évaluation des dispositifs de prévention des violences
sexuelles, notamment pour mieux prévenir les passages à l’acte.
Ces dispositions traduisent une même volonté politique, passer d’une protection
trop souvent réactive à une véritable politique d’anticipation, de prévention
et de responsabilité.
Le texte doit désormais faire l’objet d’une commission mixte paritaire,
réunissant députés et sénateurs pour parvenir à une rédaction commune. Je
resterai particulièrement attentive au maintien de ces avancées dans le texte
définitif.
> « Colocation gratuite contre service. » « Logement contre moments complices. » Ces annonces existent en France, au milieu des offres de logement ordinaires. Derrière ces mots, une réalité révoltante. Des individus profitent de la précarité pour obtenir des relations sexuelles en échange d’un toit. Une étudiante sans logement à la rentrée, une jeune salariée qui ne peut payer son loyer, une mère qui cherche à mettre ses enfants à l’abri. Quand la nécessité prive de toute alternative, peut-on encore parler de libre consentement ? Aujourd’hui, au Sénat, j’ai défendu ma proposition de loi pour mettre fin à l'impunité dont peuvent bénéficier les auteurs de ces pratiques. Notre objectif est de mieux reconnaître les victimes et de sanctionner l’exploitation de leur précarité économique ou sociale au titre de l’abus de faiblesse, puni de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Le Sénat vient d’adopter ma proposition de loi en première lecture ! Une avancée majeure pour la protection des victimes. Rendez-vous désormais à l’Assemblée nationale pour poursuivre ce combat et faire entrer cette protection dans notre droit. La République ne peut accepter que la détresse devienne un instrument de domination. Se loger est une nécessité, jamais une monnaie d’échange sexuelle. Le consentement doit rester libre et ne peut, en aucun cas, être le prix d’un toit.
> L’hôtellerie-restauration est l’une des grandes forces de notre économie et de notre attractivité touristique ! Hier, à Paris, j’ai participé à la conférence inaugurale du salon EquipHotel 2026, aux côtés des représentants d’une filière qui innove, entreprend et prépare son avenir. Pour avoir accompagné ces professionnels lorsque j’étais ministre du Tourisme, je connais leur énergie, leur capacité d’adaptation et leur attachement à des savoir-faire qui font la réputation de la France. Mais les défis sont bien réels. Hausse des charges, difficultés de recrutement, pression sur les marges et transition écologique pèsent sur les établissements, particulièrement les plus indépendants. Les échanges ont notamment porté sur les perspectives offertes par l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies pour améliorer la gestion, renforcer la compétitivité et faciliter le quotidien des professionnels. Une transformation qui doit profiter à toute la filière, grâce à la formation et à un accompagnement adapté. Simplifier, encourager l’investissement, soutenir l’emploi et la transmission des entreprises doivent rester des priorités de notre politique touristique. La France possède une culture de l’hospitalité reconnue dans le monde entier. À nous de donner à celles et ceux qui la font vivre les moyens de continuer à entreprendre, à innover et à faire rayonner notre pays.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Les Américains se sont exprimés.
Renew Europe salue la vague bleue des démocrates aux élections de mi-mandat aux
États-Unis – une nouvelle chance pour des relations transatlantiques plus
constructives. Mais l'avenir de l'Europe se joue en Europe. Nous devons
continuer à bâtir notre autonomie stratégique.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Les électeurs américains ont
démontré que la démocratie peut triompher des tactiques fondées sur la peur, la
division et l’intimidation. L’équilibre des pouvoirs est rétabli. Les citoyens
ont la capacité de freiner les dérives autoritaires et de rejeter les
dirigeants qui agissent comme si le pouvoir leur appartenait en propre. Il
s’agit là d’un message fort, porteur d’espoir démocratique : les électeurs sont
en mesure de fixer des limites au pouvoir et de changer la trajectoire de leur
pays. Au-delà d’un partenariat solide avec les États-Unis, l’Europe doit
poursuivre le renforcement de sa propre indépendance et de son autonomie
stratégique, en se dotant de la capacité d’agir et de défendre ses intérêts.
(…)
Les Américains se sont exprimés. C’est un changement radical au Congrès
américain. Et, je l’espère, cela ouvrira la voie à une relation plus apaisée et
constructive avec l’Europe. Ils ont des leviers pour le faire, même si le
Président Trump conserve ses pouvoirs et que le doute est permis quant à sa capacité
de s’inscrire dans une dynamique positive. Une fois encore, l’avenir des
Européens se décide en Europe. Nous devons continuer à renforcer notre
autonomie stratégique, comme nous le faisons, pour rester maîtres de nos choix,
quelles que soient les orientations de Washington.
> Le Tribunal constitutionnel polonais traverse une crise ouverte, un différend concernant la nomination des juges ayant dégénéré en confrontation entre le gouvernement et le président Nawrocki. Cette situation ne date pas d'hier. Entre 2015 et 2023, huit années de règne du PiS ont profondément ébranlé l'indépendance des institutions polonaises. Le pays en subit encore les conséquences. Rétablir l'État de droit est un processus difficile et long. Mais il ne peut être interrompu par les obstacles dressés par l'extrême droite. Et ce processus doit se faire dans le respect de la loi. Nous soutenons @donaldtusk dans ses efforts pour rétablir l'ordre constitutionnel et reconstruire des institutions indépendantes en Pologne. Car il s'agit de bien plus que de simples juges. Il s'agit de savoir si les citoyens peuvent avoir confiance dans la protection de leurs droits, dans leur capacité à contester une décision injuste et dans l'application égale de la loi à tous. Avec @RenewEurope, nous aspirons à une Pologne démocratique et forte, au cœur de l'Europe. Cela exige des tribunaux et des institutions indépendants au service des citoyens, et non des intérêts politiques.
Pascal Canfin (député)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Trump, le début de la fin
Cette nuit, le président américain a encaissé une défaite sévère aux élections
américaines de mi-mandat. La Chambre des représentants et le Sénat ont perdu
leur majorité républicaine au profit d’une majorité démocrate. Les démocrates
ont réussi à conquérir des États traditionnellement très conservateurs comme le
Texas, pour la première fois depuis 1988.
Concrètement, le contrôle démocrate de la Chambre des représentants et du Sénat
n’empêchera pas Trump de jouer avec les droits de douane américains ou de
décider unilatéralement d’une intervention militaire. Mais le rapport de force
change radicalement. Jusqu’ici, Trump gouvernait sans véritable contre-pouvoir
parlementaire. Ses priorités budgétaires passaient en bloc, ses nominations
étaient confirmées sans opposition, et les élus républicains renonçaient à
défendre les prérogatives du Congrès, y compris en matière commerciale, comme
nous l’avons constaté ces deux dernières années. Désormais, tout budget devra
être négocié avec les démocrates. Le Sénat pourra bloquer les nominations,
comme celles des juges ou des ambassadeurs.
Quelles conclusions politiques pouvons-nous tirer de cet échec électoral ? Tout
d’abord, que la base MAGA ne suffit pas à faire une majorité politique aux
États-Unis. Toute l’action politique de Donald Trump a été décrédibilisée car
elle n’a pas donné de résultats sur rien. L’inflation, notamment les prix à la
pompe, n’a pas été contenue, et a même été aggravée par la guerre en Iran d’une
part, mais aussi par la guerre commerciale entamée l’année dernière contre les
alliés traditionnels des États-Unis, dont les principaux perdants sont les
consommateurs américains. Le bellicisme commercial et diplomatique version MAGA
n’a donc plus de majorité aux États-Unis. C’est une bonne nouvelle et j’espère
que les élus républicains sauront se ressaisir, en tirer les leçons, et en
conséquence abandonner l’allégeance à Trump qui les a amenés dans le mur. Pour
les Européens aussi, la leçon est importante : pourquoi devrions-nous envisager
de céder aux pressions de Trump quand son administration n’a plus de majorité
chez elle ?
> Nous avons voté aujourd’hui en commission
Environnement du Parlement européen l’accord trouvé entre les groupes de
centre-droit, de centre-gauche et du centre (PPE, S&D et Renew) pour faire
évoluer les règles européennes qui encadrent la transition écologique du
secteur automobile.
Les flexibilités accordées aux constructeurs sont au service de l’Europe et de
sa décarbonation : elles sont conditionnées à une production européenne et
créent un effet d’entraînement dans la décarbonation de l’acier, l’offre de
petites voitures électriques et les emplois industriels situés sur notre
continent. Déjà, en France, la part des voitures électriques fabriquées sur
notre sol est bien plus élevée que la part des voitures thermiques made in
France. Avec les nouvelles règles, nous nous assurons que la préférence
européenne est au cœur de la transition écologique pour faire rimer climat et
emplois.
L’accord conserve la proposition initiale de la Commission européenne : les
soutiens publics seront réservés aux voitures électriques (100% électriques
mais aussi PHEV) faites en Europe. L’argent du contribuable européen sert la
création de valeur et d’emplois en Europe !
Au final, alors que les ventes de voitures électriques explosent partout en
Europe (80% des ventes au Danemark, 55% aux Pays Bas et en Belgique, 42% en
France…) et libèrent les Européens du plein d’essence qui les prend à la gorge,
on peut faire le pari raisonnable que le coup est définitivement parti. Le
futur de la voiture est électrique et décarboné et nous faisons en sorte qu'il
soit aussi « made in Europe ».
> Le gouvernement a annoncé hier le relèvement du
plafond du livret A, de 22 000 euros aujourd’hui à un montant compris entre 25
000 et 30 000 euros.
Je soutiens cette mesure, proposée
par Monique Barbut, ministre de la
Transition écologique, pour mobiliser davantage l’épargne des
Français vers le financement des investissements pour s’adapter au changement
climatique dans nos villes, nos hôpitaux, nos écoles...
Ces financements passeront par la Caisse des dépôts et seront mis à disposition
des collectivités locales, qui sont au plus près des besoins à financer.
J’entends trois contre-arguments qui ne me semblent pas pertinents :
- Cette épargne serait celle des plus riches et reviendrait à leur donner un
avantage fiscal supplémentaire via la défiscalisation des intérêts du livret A.
Cela ne tient pas la route car le livret A est justement le 1er produit d’épargne
utilisé par les classes moyennes et populaires, bien avant l’assurance-vie ou
le plan d’épargne en actions. Il s’agit donc réellement de mobiliser l’épargne
populaire.
- Cette mesure aurait un coût important pour les finances publiques. Il y a
certes un coût de quelques centaines de millions d’euros lié à la défiscalisation
pour 15 milliards d’euros d’investissements supplémentaires, soit un coût
infiniment moindre que celui de subventions publiques qui viendraient financer
en direct ces investissements. Cette mesure permet de maximiser l’effet de
levier que l’argent du budget de l’État peut offrir aux investissements publics
locaux. L’alternative est claire : ne rien faire pour s’adapter au changement
climatique et revivre des étés cauchemardesques… dont les coûts pour les
finances publiques se révèlent bien plus importants que le coût des
investissements initiaux. Car il faut le répéter : le coût de l’inaction est
plus élevé que le coût de l’action.
- Enfin, cette mesure serait au détriment de l’investissement dans l’innovation
et les start-up. L’argument ne tient pas la route non plus. Le livret A est un
produit réglementé sans risque de perte en capital et à taux d’intérêt faible.
Investir son épargne dans des start-up, c’est l’inverse : c’est prendre un
risque important sur son capital en espérant une rémunération forte en cas de
succès. Ces deux logiques sont complémentaires. Il faut promouvoir les deux et
il y a de la place pour une mobilisation plus forte de l’épargne abondante des
Français. Car c’est tout le paradoxe de la situation : notre taux d’épargne bat
des records historiques (18% en 2025 contre 12% en 1990) alors que le taux
d’investissement dans l’économie est presque le même aujourd’hui qu’en 1990
(22% du PIB contre 21%).
Toutes les formes de mobilisation de l’épargne des Français dans des
investissements utiles doivent donc être au cœur de notre stratégie économique
pour réussir les deux révolutions technologiques auxquelles nous sommes
confrontés : celle du climat et celle de l’IA.
Laurence
Farreng (députée)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Donald Trump a poussé le monde
à bout. Le monde et ses concitoyens qui n’ont cessé de subir les conséquences
économiques de sa guerre lancée contre l’Iran, de l’imposition de droits de
douane massifs et, plus gravement peut-être, de ses décisions liberticides au
pays des droits civiques. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 2026, les Américains
ont sanctionné sa politique et désavoué son administration, infligeant aux
républicains un rejet brutal lors des élections de mi-mandat.
Nous saluons la victoire des démocrates et le succès de leur campagne. Un
triomphe qui s’illustre notamment avec l’élection du nouveau sénateur démocrate
James Talarico au Texas, État acquis aux républicains depuis des décennies, et
de Keisha Lance Bottoms qui devient la toute première femme noire gouverneure
d’un État américain.
C’est également un soulagement pour l’Europe qui respire un peu mieux. Nous
espérons que le message envoyé par une majorité d’Américains lors de ces
élections sera entendu à Washington et qu’il ouvrira notamment la voie à un
retour des États-Unis vers leurs engagements historiques sur la scène
internationale. Il est en effet temps de renouer avec une coopération étroite
avec leurs alliés, à commencer par nous Européens, de contribuer à un
apaisement des tensions géopolitiques et de soutenir plus fermement Kiev.
N’oublions pas qu’une politique étrangère plus prévisible et une situation
géopolitique plus stable sont aussi des conditions essentielles pour protéger
le budget des ménages européens.
S’il serait certes prématuré d’annoncer la fin de l’ère trumpienne, le résultat
de ces élections prouve toutefois la vitalité des forces démocratiques et
représente une aspiration pour la France, si tant est que l’on arrive à
s’organiser et à se rassembler.
Il est en tout cas réjouissant de constater que voir le populisme triompher
élections après élections n’est pas une fatalité. Après la défaite de Viktor
Orbán en avril dernier en Hongrie, la victoire de la Liste étudiante en Serbie,
la défaite au Brésil de Flávio Bolsonaro et maintenant les élections de
mi-mandat aux États-Unis, il semblerait bien que le recul nationaliste se
confirme face au sursaut des démocrates et au besoin de confiance et de justice
de tous les citoyens.
> Renew Europe salue le paquet sur l’éducation et les compétences et l’importance qu’il accorde à la préparation des jeunes à un monde façonné par l’intelligence artificielle. La culture de l’IA influencera leur façon de travailler, d’apprendre et de participer à la société. Ils doivent pouvoir évaluer les réponses générées par l’IA, en reconnaître les limites et décider quand y recourir. Le certificat de compétences en intelligence artificielle proposé est une occasion d’enseigner ces compétences en classe.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Le populisme séduit. Et puis
déçoit. Rapidement. À bon entendeur…
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Il y a quelque chose de criminel dans certaines pratiques des géants du
numérique. Derrière les écrans, ce sont des enfants. Derrière les algorithmes,
des responsabilités. Les plateformes savent très bien ce qu’elles font !
> Les géants des réseaux sociaux savent faire des choix plus protecteurs dans d’autres pays. Pourquoi pas aussi chez nous ?
> Vous pensez avoir protégé votre enfant, mais il est aspiré dans les sables mouvants des réseaux sociaux. Dans « Les Prédateurs », j’alerte sur cette emprise invisible qui s’installe jusque dans nos foyers.
> Le pacte républicain, c’est une communauté nationale unie, sans suspicion ni discrimination. La République ne trie pas ses enfants.
> On peut entendre la colère sans accepter le chaos. Et on peut défendre l’autorité sans renoncer au dialogue ! La colère des lycéens doit être entendue, les engagements du gouvernement accompagnés et les violences condamnées sans ambiguïté.

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