jeudi 5 novembre 2026

Propos centristes. France – Harcèlement scolaire / Défaite de Trump aux midterms / Revendications lycéennes / Mouvements sociaux / Prix de l’énergie / Accès aux soins et lutte contre les déserts médicaux…


Voici une sélection, ce 5 novembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Revendications lycéennes / Intervention au Sénat]
Je salue les enseignants, les proviseurs et l'ensemble de la communauté éducative qui ont fait l'objet de violences, inacceptables et inimaginables il y a encore peu. Il y a eu 198 agressions contre les personnels, dont 77 contre des chefs d'établissement ou adjoints.
Depuis lundi, les cours ont repris dans l'immense majorité des établissements. C'est une bonne nouvelle !
Quelques lycées sont encore concernés par des blocages et de graves violences : 26 chefs d'établissement ont été blessés ces trois derniers jours. Pour la première fois, les blessés sont plus nombreux dans les rangs de l'éducation nationale que parmi les forces de l'ordre. Je leur rends hommage, ils nous trouveront toujours à leurs côtés.
Le Gouvernement a apporté de premières réponses aux revendications des lycéens et des étudiants.
Nous devons permettre à cette génération de réaliser ses ambitions, d'avoir une prise sur son avenir. Plus de 100 000 contributions issues de près de 3 000 lycées ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'éducation nationale ; 71 % évoquent l'organisation du temps scolaire, 56 % l'état des bâtiments et 31 % les difficultés liées aux remplacements.
Derrière ces chiffres, des attentes précises, dont certaines dépendent du Parlement ou du Gouvernement, d'autres des conseils régionaux.
Les mesures annoncées la semaine dernière constituent une réponse globale. Nous prenons au sérieux ce que les jeunes nous disent. Un élève qui a confiance dans son avenir est un élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les revendications des lycéens sont cohérentes.
Voilà pourquoi, dès 2027, nous plafonnerons à 28 élèves les secondes générale et technologique dans les lycées les moins favorisés, puis en 2028 dans tous les lycées publics. Nous créerons 500 postes de professeurs supplémentaires. Nous poursuivrons nos efforts pour que chaque professeur absent soit remplacé. Les ministres déposeront des amendements au PLF en ce sens, mais, pour pouvoir agir, la France doit se doter d'un budget.
Les emplois du temps seront revus : une pause déjeuner d'une heure sera garantie.
La place du contrôle continu sera réexaminée.
La santé mentale demeurera une priorité, avec la création de 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux.L'État consacrera 1 milliard d'euros aux bâtiments universitaires et des prêts à taux préférentiel seront accordés aux conseils régionaux pour rénover les établissements, avec une attention particulière pour l'outre-mer.
Nous ouvrirons 15 000 places dans l'enseignement supérieur en 2027 et 2028 : 10 000 en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé.
Dès la rentrée 2027, les bourses suivront l'inflation.
Nous souhaitons renforcer la place des jeunes dans les instances prenant des décisions qui les concernent directement.
Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est une affaire entendue. Dès la campagne 2027 -  accessible dès le mois de décembre prochain  - les critères d'admission seront plus compréhensibles et chaque refus devra être motivé.
L'orientation, processus qui débute en cinquième avec la découverte des métiers, s'intensifie dès la seconde. Elle doit viser la réussite des jeunes dans le supérieur : il faut s'assurer qu'ils trouveront des débouchés à leurs études. Le cas échéant, les jeunes doivent pouvoir se réorienter en cours de cursus.
Mais ce chantier exige une clarification politique et le Gouvernement est ouvert au débat - un beau débat politique que nous devons à notre jeunesse.
La question de la sélection dans le supérieur ne date pas d'hier, mais Parcoursup a fait office de révélateur. Les uns souhaitent une sélection plus affirmée pour accéder aux études supérieures, tandis que d'autres veulent autoriser l'accès sans sélection si ce n'est la sectorisation territoriale que propose, singulièrement, La France insoumise, une nouvelle forme de ségrégation. Ce faisant, on empile plus les difficultés qu'on ne les résout !
Nous proposons 15 000 places supplémentaires, c'est un effort important et concret. Nous sommes prêts à discuter pour aller plus loin, à condition que cela soit faisable. Certains en réclament 250 000, il faut être crédible.
Car ouvrir des places ne suffit pas à garantir une orientation adaptée à chaque jeune. Il y a aussi la cohérence entre les formations proposées, les territoires et les perspectives réelles d'insertion professionnelle.
Ajouter massivement des places sans tenir compte de ces réalités ne réglerait rien et risquerait même de déplacer la sélection vers les premières années d'études, au prix d'échecs et de réorientations que nous voulons justement éviter.
Il faut offrir à chaque jeune une formation qui lui permettra de construire son avenir.
Entrons maintenant dans le détail.
Pour le Gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions explicables. Les revenus des parents et le lieu de résidence ou le manque d'information ne doivent pas prendre le pas sur le travail et les aspirations des jeunes. Mais nous souhaitons des propositions précises, non des slogans ni des promesses sans fondement !
La semaine dernière, les représentants des conseils régionaux et des lycéens ont été réunis pour débattre de la rénovation des bâtiments. L'État accompagnera les régions, mais toujours dans le respect des principes de la décentralisation.
Notre engagement est aussi financier, avec 4 milliards d'euros de prêts à taux préférentiel accordés par la Banque des territoires.
L'équipement des lycées est très inégal d'une région à l'autre, de même que les capacités de financement. Certaines régions ont bien fait leur travail, comme l'Île-de-France.
Mais les demandes les plus pressantes ont trait à la propreté, à l'état des sanitaires, à la disponibilité de papier toilette - je vous prie de m'excuser pour cette trivialité.
Faut-il clarifier la répartition de certaines compétences entre l'État et les conseils régionaux ? Le Gouvernement écoutera le Sénat à ce sujet.Je rencontrerai de nouveau les représentants des lycéens la semaine prochaine, nous ferons le point et échangerons sur ce qui relève du règlement -  le contrôle continu, par exemple  - ou de la loi. Nous déterminerons pour chaque mesure un calendrier et un responsable.
Lundi prochain, le premier comité de réforme de Parcoursup réunira lycéens et étudiants et les ministres concernés. Les organisations syndicales et patronales y seront associées, comme des parlementaires de tous les groupes politiques.
Le Gouvernement présentera un projet de loi pour ce qui concerne les mesures d'ordre législatif.
Vous le savez : les membres du Gouvernement ne sont candidats à aucune élection. Celui-ci n'a aucune raison de faire des promesses intenables. Sa crédibilité devra être examinée à l'aune des décisions prises.
Pas question de refaire le match sur Parcoursup, dont le remplacement est déjà décidé. Il s'agit désormais de savoir ce que nous allons construire. Nos réponses engagent notre conception de l'égalité, du mérite, du travail et de la liberté.
D'autres questions se posent, et les lycéennes et les lycéens souhaitent entendre nos réponses. Quelle place donner aux besoins du pays, sans étouffer les aspirations individuelles ? Le bac doit-il rester le premier grade de l'enseignement supérieur ou le diplôme qui clôt le lycée ? Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle qui détruira des emplois et créera d'autres métiers ? Nous ne pouvons former des cohortes entières de jeunes à des métiers voués à disparaître, peut-être très rapidement.
Reste le défi démographique, qui touche aujourd'hui le secondaire et demain le supérieur. Nous attendons de chaque groupe politique des propositions sérieuses et concrètes sur chacune de ces questions.
Aux jeunes qui nous écoutent, je leur dis : nous attendons beaucoup de vous. Vous êtes en droit d'attendre beaucoup de nous, la classe politique. À nous de vous donner des raisons concrètes de croire que vos efforts vous ouvriront des portes.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Agressions de sapeurs-pompiers / Intervention au Sénat]
J'ai une pensée pour l'adjudant-chef des Pennes-Mirabeau, touché par balles au thorax lors d'une intervention sur un incendie. Plongé en coma artificiel, il doit de nouveau être opéré. J'ai aussi une pensée pour ses collègues.
Sur les 1 525 agressions que vous mentionnez, 39 % sont physiques, et 5 % sont commises avec une arme ! Nous avons pris le sujet à bras-le-corps. Dans le Var, j'ai signé un plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux sapeurs-pompiers qui facilite notamment les dépôts de plainte. Nous avons aussi des dispositifs d'intervention conjointe avec les forces de sécurité intérieure. Je suis favorable à la plateforme demandée par la FNSPF, mais cela dépend des acteurs locaux.
Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, qui sera aussi un texte de programmation, contiendra des mesures visant à renforcer la protection des sapeurs-pompiers.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Une nouvelle avancée pour notre dissuasion ! Cette nuit, la DGA a réalisé avec succès, depuis le site Landes à Biscarosse du centre d’essais et d’expertise DGA Essais de missiles, un tir expérimental de la fusée-sonde française SyLEx (système de lancement d’expériences), développée par Ariane sous son pilotage. Ce lanceur national permet de tester en vol de nouvelles technologies au profit de la dissuasion française, du développement de démonstrateurs hypervéloces et d’applications civiles. Plus encore, il redote la France d'une capacité souveraine de vols suborbitaux et d'essais en haute atmosphère, dont elle était privée depuis plusieurs décennies. Moins d’un mois après le tir d’acceptation n° 6 réalisé depuis le SNLE Le Vigilant, ce tir a permis de conduire de nouvelles expériences essentielles au développement du missile M51.4. Félicitations à toutes les équipes mobilisées pour cette avancée technologique au service de notre souveraineté!

> En mer, les menaces se déploient au-dessus des flots, à la surface et jusque dans les profondeurs. Elles nous imposent de renforcer notre puissance navale avec un cap clair : accélérer notre réarmement, mobiliser notre industrie de défense et, toujours, garantir que la marine soit prête aux conflits de haute intensité. Je salue également nos partenaires étrangers : notre coopération, qu’elle soit industrielle ou opérationnelle, est essentielle pour renforcer notre autonomie. Pour protéger nos territoires, nos intérêts et la liberté de navigation. Notre souveraineté se défend aussi en mer.

> J'ai signé le pacte drones navals, qui permettra de fédérer les acteurs du secteur. Ce dialogue entre la DGA, les forces armées et les industriels vise à répondre à des enjeux fondamentaux : financement, visibilité, cycle d'innovation, besoins opérationnels de nos forces.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Casse et pillage lors des manifestations / Intervention à l’Assemblée] Face aux émeutes, il faut d’abord assurer la sécurité. Ces deux derniers samedis, la réponse du gouvernement a été exemplaire et a limité largement les pillages à quelques cas isolés –
⁠ qui, certes, seront toujours de trop.
Le deuxième élément de réponse est le projet de loi casseur-payeur, qui est en discussion au Sénat et sera débattu à l’Assemblée.
Vous aurez donc l’occasion de vous prononcer sur ce texte.
Le troisième est la solidarité nationale. Appliquer la loi de finances adoptée par le Parlement exige de mettre en œuvre un dispositif qui généralise et rend obligatoire la garantie anti-émeutes. Cette garantie, qui existe déjà dans de nombreux contrats d’assurance et ne posait problème que dans quelques territoires, va passer par une contribution de solidarité de 2 euros par an et par contrat d’assurance –
⁠ vous avez omis d’indiquer ce chiffre.
Les sommes perçues abonderont un fonds de mutualisation qui couvrira les commerçants et les collectivités territoriales en première ligne. L’État ne récupérera rien de cette contribution que certains ont, à tort, qualifiée de taxe. Nous faisons jouer la solidarité nationale et répondons aux besoins des territoires, notamment en outre-mer. Bref, nous faisons notre travail.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis / Intervention à l’Assemblée] Le résultat d’hier l’a en effet montré à ceux qui en doutaient encore : la démocratie américaine est vivante et bien vivante.
Les électeurs américains ont littéralement marché aux urnes pour reprendre le contrôle et faire entendre leur voix. La participation, poussée notamment par la mobilisation des jeunes, a atteint un record absolu. Des États ancrés dans un camp depuis des décennies ont subitement basculé. Les scrutins se sont parfaitement déroulés et les résultats ne sont ni contestables ni contestés : le président des États-Unis lui-même a admis la performance des candidats démocrates.
C’est une très bonne nouvelle pour la démocratie américaine et une nouvelle démonstration que le peuple, en démocratie, écrit sa propre histoire. Personne, ni les algorithmes ni les intérêts privés, ne peut le faire à sa place.
Dans notre pays, certains se réjouiront de ce résultat. D’autres seront déçus ; j’ai une pensée émue pour M. Jordan Bardella et pour ses amis et j’espère très sincèrement qu’ils s’en remettront.
Nous aurions cependant tort et commettrions une grave erreur si nous nous détournions, ne serait-ce qu’un instant, de la nécessité urgente et vitale pour notre indépendance nationale de construire une Europe plus forte, plus prospère et plus démocratique, indépendamment des choix qui sont faits outre-Atlantique.
Cela fait longtemps que les États-Unis ont réorienté leurs priorités de l’Atlantique vers le Pacifique et qu’ils avertissent l’Europe que le moment est désormais venu pour elle de se prendre en charge.
Accélérons pour faire de l’Europe une superpuissance démocratique capable de résister aux pressions technologiques, commerciales et militaires des nouveaux empires, et faisons en sorte qu’elle ouvre une troisième voie dans laquelle s’engouffreront l’immense majorité des peuples du monde qui, comme le peuple français, ne veulent être les vassaux de personne et entendent rester libres.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Accès aux soins / Intervention au Sénat]
Nous ferons prochainement le bilan des engagements pris depuis dix ans en matière d'accès aux soins.
Nous avons, d'abord, accru le nombre de professionnels formés. Depuis la fin du numerus clausus, le nombre d'internes a augmenté d'un quart ; les premiers effets s'en font sentir depuis avant-hier. D'autre part, nous comptons toujours doubler le nombre d'infirmières en pratique avancée d'ici à l'an prochain
Ensuite, nous avons amélioré l'organisation des soins. Les maisons France Santé visent à garantir un accès aux soins à moins de 30 minutes dans les 48 heures si besoin. Plus de 3 000 maisons ont été labellisées : cette démarche est venue des professionnels et des élus lorsqu'ils le souhaitaient. Dans les structures qui existaient déjà, la labellisation a permis, par exemple, le recrutement d'une secrétaire ou d'une infirmière en pratique avancée. Partout où je me suis rendue, il y avait un projet derrière les 50 000 euros alloués à chaque structure.

Ce dispositif fonctionne, et l'engagement du Premier ministre d'ouvrir 5 000 maisons France Santé d'ici à 2027 sera tenu.
Enfin, peu m'importe de savoir qui est à l'origine du dispositif des docteurs juniors ; pour ma part, j'en ai défendu l'idée avec le Président de la République lors de sa campagne. Toujours est-il que plus de 3 000 docteurs juniors permettront chaque année d'améliorer l'accès aux soins.

> [Lutte contre les déserts médicaux / Intervention à l’Assemblée] La fin du numerus clausus se concrétise : hier, plus de 1 000 internes se sont déployés partout sur notre territoire. Cela représente une augmentation de 24 % du nombre d’internes mobilisés –⁠ 200 de plus dans votre région. Arrivent également 627 internes de psychiatrie, soit une hausse de 32 %.
La réforme de la quatrième année de médecine générale conduit à l’arrivée des docteurs juniors. Nous l’avons soutenue et ses résultats se matérialisent. Cette dernière année de formation permettra à ces médecins, titulaires d’une thèse, d’acquérir les compétences nécessaires à leur installation future. Dans 80 % des cas, ils travailleront dans des territoires situés en zones sous-denses. Les inquiétudes étaient nombreuses et, dès ma nomination, j’ai voulu que l’ensemble des acteurs –
⁠ étudiants, maîtres de stage, élus – prennent part à la concrétisation de cette réforme. Je les remercie pour leur travail. Chaque année, de nouveaux docteurs juniors exerceront dans nos territoires : plus de 3 000 ont commencé hier et 500 les rejoindront en mai, pour des raisons personnelles liées par exemple à des congés de maternité ou de formation.
Nous prenons aussi d’autres mesures. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) prévoit de consacrer 12 millions d’euros aux contrats d’engagement de service public. Cet effort supplémentaire prolongera notre mobilisation contre les déserts médicaux, de même que les maisons France Santé qu’a voulues le premier ministre et que le PLFSS soutiendra également.

> [Budget de la Sécurité sociale] Ce budget de la Sécurité sociale va diviser par deux le trou de la Sécu. C'est très important parce que c'est ce qui permettra après de pouvoir continuer à financer tous ces droits sociaux que nous avons. Alors oui, il y a des maîtrises de dépenses comme je dirais tous les ans, il y a un effort collectif qui est demandé. Je pense à l'effort par exemple de 3 milliards sur les laboratoires pharmaceutiques, il y a des efforts collectifs. Mais il y a aussi, et c'est pour ça que nous avons vraiment besoin de ce budget, une augmentation des dépenses. J'ai besoin de cette augmentation de 3% pour les hôpitaux. J'ai besoin, dans ce budget, de l'augmentation des dépenses pour la protection des enfants. Donc oui, vous savez, le budget de la Sécurité sociale, il va être en augmentation de 6 milliards. Si nous ne faisions pas de budget, il aurait été en augmentation de 10 milliards. (…)
Il y a un effort collectif, je ne suis pas là pour dire il n'y a pas d'effort pour les Français. En moyenne, c'est 10 Euros par an ce transfert que nous faisons aux complémentaires. Vous savez, nous sommes dans le pays où le reste à payer, le reste à charge pour les Français, pour leur santé, est le plus faible du monde, avec une grande protection. Mais si nous voulons continuer à avoir cette protection, il faut effectivement cet effort. Je le rappelle, les mesures qui sont prises, c'est 10 Euros en moyenne supplémentaires par an pour les Français. (…)
Je regrette le rejet de la taxe sur le sucre. Je ne sais pas si on aura l'occasion d'en parler, mais face à un problème de santé publique sur l'obésité comme nous avons dans notre pays, cette taxe qui vise à faire que les industriels baissent leur quantité de sucre dans leurs recettes est indispensable. Nous devons faire que nos industriels changent les recettes pour que nos enfants consomment moins de sucre.

> [Raison des arrêts maladie] Une partie qui est une partie faible qui est due au vieillissement de la population. Ensuite, nous avons face à ça un enjeu de société, je dirais, d'une part de lutter contre les abus. Ils arrivent et c'est les mesures que j'ai pu prendre de lutte contre les abus sur les arrêts courts. Le nomadisme, c'est-à-dire des gens qui vont voir plusieurs médecins qui ne sont souvent pas leurs médecins traitants et qui font des arrêts courts de quelques jours qui embêtent les entreprises et surtout les collègues de ces personnes. Donc là, nous avons renforcé les sanctions sur ces abus. (…)
Ce qu'on fait, c'est qu'on augmente le contrôle par l'assurance maladie de ces arrêts courts et si l'assurance maladie constate un abus, dans ces cas-là, la personne est sanctionnée plus fortement qu'avant. Et puis moi, je suis ministre de la Santé, ce qui m'importe, c'est que les gens aillent mieux et notamment dans les arrêts longs, vous savez, il y avait des gens qui avaient trois ans d'arrêt maladie. (…)
Alors, ce sont des arrêts longues maladies qui concernent les dépressions et les troubles musculo-squelettiques, ces gens qui ont des douleurs partout. En tant que ministre de la Santé, ce qui m'importe, c'est que ces gens aillent mieux. Donc ce qu'on propose, c'est qu'ils puissent être pris dans des parcours de réadaptation, des prises en charge, soit de psychothérapie, soit de rééducation avec des kinés, etc., pour qu'ils n'aient pas besoin des trois ans d'arrêt maladie. C'est ça l'objet, c'est que les gens aillent mieux pour ne pas avoir… Actuellement, ils avaient des arrêts de trois ans et ils n'avaient pas de consultation chez le psychiatre, pas de consultation chez le rhumatologue ou chez le kinésithérapeute. Donc on voit bien que ce sont des gens qui étaient un peu abandonnés. Donc moi, je dis ce qui est important, c'est qu'on prenne en charge les gens pour leur santé, pour qu'ils aient moins besoin d'arrêt maladie. (…)
Je pense que le dialogue social est vraiment important dans ces moments, encore plus que jamais, mais pour proposer des mesures efficaces. Vous savez, cette augmentation, on peut faire croire aux Français qu'on pourra continuer à les payer éternellement, ce n'est pas possible. Quand vous avez une augmentation qui est à plus de 10% par an, on ne peut pas le soutenir avec l'argent de la Sécurité sociale.

> [Lutte contre les déserts médicaux] En 2026, on a la concrétisation de ces réformes qui ont été portées, avec plus de 10 000 internes qui ont commencé hier. C'est une augmentation de 24% du nombre d'internes. C'est une note très positive. Il y a encore des difficultés d'accès aux soins, évidemment, mais le fait que cette augmentation de plus de 20% des médecins qui arrivent dans notre pays, c'est vraiment une concrétisation de ce qui a été porté depuis ces dix dernières années sur les mesures d'amélioration de l'accès aux soins. Ces docteurs juniors qui arrivent dans notre territoire, c'est plus de 3 000 qui sont à plus de 80% dans des zones en difficulté, des zones sous-denses.

> À Paris, nous avons réuni les représentants du G7 et nos partenaires internationaux pour les 25 ans de la Global Health Security Initiative (GHSI). Cette coopération a fait ses preuves cette année : face aux épidémies d’Ebola et d’hantavirus, nos pays ont échangé régulièrement des données sanitaires, des analyses de risques et des informations scientifiques pour mieux suivre les épidémies et organiser la réponse. Nos échanges ont également porté sur la gestion des urgences sanitaires, les nouveaux risques liés au changement climatique et la place de l’intelligence artificielle dans la détection des crises. Dans le cadre de sa présidence du G7, la France porte une ambition claire : mieux détecter les crises, partager plus vite les informations et renforcer notre capacité à agir ensemble. La sécurité sanitaire ne s’arrête pas aux frontières. Notre réponse doit être collective.

> [Santé mentale des lycéens] 20 % des lycéens disent avoir eu dans l'année des idées suicidaires. On est face à un véritable enjeu de santé publique. On est dans l'année grande cause nationale santé mentale. Et donc, au début du printemps l'année dernière, avec Édouard Geffray notamment et d'autres ministres puisque c'est très interministériel, nous avons annoncé des mesures qui permettent de mieux prendre en charge la santé mentale des jeunes. 
Et typiquement, pour être très concret, dès ce mois-ci, tous les lycées auront un numéro de téléphone direct qui permettra une prise en charge, d'orienter le jeune en fonction de ses troubles. S'il a besoin d'une mesure urgente, d'un soin urgent ou d'un soin dans les 24 à 48 heures, il aura un rendez-vous. C'est une mesure qu'on avait appelée le coupe-file et pour laquelle j'ai travaillé avec les professionnels, les psychiatres, les organisations sur les territoires. 
On peut le mettre en place, on le met en place, et ce sera une avancée importante pour toutes les familles qui nous écoutent et qui peuvent parfois se dire : «Mais le rendez-vous est dans six mois, comment je vais faire ?» Désormais, il y aura un numéro unique à appeler qui permet une prise en charge de ces jeunes s'il y a besoin. (…)
Nous devons tous pouvoir repérer les signes chez un jeune qui va mal. D'ailleurs, on met en place aussi les premiers secours en santé mentale. Ça marche chez les adultes : on a de plus en plus de Français qui se forment pour prendre en charge les gens dans leur entourage et repérer les problèmes de santé mentale. Nous allons le faire aussi chez les jeunes, et il y a un engagement fort du ministre de l'Éducation sur le sujet.

> [Lutte contre les déserts médicaux] En termes d'accès aux soins, il y a encore des difficultés. Évidemment, je ne veux pas dire à tous nos auditeurs qu'aujourd'hui ils n'ont plus de problème d'accès aux soins, mais ce que je leur dis, c'est qu'on est en train de gagner le combat contre les déserts médicaux. Comment on l'a fait ? On l'a fait notamment en augmentant le nombre de professionnels et de médecins formés. Lundi, 10 000 internes ont pris leur poste. Ça veut dire une augmentation, si je prends la psychiatrie, de 32 % d'internes en psychiatrie. On est en moyenne à 24 % d'augmentation du nombre de médecins : c'est la fin du numerus clausus, ça arrive.
Ensuite, il y a ces docteurs juniors. Les docteurs juniors, c'est qu'on a rajouté une année de formation aux médecins généralistes. Il s'agit de médecins qui ont leur thèse, ils ont les compétences médicales, mais ils avaient besoin d'une année de formation notamment pour l'apprentissage de leur future installation, pour savoir comment on fait pour s'installer, gérer les démarches administratives. 
Ces jeunes sont dans leur dernière année d'études : ils sont en formation, ils sont encadrés, mais ils sont dans des territoires où spontanément ils n'iraient pas forcément, soit parce qu'ils ne connaissent pas ces territoires, soit parce qu'ils ont peur de s'y retrouver tout seuls. Ce qu'on fait, c'est qu'ils ne seront pas seuls puisqu'ils seront encadrés. En un an, ils auront la possibilité de s'y sentir bien et de rester. »

> Je suis favorable à une génération sans tabac. On n'en est pas très loin : si on regarde les chiffres pour les jeunes de 16 ans, on est à 3% de fumeurs. Il nous reste cette marge des 3%. (...)
En dix ans, on a baissé de 10 % le nombre de consommateurs de tabac, c'est une bonne chose. On a une politique qui marche, de prévention, d'accompagnement et de fiscalité, qui fonctionne et qu'il faut poursuivre. »

> Ma responsabilité est de faire que l'Assurance maladie soit soutenable, que les dépenses d'Assurance maladie puissent être maintenues dans les clous. Nous avons deux financeurs : l'Assurance maladie obligatoire et les complémentaires. Une partie du remboursement qui était actuellement assuré par l'Assurance maladie va être transférée aux complémentaires. Nous l'avons fait cet été par décret pour les médicaments qui ont un service rendu modéré, pour lesquels nous avons diminué le remboursement de l'Assurance maladie obligatoire en le passant aux complémentaires ; nous faisons pareil pour les cures thermales. (…) C'est une mesure de cohérence : à partir du moment où la science nous guide, comme nous l'avons fait pour les médicaments à plus faible efficacité, il était cohérent de le faire aussi pour les cures thermales. Mais le budget de la Sécu passe la semaine prochaine au Sénat, c'est un débat qui se fait et je suis sûre que sur ce sujet, nous aurons le débat.

> Dans les jours qui viennent, il va y avoir un décret qui va faire diminuer l'activité des médecins esthétiques pour libérer du temps de dermatologue et de médecin. Ce décret va dire quoi ? C'était une demande aussi de l'Ordre des médecins avec qui j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet, une demande des parlementaires avec qui on avait eu le débat. On a un accès aux soins de dermatologie qui est très difficile, ou de médecins généralistes aussi, et certains ont une activité à temps complet de médecine esthétique. Ce qu'on dit demain, c'est que ces professionnels ne pourront pas avoir une activité à temps complet de médecine esthétique, mais qu'elle sera limitée dans le temps. (…)
Dans le décret, il y a deux cas. Soit vous êtes un nouveau médecin, vous n'avez pas commencé la médecine esthétique, et donc votre temps sera limité à 30 % de votre temps en médecine esthétique. Et par contre, si vous êtes un médecin qui fait de la médecine esthétique à 100 % de son temps depuis de nombreuses années, l'Ordre des médecins va accompagner ces professionnels pour que dans les deux à trois ans qui viennent, ils puissent diminuer leur temps de médecine esthétique. »

> [Aide aux carburants] Avec le gouvernement, nous avons choisi, et je l'assume réellement, de cibler les aides grands rouleurs avec un revenu seuil que nous avons élargi. Il y a plus de Français qui peuvent avoir accès à ces aides grands rouleurs, qui sont de 100 € avant l'été et 100 € maintenant. J'ai fait rajouter pour ces infirmiers — je pense que madame doit être dans cette catégorie — 80 € qui ont été versés vendredi dernier par l'Assurance maladie pour les infirmiers qui roulent plus de 100 km en moyenne par jour. Ce sont les aides ponctuelles. C'est 25 000 infirmières et infirmières de pratique avancée qui étaient concernées, donc à peu près un quart des infirmiers : tout le monde ne roule pas 100 km par jour. 
C'est une aide ponctuelle, je me doute que cette aide ne va pas régler le problème de pouvoir d'achat de tous les professionnels. Ensuite, je dois rappeler que la négociation de l'année dernière pour les infirmiers, à qui on a augmenté le champ de compétences, a donné lieu à des revalorisations avec une enveloppe de 500 millions d'euros avec l'Assurance maladie. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de difficulté, évidemment, quand l'essence et l'alimentation augmentent autant. Mais vu l'état économique de notre pays et les nécessités de maîtriser nos dépenses, nous faisons le choix de cibler les personnes qui en ont le plus besoin. »

> C'est le mois de la fertilité ce mois-ci, un rapport m'a été remis hier et j'ai pu faire des annonces parce que ce n'est pas le seul sujet. Il y a le sujet de l'information, de la sensibilisation. J'ai pu annoncer hier que toutes les personnes de 29 ans de notre pays vont recevoir un courrier de l'Assurance maladie sur l'information, pas pour leur dire qu'il faut faire des enfants et pas pour faire des injonctions, mais sur ce courrier, il y aura des informations sur la contraception pour ceux qui ne veulent pas d'enfants, et il y aura des informations pour savoir quoi faire si on veut par exemple conserver ses ovocytes. 
J'ai pu annoncer d'ailleurs sur ce sujet, alors qu'on a déjà augmenté le nombre de centres de conservation ovocytaire, que nous allons travailler à ouvrir aux centres privés lucratifs pour ne plus avoir ces délais qui sont à plus d'un an, pour que toutes les femmes puissent être prises en charge et mieux accompagnées avec un parcours personnalisé dans leur fertilité. Et cela ne concerne d'ailleurs pas que les femmes. (…)
On en met plus de moyens, on en met aussi sur la recherche, et ce que j'ai pu annoncer hier, c'est que les efforts sur la recherche vont se poursuivre. On est à peu près à 30 millions d'euros mis sur la recherche sur la fertilité. Nous mettons aussi des financements sur des plateformes de santé environnementale qui sont très intéressantes parce qu'il y a des professions qui peuvent être plus exposées, avec des professionnels de santé du travail qui reçoivent les gens en consultation et leur donnent des conseils très concrets de prévention pour leur fertilité. Nous allons généraliser ces plateformes, il y en a une quinzaine en France actuellement. Il y a un vrai engagement du gouvernement que j'accélère sur la prise en charge. (…)
Ce n'est pas que ce n'est pas possible en France : en France, c'est pris en charge, et tant mieux, par la Sécurité sociale. C'est vrai que les délais sont longs, avec une file d'attente d'un an. C'est pour cela que nous avons ouvert 30 centres de plus de conservation des ovocytes. Cela a permis une diminution, mais de quelques semaines, ce qui honnêtement n'est pas satisfaisant. 
Nous devons donc augmenter encore le nombre de centres de prise en charge, évidemment sans dépassement d'honoraires parce que nous sommes sur des mesures importantes pour les couples français. Nous allons aussi travailler sur le don de gamètes pour favoriser le don de gamètes. Voilà un ensemble de mesures que j'ai pu prendre hier et qui vont permettre de mieux accompagner les couples qui ont le souhait d'être accompagnés. »

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> L’an dernier, il y a eu un compromis autour des retraites. Cette année, dans le budget, nous devons avoir un compromis pour la jeunesse.

> Passé au rayon X du débat parlementaire, le contre-budget du RN s’effondre : plus de 30 milliards d’euros de déficit public supplémentaire s’ils avaient la majorité. Derrière les PowerPoints Potemkine, la réalité des chiffres.

> Quand l’heure est grave, il faut dépasser les tabous, dans tous les camps. Pour réduire les déficits, il faut baisser la dépense mais aussi de la justice fiscale et sociale.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Protéger les demandeurs de logement contre les sollicitations sexuelles abusives / Intervention au Sénat]
« Logement gratuit pour femme dévergondée » : ce sont les mots d'une annonce immobilière, en France, en 2026, pas ceux d'une fiction. Et c'est loin d'être une exception. En Isère, un homme propose un logement meublé à proximité d'une université contre services, comme si la difficulté des étudiantes à trouver un toit constituait une opportunité à saisir. Dans les Hauts-de-Seine, un quadragénaire au physique agréable et sociable recherche une étudiante de 18 à 25 ans pour un logement contre pratiques sexuelles. Tout est dit, écrit, assumé.
Derrière ces annonces, une même logique de prédation, d'exploitation de la misère. Ce n'est jamais un libre choix lorsque l'alternative, c'est la rue. Je le dis avec force : la précarité n'est pas un consentement, la nécessité n'est pas une liberté. Jamais, dans notre République, un logement ne saurait s'obtenir au prix de son corps.
Pour une étudiante, pour qui chaque rentrée est une course d'obstacles, pour une jeune active sans garant, pour une mère seule qui cherche un refuge pour elle et ses enfants, pour une femme qui quitte un conjoint violent, c'est l'impasse. Une annonce apparaît. Alors on répond. Vient la condition. La menace de se retrouver à la rue réapparaît. « Mon corps était une monnaie d'échange », tels étaient les mots d'une femme concernée par ce piège. Elle n'était plus considérée comme une personne, mais comme une contrepartie. Le corps d'une femme remplace un virement bancaire ; la relation sexuelle devient quittance de loyer.
Depuis quand faut-il choisir entre son intégrité et sa sécurité ? Ces prédateurs promettent un refuge pour organiser l'emprise et entendent s'arroger un droit sur le corps de leurs victimes.
Après les faits, qu'advient-il ? Le silence, la honte. Les victimes sont aussi trop souvent mises en accusation : pourquoi avoir répondu à l'annonce ? Pourquoi avoir visité cette chambre ? Pourquoi ne pas être partie ? Mais partir, pour aller où ? Dans sa voiture, auprès d'un conjoint violent, dans une gare ? On ne demande jamais aux auteurs pourquoi ils ont cru pouvoir profiter de cette détresse
La honte doit changer de camp : elle n'est pas du côté de ces femmes, elle est du côté du salaud qui a exploité cette fragilité.

Je salue l'initiative de Nathalie Delattre, qui a choisi de mettre des mots et surtout une réponse législative sur une réalité longtemps restée dans l'ombre. Je remercie aussi la présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, et Catherine Di Folco.
Le code pénal sanctionne certains abus. Mais comment pénalement appréhender la situation de celui qui ne menace pas explicitement et ne demande pas de choses de manière répétée ? Votre commission a choisi de retenir l'abus de faiblesse et la prise en compte de la vulnérabilité économique et sociale. Cette vulnérabilité peut naître de la misère, de l'isolement, de la dépendance matérielle, d'une rupture familiale. Lorsqu'un individu l'exploite délibérément pour obtenir des actes sexuels, la loi doit apporter des réponses claires.
Les violences faites aux femmes ne commencent pas toujours par des menaces et ne se résument pas aux coups. Parfois, elles passent par des propositions soi-disant généreuses. Mais elles reposent toujours sur la même idée : un homme qui dispose d'un pouvoir matériel - hiérarchique, financier, un logement  - en tire un droit sur le corps d'une femme. La volonté de domination demeure, même si les moyens de pression changent.
Aucune dépendance matérielle ne devrait créer un droit sur le corps de l'autre. Aucun propriétaire n'acquiert un droit sur l'intimité de son locataire ; le consentement ne s'achète pas avec un trousseau de clés.
Un mot pour les femmes qui ont connu ces situations : vous n'aviez pas à payer par votre corps le droit de dormir en sécurité, à vous justifier d'avoir eu besoin d'aide. Nous sommes réunis pour que d'autres femmes n'aient plus à vivre ce que vous avez vécu.
Protéger les femmes, c'est faire en sorte qu'elles puissent dénoncer ceux qui les hébergent sans risquer de se retrouver à la rue. La précarité économique ne peut jamais être mise en balance avec le droit de se mettre à l'abri. On en parle en chiffres, en seuils, en catégories administratives. Mais derrière, il y a des vies : cette étudiante qui devrait pouvoir se concentrer sur ses examens, cette mère qui devrait pouvoir chercher un logement pour ses enfants, et toutes celles dont nous ne connaîtrons jamais les noms, qui ont cru qu'elles n'avaient pas le choix.
C'est pour elles que nous légiférons. Le rôle de la République est d'empêcher que la vulnérabilité des uns devienne le privilège des autres.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Le harcèlement peut tuer. Chaque année, la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’École nous le rappelle : chacun a un rôle à jouer pour que nos jeunes soient en sécurité, partout où ils apprennent. En classe, à l’atelier, en entreprise pendant leurs périodes de formation professionnelle, dans leurs loisirs, jusque sur leur téléphone : le harcèlement suit les élèves partout. Face à cela, notre action doit être collective. Enseignants, équipes éducatives, tuteurs en entreprise, familles : nous devons agir, sans jamais minimiser ce que vivent nos jeunes. Tout acte de harcèlement est intolérable. Rien ne doit passer. À vous, élèves : osez parler. Au lycée comme en entreprise, des adultes sont là pour vous écouter et vous aider. Vous pouvez aussi appeler le 3018, gratuit et confidentiel. Ensemble, continuons à nous mobiliser pour protéger notre jeunesse.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> La géothermie permet de réduire nos dépendances aux énergies fossiles. C’est un enjeu de souveraineté promu par le Premier ministre dans la 3e programmation pluriannuelle de l’énergie.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> [Salaires / Intervention à l’Assemblée] Petit rappel historique : fin 2025 – ce n’est pas si vieux –, cela n’allait pas si mal. Les salaires avaient à peu près rejoint le niveau de l’inflation, grâce à une politique salariale assez dynamique. Les perspectives pour 2026 n’étaient pas si mauvaises. Le smic étant indexé, il avait fait son chemin. Il était d’ailleurs devant l’évolution des prix et des salaires moyens. Non, au fond, fin 2025, les choses n’allaient pas si mal.
Et puis il s’est passé ce qu’il s’est passé : Ormuz, la guerre en Iran, la hausse des carburants. C’est comme ça, c’est un fait. La géopolitique s’est invitée dans la situation économique de notre pays et elle a créé des problèmes de pouvoir d’achat, notamment sur les carburants.
Sur les carburants, justement, nous avons agi toute l’année. D’abord, nous avons aidé les entreprises en difficulté –
⁠ je pense aux transports, à l’agriculture, à la pêche. Nous avons aussi aidé les salariés grands rouleurs, par deux fois, la première prime aux grands rouleurs ayant été renouvelée et étendue –⁠ quasiment 6 millions de Français peuvent désormais en bénéficier. Et le smic fait son travail : il est indexé, il avance. Il a augmenté de 1,2 % au 1er janvier, de 2,4 % au 1er juin, et nous sommes en train de négocier une augmentation supérieure. Rappelons que la prime d’activité, elle aussi, a augmenté de 50 euros par mois au 1er juillet. Quand vous additionnez tout ça, l’État a fait son boulot.
La période de la négociation salariale arrive dans les branches et dans les entreprises. Comme je l’ai dit tout à l’heure, je suis en train de mener des concertations sérieuses avec toutes les organisations syndicales, avec toutes les organisations patronales, pour voir comment créer ensemble –
⁠ État, syndicats et entreprises – les conditions d’une relance salariale en responsabilité.
En effet, si les salaires sont importants, l’emploi l’est aussi. Vous le savez, il y a un lien entre les deux, sans parler de l’inflation.

> [Cumul emploi-retraite / Intervention à l’Assemblée] Cette disposition est inscrite dans la loi : elle a été votée l’an dernier et le décret publié ce matin ne fait que l’appliquer. L’ancien dispositif portait mal son nom : il s’agissait davantage d’un cumul retraite-emploi qu’emploi-retraite ! Les personnes concernées occupaient un emploi en plus d’une retraite touchée à 100 %. Le dispositif pesait donc sur les comptes de la sécurité sociale. En outre, il ne donnait pas satisfaction et était très inéquitable. Il était particulièrement favorable pour les carrières sans accroc et faisait l’objet de nombreuses stratégies d’optimisation, au point que certains se mettaient d’accord à l’avance avec leur futur employeur. À l’inverse, il était très restrictif pour ceux qui avaient connu des aléas de parcours, car il était mal coordonné avec les autres régimes existants. D’autre part, à l’heure où le Parlement est en train d’examiner le projet de loi de financement de la sécurité sociale, la réforme qui entre en vigueur ne rapportera pas moins de 2 milliards d’euros par an, qui abonderont les comptes de la sécurité sociale. Pouvez-vous me citer une autre réforme qui rapporte autant ?
La réforme qui entrera en vigueur au 1er janvier 2027 garantit qu’aucun retraité actuel ne verra ses revenus diminuer. Elle ne change rien non plus pour l’immense majorité des futurs cumulants.
Je tiens à vous rassurer, puisque vous l’avez évoqué : nous ne reviendrons pas sur le principe des dérogations. La dérogation est faite pour être utilisée lorsqu’un métier est d’intérêt général. Parmi ces métiers figurent déjà les conducteurs de transports scolaires, les professions de santé en vacation en zone sous-dense, celles qui assurent la permanence des soins, les assistants maternels et familiaux. Dès lors que l’on reste fidèle à ce sens de l’intérêt général, on peut discuter de la possibilité de revenir aux termes du dispositif précédent par décret.
L’emploi des seniors est fondamental et je présenterai d’ici la fin de l’année des dispositifs pour faire en sorte que davantage de seniors restent dans l’emploi

> [Revendications sociales / Intervention à l’Assemblée] Le contexte économique est difficile. Nous connaissons les causes de ces difficultés, qui sont liées aux guerres au Moyen-Orient, et nous débattons souvent des prix du carburant et de leurs conséquences sur le pouvoir d’achat. En l’espèce, il faut savoir reconnaître les bonnes nouvelles : depuis hier, les prix à la pompe du gazole ont beaucoup baissé, et ce grâce à l’action diplomatique du président de la République. Nous avons aussi décidé des aides à destination des grands rouleurs. Enfin, du côté des négociations salariales, nous avons revu le plafond d’exonération de la prime carburant, ce qui permet aux entreprises de verser 1 000 euros à leurs salariés et à ses derniers d’empocher la même somme, le brut étant égal au net.
Pour autant, il appartient au gouvernement, en particulier au ministre du travail que je suis, d’apporter des réponses sociales et concrètes aux revendications légitimes qui portent sur le salaire et le pouvoir d’achat. Vous connaissez mon attachement au dialogue social : depuis environ une semaine, j’ai donc ouvert un premier round de négociations avec l’ensemble des organisations syndicales et patronales et j’en attaque un second afin de jeter les bases d’un nouveau logiciel.
Ces bases commencent à se dessiner. La première relève de la responsabilité de l’État : c’est le smic. Vous avez raison d’évoquer cette question qui n’est pas taboue, même s’il faut faire attention à préserver un équilibre entre le niveau du smic et le taux d’emploi. La deuxième relève des négociations de branches : il s’agit d’équilibrer les grilles salariales en luttant contre les tassements et en relevant par la négociation les minimas conventionnels. Enfin, les fameuses négociations annuelles obligatoires doivent être menées au sein des entreprises avec les représentants des salariés. Nous travaillons sur tous ces points et nous avançons. Je me suis fixé pour objectif de finir le second round de négociations dans les jours qui viennent.
Comme vous, j’ai bien conscience qu’une manifestation importante aura lieu le 5 novembre. J’espère que nous pourrons converger avec l’ensemble des partenaires sociaux afin que le gouvernement puisse présenter autour du 5 novembre des mesures susceptibles de réenclencher la dynamique salariale.

> [Apprentissage / Intervention au Sénat] L'apprentissage propose un avenir à 800 000 jeunes par an. Je nuancerai votre propos : Mme Roubache et moi-même nous sommes battus pour préserver les moyens nationaux de l'apprentissage. Aucun euro ne manquera ni pour la formation dans les CFA, ni pour les entreprises.
Concernant les régions, nous anticipons d'un an l'arrêt du système exceptionnel des Pric (pactes régionaux d'investissement dans les compétences) - la décision était actée et connue. Nous honorons les autorisations d'engagement et les contrats signés : 300 millions d'euros seront encore versés aux régions. Au total, plus de 12 milliards d'euros seront consacrés à l'apprentissage.
Nous avons ajouté quelques moyens dans le budget pour soutenir les formations vers les entreprises souveraines et stratégiques pour notre pays. Un complément d'effort de formation dans les CFA sera possible. Un fonds est aussi prévu pour soutenir les CFA en difficulté.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Harcèlement scolaire] journée nationale Non au harcèlement. Mais ce combat doit être mené toute l'année, et il est l'affaire de tous !
Victime ou témoin de harcèlement, il y a toujours une personne de confiance pour en parler dans votre établissement. Merci aux dizaines de milliers de personnels ressources, aux 150 000 élèves ambassadeurs, et à tous nos partenaires qui nous aident dans cette lutte.
Élèves, parents, personnels de l'éducation nationale, tous ensemble disons
non au harcèlement.

> Ce mercredi, 0,5 % des lycées étaient bloqués. Il existe un droit à l’instruction, mais il n’y a pas de droit à priver les autres élèves de cours - en particulier ceux qui ont le plus besoin de l’École. Nous répondons aux attentes exprimées par les lycéens : les mesures budgétaires annoncées sont sur le point de se concrétiser, les travaux sur le contrôle continu, le temps scolaire et la démocratie lycéenne sont engagés.

> [Agression d’enseignants d’une école maternelle / Intervention au Sénat] À l'école maternelle Clément Roassal, avant-hier, il y a eu des menaces et des intimidations insensées. Ces faits appellent des réponses de quatre types, par ordre chronologique.
Première réponse : plainte. Deuxième : protection fonctionnelle. Troisième : application de mon décret pris cet été pour un changement d'établissement d'office d'un enfant dont les parents font peser une menace grave sur la sécurité des communautés éducatives. Quatrième réponse : poursuites pénales contre l'intéressé et réexamen attentif de sa situation administrative par le ministère de l'intérieur.
Ces faits extrêmement graves s'inscrivent dans une série d'actes contre l'institution scolaire, notamment les chefs d'établissement. Alors que, depuis 48 heures, les blocages lycéens sont résiduels, 37 personnels ont été blessés ; nous avons déposé un millier de plaintes depuis le début du mouvement.
Quand on touche à un proviseur ou un professeur, la seule réponse est pénale.

> [Revendications lycéennes / Intervention au Sénat] Je m'associe aux propos du Premier ministre pour dénoncer les violences contre les personnels. Je crains qu'au-delà d'un certain seuil, nous ne traitions ces faits comme des statistiques, alors que chacun d'eux, pris individuellement, devrait nous faire horreur. Jamais il n'y a eu autant de personnels agressés, jamais il n'y a eu autant d'atteintes à l'institution scolaire. Jamais ! Mille plaintes ont été déposées ; j'attends que les poursuites pénales soient menées à leur terme.
Indépendamment de ces comportements, les revendications légitimes doivent être entendues. La plateforme que nous avons ouverte a reçu 100 000 contributions d'élèves, dont un quart sont collectives.
Le 26 octobre, nous avons apporté des réponses efficaces et crédibles, sur la santé scolaire, le nombre d'élèves par classe, les emplois du temps, les remplacements.
Les travaux relatifs à l'organisation du temps scolaire ont commencé. Ce matin, mes équipes travaillaient avec les parents d'élèves, les organisations syndicales et les associations d'élèves sur ce sujet.
Une revendication condense toutes les inquiétudes face à l'avenir : Parcoursup, devenu un totem notamment pour certains mouvements politiques.
Les lycéens abordent leurs études supérieures dans un contexte marqué par le vertige de l'intelligence artificielle : des filières entières - graphisme, interprétariat - vont disparaître, ce qui amplifie leurs inquiétudes.
Le processus d'orientation n'est pas encore à la hauteur de nos ambitions. La France est le pays qui envoie le plus d'élèves vers la voie générale, sans commune mesure avec les autres pays comparables.
Depuis dix ans, nous avons agi, notamment avec le plan pluriannuel d'éducation à l'orientation. En outre, quatre demi-journées annuelles consacrées à l'orientation sont prévues sur le temps scolaire ; 88 % des lycées les avaient mises en oeuvre l'an dernier, nous souhaitons atteindre 100 % cette année.
La diversification des choix est absolument inédite dans l'histoire de notre système éducatif. Dans la voie professionnelle, les demandes sont passées de 32 % à 37 % en cinq ans, après vingt ans de baisse continue. Aucun hasard, évidemment : nous avons entamé la transformation de la voie professionnelle.
Les lycéens se sont repositionnés en abandonnant des formations tertiaires dont les perspectives d'emploi étaient minces au profit de formations centrées sur les métiers de l'industrie - cela représente 23 000 places.
La réforme du lycée introduisant le bouquet des spécialités offre une grande liberté de choix, avec ce que cela a de vertigineux - plus de 300 combinaisons possibles -, mais aussi de positif. Les filières S, ES et L étaient très marquées sociologiquement, les enfants de cadres étant majoritairement en S, ceux d'ouvriers majoritairement en ES. Le brassage des spécialités y a mis fin. Parcoursup a aussi rendu l'offre de formation plus visible.
Cela dit, l'efficacité n'est pas encore au rendez-vous en matière d'orientation, faute de coordination entre les acteurs tels que les professeurs principaux, les psychologues scolaires ou encore l'Onisep.
Les familles ne sont pas suffisamment associées au processus, alors que celles-ci jouent un rôle de prescripteur.
Plusieurs perspectives se dessinent.
Premièrement, il faut accompagner les générations les plus nombreuses, celles qui sont actuellement au lycée, dans leur parcours d'orientation. Le Gouvernement a renoncé aux suppressions de postes prévues dans le second degré et crée 500 postes supplémentaires au lycée.
Deuxièmement, il faut densifier l'accompagnement à l'orientation - les fameuses 54 heures annuelles - et la professionnaliser, en accompagnant les professeurs.
Troisièmement, la réforme de Parcoursup pose la question du contrôle continu, qui est vécu comme un facteur de stress alors qu'il avait été conçu pour lisser l'effort. Les travaux sont ouverts. D'ici à la fin de décembre, je prendrai des décisions pour une mise en oeuvre à la prochaine rentrée.
Il faut être ambitieux et prudent. Ambitieux, en respectant la promesse républicaine en proposant aux élèves des formations qui répondent à leurs appétences, à leurs compétences et aux exigences de l'employabilité. Prudent, en n'oubliant pas d'où nous venons, à savoir d'un système imposant des assignations sociale et territoriale, où les élèves choisissaient leur filière au bac en fonction de leur milieu social et leurs études selon les choix de leurs familles. Ceux qui réclament l'abolition de Parcoursup, comme La France insoumise, y associent généralement la sectorisation. Or, la sectorisation, c'est l'assignation sociale et territoriale garantie.

> À partir de cette année, tous les élèves du CM1 à la terminale commémoreront le 11 novembre, Journée nationale de commémoration de la victoire et de la paix, et d’hommage à tous les morts pour la France. Certains considèrent qu’il s’agirait là d’une militarisation de l’École. Je le regrette. Dire cela, c’est oublier que le 11 novembre commémore l’Armistice d’une guerre que nos ancêtres espéraient être la « der des ders ». Honorer la fin des combats est l'exact contraire de la glorification de la guerre. C’est oublier plus d’un million de morts pour la France, dont 30 000 tirailleurs sénégalais. C’est oublier que la paix a un prix et que nos soldats se sont battus pour la défendre. C’est oublier qu’entre la liberté que nos soldats ont défendue et celle dont nous jouissons aujourd’hui, il existe un trait d’union : la transmission par l’École. C’est oublier que la commémoration du 11 novembre 1940, au pied de l’Arc de Triomphe, a été l’un des premiers grands actes de résistance populaire face au nazisme. C’est oublier que, depuis plus d’un siècle, des millions d’hommes et de femmes ont sacrifié leur vie pour défendre des valeurs, des idées et des principes. C’est oublier, enfin, que le 11 novembre est un puissant ferment d’unité nationale. Par respect pour cette unité, comme par reconnaissance envers toutes celles et ceux qui l’ont rendue possible, le 11 novembre sera commémoré dans nos écoles, nos collèges et nos lycées.

> [Commémoration du 11 novembre / Intervention à l’Assemblée] J’ai effectivement demandé aux écoles, aux collèges et aux lycées de commémorer cette année au cœur de leur établissement le 11 Novembre, Journée nationale de commémoration de la victoire et de la paix, et des morts pour la France. Il est assez regrettable que certains voient dans cette commémoration une quelconque militarisation de l’école ou de la jeunesse.
Dire cela, c’est d’abord oublier que le 11 Novembre célèbre un armistice, celui de la guerre que nos ancêtres espéraient être la der des ders. C’est oublier les 1 800 000 morts, dont 30 000 tirailleurs sénégalais et bien d’autres hommes venus des quatre coins du monde. C’est oublier que ce jour est devenu férié par la loi du 24 octobre 1922, avec d’ailleurs le soutien du camp pacifiste des années 1920.
C’est oublier que la paix a un prix et qu’entre la liberté que les soldats morts pour la France ont défendue tout au long du XXe siècle et la liberté dont bénéficient nos jeunes un siècle après, il existe un trait d’union qui s’appelle l’école.
C’est oublier également que le 11 novembre 1940 est resté symboliquement le premier véritable moment de soulèvement populaire contre le nazisme, au pied de l’Arc de triomphe –⁠ un moment merveilleusement porté au cinéma récemment dans le film La Bataille de Gaulle.
C’est oublier enfin que, depuis un siècle et demi, des millions d’hommes et de femmes venus de partout dans le monde ont sacrifié leur vie pour défendre une idée et un principe. C’est donc oublier que le 11 Novembre est un profond ferment d’unité. Par respect pour cette unité, comme par reconnaissance envers ceux qui l’ont rendue possible, je vous confirme que le 11 Novembre sera commémoré dans les écoles, les collèges et les lycées.

 

Catherine Pégard (ministre de la Culture)
> [Interdiction de Cnews / Intervention au Sénat]
Je réitère mon soutien aux journalistes, de plus en plus pris à partie dans l'exercice de leur métier.
Le débat sur la ligne éditoriale d'un média est légitime. L'Assemblée nationale a décidé de s'en saisir en désignant hier un rapporteur pour examiner le classement de la pétition Cnews ou l'organisation d'un débat. Il ne me revient pas de préempter ce débat parlementaire.
Je rappelle le cadre réglementaire et juridique : nos médias audiovisuels sont soumis à un cadre précis, fixé par le législateur, qui répond au principe constitutionnel de la liberté de communication, lequel s'exerce dans les limites fixées par la loi. Celle-ci prohibe l'incitation à la haine et à la discrimination, impose de respecter le pluralisme, prescrit la rigueur dans le traitement de l'information.
Cet équilibre est placé sous le contrôle du juge et d'une autorité indépendante -  l'Arcom  -, garants de nos libertés fondamentales. Charge à eux de s'assurer que ces règles sont respectées et d'en tirer les conséquences. Cette mission est essentielle. Je leur témoigne ma confiance. Leur rôle dans la sérénité d'un débat démocratique est plus important que jamais.

> [Liberté de la presse / Intervention à l’Assemblée] Je n’aurai de cesse de le rappeler, comme je l’ai fait devant vous hier : la liberté de la presse ne se négocie pas. Il s’agit d’un fondement des sociétés démocratiques. Partout où la liberté de la presse a reculé, c’est parce que les principes démocratiques avaient auparavant régressé.
Cette liberté n’est pas pour autant sans règles : elle s’exerce dans le cadre de l’État de droit. Le législateur a fixé les obligations des médias audiovisuels et leur respect est contrôlé par le juge et par une autorité indépendante, l’Arcom.
C’est à eux qu’il revient d’apprécier d’éventuels manquements et d’en tirer les conséquences.
À cela s’ajoutent les règles déontologiques que les rédactions se donnent à elles-mêmes ; elles fonctionnent.
Comme je l’ai dit hier, il ne m’appartient pas de commenter la ligne éditoriale d’un média. L’Assemblée nationale s’est saisie du sujet en désignant hier un rapporteur pour examiner le classement ou l’organisation d’un débat à la suite de la pétition concernant CNews.
En revanche, il revient au gouvernement de garantir l’impartialité du service public de l’audiovisuel.
C’est le sens du décret que nous venons de prendre à la suite du rapport de Bruno Lasserre, qui vise à garantir cette impartialité et à la renforcer. C’est mon devoir de ministre de la culture de défendre la liberté de la presse et des journalistes. Les attaques contre la presse, je le répète, sont trop nombreuses et trop violentes. C’est une dérive dangereuse pour la démocratie.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Remplacer Parcoursup ne peut pas se résumer à changer de plateforme. C’est un véritable choix de société. Au Sénat, j’ai rappelé les questions fondamentales que nous devons collectivement trancher : la sélection, l’avenir de notre jeunesse, la place du baccalauréat et les principes du futur système d’admission. Une plateforme n’est qu’un outil. Ce que nous devons définir, c’est une vision. Une conception du mérite, de la justice sociale, de la liberté de choix, de l'excellence et de l'égalité.

> À l’IUT de Vélizy, au sein de l’UVSQ, j’ai échangé avec les équipes mobilisées au quotidien pour la formation et la réussite de nos étudiants. L’occasion de revenir sur nos engagements : 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, dont 4 000 en BUT, des moyens renforcés pour les Crous afin d’accompagner le repas à 1 € et 1 milliard d’euros pour rénover nos campus. Merci à Loïc Josseran, à la direction de l’IUT, aux équipes enseignantes, administratives et techniques ainsi qu’aux personnels du Crous pour leur accueil et leur mobilisation.

> [Revendications lycéennes et étudiantes / Intervention au Sénat] Il est des débats qui, sous une apparence technique, nous obligent à répondre à des questions profondément politiques. Celui sur Parcoursup en fait partie.
Les lycéens nous interpellent, et nous parlent de leur avenir. Derrière Parcoursup, il y a la promesse républicaine de choisir son avenir plutôt que de le subir.
Il faut donc faire le choix de la lucidité. En 2017, avec APB, la plateforme d'admission post-bac, 4 000 lycéens n'avaient pas d'affectation.
En 2026, ils n'étaient que soixante.
Les chiffres sont têtus. Non, ce n'était pas mieux avant : pas de manipulation.
Notre responsabilité, c'est de réconcilier idéaux et réel.
Avant 2018, notre pays en était arrivé à une situation où le tirage au sort pouvait décider de l'avenir de certains.
La loi de 2018 a apporté des avancées, en combattant l'assignation à résidence. L'égalité des chances ne saurait être réservée à ceux qui vivent près des grandes universités. Elle doit être une réalité, pour chaque jeune, partout. Nous disposons désormais d'une procédure nationale unique, d'une meilleure visibilité des formations, des garanties communes, des dispositifs d'ouverture sociale.
En intégrant 11 000 formations en apprentissage, inexistantes sous APB, Parcoursup a largement facilité l'accès à la vie professionnelle de centaines de milliers de jeunes.
Je pense aussi aux quotas de boursiers : depuis 2018, 150 000 jeunes ont obtenu une place dans une formation qui leur était auparavant inaccessible.
Parcoursup n'a pas fait disparaître toutes les inégalités ni les angoisses de l'attente, elle n'a pas rendu les décisions plus compréhensibles et surtout n'a pas résolu le décalage entre aspirations des jeunes et le nombre de places disponibles. Nous demandons à une plateforme de résoudre des problèmes politiques qui ne dépendent pas d'elle !
Le Premier ministre a pris des engagements précis : une première transformation dès 2027, un nouveau système d'affectation en 2028, des places supplémentaires là où les besoins sont les plus importants, une indexation des bourses - revendication de longue date des syndicats étudiants - et un effort de rénovation de nos campus.
Pourquoi ne pas supprimer Parcoursup maintenant ? Ma responsabilité est de faire en sorte que la prochaine campagne d'affectation se passe bien, alors que la plateforme ouvre dans quelques semaines. Pas question de céder à la démagogie : les lycéens et les candidats à une réorientation ont besoin de stabilité et de confiance.
La prochaine campagne se déroulera dans les meilleures conditions.
Nombre d'entre vous ont pointé les limites de la plateforme. Mais remplacer est un choix technique, choisir ce qui lui succédera est un choix de société.
Je salue les travaux de votre commission d'enquête, qui pose sans détour des questions fondamentales à trancher avant d'envisager l'après-Parcoursup.

Vous proposez de repenser la place du baccalauréat.
Vous proposez, entre autres, de mettre fin au droit d'accès automatique à l'enseignement supérieur et de mettre en place une année de propédeutique.
Au-delà de l'outil Parcoursup, ce sont les principes mêmes de l'accès à l'enseignement supérieur que nous devons interroger. Nous devons affronter les choix de société qui s'imposent.
Première question, la plus sensible : la sélection. Il faut la poser clairement. Le point d'équilibre actuel est le suivant : les universités choisissent les étudiants en fonction de leurs mérites lorsque les capacités sont limitées ; en contrepartie, l'État garantit une place à chacun.
Certains ne veulent aucune sélection, d'autres davantage. Mais tous s'accordent sur un point : jamais de sélection par l'échec.
Au-delà des vœux pieux, regardons la réalité en face : en première année de licence de droit à Paris 1, il y a 20 500 candidats pour 745 places ; en parcours accès spécifique santé (Pass) à Dijon, option SVT, 2 000 candidats pour quelques dizaines de places. Comment départager les candidats sans recourir au mérite académique ni au tirage au sort ?
La France est en tête de tous les pays de l'OCDE, avec un taux d'accès des lycéens à l'enseignement supérieur de 95 %.
Que voulons-nous vraiment ? Une sélection assumée ou non ?
Deuxième question : que promettons-nous à notre jeunesse ? Où placer le curseur entre ceux qui soutiennent qu'une bonne formation prépare à un métier et ceux qui estiment que l'université ne devrait pas se préoccuper des attentes économiques ?
Nous avons fait le choix - équilibré - d'offrir des cursus académiques longs, et des formations professionnalisantes, notamment grâce à l'apprentissage.
Troisième question : quelle ambition pour le baccalauréat ? Face à l'hétérogénéité des niveaux, pouvons-nous tout attendre de l'université ? Pas d'hypocrisie ! Le bac est une promesse, il ne peut devenir un mensonge.
Quatrième question : à quoi devrait ressembler la future plateforme ?
Certains dénoncent une plateforme complexe, stressante.
Nous avons entendu les critiques et sommes prêts à faire évoluer l'outil. Mais devons-nous garder une plateforme unique, ou en créer une nouvelle par discipline, voire par région ? Ou abandonner toute plateforme, quitte à revenir au dossier papier ?
Ces questions dépassent le simple fonctionnement d'une plateforme.
Nous devons définir une vision, et une conception du mérite, de la justice sociale, de l'excellence et de l'égalité. On ne crée pas de places en supprimant une plateforme. On n'efface pas les inégalités en changeant un algorithme, on ne garantit pas la réussite en modifiant une procédure.
La loi du 8 mars 2018 est un équilibre, qu'il nous appartient de retravailler, sans en abattre les fondements.
Il reviendra au Parlement de fixer les nouveaux équilibres et de définir les principes du système à suivre ; le débat est ouvert.
Nos convictions sont différentes, mais notre responsabilité est commune : ne pas laisser les jeunes face à des contradictions que nous n'aurions pas eu le courage de résoudre.
Nous ne devons pas seulement construire un nouveau système d'admission, mais une nouvelle promesse d'émancipation.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Energie / Intervention à l’Assemblée] Je tiens d’abord à vous remercier d’avoir redit l’importance des certificats d’économie d’énergie : ils constituent indéniablement un levier pour lutter contre la précarité et encourager la transition énergétique et profitent avant tout aux ménages français les plus modestes, qui en ont particulièrement besoin en ce moment.
Les programmes que vous avez mentionnés arrivaient à échéance, après cinq ans de mise en œuvre ; ils n’ont donc pas été supprimés, mais non reconduits. Vous me direz que je joue sur les mots, mais j’insisterai sur deux points. En premier lieu, ces subventions n’ont pas vocation à financer éternellement des filières qui doivent, progressivement, parvenir à maturité. C’est tout le sens du financement par les C2E, qui prévoit une rotation des programmes et leur évolution. En second lieu, le premier ministre m’a confié la mission, il y a plusieurs mois, de mettre les certificats d’économie d’énergie au service de l’électrification du pays.
Je comprends tout à fait vos arguments, mais la véritable lutte contre la précarité énergétique, pour le pouvoir d’achat et pour aider les Français à payer leurs factures consiste, au fond, à sortir progressivement des énergies fossiles par l’électrification –
⁠ enjeu que vous avez justement rappelé au début de votre question. C’est pourquoi nous avons réorienté le financement lié aux C2E vers les programmes qui soutiennent l’électrification. À terme, ce n’est pas en leur permettant de consommer un peu moins de gaz qu’on aidera les Français à s’en sortir, mais en redirigeant l’investissement dans le gaz et le pétrole vers une électricité française, à bas coût et décarbonée.

> [Electrification du pays / Intervention au Sénat] La lutte pour la transition énergétique et pour le pouvoir d'achat, c'est de sortir du gaz et du pétrole et non d'en consommer un peu moins ! Il nous faut une électrification française à bas coût, décarbonée et abondante.
Le programme Actee arrivera à échéance fin décembre. Il sera reconduit en 2027, pour mettre en oeuvre le plan Écoles. Il a vocation non à financer des filières de façon indéterminée, mais à amorcer la pompe et à accompagner la filière, dont l'équilibre économique ne doit pas s'appuyer uniquement sur des finances publiques. Après cinq ans, nous avons donc décidé une telle réorientation.

> [Coût de l’énergie / Intervention au Sénat] Depuis les premiers jours du conflit au Moyen-Orient, le Gouvernement a été aux côtés des entreprises en difficulté, des agriculteurs, des pêcheurs, du secteur du BTP, des transports, de ceux qui travaillent avec une aide de 100 euros pour 5,5 millions de ménages. Ce n'est pas rien !

Le déblocage de 10 millions de barils, c'est 18 centimes de moins à la pompe dans plus de la moitié des stations-service. Vous pouvez le balayer d'un revers de main, mais ce n'est pas rien !
La question de la redistribution des bénéfices de TotalEnergies se pose. Mais la meilleure façon de le faire, c'est le plafonnement à la pompe qui a été mis en place. Je préfère un levier qui bénéficie directement au consommateur français qu'un levier qui alimente les caisses de l'État. Et je considère qu'avoir un grand acteur pétrolier français est un atout pour la France.
La question d'une éventuelle rupture d'approvisionnement ne se serait pas posée dans les mêmes termes si nous n'avions pas eu un tel acteur.

> [Energie nucléaire / Intervention à l’Assemblée] Je vais être extrêmement claire : il est hors de question de remettre en place quelque Arenh que ce soit, comme de brader la production électronucléaire française. EDF ne vendra pas de l’électricité à ses concurrents à un prix significativement inférieur à celui du marché, comme cela a été trop souvent le cas après le vote de la loi de 2010. Par ailleurs, et même si cela dépasse votre question, je me permets de faire un point sur les discussions en cours, car beaucoup de choses ont circulé à leur sujet. Il est hors de question que l’Union européenne impose à la France des interconnexions avec l’Allemagne ou l’Espagne, lesquelles iraient à l’encontre de notre stratégie énergétique et des intérêts français.
Les interconnexions sont nécessaires au fonctionnement du marché et nous ont permis d’importer de l’électricité pendant la crise de 2022-2023. Toutefois, elles doivent se faire à nos conditions, comme nous l’avons imposé dans le nouveau paquet « réseaux ».
Le calendrier des discussions avec la Commission européenne, préalables à la décision finale d’investissement sur les futurs EPR 2, sera tenu. Elles avancent dans les temps impartis pour que cette décision puisse être prise d’ici à la fin de l’année.

> [Coûte de l’énergie / Intervention à l’Assemblée] Les difficultés auxquelles les Français sont confrontés sont réelles. C’est particulièrement le cas en raison de la situation au Moyen-Orient depuis plusieurs mois. Vous avez dit que la hausse des prix du gaz et des carburants était la conséquence de dix ans de politique libérale, mais elle est le résultat direct du blocage du détroit d’Ormuz.
Il n’est pas possible, en ce moment, de poser une question sur les prix de l’énergie sans faire de lien entre les prix à la pompe et la situation internationale. En effet, 60 % de notre énergie provient de ressources fossiles, presque toutes importées. Nous dépendons donc de ce qui se passe ailleurs et de prix fixés par d’autres.
Dans une décision inédite, le président de la République et le premier ministre ont décidé de sortir 10 millions de barils de diesel des stocks stratégiques.
Sauf erreur de ma part, c’est la première fois dans l’histoire de notre pays qu’on procède à un déstockage de ce type non pour des questions de volumes disponibles, mais pour agir sur les prix. L’effet est déjà visible dans une station sur deux, avec des baisses qui peuvent aller jusqu’à environ 20 centimes par litre soit un coup de pouce important au pouvoir d’achat des Français, quand bien même les prix restent hauts.
Moi aussi, j’aimerais bien, d’un coup de baguette magique, faire baisser la TVA sur l’électricité à 5,5 %, d’autant qu’il s’agit d’une énergie souveraine, produite en France et décarbonée. Mais comment financer cette mesure ?
Il n’y a pas de consensus sur la réponse, ne serait-ce qu’au sein de cet hémicycle. Le premier ministre s’est engagé à ce que l’électricité n’augmente pas dans les mois à venir, notamment pendant l’hiver. Serge Papin a par ailleurs rappelé tout à l’heure que le paiement du chèque énergie aurait lieu de manière anticipée, dès janvier. Enfin, son automatisation progresse puisque 200 000 personnes de plus que l’année dernière le percevront sans démarches de leur part.

 

Sébastien Martin (ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> [Commerçants impactés par les manifestations / Intervention à l’Assemblée] Le gouvernement tient à exprimer toute sa solidarité envers les commerçants durement touchés par les mouvements sociaux des deux précédents week-ends. La priorité du gouvernement, sous l’autorité du premier ministre et du ministre de l’intérieur, consistait bien évidemment à assurer l’ordre. Lors des manifestations, les moyens de sécurité ont été mobilisés, de sorte que celles-ci se déroulent désormais dans des conditions normales et que nos commerçants puissent, petit à petit, retrouver confiance.
Pour les aider à retrouver cette confiance, nous avons pris plusieurs mesures : le financement de l’activité partielle, le report des charges fiscales et sociales, ainsi que des aides à la trésorerie au moyen de prêts à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros. Nous avons également créé un fonds de soutien qui peut attribuer des aides allant jusqu’à 10 000 euros.
Je vous rejoins également sur l’importance du rôle des préfets. À l’image de ce qui a été fait lors de la crise agricole par la ministre Annie Genevard, nous souhaitons que la gestion de ces aides soit confiée aux préfets. Nous leur avons donné instruction de travailler à l’élargissement des ouvertures dominicales et des amplitudes d’ouverture pour celles et ceux qui le souhaitent.
Par ailleurs, territoire par territoire, les préfets travailleront à des dispositifs spécifiques à destination des plus touchés, en lien avec les équipes gouvernementales et avec Serge Papin –
⁠ auprès de qui je relaierai votre proposition.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> [Harcèlement scolaire] Dans chaque classe, au moins un élève est victime de harcèlement scolaire. Comme mère, je sais combien cette violence peut marquer un enfant et combien il faut être attentif à sa souffrance. Face au harcèlement scolaire, tolérance zéro, 365 jours par an.

> Cela fait un an que les propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant restent lettre morte. Qu’attendons-nous ? Depuis des semaines, les lycéens se mobilisent. Plusieurs de leurs revendications trouvent déjà des réponses dans ce travail citoyen. Les propositions sont là : il est temps de nous en saisir. C’est le message que j’ai porté aujourd’hui en recevant à l’Assemblée nationale les membres de la Convention, aux côtés de la présidente du CESE.

> En Afghanistan, les femmes sont méthodiquement effacées de l’espace public, privées de leurs droits et réduites au silence. Cette politique systématique porte un nom : l’apartheid de genre. Elle est inacceptable et doit être combattue. Avec Nargis Nehan, ancienne ministre afghane, nous avons échangé sur l’urgence de reconnaître cette réalité et d’agir.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Harcèlement scolaire] Je crois vraiment qu'il y a quand même un changement culturel qui a commencé à se faire dans l'éducation nationale, pas partout et par rapport à certains témoignages sur le fait que il y a encore une quinzaine d'années, le mot harcèlement scolaire n'existait même pas parce qu'il y avait pas le terme. On parlait de chamaillerie, de brimade, le terme harcèlement n'était même pas reconnu à l'école. Ça, je pense quand même que c'est en train de changer. Alors, malheureusement, pas partout, pas dans les mêmes proportions. Tout l'enjeu pour moi, pour les années à venir, c'est d’arriver à faire changer les choses encore plus fortement parce que c'est pas encore une fois qu'un sujet sur l'école, si on veut dans une société où les gens se respectent, se tolèrent, ça commence par l'école. Si on arrive à avoir une école où en fait les élèves et les enfants apprennent à grandir en se respectant les uns les autres, en acceptant les différences, en se tolérant, en étant aussi solidaire les uns des autres, bah ensuite vous produisez une société, vous créez une société qui est totalement différente, qui est humaniste, qui est fraternelle.
Et donc pour moi, le sujet de la lutte contre le harcèlement, c'est encore une fois pas qu'un sujet scolaire, c'est un enjeu de de civilisation. En fait, la question c'est dans quelle société on a envie de vivre. Est-ce qu'on veut vivre dans une société euh de la méfiance, de la défiance, de l'insulte, de la discrimination ou est-ce qu'on veut vivre dans une société où les gens s'acceptent d'abord eux-mêmes mais parce que les autres les acceptent aussi ? Moi, je fais clairement partie du deuxième camp

> Je ne crois pas que les jeunes n'aient plus envie de faire d'efforts, qu'ils n'aient plus envie d'étudier, qu'ils n'aient plus envie de travailler. Ils se demandent si leurs efforts leur permettront d'avoir un emploi, de fonder une famille, de vivre aussi bien qu'ont vécu les générations précédentes. À nous de leur redonner espoir !

> Dans le moment grave que nous vivons aujourd'hui, le vrai sujet aujourd'hui, c'est celui du rapport à l'autorité, du respect des règles, du respect de la République et de la lutte contre la délinquance des mineurs. Face à la délinquance, ma ligne n'a jamais bougé : tu casses, tu répares, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter.

> Vous avez des millions de Français qui ne veulent pas avoir à choisir entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ces millions de Français attendent un rassemblement. Et le seul moyen d'arriver à un rassemblement, c'est de passer par une primaire.

> Cette grande primaire aura lieu. Nous la devons à nos millions de compatriotes qui méritent d’espérer de nouveau. Nous devons à notre pays qui mérite mieux qu’un second tour entre Mélenchon et Le Pen.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Budget] À tous ceux qui avaient un doute sur le sérieux budgétaire du RN : la somme des amendements déposés par ce parti sur le projet de loi de finances et le projet de loi de finances de la sécurité sociale c’est 30Mds d’euros de déficit en PLUS ! La vérité des prix !

> Il y a une semaine, je faisais adopter en commission des finances un amendement pour porter le Fonds chaleur à 1 milliard d’euros en 2027, alors que le Gouvernement prévoyait de réduire son budget à 500 millions d’euros. Un montant à comparer aux 1,8 milliard d’euros de projets déjà déposés par des collectivités locales et des entreprises auprès de l’ADEME pour sécuriser leur facture d’énergie ! Aujourd’hui, à la demande du Gouvernement, l’ADEME suspend temporairement le dépôt de nouvelles demandes de financement. À trois semaines du Salon des maires, c’est un bien mauvais signal envoyé aux collectivités locales qui portent ces projets. Pourquoi jeter le doute sur l’un des dispositifs les plus solides de notre transition énergétique, dont les bénéfices économiques et climatiques sont largement documentés ? Le Fonds chaleur, c’est un investissement public qui rapporte ! Pour 500 millions d’euros investis, près de 325 millions reviennent dans les caisses publiques dès la première année grâce à l’activité économique générée. C’est aussi moins de gaz importé, des factures d’énergie mieux maîtrisées, des entreprises qui sécurisent leurs factures d’énergie et des emplois directement en France. Je peux comprendre la volonté de questionner l’ordre de priorité des projets face à l'afflux de demandes. Mais attention à ne pas tomber dans le tout électrique au détriment des autres solutions décarbonées. Nous avons appris des crises passées qu’il ne fallait pas mettre tous nos œufs dans le même panier, particulièrement dans le contexte géopolitique actuel. Nous avons construit ces dernières années une politique énergétique fondée sur la complémentarité des solutions et la neutralité technologique. Revenir en arrière est un recul tout aussi idéologique que la sortie du nucléaire ou l’abandon des renouvelables. Ce qui compte avant tout, c’est d’agir pour baisser notre facture énergétique, tout en sécurisant nos approvisionnements, en créant des emplois en France et en réduisant nos émissions de CO2. C’est exactement ce que fait le Fonds chaleur.

 

Elisabeth Borne (députée)
> [Harcèlement scolaire] Derrière chaque situation de harcèlement, il y a un enfant qui souffre, une famille désemparée, une confiance parfois brisée. Comme Première ministre puis ministre de l’Éducation nationale, j’ai fait de la lutte contre le harcèlement scolaire une priorité, avec un plan interministériel, le déploiement du programme pHARe et des sanctions renforcées. En cette journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, je veux redire à toutes les victimes : vous n’êtes pas seules. Nous avons le devoir de vous protéger et d’agir. Chaque enfant doit pouvoir aller à l’école sans peur, s’y sentir respecté et y trouver sa place. Je continuerai à me battre pour cela.

 

Marc Ferracci (député)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] La victoire des démocrates aux élections de mi-mandat est une très bonne nouvelle. Le populisme peut être battu, y compris lorsqu’il semble tout emporter. Pour autant, nos désaccords avec les États-Unis ne disparaîtront pas avec ce scrutin. Sur le commerce, le climat ou l’Ukraine, les Européens doivent continuer à défendre leurs intérêts et leurs convictions. Ce matin, nous pouvons nous réjouir. Mais notre sécurité et l’avenir de notre industrie restent d’abord notre responsabilité. À nous de construire une Europe capable de peser, quel que soit le locataire de la Maison-Blanche.

> Renault entre dans la défense terrestre avec un nouveau drone, développé avec John Cockerill. Le constructeur prépare déjà au Mans une production de drones aériens à cadence industrielle. Forvia et Valeo se lancent eux aussi dans les drones militaires. Comme ministre de l’Industrie, j’ai accompagné plusieurs de nos équipementiers automobiles dans leur transition vers la défense. Le marché automobile traverse une crise profonde. Nos usines disposent pourtant de chaînes de production, d’ingénieurs et d’un savoir-faire de la grande série que nos armées recherchent. Cette reconversion est une double victoire. Elle préserve des emplois industriels sur nos territoires. Elle renforce notre souveraineté. Peu de pays savent produire à la cadence de l’automobile. Cet atout doit devenir l’un des piliers de notre réarmement.

 

Jean-René Cazeneuve (député)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Trump, responsable de la hausse du prix de l'essence dans le monde et de l'inflation, paie l'addition. Il y a une morale...

> Pour la gauche, il n’y a jamais assez d’impôts ! Pourtant, la France est le pays où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés d’Europe et de l’OCDE ! Nous devons maintenant faire des choix difficiles pour réduire notre déficit. C’est le meilleur cadeau que nous puissions faire à nos lycéens !

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Revers majeur pour Trump. Cette lourde défaite démontre que la vague populiste n’est pas inéluctable. Cela vaut aussi pour chez nous dans six mois. Au travail pour empêcher que la France bascule aux extrêmes !

 

Marie Lebec (députée)
> « France 2030 est un miracle pour la France ! » Comme le souligne Nicolas Dufourcq, ce programme sélectif a permis à tout un écosystème d’entreprises d’innover et de préparer l’avenir de notre pays. plus de 10 milliards d’euros investis chaque année depuis 2021 dans tous les secteurs stratégiques et partout sur notre territoire. Et les résultats sont déjà là ! C’est rentable pour l’emploi, pour l’innovation et pour nos finances publiques.

Laure Miller (députée)
> Table ronde sur les avancées du droit et les défis de l’accompagnement des enfants victimes de violences sexuelles. Un constat : chacun peut s’engager, même à petite échelle, pour sensibiliser la société et les politiques aux violences sexuelles sur les enfants !

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Victoire des démocrates aux Midterms ! Une lueur d’espoir dans un monde qui vacille. Mais restons lucides : ce n’est la fin ni de nos désaccords entre UE-USA, ni des tensions sur l’Ukraine, Ormuz ou le climat. Aujourd’hui, le ciel s’éclaircit pour ceux qui refusent que l’outrance et la brutalité dictent l’avenir du monde. Un autre chemin est donc possible.

 

Erwan Balanant (député)
> [Mission gouvernementale sur la participation citoyenne: 24 préconisations pour renouveler notre modèle démocratique] Entre la tentation autoritaire et la volonté révolutionnaire, un chemin existe, celui de l’affirmation de la démocratie, de sa transformation et de sa consolidation. (…)
Cinq mois de travaux, rythmés par les auditions, les rencontres, les déplacements dans différentes régions et les échanges. Nous avons pu rencontrer les citoyens qui portent depuis plusieurs années des projets de participation citoyenne au sein d’associations ou de municipalités comme Décider ensemble, la CNDP, la FNCC, les CNCD, Transparency international France et Démocratie ouverte, des institutions tels que le Ceser Bretagne, le CNRS. Nous avons par exemple rencontré les équipes de la ville de Marseille, les Régions de France, UNICEF et tant d’autres. Nous avons aussi échangé avec plusieurs députés et la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
Ces travaux se sont appuyés sur deux grandes enquêtes que nous avons réalisées pour constituer une base d’étude fiable et de qualité : un sondage auprès de plus de 2 000 citoyens français et une enquête à destination des collectivités locales. Plus de 1 800 communes, intercommunalités, départements et régions ont répondu à cette dernière. 
J’ai évidemment rencontré le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, pour lui rendre compte de ces avancées et lui présenter le rapport en ce début du mois de novembre. (…)
Ce rapport propose une méthode, déclinée en 24 préconisations pour construire un renouveau démocratique et transformer notre démocratie en s’appuyant sur la recherche d’un consensus citoyen. 
Des préconisations les plus rapides à mettre en œuvre, à celles, plus radicales, qui s’inscrivent dans un temps long, chaque mesure permet d’aller vers la formation des citoyens dès le plus jeune âge et de construire des politiques publiques en lien étroit avec les citoyens. 
Nous retrouvons ainsi par exemple l’intégration de la participation citoyenne dans la formation initiale des élus et au sein des établissements scolaires pour nos enfants, la création d’un fonds d’aide à la vie démocratique pour soutenir l’innovation dans les territoires et au niveau national, ou encore, plus ambitieux mais nécessaire, la révision de la Constitution par une délibération nationale ou constituante. (…)
À la veille de l’élection présidentielle, nous devons nous interroger sur notre modèle démocratique qui souffre. Face à la montée de l’extrême-droite, aux menaces qui pèsent sur l’espace informationnel, au sentiment des citoyens de n’être ni représentés, ni entendus, la réponse ne peut être qu’une réforme de notre modèle en profondeur. 
Le fonctionnement institutionnel et la conduite des politiques publiques sont des piliers de cette refonte. Mais je tiens aussi à insister sur l’état de notre modèle informationnel. L’accès de tous les citoyens à l’information et la production d’une information fiable et de qualité sont des conditions au fonctionnement démocratique. 
Un peuple informé est un peuple qui peut exercer ses droits et participer à la vie publique. 
Pourtant, notre modèle informationnel est aujourd’hui menacé : par le bouleversement des outils et des usages, par la multiplication des contenus de désinformation et par la mise en péril du modèle économique de la presse et des médias, ce droit à l’information est fragilisé. (…)
L'instauration de la proportionnelle est un prérequis au renouveau démocratique. Le mode de scrutin des élections législatives est une véritable faiblesse de notre démocratie dès lors qu’il ne permet pas une représentation réelle des différentes nuances politiques du pays. Couplé à l’hyperprésidentialisation de la Vème République, ce fonctionnement conduit à l'exacerbation du fait majoritaire et, in fine, à une démocratie malade. Si l’impératif de gouverner avec des coalitions devient d’autant plus urgent, la France est pourtant le seul pays européen à ne pas avoir instauré ce mode de scrutin. 
Mais ce n’est pas l’unique solution puisque le désir de participation des citoyens ne se résume pas uniquement à la conviction d’être peu ou pas représentés. 
Ce rapport met justement en lumière les besoins plus complexes qui se cachent derrière l’aspiration des citoyens à participer : l’échange, l’écoute, se faire entendre et mieux comprendre. 

 

Maud Petit (députée)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis / Intervention à l’Assemblée] Les élections de mi-mandat américaines viennent d’envoyer un signal politique fort. La méthode Trump, fondée sur la confrontation permanente, sur la brutalité politique et sur le rapport de force vient de subir un revers électoral majeur. Par ce désaveu net, les Américains nous rappellent qu’en démocratie aucun dirigeant ne peut gouverner sans limite et sans jamais rendre de compte.
Ce sursaut venu d’outre-Atlantique témoigne de ce que la démocratie n’a jamais dit son dernier mot.
Si nous saluons ce résultat, il convient toutefois de le regarder avec lucidité. Une majorité démocrate au Congrès ne résoudra pas tout.
Le protectionnisme américain ne va pas disparaître comme par magie. Ne soyons pas naïfs : jusqu’au 3 janvier, Donald Trump garde les mains libres ; après, il conservera le pouvoir exécutif, celui de signer des décrets et son droit de véto. Pour l’Europe et pour la France, le risque reste entier. Sur le plan économique, la menace de taxes douanières agressives plane toujours sur nos entreprises. Sur le plan international, l’imprévisibilité de la Maison-Blanche demeure intacte, qu’il s’agisse de sa volonté de forcer un accord de paix au rabais en Ukraine ou de l’escalade militaire dans le détroit d’Ormuz face à l’Iran. Nous en subirons toujours les effets directs : instabilité géopolitique et flambée des prix de l’énergie, avec ses conséquences immédiates sur le prix à la pompe pour les Français.
Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, avec ce Congrès renouvelé et face à un président américain affaibli mais toujours menaçant, quelle sera la stratégie de la France ? Ce tsunami bleu peut et doit être l’opportunité d’un sursaut pour l’autonomie stratégique européenne.

 

Romain Daubié (député)
> [Energie / Intervention à l’Assemblée]  La France a choisi de décarboner son énergie sans renoncer à sa souveraineté. Ce choix repose sur un mélange entre énergies renouvelables et nucléaire, ce dernier étant propre, pilotable et compétitif. Le groupe des Démocrates soutient pleinement cet équilibre.
Ce choix a un nom : EPR 2. À Penly, à Gravelines ou chez moi, dans l’Ain, sur le site de la centrale du Bugey, ces réacteurs représentent des milliers d’emplois, des compétences retrouvées, une électricité décarbonée pour les industriels et les ménages jusqu’à la fin du siècle et, surtout, un prix de l’électricité stable et qui ne dépend pas d’une guerre à l’autre bout de la planète ou d’un blocus maritime.
EDF est prête, nos territoires aussi, mais tout reste suspendu à une décision de la Commission européenne, qui a ouvert une enquête sur les aides d’État envisagées et pourrait imposer à EDF de céder une partie de sa future production à ses concurrents. Ne recréons pas l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) ! Ne demandons pas à EDF d’engager seule plus de 70 milliards d’euros pour ensuite devoir céder le fruit de son travail ! La décision finale d’investissement doit être prise avant la fin de l’année, pour une mise en service en 2038.
Mes questions sont simples. Le gouvernement refuse-t-il toute condition qui affaiblirait EDF ? Quels points restent à trancher ? Quelles actions sont menées pour obtenir des arbitrages plus rapidement que la Pologne ou la République tchèque et, en tout état de cause, avant la décision d’EDF prévue pour la fin de l’année ?

 

● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> Le Sénat a adopté le projet de loi sur la protection de l'enfance. J’ai voté en faveur de ce texte, qui apporte des réponses concrètes aux défaillances de notre système de protection des mineurs. Alors que plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont accompagnés par l’aide sociale à l’enfance, les révélations de violences et les insuffisances des dispositifs de contrôle imposent de renforcer notre législation. Cette adoption prolonge les travaux que je mène personnellement au Sénat. Dès le 5 février, j’ai déposé une proposition de loi visant à généraliser les vérifications d’honorabilité de toutes les personnes intervenant auprès des mineurs, salariés, bénévoles ou intervenants occasionnels, pour mettre fin aux failles entre les différents secteurs. Lors des débats, plusieurs amendements dont je suis l’auteure ou cosignataire ont été adoptés.
- Contrôles d’honorabilité : Mon amendement adopté en commission confie les vérifications aux ordres professionnels de santé et, pour les personnels n’en relevant pas, aux agences régionales de santé. J’ai également défendu des contrôles annuels et une application plus rapide du dispositif.
- Enfants placés : Priorité à l’accueil auprès de l’autre parent, d’un membre de la famille ou d’un tiers digne de confiance, lorsque l’intérêt et la sécurité de l’enfant le permettent, avant un placement institutionnel.
- Violences sexuelles : Rétablissement de l’imprescriptibilité de certains crimes sexuels commis sur des mineurs, pour tenir compte notamment du temps nécessaire à certaines victimes pour révéler les faits.
- Prévention : Évaluation des dispositifs de prévention des violences sexuelles, notamment pour mieux prévenir les passages à l’acte.
Ces dispositions traduisent une même volonté politique, passer d’une protection trop souvent réactive à une véritable politique d’anticipation, de prévention et de responsabilité.
Le texte doit désormais faire l’objet d’une commission mixte paritaire, réunissant députés et sénateurs pour parvenir à une rédaction commune. Je resterai particulièrement attentive au maintien de ces avancées dans le texte définitif.

> « Colocation gratuite contre service. » « Logement contre moments complices. » Ces annonces existent en France, au milieu des offres de logement ordinaires. Derrière ces mots, une réalité révoltante. Des individus profitent de la précarité pour obtenir des relations sexuelles en échange d’un toit. Une étudiante sans logement à la rentrée, une jeune salariée qui ne peut payer son loyer, une mère qui cherche à mettre ses enfants à l’abri. Quand la nécessité prive de toute alternative, peut-on encore parler de libre consentement ? Aujourd’hui, au Sénat, j’ai défendu ma proposition de loi pour mettre fin à l'impunité dont peuvent bénéficier les auteurs de ces pratiques. Notre objectif est de mieux reconnaître les victimes et de sanctionner l’exploitation de leur précarité économique ou sociale au titre de l’abus de faiblesse, puni de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Le Sénat vient d’adopter ma proposition de loi en première lecture ! Une avancée majeure pour la protection des victimes. Rendez-vous désormais à l’Assemblée nationale pour poursuivre ce combat et faire entrer cette protection dans notre droit. La République ne peut accepter que la détresse devienne un instrument de domination. Se loger est une nécessité, jamais une monnaie d’échange sexuelle. Le consentement doit rester libre et ne peut, en aucun cas, être le prix d’un toit.

> L’hôtellerie-restauration est l’une des grandes forces de notre économie et de notre attractivité touristique ! Hier, à Paris, j’ai participé à la conférence inaugurale du salon EquipHotel 2026, aux côtés des représentants d’une filière qui innove, entreprend et prépare son avenir. Pour avoir accompagné ces professionnels lorsque j’étais ministre du Tourisme, je connais leur énergie, leur capacité d’adaptation et leur attachement à des savoir-faire qui font la réputation de la France. Mais les défis sont bien réels. Hausse des charges, difficultés de recrutement, pression sur les marges et transition écologique pèsent sur les établissements, particulièrement les plus indépendants. Les échanges ont notamment porté sur les perspectives offertes par l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies pour améliorer la gestion, renforcer la compétitivité et faciliter le quotidien des professionnels. Une transformation qui doit profiter à toute la filière, grâce à la formation et à un accompagnement adapté. Simplifier, encourager l’investissement, soutenir l’emploi et la transmission des entreprises doivent rester des priorités de notre politique touristique. La France possède une culture de l’hospitalité reconnue dans le monde entier. À nous de donner à celles et ceux qui la font vivre les moyens de continuer à entreprendre, à innover et à faire rayonner notre pays.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Les Américains se sont exprimés. Renew Europe salue la vague bleue des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis – une nouvelle chance pour des relations transatlantiques plus constructives. Mais l'avenir de l'Europe se joue en Europe. Nous devons continuer à bâtir notre autonomie stratégique.

Valérie Hayer (députée, présidente)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Les électeurs américains ont démontré que la démocratie peut triompher des tactiques fondées sur la peur, la division et l’intimidation. L’équilibre des pouvoirs est rétabli. Les citoyens ont la capacité de freiner les dérives autoritaires et de rejeter les dirigeants qui agissent comme si le pouvoir leur appartenait en propre. Il s’agit là d’un message fort, porteur d’espoir démocratique : les électeurs sont en mesure de fixer des limites au pouvoir et de changer la trajectoire de leur pays. Au-delà d’un partenariat solide avec les États-Unis, l’Europe doit poursuivre le renforcement de sa propre indépendance et de son autonomie stratégique, en se dotant de la capacité d’agir et de défendre ses intérêts. (…)
Les Américains se sont exprimés. C’est un changement radical au Congrès américain. Et, je l’espère, cela ouvrira la voie à une relation plus apaisée et constructive avec l’Europe. Ils ont des leviers pour le faire, même si le Président Trump conserve ses pouvoirs et que le doute est permis quant à sa capacité de s’inscrire dans une dynamique positive. Une fois encore, l’avenir des Européens se décide en Europe. Nous devons continuer à renforcer notre autonomie stratégique, comme nous le faisons, pour rester maîtres de nos choix, quelles que soient les orientations de Washington.

> Le Tribunal constitutionnel polonais traverse une crise ouverte, un différend concernant la nomination des juges ayant dégénéré en confrontation entre le gouvernement et le président Nawrocki. Cette situation ne date pas d'hier. Entre 2015 et 2023, huit années de règne du PiS ont profondément ébranlé l'indépendance des institutions polonaises. Le pays en subit encore les conséquences. Rétablir l'État de droit est un processus difficile et long. Mais il ne peut être interrompu par les obstacles dressés par l'extrême droite. Et ce processus doit se faire dans le respect de la loi. Nous soutenons @donaldtusk dans ses efforts pour rétablir l'ordre constitutionnel et reconstruire des institutions indépendantes en Pologne. Car il s'agit de bien plus que de simples juges. Il s'agit de savoir si les citoyens peuvent avoir confiance dans la protection de leurs droits, dans leur capacité à contester une décision injuste et dans l'application égale de la loi à tous. Avec @RenewEurope, nous aspirons à une Pologne démocratique et forte, au cœur de l'Europe. Cela exige des tribunaux et des institutions indépendants au service des citoyens, et non des intérêts politiques.

 

Pascal Canfin (député)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Trump, le début de la fin
Cette nuit, le président américain a encaissé une défaite sévère aux élections américaines de mi-mandat. La Chambre des représentants et le Sénat ont perdu leur majorité républicaine au profit d’une majorité démocrate. Les démocrates ont réussi à conquérir des États traditionnellement très conservateurs comme le Texas, pour la première fois depuis 1988.
Concrètement, le contrôle démocrate de la Chambre des représentants et du Sénat n’empêchera pas Trump de jouer avec les droits de douane américains ou de décider unilatéralement d’une intervention militaire. Mais le rapport de force change radicalement. Jusqu’ici, Trump gouvernait sans véritable contre-pouvoir parlementaire. Ses priorités budgétaires passaient en bloc, ses nominations étaient confirmées sans opposition, et les élus républicains renonçaient à défendre les prérogatives du Congrès, y compris en matière commerciale, comme nous l’avons constaté ces deux dernières années. Désormais, tout budget devra être négocié avec les démocrates. Le Sénat pourra bloquer les nominations, comme celles des juges ou des ambassadeurs.
Quelles conclusions politiques pouvons-nous tirer de cet échec électoral ? Tout d’abord, que la base MAGA ne suffit pas à faire une majorité politique aux États-Unis. Toute l’action politique de Donald Trump a été décrédibilisée car elle n’a pas donné de résultats sur rien. L’inflation, notamment les prix à la pompe, n’a pas été contenue, et a même été aggravée par la guerre en Iran d’une part, mais aussi par la guerre commerciale entamée l’année dernière contre les alliés traditionnels des États-Unis, dont les principaux perdants sont les consommateurs américains. Le bellicisme commercial et diplomatique version MAGA n’a donc plus de majorité aux États-Unis. C’est une bonne nouvelle et j’espère que les élus républicains sauront se ressaisir, en tirer les leçons, et en conséquence abandonner l’allégeance à Trump qui les a amenés dans le mur. Pour les Européens aussi, la leçon est importante : pourquoi devrions-nous envisager de céder aux pressions de Trump quand son administration n’a plus de majorité chez elle ?

> Nous avons voté aujourd’hui en commission Environnement du Parlement européen l’accord trouvé entre les groupes de centre-droit, de centre-gauche et du centre (PPE, S&D et Renew) pour faire évoluer les règles européennes qui encadrent la transition écologique du secteur automobile.
Les flexibilités accordées aux constructeurs sont au service de l’Europe et de sa décarbonation : elles sont conditionnées à une production européenne et créent un effet d’entraînement dans la décarbonation de l’acier, l’offre de petites voitures électriques et les emplois industriels situés sur notre continent. Déjà, en France, la part des voitures électriques fabriquées sur notre sol est bien plus élevée que la part des voitures thermiques made in France. Avec les nouvelles règles, nous nous assurons que la préférence européenne est au cœur de la transition écologique pour faire rimer climat et emplois.
L’accord conserve la proposition initiale de la Commission européenne : les soutiens publics seront réservés aux voitures électriques (100% électriques mais aussi PHEV) faites en Europe. L’argent du contribuable européen sert la création de valeur et d’emplois en Europe !
Au final, alors que les ventes de voitures électriques explosent partout en Europe (80% des ventes au Danemark, 55% aux Pays Bas et en Belgique, 42% en France…) et libèrent les Européens du plein d’essence qui les prend à la gorge, on peut faire le pari raisonnable que le coup est définitivement parti. Le futur de la voiture est électrique et décarboné et nous faisons en sorte qu'il soit aussi « made in Europe ».

> Le gouvernement a annoncé hier le relèvement du plafond du livret A, de 22 000 euros aujourd’hui à un montant compris entre 25 000 et 30 000 euros.
Je soutiens cette mesure, proposée par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, pour mobiliser davantage l’épargne des Français vers le financement des investissements pour s’adapter au changement climatique dans nos villes, nos hôpitaux, nos écoles...
Ces financements passeront par la Caisse des dépôts et seront mis à disposition des collectivités locales, qui sont au plus près des besoins à financer.
J’entends trois contre-arguments qui ne me semblent pas pertinents :
- Cette épargne serait celle des plus riches et reviendrait à leur donner un avantage fiscal supplémentaire via la défiscalisation des intérêts du livret A. Cela ne tient pas la route car le livret A est justement le 1er produit d’épargne utilisé par les classes moyennes et populaires, bien avant l’assurance-vie ou le plan d’épargne en actions. Il s’agit donc réellement de mobiliser l’épargne populaire.
- Cette mesure aurait un coût important pour les finances publiques. Il y a certes un coût de quelques centaines de millions d’euros lié à la défiscalisation pour 15 milliards d’euros d’investissements supplémentaires, soit un coût infiniment moindre que celui de subventions publiques qui viendraient financer en direct ces investissements. Cette mesure permet de maximiser l’effet de levier que l’argent du budget de l’État peut offrir aux investissements publics locaux. L’alternative est claire : ne rien faire pour s’adapter au changement climatique et revivre des étés cauchemardesques… dont les coûts pour les finances publiques se révèlent bien plus importants que le coût des investissements initiaux. Car il faut le répéter : le coût de l’inaction est plus élevé que le coût de l’action.
- Enfin, cette mesure serait au détriment de l’investissement dans l’innovation et les start-up. L’argument ne tient pas la route non plus. Le livret A est un produit réglementé sans risque de perte en capital et à taux d’intérêt faible. Investir son épargne dans des start-up, c’est l’inverse : c’est prendre un risque important sur son capital en espérant une rémunération forte en cas de succès. Ces deux logiques sont complémentaires. Il faut promouvoir les deux et il y a de la place pour une mobilisation plus forte de l’épargne abondante des Français. Car c’est tout le paradoxe de la situation : notre taux d’épargne bat des records historiques (18% en 2025 contre 12% en 1990) alors que le taux d’investissement dans l’économie est presque le même aujourd’hui qu’en 1990 (22% du PIB contre 21%).
Toutes les formes de mobilisation de l’épargne des Français dans des investissements utiles doivent donc être au cœur de notre stratégie économique pour réussir les deux révolutions technologiques auxquelles nous sommes confrontés : celle du climat et celle de l’IA.

 

Laurence Farreng (députée)
> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Donald Trump a poussé le monde à bout. Le monde et ses concitoyens qui n’ont cessé de subir les conséquences économiques de sa guerre lancée contre l’Iran, de l’imposition de droits de douane massifs et, plus gravement peut-être, de ses décisions liberticides au pays des droits civiques. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 2026, les Américains ont sanctionné sa politique et désavoué son administration, infligeant aux républicains un rejet brutal lors des élections de mi-mandat.
Nous saluons la victoire des démocrates et le succès de leur campagne. Un triomphe qui s’illustre notamment avec l’élection du nouveau sénateur démocrate James Talarico au Texas, État acquis aux républicains depuis des décennies, et de Keisha Lance Bottoms qui devient la toute première femme noire gouverneure d’un État américain.
C’est également un soulagement pour l’Europe qui respire un peu mieux. Nous espérons que le message envoyé par une majorité d’Américains lors de ces élections sera entendu à Washington et qu’il ouvrira notamment la voie à un retour des États-Unis vers leurs engagements historiques sur la scène internationale. Il est en effet temps de renouer avec une coopération étroite avec leurs alliés, à commencer par nous Européens, de contribuer à un apaisement des tensions géopolitiques et de soutenir plus fermement Kiev. N’oublions pas qu’une politique étrangère plus prévisible et une situation géopolitique plus stable sont aussi des conditions essentielles pour protéger le budget des ménages européens.
S’il serait certes prématuré d’annoncer la fin de l’ère trumpienne, le résultat de ces élections prouve toutefois la vitalité des forces démocratiques et représente une aspiration pour la France, si tant est que l’on arrive à s’organiser et à se rassembler.
Il est en tout cas réjouissant de constater que voir le populisme triompher élections après élections n’est pas une fatalité. Après la défaite de Viktor Orbán en avril dernier en Hongrie, la victoire de la Liste étudiante en Serbie, la défaite au Brésil de Flávio Bolsonaro et maintenant les élections de mi-mandat aux États-Unis, il semblerait bien que le recul nationaliste se confirme face au sursaut des démocrates et au besoin de confiance et de justice de tous les citoyens.

> Renew Europe salue le paquet sur l’éducation et les compétences et l’importance qu’il accorde à la préparation des jeunes à un monde façonné par l’intelligence artificielle. La culture de l’IA influencera leur façon de travailler, d’apprendre et de participer à la société. Ils doivent pouvoir évaluer les réponses générées par l’IA, en reconnaître les limites et décider quand y recourir. Le certificat de compétences en intelligence artificielle proposé est une occasion d’enseigner ces compétences en classe.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> [Elections de mi-mandat aux Etats-Unis] Le populisme séduit. Et puis déçoit. Rapidement. À bon entendeur…

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Il y a quelque chose de criminel dans certaines pratiques des géants du numérique. Derrière les écrans, ce sont des enfants. Derrière les algorithmes, des responsabilités. Les plateformes savent très bien ce qu’elles font !

> Les géants des réseaux sociaux savent faire des choix plus protecteurs dans d’autres pays. Pourquoi pas aussi chez nous ?

> Vous pensez avoir protégé votre enfant, mais il est aspiré dans les sables mouvants des réseaux sociaux. Dans « Les Prédateurs », j’alerte sur cette emprise invisible qui s’installe jusque dans nos foyers.

> Le pacte républicain, c’est une communauté nationale unie, sans suspicion ni discrimination. La République ne trie pas ses enfants.

> On peut entendre la colère sans accepter le chaos. Et on peut défendre l’autorité sans renoncer au dialogue ! La colère des lycéens doit être entendue, les engagements du gouvernement accompagnés et les violences condamnées sans ambiguïté.

 

 


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