Voici une sélection, ce 22 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Les crises du monde ne s’arrêtent pas à nos frontières. Elles impactent
nos compatriotes, menacent notre sécurité, notre pouvoir d’achat, notre avenir.
Arrivé à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, j’ai rencontré
le Président Trump puis le Président Zelensky. Défendre nos intérêts, faire
respecter le droit international et bâtir des coalitions capables d’obtenir des
résultats : dans un monde en désordre, la France fait entendre sa voix.
Une voix de paix, de souveraineté et de coopération.
> Entretien approfondi ce soir avec le Président Zelensky. Les frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes menacent de priver des millions de familles de chauffage et d’électricité. La France sera aux côtés de l’Ukraine pour affronter l’hiver et le G7 Énergie sera également mobilisé à ses côtés. Nous renforçons sa défense antiaérienne avec la signature d’un contrat pour la livraison de radars, ainsi que la fourniture d’intercepteurs. J’ai également abordé ce soutien avec le Président Trump, ainsi que la perspective d’une trêve énergétique et d’un moratoire en mer Noire, que nous soutenons. Ce sera un enjeu des négociations qui doivent reprendre et qui doivent mener à une paix juste et durable.
> Dès mon arrivée à New York, j’ai rencontré le président Donald Trump. Nous avons décidé d’agir ensemble pour résorber les tensions sur les marchés de l’énergie, en protégeant les infrastructures critiques au Moyen-Orient et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Nous allons aussi mettre nos efforts en commun pour obtenir un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et contre les infrastructures civiles ukrainiennes. Les populations civiles doivent être protégées et nous devons engager au plus vite une négociation sérieuse sur les conditions de la paix entre la Russie et l’Ukraine.
> À chaque fois que j’en ai l’occasion, j’adresse aux investisseurs un message simple : choisissez la France ! Pour eux, ce sont les talents et le savoir-faire français. Pour nous, des emplois et la vie des territoires. À New York, avant de me rendre à l’Assemblée générale des Nations unies, je retrouve les représentants de vingt banques et fonds d’investissement.
> [Déclaration aux côtés du Premier ministre du Canada à
Saint-Pierre-et-Miquelon] Bienvenue, Monsieur le Premier ministre. Bienvenue à
Saint-Pierre-et-Miquelon. C’est une immense fierté pour nous tous de
vous accueillir dans cette terre française d’Amérique du Nord : notre
République, votre continent. C’est le premier déplacement officiel d’un Premier
ministre canadien à Saint-Pierre-et-Miquelon. Votre visite aujourd’hui, votre
présence et les échanges que nous avons pu avoir marquent d’ores et déjà
l’histoire. J’y vois, au fond, le symbole d’une conviction partagée :
celle que notre relation ne se construit pas seulement depuis Paris ou Ottawa,
mais aussi dans nos territoires et, en l’occurrence, dans ce territoire qui
fait de nous des voisins.
Ici, 25 kilomètres de mer seulement nous séparent des côtes de Terre-Neuve.
C’est notamment par cette proximité que le Canada et la France ont noué des
liens profonds. Par une histoire partagée, d’abord : celle de pêcheurs, de
marins, de familles qui, de génération en génération, circulent entre
l’archipel et Terre-Neuve. Par une économie historiquement façonnée par la
pêche et la mer, puis nourrie par les échanges entre nos deux rives. Par la
langue aussi : le français, qui relie Saint-Pierre-et-Miquelon aux
communautés francophones du Canada et rappelle combien nos cultures se
répondent. Votre présence témoigne de la solidité de cette relation ancienne
qui unit nos deux pays, de cette communauté de valeurs, d’intérêts et de destin
que nous avons forgée au fil du temps. Car oui, le Canada et la France portent
le même regard sur la période que nous traversons. C’est ce qui donne aussi à
votre présence aujourd’hui un caractère tout singulier. Oui, nous croyons
ensemble que nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le
rester. Nous croyons, l’un et l’autre, dans la démocratie, l’État de droit, le
respect du droit international, le commerce libre et équitable, la science sur
laquelle reposent nos décisions et l’autonomie stratégique que nous défendons.
C’est ce qui unit très profondément le Canada et la France, le Canada et
l’Union européenne.
C’est pourquoi nous soutenons hautement cet agenda de rapprochement, dans
cette « alliance du futur » que vous avez nommée, en tant qu’État associé,
comme l’a dit la présidente de la Commission, comme membre à part entière d’une
Communauté politique européenne à laquelle vous nous avez fait l’amitié de
venir, il y a quelques mois, à Erevan : cette coalition des indépendants à
laquelle nous croyons l’un et l’autre. La place que le Canada occupe au sein de
la coalition des volontaires que nous avons bâtie pour l’Ukraine, les nombreux
partenariats qui sont déjà les nôtres et tout ce que nous allons renforcer le
montrent ô combien. Votre présence aujourd’hui vient, en quelque sorte, marquer
une étape supplémentaire de ce rapprochement, dans la période qui est la nôtre,
et de cette volonté d’agir ensemble. Alors oui, nous serons ensemble, l’un et
l’autre, dans quelques jours à New York, pour défendre le même agenda lorsqu’il
s’agit de la Palestine, de la protection de nos enfants face aux réseaux
sociaux ou à l’intelligence artificielle, de la régulation de l’intelligence
artificielle. Sur tous ces dossiers, comme sur l’Ukraine, nous sommes côte à
côte. Mais, en étant ici, à Saint-Pierre-et-Miquelon, au fond, nous
construisons un caractère encore plus concret à ce rapprochement. Ici, nous
sommes déjà forts de trente ans de coopération régionale. Depuis 1996, la
commission mixte réunit les provinces atlantiques canadiennes et
Saint-Pierre-et-Miquelon. Nous voulons que cette commission aille plus loin.
Mais, ensemble, avec Monsieur le Premier ministre, nous voulons donner un
nouvel élan. Nous souhaitons évidemment travailler avec nos amis canadiens afin
de pouvoir prochainement proposer à l’archipel de nouvelles possibilités en
matière de formation professionnelle, en particulier appliquée au domaine de la
pêche, ou d’enseignement supérieur. J’ai déjà demandé que le ministre de
l’Enseignement supérieur accompagne les étudiants de Saint-Pierre-et-Miquelon
qui souhaitent suivre leurs études dans les universités canadiennes, en prenant
en charge le différentiel des droits d’inscription. Nous avons aussi acté
plusieurs rapprochements.
Mais ce que nous avons surtout décidé, c’est
qu’ensemble, en lien très étroit avec la collectivité et ses élus, nous allons
demander à nos deux gouvernements de travailler à un rapprochement profond
entre nos deux pays : en matière de pêche, de sécurité et de missions
communes, d’énergie, dans tous les domaines où nous pouvons trouver un agenda
qui soit positif pour le Canada et pour la France, qui soit pertinent pour
Saint-Pierre-et-Miquelon et pour votre pays.
Une page difficile a été écrite, chacun ici le sait, en 1992, et elle a
traumatisé Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous n’étiez pas aux responsabilités. Je
n’étais pas aux responsabilités.
Le cours du monde contemporain et votre présence aujourd’hui nous imposent d’en
ouvrir une nouvelle. C’est celle que nous allons écrire. C’est celle aussi que
nous voulons écrire à travers les grands projets d’avenir. Par les connexions
et les câbles sous-marins, pour lesquels le partenariat entre la France et le
Canada a du sens, ici en particulier. En matière de spatiale, où le partenariat
est essentiel et où nous voulons aussi, évidemment, le déployer ici. Et en
matière de climat, qui sera un axe fort de notre partenariat. En effet, dans
l’Atlantique Nord, les bouleversements sont déjà là. Les océans se réchauffent,
les écosystèmes évoluent, les activités de pêche et les populations sont
contraintes de s’adapter. Ces changements sont visibles. C’est pourquoi aussi
nous renforcerons la coopération entre nos services météorologiques, pour mieux
anticiper les événements extrêmes et prévenir les risques. Nous approfondirons
également notre action en matière de systèmes d’alerte précoce, dans le cadre
de l’initiative CREWS. Et enfin, nous annonçons aujourd’hui la création du
Forum de recherche polaire Canada-France, qui sera organisé alternativement
dans nos deux pays et dont la première édition se tiendra ici, à
Saint-Pierre-et-Miquelon. Le Premier ministre et moi-même avons également parlé
de nos économies, de nos liens bilatéraux, de tout ce en quoi nous croyons et
de tout ce que nous voulons faire avancer : en matière de défense, de
ressources critiques, de minerais critiques, de terres rares, d’énergie, de quantique,
d’intelligence artificielle et de technologies maritimes. Et à nous de
transformer tout cela en projets, en investissements et en emplois. Je me
félicite, à cet égard, du contrat signé vendredi entre Aldoria et le ministère
canadien des Travaux publics et des Services gouvernementaux, pour la
fourniture de données de surveillance de l’espace au bénéfice de la division
spatiale des Forces armées canadiennes. Je salue également le protocole
d’entente adopté à l’occasion de cette visite entre CCI France et la Chambre de
commerce du Canada.
Et puis, je l’évoquais, nous devons aussi œuvrer ensemble pour sécuriser nos
approvisionnements énergétiques et maîtriser les prix du carburant, sujet ô
combien sensible aujourd’hui pour la France. C’est la situation au Proche et au
Moyen-Orient, évidemment, qui crée cette tension. Les projets canadiens de gaz
naturel liquéfié peuvent contribuer — et sont importants pour notre Europe — et
contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays. Nous
avons, là aussi, entamé une discussion bilatérale avec Monsieur le Premier
ministre sur des projets très concrets. Je veux le remercier d’avoir si vite
répondu à notre demande concernant les produits les plus sensibles, afin de
pouvoir bâtir des solutions ensemble, le Canada étant un grand pays producteur.
Nous continuerons cette discussion dans le cadre bilatéral, ainsi que dans le
cadre d’un G7 consacré au sujet énergétique, qui sera très prochainement
organisé.
Cher Mark, à Saint-Pierre-et-Miquelon, la mer est une réalité quotidienne pour
celles et ceux qui font vivre ce territoire. Elle est aussi ce qui nous relie.
Elle est aussi ce qui fait du Canada non seulement cette puissance qui veut
aujourd’hui se rapprocher de l’Europe, mais ce pays si voisin de nous,
Français. C’est pourquoi vous avez réparé, au fond, une aberration de
l’histoire : qu’il n’y ait jamais eu auparavant de Premier ministre
canadien foulant ce sol. C’est une immense fierté pour nous d’être là. C’est
une immense fierté que les projets concrets que nous avons décidé d’accompagner
et, surtout, d’avoir décidé ensemble d’ouvrir ce nouveau chapitre, ce nouvel
élan pour la relation bilatérale et pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Votre
présence ici nous engage et nous poursuivrons.
Vive Saint-Pierre-et-Miquelon !
Vive le Canada !
Et vive la France !
> [Déclaration à son arrivée à
Saint-Pierre-et-Miquelon] Très heureux d’arriver, de rejoindre la ministre qui
est là depuis quelques jours, et de pouvoir être à vos côtés à
Saint-Pierre-et-Miquelon pour ce déplacement qui va me permettre d’abord de
travailler avec la ministre, Monsieur le préfet et nos élus qui sont là, pour
un peu faire le tour des enjeux. Et puis, on aura l’occasion, tout au long de
cette visite, d’abord de parler des sujets économiques, à la fois des sujets
d’aménagement, de développement économique, de diversification, de pêche,
d’avoir aussi plusieurs entreprises qui vont confirmer ici des investissements
qui sont importants et qui montrent d’ailleurs le caractère stratégique de
Saint-Pierre-et-Miquelon. Des câbles au spatial, c’est très clairement un sujet
d’avenir.
Pour la première fois de notre histoire, on aura la visite officielle d’un
Premier ministre canadien demain midi. Et c’est un moment important aussi qu’on
a conçu avec le Premier ministre Carney, qui va ainsi d’abord nous permettre
d’améliorer les perspectives de coopération entre le Canada et
Saint-Pierre-et-Miquelon. Et puis, plus largement, travailler et consolider nos
relations économiques bilatérales, comme nos relations aussi de défense, et
donner un contenu encore plus fort à cette autonomie stratégique que nous
partageons. Vous savez combien le Canada se rapproche de l’Europe. Eh bien, si
je puis dire, cette alliance prend un tour boréal en étant ici sur ce sol et en
pouvant la concrétiser.
Puis, j’aurai évidemment l’occasion de revenir sur plusieurs sujets aussi
d’adaptation au changement climatique. On le fera dès demain matin. Et puis,
évidemment, de parler de notre stratégie polaire, car, de la recherche à notre
stratégie militaire, très clairement, nous avons à Saint-Pierre-et-Miquelon une
stratégie ici qui se consolide, en lien très étroit d’ailleurs avec le Canada
et avec le Danemark. Donc, très heureux d’arriver ici, de pouvoir passer ces
deux jours de travail et de recevoir pour la première fois un Premier ministre
canadien.
> C’est une évidence pour nous que Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire français, un territoire attaché à la France et fier d’être français, comme nous le sommes, et un territoire libéré par la France libre. Et n’oublions pas ce jour de Noël. Donc, nous y sommes attachés. Il n’y a pas de débat, il n’y a pas de discussion.
> Je viens dans cette partie du monde où nous avons des amis proches, dont le Canada. Je lui ai fait cette invitation et le Premier ministre y a répondu. Et je trouve que c’est un geste d’amitié très fort, quelques jours après qu’il a affirmé sa volonté de travailler davantage avec l’Union européenne. Et donc, ça lui donne justement un tour extrêmement concret. Donc nous, nous sommes ici. La France est présente grâce à Saint-Pierre-et-Miquelon, par Saint-Pierre-et-Miquelon, ici au cœur des enjeux du globe dans cette région. Et ceci nous lie aussi avec le Canada. Et donc, ce sera une manière de parler d’avenir ensemble et de consolider nos relations dans beaucoup de domaines.
> [Groenland] On a eu plusieurs échanges avec la
Première ministre du Danemark sur ce sujet. Elle m’avait prévenu de la
finalisation de ces discussions il y a quelques semaines. Il y a eu une
communication américaine, une communication aussi du gouvernement danois.
Tout ça permet d’apaiser les choses, de réaffirmer la souveraineté danoise, de
réaffirmer les choses conformément au droit international, de renforcer des
coopérations qui peuvent être utiles aux Groenlandais. Donc, je m’en félicite
pour eux. J’y étais il y a quelques mois et c’est une très bonne chose. Et puis
nous, on va continuer aussi nos coopérations dans le cadre de l’OTAN, par des
exercices conjoints, pour justement renforcer et consolider la souveraineté
danoise au Groenland et aussi la sécurité de ce territoire.
À travers l’Union européenne, de consolider nos stratégies économiques, en
particulier sur les terres rares et minerais critiques, comme elles ont été
relancées, et puis nos relations bilatérales, qui sont à la fois stratégiques
et économiques. Et je parlais à l’instant de notre stratégie polaire. Pour
toute la sécurité de cette région, on a des exercices conjoints. Et donc,
France, Danemark, Canada, d’ailleurs États-Unis dans ces cadres-là, on coopère
pour des opérations justement de défense très stratégiques. Et c’est là aussi
où Saint-Pierre-et-Miquelon est si important.
> Le Canada est un pays qui a beaucoup de
ressources, minerais critiques et terres rares. Donc ça, c’est des choses qu’on
veut contractualiser avec la France comme l’Union européenne, et qui est aussi,
comme vous le savez, un grand producteur d’hydrocarbures fossiles. Et qui
produit du gaz, qui d’ailleurs, par sa production, par aussi ce qu’ils font du
côté du raffinage, permet d’équilibrer le marché mondial. Et donc, il y a eu
des accords de... Pardon de rentrer là-dedans, mais ce qu’on appelle des accords
de swap, d’échange, qui ont pu être faits par plusieurs pays en Europe. Et donc
nous, ce qu’on veut faire, c’est regarder comment... Pas regarder, mais
consolider et conclure des accords pour très clairement avoir plus de gaz
liquéfié qui puisse aller vers la façade atlantique. Parce qu’aujourd’hui, il y
en a beaucoup, mais qui vont vers la façade pacifique. Donc leur permettre une
diversification.
Mais ce qu’on fait, nous, ce qu’on a fait ces derniers jours et ces dernières
semaines, c’est très concret. C’est-à-dire qu’on se bat pour sécuriser, par des
accords d’approvisionnement, dans les mois qui viennent, parce qu’on veut se
préparer à tout et qu’on veut protéger les Françaises et les Français, eh bien,
se préparer pour, en gaz, en diesel, en jet fuel, être sûr de ne pas manquer.
Et donc, c’est ce que je vais discuter demain midi avec le Premier ministre
Mark Carney. C’est ce que j’ai discuté il y a quelques jours, on a d’ailleurs
signé un accord en ce sens avec le Premier ministre d’Irak. C’est ce qu’on a
discuté et signé aussi avec plusieurs pays du Golfe. Et ça a été tout le
travail des dernières semaines qu’on a patiemment conçu pour justement
sécuriser ce qu’on appelle nos approvisionnements. Et on va continuer de le
faire, et c’est aussi tout l’objet de ce qu’on fait dans la région d’Ormuz.
> [Carburants] Il y a évidemment aujourd’hui un
marché mondial qui est très sous tension. Et vous le voyez bien, il est sous
tension parce qu’Ormuz, c’est à peu près 20 % des productions et des sorties.
Donc, on a réussi ces derniers mois à trouver des voies de passage, à réduire
la tension, à trouver des voies de contournement avec ce pipeline qui va d’est
en ouest en Arabie saoudite, qui a été frappé ces derniers jours. Et donc, on a
aujourd’hui un niveau très bas et moins de la moitié de ce qui est produit qui
sort. L’hiver arrive et il y a des pays qui sont en train d’acheter beaucoup
plus, là où, au printemps dernier, ces mêmes pays avaient réduit leur
consommation pour s’adapter.
Donc, il faut être très vigilant et nous, nous ne voulons pas manquer. Donc, on
a reconstitué nos stocks de gaz, on sécurise nos approvisionnements et on
sécurise nos approvisionnements. Par exemple, en diesel, on consomme à peu près
600 000 barils par jour, on en importe la moitié, on sécurise cela. Et donc, on
n’a pas à craindre ou à faire peur aux gens. On a à leur dire la vérité sur
l’instabilité géopolitique et ce qu’elle crée dans notre pays, et on a à s’y
préparer. C’est exactement ce que fait la France et ce qu’elle a accéléré ces
dernières semaines.
> Nous, nous respectons le Canada, son indépendance, sa volonté d’être autonome. Le Canada respecte la France et la même chose pour elle. Et donc, ça permet de faire des choses ensemble. C’est très bien. Donc, c’est le message, voilà, de respect, d’estime et d’ambition commune.
> [Assemblée générale de l’ONU] J’y vais
principalement pour, d’abord, évidemment, m’exprimer à la tribune des Nations
unies. Ensuite, pour pouvoir avoir l’entretien que je fais à chaque fois avec
le secrétaire général sur l’ensemble des crises. J’aurai une longue session de
travail avec le président Zelensky. J’aurai l’occasion de voir plusieurs
dirigeants du continent africain, latino-américain ou du Proche et
Moyen-Orient. Et j’aurai deux séances en particulier qui sont importantes pour
nous. Enfin, trois séances. L’une pour poursuivre le travail que nous avons
fait sur les océans, et c’est important ici au combien. La France a fait
avancer cet agenda avec la ratification de l’accord qui protège la haute mer.
Et donc, on va réunir en particulier beaucoup d’États insulaires du Pacifique
autour de ce sujet pour continuer la mobilisation et préparer la première COP
sur les océans de janvier prochain.
La deuxième chose, c’est qu’on réunira aux côtés d’ailleurs de Mark Carney et
de plusieurs autres dirigeants tous ceux qui constituent cette alliance pour
protéger nos enfants face aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle.
Et donc, cette initiative que la France a portée, vraie victoire parce qu’elle
est maintenant européanisée avec l’acte qui a été annoncé par la présidente de
la Commission il y a quelques jours, on veut le consolider au niveau
international.
Et puis, la troisième chose, c’est que nous réunirons tous les États
affinitaires sur la reconnaissance des deux États pour justement consolider cet
agenda un an après la déclaration de New York et ce moment.
> Saint-Pierre-et-Miquelon, je repars avec cette conviction qui m’accompagne depuis le premier jour : la France est grande de chacun de ses territoires. Au large, mais jamais à l’écart. Au cœur de notre Nation. Merci infiniment pour votre accueil.
> Aux côtés de nos pêcheurs à Saint-Pierre-et-Miquelon face aux difficultés qui fragilisent la filière. Mieux connaître la ressource, structurer la filière, valoriser et transformer davantage sur place, renouveler la flotte et moderniser les infrastructures portuaires : voilà notre ambition commune. Nous continuerons d’investir pour donner un nouvel essor à la filière.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> La guerre menée par la Russie en Ukraine et le conflit au Moyen-Orient
nous rappellent une réalité : l’énergie est une arme de guerre. Une route
maritime menacée, une raffinerie frappée, et les conséquences arrivent jusque
dans le budget des familles françaises. Notre réponse suit un cap : sécuriser
nos approvisionnements, soutenir ceux qui sont les plus exposés et réduire
durablement notre dépendance. Les mesures annoncées aujourd’hui prolongent
cette stratégie engagée depuis le printemps.
> L’État ne doit pas profiter de la hausse des carburants. Les chiffres publiés tous les dix jours le montrent : depuis le début de la crise, les recettes fiscales sur les carburants ont diminué par rapport à la même période l’an dernier. Nous proposerons au Parlement une règle d’or dans le budget : si la hausse des prix devait générer demain un surplus de recettes fiscales, il sera restitué aux Français. Cette exigence de transparence vaut pour tous : sur les recettes de l’État, sur le coût des certificats d’économies d’énergie (CEE) dans le prix du litre et sur les marges des distributeurs, dont nous renforcerons le suivi. Les Français doivent savoir ce qu’ils paient et à qui va leur argent.
> Pour un agriculteur, un pêcheur, un artisan ou une entreprise du bâtiment, la hausse du carburant peut mettre en péril une activité et des emplois. Les aides aux filières les plus exposées sont prolongées jusqu’au 31 décembre. Le soutien aux pêcheurs sera revalorisé ; celui aux agriculteurs sera articulé avec les mesures d’urgence face à la sécheresse. Soutenir ceux qui produisent, c’est protéger les emplois et permettre à notre économie de tenir.
> Pour des millions de Français, prendre sa voiture pour aller travailler est une obligation. Ils ne peuvent pas subir seuls la hausse du prix des carburants. D’octobre à décembre, nous doublons l’aide « grands rouleurs » : elle passe de 50 à 100 euros, soit l’équivalent de 40 centimes par litre. Et nous l’élargissons : 5,5 millions de Français pourront désormais en bénéficier, contre 3 millions jusqu’ici. Concrètement, elle sera accessible jusqu’à 2 050 euros par mois pour une personne seule, 4 070 euros pour un couple et 6 100 euros pour un couple avec deux enfants. Une aide plus forte, pour davantage de Français qui ont besoin de leur voiture pour travailler.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> La France est une puissance de l’Indopacifique : avec l’Australie, nous
renforçons notre coopération dans le Pacifique sud pour contribuer au
développement, à la sécurité et à la stabilité de cette région.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Ce budget est un point de départ. Il a fallu fixer des paramètres.
Nous sommes dans un moment grave.
> Sur nos finances publiques, nous pouvons agir maintenant en responsabilité mais toujours en liberté.
> 2000 euros c'est correct comme retraite. On vit avec 2000 euros correctement.
> [Carburants] Nous avons décidé de faire évoluer les dispositifs de soutien. Nous avons conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens.
> [Carburants] Nous restons convaincus que c'est en concentrant nos aides, que nous aurons un dispositif efficace.
> [Carburants] Une baisse de 20 centimes sur le prix du litre d'essence coûterait presque 10 milliards d'euros à l'État. Ces 10 milliards, il va bien falloir que ce soit quelqu'un qui les paie. Alors que la France est en train de chercher plus de 50 milliards d'euros pour l'année prochaine, une baisse de taxe sur l'essence se traduirait, soit par des impôts en plus ailleurs, soit par des baisses de dépenses supplémentaires.
> [Pénurie de carburant] Pour les deux mois qui viennent,
on n'a pas d'inquiétude, car le gouvernement a toujours de la visibilité sur un
ou deux mois parce qu'on sait où sont les tankers, on sait ce qu'on a dans les
stocks.
Il n'y a pas d'enjeu systémique, stratégique d'approvisionnement. Les stocks
stratégiques sont pleins, les raffineries tournent à plein mais évidemment,
plus ce conflit dure, plus on risque d'avoir des sujets.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Le Royaume-Uni devient le 128e pays à rejoindre le combat que je porte,
que la France porte avec le Mexique, pour protéger les populations civiles
contre les atrocités de masse. Comment ? En proposant de suspendre le recours
au veto pour les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies
face aux cas de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre
commis à grande échelle. Le veto ne doit pas empêcher les Nations unies d'agir
pour protéger les vies humaines. Le soutien du Royaume-Uni nous donne une force
supplémentaire pour convaincre d'autres pays de rejoindre cette initiative.
> Nous,
ministres des Affaires étrangères du G7 de l'Allemagne, du Canada, des
États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni, et Haute
Représentante de l'Union européenne, considérons que la situation au Yémen
constitue une menace inacceptable pour la stabilité et la sécurité régionales,
pour la sécurité énergétique mondiale ainsi que pour les droits et libertés de
navigation et la sûreté maritime en mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb.
Nous condamnons avec la plus grande fermeté les frappes continues
inadmissibles menées par les houthistes au Yémen et contre le Royaume d'Arabie
saoudite, notamment les frappes touchant les populations et les infrastructures
civiles, qui amplifient les souffrances des populations. Nous affirmons notre
entière solidarité avec le gouvernement légitime du Yémen et le Royaume
d'Arabie saoudite.
Nous appelons les houthistes à cesser immédiatement toutes leurs actions
militaires, menaces et attaques contre les transports maritimes civils et à
revenir de bonne foi au processus politique. Nous appelons l'Iran à mettre fin
à la fourniture d'armes et au soutien qu'il accorde aux houthistes en violation
des résolutions 1747, 2140 et 2216 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Leurs actes répréhensibles constituent une dangereuse trajectoire d'escalade
qui risque d'exacerber encore le conflit, de porter atteinte au commerce
international et de créer de l'instabilité économique à l'échelle mondiale.
Nous réaffirmons en particulier la nécessité absolue de garantir une sûreté
et une sécurité maritimes permanentes, ainsi que les droits et libertés de
navigation dans le monde entier, afin d'empêcher toute perturbation durable des
chaînes d'approvisionnement mondiales, notamment en ce qui concerne les flux
d'énergie, les engrais et les produits alimentaires, car celle-ci pourrait
porter gravement atteinte aux économies et aux populations vulnérables dans la
région et au-delà.
Nous continuerons à l'avenir de soutenir le gouvernement légitime du Yémen
et nous réaffirmons notre fort attachement à l'unité, à la souveraineté, à
l'indépendance et à l'intégrité territoriale du Yémen. Nous réaffirmons notre
soutien aux efforts déployés par l'envoyé spécial du Secrétaire général des
Nations Unies Hans Grundberg en faveur d'un règlement politique négocié et
inclusif, mené et mis en œuvre par le Yémen.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Avec Gérald Darmanin, nous avons réuni aujourd’hui le deuxième Comité
stratégique pour la refondation de la protection de l’enfance, aux côtés de
plusieurs membres du Gouvernement, des départements et des acteurs de terrain.
Sept mois après notre premier comité, nous avançons concrètement :
transformation de l’offre d’accueil, meilleur accès aux soins, accompagnement
renforcé des professionnels, ambition scolaire et préparation à l’autonomie des
jeunes majeurs. Notre ligne reste la même. Nous souhaitons adapter le système aux
besoins de l’enfant, et non demander à l’enfant de s’adapter au système. Moins
de ruptures, plus de stabilité et les mêmes ambitions pour chaque enfant.
> J’ai reçu aujourd’hui la Pr Céline Gréco pour la remise du rapport du Comité scientifique permanent pour la refondation de la protection de l’enfance. Fruit du travail de 110 personnes, ce rapport pose un diagnostic exigeant et formule des propositions concrètes pour mieux prévenir, protéger, soigner et accompagner les enfants confiés, jusqu’à leur autonomie. Je remercie Céline Gréco et l’ensemble des membres du Comité pour ce travail considérable. Ce rapport n’a pas vocation à rester un rapport de plus. Plusieurs de ses propositions rejoignent les transformations que nous avons déjà engagées. D’autres doivent désormais être expertisées et discutées afin d'intégrer la stratégie collective 2026-2030 pour le renforcement de la protection de l'enfance que nous souhaitons adopter d'ici la fin de l'année. C’est tout le sens du Comité stratégique que nous réunissons aujourd’hui : poursuivre la refondation de la protection de l’enfance et améliorer concrètement les parcours des enfants protégés.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Nous poursuivons la transparence sur l'impact de la hausse des prix de
l'énergie sur les finances publiques. La guerre au Moyen-Orient continue de
peser sur les prix à la pompe, et donc sur le budget des Français. Résultat :
au 20 septembre : depuis le début du conflit, les recettes fiscales sur le
carburant ont reculé de 407 millions d'euros par rapport à l'an dernier (+710
M€ de TVA, -1117 M€ d'accises).
> L’union douanière est l’un des actes fondateurs de l’Europe. Depuis le 1er juillet 1968, nos douanes protègent le marché européen et garantissent le respect de nos règles aux frontières. La réforme européenne de l’Union douanière poursuit cette ambition : le règlement établissant le nouveau code des douanes de l’Union et l’Autorité douanière européenne est publié ce week-end au Journal officiel de l’UE. Il prévoit une plateforme européenne de données douanières pour un meilleur traitement des flux et une protection renforcée du marché intérieur face à l’explosion du e-commerce et des marchandises non conformes, ainsi que des contrôles renforcés sur ces marchandises. Lille accueillera, dès 2028, le siège de la nouvelle Autorité douanière de l’Union. C’est la reconnaissance de l’implication et du rôle déterminant de la France dans la réforme. C’est aussi un atout pour mieux coordonner les 27 administrations douanières et cibler les flux les plus à risque. Les entreprises qui respectent les règles bénéficieront de procédures simplifiées. Celles qui ne les respectent pas seront mieux identifiées et davantage contrôlées. Une douane européenne plus moderne, plus numérique et plus efficace, avec la douane française en première ligne : c’est aussi une manière de protéger nos entreprises et notre marché.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> [Tribune «L’intelligence artificielle ne remplacera pas l’intelligence
du geste»] L’enjeu n’est pas de subir les transformations que l’IA induit dans
nos métiers, mais de former chacun à la maîtriser. Il n’est pas question de
choisir entre ses compétences et cette nouvelle technologie, mais de tirer
parti de celle-ci sans jamais renoncer ni à l’intelligence humaine ni à son
propre savoir-faire.
Notre pays traverse des transformations qui touchent aussi bien sa place dans
le monde que la vie quotidienne des Français. Vieillissement de la population,
mutations industrielles, déprise démographique, transition énergétique: chacune
nous oblige à faire évoluer nos métiers et à préparer de nouvelles compétences.
Notre compétitivité et notre souveraineté en dépendent, comme les perspectives
que nous pouvons offrir à la jeunesse.
L’intelligence artificielle fait partie de ces transformations et traverse
toutes les autres. La France s’en est pleinement saisie, sous l’impulsion du président
de la République, notamment avec le Sommet pour l’action sur l’intelligence
artificielle organisé à Paris en février 2025.
Nous l’abordons souvent comme une technologie nouvelle, avec ses spécialistes,
ses investissements et ses filières d’avenir. Mais elle change aussi, très
concrètement, la façon de travailler dans les métiers qui existent déjà. C’est
donc aussi notre manière de former à ces métiers qu’il faut faire évoluer.
La question se pose avec une force particulière dans la voie professionnelle,
celle de l’intelligence du geste et de la confrontation au réel. On y apprend à
travailler une matière, à réparer un équipement, à cuisiner ou à accueillir.
Les connaissances prennent tout leur sens dans leur mise en pratique. Cette
voie prépare aux activités nouvelles autant qu’elle transmet les savoir-faire
de l’artisanat, des métiers d’art, de l’industrie et des services.
Dans les forges, les technologies les plus avancées n’ont pas fait disparaître
l’intelligence du geste. Même assisté dans ses tâches, c’est l’œil et le
savoir-faire du forgeron qui lui permettent de comprendre la matière et
d’adapter son geste.
L’intelligence artificielle ne rend pas ces savoir-faire moins nécessaires. Une
aide à la conception ne dispense pas de connaître une matière; une proposition
de diagnostic ne suffit pas à maîtriser une réparation. C’est précisément parce
qu’un professionnel connaît son métier qu’il peut évaluer les réponses de la
machine et en tirer parti.
Un artisan peut ainsi s’en servir pour préparer un devis, un technicien pour
exploiter une documentation complexe, un restaurateur pour organiser ses
commandes. Le temps gagné peut être consacré à la précision du geste, à la
création ou à la transmission à un apprenti. Le bénéfice dépasse le travail
manuel : il peut aussi donner davantage de temps pour accueillir, conseiller ou
accompagner.
Le prochain quinquennat devra faire de la formation à l’IA une priorité
éducative, sociale et économique.
Il faut aborder cette évolution sans naïveté ni catastrophisme. Certaines
tâches seront transformées et des professionnels auront besoin d’être
accompagnés. Cela se prépare : nous ne pouvons pas demander à chacun de saisir
les possibilités de l’IA en lui laissant la charge de s’y former seul. Nous
devons éviter qu’une nouvelle fracture se creuse entre ceux qui maîtrisent déjà
ces outils et ceux qui souhaitent apprendre sans en avoir les moyens.
Le prochain quinquennat devra faire de la formation à l’IA une priorité
éducative, sociale et économique. Il faut engager ce travail dès maintenant,
dans la formation initiale comme dans la formation continue. Nous devons former
ses spécialistes, mais aussi apprendre à l’utiliser dans chaque métier.
La transition écologique a montré la voie : un plombier se forme désormais à la
performance énergétique des installations comme un cuisinier apprend à limiter
le gaspillage. Ces enjeux entrent dans les apprentissages de tous les métiers :
l’IA doit suivre le même chemin et devenir une composante de chaque parcours.
Pour y parvenir, les enseignants et les formateurs doivent disposer de temps et
de ressources pour se former et expérimenter. Avec les élèves, les apprentis et
les entreprises, ils doivent identifier les usages utiles, les mettre à
l’épreuve et faire évoluer les apprentissages. Ceux qui apprennent et
transmettent les métiers doivent être acteurs de cette transformation, plutôt
que spectateurs de solutions conçues sans eux.
Cette ambition ne justifie pas pour autant d’exposer les jeunes toujours plus
tôt et davantage aux écrans. Les usages doivent rester progressifs, adaptés à
l’âge et fondés sur un objectif pédagogique clair.
Elle exige au contraire de renforcer les savoirs fondamentaux, plus nécessaires
que jamais. Former à l’intelligence artificielle, c’est d’abord apprendre à en
rester maître: savoir ce que l’on délègue, vérifier ce que la machine produit
et décider de ce que l’on en retient.
Or on ne vérifie pas ce que l’on ne sait pas lire, et l’on ne conteste pas une
conclusion sans savoir construire un raisonnement. Lire, écrire, calculer et
comprendre ne sont pas des prérequis que la technologie rendrait obsolètes ;
ils sont ce qui permet de la juger. Cette responsabilité est la nôtre et elle
se prépare à l’école.
C’est dans cet esprit que je veux placer la formation au cœur de notre
stratégie pour l’IA. La voie professionnelle doit y prendre toute sa place,
pour que ce progrès renforce à la fois la compétitivité du pays et la capacité
de chacun à exercer son métier, à y progresser et à choisir son avenir. L’IA ne
deviendra pas le métier de tous, mais elle transformera celui de chacun.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
> La situation internationale a de lourdes répercussions sur les prix du
carburant, et donc sur la rentabilité des entreprises de pêche. Depuis le début
de la crise, le Gouvernement les accompagne, avec un objectif : permettre aux
navires de sortir en mer. Pour cela :
- le Gouvernement prolonge l'aide carburant jusqu'à fin décembre, et s'engage à
ce que le montant de l'aide soit fixée en suivant l'évolution des prix du
carburant, au maximum de ce que permet le cadre européen
- nous accélérons les délais de paiement des aides
- nous mettons en place un prêt à taux zéro, pour leur permettre de soulager
les trésoreries en attendant le versement des aides
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Au-delà des aides d’urgence indispensables, le Gouvernement poursuit sa
politique de souveraineté énergétique : relance du nucléaire, développement du
renouvelable, plan d’électrification. Nous ne pouvons continuer à rester
dépendants des crises extérieures avec une énergie que nous ne produisons pas.
> Le Budget de n’augmente pas les impôts des français. Il réduit les dépenses sans procéder à des coupes aveugles. Le budget de l’écologie, qui sera en hausse, est l’illustration de ce choix. Avec Emmanuel Macron, le budget de l’écologie aura doublé en 10 ans.
> Face à la hausse des prix des carburants, liée à une crise internationale que nous subissons, Sébastien Lecornu a toujours anticipé en soutenant les travailleurs dépendants de leur voiture et les secteurs les plus exposés à la crise. Aucun Français ne sera laissé de côté.
> En ce 21 septembre, 25 ans jour pour jour après le drame d'AZF à Toulouse, la France n'oublie pas les victimes, leurs proches et toute une ville durablement marquée. Cette tragédie a transformé notre approche de la sécurité industrielle : des règles plus strictes pour éloigner les logements des usines à risques, des inspections renforcées et une information mieux partagée pour une culture du risque renforcée.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Ce qui se passe en Allemagne doit nous alerter. Scrutin après scrutin,
l’extrême droite s’installe. La banalisation progressive de sa présence dans le
paysage politique ne doit pas nous faire oublier ce qu’elle incarne : un repli
sur soi qui nous affaiblit, la complaisance envers la Russie de Poutine qui
nous menace, la remise en cause de l’État de droit et du pluralisme.
> Doter notre pays d’un budget n’est pas une option, mais une nécessité. Dans le contexte international que nous connaissons, nous ne pouvons pas nous permettre l’instabilité. La campagne électorale n'exonère personne de ses responsabilités.
> Le prix à la pompe se joue d’abord à l’international. La diplomatie française agit pour protéger le pouvoir d’achat des Français en diversifiant nos approvisionnements, en favorisant la désescalade et en construisant les coalitions pour permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> L’accessibilité se mesure aussi dans les situations du quotidien
J'ai testé, aux côtés de personnes déficientes visuelles accompagnées de leurs
chiens guides et d’assistance leur accès aux commerces. Une immersion concrète
pour mieux comprendre les potentiels obstacles.
Je me suis ensuite rendue à l'École de Chiens Guides de Paris pour découvrir le
travail des éducateurs et participer à des séances d'apprentissage avec les
chiens guides et d’assistance.
Avec la CNH 2026, nous avons fait de l'accessibilité un engagement au cœur du
pacte républicain. Garantir l'effectivité du droit à l'assistance d'un
chien-guide et d’assistance, c'est améliorer très concrètement le quotidien des
personnes en situation de handicap.
La Police municipale peut désormais verbaliser le refus d’accès aux personnes
accompagnées de chiens guides et d’assistance.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> Les Journées européennes du patrimoine sont aussi l’occasion de mettre en
lumière un patrimoine vivant : celui de la nature.
Vendredi, j’ai eu le plaisir d’accueillir à l’Hôtel de Roquelaure les élèves de
CM1-CM2 de l’école Simone Veil (Paris 14ème) pour inaugurer leur future aire
éducative dans le jardin du ministère.
Pendant toute l’année, ils vont pouvoir observer la biodiversité du jardin,
réaliser des inventaires, participer à des activités scientifiques et surtout
apprendre à en prendre soin, avec l’accompagnement de la LPO France.
J’ai aussi inauguré à cette occasion une exposition consacrée à la forêt de
Fontainebleau, qui invite à découvrir la richesse de cet écosystème
exceptionnel, mais aussi sa fragilité. Après les incendies qui l’ont durement
touchée cet été, elle rappelle combien il est essentiel de préserver notre
patrimoine naturel.
Puis, tout au long du week-end, l’Hôtel de Roquelaure a ouvert ses portes au
public.
Vous avez été nombreux à venir découvrir ses salons et son jardin, mais aussi
les expositions, les ateliers consacrés à l’océan et à la biodiversité, et les
conférences sur l’histoire de cet hôtel particulier.
Le patrimoine ne se résume pas aux pierres et aux monuments. Il est aussi fait
de nos forêts, de nos océans, de nos jardins et de la biodiversité qu’ils
abritent.
Le transmettre, c’est aussi apprendre à mieux le connaître pour mieux le
protéger.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> Partout en France, nous renforçons les effectifs de magistrats pour mieux
protéger les victimes, en particulier les enfants, et réduire les délais de
traitement des dossiers. C’est le sens de mon action depuis mon arrivée au
ministère de la Justice.
> Nouvelle réunion de travail très productive sur le choc numérique que nous avons enclenché au ministère de la Justice. Avec l’ensemble des directions du ministère de la Justice, nouveau point d’étape important sur les chantiers numériques que nous avons lancés, parmi lesquels l'accélération de la connexion de nos outils numériques ou encore l’expérimentation de l'aide à la retranscription des entretiens. Un travail ambitieux qui poursuit toujours le même objectif : transformer le fonctionnement quotidien de nos tribunaux et améliorer les conditions de travail des personnels du ministère, grâce au numérique, pour renforcer la rapidité et la qualité du service public de la Justice.
> Merci à Alain Berset, secrétaire général du Conseil de l’Europe, pour notre échange en confiance. Aujourd'hui, il est important de se rappeler que le droit n'est pas la naïveté, c'est la force des États par l'imposition des règles. Pour soutenir l'Ukraine et s'opposer à toute impunité future, pour garantir les droits fondamentaux, sans méconnaître les contraintes de terrain, il importe de rester fidèle à des engagements qui ont prouvé être des gages de stabilité et de concorde.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Je salue le lancement de l’opération « Bien-Être Animal, Filière Agricole
Engagée », porté par un collectif de 1 300 éleveurs partout en France. Apposé
sur les produits, il permet aux consommateurs d’identifier en un coup d’œil des
poulets 100 % français, élevés selon des exigences qui vont au-delà de la
réglementation : plus d’espace, de lumière naturelle, formation des éleveurs…
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Connaître notre histoire, c'est construire notre destinée commune. À
Meaux, le Musée de la Grande Guerre accueille chaque année près de 40 000
élèves qui viennent, avec leurs professeurs, se plonger dans la vie quotidienne
et militaire de la Première Guerre mondiale. Très heureux de signer aujourd’hui,
un partenariat entre le ministère de l’Éducation nationale et le Musée de la
Grande Guerre, qui permettra aux élèves de toute la France de profiter de ce
site exceptionnel. Transmettre cette mémoire collective est l’une des missions
essentielles de l’École, qui associe histoire et mémoire. Dès cette année, tous
les élèves du CM1 à la terminale participeront à une cérémonie commémorative du
11 novembre, journée nationale de la Victoire et de la Paix et d’hommage à tous
les Morts pour la France.
> Le référentiel d’éducation au cinéma et à l’image animée est publié ! Élaboré en lien avec l’ensemble des acteurs de l’éducation au cinéma, il offre aux professeurs un cadre clair pour aborder, de la maternelle au lycée, l’éducation au cinéma et à l’image, à partir d’objectifs communs, d’un vocabulaire partagé et de pratiques pédagogiques adaptées. À l’heure où nos élèves sont confrontés à des flots d’images dans des univers fondamentalement solitaires, ce référentiel leur donne les clés pour forger leur regard critique, devenir des spectateurs éclairés et ainsi partager une expérience collective.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> « Chantage », selon LFI? Non : le fonctionnement normal des finances
publiques et des discussions budgétaires. Le repas à 1 € a un coût pour l’État.
Pour le maintenir, il faut voter les crédits qui le financent. On ne peut pas
réclamer une dépense publique, refuser les crédits correspondants, puis crier
au chantage parce qu’elle doit être financée.
> Une rentrée consacrée aux conditions de vie de nos étudiants : alimentation, logement, santé mentale, activité physique et solidarité. Repas à 1 €, 2,46 milliards d’euros consacrés aux aides sociales étudiantes, 3040 pour la santé mentale, logement : l’État agit, aux côtés des universités, des CROUS et des territoires. Et nous prévoyons d’aller plus loin avec 143 millions d’euros inscrits dans le prochain budget pour financer le repas à 1 €. Notre responsabilité : donner à chaque étudiant les conditions de sa réussite.
> Olivier Faure, vous avez voulu la généralisation du repas à un euro aux élèves y compris non boursiers et vous l’avez obtenue. Le gouvernement l’a mise en œuvre loyalement, grâce à des équipes remarquables qui font leur maximum sur le terrain. Nous proposons maintenant, dans le PLF 2027, 143 millions d’euros pour continuer à déployer cette mesure dans les meilleures conditions possibles. Sans budget avant la fin de l’année, cela sera évidemment impossible. La balle est désormais dans le camp du Parlement.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> La hausse des prix à la pompe pèsent sur nos concitoyens. Nous renouvelons
et élargissons l’aide aux grands rouleurs de 100€, pour 5,5 millions de
personnes. Concrètement, les français touchant par exemple jusqu’à 6104€
net/mois pour un couple avec deux enfants y auront droit.
> Il manque 10 millions barils/jour suite au blocage d’Ormuz et à l’arrêt du pipeline saoudien. A la demande du Président, tous les leviers sont activés pour garantir nos appros : sécurisation de volumes, remplissage des stocks, flexibilités réglementaires, escortes en mer rouge.
Sébastien Martin (ministre délégué auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> Nous sommes à un tournant. Notre ambition est claire : faire de l’Europe
une puissance industrielle capable de produire, d’innover et de créer les
emplois de demain.
> L’Europe doit oser défendre ses frontières économiques pour défendre son industrie. Pendant trop longtemps, nous avons ouvert notre marché sans suffisamment défendre ceux qui produisent en Europe. Cela doit changer.
> Pour défendre notre industrie, l'Europe doit faire bloc. Face à la concurrence mondiale, nous ne pouvons pas nous contenter d'acheter ce que les autres produisent. C'est pourquoi je réunirai demain à Bercy industriels européens, chefs d'entreprise et représentants de nos filières pour faire coalition en faveur du Made in Europe. Faire le choix de l'Europe est une nécessité. Je porterai cette mobilisation jeudi avec mes homologues au Conseil Compétitivité à Bruxelles. Pour faire gagner notre industrie et nos emplois, c'est ensemble qu'il faut porter la préférence européenne.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Aux Restos du Cœur, où j’ai été bénévole et responsable d’un centre, je
n’ai jamais eu le sentiment d’« engloutir » de l’argent. Nous aidions des
personnes à manger et à retrouver une prise sur leur vie. Ce mot, choisi par le
JDD à sa une, dit le mépris porté à ce que les associations accomplissent
chaque jour. Je crois à une société de l’engagement, où chacun peut prendre sa
part et agir pour les autres. On ne peut pas demander aux Français de s’engager
et fragiliser les associations qui leur en donnent les moyens. Derrière ces «
60 milliards », il y a près de 13 millions de bénévoles et 1,9 million de
salariés. Il y a 51 milliards d’euros de masse salariale, donc des emplois qui
font vivre des familles et des territoires. C’est aussi cette réalité que le
mot « engloutis » efface. Comment protéger les femmes victimes de violences
sans soutenir les associations qui les accueillent ? Comment combattre
l’isolement sans appuyer celles qui vont vers les personnes seules ? L’État
doit prendre toute sa part. Soutenir les associations fait partie de ses
responsabilités. Bien sûr, chaque euro public doit être utilisé à bon escient.
Mais laisser croire que cet argent est perdu, sans regarder ce qu’il permet,
c’est préparer les esprits à supprimer ces soutiens. Les besoins, eux, ne
disparaîtront pas. Cette une s’appuie sur les travaux d’Hexagone, soutenu
financièrement par Périclès, le projet du milliardaire Pierre-Édouard Stérin,
qui porte un projet de société conservateur et identitaire et entend faire
gagner l’extrême droite. Le mien est clair. Je serai toujours aux côtés de ceux
qui font vivre cette solidarité. Notre pays leur doit bien davantage que du
soupçon.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Marine Le Pen, d'abord, vous devriez présenter vos excuses aux Français.
C'est votre allié Donald Trump, dont vous aviez déclaré que son élection était
une "bonne nouvelle pour la France", qui a déclenché cette guerre et
qui est responsable de cette explosion des prix. Je rappelle que M. Bardella,
que vous avez autoproclamé comme votre futur Premier ministre, a participé l'an
passé au grand congrès des trumpistes. Vos alliances vous discréditent.
Ensuite, ce que vous proposez est hypocrite : vous donneriez d'une main aux
automobilistes ce que vous reprendriez de l'autre aux contribuables. Tous les
Français savent bien qu'il n'y a pas d'argent magique. Nos voisins européens
qui ont aujourd'hui les moyens de baisser les taxes sont ceux qui ont réformé
leurs retraites, leur système social et fait les économies que vous refusez
obstinément. Et votre absence de stratégie de long terme condurirait à
maintenir les Français dans un état de dépendance vis-à-vis des hydrocarbures,
en les condamnant à subir les prochaines crises énergétiques. Je propose
d'aider les Français qui travaillent, ces classes moyennes et populaires qui
subissent la crise liée à la guerre décidée par votre allié. Automatisation et
augmentation des aides ciblées, baisse de l'impôt sur le revenu à travers
l'indemnité kilométrique, aides étendues à l'achat de véhicules électriques
d'occasion... Mon groupe parlementaire déposera des amendements en ce sens lors
de l'examen du budget pour 2027.
> Le modèle allemand était construit sur une triple dépendance : le gaz russe, la défense américaine et le marché chinois. Les trois sont remis en question aujourd'hui. La seule réponse pour nous protéger de ces chocs, c'est une Europe forte et indépendante. C'est possible et c'est ce que je porte dans cette campagne.
> Nous sommes broyés entre la Chine et les États-Unis. Et menacés par la Russie. Nous devons être beaucoup plus unis et plus forts, c'est le sens des États-Unis d'Europe que je propose. Pour que la vie de nos enfants, de nos petits-enfants, ne se résume pas à servir du thé aux Chinois et du café aux Américains quand ils viennent en France.
> Défendre l'Ukraine, empêcher la Russie de s’emparer des ressources et des terres ukrainiennes, c'est l'intérêt immédiat des Français. Augmentation des prix, crise migratoire sans précédent, risque nucléaire, c’est ce qui nous menace si nous laissons tomber Kyiv. C’est notre devoir et notre intérêt de soutenir un peuple qui se bat pour sa liberté.
> Une dizaine d’élections auront lieu en Europe l’année prochaine. Vladimir Poutine en a parfaitement conscience. Il n’a qu’un seul objectif : faire élire des candidats qui souhaitent mettre fin au soutien à l’Ukraine, qui souhaitent fracturer et affaiblir l’Union européenne.
> Nous sommes un grand pays, avec une grande armée, une grande diplomatie et de grands services de renseignement. Face aux menaces internationales qui s'intensifient, que ce soit sur le front iranien ou ukrainien, nous avons toutes les cartes en main, en France comme en Europe, pour faire face.
> À cause de l'explosion des prix à la pompe, beaucoup de nos compatriotes sont aujourd’hui pris à la gorge. Ma priorité est claire : cibler notre soutien sur les Français qui travaillent et qui ont besoin de leur voiture au quotidien. L'État doit être à leurs côtés. Je souhaite que le Gouvernement écrive très directement aux plus d’1,5 million de Français qui n’ont pas encore demandé et bénéficié de cette aide.
> Face à la hausse des prix du carburant, nous
devons soutenir les Français qui utilisent leur voiture pour travailler avec
une réponse juste. Nos propositions :
- Informer 1,5M de Français éligibles à l'indemnité carburant.
- Mettre en avant l'aide de 600€ sans charges pour les employeurs.
- Revaloriser l'indemnité kilométrique.
- Étendre le bonus écologique aux véhicules électriques d'occasion.
- Financer à 50% les boîtiers E85. Poursuivons les dispositifs en place pour
ceux qui en ont le plus besoin.
> Nous sommes prêts à mener les transformations profondes dont notre pays a besoin.
> Notre pays a besoin d’un élan, d’une direction, d’un cap et d’une vision complète et cohérente de ce que nous voulons faire de la France.
> D'un côté, il y a ceux qui expliquent aux musulmans que pour les défendre il faut s'en prendre aux juifs. Et de l’autre, ceux qui expliquent aux juifs que pour les défendre, il faut s'en prendre aux musulmans. Vous, au RN, vous cherchez à défaire ce que la République a toujours su faire : nous unir.
> La vraie différence entre le Rassemblement national et moi, c'est que je défends la laïcité. La laïcité de 1905, la laïcité qui est au fondement de notre République. Le Rassemblement national, lui, défend une politique contre les musulmans de notre pays.
> Ma position sur l'immigration est claire, je l'ai dit dès mon arrivée à Matignon : la France doit accueillir moins, pour accueillir mieux. Je refuserai toujours de rentrer dans les théories de grand remplacement. Ce sont des sont des théories racistes. Je refuse de dresser les Français les uns contre les autres en pointant du doigt ceux qui sont issus de l'immigration. C'est ma ligne.
> Face aux États-Unis, face à la Chine, face à la Russie, je propose de bâtir les États-Unis d’Europe. Pour un marché unique, une monnaie unique et une véritable économie unique. Pour nous permettre de devenir une puissance capable de s'affirmer dans le monde.
> Face à la flambée des prix du carburant, je souhaite protéger et soutenir les Français qui travaillent. Je souhaite protéger et soutenir les Français qui ont besoin de leur voiture pour travailler.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Notre pays traverse un moment décisif. Face à la montée des extrêmes,
aux fractures qui se creusent et aux immenses défis économiques, sociaux et
environnementaux qui nous attendent, nous avons une responsabilité : celle de
construire un projet ambitieux, concret et à la hauteur des attentes des
Français. Notre ambition est claire : faire en sorte que chaque génération
puisse vivre mieux que la précédente. C’est tout le sens des quatre grands
chantiers que Gabriel Attal a placés au cœur de son projet : l’école, pour
redonner à chacun les moyens de réussir; le travail et les salaires, pour que
chacun puisse vivre dignement de son travail ; les frontières, pour garantir
notre souveraineté ; et l’intelligence artificielle, pour que la France soit
pleinement actrice des grandes transformations de demain. C’est aussi prendre à
bras-le-corps les deux dettes que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser
aux générations futures : la dette publique et la dette écologique. Parce que
nous ne pouvons pas continuer à vivre aux dépens de nos enfants, ni leur laisser
un pays plus endetté et une planète plus abîmée que jamais. Je suis
profondément convaincue que nous avons une nouvelle page à écrire. Un projet à
construire avec les Français, qui réponde à leurs préoccupations quotidiennes,
qui redonne des perspectives à notre jeunesse et qui porte une véritable
ambition pour l’avenir de notre pays.
Marc Ferracci (député)
> Hypocrisie et traîtrise sont les deux boussoles du RN. D’un côté ce
communiqué proclame qu’« aucune provocation, aucune opération clandestine
et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter
l’obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine. » De l’autre,
Marine Le Pen annonce que si elle était élue elle cesserait le soutien de la
France à l’Ukraine… ce qui est justement ce que Poutine souhaite pour atteindre
ses buts de guerre. Derrière la défense de façade de notre souveraineté, le RN
est prêt à trahir l’intérêt national et celui de l’Europe au profit de la
Russie.
Violette Spillebout (députée)
> En commission spéciale sur la loi intégrale contre les violences faites
aux femmes et aux enfants, j’ai tenu à défendre un sujet essentiel : mieux
entendre et mieux prendre en compte la parole de l’enfant. Après les 50
recommandations de notre commission d’enquête, nous continuons à défendre des
moyens supplémentaires pour les infirmiers et psychologues scolaires, ainsi que
des mesures concrètes pour mieux protéger les enfants. Aujourd’hui, nous avons
voté un dispositif qui prévoit un référent identifié dans chaque école, dont
les coordonnées seront communiquées aux élèves, ainsi qu’un entretien
individuel proposé chaque année dès le CP, hors la présence des représentants
légaux, avec des personnels formés. L’objectif est aussi de garantir à chaque
enfant un adulte de confiance accessible, dans un cadre sécurisé, confidentiel
et adapté à son âge. Le dispositif sera également ouvert aux enfants instruits
en famille. Une loi intégrale doit évidemment être accompagnée d’un budget à la
hauteur. Mais après des mois de travail et trop de lenteurs, chaque avancée
concrète pour mieux écouter et protéger les enfants compte.
> [Tribune : Dette publique : et si on
écoutait enfin la Cour des Comptes?] Le rapport annuel de la Cour des comptes,
présenté ce lundi par Amélie de Montchalin, nouvelle Présidente, mérite qu’on
s’y arrête au-delà des chiffres du déficit.
Ce qui me frappe, positivement, c’est la démarche : rendre l’information
budgétaire réellement accessible, avec un nouvel outil d’IA permettant à chaque
citoyen d’interroger directement les travaux de la Cour, et des synthèses
pédagogiques sur les grandes politiques publiques. C’est exactement la
direction que les citoyens appellent de leurs vœux : un débat public qui
s’appuie sur des faits partagés, et non sur des postures.
Mon expérience de députée et élue municipale, mon engagement sur les sujets
de culture et d’éducation, et tout simplement mon regard de citoyenne, me
conduisent à quelques réflexions que je serais heureuse de voir progresser en
ce domaine.
Généraliser la logique d’implication directe des citoyens.
La Cour organise déjà, depuis 2022, des campagnes de participation citoyenne
pour choisir ses thèmes de contrôle, désormais étendues aux chambres
régionales. C’est une bonne chose, qui mériterait selon moi d’être prolongée à
l’ensemble de l’information publique, avec l’appui de l’IA pour analyser et
vulgariser des données complexes.
Une saisine d’alerte citoyenne mieux intégrée à la programmation des
chambres.
Une plateforme de signalement existe depuis 2022, mais son efficacité reste à
prouver pour le citoyen : entre janvier 2023 et juin 2024, sur près de 1 500
signalements déposés, seuls 40 % ont été transmis pour suivi aux chambres
compétentes, et la Cour elle-même reconnaît ne pas être en mesure de dire
précisément combien ont débouché sur un contrôle réel. Aujourd’hui, la chambre
n’est même pas obligée de tenir compte de ces alertes dans son programme annuel
de travail. Il me semblerait utile que les signalements citoyens étayés et
fondés soient systématiquement intégrés à la programmation annuelle des
Chambres Régionales des Comptes, avec un bilan public et chiffré de leur
devenir, pas seulement du nombre reçu, mais du nombre ayant réellement donné
lieu à une enquête.
Un suivi renforcé des recommandations, étendu aux satellites associatifs.
Aujourd’hui, seules 26 % des recommandations adressées aux administrations
centrales sont totalement mises en œuvre trois ans après. Les CRC font mieux :
78 % de leurs recommandations émises en 2024 ont été mises en œuvre
complètement ou partiellement dès la première année, et 49 % totalement, preuve
que le contrôle de proximité fonctionne, quand il est doté des bons leviers.
Les collectivités et leurs EPCI ont d’ailleurs déjà l’obligation légale de
présenter, un an après un rapport d’observations, les actions correctrices
engagées, mais cette obligation n’est pas toujours publiée de façon
centralisée. Et surtout, elle ne s’étend pas aux associations sportives,
culturelles et sociales que ces collectivités financent et pilotent souvent de
très près, alors même que certaines gèrent des budgets publics considérables.
Il me paraît nécessaire d’étendre cette obligation de reporting structuré et
public à l’ensemble de ces structures satellites, et de garantir la publication
systématique des rapports de suivi, aujourd’hui trop souvent produits mais non
centralisés.
Remettre l’opportunité de la dépense au cœur du débat, en particulier pour
les grands projets.
La Cour documente depuis des années, avec constance, la dérive de nos grands
chantiers d’infrastructure : sur le Lyon-Turin, elle alerte depuis 2012 sur un
pilotage insuffisant et un projet disproportionné, et le coût du seul tunnel
transfrontalier est passé de 8,6 à 11,1 milliards d’euros. Le Grand Paris
Express a connu les mêmes alertes sur les coûts, les délais et la gouvernance.
Plus révélateur encore : en novembre 2025, la Cour a recommandé la suppression
pure et simple du Centre national des arts plastiques, pointant un modèle non
soutenable et un projet immobilier à Pantin dont le coût a doublé pour
atteindre 98 millions d’euros. La Cour documente, chiffre, alerte et le
politique referme encore trop souvent le dossier, sans même avoir à en débattre
publiquement.
À l’heure où la dette publique atteint 116,3 % du PIB et où nos taux
d’emprunt rejoignent ceux de l’Italie, une clause de revoyure systématique pour
tout grand projet d’investissement public au-delà d’un certain seuil me
semblerait salutaire : un réexamen contradictoire et public de sa pertinence et
de sa soutenabilité, avant chaque étape d’engagement financier majeur. Dans ce
cadre, les chambres régionales des comptes pourraient être mobilisées en
urgence pour formuler, projet par projet, des propositions concrètes aux
collectivités concernées, afin qu’elles puissent en délibérer publiquement
plutôt que de subir des dérives année après année. Ce n’est pas décider à la
place des élus locaux ou nationaux, c’est se donner les moyens de revisiter
collectivement des choix anciens à l’aune d’une situation budgétaire qui, elle,
a radicalement changé.
La Cour des comptes fait son travail, en toute indépendance. À nous,
responsables politiques à tous les échelons, de nous donner les moyens d’en
tirer les conséquences et d’assumer, y compris publiquement et projet par
projet, les arbitrages qu’elle nous impose de regarder en face.
> Quand le coût des déplacements devient tel que certains envisagent de renoncer à travailler, nous devons agir. À court terme, les aides doivent être simples, accessibles et ciblées vers ceux qui ont besoin de leur voiture pour travailler. Mais nous devons aussi préparer l’avenir. Avec Gabriel Attal, nous voulons accélérer l’électrification et étendre le leasing social pour permettre à davantage de Français d’accéder à un véhicule électrique à un prix abordable.
> Quand on travaille, on doit pouvoir vivre dignement de son salaire. Avec Gabriel Attal, nous voulons réduire fortement l’écart entre le brut et le net, pour que le travail paie davantage et que les salariés voient concrètement leur pouvoir d’achat augmenter.
> Nos priorités sont claires. Protéger le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent, permettre à nos entreprises de continuer à investir et à créer des emplois, et préserver notre compétitivité face à la Chine et aux États-Unis. Des efforts nécessaires doivent être justes et s’accompagner d’un véritable effort de l’État sur la dépense publique. Agences, dépenses inutiles, gabegies déjà pointées par les chambres régionales des comptes… Le Parlement doit pleinement jouer son rôle de contrôle pour que chaque euro dépensé soit utile.
> Sur la dette, je refuse le fatalisme. D’autres pays européens ont montré qu’il était possible de retrouver des marges de manœuvre et nous pouvons, nous aussi, agir. Lorsqu’il était Premier ministre, Gabriel Attal a assumé des choix forts avec 10 milliards d’euros de crédits annulés en 2024. Il avait également engagé une réforme de l’assurance-chômage pour réduire nos dépenses. Pour la suite, nous devons avoir le courage d’aller plus loin avec une profonde réforme des retraites, un système mêlant universalité et capitalisation, mais aussi des économies dans les dépenses de l’État et des collectivités.
Paul Midy (député)
> Encore une famille séquestrée pour des cryptomonnaies. Un couple et
ses deux enfants, pendant près de trois heures. Ça suffit ! Avec les députés
Ensemble, nous avons déposé une loi pour mieux protéger les acteurs de la
crypto et leurs proches, notamment en masquant les données personnelles des
dirigeants. On ne peut pas juste attendre le prochain enlèvement. Il est urgent
que cette loi soit adoptée !!
> Depuis trente ans, les résultats de notre pays n’ont pas été à la hauteur des attentes de beaucoup de Français. Si nous voulons vraiment changer leur vie, nous ne pouvons plus nous contenter de modifier quelques paramètres à la marge. Révolution de l’IA, transition écologique, bouleversements géopolitiques, vieillissement démographique : tout a changé, tout doit changer. Et ce programme, nous voulons le construire avec vous. Entrepreneurs, salariés, chercheurs, enseignants, étudiants, associatifs et citoyens : envoyez-nous vos idées, vos expériences et vos propositions. Pour obtenir de grands résultats, il faut renverser la table. Au travail !
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Voilà maintenant plusieurs décennies que je suis militant du MoDem. Je
suis resté un militant. On ne rejoint pas cette famille par hasard. On la
rejoint pour ses valeurs et ses convictions. On la rejoint aussi pour ses
visages amicaux et ses attitudes. Nous avons connu des défaites et des
victoires, siégé dans la majorité comme dans l'opposition, vu de nouveaux
talents nous rejoindre. Nous avons aussi vu la faiblesse de ceux prêts à
renoncer. Si nous sommes toujours là, c'est parce que nous portons une exigence
historique. Celle d'une sensibilité politique qui refuse la brutalité comme la
facilité. Il nous revient de la défendre. Celle aussi d'attitudes conformes à
ce qu'attendent nos concitoyens : l'humilité, la sincérité, la générosité sans
arrière-pensée. La France entre dans une séquence où tout invitera à la surenchère.
Notre responsabilité sera de tenir, de dire ce qui nous unit plutôt que ce qui
nous divise et de rappeler qu'aucun pays n'a jamais réussi en se déchirant.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Ce qu'il se passe en Allemagne doit nous alerter. L’AfD progresse. Et ce
n’est plus un accident électoral : elle arrive en tête en
Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, tandis que la CDU s’effondre à 4,9 %.
Pourquoi ? Il y a bien sûr des raisons propres à l’Allemagne, qui paie la fin
d’un modèle de dépendance poussé : une énergie russe bon marché, une sécurité
assurée par les États-Unis, une industrie allemande dépendante des exportations
et vulnérable à la montée en gamme de ses concurrents notamment chinois. En
quelques années, tout cela s’est effondré. Et ceux qui le subissent le plus
sont d’abord les Allemands de l’Est. Mais une leçon vaut pour toute l’Europe :
s’aligner sur l’agenda idéologique de l’extrême droite ne la fait pas reculer.
Durcir toujours plus le discours migratoire sans apporter de véritables
solutions ne répond pas aux inquiétudes des citoyens. C’est vrai aussi sur les
carburants dont les prix explosent. Bien sûr il faut des aides à la pompe. Mais
ce n’est pas une solution de long terme : sortons une bonne fois pour toutes de
notre dépendance aux énergies fossiles ! On les importe depuis des régions
soumises aux chocs géopolitiques et en plus elles polluent. C’est précisément
le sens du Pacte vert européen : faire de notre transition énergétique un pacte
d’indépendance. Notre monde change, de nouveaux défis apparaissent avec l’IA,
les tarifs de Trump et les tensions autour des détroits d'Ormuz et de
Bab-el-Mandeb. À nous, démocrates et Européens, de répondre aux inquiétudes
avec des solutions concrètes, pas avec les recettes de l’extrême droite.
> Cela n’explique pas tout de la progression très rapide de l’AfD en Allemagne. Mais nous avons un enseignement à tirer, nous Européens : À chaque fois que la droite s’aligne sur l’agenda idéologique de l’extrême droite, elle la fait monter. Cette stratégie est perdante partout en Europe.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Non, M. Trump, le rapprochement UE-Canada n’est pas
«risible», c’est une alliance et contre vous]
Le Canada est la plus européenne des Amériques. Le Canada est l’Europe en
Amérique mais si son Premier ministre a accepté, jeudi dernier, ce statut de
«membre associé» de l’Union que lui avait proposé la présidente de la
Commission, c’est avant tout que nous devons faire front.
Ce n’est pas dit mais c’est bel et bien une alliance politique qui vient de se
sceller, une alliance contre un homme dont Mark Carney n’a jamais prononcé le
nom, contre l’adversaire états-unien qui voudrait annexer le Canada, guigne le
Groenland et tente de nous faire tous plier à coups de tarifs douaniers.
Donald Trump a trouvé cela «risible», mais il ferait mieux
d’ouvrir les yeux et de voir que cette association du Canada et de l’Union
européenne était en germes dans le rapprochement entre l’Union, la
Grande-Bretagne et la Norvège ; dans la Coalition des volontaires formée par
Paris et Londres pour soutenir l’Ukraine ou encore dans la Communauté politique
européenne imaginée par Emmanuel Macron dès 2022 pour réunir l’ensemble des
démocraties européennes, membres ou non de l’Union, dans un seul et même forum.
A tâtons, il y a plusieurs années déjà que l’Union européenne cherche à faire
face à l’expansionnisme russe, au dumping chinois et à l’éloignement des
Etats-Unis en faisant émerger un réseau mondial de démocraties désireuses de
faire bloc contre ces trois menaces. Très présentes dans le monde et
bénéficiant des meilleures armées d’Europe, la France et la Grande-Bretagne
sont à la manœuvre et il est frappant que ce soit avec un pays où toutes deux
pèsent d’un si grand poids que les choses se soient maintenant accélérées.
Ce statut de membre associé reste à définir. Ce ne sera d’ailleurs pas
forcément simple mais aux Etats membres, aux pays candidats et à ceux qui
désireraient le devenir, la constellation européenne ajoute maintenant une
quatrième catégorie d’Etats dont le Canada n’est que l’avant-garde. Comme
«associés» et non pas membres, l’Australie, la Corée du Sud, la
Nouvelle-Zélande, le Japon peut-être un jour, la Turquie lorsqu’elle aura rompu
avec sa dérive autocratique, des Etats également d’Afrique et du Proche-Orient,
auraient ainsi vocation à se rapprocher de l’Union européenne dans ce qu’on
nomme déjà l’Alliance du futur et que je propose, pour ma part, d’appeler
l’Entente démocratique.
Ça reste à faire, dira-t-on. Utopie, disaient beaucoup d’Européens après les
discours d’Ursula von der Leyen et de Mark Carney mais c’est oublier là que
bien peu croyaient hier encore que l’Union marcherait vers une défense commune,
armerait l’Ukraine, envisagerait l’idée d’une préférence européenne pour
contrer la Chine, en viendrait à admettre l’éventualité de politiques
industrielles communes et chercherait à se doter d’un Conseil de sécurité.
En politique, nécessité fait loi. Le Canada en est la preuve mais toute la
question est de savoir si nous serons à la hauteur de l’enjeu, nous les
Européens. Une part croissante du monde souhaiterait que nous nous affirmions
pour pouvoir s’affirmer avec nous mais l’Union elle-même risque de se défaire
si nos votes donnent les commandes aux extrêmes droites dans plusieurs de nos
grandes capitales.
En France comme en Allemagne, nous ne sommes plus loin de réaliser le rêve
conjoint de Trump et de Poutine et même si nous renoncions à ce suicide, nos
institutions communes risquent de bientôt nous paralyser. Conçues pour un
marché commun, elles n’offrent à l’Union ni véritable pouvoir exécutif ni
véritable pouvoir législatif et lui interdisent par-là d’achever de se muer en
puissance politique.
C’est si vrai que lorsqu’Ursula von der Layen, à Strasbourg, tendait la main au
Canada ou lançait son Conseil de sécurité européen, elle outrepassait les
compétences données à une présidente de la Commission. Parce que les traités ne
répondent plus aux besoins d’aujourd’hui, elle les a de fait violés pour créer des
faits accomplis, heureux et nécessaires.
Pascal Canfin (député)
> [Opinion: L’Europe doit apprendre à dire non à la Chine]
Les chefs d’État et de gouvernement réunis en juin à
Évian dans le cadre du G7 et du Conseil européen ont enfin nommé un problème
que Bruxelles et de nombreuses capitales ont longtemps cherché à éviter :
la puissance industrielle chinoise représente une menace systémique pour
l’industrie européenne. « Notre déficit commercial avec la Chine s’élève
aujourd’hui à 1 milliard d’euros par jour. Il a atteint un point de bascule.
Certains disent que le second choc chinois est imminent. Nous le ressentons
pourtant déjà », a renchéri Ursula von der Leyen lors de son discours
annuel sur l’état de l’Union.
Le déficit commercial de l’Union avec la Chine ne cesse de se creuser et
l’Europe est dépendante de Pékin dans des chaînes de valeur stratégiques. Une
situation qui compromet la sécurité économique européenne, alors que Pékin
utilise de plus en plus les flux commerciaux comme arme géopolitique.
Dans ce contexte, le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité
économique, Maroš Šefčovič, a engagé en juin dernier un nouveau Mécanisme de
consultation sur le commerce et l’investissement avec son homologue chinois
Wang Wentao, dans l’espoir de résoudre par le dialogue les déséquilibres
structurels qui façonnent aujourd’hui cette relation commerciale. Les Européens
estiment que le succès de ce dialogue réside dans l’obtention de mesures
concrètes permettant de limiter les exportations chinoises vers l’Europe dans
des secteurs sensibles, et non dans une simple amélioration de l’accès au
marché chinois pour les entreprises européennes. L’échéance est fixée à début
octobre et les chefs d’État et de gouvernement se réuniront à Bruxelles les 15
et 16 octobre. Ce sera un moment clef qui permettra de répondre à la question
politique qui reste aujourd’hui entière : l’Europe se contentera-t-elle de
quelques ajustements à la marge côté chinois, car une majorité d’États membres
refusera de s’engager dans une « escalade », ou les États seront-ils
prêts à mandater la Commission pour renforcer drastiquement notre politique de
défense commerciale, notamment en adoptant de nouveaux outils législatifs pour
tenter d’imposer un rééquilibrage de notre relation commerciale avec la
Chine ?
Aucune de ces deux stratégies ne sera sans douleur. Opter pour le statu quo,
c’est prendre le risque de voir disparaître des pans entiers de notre tissu
industriel, qui n’a aucune chance de résister à l’offensive chinoise. Opter
pour la riposte, c’est s’engager dans une voie où la Chine ne manquera pas
d’exploiter nos vulnérabilités et de chercher à nous diviser. Les décideurs
européens, publics comme privés, devront faire preuve d’une grande constance,
car le pire serait de créer un rapport de force et de céder à la première
difficulté ; d’une grande solidarité, car une épreuve de force fera
nécessairement des gagnants et des perdants à court terme ; et d’une bien
plus grande capacité d’innovation et d’investissement qu’aujourd’hui, car si le
commerce extérieur avec la Chine est devenu si déséquilibré, c’est aussi parce
que Pékin a réalisé les innovations que nous n’avons pas faites à temps. Mais
la Chine n’est pas non plus sans faiblesses à notre égard, à commencer par sa
dépendance aux exportations vers le marché unique, qui est un moteur essentiel
de sa croissance économique, et donc de sa stabilité sociale.
Le diagnostic est désormais sans appel. En 2025, pour la première fois,
l’ensemble des États membres ont enregistré un déficit commercial avec la
Chine. À l’échelle de l’Union, ce dernier s’établit à 360 milliards d’euros
pour les biens. Et les échanges de services ne permettent pas de compenser ce
déficit, puisque l’Union dégage un excédent commercial de seulement 21
milliards d’euros. C’est là une différence notoire avec les États-Unis, où
Donald Trump met l’accent sur le déficit américain avec l’Europe concernant les
biens, qui est réel et s’élève à environ 200 milliards d’euros. Il se garde
toutefois de rappeler que les États-Unis réalisent un excédent presque
équivalent dans le commerce des services, d’environ 178 milliards d’euros. Avec
la Chine, rien de tel : le commerce des services est presque équilibré,
alors que celui des biens est ultra déficitaire pour les Européens. Un seul
chiffre résume la gravité de la situation : selon la BCE, 29 millions
d’emplois européens sont directement exposés à la concurrence chinoise, soit
27 % des emplois de la zone euro.
La Chine utilise son industrie comme levier de sa puissance. Sa politique
industrielle, ses ambitions géopolitiques et son modèle économique sont alignés
et coordonnés par l’État et le Parti communiste qui poursuit depuis des
décennies une stratégie d’autonomie stratégique, voire d’autosuffisance. En
2015, Pékin a lancé son plan «Made in China 2025»: un plan décennal visant à
atteindre 70 % d’autosuffisance dans les industries stratégiques et à
utiliser son marché intérieur pour faire émerger des champions industriels
capables de rivaliser sur la scène mondiale. La Chine produit aujourd’hui
37 % des biens manufacturés mondiaux et pourrait atteindre 45 % d’ici
2030.Si la Chine s’est cantonnée pendant des décennies aux industries à faible
valeur ajoutée telles que le textile, les jouets, l’assemblage bon marché, ce
n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, elle domine les principales chaînes de
valeur stratégiques de la transition écologique et numérique, des matières
premières à l’assemblage: batteries, panneaux solaires, matériaux critiques,
etc. La Chine produit plus de la moitié de l’acier mondial, 40 % des
produits chimiques et 80 % des panneaux photovoltaïques. Elle s’attaque
désormais au terrain de jeu de prédilection des Européens, et notamment de
l’Allemagne: l’automobile, les machines-outils, la chimie. Dans le secteur
automobile, la Chine est ainsi devenue en 2023 le premier pays exportateur de
voitures . Elle exporte aujourd’hui plus de voitures en Europe que les
Européens en Chine. C’est un renversement historique pour l’industrie
automobile allemande qui, depuis une vingtaine d’années, avait fait du marché
chinois une source clef de revenus.
En 2001, la Chine a rejoint l’Organisation mondiale du commerce, ce qui lui a
permis d’accéder aux marchés mondiaux sans devoir renégocier cet accès chaque
année. Ce statut apporte une prévisibilité qui stimule les investissements et
les exportations de manière exponentielle : alors que la Chine ne
représentait que 4 % des exportations mondiales en 2001, ce chiffre a plus
que triplé en un peu plus de 20 ans pour atteindre 15 % en 2023, faisant
d’elle de loin le premier exportateur mondial. Certains considèrent que son
accession à l’OMC fut une erreur au regard de la situation actuelle. Il est
toujours difficile de réécrire l’histoire, mais il est raisonnable de penser
que cette adhésion a accéléré le développement économique du pays, sans pour
autant produire la convergence vers le modèle de démocratie de marché
occidentale qui était l’un des bénéfices attendus par les dirigeants européens
et américains de l’époque.
Dès les années 1980, la Chine utilise l’accès à son marché intérieur comme un
levier stratégique en imposant des coentreprises aux entreprises étrangères qui
souhaitent y avoir accès. Elle force ainsi le transfert de technologies et de
savoir-faire vers les entreprises domestiques. L’objectif est non seulement de
permettre le rattrapage technologique mais, à terme, de faire des champions
capables de dépasser les rivaux occidentaux. La plupart des constructeurs
automobiles européens ont établi des coentreprises entre les années 1980 et
2000. En parallèle, la Chine a fait émerger des champions nationaux tels que
BYD ou Geely. En 2010, Geely a même racheté le constructeur suédois Volvo.
L’année dernière, les constructeurs chinois représentaient 60 % des ventes
mondiales de voitures électriques. Leur coût de production est inférieur de 30
à 40 % à celui des constructeurs européens, grâce à une stratégie
d’intégration verticale, à une rapidité dans le déploiement de l’innovation et
à une automatisation plus poussée qu’en Europe, dans des usines plus récentes
et donc plus productives.
La compétitivité en termes de coûts des entreprises chinoises s’explique
également par le fait qu’elles sont massivement subventionnées, que ce soit par
des aides d’État directes ou par le biais d’emprunts à taux préférentiels
adossés au système bancaire étatique. Selon l’OCDE, 60 % des parts de
marché gagnées par les entreprises chinoises depuis 20 ans ne s’expliquent ni
par leur productivité ni par leur innovation, mais par les subventions
publiques. Les entreprises chinoises reçoivent 3 à 8 fois plus de soutien
étatique rapporté à leur chiffre d’affaires que leurs concurrentes européennes.
Elles ne sont pas soumises à une norme implicite de rentabilité. L’objectif est
la conquête de parts de marché, à n’importe quel prix. Un quart des entreprises
chinoises qui opèrent aujourd’hui en Europe sont déficitaires. Parmi la
trentaine de constructeurs de voitures électriques présents en Chine, seuls
trois sont profitables. L’Europe ne peut rivaliser avec le coût du capital
chinois, car la Chine n’est pas une économie de marché. Cette notion de
« coût du capital » est largement absente des débats politiques,
alors qu’elle est au moins aussi importante que le coût du travail ou celui de
l’énergie. La compétitivité-coût repose aussi sur une politique de dévaluation
de la monnaie. La BCE et le FMI estiment la sous-évaluation du renminbi à
environ 15 %. La Chine utilise ainsi sa monnaie pour se créer
artificiellement un avantage compétitif supplémentaire, face auquel aucun gain
de compétitivité coût européen ne peut rivaliser.
Comme si cela ne suffisait pas, le déséquilibre commercial entre l’Union et la
Chine se traduit également par des barrières à l’entrée pour les entreprises
européennes sur le marché chinois. Résultat : les exportations depuis le
marché unique vers la Chine diminuent. Elles ont en effet connu une baisse de
30 % en volume entre 2017 et 2024, alors que la Chine a connu une
croissance de 40 % sur la même période. L’Union exporte aujourd’hui
davantage vers la Suisse que vers la Chine, qui est devenue la quatrième
destination des exportations de l’Union. Si les industriels européens exportent
moins vers la Chine, c’est aussi le résultat de la montée en puissance de
l’offre chinoise locale. Il y a vingt ans, la Chine achetait massivement des
machines-outils et des voitures allemandes. Aujourd’hui, elle achète des
voitures et des machines-outils chinoises. C’est une réalité : les
industriels chinois ont innové et investi bien plus que leurs homologues
européens au cours de la dernière décennie. Ils ont progressivement comblé leur
retard et sont désormais, dans de nombreux domaines, tout simplement plus
compétitifs.
Mais à cette réalité dont nous sommes responsables s’ajoutent les politiques
chinoises qui faussent les conditions de la concurrence. Si bien que même
lorsque les entreprises européennes sont plus performantes, elles perdent. Par
exemple, la Chine applique des clauses de « Buy China » dans
l’attribution des marchés publics, favorisant ainsi ses champions nationaux.
Depuis le début de l’année 2026, le prix des produits chinois est
artificiellement réduit de 20 % dans l’évaluation des offres.
Lorsque l’on rassemble l’ensemble des politiques chinoises visant à assurer la
compétitivité hors coûts et la compétitivité coût, on mesure le danger mortel
du tsunami auquel nous commençons tout juste à faire face.
Alors que Pékin a minutieusement construit une politique industrielle planifiée
et coordonnée depuis plusieurs décennies, l’Europe a délibérément choisi le
libre-échange comme stratégie de maximisation des gains : les entreprises
européennes ont mondialisé leurs chaînes de valeur, optimisé les coûts et fait
bénéficier les consommateurs européens de produits à prix plus compétitifs,
tout en utilisant le marché chinois comme relais de croissance, à l’image des
constructeurs allemands qui tirent encore aujourd’hui jusqu’à 30 % de
leurs profits des ventes en Chine. Le choix de la Chine s’est avéré bénéfique
tant pour les prix payés par les consommateurs que pour les dividendes des
actionnaires des grandes entreprises européennes.
Les bénéfices du commerce avec la Chine sont peu mentionnés dans le débat
français, car la France entretient un rapport presque exclusivement négatif à
la mondialisation. Nous avons en effet l’un des déficits commerciaux les plus
importants d’Europe depuis plusieurs décennies. Or, de nombreux pays européens,
à commencer par l’Allemagne, ont au contraire fortement bénéficié de cette
ouverture. Cette différence objective se traduit dans les débats actuels de
politique européenne : les Français y voient une évolution naturelle,
alors que les Allemands y voient une rupture, justifiée par la nouvelle donne
pour les uns, et un engrenage dans une guerre commerciale pour les
autres.
L’intégration des chaînes de valeur européennes avec la Chine, qui s’est
construite depuis 2001, a produit des dépendances structurelles que Pékin
utilise aujourd’hui comme instrument de pression économique. L’État chinois a
progressivement imposé des systèmes de licences à l’exportation pour des métaux
et des technologies critiques. En avril 2025, la Chine est même allée jusqu’à
imposer des restrictions à l’exportation de terres rares lourdes et d’aimants
permanents, indispensables aux moteurs électriques, à l’industrie éolienne et
aux équipements de défense.
En 2026, la Chine a franchi une nouvelle étape en adoptant deux décrets
supplémentaires : le décret 834 sur la « sécurité des chaînes
industrielles et d’approvisionnement » et le décret 835 sur la
« lutte contre l’exercice abusif de la compétence extraterritoriale par
des États étrangers ». Ces règlements viennent compléter la panoplie
d’outils coercitifs dont dispose la Chine et posent une nouvelle question
stratégique à l’Europe. En effet, ces dernières années, nous nous sommes dotés
d’un ensemble de réglementations visant à conditionner l’accès au marché unique
au respect de certains standards européens. Celles-ci impliquent la
récupération de données par les entreprises auprès de leurs fournisseurs, y
compris non européens, afin de vérifier la conformité des produits entrant sur
le marché unique. C’est le cas du règlement interdisant les produits issus du
travail forcé, entré en vigueur fin 2024, du mécanisme d’ajustement carbone aux
frontières, du règlement sur la déforestation, mais aussi du devoir de vigilance
et du reporting extra-financier. Or, ces nouveaux décrets chinois compliquent
sérieusement la tâche des entreprises européennes et de la Commission pour la
collecte de ces données, puisque la Chine se réserve le droit d’interdire leur
transfert pour des motifs de sécurité industrielle et de chaînes de valeur,
sans en définir précisément le champ d’application, afin de laisser toute la
place aux politiques discriminatoires. Le décret 835 a d’ailleurs déjà été
utilisé en mai 2026 pour bloquer une enquête de la Commission sur la firme
Nuctech au titre du règlement européen sur les subventions étrangères. Cette
nouvelle politique chinoise pourrait empêcher les entreprises européennes
actives en Chine de se conformer au droit européen, ce qui les placerait dans
une situation juridique complexe. Elle rendrait également bien plus difficile
pour la Commission européenne la conduite d’enquêtes aboutissant, par exemple,
à la mise en place de droits de douane contre les produits chinois.
C’est une dimension moins visible que l’affrontement commercial basé sur les
tarifs douaniers, mais tout aussi importante : la guerre des normes
extraterritoriales. La Chine s’attaque frontalement à l’Europe en tant que
puissance normative. Cela va au-delà de la seule question de la compétitivité
industrielle, car cela vise un élément clef de notre souveraineté politique
européenne : décider ce qui doit ou non entrer sur notre propre
marché.
L’heure n’est plus seulement au diagnostic. La puissance industrielle chinoise
a déjà des effets néfastes sur l’industrie européenne. Le logiciel européen,
longtemps basé sur une ouverture commerciale jugée gagnant-gagnant, doit être
repensé. La puissance européenne passera par deux impératifs
indissociables : d’une part, investir pour produire et innover en Europe
afin de réduire notre dépendance, et d’autre part, nous protéger lorsque des
pays ne respectent pas les mêmes règles.
La Chine a compris avant l’Europe que l’électrification n’était pas seulement
un impératif climatique, mais aussi un levier de compétitivité industrielle et
de souveraineté énergétique. Comme l’Europe, la Chine est pauvre en ressources
fossiles. Premier importateur mondial de pétrole brut, elle dépend à plus de
70 % des importations de pétrole, une vulnérabilité que les tensions
autour du détroit d’Ormuz ont rappelée. En deux décennies, la Chine a fait de
l’électrification une priorité stratégique. La part de l’électricité dans sa
consommation finale d’énergie est ainsi passée de 10 % au début des années
2000 à plus de 30 % aujourd’hui. En comparaison, ce taux stagne en Europe
autour de 20 % depuis vingt-cinq ans. En 2024, la Chine a atteint avec six
ans d’avance son objectif de capacité éolienne et solaire fixé pour 2030, tout
en investissant 625 milliards de dollars dans les énergies propres, soit le
tiers des investissements mondiaux dans ce secteur. Dans le nucléaire, la Chine
est également sur le point de dépasser les puissances nucléaires historiques.
Le pays construit actuellement presque la moitié des réacteurs en chantier dans
le monde, avec des délais de construction deux fois plus courts que la moyenne
mondiale.
On parle désormais d’un électrostate, par opposition aux pétrostates
qui ont bâti leur puissance sur le pétrole, à l’image des États-Unis. La Chine
ne se contente pas de déployer des capacités de production d’électricité
décarbonée à toute vitesse, elle organise tout son système électrique de
manière à en faire un levier de compétitivité industrielle. Elle développe un
réseau intelligent et décentralisé qui permet de transformer chaque point de
consommation en potentiel de flexibilité. Plus d’un milliard de compteurs
intelligents ont été installés. En octobre 2024, un marché spot interprovincial
de l’électricité a été lancé, permettant pour la première fois d’ajuster les
prix en temps réel afin de faire coïncider consommation et production
décarbonée compétitive à l’échelle nationale. À Shanghai, qui compte environ 25
millions d’habitants, le premier test à grande échelle de
« vehicle-to-grid » vise à démontrer la faisabilité d’utiliser les
voitures électriques comme des batteries sur roues capables de rendre des
services au réseau électrique.
Avec l’électrification, la Chine compte également exploiter le continuum de
l’automatisation et de la modernisation de l’appareil industriel. Au Forum de
Davos, le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, a fortement insisté sur le
fait que la transition verte est au cœur de la stratégie de croissance
chinoise, liant clairement la décarbonation à l’innovation et au développement
des nouvelles technologies de pointe. En effet, l’électrification crée les
conditions technico-économiques permettant le déploiement à grande échelle de
la robotisation et de l’automatisation des procédés industriels. Elle permet
ainsi aux industries, qui traditionnellement reposent sur des systèmes
énergétiques fossiles, de réaliser des gains de productivité. En 2024,
54 % des robots industriels étaient installés en Chine, selon la
International Federation of Robotics. L’électrification et la modernisation
industrielle vont donc de pair.
On le sait, l’objectif géopolitique ultime du Parti communiste chinois est de
forger un nouvel ordre mondial dont la Chine serait le centre, à l’image de ce
que les États-Unis ont fait au XXe siècle et l’Europe avant eux. Or, la
dépendance de la Chine aux énergies fossiles, dont les États-Unis sont le
premier producteur et exportateur mondial, rend cela impossible. C’est pour
cette raison que devenir un électrostate est un élément clef de la
stratégie chinoise, car c’est la condition de sa suprématie.
Côté européen, la Commission vient de publier une nouvelle stratégie
d’électrification pour le continent. La guerre au Moyen-Orient a une nouvelle
fois rappelé le coût de notre dépendance aux énergies fossiles importées, ainsi
que l’intérêt sécuritaire et économique pour l’Europe de procéder rapidement à
cette transition. Ce plan a pour objectif d’électrifier près de la moitié de
notre économie d’ici 2040, ce qui permettrait de réaliser jusqu’à 260 milliards
d’euros d’économies par an. Grâce à sa production électrique déjà largement
décarbonée, à son réseau électrique interconnecté et à son industrie nucléaire
mature, l’Europe a les moyens de rejoindre le club des électrostates. C’est une
stratégie gagnante sur tous les plans : pour la souveraineté européenne,
la compétitivité industrielle et la sécurité. L’enjeu pour les Européens est de
déployer simultanément la production des technologies propres essentielles à
cette électrification, tout en réunissant un consensus politique autour de cet
objectif. C’est là le cœur du choix que les chefs d’État et de gouvernement
européens doivent opérer : voulons-nous faire de l’Europe un électrostate,
condition de sa puissance face aux puissances fossiles que sont les États-Unis
et la Russie ? Tant que cette question n’aura pas été tranchée, nous
manquerons cruellement d’une vision stratégique et d’un cap clair.
Si l’Europe fait aujourd’hui face à un déficit de compétitivité, c’est en
partie le résultat d’un sous-investissement chronique des grandes entreprises
européennes dans leurs capacités productives, au regard de leurs résultats
financiers. L’Europe dispose d’un appareil industriel composé d’outils
productifs amortis qui génèrent de la rente à court terme, mais qui condamnent
la compétitivité à moyen terme s’ils ne sont pas modernisés. En face, la Chine
a construit des usines ultramodernes, automatisées et optimisées. En Europe,
pour chaque euro de profit réalisé, la part réinvestie dans de nouvelles
capacités productives a diminué de plus de la moitié en vingt-cinq ans, passant
de 18,9 % en 2000 à seulement 7,4 % en 2024. En parallèle, dans les
300 plus grandes entreprises non financières européennes, le taux de
distribution aux actionnaires est passé de 27 % à 68 % des bénéfices
nets sur la même période. Les versements aux actionnaires sous forme de
dividendes ou de rachats d’actions dépassent désormais structurellement
l’investissement productif.
La pression exercée par l’industrie chinoise sur les parts de marché et les
prix, combinée à l’exigence de distribution immédiate de dividendes et de
rachats d’actions pour faire monter les cours, pousse les dirigeants européens
à privilégier le très court terme au détriment de l’investissement. Cumulé sur
vingt-cinq ans, ce choix explique en partie pourquoi l’Europe se retrouve
aujourd’hui en position de faiblesse face à une Chine qui a fait le pari
inverse, sans contrainte de rentabilité à court terme. Le système chinois de
financement de l’innovation permet à des centaines de jeunes entreprises
d’émerger autour d’un même enjeu technologique. Financées à la fois par l’État
central et les provinces, elles se font ensuite concurrence. Les champions qui
se dégagent de cette compétition font alors l’objet d’une attention
particulière de la part du pouvoir central, qui les transforme en leaders
mondiaux pendant que les autres disparaissent.
L’Union n’a donc d’autre choix que d’investir beaucoup plus qu’aujourd’hui, en
commençant par faire émerger des capacités de production européennes dans les
secteurs stratégiques. Développer une industrie de la batterie, des terres
rares ou encore de la chimie verte est indispensable pour garantir notre
compétitivité et notre souveraineté à moyen terme. Si l’Europe ne peut pas
concurrencer la Chine sur le terrain de la compétitivité prix, elle doit se
concentrer sur l’innovation et les technologies de rupture. Prenons l’exemple
des batteries. La Chine contrôle et maîtrise parfaitement les technologies des
batteries lithium-ion et lithium fer phosphate. Elle produit des batteries de
qualité à des prix ultra-compétitifs. CATL, leader mondial incontesté, reconnaît
lui-même aujourd’hui n’être qu’au niveau 4 sur 9 de l’échelle de maturité
industrielle de la technologie des batteries solides. Ce qui signifie que la
compétition est encore ouverte. Mais cela ne signifie pas pour autant que
l’Europe doit abandonner complètement la bataille industrielle sur les
technologies actuelles, car l’innovation ne se construit pas sur du sable, mais
sur un écosystème industriel installé et agile, capable de l’amener à l’échelle
industrielle. L’exemple d’ASML aux Pays-Bas est très parlant : c’est
l’expertise de l’entreprise Philips, un géant historique dont de nombreux
métiers ont disparu, mais qui a su faire émerger en son sein un nouveau
savoir-faire et des compétences qui ont contribué à faire d’ASML le leader
mondial de la fabrication de machines de lithographie, indispensables à la
production de semi-conducteurs. Ce qui n’était qu’une filiale de Philips est
devenu l’une des plus grandes et des plus stratégiques entreprises européennes.
Si l’Europe se désindustrialise, elle perdra sa capacité à être un champion
industriel de demain. Nous voyons aujourd’hui avec l’industrie de la batterie
que créer des compétences prend du temps, plus de temps que prévu, et nécessite
des efforts financiers encore plus significatifs qu’anticipés. Mais sans cette
nouvelle base industrielle susceptible de générer des innovations de rupture,
nous n’aurons plus aucune chance dans la compétition avec la Chine.
La souveraineté industrielle européenne passera également par le déploiement de
technologies qui nous rendront moins dépendants de la Chine, notamment en ce
qui concerne les matières premières critiques. C’est pourquoi l’innovation doit
également porter sur leur substitution. C’est d’ailleurs le pari de certaines
entreprises européennes, comme Skeleton Technologies en Estonie, qui produit
des batteries sans cobalt ni graphite, ou Renault, pionnier des moteurs
électriques sans terres rares. Cet objectif stratégique doit maintenant être
généralisé grâce à des outils financiers dédiés qui pourraient être concentrés
au sein de la Commission européenne dans le nouveau Fonds de compétitivité
prévu dans le nouveau budget européen à partir de 2028.
Il faut également rappeler que la préservation d’une base industrielle
européenne n’est pas seulement un enjeu de compétitivité économique. C’est
aussi une question de souveraineté et de puissance géopolitique. En effet, il
existe des fondations communes entre l’industrie civile et l’industrie de
défense. La production de batteries, de terres rares ou de semi-conducteurs est
par exemple aussi importante pour les applications de défense. En cas de
conflit armé, il faut pouvoir mobiliser la production civile d’acier ou de
carburants alternatifs pour faire fonctionner l’aviation militaire. Une
industrie de défense de pointe a également besoin des synergies, des
compétences et du savoir-faire de l’industrie civile. Cette culture du double
usage civil et militaire est encore trop peu présente en Europe pour des
raisons historiques, alors qu’elle a parfaitement été intégrée par la Chine
dans sa propre politique industrielle, à l’instar des États-Unis, notamment
dans les domaines du spatial et du numérique.
Certains rappellent que la transition écologique génère elle-même de nouvelles
dépendances vis-à-vis de la Chine : les batteries des voitures
électriques, les terres rares, les panneaux solaires, etc. Toutefois, il ne
faut pas mettre ces nouvelles dépendances sur le même plan que la dépendance
européenne aux énergies fossiles. Dans un monde carboné où la maîtrise de
l’énergie est une arme, l’Europe n’a tout simplement pas les moyens de
rivaliser, car elle ne produit pas, et ne produira jamais, de pétrole ni de
gaz. Elle est obligée d’accepter un rapport de force qui lui est défavorable et
ne peut que gérer son risque en diversifiant ses approvisionnements. Dans le
domaine des matières premières critiques, la situation n’est pas aussi figée.
La domination chinoise n’est pas géologique ; elle est le produit d’une
politique industrielle délibérée. L’Europe a les moyens de réduire sa
dépendance en investissant dans l’extraction, le raffinage et le recyclage de
ces matières. Prenons l’exemple du lithium. L’Europe est capable d’assurer une
production européenne de lithium, car il y a des ressources géologiques de
lithium en Europe et car elle pourra, à terme, recycler le lithium des
batteries de voitures électriques en fin de vie, de manière à utiliser des
matières premières secondaires produites sur place. La dépendance actuelle à la
Chine ne porte d’ailleurs pas tant sur l’extraction que sur le raffinage et la
transformation, c’est-à-dire sur des capacités industrielles et non sur des
rentes géologiques contre lesquelles nous sommes impuissants.
Ce choc d’investissement pour faire émerger en Europe les chaînes de valeur
industrielle de demain ne peut se produire que si nos entreprises sont
confrontées à une concurrence loyale. Or, les conditions d’une concurrence
loyale avec la Chine ne sont pas remplies. Le marché européen est inondé par
des surcapacités massivement subventionnées. Le précédent du secteur solaire,
où la Commission avait établi des marges de dumping de 88 % dès 2013, a
coûté la vie à la filière photovoltaïque européenne. L’enquête de la Commission
sur les voitures électriques a quant à elle abouti à l’application de droits
compensateurs pouvant aller jusqu’à 35 % depuis 2024. Mais il faut cesser
de raisonner au cas par cas, souvent trop tard, pour passer à une logique
stratégique multisectorielle. C’est la décision politique qui reste à prendre,
et chaque mois perdu est un mois de retard.
Avec le Pacte vert, l’Europe a poursuivi une ambition claire : se
décarboner tout en assurant un cadre de concurrence équitable aux industries
européennes afin d’éviter le dumping climatique de ses concurrents. Le principe
est simple : les partenaires commerciaux doivent être soumis aux mêmes
règles que nos entreprises et respecter les normes européennes pour accéder au
marché. C’est cette logique d’équité de traitement qui nous a conduits à
adopter, en 2023, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, afin de
mettre un prix sur les émissions de CO₂ importées, ainsi que les critères de traçabilité et d’empreinte
carbone dans le règlement batteries. C’est la première manière pour l’Europe de
défendre ses intérêts industriels, par la norme d’accès au marché, une approche
efficace puisque l’Union européenne est l’un des premiers marchés au monde.
En parallèle, l’Europe a également renforcé sa boîte à outils de défense
commerciale, les outils traditionnels antidumping et antisubventions ayant
atteint leurs limites pour traiter la distorsion de concurrence systémique
imposée par la Chine. Ces mesures, conçues dans les années 1990, se sont
révélées trop lentes, trop ciblées et trop réactives, et pas assez
anticipatrices. Les procédures d’enquête peuvent parfois durer jusqu’à trois
ans. Dans le droit européen, les droits antidumping sont encadrés par la règle
dite du « droit moindre », ce qui signifie qu’ils répondent à une
mesure de dumping non pas par un droit de douane équivalent, mais par un droit
de douane suffisant pour compenser les effets économiques réels de ce même
dumping. Par exemple, selon ce principe, un droit de douane européen de
15 % en réponse à un dumping chinois de 25 % sur l’acier peut être
suffisant pour « combler » le dommage subi par l’industrie et
remettre tout le monde sur un pied d’égalité. La règle du droit moindre
« répare » l’impact du dumping sur le marché, mais elle n’égalise pas
les termes du dumping en lui-même. Cette règle a pour but d’éviter les guerres
commerciales et de prévenir les situations où notre industrie n’aurait pas ou
plus les moyens de produire ce que nous consommons. Toutefois, force est de
constater que face à un acteur comme la Chine, où le dumping fait partie d’une
stratégie de conquête massive, son caractère dissuasif laisse à désirer.
Surtout, il s’agit d’une règle que nous nous imposons nous-mêmes : tous
les pays membres de l’OMC n’optent pas pour cette approche. C’est notamment le
cas des États-Unis, qui ont une politique beaucoup plus dissuasive et alignent,
dans la très grande majorité des cas, leurs droits de douane sur le niveau de
dumping du pays en question.
Par ailleurs, les enquêtes de la Commission sont extrêmement ciblées, produit
par produit, ce qui empêche de prendre en compte la dimension systémique de la
distorsion qui peut impacter plusieurs segments d’une même chaîne de valeur.
Ces cinq dernières années, l’Europe a déployé de nouveaux outils plus adaptés
pour répondre à l’instrumentalisation des flux commerciaux par la Chine à des
fins coercitives. En novembre 2023, l’Union s’est notamment dotée d’un
instrument anti-coercition lui permettant de répondre aux pratiques coercitives
de pays tiers. Elle a également renforcé le filtrage des investissements
étrangers en adoptant, en juin 2026, un règlement révisé. Adopter de tels
instruments est une bonne chose, mais il est encore mieux de les utiliser. C’est
le cœur de la décision politique à prendre à l’automne 2026, comme l’a indiqué
Ursula von der Leyen en déclarant : « Nous utiliserons tous les
outils dont nous disposons pour rééquilibrer notre relation. »
Ces instruments témoignent d’un début de changement du logiciel européen. Il ne
suffit plus de conditionner l’accès au marché au respect des normes européennes
par nos partenaires commerciaux. Il faut parfois avoir la capacité de
restreindre ou de limiter les flux commerciaux, même s’ils sont conformes aux
règles européennes. Ce tournant est explicitement assumé dans la Stratégie de
sécurité économique européenne de juin 2023 et dans la communication de la
Commission de décembre 2025. Cette dernière reconnaît pour la première fois que
le commerce et l’ouverture économique ne peuvent plus être systématiquement
considérés comme des facteurs positifs, et que des pays tiers peuvent exploiter
l’interdépendance économique à des fins stratégiques et coercitives. C’est une
rupture conceptuelle majeure dont il faut se féliciter, et à laquelle la France
n’est pas étrangère, loin s’en faut.
Par ailleurs, une réflexion est également amorcée au sein des institutions
européennes sur la nécessité de se doter de nouveaux outils plus agiles et plus
structurels, afin de ne plus prendre de retard dans la protection légitime de
notre industrie face à une concurrence objectivement déloyale. S’il faut
corriger certains principes obsolètes, comme celui du droit moindre, il
convient surtout de déployer de nouveaux outils plus systémiques et adaptés à
la nature des risques commerciaux auxquels nous faisons face avec la Chine.
C’est le sens de l’appel du président de la République Emmanuel Macron, lors du
Conseil de juin 2026, en faveur d’un « équivalent européen de la Section
301 américaine », qui permet la mise en place rapide des droits de douane
après décision directe du président américain si une action d’un gouvernement
étranger entrave ou restreint le commerce américain de manière déraisonnable ou
injustifiable. Si l’utilisation de cette section par l’administration Trump est
plus que contestable, car totalement arbitraire, force est de constater qu’elle
confère de l’agilité politique pour se prémunir contre l’impact des
surcapacités que nous constatons aujourd’hui avec la Chine, et peut-être demain
avec l’Inde, et qui ne peuvent être appréhendées correctement par nos
instruments de défense commerciale actuels. Nous avons déjà, dans le droit
européen, une première brique qui ressemble à la Section 301 pour les
surcapacités, avec l’instrument de sauvegarde pour l’acier. Tout l’enjeu est
désormais de s’inspirer de la Section 301 américaine pour créer un instrument
de sauvegarde contre les surcapacités dans tous les secteurs. Le débat sur la
forme exacte de cet outil est ouvert, mais la direction est claire :
l’Europe a besoin d’un instrument à la hauteur du défi posé par la Chine, un
instrument capable de traiter les distorsions de manière systémique et qui soit
agile.
Le renforcement du volet protection ne doit pas servir d’excuse pour défendre
une industrie européenne rentière et polluante, ni pour ralentir la transition
climatique. Grâce à des technologies vertes matures et compétitives, la Chine
accélère aujourd’hui la transition climatique à l’échelle mondiale, notamment
dans les pays qui n’ont ni les moyens ni l’ambition de développer leurs propres
filières industrielles de voitures, de batteries ou de panneaux solaires, par
exemple. Pour de nombreux pays, l’offre chinoise constitue une solution et un
accélérateur de la décarbonation. Sur ces marchés, l’Europe peut jouer un rôle
si elle est capable de proposer ses propres solutions vertes à un prix
compétitif. Par ailleurs, de nombreux pays qui accueillent aujourd’hui des
investissements chinois massifs cherchent aussi à diversifier leurs partenaires
pour ne pas devenir dépendants de Pékin. C’est le cas, par exemple, du Brésil
et de l’Australie. L’Europe a donc une carte à jouer pour créer un espace de
coopération avec ces pays et devenir un partenaire alternatif crédible. En
Europe, une politique de protection assumée doit poursuivre un objectif
clair : permettre, à terme, de produire les mêmes technologies à un coût
compétitif que la Chine, ou bien de produire différemment, avec des innovations
plus chères, mais supérieures sur d’autres critères : durabilité,
performance, sécurité, etc. La compétitivité hors coût peut devenir un
positionnement assumé de l’Union, lui permettant de rivaliser sur les innovations
de rupture, à l’instar de la Chine il y a 20 ans.
Ni l’Europe ni la Chine n’ont intérêt à une guerre commerciale. Les chaînes de
valeur européennes sont très dépendantes de la Chine et les exportations
chinoises dépendent fortement du marché européen, d’autant plus depuis la
fermeture relative du marché américain. Mais le statu quo n’est pas une option,
car il conduirait à une agonie industrielle du continent. L’Europe doit
explorer une troisième voie pour rétablir un équilibre dans sa relation
commerciale, en identifiant et en exploitant ses forces pour construire la
réciprocité.
La Chine dépend de l’Europe pour écouler ses surcapacités industrielles.
L’économie chinoise est structurellement tournée vers l’exportation, car la
demande intérieure est insuffisante. La Chine ne représente que 13 % de la
demande mondiale de biens. Tout porte à croire que cette tendance va se
maintenir au vu du 15e plan quinquennal, adopté en mars 2026. Un tiers de la
croissance du pays repose aujourd’hui sur les exportations. Pour atteindre son
objectif de croissance de 4,5 à 5 % pour 2026, la Chine devra continuer à
miser sur ses exportations. L’Europe n’est pas le seul partenaire commercial de
la Chine, mais c’est un partenaire de choix qui présente des opportunités que
peu d’autres régions du monde sont en mesure d’offrir. L’Union est un marché de
450 millions de consommateurs et de 27 pays régis par un grand nombre de lois
communes. Prenons l’exemple des panneaux solaires : la demande est tirée
par un cadre réglementaire stable, les infrastructures de réseau sont
disponibles et le marché est régulé, ce qui offre une certaine prévisibilité
aux investisseurs. Aucune autre région du monde n’offre un tel ensemble.
L’Europe dispose également de technologies critiques que la Chine nous envie.
C’est le cas des machines permettant de fabriquer les puces les plus avancées,
produites par ASML, l’une des seules entreprises au monde à détenir cette
technologie. L’Europe dispose d’un écosystème de pointe qui contrôle des
technologies clefs de l’intelligence artificielle, comme les lasers de Trumpf
et les miroirs de précision de Zeiss, indispensables aux machines ASML.
D’ailleurs, un dispositif de restrictions à l’export a été mis en place depuis
2019. C’est un levier stratégique pour l’Europe si elle veut conserver son
avance technologique sur la Chine.
Avec l’Industrial Accelerator Act, l’Europe propose d’utiliser son marché
intérieur comme levier stratégique pour faire émerger des filières
stratégiques. L’IAA introduit pour la première fois la préférence européenne
dans les marchés et financements publics. La commande publique européenne
représente environ 14 % du PIB de l’Union, soit plus de 2 000 milliards
d’euros par an. L’Europe s’inspire ainsi de ce que font les États-Unis depuis
des années avec le Buy American Act. Avec l’Inflation Reduction Act, les
États-Unis ont poussé cette logique encore plus loin en conditionnant les aides
publiques à l’origine américaine de certains composants. Bien que
l’administration Trump ait supprimé une grande partie des crédits prévus pour
les énergies propres et les véhicules électriques, les restrictions concernant
les composants chinois ont été durcies dans le cadre du One Big Beautiful Bill
Act. Le budget américain est ainsi utilisé comme une incitation forte au
« derisking » des chaînes d’approvisionnement des entreprises.
L’Europe peut reproduire cette logique, à condition de l’assumer comme une
stratégie de puissance industrielle et non comme une simple politique de
compétitivité, car ce derisking a un coût. C’est pour cela qu’il doit être
appliqué de manière stratégique, en assumant qu’il s’agit du prix à payer pour
que la valeur et la maîtrise technologique restent sur le sol européen. Et qu’à
l’inverse, nous acceptions de ne pas vouloir « tout faire ». En
effet, le rythme de la transition climatique dépend aussi de l’accès à des
biens industriels à prix maîtrisés, comme les panneaux solaires. D’ailleurs,
même lorsque le panneau solaire est fabriqué en Chine, sa pose, sa maintenance,
etc., continuent de créer de la valeur en Europe. Il est donc nécessaire d’opérer
une distinction entre les différentes technologies. Ce n’est pas un exercice
politique facile, mais quand tout devient prioritaire, plus rien ne
l’est.
L’IAA prévoit une autre mesure structurante en reproduisant ce que la Chine a
mis en œuvre pendant des années. Pendant quarante ans, les entreprises
européennes souhaitant accéder au marché chinois ont dû accepter les conditions
de Pékin : coentreprises obligatoires, production locale, transfert forcé
de technologies et de savoir-faire. Cela a largement contribué au rattrapage
industriel du pays. Il faut toujours rappeler que ce rattrapage a ensuite servi
de base à une vague d’innovations véritablement made in China, ce qui est à
leur mérite, mais il ne faut pas oublier les conditions initiales posées par le
régime chinois. La situation est aujourd’hui inversée : ce sont désormais
des acteurs chinois qui souhaitent s’implanter en Europe. Le risque est que
cela prenne la forme d’usines « tournevis » : des composants
importés de Chine et assemblés en Europe, sans transfert de compétences, sans
intégration dans les chaînes de valeur locales, sans création de valeur ajoutée
réelle et avec, parfois, des bataillons entiers de travailleurs chinois, comme
c’est le cas en Hongrie où la construction de l’usine BYD de Szeged a mobilisé
des milliers d’ouvriers chinois. Ces implantations chinoises « hors
sol » n’apportent rien à la souveraineté industrielle européenne. Si l’on
veut que l’IAA protège efficacement nos industries, il faut revoir la
définition du « Made in Europe » proposée par la Commission en mars
dernier. En incluant jusqu’à 80 partenaires commerciaux dans cette définition,
la Commission a créé une faille que la Chine pourrait exploiter. Par exemple,
le Maroc pourrait se transformer en arrière-base industrielle de la Chine, qui
exporterait des produits à des prix ultra-compétitifs vers l’Europe sous
l’étiquette « Made in Europe ». Investir au Maroc permettrait aux
entreprises chinoises d’avoir le meilleur des deux mondes : une structure
de coûts bien plus basse qu’en Europe et un accès illimité, sans droits de
douane, au marché unique. Et la Chine l’a bien compris, puisqu’elle a proposé
au Maroc un accord de libre-échange. Au lieu de la proposition de la Commission
qui labellise « Made in Europe » la production réalisée dans 80 pays,
et donc « Made in Europe » un produit fabriqué au Vietnam ou en
Turquie, l’Europe doit préférer une approche par cercle concentrique : un
premier cercle limité aux pays de l’Union et de l’espace économique européen,
un second cercle de réciprocité totale avec les quelques pays ayant des
structures de coûts comparables, comme le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et
la Corée du Sud, et enfin une ouverture au cas par cas, en fonction de nos
intérêts et des enjeux par chaîne de valeurs. Concrètement, cela reviendrait à
labelliser « Made in Europe » ce qui est véritablement produit en
Europe, et à accorder un traitement équivalent aux produits fabriqués dans les
pays amis de l’Europe du cercle de réciprocité totale. Ensuite, les autres pays
souhaitant bénéficier de l’équivalence « Made in Europe » devraient
la négocier en échange de garanties réelles.
L’objectif de l’Union n’est pas de se fermer. L’IAA offre l’opportunité de
construire des coalitions avec des partenaires touchés par le même choc
industriel et partageant des intérêts similaires aux nôtres. Des pays comme le
Japon, le Canada ou la Corée du Sud peuvent être des alliés qui renforcent
notre position dans les négociations avec Pékin. L’IAA donnerait alors un
contenu opérationnel à l’alliance des puissances moyennes que Mark Carney,
premier ministre du Canada, appelle de ses vœux depuis 6. Cette alliance s’est
concrétisée avec la présence de ce dernier mi-septembre lors du discours sur
l’état de l’Union au Parlement européen, ainsi qu’avec la proposition d’Ursula
von der Leyen de faire du Canada le premier membre associé de l’Union. Cette
proposition a été acceptée par le Premier ministre canadien et nous allons
maintenant y travailler. C’est une décision historique qui montre que, face aux
tensions géopolitiques, l’Europe est capable de construire l’alliance des
démocraties. Elle a un rôle majeur à jouer dans la recomposition géocommerciale
du monde. Cela passera par la création d’un espace de coopération fondé sur des
règles actualisées et une réciprocité réelle, que l’OMC n’est plus en mesure
d’offrir. En effet, les règles de l’OMC ont été fondées sur un postulat qui ne
tient plus : celui selon lequel le libre-échange profite à tous en raison
des avantages comparatifs des pays. Or, ce postulat n’est plus valable
aujourd’hui, car un seul pays, la Chine, concentre les capacités
manufacturières des secteurs industriels clefs. Deuxièmement, l’OMC ne
fonctionne que si tout le monde respecte ses règles. Or, si un acteur comme la
Chine ne les respecte plus, alors c’est l’organisation tout entière qui ne
fonctionne plus. On pourrait penser qu’il suffirait d’exclure la Chine de
l’OMC. Mais il n’existe aujourd’hui aucun mécanisme permettant d’exclure un
pays. Dans ce contexte, la création d’une OMC alternative avec les pays alliés
partageant un intérêt similaire au nôtre ne serait-elle pas une meilleure
solution ?
Cette troisième voie, qui se situe entre la guerre commerciale et le statu quo,
nécessite un prérequis politique : l’unité européenne. La bonne nouvelle,
c’est que les positions nationales évoluent. L’Allemagne, qui s’est longtemps
illustrée par son opposition à un durcissement de la politique commerciale à
l’égard de la Chine, commence à évoluer. L’économie allemande est fortement
touchée par le choc industriel qui affecte ses secteurs historiques, comme
l’automobile, les machines-outils et la chimie. Le déficit commercial de
l’Allemagne avec la Chine a atteint 89,3 milliards d’euros en 2025, soit une
hausse de 33,5 % par rapport aux 66,9 milliards d’euros enregistrés en
2024. L’Allemagne, qui bloquait les tarifs douaniers sur les véhicules
électriques en 2024, est différente de celle qui est aujourd’hui ouverte aux
discussions, aux côtés de la France, sur la réponse à apporter à la politique
industrielle agressive de la Chine. Quant à l’Espagne, elle demeure dans une
position ambiguë en raison de la multiplication des investissements chinois sur
son sol qui ont été multipliés par quatre en un an, passant de 149 millions
d’euros en 2024 à 643 millions en 2025. Madrid vante les mérites de son énergie
propre et compétitive, ainsi que le coût de sa main-d’œuvre, pour se
positionner comme un hub des technologies vertes. Résultat : le
constructeur automobile Chery y a ouvert sa première usine du continent et CATL
construit avec Stellantis l’une des plus grandes gigafactories de batteries
d’Europe à Saragosse. Pour parvenir à une réponse collective, il sera
certainement nécessaire de gérer l’asymétrie de l’impact d’une escalade
commerciale sur les États membres. C’est le sens de la proposition de la
Commission de créer un Fonds de solidarité européenne entre les États pour
mutualiser en partie les gains et les pertes d’une stratégie plus offensive.
Or, on le sait, cette mutualisation est l’un des sujets les plus sensibles au
Conseil, où chaque gouvernement a tendance à défendre son intérêt individuel à
court terme. Le rôle du Parlement sera clairement de défendre l’intérêt général
européen, mais cela implique une majorité pro-européenne aujourd’hui mise à mal
par la montée des partis nationalistes et de leur alliance de plus en plus
fréquente avec la droite traditionnelle du PPE. Sans unité politique
européenne, il est évident que la Chine exploitera nos divisions.
Mais le plus grand défi n’est pas forcément celui que l’on croit. Ce qui
empêche aujourd’hui une réponse européenne ambitieuse, c’est le profond
désalignement entre les entreprises européennes elles-mêmes. C’est le problème
le plus sous-estimé du débat sur la sécurité économique et peut-être le plus
difficile à résoudre. Beaucoup de très grandes entreprises ne souhaitent pas un
durcissement des règles commerciales vis-à-vis de la Chine, soit par crainte de
représailles sur leurs chaînes d’approvisionnement largement localisées en
Chine, soit parce qu’elles ont une stratégie d’investissements en Chine pour
ensuite produire pour le monde entier, y compris pour l’Europe. À titre
d’exemple, le plus important investissement récent du géant allemand de la
chimie BASF n’est pas en Europe, mais en Chine. En mars 2026, BASF a inauguré
un nouveau site de production flambant neuf qui a nécessité un investissement
de près de 9 milliards d’euros. C’est tout simplement le plus grand
investissement de l’histoire du groupe. Une partie des exportations chinoises
vers l’Europe provient d’entreprises européennes implantées en Chine, mais il
n’existe aujourd’hui pas de données fiables permettant de quantifier ce
phénomène. Il est clair que certains groupes ont pour stratégie à moyen terme
de fermer leur base industrielle vieillissante en Europe pour ensuite exporter
depuis la Chine vers l’Europe. Et comme ces géants ont un accès direct aux
gouvernements, ils forment une force de lobbying qui freine une politique
commerciale plus restrictive. Par ailleurs, chaque secteur réclame une
protection, mais refuse que celle-ci s’applique à ses fournisseurs ou à ses
clients par peur d’une augmentation des coûts. Le secteur de l’acier réclame
une protection maximale, ce qui renchérit le coût des voitures, ce que refusent
les constructeurs européens, déjà pris dans une concurrence féroce avec leurs
concurrents chinois. Prise individuellement, chaque décision d’entreprise est
parfaitement rationnelle, mais elle constitue un obstacle au consensus européen
nécessaire sur notre doctrine de sécurité économique.
Il est donc essentiel d’instaurer une forme de coordination et d’alignement
entre les pouvoirs publics et les entreprises européennes pour pouvoir jouer en
équipe. La Chine n’a pas ce problème, car les entreprises privées opèrent sous
la direction du PCC. L’alignement des intérêts privés et des objectifs
stratégiques de Pékin passe notamment par la présence de cellules du PCC au
sein des grandes entreprises privées. Aux États-Unis, on débat aujourd’hui de
mécanismes qui assureraient le respect par les nouveaux leaders de l’IA des
grands objectifs stratégiques nationaux. C’est dans ce contexte que Sam Altman
a proposé de céder 5 % du capital d’OpenAI à l’État américain, dans le
cadre d’une initiative plus large où les géants de l’IA alimenteraient un fonds
souverain permettant de redistribuer les bénéfices de l’IA aux citoyens. Ce
débat est aujourd’hui inexistant en Europe, alors qu’il est absolument central.
La réponse européenne à la puissance industrielle chinoise n’est pas seulement
un défi industriel, mais aussi un test politique. Si les États membres se
divisent et que les entreprises agissent contre les intérêts européens,
l’Europe offrira alors à la Chine exactement ce qu’elle recherche. Le plus
grand défi n’est pas de construire les bons instruments, mais d’avoir la vision
et la volonté politique collective nécessaires pour y parvenir. La question est
aujourd’hui de savoir si nous sommes prêts à assumer un choix collectif qui
nous renforcera en tant qu’Européens, mais qui entraînera inévitablement des
conséquences nationales asymétriques. Mais sans ce sursaut collectif, l’Europe
s’expose à un avenir qui sera perdant sur tous les plans : pour les États
membres, pour l’industrie européenne et pour la souveraineté européenne. Donc
pour notre démocratie et pour nos libertés. Ce test politique, nous avons déjà
été capables de le réussir par le passé. Lorsque nous avons créé le marché
unique, lorsque nous avons créé l’euro ou encore lorsque nous avons mis en
place le plan de relance à la suite de la pandémie de Covid. À chaque fois, le
saut semblait impossible, mais l’Europe l’a fait. Et nous avons ainsi réussi à
écrire notre avenir.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Mercredi dernier, Ursula von der Leyen prononçait son discours sur l’état
de l’Union. J’en retiens 3 enjeux qui font directement écho aux travaux du Plan
- S’adapter au changement climatique. Cela signifie ne plus penser uniquement
la réduction des émissions, qui reste essentielle, mais aussi l’adaptation de
nos territoires au changement climatique. C’est précisément l’un des enjeux des
travaux récents du Plan : adaptation des villes, des horaires et conditions de
travail, de nos services publics, planification à l’échelle territoriale…
- Réduire nos dépendances. La présidente de la Commission a rappelé que le
déficit commercial de l'UE avec la Chine atteignait désormais environ 1
milliard d'euros par jour ! Et alerté sur un « nouveau choc chinois »
touchant l’industrie européenne. Le’ Plan a publié un rapport qui a fait date
et référence - « L’industrie européenne face au rouleau compresseur
chinois ». La menace industrielle chinoise est systémique. Nous devons
réagir en innovant et en nous protégeant - massivement et vite ! Un changement
de logiciel vital.
- Retrouver le temps long et célébrer la culture européenne. Ursula von der
Leyen propose un nouveau « Congrès de l’Europe », réunissant intellectuels,
scientifiques, artistes et citoyens pour penser l'avenir du continent.
Retrouver le fil de l’humanisme européen, c’est exactement ce que nous avons proposé
et initié il y a un an, avec le projet d’une « Académie d’Europe » :
la science, la culture et le débat pour éclairer nos choix collectifs !
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Économie de l’attention, manipulation, impact sur nos relations : nous
devons agir maintenant. J’ai créé un groupe de travail pour une IA protectrice
des enfants, parce que ce sujet exige que tout le monde se mobilise. La
technologie au service de l’humain, jamais l’inverse !
> Protéger nos enfants du numérique, ce n’est pas demander aux parents de mener un combat inégal face aux algorithmes. Le sens du kids act, c’est transférer la responsabilité vers concepteurs et plateformes. Un immense pas que fait l’Union européenne pour la stabilité des peuples.

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