mardi 22 septembre 2026

Propos centristes. France – Protection des enfants / Prix des carburants / Budget 2027 / Intelligence artificielle / Crises mondiales / Soutien à l’Ukraine / Menaces chinoises…


Voici une sélection, ce 22 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Les crises du monde ne s’arrêtent pas à nos frontières. Elles impactent nos compatriotes, menacent notre sécurité, notre pouvoir d’achat, notre avenir. Arrivé à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, j’ai rencontré le Président Trump puis le Président Zelensky. Défendre nos intérêts, faire respecter le droit international et bâtir des coalitions capables d’obtenir des résultats : dans un monde en désordre, la France fait entendre sa voix. Une voix de paix, de souveraineté et de coopération.

> Entretien approfondi ce soir avec le Président Zelensky. Les frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes menacent de priver des millions de familles de chauffage et d’électricité. La France sera aux côtés de l’Ukraine pour affronter l’hiver et le G7 Énergie sera également mobilisé à ses côtés. Nous renforçons sa défense antiaérienne avec la signature d’un contrat pour la livraison de radars, ainsi que la fourniture d’intercepteurs. J’ai également abordé ce soutien avec le Président Trump, ainsi que la perspective d’une trêve énergétique et d’un moratoire en mer Noire, que nous soutenons. Ce sera un enjeu des négociations qui doivent reprendre et qui doivent mener à une paix juste et durable.

> Dès mon arrivée à New York, j’ai rencontré le président Donald Trump. Nous avons décidé d’agir ensemble pour résorber les tensions sur les marchés de l’énergie, en protégeant les infrastructures critiques au Moyen-Orient et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Nous allons aussi mettre nos efforts en commun pour obtenir un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et contre les infrastructures civiles ukrainiennes. Les populations civiles doivent être protégées et nous devons engager au plus vite une négociation sérieuse sur les conditions de la paix entre la Russie et l’Ukraine.

> À chaque fois que j’en ai l’occasion, j’adresse aux investisseurs un message simple : choisissez la France ! Pour eux, ce sont les talents et le savoir-faire français. Pour nous, des emplois et la vie des territoires. À New York, avant de me rendre à l’Assemblée générale des Nations unies, je retrouve les représentants de vingt banques et fonds d’investissement.

> [Déclaration aux côtés du Premier ministre du Canada à Saint-Pierre-et-Miquelon] Bienvenue, Monsieur le Premier ministre. Bienvenue à Saint-Pierre-et-Miquelon. C’est une immense fierté pour nous tous de vous accueillir dans cette terre française d’Amérique du Nord : notre République, votre continent. C’est le premier déplacement officiel d’un Premier ministre canadien à Saint-Pierre-et-Miquelon. Votre visite aujourd’hui, votre présence et les échanges que nous avons pu avoir marquent d’ores et déjà l’histoire. J’y vois, au fond, le symbole d’une conviction partagée : celle que notre relation ne se construit pas seulement depuis Paris ou Ottawa, mais aussi dans nos territoires et, en l’occurrence, dans ce territoire qui fait de nous des voisins.
Ici, 25 kilomètres de mer seulement nous séparent des côtes de Terre-Neuve. C’est notamment par cette proximité que le Canada et la France ont noué des liens profonds. Par une histoire partagée, d’abord : celle de pêcheurs, de marins, de familles qui, de génération en génération, circulent entre l’archipel et Terre-Neuve. Par une économie historiquement façonnée par la pêche et la mer, puis nourrie par les échanges entre nos deux rives. Par la langue aussi : le français, qui relie Saint-Pierre-et-Miquelon aux communautés francophones du Canada et rappelle combien nos cultures se répondent. Votre présence témoigne de la solidité de cette relation ancienne qui unit nos deux pays, de cette communauté de valeurs, d’intérêts et de destin que nous avons forgée au fil du temps. Car oui, le Canada et la France portent le même regard sur la période que nous traversons. C’est ce qui donne aussi à votre présence aujourd’hui un caractère tout singulier. Oui, nous croyons ensemble que nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le rester. Nous croyons, l’un et l’autre, dans la démocratie, l’État de droit, le respect du droit international, le commerce libre et équitable, la science sur laquelle reposent nos décisions et l’autonomie stratégique que nous défendons. C’est ce qui unit très profondément le Canada et la France, le Canada et l’Union européenne.
C’est pourquoi nous soutenons hautement cet agenda de rapprochement, dans cette « alliance du futur » que vous avez nommée, en tant qu’État associé, comme l’a dit la présidente de la Commission, comme membre à part entière d’une Communauté politique européenne à laquelle vous nous avez fait l’amitié de venir, il y a quelques mois, à Erevan : cette coalition des indépendants à laquelle nous croyons l’un et l’autre. La place que le Canada occupe au sein de la coalition des volontaires que nous avons bâtie pour l’Ukraine, les nombreux partenariats qui sont déjà les nôtres et tout ce que nous allons renforcer le montrent ô combien. Votre présence aujourd’hui vient, en quelque sorte, marquer une étape supplémentaire de ce rapprochement, dans la période qui est la nôtre, et de cette volonté d’agir ensemble. Alors oui, nous serons ensemble, l’un et l’autre, dans quelques jours à New York, pour défendre le même agenda lorsqu’il s’agit de la Palestine, de la protection de nos enfants face aux réseaux sociaux ou à l’intelligence artificielle, de la régulation de l’intelligence artificielle. Sur tous ces dossiers, comme sur l’Ukraine, nous sommes côte à côte. Mais, en étant ici, à Saint-Pierre-et-Miquelon, au fond, nous construisons un caractère encore plus concret à ce rapprochement. Ici, nous sommes déjà forts de trente ans de coopération régionale. Depuis 1996, la commission mixte réunit les provinces atlantiques canadiennes et Saint-Pierre-et-Miquelon. Nous voulons que cette commission aille plus loin.
Mais, ensemble, avec Monsieur le Premier ministre, nous voulons donner un nouvel élan. Nous souhaitons évidemment travailler avec nos amis canadiens afin de pouvoir prochainement proposer à l’archipel de nouvelles possibilités en matière de formation professionnelle, en particulier appliquée au domaine de la pêche, ou d’enseignement supérieur. J’ai déjà demandé que le ministre de l’Enseignement supérieur accompagne les étudiants de Saint-Pierre-et-Miquelon qui souhaitent suivre leurs études dans les universités canadiennes, en prenant en charge le différentiel des droits d’inscription. Nous avons aussi acté plusieurs rapprochements.

Mais ce que nous avons surtout décidé, c’est qu’ensemble, en lien très étroit avec la collectivité et ses élus, nous allons demander à nos deux gouvernements de travailler à un rapprochement profond entre nos deux pays : en matière de pêche, de sécurité et de missions communes, d’énergie, dans tous les domaines où nous pouvons trouver un agenda qui soit positif pour le Canada et pour la France, qui soit pertinent pour Saint-Pierre-et-Miquelon et pour votre pays.
Une page difficile a été écrite, chacun ici le sait, en 1992, et elle a traumatisé Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous n’étiez pas aux responsabilités. Je n’étais pas aux responsabilités.
Le cours du monde contemporain et votre présence aujourd’hui nous imposent d’en ouvrir une nouvelle. C’est celle que nous allons écrire. C’est celle aussi que nous voulons écrire à travers les grands projets d’avenir. Par les connexions et les câbles sous-marins, pour lesquels le partenariat entre la France et le Canada a du sens, ici en particulier. En matière de spatiale, où le partenariat est essentiel et où nous voulons aussi, évidemment, le déployer ici. Et en matière de climat, qui sera un axe fort de notre partenariat. En effet, dans l’Atlantique Nord, les bouleversements sont déjà là. Les océans se réchauffent, les écosystèmes évoluent, les activités de pêche et les populations sont contraintes de s’adapter. Ces changements sont visibles. C’est pourquoi aussi nous renforcerons la coopération entre nos services météorologiques, pour mieux anticiper les événements extrêmes et prévenir les risques. Nous approfondirons également notre action en matière de systèmes d’alerte précoce, dans le cadre de l’initiative CREWS. Et enfin, nous annonçons aujourd’hui la création du Forum de recherche polaire Canada-France, qui sera organisé alternativement dans nos deux pays et dont la première édition se tiendra ici, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Le Premier ministre et moi-même avons également parlé de nos économies, de nos liens bilatéraux, de tout ce en quoi nous croyons et de tout ce que nous voulons faire avancer : en matière de défense, de ressources critiques, de minerais critiques, de terres rares, d’énergie, de quantique, d’intelligence artificielle et de technologies maritimes. Et à nous de transformer tout cela en projets, en investissements et en emplois. Je me félicite, à cet égard, du contrat signé vendredi entre Aldoria et le ministère canadien des Travaux publics et des Services gouvernementaux, pour la fourniture de données de surveillance de l’espace au bénéfice de la division spatiale des Forces armées canadiennes. Je salue également le protocole d’entente adopté à l’occasion de cette visite entre CCI France et la Chambre de commerce du Canada.
Et puis, je l’évoquais, nous devons aussi œuvrer ensemble pour sécuriser nos approvisionnements énergétiques et maîtriser les prix du carburant, sujet ô combien sensible aujourd’hui pour la France. C’est la situation au Proche et au Moyen-Orient, évidemment, qui crée cette tension. Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer — et sont importants pour notre Europe — et contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays. Nous avons, là aussi, entamé une discussion bilatérale avec Monsieur le Premier ministre sur des projets très concrets. Je veux le remercier d’avoir si vite répondu à notre demande concernant les produits les plus sensibles, afin de pouvoir bâtir des solutions ensemble, le Canada étant un grand pays producteur. Nous continuerons cette discussion dans le cadre bilatéral, ainsi que dans le cadre d’un G7 consacré au sujet énergétique, qui sera très prochainement organisé.
Cher Mark, à Saint-Pierre-et-Miquelon, la mer est une réalité quotidienne pour celles et ceux qui font vivre ce territoire. Elle est aussi ce qui nous relie. Elle est aussi ce qui fait du Canada non seulement cette puissance qui veut aujourd’hui se rapprocher de l’Europe, mais ce pays si voisin de nous, Français. C’est pourquoi vous avez réparé, au fond, une aberration de l’histoire : qu’il n’y ait jamais eu auparavant de Premier ministre canadien foulant ce sol. C’est une immense fierté pour nous d’être là. C’est une immense fierté que les projets concrets que nous avons décidé d’accompagner et, surtout, d’avoir décidé ensemble d’ouvrir ce nouveau chapitre, ce nouvel élan pour la relation bilatérale et pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Votre présence ici nous engage et nous poursuivrons.
Vive Saint-Pierre-et-Miquelon !
Vive le Canada !
Et vive la France !

> [Déclaration à son arrivée à Saint-Pierre-et-Miquelon] Très heureux d’arriver, de rejoindre la ministre qui est là depuis quelques jours, et de pouvoir être à vos côtés à Saint-Pierre-et-Miquelon pour ce déplacement qui va me permettre d’abord de travailler avec la ministre, Monsieur le préfet et nos élus qui sont là, pour un peu faire le tour des enjeux. Et puis, on aura l’occasion, tout au long de cette visite, d’abord de parler des sujets économiques, à la fois des sujets d’aménagement, de développement économique, de diversification, de pêche, d’avoir aussi plusieurs entreprises qui vont confirmer ici des investissements qui sont importants et qui montrent d’ailleurs le caractère stratégique de Saint-Pierre-et-Miquelon. Des câbles au spatial, c’est très clairement un sujet d’avenir.
Pour la première fois de notre histoire, on aura la visite officielle d’un Premier ministre canadien demain midi. Et c’est un moment important aussi qu’on a conçu avec le Premier ministre Carney, qui va ainsi d’abord nous permettre d’améliorer les perspectives de coopération entre le Canada et Saint-Pierre-et-Miquelon. Et puis, plus largement, travailler et consolider nos relations économiques bilatérales, comme nos relations aussi de défense, et donner un contenu encore plus fort à cette autonomie stratégique que nous partageons. Vous savez combien le Canada se rapproche de l’Europe. Eh bien, si je puis dire, cette alliance prend un tour boréal en étant ici sur ce sol et en pouvant la concrétiser.
Puis, j’aurai évidemment l’occasion de revenir sur plusieurs sujets aussi d’adaptation au changement climatique. On le fera dès demain matin. Et puis, évidemment, de parler de notre stratégie polaire, car, de la recherche à notre stratégie militaire, très clairement, nous avons à Saint-Pierre-et-Miquelon une stratégie ici qui se consolide, en lien très étroit d’ailleurs avec le Canada et avec le Danemark. Donc, très heureux d’arriver ici, de pouvoir passer ces deux jours de travail et de recevoir pour la première fois un Premier ministre canadien.

> C’est une évidence pour nous que Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire français, un territoire attaché à la France et fier d’être français, comme nous le sommes, et un territoire libéré par la France libre. Et n’oublions pas ce jour de Noël. Donc, nous y sommes attachés. Il n’y a pas de débat, il n’y a pas de discussion.

> Je viens dans cette partie du monde où nous avons des amis proches, dont le Canada. Je lui ai fait cette invitation et le Premier ministre y a répondu. Et je trouve que c’est un geste d’amitié très fort, quelques jours après qu’il a affirmé sa volonté de travailler davantage avec l’Union européenne. Et donc, ça lui donne justement un tour extrêmement concret. Donc nous, nous sommes ici. La France est présente grâce à Saint-Pierre-et-Miquelon, par Saint-Pierre-et-Miquelon, ici au cœur des enjeux du globe dans cette région. Et ceci nous lie aussi avec le Canada. Et donc, ce sera une manière de parler d’avenir ensemble et de consolider nos relations dans beaucoup de domaines.

> [Groenland] On a eu plusieurs échanges avec la Première ministre du Danemark sur ce sujet. Elle m’avait prévenu de la finalisation de ces discussions il y a quelques semaines. Il y a eu une communication américaine, une communication aussi du gouvernement danois.
Tout ça permet d’apaiser les choses, de réaffirmer la souveraineté danoise, de réaffirmer les choses conformément au droit international, de renforcer des coopérations qui peuvent être utiles aux Groenlandais. Donc, je m’en félicite pour eux. J’y étais il y a quelques mois et c’est une très bonne chose. Et puis nous, on va continuer aussi nos coopérations dans le cadre de l’OTAN, par des exercices conjoints, pour justement renforcer et consolider la souveraineté danoise au Groenland et aussi la sécurité de ce territoire.
À travers l’Union européenne, de consolider nos stratégies économiques, en particulier sur les terres rares et minerais critiques, comme elles ont été relancées, et puis nos relations bilatérales, qui sont à la fois stratégiques et économiques. Et je parlais à l’instant de notre stratégie polaire. Pour toute la sécurité de cette région, on a des exercices conjoints. Et donc, France, Danemark, Canada, d’ailleurs États-Unis dans ces cadres-là, on coopère pour des opérations justement de défense très stratégiques. Et c’est là aussi où Saint-Pierre-et-Miquelon est si important.

> Le Canada est un pays qui a beaucoup de ressources, minerais critiques et terres rares. Donc ça, c’est des choses qu’on veut contractualiser avec la France comme l’Union européenne, et qui est aussi, comme vous le savez, un grand producteur d’hydrocarbures fossiles. Et qui produit du gaz, qui d’ailleurs, par sa production, par aussi ce qu’ils font du côté du raffinage, permet d’équilibrer le marché mondial. Et donc, il y a eu des accords de... Pardon de rentrer là-dedans, mais ce qu’on appelle des accords de swap, d’échange, qui ont pu être faits par plusieurs pays en Europe. Et donc nous, ce qu’on veut faire, c’est regarder comment... Pas regarder, mais consolider et conclure des accords pour très clairement avoir plus de gaz liquéfié qui puisse aller vers la façade atlantique. Parce qu’aujourd’hui, il y en a beaucoup, mais qui vont vers la façade pacifique. Donc leur permettre une diversification.
Mais ce qu’on fait, nous, ce qu’on a fait ces derniers jours et ces dernières semaines, c’est très concret. C’est-à-dire qu’on se bat pour sécuriser, par des accords d’approvisionnement, dans les mois qui viennent, parce qu’on veut se préparer à tout et qu’on veut protéger les Françaises et les Français, eh bien, se préparer pour, en gaz, en diesel, en jet fuel, être sûr de ne pas manquer. Et donc, c’est ce que je vais discuter demain midi avec le Premier ministre Mark Carney. C’est ce que j’ai discuté il y a quelques jours, on a d’ailleurs signé un accord en ce sens avec le Premier ministre d’Irak. C’est ce qu’on a discuté et signé aussi avec plusieurs pays du Golfe. Et ça a été tout le travail des dernières semaines qu’on a patiemment conçu pour justement sécuriser ce qu’on appelle nos approvisionnements. Et on va continuer de le faire, et c’est aussi tout l’objet de ce qu’on fait dans la région d’Ormuz.

> [Carburants] Il y a évidemment aujourd’hui un marché mondial qui est très sous tension. Et vous le voyez bien, il est sous tension parce qu’Ormuz, c’est à peu près 20 % des productions et des sorties.
Donc, on a réussi ces derniers mois à trouver des voies de passage, à réduire la tension, à trouver des voies de contournement avec ce pipeline qui va d’est en ouest en Arabie saoudite, qui a été frappé ces derniers jours. Et donc, on a aujourd’hui un niveau très bas et moins de la moitié de ce qui est produit qui sort. L’hiver arrive et il y a des pays qui sont en train d’acheter beaucoup plus, là où, au printemps dernier, ces mêmes pays avaient réduit leur consommation pour s’adapter.
Donc, il faut être très vigilant et nous, nous ne voulons pas manquer. Donc, on a reconstitué nos stocks de gaz, on sécurise nos approvisionnements et on sécurise nos approvisionnements. Par exemple, en diesel, on consomme à peu près 600 000 barils par jour, on en importe la moitié, on sécurise cela. Et donc, on n’a pas à craindre ou à faire peur aux gens. On a à leur dire la vérité sur l’instabilité géopolitique et ce qu’elle crée dans notre pays, et on a à s’y préparer. C’est exactement ce que fait la France et ce qu’elle a accéléré ces dernières semaines.

> Nous, nous respectons le Canada, son indépendance, sa volonté d’être autonome. Le Canada respecte la France et la même chose pour elle. Et donc, ça permet de faire des choses ensemble. C’est très bien. Donc, c’est le message, voilà, de respect, d’estime et d’ambition commune.

> [Assemblée générale de l’ONU] J’y vais principalement pour, d’abord, évidemment, m’exprimer à la tribune des Nations unies. Ensuite, pour pouvoir avoir l’entretien que je fais à chaque fois avec le secrétaire général sur l’ensemble des crises. J’aurai une longue session de travail avec le président Zelensky. J’aurai l’occasion de voir plusieurs dirigeants du continent africain, latino-américain ou du Proche et Moyen-Orient. Et j’aurai deux séances en particulier qui sont importantes pour nous. Enfin, trois séances. L’une pour poursuivre le travail que nous avons fait sur les océans, et c’est important ici au combien. La France a fait avancer cet agenda avec la ratification de l’accord qui protège la haute mer. Et donc, on va réunir en particulier beaucoup d’États insulaires du Pacifique autour de ce sujet pour continuer la mobilisation et préparer la première COP sur les océans de janvier prochain.
La deuxième chose, c’est qu’on réunira aux côtés d’ailleurs de Mark Carney et de plusieurs autres dirigeants tous ceux qui constituent cette alliance pour protéger nos enfants face aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle. Et donc, cette initiative que la France a portée, vraie victoire parce qu’elle est maintenant européanisée avec l’acte qui a été annoncé par la présidente de la Commission il y a quelques jours, on veut le consolider au niveau international.
Et puis, la troisième chose, c’est que nous réunirons tous les États affinitaires sur la reconnaissance des deux États pour justement consolider cet agenda un an après la déclaration de New York et ce moment.

> Saint-Pierre-et-Miquelon, je repars avec cette conviction qui m’accompagne depuis le premier jour : la France est grande de chacun de ses territoires. Au large, mais jamais à l’écart. Au cœur de notre Nation. Merci infiniment pour votre accueil.

> Aux côtés de nos pêcheurs à Saint-Pierre-et-Miquelon face aux difficultés qui fragilisent la filière. Mieux connaître la ressource, structurer la filière, valoriser et transformer davantage sur place, renouveler la flotte et moderniser les infrastructures portuaires : voilà notre ambition commune. Nous continuerons d’investir pour donner un nouvel essor à la filière.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> La guerre menée par la Russie en Ukraine et le conflit au Moyen-Orient nous rappellent une réalité : l’énergie est une arme de guerre. Une route maritime menacée, une raffinerie frappée, et les conséquences arrivent jusque dans le budget des familles françaises. Notre réponse suit un cap : sécuriser nos approvisionnements, soutenir ceux qui sont les plus exposés et réduire durablement notre dépendance. Les mesures annoncées aujourd’hui prolongent cette stratégie engagée depuis le printemps.

> L’État ne doit pas profiter de la hausse des carburants. Les chiffres publiés tous les dix jours le montrent : depuis le début de la crise, les recettes fiscales sur les carburants ont diminué par rapport à la même période l’an dernier. Nous proposerons au Parlement une règle d’or dans le budget : si la hausse des prix devait générer demain un surplus de recettes fiscales, il sera restitué aux Français. Cette exigence de transparence vaut pour tous : sur les recettes de l’État, sur le coût des certificats d’économies d’énergie (CEE) dans le prix du litre et sur les marges des distributeurs, dont nous renforcerons le suivi. Les Français doivent savoir ce qu’ils paient et à qui va leur argent.

> Pour un agriculteur, un pêcheur, un artisan ou une entreprise du bâtiment, la hausse du carburant peut mettre en péril une activité et des emplois. Les aides aux filières les plus exposées sont prolongées jusqu’au 31 décembre. Le soutien aux pêcheurs sera revalorisé ; celui aux agriculteurs sera articulé avec les mesures d’urgence face à la sécheresse. Soutenir ceux qui produisent, c’est protéger les emplois et permettre à notre économie de tenir.

> Pour des millions de Français, prendre sa voiture pour aller travailler est une obligation. Ils ne peuvent pas subir seuls la hausse du prix des carburants. D’octobre à décembre, nous doublons l’aide « grands rouleurs » : elle passe de 50 à 100 euros, soit l’équivalent de 40 centimes par litre. Et nous l’élargissons : 5,5 millions de Français pourront désormais en bénéficier, contre 3 millions jusqu’ici. Concrètement, elle sera accessible jusqu’à 2 050 euros par mois pour une personne seule, 4 070 euros pour un couple et 6 100 euros pour un couple avec deux enfants. Une aide plus forte, pour davantage de Français qui ont besoin de leur voiture pour travailler.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)

> La France est une puissance de l’Indopacifique : avec l’Australie, nous renforçons notre coopération dans le Pacifique sud pour contribuer au développement, à la sécurité et à la stabilité de cette région.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Ce budget est un point de départ. Il a fallu fixer des paramètres. Nous sommes dans un moment grave.

> Sur nos finances publiques, nous pouvons agir maintenant en responsabilité mais toujours en liberté.

> 2000 euros c'est correct comme retraite. On vit avec 2000 euros correctement.

> [Carburants] Nous avons décidé de faire évoluer les dispositifs de soutien. Nous avons conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens.

> [Carburants] Nous restons convaincus que c'est en concentrant nos aides, que nous aurons un dispositif efficace.

> [Carburants] Une baisse de 20 centimes sur le prix du litre d'essence coûterait presque 10 milliards d'euros à l'État. Ces 10 milliards, il va bien falloir que ce soit quelqu'un qui les paie. Alors que la France est en train de chercher plus de 50 milliards d'euros pour l'année prochaine, une baisse de taxe sur l'essence se traduirait, soit par des impôts en plus ailleurs, soit par des baisses de dépenses supplémentaires.

> [Pénurie de carburant] Pour les deux mois qui viennent, on n'a pas d'inquiétude, car le gouvernement a toujours de la visibilité sur un ou deux mois parce qu'on sait où sont les tankers, on sait ce qu'on a dans les stocks.
Il n'y a pas d'enjeu systémique, stratégique d'approvisionnement. Les stocks stratégiques sont pleins, les raffineries tournent à plein mais évidemment, plus ce conflit dure, plus on risque d'avoir des sujets.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Le Royaume-Uni devient le 128e pays à rejoindre le combat que je porte, que la France porte avec le Mexique, pour protéger les populations civiles contre les atrocités de masse. Comment ? En proposant de suspendre le recours au veto pour les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies face aux cas de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis à grande échelle. Le veto ne doit pas empêcher les Nations unies d'agir pour protéger les vies humaines. Le soutien du Royaume-Uni nous donne une force supplémentaire pour convaincre d'autres pays de rejoindre cette initiative.

> Nous, ministres des Affaires étrangères du G7 de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni, et Haute Représentante de l'Union européenne, considérons que la situation au Yémen constitue une menace inacceptable pour la stabilité et la sécurité régionales, pour la sécurité énergétique mondiale ainsi que pour les droits et libertés de navigation et la sûreté maritime en mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb.
Nous condamnons avec la plus grande fermeté les frappes continues inadmissibles menées par les houthistes au Yémen et contre le Royaume d'Arabie saoudite, notamment les frappes touchant les populations et les infrastructures civiles, qui amplifient les souffrances des populations. Nous affirmons notre entière solidarité avec le gouvernement légitime du Yémen et le Royaume d'Arabie saoudite.
Nous appelons les houthistes à cesser immédiatement toutes leurs actions militaires, menaces et attaques contre les transports maritimes civils et à revenir de bonne foi au processus politique. Nous appelons l'Iran à mettre fin à la fourniture d'armes et au soutien qu'il accorde aux houthistes en violation des résolutions 1747, 2140 et 2216 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Leurs actes répréhensibles constituent une dangereuse trajectoire d'escalade qui risque d'exacerber encore le conflit, de porter atteinte au commerce international et de créer de l'instabilité économique à l'échelle mondiale.
Nous réaffirmons en particulier la nécessité absolue de garantir une sûreté et une sécurité maritimes permanentes, ainsi que les droits et libertés de navigation dans le monde entier, afin d'empêcher toute perturbation durable des chaînes d'approvisionnement mondiales, notamment en ce qui concerne les flux d'énergie, les engrais et les produits alimentaires, car celle-ci pourrait porter gravement atteinte aux économies et aux populations vulnérables dans la région et au-delà.
Nous continuerons à l'avenir de soutenir le gouvernement légitime du Yémen et nous réaffirmons notre fort attachement à l'unité, à la souveraineté, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale du Yémen. Nous réaffirmons notre soutien aux efforts déployés par l'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies Hans Grundberg en faveur d'un règlement politique négocié et inclusif, mené et mis en œuvre par le Yémen.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Avec Gérald Darmanin, nous avons réuni aujourd’hui le deuxième Comité stratégique pour la refondation de la protection de l’enfance, aux côtés de plusieurs membres du Gouvernement, des départements et des acteurs de terrain. Sept mois après notre premier comité, nous avançons concrètement : transformation de l’offre d’accueil, meilleur accès aux soins, accompagnement renforcé des professionnels, ambition scolaire et préparation à l’autonomie des jeunes majeurs. Notre ligne reste la même. Nous souhaitons adapter le système aux besoins de l’enfant, et non demander à l’enfant de s’adapter au système. Moins de ruptures, plus de stabilité et les mêmes ambitions pour chaque enfant.

> J’ai reçu aujourd’hui la Pr Céline Gréco pour la remise du rapport du Comité scientifique permanent pour la refondation de la protection de l’enfance. Fruit du travail de 110 personnes, ce rapport pose un diagnostic exigeant et formule des propositions concrètes pour mieux prévenir, protéger, soigner et accompagner les enfants confiés, jusqu’à leur autonomie. Je remercie Céline Gréco et l’ensemble des membres du Comité pour ce travail considérable. Ce rapport n’a pas vocation à rester un rapport de plus. Plusieurs de ses propositions rejoignent les transformations que nous avons déjà engagées. D’autres doivent désormais être expertisées et discutées afin d'intégrer la stratégie collective 2026-2030 pour le renforcement de la protection de l'enfance que nous souhaitons adopter d'ici la fin de l'année. C’est tout le sens du Comité stratégique que nous réunissons aujourd’hui : poursuivre la refondation de la protection de l’enfance et améliorer concrètement les parcours des enfants protégés.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Nous poursuivons la transparence sur l'impact de la hausse des prix de l'énergie sur les finances publiques. La guerre au Moyen-Orient continue de peser sur les prix à la pompe, et donc sur le budget des Français. Résultat : au 20 septembre : depuis le début du conflit, les recettes fiscales sur le carburant ont reculé de 407 millions d'euros par rapport à l'an dernier (+710 M€ de TVA, -1117 M€ d'accises).

> L’union douanière est l’un des actes fondateurs de l’Europe. Depuis le 1er juillet 1968, nos douanes protègent le marché européen et garantissent le respect de nos règles aux frontières. La réforme européenne de l’Union douanière poursuit cette ambition : le règlement établissant le nouveau code des douanes de l’Union et l’Autorité douanière européenne est publié ce week-end au Journal officiel de l’UE. Il prévoit une plateforme européenne de données douanières pour un meilleur traitement des flux et une protection renforcée du marché intérieur face à l’explosion du e-commerce et des marchandises non conformes, ainsi que des contrôles renforcés sur ces marchandises. Lille accueillera, dès 2028, le siège de la nouvelle Autorité douanière de l’Union. C’est la reconnaissance de l’implication et du rôle déterminant de la France dans la réforme. C’est aussi un atout pour mieux coordonner les 27 administrations douanières et cibler les flux les plus à risque. Les entreprises qui respectent les règles bénéficieront de procédures simplifiées. Celles qui ne les respectent pas seront mieux identifiées et davantage contrôlées. Une douane européenne plus moderne, plus numérique et plus efficace, avec la douane française en première ligne : c’est aussi une manière de protéger nos entreprises et notre marché.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> [Tribune «L’intelligence artificielle ne remplacera pas l’intelligence du geste»] L’enjeu n’est pas de subir les transformations que l’IA induit dans nos métiers, mais de former chacun à la maîtriser. Il n’est pas question de choisir entre ses compétences et cette nouvelle technologie, mais de tirer parti de celle-ci sans jamais renoncer ni à l’intelligence humaine ni à son propre savoir-faire.
Notre pays traverse des transformations qui touchent aussi bien sa place dans le monde que la vie quotidienne des Français. Vieillissement de la population, mutations industrielles, déprise démographique, transition énergétique: chacune nous oblige à faire évoluer nos métiers et à préparer de nouvelles compétences. Notre compétitivité et notre souveraineté en dépendent, comme les perspectives que nous pouvons offrir à la jeunesse.
L’intelligence artificielle fait partie de ces transformations et traverse toutes les autres. La France s’en est pleinement saisie, sous l’impulsion du président de la République, notamment avec le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle organisé à Paris en février 2025.
Nous l’abordons souvent comme une technologie nouvelle, avec ses spécialistes, ses investissements et ses filières d’avenir. Mais elle change aussi, très concrètement, la façon de travailler dans les métiers qui existent déjà. C’est donc aussi notre manière de former à ces métiers qu’il faut faire évoluer.
La question se pose avec une force particulière dans la voie professionnelle, celle de l’intelligence du geste et de la confrontation au réel. On y apprend à travailler une matière, à réparer un équipement, à cuisiner ou à accueillir. Les connaissances prennent tout leur sens dans leur mise en pratique. Cette voie prépare aux activités nouvelles autant qu’elle transmet les savoir-faire de l’artisanat, des métiers d’art, de l’industrie et des services.
Dans les forges, les technologies les plus avancées n’ont pas fait disparaître l’intelligence du geste. Même assisté dans ses tâches, c’est l’œil et le savoir-faire du forgeron qui lui permettent de comprendre la matière et d’adapter son geste.
L’intelligence artificielle ne rend pas ces savoir-faire moins nécessaires. Une aide à la conception ne dispense pas de connaître une matière; une proposition de diagnostic ne suffit pas à maîtriser une réparation. C’est précisément parce qu’un professionnel connaît son métier qu’il peut évaluer les réponses de la machine et en tirer parti.
Un artisan peut ainsi s’en servir pour préparer un devis, un technicien pour exploiter une documentation complexe, un restaurateur pour organiser ses commandes. Le temps gagné peut être consacré à la précision du geste, à la création ou à la transmission à un apprenti. Le bénéfice dépasse le travail manuel : il peut aussi donner davantage de temps pour accueillir, conseiller ou accompagner.
Le prochain quinquennat devra faire de la formation à l’IA une priorité éducative, sociale et économique.
Il faut aborder cette évolution sans naïveté ni catastrophisme. Certaines tâches seront transformées et des professionnels auront besoin d’être accompagnés. Cela se prépare : nous ne pouvons pas demander à chacun de saisir les possibilités de l’IA en lui laissant la charge de s’y former seul. Nous devons éviter qu’une nouvelle fracture se creuse entre ceux qui maîtrisent déjà ces outils et ceux qui souhaitent apprendre sans en avoir les moyens.
Le prochain quinquennat devra faire de la formation à l’IA une priorité éducative, sociale et économique. Il faut engager ce travail dès maintenant, dans la formation initiale comme dans la formation continue. Nous devons former ses spécialistes, mais aussi apprendre à l’utiliser dans chaque métier.
La transition écologique a montré la voie : un plombier se forme désormais à la performance énergétique des installations comme un cuisinier apprend à limiter le gaspillage. Ces enjeux entrent dans les apprentissages de tous les métiers : l’IA doit suivre le même chemin et devenir une composante de chaque parcours.
Pour y parvenir, les enseignants et les formateurs doivent disposer de temps et de ressources pour se former et expérimenter. Avec les élèves, les apprentis et les entreprises, ils doivent identifier les usages utiles, les mettre à l’épreuve et faire évoluer les apprentissages. Ceux qui apprennent et transmettent les métiers doivent être acteurs de cette transformation, plutôt que spectateurs de solutions conçues sans eux.
Cette ambition ne justifie pas pour autant d’exposer les jeunes toujours plus tôt et davantage aux écrans. Les usages doivent rester progressifs, adaptés à l’âge et fondés sur un objectif pédagogique clair.
Elle exige au contraire de renforcer les savoirs fondamentaux, plus nécessaires que jamais. Former à l’intelligence artificielle, c’est d’abord apprendre à en rester maître: savoir ce que l’on délègue, vérifier ce que la machine produit et décider de ce que l’on en retient.
Or on ne vérifie pas ce que l’on ne sait pas lire, et l’on ne conteste pas une conclusion sans savoir construire un raisonnement. Lire, écrire, calculer et comprendre ne sont pas des prérequis que la technologie rendrait obsolètes ; ils sont ce qui permet de la juger. Cette responsabilité est la nôtre et elle se prépare à l’école.
C’est dans cet esprit que je veux placer la formation au cœur de notre stratégie pour l’IA. La voie professionnelle doit y prendre toute sa place, pour que ce progrès renforce à la fois la compétitivité du pays et la capacité de chacun à exercer son métier, à y progresser et à choisir son avenir. L’IA ne deviendra pas le métier de tous, mais elle transformera celui de chacun.

 

Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> La situation internationale a de lourdes répercussions sur les prix du carburant, et donc sur la rentabilité des entreprises de pêche. Depuis le début de la crise, le Gouvernement les accompagne, avec un objectif : permettre aux navires de sortir en mer. Pour cela :
- le Gouvernement prolonge l'aide carburant jusqu'à fin décembre, et s'engage à ce que le montant de l'aide soit fixée en suivant l'évolution des prix du carburant, au maximum de ce que permet le cadre européen
- nous accélérons les délais de paiement des aides
- nous mettons en place un prêt à taux zéro, pour leur permettre de soulager les trésoreries en attendant le versement des aides

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Au-delà des aides d’urgence indispensables, le Gouvernement poursuit sa politique de souveraineté énergétique : relance du nucléaire, développement du renouvelable, plan d’électrification. Nous ne pouvons continuer à rester dépendants des crises extérieures avec une énergie que nous ne produisons pas.

> Le Budget de n’augmente pas les impôts des français. Il réduit les dépenses sans procéder à des coupes aveugles. Le budget de l’écologie, qui sera en hausse, est l’illustration de ce choix. Avec Emmanuel Macron, le budget de l’écologie aura doublé en 10 ans.

> Face à la hausse des prix des carburants, liée à une crise internationale que nous subissons, Sébastien Lecornu a toujours anticipé en soutenant les travailleurs dépendants de leur voiture et les secteurs les plus exposés à la crise. Aucun Français ne sera laissé de côté.

> En ce 21 septembre, 25 ans jour pour jour après le drame d'AZF à Toulouse, la France n'oublie pas les victimes, leurs proches et toute une ville durablement marquée. Cette tragédie a transformé notre approche de la sécurité industrielle : des règles plus strictes pour éloigner les logements des usines à risques, des inspections renforcées et une information mieux partagée pour une culture du risque renforcée.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Ce qui se passe en Allemagne doit nous alerter. Scrutin après scrutin, l’extrême droite s’installe. La banalisation progressive de sa présence dans le paysage politique ne doit pas nous faire oublier ce qu’elle incarne : un repli sur soi qui nous affaiblit, la complaisance envers la Russie de Poutine qui nous menace, la remise en cause de l’État de droit et du pluralisme.

> Doter notre pays d’un budget n’est pas une option, mais une nécessité. Dans le contexte international que nous connaissons, nous ne pouvons pas nous permettre l’instabilité. La campagne électorale n'exonère personne de ses responsabilités.

> Le prix à la pompe se joue d’abord à l’international. La diplomatie française agit pour protéger le pouvoir d’achat des Français en diversifiant nos approvisionnements, en favorisant la désescalade et en construisant les coalitions pour permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> L’accessibilité se mesure aussi dans les situations du quotidien
J'ai testé, aux côtés de personnes déficientes visuelles accompagnées de leurs chiens guides et d’assistance leur accès aux commerces. Une immersion concrète pour mieux comprendre les potentiels obstacles.
Je me suis ensuite rendue à l'École de Chiens Guides de Paris pour découvrir le travail des éducateurs et participer à des séances d'apprentissage avec les chiens guides et d’assistance.
Avec la CNH 2026, nous avons fait de l'accessibilité un engagement au cœur du pacte républicain. Garantir l'effectivité du droit à l'assistance d'un chien-guide et d’assistance, c'est améliorer très concrètement le quotidien des personnes en situation de handicap.
La Police municipale peut désormais verbaliser le refus d’accès aux personnes accompagnées de chiens guides et d’assistance.

 

● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature

> Les Journées européennes du patrimoine sont aussi l’occasion de mettre en lumière un patrimoine vivant : celui de la nature.
Vendredi, j’ai eu le plaisir d’accueillir à l’Hôtel de Roquelaure les élèves de CM1-CM2 de l’école Simone Veil (Paris 14ème) pour inaugurer leur future aire éducative dans le jardin du ministère.
Pendant toute l’année, ils vont pouvoir observer la biodiversité du jardin, réaliser des inventaires, participer à des activités scientifiques et surtout apprendre à en prendre soin, avec l’accompagnement de la LPO France.
J’ai aussi inauguré à cette occasion une exposition consacrée à la forêt de Fontainebleau, qui invite à découvrir la richesse de cet écosystème exceptionnel, mais aussi sa fragilité. Après les incendies qui l’ont durement touchée cet été, elle rappelle combien il est essentiel de préserver notre patrimoine naturel.
Puis, tout au long du week-end, l’Hôtel de Roquelaure a ouvert ses portes au public.
Vous avez été nombreux à venir découvrir ses salons et son jardin, mais aussi les expositions, les ateliers consacrés à l’océan et à la biodiversité, et les conférences sur l’histoire de cet hôtel particulier.
Le patrimoine ne se résume pas aux pierres et aux monuments. Il est aussi fait de nos forêts, de nos océans, de nos jardins et de la biodiversité qu’ils abritent.
Le transmettre, c’est aussi apprendre à mieux le connaître pour mieux le protéger.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Partout en France, nous renforçons les effectifs de magistrats pour mieux protéger les victimes, en particulier les enfants, et réduire les délais de traitement des dossiers. C’est le sens de mon action depuis mon arrivée au ministère de la Justice.

> Nouvelle réunion de travail très productive sur le choc numérique que nous avons enclenché au ministère de la Justice. Avec l’ensemble des directions du ministère de la Justice, nouveau point d’étape important sur les chantiers numériques que nous avons lancés, parmi lesquels l'accélération de la connexion de nos outils numériques ou encore l’expérimentation de l'aide à la retranscription des entretiens. Un travail ambitieux qui poursuit toujours le même objectif : transformer le fonctionnement quotidien de nos tribunaux et améliorer les conditions de travail des personnels du ministère, grâce au numérique, pour renforcer la rapidité et la qualité du service public de la Justice.

> Merci à Alain Berset, secrétaire général du Conseil de l’Europe, pour notre échange en confiance. Aujourd'hui, il est important de se rappeler que le droit n'est pas la naïveté, c'est la force des États par l'imposition des règles. Pour soutenir l'Ukraine et s'opposer à toute impunité future, pour garantir les droits fondamentaux, sans méconnaître les contraintes de terrain, il importe de rester fidèle à des engagements qui ont prouvé être des gages de stabilité et de concorde.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Je salue le lancement de l’opération « Bien-Être Animal, Filière Agricole Engagée », porté par un collectif de 1 300 éleveurs partout en France. Apposé sur les produits, il permet aux consommateurs d’identifier en un coup d’œil des poulets 100 % français, élevés selon des exigences qui vont au-delà de la réglementation : plus d’espace, de lumière naturelle, formation des éleveurs…

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Connaître notre histoire, c'est construire notre destinée commune. À Meaux, le Musée de la Grande Guerre accueille chaque année près de 40 000 élèves qui viennent, avec leurs professeurs, se plonger dans la vie quotidienne et militaire de la Première Guerre mondiale. Très heureux de signer aujourd’hui, un partenariat entre le ministère de l’Éducation nationale et le Musée de la Grande Guerre, qui permettra aux élèves de toute la France de profiter de ce site exceptionnel. Transmettre cette mémoire collective est l’une des missions essentielles de l’École, qui associe histoire et mémoire. Dès cette année, tous les élèves du CM1 à la terminale participeront à une cérémonie commémorative du 11 novembre, journée nationale de la Victoire et de la Paix et d’hommage à tous les Morts pour la France.

> Le référentiel d’éducation au cinéma et à l’image animée est publié ! Élaboré en lien avec l’ensemble des acteurs de l’éducation au cinéma, il offre aux professeurs un cadre clair pour aborder, de la maternelle au lycée, l’éducation au cinéma et à l’image, à partir d’objectifs communs, d’un vocabulaire partagé et de pratiques pédagogiques adaptées. À l’heure où nos élèves sont confrontés à des flots d’images dans des univers fondamentalement solitaires, ce référentiel leur donne les clés pour forger leur regard critique, devenir des spectateurs éclairés et ainsi partager une expérience collective.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> « Chantage », selon LFI? Non : le fonctionnement normal des finances publiques et des discussions budgétaires. Le repas à 1 € a un coût pour l’État. Pour le maintenir, il faut voter les crédits qui le financent. On ne peut pas réclamer une dépense publique, refuser les crédits correspondants, puis crier au chantage parce qu’elle doit être financée.

> Une rentrée consacrée aux conditions de vie de nos étudiants : alimentation, logement, santé mentale, activité physique et solidarité. Repas à 1 €, 2,46 milliards d’euros consacrés aux aides sociales étudiantes, 3040 pour la santé mentale, logement : l’État agit, aux côtés des universités, des CROUS et des territoires. Et nous prévoyons d’aller plus loin avec 143 millions d’euros inscrits dans le prochain budget pour financer le repas à 1 €. Notre responsabilité : donner à chaque étudiant les conditions de sa réussite.

> Olivier Faure, vous avez voulu la généralisation du repas à un euro aux élèves y compris non boursiers et vous l’avez obtenue. Le gouvernement l’a mise en œuvre loyalement, grâce à des équipes remarquables qui font leur maximum sur le terrain. Nous proposons maintenant, dans le PLF 2027, 143 millions d’euros pour continuer à déployer cette mesure dans les meilleures conditions possibles. Sans budget avant la fin de l’année, cela sera évidemment impossible. La balle est désormais dans le camp du Parlement.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> La hausse des prix à la pompe pèsent sur nos concitoyens. Nous renouvelons et élargissons l’aide aux grands rouleurs de 100€, pour 5,5 millions de personnes. Concrètement, les français touchant par exemple jusqu’à 6104€ net/mois pour un couple avec deux enfants y auront droit.

> Il manque 10 millions barils/jour suite au blocage d’Ormuz et à l’arrêt du pipeline saoudien. A la demande du Président, tous les leviers sont activés pour garantir nos appros : sécurisation de volumes, remplissage des stocks, flexibilités réglementaires, escortes en mer rouge.

 

Sébastien Martin (ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> Nous sommes à un tournant. Notre ambition est claire : faire de l’Europe une puissance industrielle capable de produire, d’innover et de créer les emplois de demain.

> L’Europe doit oser défendre ses frontières économiques pour défendre son industrie. Pendant trop longtemps, nous avons ouvert notre marché sans suffisamment défendre ceux qui produisent en Europe. Cela doit changer.

> Pour défendre notre industrie, l'Europe doit faire bloc. Face à la concurrence mondiale, nous ne pouvons pas nous contenter d'acheter ce que les autres produisent. C'est pourquoi je réunirai demain à Bercy industriels européens, chefs d'entreprise et représentants de nos filières pour faire coalition en faveur du Made in Europe. Faire le choix de l'Europe est une nécessité. Je porterai cette mobilisation jeudi avec mes homologues au Conseil Compétitivité à Bruxelles. Pour faire gagner notre industrie et nos emplois, c'est ensemble qu'il faut porter la préférence européenne.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Aux Restos du Cœur, où j’ai été bénévole et responsable d’un centre, je n’ai jamais eu le sentiment d’« engloutir » de l’argent. Nous aidions des personnes à manger et à retrouver une prise sur leur vie. Ce mot, choisi par le JDD à sa une, dit le mépris porté à ce que les associations accomplissent chaque jour. Je crois à une société de l’engagement, où chacun peut prendre sa part et agir pour les autres. On ne peut pas demander aux Français de s’engager et fragiliser les associations qui leur en donnent les moyens. Derrière ces « 60 milliards », il y a près de 13 millions de bénévoles et 1,9 million de salariés. Il y a 51 milliards d’euros de masse salariale, donc des emplois qui font vivre des familles et des territoires. C’est aussi cette réalité que le mot « engloutis » efface. Comment protéger les femmes victimes de violences sans soutenir les associations qui les accueillent ? Comment combattre l’isolement sans appuyer celles qui vont vers les personnes seules ? L’État doit prendre toute sa part. Soutenir les associations fait partie de ses responsabilités. Bien sûr, chaque euro public doit être utilisé à bon escient. Mais laisser croire que cet argent est perdu, sans regarder ce qu’il permet, c’est préparer les esprits à supprimer ces soutiens. Les besoins, eux, ne disparaîtront pas. Cette une s’appuie sur les travaux d’Hexagone, soutenu financièrement par Périclès, le projet du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, qui porte un projet de société conservateur et identitaire et entend faire gagner l’extrême droite. Le mien est clair. Je serai toujours aux côtés de ceux qui font vivre cette solidarité. Notre pays leur doit bien davantage que du soupçon.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Marine Le Pen, d'abord, vous devriez présenter vos excuses aux Français. C'est votre allié Donald Trump, dont vous aviez déclaré que son élection était une "bonne nouvelle pour la France", qui a déclenché cette guerre et qui est responsable de cette explosion des prix. Je rappelle que M. Bardella, que vous avez autoproclamé comme votre futur Premier ministre, a participé l'an passé au grand congrès des trumpistes. Vos alliances vous discréditent. Ensuite, ce que vous proposez est hypocrite : vous donneriez d'une main aux automobilistes ce que vous reprendriez de l'autre aux contribuables. Tous les Français savent bien qu'il n'y a pas d'argent magique. Nos voisins européens qui ont aujourd'hui les moyens de baisser les taxes sont ceux qui ont réformé leurs retraites, leur système social et fait les économies que vous refusez obstinément. Et votre absence de stratégie de long terme condurirait à maintenir les Français dans un état de dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, en les condamnant à subir les prochaines crises énergétiques. Je propose d'aider les Français qui travaillent, ces classes moyennes et populaires qui subissent la crise liée à la guerre décidée par votre allié. Automatisation et augmentation des aides ciblées, baisse de l'impôt sur le revenu à travers l'indemnité kilométrique, aides étendues à l'achat de véhicules électriques d'occasion... Mon groupe parlementaire déposera des amendements en ce sens lors de l'examen du budget pour 2027.

> Le modèle allemand était construit sur une triple dépendance : le gaz russe, la défense américaine et le marché chinois. Les trois sont remis en question aujourd'hui. La seule réponse pour nous protéger de ces chocs, c'est une Europe forte et indépendante. C'est possible et c'est ce que je porte dans cette campagne.

> Nous sommes broyés entre la Chine et les États-Unis. Et menacés par la Russie. Nous devons être beaucoup plus unis et plus forts, c'est le sens des États-Unis d'Europe que je propose. Pour que la vie de nos enfants, de nos petits-enfants, ne se résume pas à servir du thé aux Chinois et du café aux Américains quand ils viennent en France.

> Défendre l'Ukraine, empêcher la Russie de s’emparer des ressources et des terres ukrainiennes, c'est l'intérêt immédiat des Français. Augmentation des prix, crise migratoire sans précédent, risque nucléaire, c’est ce qui nous menace si nous laissons tomber Kyiv. C’est notre devoir et notre intérêt de soutenir un peuple qui se bat pour sa liberté.

> Une dizaine d’élections auront lieu en Europe l’année prochaine. Vladimir Poutine en a parfaitement conscience. Il n’a qu’un seul objectif : faire élire des candidats qui souhaitent mettre fin au soutien à l’Ukraine, qui souhaitent fracturer et affaiblir l’Union européenne.

> Nous sommes un grand pays, avec une grande armée, une grande diplomatie et de grands services de renseignement. Face aux menaces internationales qui s'intensifient, que ce soit sur le front iranien ou ukrainien, nous avons toutes les cartes en main, en France comme en Europe, pour faire face.

> À cause de l'explosion des prix à la pompe, beaucoup de nos compatriotes sont aujourd’hui pris à la gorge. Ma priorité est claire : cibler notre soutien sur les Français qui travaillent et qui ont besoin de leur voiture au quotidien. L'État doit être à leurs côtés. Je souhaite que le Gouvernement écrive très directement aux plus d’1,5 million de Français qui n’ont pas encore demandé et bénéficié de cette aide.

> Face à la hausse des prix du carburant, nous devons soutenir les Français qui utilisent leur voiture pour travailler avec une réponse juste. Nos propositions :
- Informer 1,5M de Français éligibles à l'indemnité carburant.
- Mettre en avant l'aide de 600€ sans charges pour les employeurs.
- Revaloriser l'indemnité kilométrique.
- Étendre le bonus écologique aux véhicules électriques d'occasion.
- Financer à 50% les boîtiers E85. Poursuivons les dispositifs en place pour ceux qui en ont le plus besoin.

> Nous sommes prêts à mener les transformations profondes dont notre pays a besoin.

> Notre pays a besoin d’un élan, d’une direction, d’un cap et d’une vision complète et cohérente de ce que nous voulons faire de la France.

> D'un côté, il y a ceux qui expliquent aux musulmans que pour les défendre il faut s'en prendre aux juifs. Et de l’autre, ceux qui expliquent aux juifs que pour les défendre, il faut s'en prendre aux musulmans. Vous, au RN, vous cherchez à défaire ce que la République a toujours su faire : nous unir.

> La vraie différence entre le Rassemblement national et moi, c'est que je défends la laïcité. La laïcité de 1905, la laïcité qui est au fondement de notre République. Le Rassemblement national, lui, défend une politique contre les musulmans de notre pays.

> Ma position sur l'immigration est claire, je l'ai dit dès mon arrivée à Matignon : la France doit accueillir moins, pour accueillir mieux. Je refuserai toujours de rentrer dans les théories de grand remplacement. Ce sont des sont des théories racistes. Je refuse de dresser les Français les uns contre les autres en pointant du doigt ceux qui sont issus de l'immigration. C'est ma ligne.

> Face aux États-Unis, face à la Chine, face à la Russie, je propose de bâtir les États-Unis d’Europe. Pour un marché unique, une monnaie unique et une véritable économie unique. Pour nous permettre de devenir une puissance capable de s'affirmer dans le monde.

> Face à la flambée des prix du carburant, je souhaite protéger et soutenir les Français qui travaillent. Je souhaite protéger et soutenir les Français qui ont besoin de leur voiture pour travailler.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Notre pays traverse un moment décisif. Face à la montée des extrêmes, aux fractures qui se creusent et aux immenses défis économiques, sociaux et environnementaux qui nous attendent, nous avons une responsabilité : celle de construire un projet ambitieux, concret et à la hauteur des attentes des Français. Notre ambition est claire : faire en sorte que chaque génération puisse vivre mieux que la précédente. C’est tout le sens des quatre grands chantiers que Gabriel Attal a placés au cœur de son projet : l’école, pour redonner à chacun les moyens de réussir; le travail et les salaires, pour que chacun puisse vivre dignement de son travail ; les frontières, pour garantir notre souveraineté ; et l’intelligence artificielle, pour que la France soit pleinement actrice des grandes transformations de demain. C’est aussi prendre à bras-le-corps les deux dettes que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser aux générations futures : la dette publique et la dette écologique. Parce que nous ne pouvons pas continuer à vivre aux dépens de nos enfants, ni leur laisser un pays plus endetté et une planète plus abîmée que jamais. Je suis profondément convaincue que nous avons une nouvelle page à écrire. Un projet à construire avec les Français, qui réponde à leurs préoccupations quotidiennes, qui redonne des perspectives à notre jeunesse et qui porte une véritable ambition pour l’avenir de notre pays.

 

Marc Ferracci (député)
> Hypocrisie et traîtrise sont les deux boussoles du RN. D’un côté ce communiqué proclame qu’« aucune provocation, aucune opération clandestine et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter l’obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine. » De l’autre, Marine Le Pen annonce que si elle était élue elle cesserait le soutien de la France à l’Ukraine… ce qui est justement ce que Poutine souhaite pour atteindre ses buts de guerre. Derrière la défense de façade de notre souveraineté, le RN est prêt à trahir l’intérêt national et celui de l’Europe au profit de la Russie.

 

Violette Spillebout (députée)
> En commission spéciale sur la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, j’ai tenu à défendre un sujet essentiel : mieux entendre et mieux prendre en compte la parole de l’enfant. Après les 50 recommandations de notre commission d’enquête, nous continuons à défendre des moyens supplémentaires pour les infirmiers et psychologues scolaires, ainsi que des mesures concrètes pour mieux protéger les enfants. Aujourd’hui, nous avons voté un dispositif qui prévoit un référent identifié dans chaque école, dont les coordonnées seront communiquées aux élèves, ainsi qu’un entretien individuel proposé chaque année dès le CP, hors la présence des représentants légaux, avec des personnels formés. L’objectif est aussi de garantir à chaque enfant un adulte de confiance accessible, dans un cadre sécurisé, confidentiel et adapté à son âge. Le dispositif sera également ouvert aux enfants instruits en famille. Une loi intégrale doit évidemment être accompagnée d’un budget à la hauteur. Mais après des mois de travail et trop de lenteurs, chaque avancée concrète pour mieux écouter et protéger les enfants compte.

> [Tribune : Dette publique : et si on écoutait enfin la Cour des Comptes?] Le rapport annuel de la Cour des comptes, présenté ce lundi par Amélie de Montchalin, nouvelle Présidente, mérite qu’on s’y arrête au-delà des chiffres du déficit.
Ce qui me frappe, positivement, c’est la démarche : rendre l’information budgétaire réellement accessible, avec un nouvel outil d’IA permettant à chaque citoyen d’interroger directement les travaux de la Cour, et des synthèses pédagogiques sur les grandes politiques publiques. C’est exactement la direction que les citoyens appellent de leurs vœux : un débat public qui s’appuie sur des faits partagés, et non sur des postures.
Mon expérience de députée et élue municipale, mon engagement sur les sujets de culture et d’éducation, et tout simplement mon regard de citoyenne, me conduisent à quelques réflexions que je serais heureuse de voir progresser en ce domaine.
Généraliser la logique d’implication directe des citoyens.
La Cour organise déjà, depuis 2022, des campagnes de participation citoyenne pour choisir ses thèmes de contrôle, désormais étendues aux chambres régionales. C’est une bonne chose, qui mériterait selon moi d’être prolongée à l’ensemble de l’information publique, avec l’appui de l’IA pour analyser et vulgariser des données complexes.
Une saisine d’alerte citoyenne mieux intégrée à la programmation des chambres.
Une plateforme de signalement existe depuis 2022, mais son efficacité reste à prouver pour le citoyen : entre janvier 2023 et juin 2024, sur près de 1 500 signalements déposés, seuls 40 % ont été transmis pour suivi aux chambres compétentes, et la Cour elle-même reconnaît ne pas être en mesure de dire précisément combien ont débouché sur un contrôle réel. Aujourd’hui, la chambre n’est même pas obligée de tenir compte de ces alertes dans son programme annuel de travail. Il me semblerait utile que les signalements citoyens étayés et fondés soient systématiquement intégrés à la programmation annuelle des Chambres Régionales des Comptes, avec un bilan public et chiffré de leur devenir, pas seulement du nombre reçu, mais du nombre ayant réellement donné lieu à une enquête.
Un suivi renforcé des recommandations, étendu aux satellites associatifs.
Aujourd’hui, seules 26 % des recommandations adressées aux administrations centrales sont totalement mises en œuvre trois ans après. Les CRC font mieux : 78 % de leurs recommandations émises en 2024 ont été mises en œuvre complètement ou partiellement dès la première année, et 49 % totalement, preuve que le contrôle de proximité fonctionne, quand il est doté des bons leviers. Les collectivités et leurs EPCI ont d’ailleurs déjà l’obligation légale de présenter, un an après un rapport d’observations, les actions correctrices engagées, mais cette obligation n’est pas toujours publiée de façon centralisée. Et surtout, elle ne s’étend pas aux associations sportives, culturelles et sociales que ces collectivités financent et pilotent souvent de très près, alors même que certaines gèrent des budgets publics considérables. Il me paraît nécessaire d’étendre cette obligation de reporting structuré et public à l’ensemble de ces structures satellites, et de garantir la publication systématique des rapports de suivi, aujourd’hui trop souvent produits mais non centralisés.
Remettre l’opportunité de la dépense au cœur du débat, en particulier pour les grands projets.
La Cour documente depuis des années, avec constance, la dérive de nos grands chantiers d’infrastructure : sur le Lyon-Turin, elle alerte depuis 2012 sur un pilotage insuffisant et un projet disproportionné, et le coût du seul tunnel transfrontalier est passé de 8,6 à 11,1 milliards d’euros. Le Grand Paris Express a connu les mêmes alertes sur les coûts, les délais et la gouvernance. Plus révélateur encore : en novembre 2025, la Cour a recommandé la suppression pure et simple du Centre national des arts plastiques, pointant un modèle non soutenable et un projet immobilier à Pantin dont le coût a doublé pour atteindre 98 millions d’euros. La Cour documente, chiffre, alerte et le politique referme encore trop souvent le dossier, sans même avoir à en débattre publiquement.
À l’heure où la dette publique atteint 116,3 % du PIB et où nos taux d’emprunt rejoignent ceux de l’Italie, une clause de revoyure systématique pour tout grand projet d’investissement public au-delà d’un certain seuil me semblerait salutaire : un réexamen contradictoire et public de sa pertinence et de sa soutenabilité, avant chaque étape d’engagement financier majeur. Dans ce cadre, les chambres régionales des comptes pourraient être mobilisées en urgence pour formuler, projet par projet, des propositions concrètes aux collectivités concernées, afin qu’elles puissent en délibérer publiquement plutôt que de subir des dérives année après année. Ce n’est pas décider à la place des élus locaux ou nationaux, c’est se donner les moyens de revisiter collectivement des choix anciens à l’aune d’une situation budgétaire qui, elle, a radicalement changé.
La Cour des comptes fait son travail, en toute indépendance. À nous, responsables politiques à tous les échelons, de nous donner les moyens d’en tirer les conséquences et d’assumer, y compris publiquement et projet par projet, les arbitrages qu’elle nous impose de regarder en face.

> Quand le coût des déplacements devient tel que certains envisagent de renoncer à travailler, nous devons agir. À court terme, les aides doivent être simples, accessibles et ciblées vers ceux qui ont besoin de leur voiture pour travailler. Mais nous devons aussi préparer l’avenir. Avec Gabriel Attal, nous voulons accélérer l’électrification et étendre le leasing social pour permettre à davantage de Français d’accéder à un véhicule électrique à un prix abordable.

> Quand on travaille, on doit pouvoir vivre dignement de son salaire. Avec Gabriel Attal, nous voulons réduire fortement l’écart entre le brut et le net, pour que le travail paie davantage et que les salariés voient concrètement leur pouvoir d’achat augmenter.

> Nos priorités sont claires. Protéger le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent, permettre à nos entreprises de continuer à investir et à créer des emplois, et préserver notre compétitivité face à la Chine et aux États-Unis. Des efforts nécessaires doivent être justes et s’accompagner d’un véritable effort de l’État sur la dépense publique. Agences, dépenses inutiles, gabegies déjà pointées par les chambres régionales des comptes… Le Parlement doit pleinement jouer son rôle de contrôle pour que chaque euro dépensé soit utile.

> Sur la dette, je refuse le fatalisme. D’autres pays européens ont montré qu’il était possible de retrouver des marges de manœuvre et nous pouvons, nous aussi, agir. Lorsqu’il était Premier ministre, Gabriel Attal a assumé des choix forts avec 10 milliards d’euros de crédits annulés en 2024. Il avait également engagé une réforme de l’assurance-chômage pour réduire nos dépenses. Pour la suite, nous devons avoir le courage d’aller plus loin avec une profonde réforme des retraites, un système mêlant universalité et capitalisation, mais aussi des économies dans les dépenses de l’État et des collectivités.

 

Paul Midy (député)
> Encore une famille séquestrée pour des cryptomonnaies. Un couple et ses deux enfants, pendant près de trois heures. Ça suffit ! Avec les députés Ensemble, nous avons déposé une loi pour mieux protéger les acteurs de la crypto et leurs proches, notamment en masquant les données personnelles des dirigeants. On ne peut pas juste attendre le prochain enlèvement. Il est urgent que cette loi soit adoptée !!

> Depuis trente ans, les résultats de notre pays n’ont pas été à la hauteur des attentes de beaucoup de Français. Si nous voulons vraiment changer leur vie, nous ne pouvons plus nous contenter de modifier quelques paramètres à la marge. Révolution de l’IA, transition écologique, bouleversements géopolitiques, vieillissement démographique : tout a changé, tout doit changer. Et ce programme, nous voulons le construire avec vous. Entrepreneurs, salariés, chercheurs, enseignants, étudiants, associatifs et citoyens : envoyez-nous vos idées, vos expériences et vos propositions. Pour obtenir de grands résultats, il faut renverser la table. Au travail !

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> Voilà maintenant plusieurs décennies que je suis militant du MoDem. Je suis resté un militant. On ne rejoint pas cette famille par hasard. On la rejoint pour ses valeurs et ses convictions. On la rejoint aussi pour ses visages amicaux et ses attitudes. Nous avons connu des défaites et des victoires, siégé dans la majorité comme dans l'opposition, vu de nouveaux talents nous rejoindre. Nous avons aussi vu la faiblesse de ceux prêts à renoncer. Si nous sommes toujours là, c'est parce que nous portons une exigence historique. Celle d'une sensibilité politique qui refuse la brutalité comme la facilité. Il nous revient de la défendre. Celle aussi d'attitudes conformes à ce qu'attendent nos concitoyens : l'humilité, la sincérité, la générosité sans arrière-pensée. La France entre dans une séquence où tout invitera à la surenchère. Notre responsabilité sera de tenir, de dire ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise et de rappeler qu'aucun pays n'a jamais réussi en se déchirant.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Ce qu'il se passe en Allemagne doit nous alerter. L’AfD progresse. Et ce n’est plus un accident électoral : elle arrive en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, tandis que la CDU s’effondre à 4,9 %. Pourquoi ? Il y a bien sûr des raisons propres à l’Allemagne, qui paie la fin d’un modèle de dépendance poussé : une énergie russe bon marché, une sécurité assurée par les États-Unis, une industrie allemande dépendante des exportations et vulnérable à la montée en gamme de ses concurrents notamment chinois. En quelques années, tout cela s’est effondré. Et ceux qui le subissent le plus sont d’abord les Allemands de l’Est. Mais une leçon vaut pour toute l’Europe : s’aligner sur l’agenda idéologique de l’extrême droite ne la fait pas reculer. Durcir toujours plus le discours migratoire sans apporter de véritables solutions ne répond pas aux inquiétudes des citoyens. C’est vrai aussi sur les carburants dont les prix explosent. Bien sûr il faut des aides à la pompe. Mais ce n’est pas une solution de long terme : sortons une bonne fois pour toutes de notre dépendance aux énergies fossiles ! On les importe depuis des régions soumises aux chocs géopolitiques et en plus elles polluent. C’est précisément le sens du Pacte vert européen : faire de notre transition énergétique un pacte d’indépendance. Notre monde change, de nouveaux défis apparaissent avec l’IA, les tarifs de Trump et les tensions autour des détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb. À nous, démocrates et Européens, de répondre aux inquiétudes avec des solutions concrètes, pas avec les recettes de l’extrême droite.

> Cela n’explique pas tout de la progression très rapide de l’AfD en Allemagne. Mais nous avons un enseignement à tirer, nous Européens : À chaque fois que la droite s’aligne sur l’agenda idéologique de l’extrême droite, elle la fait monter. Cette stratégie est perdante partout en Europe.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Non, M. Trump, le rapprochement UE-Canada n’est pas «risible», c’est une alliance et contre vous]
Le Canada est la plus européenne des Amériques. Le Canada est l’Europe en Amérique mais si son Premier ministre a accepté, jeudi dernier, ce statut de «membre associé» de l’Union que lui avait proposé la présidente de la Commission, c’est avant tout que nous devons faire front.
Ce n’est pas dit mais c’est bel et bien une alliance politique qui vient de se sceller, une alliance contre un homme dont Mark Carney n’a jamais prononcé le nom, contre l’adversaire états-unien qui voudrait annexer le Canada, guigne le Groenland et tente de nous faire tous plier à coups de tarifs douaniers.
Donald Trump a trouvé cela «risible», mais il ferait mieux d’ouvrir les yeux et de voir que cette association du Canada et de l’Union européenne était en germes dans le rapprochement entre l’Union, la Grande-Bretagne et la Norvège ; dans la Coalition des volontaires formée par Paris et Londres pour soutenir l’Ukraine ou encore dans la Communauté politique européenne imaginée par Emmanuel Macron dès 2022 pour réunir l’ensemble des démocraties européennes, membres ou non de l’Union, dans un seul et même forum.
A tâtons, il y a plusieurs années déjà que l’Union européenne cherche à faire face à l’expansionnisme russe, au dumping chinois et à l’éloignement des Etats-Unis en faisant émerger un réseau mondial de démocraties désireuses de faire bloc contre ces trois menaces. Très présentes dans le monde et bénéficiant des meilleures armées d’Europe, la France et la Grande-Bretagne sont à la manœuvre et il est frappant que ce soit avec un pays où toutes deux pèsent d’un si grand poids que les choses se soient maintenant accélérées.
Ce statut de membre associé reste à définir. Ce ne sera d’ailleurs pas forcément simple mais aux Etats membres, aux pays candidats et à ceux qui désireraient le devenir, la constellation européenne ajoute maintenant une quatrième catégorie d’Etats dont le Canada n’est que l’avant-garde. Comme «associés» et non pas membres, l’Australie, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Japon peut-être un jour, la Turquie lorsqu’elle aura rompu avec sa dérive autocratique, des Etats également d’Afrique et du Proche-Orient, auraient ainsi vocation à se rapprocher de l’Union européenne dans ce qu’on nomme déjà l’Alliance du futur et que je propose, pour ma part, d’appeler l’Entente démocratique.
Ça reste à faire, dira-t-on. Utopie, disaient beaucoup d’Européens après les discours d’Ursula von der Leyen et de Mark Carney mais c’est oublier là que bien peu croyaient hier encore que l’Union marcherait vers une défense commune, armerait l’Ukraine, envisagerait l’idée d’une préférence européenne pour contrer la Chine, en viendrait à admettre l’éventualité de politiques industrielles communes et chercherait à se doter d’un Conseil de sécurité.
En politique, nécessité fait loi. Le Canada en est la preuve mais toute la question est de savoir si nous serons à la hauteur de l’enjeu, nous les Européens. Une part croissante du monde souhaiterait que nous nous affirmions pour pouvoir s’affirmer avec nous mais l’Union elle-même risque de se défaire si nos votes donnent les commandes aux extrêmes droites dans plusieurs de nos grandes capitales.
En France comme en Allemagne, nous ne sommes plus loin de réaliser le rêve conjoint de Trump et de Poutine et même si nous renoncions à ce suicide, nos institutions communes risquent de bientôt nous paralyser. Conçues pour un marché commun, elles n’offrent à l’Union ni véritable pouvoir exécutif ni véritable pouvoir législatif et lui interdisent par-là d’achever de se muer en puissance politique.
C’est si vrai que lorsqu’Ursula von der Layen, à Strasbourg, tendait la main au Canada ou lançait son Conseil de sécurité européen, elle outrepassait les compétences données à une présidente de la Commission. Parce que les traités ne répondent plus aux besoins d’aujourd’hui, elle les a de fait violés pour créer des faits accomplis, heureux et nécessaires.

 

Pascal Canfin (député)
> [Opinion: L’Europe doit apprendre à dire non à la Chine]

Les chefs d’État et de gouvernement réunis en juin à Évian dans le cadre du G7 et du Conseil européen ont enfin nommé un problème que Bruxelles et de nombreuses capitales ont longtemps cherché à éviter : la puissance industrielle chinoise représente une menace systémique pour l’industrie européenne. « Notre déficit commercial avec la Chine s’élève aujourd’hui à 1 milliard d’euros par jour. Il a atteint un point de bascule. Certains disent que le second choc chinois est imminent. Nous le ressentons pourtant déjà », a renchéri Ursula von der Leyen lors de son discours annuel sur l’état de l’Union. 
Le déficit commercial de l’Union avec la Chine ne cesse de se creuser et l’Europe est dépendante de Pékin dans des chaînes de valeur stratégiques. Une situation qui compromet la sécurité économique européenne, alors que Pékin utilise de plus en plus les flux commerciaux comme arme géopolitique.
Dans ce contexte, le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, Maroš Šefčovič, a engagé en juin dernier un nouveau Mécanisme de consultation sur le commerce et l’investissement avec son homologue chinois Wang Wentao, dans l’espoir de résoudre par le dialogue les déséquilibres structurels qui façonnent aujourd’hui cette relation commerciale. Les Européens estiment que le succès de ce dialogue réside dans l’obtention de mesures concrètes permettant de limiter les exportations chinoises vers l’Europe dans des secteurs sensibles, et non dans une simple amélioration de l’accès au marché chinois pour les entreprises européennes. L’échéance est fixée à début octobre et les chefs d’État et de gouvernement se réuniront à Bruxelles les 15 et 16 octobre. Ce sera un moment clef qui permettra de répondre à la question politique qui reste aujourd’hui entière : l’Europe se contentera-t-elle de quelques ajustements à la marge côté chinois, car une majorité d’États membres refusera de s’engager dans une « escalade », ou les États seront-ils prêts à mandater la Commission pour renforcer drastiquement notre politique de défense commerciale, notamment en adoptant de nouveaux outils législatifs pour tenter d’imposer un rééquilibrage de notre relation commerciale avec la Chine ? 
Aucune de ces deux stratégies ne sera sans douleur. Opter pour le statu quo, c’est prendre le risque de voir disparaître des pans entiers de notre tissu industriel, qui n’a aucune chance de résister à l’offensive chinoise. Opter pour la riposte, c’est s’engager dans une voie où la Chine ne manquera pas d’exploiter nos vulnérabilités et de chercher à nous diviser. Les décideurs européens, publics comme privés, devront faire preuve d’une grande constance, car le pire serait de créer un rapport de force et de céder à la première difficulté ; d’une grande solidarité, car une épreuve de force fera nécessairement des gagnants et des perdants à court terme ; et d’une bien plus grande capacité d’innovation et d’investissement qu’aujourd’hui, car si le commerce extérieur avec la Chine est devenu si déséquilibré, c’est aussi parce que Pékin a réalisé les innovations que nous n’avons pas faites à temps. Mais la Chine n’est pas non plus sans faiblesses à notre égard, à commencer par sa dépendance aux exportations vers le marché unique, qui est un moteur essentiel de sa croissance économique, et donc de sa stabilité sociale.
Le diagnostic est désormais sans appel. En 2025, pour la première fois, l’ensemble des États membres ont enregistré un déficit commercial avec la Chine. À l’échelle de l’Union, ce dernier s’établit à 360 milliards d’euros pour les biens. Et les échanges de services ne permettent pas de compenser ce déficit, puisque l’Union dégage un excédent commercial de seulement 21 milliards d’euros. C’est là une différence notoire avec les États-Unis, où Donald Trump met l’accent sur le déficit américain avec l’Europe concernant les biens, qui est réel et s’élève à environ 200 milliards d’euros. Il se garde toutefois de rappeler que les États-Unis réalisent un excédent presque équivalent dans le commerce des services, d’environ 178 milliards d’euros. Avec la Chine, rien de tel : le commerce des services est presque équilibré, alors que celui des biens est ultra déficitaire pour les Européens. Un seul chiffre résume la gravité de la situation : selon la BCE, 29 millions d’emplois européens sont directement exposés à la concurrence chinoise, soit 27 % des emplois de la zone euro.
La Chine utilise son industrie comme levier de sa puissance. Sa politique industrielle, ses ambitions géopolitiques et son modèle économique sont alignés et coordonnés par l’État et le Parti communiste qui poursuit depuis des décennies une stratégie d’autonomie stratégique, voire d’autosuffisance. En 2015, Pékin a lancé son plan «Made in China 2025»: un plan décennal visant à atteindre 70 % d’autosuffisance dans les industries stratégiques et à utiliser son marché intérieur pour faire émerger des champions industriels capables de rivaliser sur la scène mondiale. La Chine produit aujourd’hui 37 % des biens manufacturés mondiaux et pourrait atteindre 45 % d’ici 2030.Si la Chine s’est cantonnée pendant des décennies aux industries à faible valeur ajoutée telles que le textile, les jouets, l’assemblage bon marché, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, elle domine les principales chaînes de valeur stratégiques de la transition écologique et numérique, des matières premières à l’assemblage: batteries, panneaux solaires, matériaux critiques, etc. La Chine produit plus de la moitié de l’acier mondial, 40 % des produits chimiques et 80 % des panneaux photovoltaïques. Elle s’attaque désormais au terrain de jeu de prédilection des Européens, et notamment de l’Allemagne: l’automobile, les machines-outils, la chimie. Dans le secteur automobile, la Chine est ainsi devenue en 2023 le premier pays exportateur de voitures . Elle exporte aujourd’hui plus de voitures en Europe que les Européens en Chine. C’est un renversement historique pour l’industrie automobile allemande qui, depuis une vingtaine d’années, avait fait du marché chinois une source clef de revenus.
En 2001, la Chine a rejoint l’Organisation mondiale du commerce, ce qui lui a permis d’accéder aux marchés mondiaux sans devoir renégocier cet accès chaque année. Ce statut apporte une prévisibilité qui stimule les investissements et les exportations de manière exponentielle : alors que la Chine ne représentait que 4 % des exportations mondiales en 2001, ce chiffre a plus que triplé en un peu plus de 20 ans pour atteindre 15 % en 2023, faisant d’elle de loin le premier exportateur mondial. Certains considèrent que son accession à l’OMC fut une erreur au regard de la situation actuelle. Il est toujours difficile de réécrire l’histoire, mais il est raisonnable de penser que cette adhésion a accéléré le développement économique du pays, sans pour autant produire la convergence vers le modèle de démocratie de marché occidentale qui était l’un des bénéfices attendus par les dirigeants européens et américains de l’époque.
Dès les années 1980, la Chine utilise l’accès à son marché intérieur comme un levier stratégique en imposant des coentreprises aux entreprises étrangères qui souhaitent y avoir accès. Elle force ainsi le transfert de technologies et de savoir-faire vers les entreprises domestiques. L’objectif est non seulement de permettre le rattrapage technologique mais, à terme, de faire des champions capables de dépasser les rivaux occidentaux. La plupart des constructeurs automobiles européens ont établi des coentreprises entre les années 1980 et 2000. En parallèle, la Chine a fait émerger des champions nationaux tels que BYD ou Geely. En 2010, Geely a même racheté le constructeur suédois Volvo. L’année dernière, les constructeurs chinois représentaient 60 % des ventes mondiales de voitures électriques. Leur coût de production est inférieur de 30 à 40 % à celui des constructeurs européens, grâce à une stratégie d’intégration verticale, à une rapidité dans le déploiement de l’innovation et à une automatisation plus poussée qu’en Europe, dans des usines plus récentes et donc plus productives. 
La compétitivité en termes de coûts des entreprises chinoises s’explique également par le fait qu’elles sont massivement subventionnées, que ce soit par des aides d’État directes ou par le biais d’emprunts à taux préférentiels adossés au système bancaire étatique. Selon l’OCDE, 60 % des parts de marché gagnées par les entreprises chinoises depuis 20 ans ne s’expliquent ni par leur productivité ni par leur innovation, mais par les subventions publiques. Les entreprises chinoises reçoivent 3 à 8 fois plus de soutien étatique rapporté à leur chiffre d’affaires que leurs concurrentes européennes. Elles ne sont pas soumises à une norme implicite de rentabilité. L’objectif est la conquête de parts de marché, à n’importe quel prix. Un quart des entreprises chinoises qui opèrent aujourd’hui en Europe sont déficitaires. Parmi la trentaine de constructeurs de voitures électriques présents en Chine, seuls trois sont profitables. L’Europe ne peut rivaliser avec le coût du capital chinois, car la Chine n’est pas une économie de marché. Cette notion de « coût du capital » est largement absente des débats politiques, alors qu’elle est au moins aussi importante que le coût du travail ou celui de l’énergie. La compétitivité-coût repose aussi sur une politique de dévaluation de la monnaie. La BCE et le FMI estiment la sous-évaluation du renminbi à environ 15 %. La Chine utilise ainsi sa monnaie pour se créer artificiellement un avantage compétitif supplémentaire, face auquel aucun gain de compétitivité coût européen ne peut rivaliser.
Comme si cela ne suffisait pas, le déséquilibre commercial entre l’Union et la Chine se traduit également par des barrières à l’entrée pour les entreprises européennes sur le marché chinois. Résultat : les exportations depuis le marché unique vers la Chine diminuent. Elles ont en effet connu une baisse de 30 % en volume entre 2017 et 2024, alors que la Chine a connu une croissance de 40 % sur la même période. L’Union exporte aujourd’hui davantage vers la Suisse que vers la Chine, qui est devenue la quatrième destination des exportations de l’Union. Si les industriels européens exportent moins vers la Chine, c’est aussi le résultat de la montée en puissance de l’offre chinoise locale. Il y a vingt ans, la Chine achetait massivement des machines-outils et des voitures allemandes. Aujourd’hui, elle achète des voitures et des machines-outils chinoises. C’est une réalité : les industriels chinois ont innové et investi bien plus que leurs homologues européens au cours de la dernière décennie. Ils ont progressivement comblé leur retard et sont désormais, dans de nombreux domaines, tout simplement plus compétitifs.
Mais à cette réalité dont nous sommes responsables s’ajoutent les politiques chinoises qui faussent les conditions de la concurrence. Si bien que même lorsque les entreprises européennes sont plus performantes, elles perdent. Par exemple, la Chine applique des clauses de « Buy China » dans l’attribution des marchés publics, favorisant ainsi ses champions nationaux. Depuis le début de l’année 2026, le prix des produits chinois est artificiellement réduit de 20 % dans l’évaluation des offres. 
Lorsque l’on rassemble l’ensemble des politiques chinoises visant à assurer la compétitivité hors coûts et la compétitivité coût, on mesure le danger mortel du tsunami auquel nous commençons tout juste à faire face.
Alors que Pékin a minutieusement construit une politique industrielle planifiée et coordonnée depuis plusieurs décennies, l’Europe a délibérément choisi le libre-échange comme stratégie de maximisation des gains : les entreprises européennes ont mondialisé leurs chaînes de valeur, optimisé les coûts et fait bénéficier les consommateurs européens de produits à prix plus compétitifs, tout en utilisant le marché chinois comme relais de croissance, à l’image des constructeurs allemands qui tirent encore aujourd’hui jusqu’à 30 % de leurs profits des ventes en Chine. Le choix de la Chine s’est avéré bénéfique tant pour les prix payés par les consommateurs que pour les dividendes des actionnaires des grandes entreprises européennes.
Les bénéfices du commerce avec la Chine sont peu mentionnés dans le débat français, car la France entretient un rapport presque exclusivement négatif à la mondialisation. Nous avons en effet l’un des déficits commerciaux les plus importants d’Europe depuis plusieurs décennies. Or, de nombreux pays européens, à commencer par l’Allemagne, ont au contraire fortement bénéficié de cette ouverture. Cette différence objective se traduit dans les débats actuels de politique européenne : les Français y voient une évolution naturelle, alors que les Allemands y voient une rupture, justifiée par la nouvelle donne pour les uns, et un engrenage dans une guerre commerciale pour les autres. 
L’intégration des chaînes de valeur européennes avec la Chine, qui s’est construite depuis 2001, a produit des dépendances structurelles que Pékin utilise aujourd’hui comme instrument de pression économique. L’État chinois a progressivement imposé des systèmes de licences à l’exportation pour des métaux et des technologies critiques. En avril 2025, la Chine est même allée jusqu’à imposer des restrictions à l’exportation de terres rares lourdes et d’aimants permanents, indispensables aux moteurs électriques, à l’industrie éolienne et aux équipements de défense. 
En 2026, la Chine a franchi une nouvelle étape en adoptant deux décrets supplémentaires : le décret 834 sur la « sécurité des chaînes industrielles et d’approvisionnement » et le décret 835 sur la « lutte contre l’exercice abusif de la compétence extraterritoriale par des États étrangers ». Ces règlements viennent compléter la panoplie d’outils coercitifs dont dispose la Chine et posent une nouvelle question stratégique à l’Europe. En effet, ces dernières années, nous nous sommes dotés d’un ensemble de réglementations visant à conditionner l’accès au marché unique au respect de certains standards européens. Celles-ci impliquent la récupération de données par les entreprises auprès de leurs fournisseurs, y compris non européens, afin de vérifier la conformité des produits entrant sur le marché unique. C’est le cas du règlement interdisant les produits issus du travail forcé, entré en vigueur fin 2024, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, du règlement sur la déforestation, mais aussi du devoir de vigilance et du reporting extra-financier. Or, ces nouveaux décrets chinois compliquent sérieusement la tâche des entreprises européennes et de la Commission pour la collecte de ces données, puisque la Chine se réserve le droit d’interdire leur transfert pour des motifs de sécurité industrielle et de chaînes de valeur, sans en définir précisément le champ d’application, afin de laisser toute la place aux politiques discriminatoires. Le décret 835 a d’ailleurs déjà été utilisé en mai 2026 pour bloquer une enquête de la Commission sur la firme Nuctech au titre du règlement européen sur les subventions étrangères. Cette nouvelle politique chinoise pourrait empêcher les entreprises européennes actives en Chine de se conformer au droit européen, ce qui les placerait dans une situation juridique complexe. Elle rendrait également bien plus difficile pour la Commission européenne la conduite d’enquêtes aboutissant, par exemple, à la mise en place de droits de douane contre les produits chinois.
C’est une dimension moins visible que l’affrontement commercial basé sur les tarifs douaniers, mais tout aussi importante : la guerre des normes extraterritoriales. La Chine s’attaque frontalement à l’Europe en tant que puissance normative. Cela va au-delà de la seule question de la compétitivité industrielle, car cela vise un élément clef de notre souveraineté politique européenne : décider ce qui doit ou non entrer sur notre propre marché. 
L’heure n’est plus seulement au diagnostic. La puissance industrielle chinoise a déjà des effets néfastes sur l’industrie européenne. Le logiciel européen, longtemps basé sur une ouverture commerciale jugée gagnant-gagnant, doit être repensé. La puissance européenne passera par deux impératifs indissociables : d’une part, investir pour produire et innover en Europe afin de réduire notre dépendance, et d’autre part, nous protéger lorsque des pays ne respectent pas les mêmes règles. 
La Chine a compris avant l’Europe que l’électrification n’était pas seulement un impératif climatique, mais aussi un levier de compétitivité industrielle et de souveraineté énergétique. Comme l’Europe, la Chine est pauvre en ressources fossiles. Premier importateur mondial de pétrole brut, elle dépend à plus de 70 % des importations de pétrole, une vulnérabilité que les tensions autour du détroit d’Ormuz ont rappelée. En deux décennies, la Chine a fait de l’électrification une priorité stratégique. La part de l’électricité dans sa consommation finale d’énergie est ainsi passée de 10 % au début des années 2000 à plus de 30 % aujourd’hui. En comparaison, ce taux stagne en Europe autour de 20 % depuis vingt-cinq ans. En 2024, la Chine a atteint avec six ans d’avance son objectif de capacité éolienne et solaire fixé pour 2030, tout en investissant 625 milliards de dollars dans les énergies propres, soit le tiers des investissements mondiaux dans ce secteur. Dans le nucléaire, la Chine est également sur le point de dépasser les puissances nucléaires historiques. Le pays construit actuellement presque la moitié des réacteurs en chantier dans le monde, avec des délais de construction deux fois plus courts que la moyenne mondiale.
On parle désormais d’un électrostate, par opposition aux pétrostates qui ont bâti leur puissance sur le pétrole, à l’image des États-Unis. La Chine ne se contente pas de déployer des capacités de production d’électricité décarbonée à toute vitesse, elle organise tout son système électrique de manière à en faire un levier de compétitivité industrielle. Elle développe un réseau intelligent et décentralisé qui permet de transformer chaque point de consommation en potentiel de flexibilité. Plus d’un milliard de compteurs intelligents ont été installés. En octobre 2024, un marché spot interprovincial de l’électricité a été lancé, permettant pour la première fois d’ajuster les prix en temps réel afin de faire coïncider consommation et production décarbonée compétitive à l’échelle nationale. À Shanghai, qui compte environ 25 millions d’habitants, le premier test à grande échelle de « vehicle-to-grid » vise à démontrer la faisabilité d’utiliser les voitures électriques comme des batteries sur roues capables de rendre des services au réseau électrique. 
Avec l’électrification, la Chine compte également exploiter le continuum de l’automatisation et de la modernisation de l’appareil industriel. Au Forum de Davos, le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, a fortement insisté sur le fait que la transition verte est au cœur de la stratégie de croissance chinoise, liant clairement la décarbonation à l’innovation et au développement des nouvelles technologies de pointe. En effet, l’électrification crée les conditions technico-économiques permettant le déploiement à grande échelle de la robotisation et de l’automatisation des procédés industriels. Elle permet ainsi aux industries, qui traditionnellement reposent sur des systèmes énergétiques fossiles, de réaliser des gains de productivité. En 2024, 54 % des robots industriels étaient installés en Chine, selon la International Federation of Robotics. L’électrification et la modernisation industrielle vont donc de pair. 
On le sait, l’objectif géopolitique ultime du Parti communiste chinois est de forger un nouvel ordre mondial dont la Chine serait le centre, à l’image de ce que les États-Unis ont fait au XXe siècle et l’Europe avant eux. Or, la dépendance de la Chine aux énergies fossiles, dont les États-Unis sont le premier producteur et exportateur mondial, rend cela impossible. C’est pour cette raison que devenir un électrostate est un élément clef de la stratégie chinoise, car c’est la condition de sa suprématie.
Côté européen, la Commission vient de publier une nouvelle stratégie d’électrification pour le continent. La guerre au Moyen-Orient a une nouvelle fois rappelé le coût de notre dépendance aux énergies fossiles importées, ainsi que l’intérêt sécuritaire et économique pour l’Europe de procéder rapidement à cette transition. Ce plan a pour objectif d’électrifier près de la moitié de notre économie d’ici 2040, ce qui permettrait de réaliser jusqu’à 260 milliards d’euros d’économies par an. Grâce à sa production électrique déjà largement décarbonée, à son réseau électrique interconnecté et à son industrie nucléaire mature, l’Europe a les moyens de rejoindre le club des électrostates. C’est une stratégie gagnante sur tous les plans : pour la souveraineté européenne, la compétitivité industrielle et la sécurité. L’enjeu pour les Européens est de déployer simultanément la production des technologies propres essentielles à cette électrification, tout en réunissant un consensus politique autour de cet objectif. C’est là le cœur du choix que les chefs d’État et de gouvernement européens doivent opérer : voulons-nous faire de l’Europe un électrostate, condition de sa puissance face aux puissances fossiles que sont les États-Unis et la Russie ? Tant que cette question n’aura pas été tranchée, nous manquerons cruellement d’une vision stratégique et d’un cap clair. 
Si l’Europe fait aujourd’hui face à un déficit de compétitivité, c’est en partie le résultat d’un sous-investissement chronique des grandes entreprises européennes dans leurs capacités productives, au regard de leurs résultats financiers. L’Europe dispose d’un appareil industriel composé d’outils productifs amortis qui génèrent de la rente à court terme, mais qui condamnent la compétitivité à moyen terme s’ils ne sont pas modernisés. En face, la Chine a construit des usines ultramodernes, automatisées et optimisées. En Europe, pour chaque euro de profit réalisé, la part réinvestie dans de nouvelles capacités productives a diminué de plus de la moitié en vingt-cinq ans, passant de 18,9 % en 2000 à seulement 7,4 % en 2024. En parallèle, dans les 300 plus grandes entreprises non financières européennes, le taux de distribution aux actionnaires est passé de 27 % à 68 % des bénéfices nets sur la même période. Les versements aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats d’actions dépassent désormais structurellement l’investissement productif. 
La pression exercée par l’industrie chinoise sur les parts de marché et les prix, combinée à l’exigence de distribution immédiate de dividendes et de rachats d’actions pour faire monter les cours, pousse les dirigeants européens à privilégier le très court terme au détriment de l’investissement. Cumulé sur vingt-cinq ans, ce choix explique en partie pourquoi l’Europe se retrouve aujourd’hui en position de faiblesse face à une Chine qui a fait le pari inverse, sans contrainte de rentabilité à court terme. Le système chinois de financement de l’innovation permet à des centaines de jeunes entreprises d’émerger autour d’un même enjeu technologique. Financées à la fois par l’État central et les provinces, elles se font ensuite concurrence. Les champions qui se dégagent de cette compétition font alors l’objet d’une attention particulière de la part du pouvoir central, qui les transforme en leaders mondiaux pendant que les autres disparaissent.
L’Union n’a donc d’autre choix que d’investir beaucoup plus qu’aujourd’hui, en commençant par faire émerger des capacités de production européennes dans les secteurs stratégiques. Développer une industrie de la batterie, des terres rares ou encore de la chimie verte est indispensable pour garantir notre compétitivité et notre souveraineté à moyen terme. Si l’Europe ne peut pas concurrencer la Chine sur le terrain de la compétitivité prix, elle doit se concentrer sur l’innovation et les technologies de rupture. Prenons l’exemple des batteries. La Chine contrôle et maîtrise parfaitement les technologies des batteries lithium-ion et lithium fer phosphate. Elle produit des batteries de qualité à des prix ultra-compétitifs. CATL, leader mondial incontesté, reconnaît lui-même aujourd’hui n’être qu’au niveau 4 sur 9 de l’échelle de maturité industrielle de la technologie des batteries solides. Ce qui signifie que la compétition est encore ouverte. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’Europe doit abandonner complètement la bataille industrielle sur les technologies actuelles, car l’innovation ne se construit pas sur du sable, mais sur un écosystème industriel installé et agile, capable de l’amener à l’échelle industrielle. L’exemple d’ASML aux Pays-Bas est très parlant : c’est l’expertise de l’entreprise Philips, un géant historique dont de nombreux métiers ont disparu, mais qui a su faire émerger en son sein un nouveau savoir-faire et des compétences qui ont contribué à faire d’ASML le leader mondial de la fabrication de machines de lithographie, indispensables à la production de semi-conducteurs. Ce qui n’était qu’une filiale de Philips est devenu l’une des plus grandes et des plus stratégiques entreprises européennes. Si l’Europe se désindustrialise, elle perdra sa capacité à être un champion industriel de demain. Nous voyons aujourd’hui avec l’industrie de la batterie que créer des compétences prend du temps, plus de temps que prévu, et nécessite des efforts financiers encore plus significatifs qu’anticipés. Mais sans cette nouvelle base industrielle susceptible de générer des innovations de rupture, nous n’aurons plus aucune chance dans la compétition avec la Chine.
La souveraineté industrielle européenne passera également par le déploiement de technologies qui nous rendront moins dépendants de la Chine, notamment en ce qui concerne les matières premières critiques. C’est pourquoi l’innovation doit également porter sur leur substitution. C’est d’ailleurs le pari de certaines entreprises européennes, comme Skeleton Technologies en Estonie, qui produit des batteries sans cobalt ni graphite, ou Renault, pionnier des moteurs électriques sans terres rares. Cet objectif stratégique doit maintenant être généralisé grâce à des outils financiers dédiés qui pourraient être concentrés au sein de la Commission européenne dans le nouveau Fonds de compétitivité prévu dans le nouveau budget européen à partir de 2028. 
Il faut également rappeler que la préservation d’une base industrielle européenne n’est pas seulement un enjeu de compétitivité économique. C’est aussi une question de souveraineté et de puissance géopolitique. En effet, il existe des fondations communes entre l’industrie civile et l’industrie de défense. La production de batteries, de terres rares ou de semi-conducteurs est par exemple aussi importante pour les applications de défense. En cas de conflit armé, il faut pouvoir mobiliser la production civile d’acier ou de carburants alternatifs pour faire fonctionner l’aviation militaire. Une industrie de défense de pointe a également besoin des synergies, des compétences et du savoir-faire de l’industrie civile. Cette culture du double usage civil et militaire est encore trop peu présente en Europe pour des raisons historiques, alors qu’elle a parfaitement été intégrée par la Chine dans sa propre politique industrielle, à l’instar des États-Unis, notamment dans les domaines du spatial et du numérique. 
Certains rappellent que la transition écologique génère elle-même de nouvelles dépendances vis-à-vis de la Chine : les batteries des voitures électriques, les terres rares, les panneaux solaires, etc. Toutefois, il ne faut pas mettre ces nouvelles dépendances sur le même plan que la dépendance européenne aux énergies fossiles. Dans un monde carboné où la maîtrise de l’énergie est une arme, l’Europe n’a tout simplement pas les moyens de rivaliser, car elle ne produit pas, et ne produira jamais, de pétrole ni de gaz. Elle est obligée d’accepter un rapport de force qui lui est défavorable et ne peut que gérer son risque en diversifiant ses approvisionnements. Dans le domaine des matières premières critiques, la situation n’est pas aussi figée. La domination chinoise n’est pas géologique ; elle est le produit d’une politique industrielle délibérée. L’Europe a les moyens de réduire sa dépendance en investissant dans l’extraction, le raffinage et le recyclage de ces matières. Prenons l’exemple du lithium. L’Europe est capable d’assurer une production européenne de lithium, car il y a des ressources géologiques de lithium en Europe et car elle pourra, à terme, recycler le lithium des batteries de voitures électriques en fin de vie, de manière à utiliser des matières premières secondaires produites sur place. La dépendance actuelle à la Chine ne porte d’ailleurs pas tant sur l’extraction que sur le raffinage et la transformation, c’est-à-dire sur des capacités industrielles et non sur des rentes géologiques contre lesquelles nous sommes impuissants.
Ce choc d’investissement pour faire émerger en Europe les chaînes de valeur industrielle de demain ne peut se produire que si nos entreprises sont confrontées à une concurrence loyale. Or, les conditions d’une concurrence loyale avec la Chine ne sont pas remplies. Le marché européen est inondé par des surcapacités massivement subventionnées. Le précédent du secteur solaire, où la Commission avait établi des marges de dumping de 88 % dès 2013, a coûté la vie à la filière photovoltaïque européenne. L’enquête de la Commission sur les voitures électriques a quant à elle abouti à l’application de droits compensateurs pouvant aller jusqu’à 35 % depuis 2024. Mais il faut cesser de raisonner au cas par cas, souvent trop tard, pour passer à une logique stratégique multisectorielle. C’est la décision politique qui reste à prendre, et chaque mois perdu est un mois de retard.
Avec le Pacte vert, l’Europe a poursuivi une ambition claire : se décarboner tout en assurant un cadre de concurrence équitable aux industries européennes afin d’éviter le dumping climatique de ses concurrents. Le principe est simple : les partenaires commerciaux doivent être soumis aux mêmes règles que nos entreprises et respecter les normes européennes pour accéder au marché. C’est cette logique d’équité de traitement qui nous a conduits à adopter, en 2023, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, afin de mettre un prix sur les émissions de CO₂ importées, ainsi que les critères de traçabilité et d’empreinte carbone dans le règlement batteries. C’est la première manière pour l’Europe de défendre ses intérêts industriels, par la norme d’accès au marché, une approche efficace puisque l’Union européenne est l’un des premiers marchés au monde. 
En parallèle, l’Europe a également renforcé sa boîte à outils de défense commerciale, les outils traditionnels antidumping et antisubventions ayant atteint leurs limites pour traiter la distorsion de concurrence systémique imposée par la Chine. Ces mesures, conçues dans les années 1990, se sont révélées trop lentes, trop ciblées et trop réactives, et pas assez anticipatrices. Les procédures d’enquête peuvent parfois durer jusqu’à trois ans. Dans le droit européen, les droits antidumping sont encadrés par la règle dite du « droit moindre », ce qui signifie qu’ils répondent à une mesure de dumping non pas par un droit de douane équivalent, mais par un droit de douane suffisant pour compenser les effets économiques réels de ce même dumping. Par exemple, selon ce principe, un droit de douane européen de 15 % en réponse à un dumping chinois de 25 % sur l’acier peut être suffisant pour « combler » le dommage subi par l’industrie et remettre tout le monde sur un pied d’égalité. La règle du droit moindre « répare » l’impact du dumping sur le marché, mais elle n’égalise pas les termes du dumping en lui-même. Cette règle a pour but d’éviter les guerres commerciales et de prévenir les situations où notre industrie n’aurait pas ou plus les moyens de produire ce que nous consommons. Toutefois, force est de constater que face à un acteur comme la Chine, où le dumping fait partie d’une stratégie de conquête massive, son caractère dissuasif laisse à désirer. Surtout, il s’agit d’une règle que nous nous imposons nous-mêmes : tous les pays membres de l’OMC n’optent pas pour cette approche. C’est notamment le cas des États-Unis, qui ont une politique beaucoup plus dissuasive et alignent, dans la très grande majorité des cas, leurs droits de douane sur le niveau de dumping du pays en question.
Par ailleurs, les enquêtes de la Commission sont extrêmement ciblées, produit par produit, ce qui empêche de prendre en compte la dimension systémique de la distorsion qui peut impacter plusieurs segments d’une même chaîne de valeur. Ces cinq dernières années, l’Europe a déployé de nouveaux outils plus adaptés pour répondre à l’instrumentalisation des flux commerciaux par la Chine à des fins coercitives. En novembre 2023, l’Union s’est notamment dotée d’un instrument anti-coercition lui permettant de répondre aux pratiques coercitives de pays tiers. Elle a également renforcé le filtrage des investissements étrangers en adoptant, en juin 2026, un règlement révisé. Adopter de tels instruments est une bonne chose, mais il est encore mieux de les utiliser. C’est le cœur de la décision politique à prendre à l’automne 2026, comme l’a indiqué Ursula von der Leyen en déclarant : « Nous utiliserons tous les outils dont nous disposons pour rééquilibrer notre relation. »
Ces instruments témoignent d’un début de changement du logiciel européen. Il ne suffit plus de conditionner l’accès au marché au respect des normes européennes par nos partenaires commerciaux. Il faut parfois avoir la capacité de restreindre ou de limiter les flux commerciaux, même s’ils sont conformes aux règles européennes. Ce tournant est explicitement assumé dans la Stratégie de sécurité économique européenne de juin 2023 et dans la communication de la Commission de décembre 2025. Cette dernière reconnaît pour la première fois que le commerce et l’ouverture économique ne peuvent plus être systématiquement considérés comme des facteurs positifs, et que des pays tiers peuvent exploiter l’interdépendance économique à des fins stratégiques et coercitives. C’est une rupture conceptuelle majeure dont il faut se féliciter, et à laquelle la France n’est pas étrangère, loin s’en faut.
Par ailleurs, une réflexion est également amorcée au sein des institutions européennes sur la nécessité de se doter de nouveaux outils plus agiles et plus structurels, afin de ne plus prendre de retard dans la protection légitime de notre industrie face à une concurrence objectivement déloyale. S’il faut corriger certains principes obsolètes, comme celui du droit moindre, il convient surtout de déployer de nouveaux outils plus systémiques et adaptés à la nature des risques commerciaux auxquels nous faisons face avec la Chine. C’est le sens de l’appel du président de la République Emmanuel Macron, lors du Conseil de juin 2026, en faveur d’un « équivalent européen de la Section 301 américaine », qui permet la mise en place rapide des droits de douane après décision directe du président américain si une action d’un gouvernement étranger entrave ou restreint le commerce américain de manière déraisonnable ou injustifiable. Si l’utilisation de cette section par l’administration Trump est plus que contestable, car totalement arbitraire, force est de constater qu’elle confère de l’agilité politique pour se prémunir contre l’impact des surcapacités que nous constatons aujourd’hui avec la Chine, et peut-être demain avec l’Inde, et qui ne peuvent être appréhendées correctement par nos instruments de défense commerciale actuels. Nous avons déjà, dans le droit européen, une première brique qui ressemble à la Section 301 pour les surcapacités, avec l’instrument de sauvegarde pour l’acier. Tout l’enjeu est désormais de s’inspirer de la Section 301 américaine pour créer un instrument de sauvegarde contre les surcapacités dans tous les secteurs. Le débat sur la forme exacte de cet outil est ouvert, mais la direction est claire : l’Europe a besoin d’un instrument à la hauteur du défi posé par la Chine, un instrument capable de traiter les distorsions de manière systémique et qui soit agile. 
Le renforcement du volet protection ne doit pas servir d’excuse pour défendre une industrie européenne rentière et polluante, ni pour ralentir la transition climatique. Grâce à des technologies vertes matures et compétitives, la Chine accélère aujourd’hui la transition climatique à l’échelle mondiale, notamment dans les pays qui n’ont ni les moyens ni l’ambition de développer leurs propres filières industrielles de voitures, de batteries ou de panneaux solaires, par exemple. Pour de nombreux pays, l’offre chinoise constitue une solution et un accélérateur de la décarbonation. Sur ces marchés, l’Europe peut jouer un rôle si elle est capable de proposer ses propres solutions vertes à un prix compétitif. Par ailleurs, de nombreux pays qui accueillent aujourd’hui des investissements chinois massifs cherchent aussi à diversifier leurs partenaires pour ne pas devenir dépendants de Pékin. C’est le cas, par exemple, du Brésil et de l’Australie. L’Europe a donc une carte à jouer pour créer un espace de coopération avec ces pays et devenir un partenaire alternatif crédible. En Europe, une politique de protection assumée doit poursuivre un objectif clair : permettre, à terme, de produire les mêmes technologies à un coût compétitif que la Chine, ou bien de produire différemment, avec des innovations plus chères, mais supérieures sur d’autres critères : durabilité, performance, sécurité, etc. La compétitivité hors coût peut devenir un positionnement assumé de l’Union, lui permettant de rivaliser sur les innovations de rupture, à l’instar de la Chine il y a 20 ans. 
Ni l’Europe ni la Chine n’ont intérêt à une guerre commerciale. Les chaînes de valeur européennes sont très dépendantes de la Chine et les exportations chinoises dépendent fortement du marché européen, d’autant plus depuis la fermeture relative du marché américain. Mais le statu quo n’est pas une option, car il conduirait à une agonie industrielle du continent. L’Europe doit explorer une troisième voie pour rétablir un équilibre dans sa relation commerciale, en identifiant et en exploitant ses forces pour construire la réciprocité. 
La Chine dépend de l’Europe pour écouler ses surcapacités industrielles. L’économie chinoise est structurellement tournée vers l’exportation, car la demande intérieure est insuffisante. La Chine ne représente que 13 % de la demande mondiale de biens. Tout porte à croire que cette tendance va se maintenir au vu du 15e plan quinquennal, adopté en mars 2026. Un tiers de la croissance du pays repose aujourd’hui sur les exportations. Pour atteindre son objectif de croissance de 4,5 à 5 % pour 2026, la Chine devra continuer à miser sur ses exportations. L’Europe n’est pas le seul partenaire commercial de la Chine, mais c’est un partenaire de choix qui présente des opportunités que peu d’autres régions du monde sont en mesure d’offrir. L’Union est un marché de 450 millions de consommateurs et de 27 pays régis par un grand nombre de lois communes. Prenons l’exemple des panneaux solaires : la demande est tirée par un cadre réglementaire stable, les infrastructures de réseau sont disponibles et le marché est régulé, ce qui offre une certaine prévisibilité aux investisseurs. Aucune autre région du monde n’offre un tel ensemble.
L’Europe dispose également de technologies critiques que la Chine nous envie. C’est le cas des machines permettant de fabriquer les puces les plus avancées, produites par ASML, l’une des seules entreprises au monde à détenir cette technologie. L’Europe dispose d’un écosystème de pointe qui contrôle des technologies clefs de l’intelligence artificielle, comme les lasers de Trumpf et les miroirs de précision de Zeiss, indispensables aux machines ASML. D’ailleurs, un dispositif de restrictions à l’export a été mis en place depuis 2019. C’est un levier stratégique pour l’Europe si elle veut conserver son avance technologique sur la Chine.
Avec l’Industrial Accelerator Act, l’Europe propose d’utiliser son marché intérieur comme levier stratégique pour faire émerger des filières stratégiques. L’IAA introduit pour la première fois la préférence européenne dans les marchés et financements publics. La commande publique européenne représente environ 14 % du PIB de l’Union, soit plus de 2 000 milliards d’euros par an. L’Europe s’inspire ainsi de ce que font les États-Unis depuis des années avec le Buy American Act. Avec l’Inflation Reduction Act, les États-Unis ont poussé cette logique encore plus loin en conditionnant les aides publiques à l’origine américaine de certains composants. Bien que l’administration Trump ait supprimé une grande partie des crédits prévus pour les énergies propres et les véhicules électriques, les restrictions concernant les composants chinois ont été durcies dans le cadre du One Big Beautiful Bill Act. Le budget américain est ainsi utilisé comme une incitation forte au « derisking » des chaînes d’approvisionnement des entreprises. L’Europe peut reproduire cette logique, à condition de l’assumer comme une stratégie de puissance industrielle et non comme une simple politique de compétitivité, car ce derisking a un coût. C’est pour cela qu’il doit être appliqué de manière stratégique, en assumant qu’il s’agit du prix à payer pour que la valeur et la maîtrise technologique restent sur le sol européen. Et qu’à l’inverse, nous acceptions de ne pas vouloir « tout faire ». En effet, le rythme de la transition climatique dépend aussi de l’accès à des biens industriels à prix maîtrisés, comme les panneaux solaires. D’ailleurs, même lorsque le panneau solaire est fabriqué en Chine, sa pose, sa maintenance, etc., continuent de créer de la valeur en Europe. Il est donc nécessaire d’opérer une distinction entre les différentes technologies. Ce n’est pas un exercice politique facile, mais quand tout devient prioritaire, plus rien ne l’est. 
L’IAA prévoit une autre mesure structurante en reproduisant ce que la Chine a mis en œuvre pendant des années. Pendant quarante ans, les entreprises européennes souhaitant accéder au marché chinois ont dû accepter les conditions de Pékin : coentreprises obligatoires, production locale, transfert forcé de technologies et de savoir-faire. Cela a largement contribué au rattrapage industriel du pays. Il faut toujours rappeler que ce rattrapage a ensuite servi de base à une vague d’innovations véritablement made in China, ce qui est à leur mérite, mais il ne faut pas oublier les conditions initiales posées par le régime chinois. La situation est aujourd’hui inversée : ce sont désormais des acteurs chinois qui souhaitent s’implanter en Europe. Le risque est que cela prenne la forme d’usines « tournevis » : des composants importés de Chine et assemblés en Europe, sans transfert de compétences, sans intégration dans les chaînes de valeur locales, sans création de valeur ajoutée réelle et avec, parfois, des bataillons entiers de travailleurs chinois, comme c’est le cas en Hongrie où la construction de l’usine BYD de Szeged a mobilisé des milliers d’ouvriers chinois. Ces implantations chinoises « hors sol » n’apportent rien à la souveraineté industrielle européenne. Si l’on veut que l’IAA protège efficacement nos industries, il faut revoir la définition du « Made in Europe » proposée par la Commission en mars dernier. En incluant jusqu’à 80 partenaires commerciaux dans cette définition, la Commission a créé une faille que la Chine pourrait exploiter. Par exemple, le Maroc pourrait se transformer en arrière-base industrielle de la Chine, qui exporterait des produits à des prix ultra-compétitifs vers l’Europe sous l’étiquette « Made in Europe ». Investir au Maroc permettrait aux entreprises chinoises d’avoir le meilleur des deux mondes : une structure de coûts bien plus basse qu’en Europe et un accès illimité, sans droits de douane, au marché unique. Et la Chine l’a bien compris, puisqu’elle a proposé au Maroc un accord de libre-échange. Au lieu de la proposition de la Commission qui labellise « Made in Europe » la production réalisée dans 80 pays, et donc « Made in Europe » un produit fabriqué au Vietnam ou en Turquie, l’Europe doit préférer une approche par cercle concentrique : un premier cercle limité aux pays de l’Union et de l’espace économique européen, un second cercle de réciprocité totale avec les quelques pays ayant des structures de coûts comparables, comme le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et la Corée du Sud, et enfin une ouverture au cas par cas, en fonction de nos intérêts et des enjeux par chaîne de valeurs. Concrètement, cela reviendrait à labelliser « Made in Europe » ce qui est véritablement produit en Europe, et à accorder un traitement équivalent aux produits fabriqués dans les pays amis de l’Europe du cercle de réciprocité totale. Ensuite, les autres pays souhaitant bénéficier de l’équivalence « Made in Europe » devraient la négocier en échange de garanties réelles. 
L’objectif de l’Union n’est pas de se fermer. L’IAA offre l’opportunité de construire des coalitions avec des partenaires touchés par le même choc industriel et partageant des intérêts similaires aux nôtres. Des pays comme le Japon, le Canada ou la Corée du Sud peuvent être des alliés qui renforcent notre position dans les négociations avec Pékin. L’IAA donnerait alors un contenu opérationnel à l’alliance des puissances moyennes que Mark Carney, premier ministre du Canada, appelle de ses vœux depuis 6. Cette alliance s’est concrétisée avec la présence de ce dernier mi-septembre lors du discours sur l’état de l’Union au Parlement européen, ainsi qu’avec la proposition d’Ursula von der Leyen de faire du Canada le premier membre associé de l’Union. Cette proposition a été acceptée par le Premier ministre canadien et nous allons maintenant y travailler. C’est une décision historique qui montre que, face aux tensions géopolitiques, l’Europe est capable de construire l’alliance des démocraties. Elle a un rôle majeur à jouer dans la recomposition géocommerciale du monde. Cela passera par la création d’un espace de coopération fondé sur des règles actualisées et une réciprocité réelle, que l’OMC n’est plus en mesure d’offrir. En effet, les règles de l’OMC ont été fondées sur un postulat qui ne tient plus : celui selon lequel le libre-échange profite à tous en raison des avantages comparatifs des pays. Or, ce postulat n’est plus valable aujourd’hui, car un seul pays, la Chine, concentre les capacités manufacturières des secteurs industriels clefs. Deuxièmement, l’OMC ne fonctionne que si tout le monde respecte ses règles. Or, si un acteur comme la Chine ne les respecte plus, alors c’est l’organisation tout entière qui ne fonctionne plus. On pourrait penser qu’il suffirait d’exclure la Chine de l’OMC. Mais il n’existe aujourd’hui aucun mécanisme permettant d’exclure un pays. Dans ce contexte, la création d’une OMC alternative avec les pays alliés partageant un intérêt similaire au nôtre ne serait-elle pas une meilleure solution ? 
Cette troisième voie, qui se situe entre la guerre commerciale et le statu quo, nécessite un prérequis politique : l’unité européenne. La bonne nouvelle, c’est que les positions nationales évoluent. L’Allemagne, qui s’est longtemps illustrée par son opposition à un durcissement de la politique commerciale à l’égard de la Chine, commence à évoluer. L’économie allemande est fortement touchée par le choc industriel qui affecte ses secteurs historiques, comme l’automobile, les machines-outils et la chimie. Le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine a atteint 89,3 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 33,5 % par rapport aux 66,9 milliards d’euros enregistrés en 2024. L’Allemagne, qui bloquait les tarifs douaniers sur les véhicules électriques en 2024, est différente de celle qui est aujourd’hui ouverte aux discussions, aux côtés de la France, sur la réponse à apporter à la politique industrielle agressive de la Chine. Quant à l’Espagne, elle demeure dans une position ambiguë en raison de la multiplication des investissements chinois sur son sol qui ont été multipliés par quatre en un an, passant de 149 millions d’euros en 2024 à 643 millions en 2025. Madrid vante les mérites de son énergie propre et compétitive, ainsi que le coût de sa main-d’œuvre, pour se positionner comme un hub des technologies vertes. Résultat : le constructeur automobile Chery y a ouvert sa première usine du continent et CATL construit avec Stellantis l’une des plus grandes gigafactories de batteries d’Europe à Saragosse. Pour parvenir à une réponse collective, il sera certainement nécessaire de gérer l’asymétrie de l’impact d’une escalade commerciale sur les États membres. C’est le sens de la proposition de la Commission de créer un Fonds de solidarité européenne entre les États pour mutualiser en partie les gains et les pertes d’une stratégie plus offensive. Or, on le sait, cette mutualisation est l’un des sujets les plus sensibles au Conseil, où chaque gouvernement a tendance à défendre son intérêt individuel à court terme. Le rôle du Parlement sera clairement de défendre l’intérêt général européen, mais cela implique une majorité pro-européenne aujourd’hui mise à mal par la montée des partis nationalistes et de leur alliance de plus en plus fréquente avec la droite traditionnelle du PPE. Sans unité politique européenne, il est évident que la Chine exploitera nos divisions. 
Mais le plus grand défi n’est pas forcément celui que l’on croit. Ce qui empêche aujourd’hui une réponse européenne ambitieuse, c’est le profond désalignement entre les entreprises européennes elles-mêmes. C’est le problème le plus sous-estimé du débat sur la sécurité économique et peut-être le plus difficile à résoudre. Beaucoup de très grandes entreprises ne souhaitent pas un durcissement des règles commerciales vis-à-vis de la Chine, soit par crainte de représailles sur leurs chaînes d’approvisionnement largement localisées en Chine, soit parce qu’elles ont une stratégie d’investissements en Chine pour ensuite produire pour le monde entier, y compris pour l’Europe. À titre d’exemple, le plus important investissement récent du géant allemand de la chimie BASF n’est pas en Europe, mais en Chine. En mars 2026, BASF a inauguré un nouveau site de production flambant neuf qui a nécessité un investissement de près de 9 milliards d’euros. C’est tout simplement le plus grand investissement de l’histoire du groupe. Une partie des exportations chinoises vers l’Europe provient d’entreprises européennes implantées en Chine, mais il n’existe aujourd’hui pas de données fiables permettant de quantifier ce phénomène. Il est clair que certains groupes ont pour stratégie à moyen terme de fermer leur base industrielle vieillissante en Europe pour ensuite exporter depuis la Chine vers l’Europe. Et comme ces géants ont un accès direct aux gouvernements, ils forment une force de lobbying qui freine une politique commerciale plus restrictive. Par ailleurs, chaque secteur réclame une protection, mais refuse que celle-ci s’applique à ses fournisseurs ou à ses clients par peur d’une augmentation des coûts. Le secteur de l’acier réclame une protection maximale, ce qui renchérit le coût des voitures, ce que refusent les constructeurs européens, déjà pris dans une concurrence féroce avec leurs concurrents chinois. Prise individuellement, chaque décision d’entreprise est parfaitement rationnelle, mais elle constitue un obstacle au consensus européen nécessaire sur notre doctrine de sécurité économique. 
Il est donc essentiel d’instaurer une forme de coordination et d’alignement entre les pouvoirs publics et les entreprises européennes pour pouvoir jouer en équipe. La Chine n’a pas ce problème, car les entreprises privées opèrent sous la direction du PCC. L’alignement des intérêts privés et des objectifs stratégiques de Pékin passe notamment par la présence de cellules du PCC au sein des grandes entreprises privées. Aux États-Unis, on débat aujourd’hui de mécanismes qui assureraient le respect par les nouveaux leaders de l’IA des grands objectifs stratégiques nationaux. C’est dans ce contexte que Sam Altman a proposé de céder 5 % du capital d’OpenAI à l’État américain, dans le cadre d’une initiative plus large où les géants de l’IA alimenteraient un fonds souverain permettant de redistribuer les bénéfices de l’IA aux citoyens. Ce débat est aujourd’hui inexistant en Europe, alors qu’il est absolument central.
La réponse européenne à la puissance industrielle chinoise n’est pas seulement un défi industriel, mais aussi un test politique. Si les États membres se divisent et que les entreprises agissent contre les intérêts européens, l’Europe offrira alors à la Chine exactement ce qu’elle recherche. Le plus grand défi n’est pas de construire les bons instruments, mais d’avoir la vision et la volonté politique collective nécessaires pour y parvenir. La question est aujourd’hui de savoir si nous sommes prêts à assumer un choix collectif qui nous renforcera en tant qu’Européens, mais qui entraînera inévitablement des conséquences nationales asymétriques. Mais sans ce sursaut collectif, l’Europe s’expose à un avenir qui sera perdant sur tous les plans : pour les États membres, pour l’industrie européenne et pour la souveraineté européenne. Donc pour notre démocratie et pour nos libertés. Ce test politique, nous avons déjà été capables de le réussir par le passé. Lorsque nous avons créé le marché unique, lorsque nous avons créé l’euro ou encore lorsque nous avons mis en place le plan de relance à la suite de la pandémie de Covid. À chaque fois, le saut semblait impossible, mais l’Europe l’a fait. Et nous avons ainsi réussi à écrire notre avenir.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Mercredi dernier, Ursula von der Leyen prononçait son discours sur l’état de l’Union. J’en retiens 3 enjeux qui font directement écho aux travaux du Plan
- S’adapter au changement climatique. Cela signifie ne plus penser uniquement la réduction des émissions, qui reste essentielle, mais aussi l’adaptation de nos territoires au changement climatique. C’est précisément l’un des enjeux des travaux récents du Plan : adaptation des villes, des horaires et conditions de travail, de nos services publics, planification à l’échelle territoriale…
- Réduire nos dépendances. La présidente de la Commission a rappelé que le déficit commercial de l'UE avec la Chine atteignait désormais environ 1 milliard d'euros par jour ! Et alerté sur un « nouveau choc chinois » touchant l’industrie européenne. Le’ Plan a publié un rapport qui a fait date et référence - « L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois ». La menace industrielle chinoise est systémique. Nous devons réagir en innovant et en nous protégeant - massivement et vite ! Un changement de logiciel vital.
- Retrouver le temps long et célébrer la culture européenne. Ursula von der Leyen propose un nouveau « Congrès de l’Europe », réunissant intellectuels, scientifiques, artistes et citoyens pour penser l'avenir du continent. Retrouver le fil de l’humanisme européen, c’est exactement ce que nous avons proposé et initié il y a un an, avec le projet d’une « Académie d’Europe » : la science, la culture et le débat pour éclairer nos choix collectifs !

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Économie de l’attention, manipulation, impact sur nos relations : nous devons agir maintenant. J’ai créé un groupe de travail pour une IA protectrice des enfants, parce que ce sujet exige que tout le monde se mobilise. La technologie au service de l’humain, jamais l’inverse !

> Protéger nos enfants du numérique, ce n’est pas demander aux parents de mener un combat inégal face aux algorithmes. Le sens du kids act, c’est transférer la responsabilité vers concepteurs et plateformes. Un immense pas que fait l’Union européenne pour la stabilité des peuples.

 

 


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