Voici une sélection, ce 6 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> À bord de la frégate multi-missions Auvergne, j'ai assisté au premier tir
du nouveau missile balistique M51.3 depuis le sous-marin nucléaire lanceur
d'engins Le Vigilant. Très peu de nations disposent d'un tel savoir-faire.
Félicitations à tous les acteurs de cette réussite exceptionnelle : DGA,
CEA, Ariane Group, Naval Group et Marine nationale. Votre professionnalisme,
votre rigueur et votre maîtrise technique sont la fierté de la France. Ce
succès technique est une nouvelle démonstration de la crédibilité de notre
dissuasion, dont la pérennité est assurée. Pour être libre, il faut être
craint. Et pour être craint, il faut être puissant. Pour protéger les Français
dans la durée face aux menaces, j'ai engagé dès 2017 le renouvellement de nos
moyens pour les décennies à venir. En dix ans, le budget de nos armées aura
doublé. Nos futurs sous-marins stratégiques sont actuellement en chantier. Le
programme de missiles stratégiques hypersoniques et manœuvrants, qui équiperont
notre composante aérienne de dissuasion, a été lancé cette année. Notre
dissuasion nucléaire nous protège et continuera à nous protéger. Vive la
République et vive la France.
> Je viens d'échanger avec le président Zelensky pour lui redire la solidarité et le plein soutien de la France pour se défendre face à la guerre d’agression de la Russie. Alors que la Russie est dans l’impasse sur le front, elle refuse obstinément tous les appels au cessez-le-feu et fait le choix irresponsable d'intensifier ses frappes contre les infrastructures et les objectifs civils, en violation des principes les plus fondamentaux du droit international humanitaire. La France et l’Europe continueront de prendre leurs responsabilités pour soutenir l'Ukraine et rechercher tous les espaces pour épargner les civils, obtenir une réduction des hostilités et faire progresser l'idée d'une paix juste et durable, dans le respect des droits de l'Ukraine et pour renforcer la sécurité sur notre continent. Avec le Président Zelensky, nous avons fait un point global sur le soutien concret que nous pouvons apporter pour aider l’Ukraine à intercepter les drones et faire échec à l'agression de la Russie. Nous ne cèderons ni aux intimidations, ni à l'escalade de la Russie qui ne doit pas se méprendre : le temps joue contre elle.
> Heureux d’accueillir le Président du Bénin pour sa première visite en France depuis son investiture. Le Bénin et la France entretiennent une relation d’amitié, de confiance et d’ambition. Une relation d’égal à égal. Ensemble, nous voulons créer davantage d’opportunités pour nos jeunesses, renforcer et bâtir des partenariats d’avenir. C'est dans cet esprit que nous avons échangé hier avec les chefs d'entreprise de l’Africa Forward Impact Coalition qui vise à promouvoir les investissements croisés et les collaborations entre nos entreprises.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Blocage des lycées / Intervention à l’Assemblée] Je vais rendre compte à
la représentation nationale des faits tels que nous les connaissons et
d’apporter quelques éléments de bilan, mais aussi de clarification, car le
débat public est inondé de contrevérités ou de fausses informations. Je pourrai
ainsi dégager quelques perspectives politiques concernant le service public de
l’éducation nationale.
Le bilan est de 215 élèves blessés, pour la majorité d’entre eux à la
suite d’agressions ou – de manière plus résiduelle – d’accidents,
de 85 personnels éducatifs blessés, dont 34 proviseurs et adjoints.
C’est le bilan le plus lourd qu’ait connu l’éducation nationale depuis des
décennies. La banalisation de cette violence n’est pas acceptable. Enfin,
715 policiers et gendarmes ont été blessés. Aux blessures s’ajoutent
beaucoup d’insultes et d’actes d’intimidation, y compris contre les magistrats
– on l’a vu avec le procureur de la République de Belfort –
et même contre des journalistes.
Quelles que soient nos opinions politiques et nos sensibilités, nous n’avons
pas le droit d’abandonner les agents du service public. Quel que soit leur
ministère et quoi qui puisse être dit ici ou là, on défend le service
public ! Jadis, l’ensemble de l’hémicycle aurait applaudi pour
montrer le soutien de la représentation nationale. Les fonctionnaires
territoriaux de l’État méritent notre soutien, car il n’y a pas de service
public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps avec lui.
L’ultraviolence a frappé à la porte des lycées. Elle doit être condamnée
sans condition. Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un
espace de tolérance à la violence. Dans une démocratie qui fonctionne, la
responsabilité individuelle des citoyens, y compris des mineurs, existe. Brûler
un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire des lycées. Lyncher un
professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs. Ces vérités
étant dites, il faudra que la justice passe, car on ne peut pas laisser de
place à cette violence, même si on ne peut pas non plus, et j’y reviendrai,
s’abstenir d’apporter une réponse structurée aux problèmes de fond.
Beaucoup de choses ont été dites sur l’action des forces de sécurité intérieure
et je tiens, puisque l’Assemblée nationale contrôle l’action du gouvernement, à
clarifier les choses. Par trois télex – je les ai d’ailleurs ici avec moi et le ministre
de l’intérieur les a rendus publics –, des instructions de proportionnalité
ont été données aux forces de l’ordre.
Il n’y a donc aucun défaut de transparence sur les ordres que le pouvoir
politique a pu donner aux forces de sécurité intérieure, policiers et
gendarmes.
Par ailleurs – sur ce sujet aussi, beaucoup de contrevérités
circulent –, ce qui déclenche le maintien de l’ordre, c’est l’existence de
violences urbaines sur les personnes et, résiduellement, sur les biens. La
force publique peut intervenir parce qu’un proviseur a demandé son concours
pour débloquer un lycée, mais dans l’extraordinaire majorité des cas, il en est
fait usage parce que, malheureusement, des individus violents se mêlent à des
lycéens non violents et s’en prennent à ces derniers ou au personnel
d’encadrement de l’éducation nationale.
Lors d’une manœuvre aussi sensible concernant l’ordre public, des accidents
peuvent-ils arriver ? La réponse est oui. Je dis bien
« accident » car j’ai entendu employer l’expression de
« violences policières ». Elle suggère que des instructions
politiques de répression policière ont été données. C’est faux, c’est un
mensonge et c’est jeter l’opprobre sur la police de la République.
Là où il y a des accidents, puisque nous vivons dans un État de droit, il
doit y avoir enquête, enquête administrative, enquête judiciaire. Il doit y
avoir transparence, il doit y avoir une recherche des responsabilités et,
pardon de le dire, en tant qu’être humain, il doit y avoir de l’empathie.
Ces choses étant dites, il faut faire taire deux mensonges qui divisent la
société et qui ont pour effet de remonter la population contre la police de la
République, ce qui n’est pas acceptable.
Le premier est de laisser à penser qu’il y a une intentionnalité et une
disproportion volontaire dans l’usage de la force. Elle n’est pas volontaire,
quels que soient les mensonges de La France insoumise.
Le deuxième mensonge est encore plus grave. Il laisse sous-entendre que la
police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes.
Il faut combattre ces mensonges qui ont été disséminés sur les réseaux sociaux,
sur la place publique, dans les médias. La situation est suffisamment grave
pour que nous n’ayons pas besoin d’une classe politique lâche qui souffle sur
les braises, attise les violences afin de mieux les condamner et organise le
chaos à des fins électoralistes.
Ces contrevérités et ces mensonges ayant été dénoncés, je voudrais maintenant
dire un mot sur les manifestations d’aujourd’hui. Le gouvernement les accueille
avec beaucoup de respect et, cela va peut-être vous surprendre, je les
accueille avec soulagement, car nous avons enfin un cadre légal, déclaré,
démocratique dans lequel l’expression des désaccords peut se faire, y compris
avec le gouvernement que je dirige. C’est normal qu’il puisse y avoir des
manifestations.
Je souhaite que le cadre d’expression du mécontentement et des désaccords soit
celui de l’exercice de la démocratie parlementaire, comme nous le faisons ici,
ou celui de la démocratie sociale, c’est-à-dire par les grèves, par les
manifestations, ce que l’ensemble constitutionnel reconnaît comme des droits.
C’est la juste réponse à la violence, que nous condamnons par ailleurs.
Je souhaite que nous puissions désormais avancer pour apporter une réponse
politique à un mécontentement et à une angoisse lycéennes qui sont réelles.
Nous devons les entendre avec beaucoup d’humilité et lutter contre les
instrumentations politiciennes.
Plusieurs chantiers ont été ouverts, dont certains sont globaux. On ne découvre
pas la question des remplacements cette semaine. Cela fait de nombreuses années
qu’on y travaille. Un pacte pour les remplacements avait été décidé par
Élisabeth Borne, que je vois ici, et des mesures avaient été prises par les
premiers ministres précédents.
Beaucoup d’argent a été mis dans l’éducation nationale comme en témoigne
l’augmentation importante de son budget depuis 2017, mais s’il ne s’agissait
que d’une question d’argent public, cela se saurait.
La question bâtimentaire doit être objectivée, sans jeter l’opprobre sur les
conseils régionaux, comme certains l’ont fait en instrumentalisant la question.
Il faut être honnête et reconnaître par exemple le travail accompli par la
région Île-de-France depuis dix ans. On réunira les présidents de conseils
régionaux demain pour objectiver les choses avec sérieux comme les élus locaux
savent le faire.
M. le ministre de l’éducation nationale travaille sur les questions de
l’orientation, de l’organisation du temps scolaire et – j’aurais
pu démarrer avec ce point – de la démocratie lycéenne et du recueil de l’expression
des lycéens.
Il y a là un beau sujet politique dont il faut s’emparer.
Il faut aussi objectiver les choses lycée par lycée. Ce qui me frappe au bout
de quinze jours de mouvement lycéen – j’ai pris beaucoup de contacts dans mon département
–, c’est la multiplication des revendications. Elles sont très diverses et ne
font pas toujours écho d’un lycée à l’autre. Il faut les entendre à Paris avec
beaucoup d’humilité et de sens pratique.
Le ministre de l’éducation nationale a ainsi décidé de libérer du temps dès
demain matin, dès jeudi, dès vendredi, avec la banalisation complète des
emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque
proviseur de libérer du temps de démocratie interne au sein du lycée. On ne
peut pas condamner les violences devant le lycée s’il n’y a pas de temps
politique, au sens noble du terme, à l’intérieur du lycée. Un mandat a été
donné aux recteurs et aux directeurs académiques des services de l’éducation
nationale d’organiser les remontées d’informations pour y trouver des réponses.
Il y a deux rendez-vous, qu’il faut se garder d’enjamber.
Le premier, ce sont les discussions budgétaires – ne
faisons pas comme si elles n’allaient pas s’ouvrir prochainement. Elles doivent
donner lieu à un compromis qu’il faudra trouver dans cette assemblée ainsi qu’au
Sénat. Avec une augmentation de 1,2 milliard du budget du ministère de l’éducation
nationale pour l’année prochaine – il faudra faire des économies ailleurs –,
on aura du mal à dire qu’il n’y a pas ici ou là des marges de manœuvre qui nous
permettront d’apporter des réponses urgentes. J’ouvre en tout cas cette porte,
qui relève de l’évidence.
L’autre rendez-vous – l’éléphant dans la pièce –, c’est l’élection
présidentielle. L’ensemble des candidats à cette élection devront dessiner une
perspective pour le service public de l’éducation nationale. Là encore, il ne
faut pas s’engager à prendre des mesures que ce gouvernement ne pourrait pas
appliquer dans des délais désormais courts. Mais nous pouvons apporter des
réponses et tracer une vision pour l’avenir.
> [Blocage des lycées] Le Gouvernement fait
aujourd’hui un pas supplémentaire pour répondre aux difficultés des lycéens et
des personnels éducatifs. Je confie aux ministres une feuille de route avec
cinq chantiers et de premières décisions attendues avant la fin du mois. Le ministre
de l’Education nationale animera l’ensemble de ces travaux. Ces chantiers
viennent des sujets remontés des conseils académiques de la vie lycéenne,
réunis ces derniers jours dans toutes les académies: ils sont le fruit des
échanges avec celles et ceux qui acceptent le dialogue et le travail. Cet
engagement doit avoir des suites concrètes.
Le travail portera sur les problèmes de fond : assurer les cours, améliorer les
locaux avec les conseils régionaux qui en ont la responsabilité, mieux
organiser les journées, rendre Parcoursup plus transparent et donner des suites
à la parole des lycéens. Les progrès accomplis doivent être poursuivis : le
projet de budget 2027 prévoit encore 1,2 milliard d’euros supplémentaires pour
l’Éducation nationale.
Mais nous devons aussi corriger avec humilité ce qui reste insuffisant. Le
débat parlementaire budgétaire le permettra. Avant fin octobre, les premières
décisions seront présentées avec leur financement et leur calendrier. Le
dialogue doit produire des changements visibles dans les lycées.
Dans le même temps, nous ne céderons rien à la violence : soutien aux élèves et
personnels agressés, aux policiers et gendarmes blessés. Nous accélérons en
parallèle l’examen du projet de loi «casseur-payeur » pour faire supporter aux
auteurs des dégradations le coût de leurs actes.
> [Blocage des lycées] Depuis plusieurs jours, l’ultra-violence a frappé à la porte de nos lycées. Des élèves, des personnels éducatifs, des policiers et des gendarmes ont été blessés. Ces violences doivent être condamnées sans condition. Beaucoup de fausses informations ont circulé sur l’action des forces de l’ordre. Quelques clarifications sont nécessaires. Des instructions de proportionnalité ont été données aux policiers et aux gendarmes. Ce qui déclenche leur intervention, ce sont des violences, résiduellement contre des biens mais surtout contre des personnes. Ou, lorsqu’un lycée est bloqué, la demande du chef d’établissement de recourir à la force publique. Dans l’immense majorité des cas, des individus violents se mêlent aux lycéens non violents et s’en prennent à eux ou aux personnels de l’Éducation nationale. Dans des opérations de maintien de l’ordre aussi sensibles, des accidents peuvent arriver. Lorsqu’ils arrivent, l’État de droit s’applique : enquêtes administratives ou judiciaires, transparence, recherche des responsabilités. Et il doit y avoir de l’empathie. Mais parler de « violences policières » pour suggérer qu’il existerait des instructions politiques de répression est faux. Il faut faire taire deux mensonges qui divisent notre société : laisser penser qu’il existe une intentionnalité et une disproportion volontaire dans l’usage de la force ; sous-entendre que les policiers et les gendarmes de la République seraient racistes. La situation est suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d’une classe politique qui souffle sur les braises et attise les violences.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> À Madagascar, où nos forces armées travaillent ensemble depuis de
nombreuses années et ont construit une relation de confiance unique. Pays
voisins, nous faisons face à des enjeux de sécurité communs, notamment dans le
canal du Mozambique. Nous poursuivons et approfondissons cette coopération
autour de deux priorités : renforcer les capacités des Forces armées malgaches
pour conforter la souveraineté de Madagascar et développer une coopération qui
bénéficie directement aux populations.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> L'action humanitaire de la France, c'est 4 euros par français et par an.
C'est un minimum moral. Mais c'est aussi une protection nécessaire. Les
épidémies ne connaissent pas de frontières, ni Ebola, ni la Covid-19. Et si
nous entendons nous en prémunir, alors l'action humanitaire est indispensable.
Ces 4 euros par Français et par an sont bien à la fois une exigence morale, un
principe d'action républicain, mais également le moyen de protéger les
Françaises et les Français.
> [Discours d’ouverture lors de l’évènement « Qui
écrit le monde ? »] Une question demeure : qui tient la plume pour
raconter l’histoire ? Il suffit de lever les yeux. Alexandrie, Carthage,
Babylone, Byzance, Jérusalem, Rome, Thèbes, 16 grandes villes de l’histoire des
civilisations sont inscrites sous cette coupole. 16 villes qui furent autant de
centres de savoir et de puissance, 16 bibliothèques d’envergure mondiale. Et si
leur nom résonne encore aujourd’hui sous cette coupole, c’est que la puissance
de leurs récits a traversé les siècles.
Cette bataille séculaire des récits est aujourd’hui exacerbée par la
révolution numérique, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle. Car
oui, nous vivons un temps de conflictualité permanente et le champ
informationnel est devenu le terrain privilégié de cet affrontement.
Chaque événement, chaque décision, chaque silence même, devient matière à récit
pour ceux qui nous observent, qui nous jugent et qui nous attaquent. Dans ce
monde-là, si nous ne racontons pas notre histoire, si nous ne déroulons pas
notre propre récit, d’autres le font à notre place. Alors, ne restons pas sans
rien faire.
Notre première mission, c’est de ne pas laisser les autres imposer à notre
place notre propre histoire. La seconde, nous donner les moyens d’écrire la
nôtre, ensemble. Cette double mission est quelque part un peu la vôtre. Elle
engage tous les acteurs du service public qui portent la voix de la France à
l’étranger, avec le concours de tous les Français. Ce que je dis n’est pas
nouveau.
Rappelez-vous ce que Stefan Zweig disait déjà de l’Europe en 1925, il y a un
siècle : « Le vrai danger pour l’Europe me semble se situer sur le
plan de l’esprit. (…) C’est d’Amérique que vient cette vague effrayante de
l’uniformité qui donne la même chose à chacun (…). Et de manière funeste, c’est
une même volonté de monotonie qui menace depuis l’autre côté de notre monde,
depuis la Russie, sous une forme différente, la volonté (…) d’uniformiser la
vision du monde. ». C’est une citation un peu tronquée, je vous renvoie à
ce texte magistral et visionnaire de Stefan Zweig qui dit, déjà il y a un
siècle, que nous ne pouvons pas nous résoudre à subir le récit des autres et
qui nous invite à écrire le nôtre.
Alors notre première mission, c’est de ne rien céder. Nous vivons tous l’heure
de l’immédiateté, elle ne cesse de s’accélérer. Les outils d’intelligence
artificielle multiplient les possibilités de diffuser, d’amplifier, de
fabriquer même des informations et des récits. La question n’est plus de savoir
si une information est vraie ou si elle est fausse, mais quel récit d’autres
États veulent forger sur notre compte et cela peut aller très vite.
Quand un récit hostile se propage, chaque heure compte. Les algorithmes et
l’intelligence artificielle, je ne vous apprends rien, ne font pas preuve de
patience diplomatique, surtout lorsqu’ils sont utilisés à des fins détournées
par des acteurs hostiles. Ils amplifient, ils déforment, ils fixent une
perception qui devient dominante si aucune autre ne vient la contrebalancer.
Écoutez ce qui se dit à Moscou, « l’Europe est va-t-en-guerre et en perte
de ses valeurs morales », au mépris pourtant de la réalité de l’agression
russe contre l’Ukraine. Écoutez ce qui se dit outre-Atlantique dans les sphères
MAGA, « l’Europe serait une civilisation décadente, arriérée,
totalitaire ». La réalité est différente, chacun de nous le sait. Et
malgré cela, à force d’être répétés, amplifiés, démultipliés, ces récits
peuvent finir par nous atteindre et instiller le doute dans nos esprits.
Refusons ce récit dominant que d’autres veulent nous imposer pour nous pousser
à remettre en cause au fond notre modèle démocratique, à le fondre dans le leur
et finalement à nous amener à douter de nous-mêmes. Nous le voyons encore ces
jours-ci avec les évènements dans nos lycées. Les comptes pro-russes y voient
la fin de notre démocratie, des comptes pro-israéliens les conséquences de la
reconnaissance de la Palestine, des comptes pro-iraniens vont jusqu’à
rapprocher ces mobilisations du mouvement « Femme, vie, liberté ». En
somme, tous cherchent à imposer leur grille de lecture à notre débat public et
à raconter ce qui se passe chez nous, à notre place, dans notre langue.
Refusons tout cela avec un mot d’ordre : recadrer, corriger et démentir.
Nous ne réagissons pas pour réagir, nous refusons que notre silence puisse être
interprété comme un aveu et que notre absence de réponse devienne une forme de
validation de ces récits. Car chacun le fait, et c’est vrai partout, les
absents vont toujours vous tordre. Soyons donc ultra réactifs. Et c’est dans
cet esprit que pour ce qui concerne le ministère des Affaires étrangères, nous
avons créé les comptes French Response : recadrer les perceptions sur nos
modèles que d’autres déforment à dessein.
Donc la réactivité face à des récits qu’on voudrait nous imposer, notamment
pour nous décourager, nous dissuader de défendre ce qui fait ce que nous sommes
et les acquis majeurs que l’Europe a apportés à la civilisation, et notamment
la démocratie, les droits fondamentaux, la liberté d’informer, la liberté
d’opinion, la liberté d’expression. Première mission.
Deuxième mission, oser nous raconter et le faire savoir. Parce que la riposte
seule ne suffit pas. Nous n’allons pas passer nos vies à courir après les
récits des autres, nous, Européens, qui avons tant à raconter. Notre histoire
nous oblige autant qu’elle nous inspire. C’est cet aveu d’humilité qui doit
fonder notre récit.
Alors d’abord, faisons preuve de lucidité, de la lucidité sur l’état réel des
perceptions, y compris lorsqu’elles nous sont défavorables, surtout quand elles
nous blessent. C’est le sens notamment du travail que nous avons engagé avec le
monde de la recherche spécialisée pour mieux comprendre la manière dont la
France est aujourd’hui perçue à l’étranger. Pour que notre récit soit crédible,
partons de cette réalité.
Prenons un exemple : dans le monde, la France est souvent considérée avec
une forme de respect lié à son passé, il est vrai, glorieux. Mais peu la voit
comme une terre d’innovation, alors que les États-Unis et la Chine, à grand
renfort de storytelling, font savoir partout qu’ils sont à la pointe de la
technologie.
Pourtant, nous voyons chaque jour en France une toute autre réalité. Alors à
nous, de la raconter. Oui, la France est pleinement ancrée dans le 21e siècle
et elle se projette dans les décennies qui viennent. Oui, elle innove. Et pour
nous, innover, ce n’est pas seulement préparer la croissance, c’est rester
libres et choisir notre avenir.
Et puisque nous sommes ici réunis pour l’événement de rentrée de TV5 Monde,
soyons fiers collectivement de ce qu’est la francophonie. Elle est bien sûr une
langue partagée par 390 millions de personnes sur toute la planète, mais c’est
surtout un espace de solidarité, d’ambition, de progrès et d’opportunités.
C’est une communauté de valeurs vivantes et présente sur les cinq continents.
Alors, je compte sur vous aussi pour que le français demeure une clé
incontournable dans l’accès aux connaissances, à la mobilité, au développement,
aux affaires dans un monde plurilingue.
Donc lucidité d’abord sur nos forces et nos faiblesses. Il ne faut pas
dissimuler nos faiblesses, il faut savoir parfois les admettre, mais surtout ne
pas dissimuler nos forces. Elles sont nombreuses et nos compétiteurs, nos
adversaires, cherchent évidemment à les dissimuler ou en tout cas, à les
invisibiliser.
Ensuite, de l’humilité. Ne croyons pas que l’universalité de nos valeurs
suffise à les faire accepter, à faire accepter notre récit partout et sans
réserve. Pour être entendus, il faut savoir aussi adapter notre discours aux
réalités locales sans jamais nous renier, car notre finalité est bien de tisser
des liens étroits avec les sociétés du monde.
C’est dans cet esprit que j’ai annoncé le 4 septembre dernier que la diplomatie
française renoncerait désormais à l’usage de la projection cartographique de
Mercator au profit de représentations plus conformes aux proportions réelles
des masses continentales. Par ce choix, nous mettons nos représentations en
cohérence avec notre vision du monde, celle d’un multilatéralisme équilibré où
chacun peut trouver sa place et qui part non pas des perceptions ou des
aspirations des uns et des autres mais de la réalité justement de ces masses
continentales. Alors il se trouve que lorsque l’on passe de la représentation
Mercator à n’importe quelle autre représentation cartographique, ce sont les
États-Unis, la Chine et la Russie qui ont tendance à diminuer dans leur périmètre
et l’Afrique notamment qui reprend la place qui est la sienne, c’est-à-dire
celle du grand continent de notre époque, le continent dans lequel la
croissance économique est la plus forte, le continent aussi où la croissance
démographique est la plus forte. Je crois que c’était important de le faire. Je
vous invite, si ça n’est pas déjà fait, à le faire également.
Et puis, il nous faut être inventifs également dans un espace informationnel
saturé. Démultiplions notre parole. Soyons créatifs dans la manière de le
faire. Nous, Français, Européens, francophones, avons tous un rôle à jouer pour
porter notre récit et faire entendre la voix de notre modèle. Mon ministère
travaille ainsi à la mise en réseau de toutes les bonnes volontés dans ce
combat : partenaires européens, interministériels, membres de la
recherche, think tankers, journalistes, influenceurs et prochainement
réservistes de la diplomatie.
Bien sûr, vous qui êtes acteur de l’audiovisuel et notamment de l’audiovisuel
extérieur, vous avez un rôle essentiel à jouer dans le plein respect de votre
indépendance. Pourquoi votre rôle compte-t-il autant ? Eh bien, parce que
dans un monde saturé de contenus manipulés, de vidéos truquées, de récits
fabriqués à la chaîne, ce qui manque le plus cruellement à des centaines de
millions de personnes à travers le monde, ce n’est pas l’information, c’est
l’information fiable, vérifiée, recoupée, produite, recueillie par des
journalistes qui répondent de ce qu’ils disent.
Et c’est précisément ce vide que notre audiovisuel extérieur vient occuper. Là
où d’autres inondent le champ informationnel de récits de puissance, nous, nous
y installons des faits. Et nous combattons ainsi ceux qui voudraient faire des
journalistes de simples mercenaires au service de leurs appétits de puissance.
C’est le sens du premier festival Vrai ou faux qui réunira le 8 octobre
prochain France Info, France Télévisions, France Médias Monde, Arte, l’INA et
TV5 Monde pour lutter ensemble contre la désinformation.
C’est aussi le sens du bouclier pour l’information mené par France Médias Monde
et Deutsche Welle pour mieux lutter, notamment en Europe centrale et orientale,
contre les manipulations et la désinformation russes.
C’est enfin le sens de l’action de TV5 Monde qui fait circuler les œuvres, les
idées, les savoirs et les récits et qui incarne par son information francophone
et plurielle un multilatéralisme concret. La perspective est de voir le Maroc
et la Côte d’Ivoire rejoindre la gouvernance du groupe aux côtés de la France,
du Canada, du Québec, de la Suisse, de la Fédération de Wallonie-Bruxelles et
de Monaco témoigne de sa capacité à s’ouvrir à de nouvelles voies.
Car face à la volonté de monotonie que Zweig redoutait déjà il y a un siècle,
notre réponse ne peut être un récit unique, elle doit être une pluralité de
voix et de regards sur le monde, car nous ne nous y trompons pas, vérifier,
corriger, démentir est indispensable, mais déconstruire le récit des autres ne
suffit pas à construire le nôtre.
La tâche est immense, alors il faut s’y atteler ensemble et forger notre récit
autour, à mes yeux, de trois convictions.
Premièrement, rien n’est acquis, nulle part, quelle que soit notre histoire,
quels que soient nos succès d’hier, ce qui était vrai hier ne le sera pas
nécessairement demain et chaque génération doit reconquérir sa place dans le
récit du monde.
Deuxièmement, assumons une forme de fierté, n’ayons pas honte de raconter ce
que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous défendons. Nous avons une
voix singulière dans le monde, faisons-la entendre.
Et puis troisièmement, rappelons-nous que les cartes sont entre nos mains. Nous
croyons dans notre récit. Nous comprenons mieux les grilles de lecture que
d’autres cherchent à nous imposer. Et nous avons la volonté de faire entendre
notre voix pour défendre nos intérêts comme notre foi dans les valeurs
universelles.
Vous aurez compris mon message. Les discussions que vous allez avoir
aujourd’hui sont évidemment essentielles. Elles doivent aller au-delà de ce
travail qui nous a réunis, rassemblés, ambassadrices, ambassadeurs,
responsables de médias autour de la riposte face à la désinformation. Je crois
que nous avons réussi à faire des progrès. Évidemment, la guerre est loin
d’être gagnée, mais certaines batailles ont été emportées. Vous voyez bien que
c’est désormais au-delà qu’il faut aller, et c’est pourquoi le thème
unificateur de cette soirée, qui a été choisi par Kim Younès et par les équipes
de TV5 Monde, est essentiel.
Qui écrit le monde ? Comment écrire notre récit ? Comment éviter de
subir le récit des autres ? C’est une tâche essentielle dans une période,
pour le monde, mais singulièrement pour notre pays, pour le pays dans lequel
vous êtes, amis qui venaient de l’étranger, la France, c’est une question
presque existentielle.
Nous avons des défis colossaux à relever devant nous. On ne peut relever ces
défis, on ne peut se préparer aux efforts créateurs que nécessite le relèvement
de ces défis qu’à la condition initiale et nécessaire de pouvoir se projeter à
partir de récits. Si on commence en étant découragés, on n’a aucune chance de
trouver en soi-même la force de relever les défis, que ce soit le dérèglement
climatique, la conflictualité grandissante de notre monde ou, je dirais de
manière plus basique, la question du modèle social français ou la crise
actuelle des lycées. Aucune chance si on part découragés.
Nos adversaires l’ont compris, qui diffusent de manière insidieuse des récits
qui sont très décourageants pour nous. Et vous voyez bien que progressivement,
on se laisse contaminer. Et on finit par se dire que l’Europe a déjà perdu. Et
on finit par baisser les bras. L’Europe ou le monde francophone, bref, tout ce
qui n’est pas du ressort de la superpuissance chinoise et américaine, que tout
le reste du monde a déjà perdu.
À moins d’opposer à ces récits une forme d’enthousiasme, d’ambition et d’audace
qui ne se départit pas de la lucidité, de l’humilité nécessaire que j’évoquais,
effectivement, nous aurons perdu. Et donc la question que vous allez vous poser
tout au long de cette soirée, qui écrit le récit et comment pouvons-nous
l’écrire ensemble, en tout cas écrire un récit différent, me paraît non
seulement essentielle mais existentielle. Et je crois qu’il faut croire dans
notre capacité à gagner cette bataille, il faut porter cette voix, il faut le
faire sans fausse pudeur, il faut en quelque sorte prendre la plume.
> [Déclaration sur Ebola lors du déplacement en République démocratique du
Congo]
Je suis à Bunia, épicentre de l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière de
l’histoire de la République démocratique du Congo et la deuxième la plus grave
dans l’histoire du monde.
8000 cas enregistrés, 4000 décès, dont un quart d’enfants de moins de 5 ans.
Bunia, c’est aussi le centre de la riposte contre l’épidémie d’Ebola coordonnée
par les autorités congolaises.
Et si nous sommes parvenus collectivement, autorités congolaises, organisations
des Nations unies, ONG humanitaires, à contenir cette épidémie, à éviter
qu’elle ne se propage dans d’autres régions, dans des grands centres urbains de
la République démocratique du Congo et au-delà, jusque des territoires
ultramarins français ou jusqu’en Europe, c’est notamment grâce au soutien de la
France, aux chercheurs, aux travailleurs humanitaires, aux personnels soignants
qui se mobilisent sans relâche depuis des mois pour faire face à cette épidémie
dévastatrice.
Si je suis aujourd’hui à Bunia, c’est notamment pour témoigner de ce soutien de
la France et pour annoncer que nous entendons le renforcer de manière à venir à
bout de cette épidémie d’Ebola. Parce que les virus ne connaissent pas les
frontières et qu’il faut les éradiquer à la racine, là où ils survivent, et
jusqu’au bout.
Je vous vous dire aussi ma fierté de constater que face à cette épidémie, ce
sont des chercheurs français, mais aussi des travailleurs humanitaires
français, des associations françaises, qui sont en première ligne.
Cette visite, ces efforts de la France en soutien des autorités congolaises
face à l’épidémie s’inscrivent dans un contexte plus large. Celui d’une
mobilisation conjointe et partenariale franco-congolaise pour lutter contre les
épidémies successives du virus d’Ebola.
Je pense en particulier au programme PRISME qu’avait lancé le président de la
République lors de sa visite en 2023 en s’appuyant sur l’expertise mondialement
reconnue du professeur Muyembe qui m’accompagne aujourd’hui à Bunia lors des
différentes étapes de cette visite.
Je pense évidemment à la conférence nationale humanitaire qui se tiendra à
Paris, qui s’ouvrira mardi prochain et qui sera l’occasion pour nous de
continuer à renforcer cette dimension de l’action internationale de la France.
Une visite qui s’inscrit dans un contexte où l’aide humanitaire fait l’objet
d’attaques politiques partout dans le monde et y compris jusqu’en France. Je
veux dire ici que les 30 centimes par Français que constituent l’aide
humanitaire et l’aide plus généralement apportée par la France dans la lutte
contre le virus d’Ebola ici en République démocratique du Congo sont
indispensables non seulement pour protéger les Congolais et les Congolais du
fléau, mais également pour protéger les Français et les Français. Je le disais
tout à l’heure, les virus ne connaissent pas les frontières et vous ne pouvez
vous en prémunir qu’à la condition de les éradiquer là où ils surgissent, si
loin cela puisse être du territoire national.
Cette région orientale de la République démocratique du Congo, qui est meurtrie
par des conflits depuis des années et des décennies, auxquelles s’ajoutent les
épidémies d’Ebola, est également marquée, le professeur Muyembe l’a
parfaitement décrit, par les violences sexuelles à l’encontre des femmes et des
filles.
C’est pourquoi j’ai tenu à me déplacer dans un centre d’accueil des victimes de
violences sexuelles liées au conflit, l’association SOFEPADI, Solidarité
féminine pour la paix et pour le développement intégral, avec laquelle la
France travaille depuis des années, qui accueille ces victimes de violences et
qui leur offre un accès aux soins, à l’aide psychologique, à la justice et à la
réintégration sociale et économique.
Hier, à Kinshasa, avec le ministre de la Justice, nous avons signé un protocole
qui va nous permettre de continuer à soutenir cette association avec un projet
dédié pour l’accès à la justice, pour faciliter les audiences foraines,
c’est-à-dire le déplacement de magistrats dans les communautés et dans les
villages, pour que justice puisse être rendue et que ces femmes victimes de
violences puissent être réparées dans les dommages très profonds qu’elles ont
subis.
C’est une fierté pour la France de travailler main dans la main avec les
autorités congolaises sur ce sujet, qui était indispensable puisque c’est une
des responsabilités principales de la France d’œuvrer partout pour la paix. Il
n’y a pas de paix pour la justice. La justice, ça commence par les femmes et
les filles victimes de violences sexuelles, d’atrocités sexuelles, comme c’est
le cas dans cette région de la République démocratique du Congo. (…)
Dans le cadre des discussions budgétaires qui vont s’ouvrir dans les prochains
jours, nous proposerons une allocation de nos moyens en matière humanitaire
pour aller jusqu’au bout de cette lutte contre Ebola. Parce que je sais que
certains observateurs, peut-être parfois certains responsables politiques,
Ebola, ça peut paraître loin, ça peut paraître lointain, mais en fait, ça peut
aller très vite et ça peut ressurgir à tout moment. Et même si les efforts
collectifs sous l’autorité du gouvernement congolais, les efforts des
humanitaires, des soignants et des chercheurs, les efforts du professeur
Muyembe, ont permis, de contenir la propagation de l’épidémie, elle peut
ressurgir très rapidement et à tout moment. Notre responsabilité, c’est de
l’éviter, d’éviter ces résurgences, de nous donner les moyens de le faire, à la
fois pour protéger les Congolais et les Congolais, mais aussi pour protéger les
Françaises et les Français. (…)
Il ne faut pas craindre, il ne faut pas s’inquiéter. Il faut d’abord lutter
contre l’épidémie là où elle surgit. C’est la raison de ma présence ici à Bunia
aujourd’hui. Et ensuite, il faut se préparer mais pas se préparer dans son
coin. La France porte une diplomatie en santé qui consiste à considérer que les
risques épidémiques et pandémiques n’ont pas de nationalité. Si nous avons
accueilli à Lyon le siège de la formation de l’Organisation mondiale de la
Santé, c’est précisément parce que comme ici à Bunia, et comme l’a rappelé le
professeur Muyembe toute la journée, vous n’avez aucune chance de contenir une
pandémie dans le cadre d’un virus comme Ebola, qui est extrêmement contagieux,
si en première approche, les personnels soignants ne sont pas formés de manière
à ce qu’ils puissent éviter d’être eux-mêmes vecteurs de contamination.
Et c’est tout l’objet de ce que nous faisons ici avec les équipes de
l’ambassade avec le Centre de crise et de soutien du ministère des Affaires
étrangères : soutenir les acteurs de terrain dans toutes les dimensions de
la réponse, de la riposte à l’épidémie, pour éviter tout simplement qu’elle
puisse aller jusqu’en Europe et jusque sur le territoire national. (…)
Ce que je constate, c’est qu’épidémie après épidémie, les autorités
congolaises, les acteurs de la riposte, perfectionnent leurs méthodes pour
juguler le plus rapidement possible et le plus efficacement possible
l’épidémie.
Avec 8000 cas enregistrés, 4000 décès, dont un quart d’enfants de moins de cinq
ans, on ne peut que se désoler de l’ampleur de cette épidémie. Mais sans la
mobilisation collective à laquelle j’ai assisté aujourd’hui, qui réunit des
acteurs internationaux, des organisations des Nations unies, des ONG, des
Français, je le disais, à la fois chercheurs, soignants, mais aussi
travailleurs humanitaires, avec un tel niveau de viralité, l’épidémie se serait
sans doute propagée dans d’autres régions du Congo, elle aurait atteint des
grands centres urbains, à partir de là, elle aurait peut-être atteint d’autres
pays d’Afrique et elle se serait propagée bien au-delà. Donc je considère
évidemment que cette épidémie qui vient s’ajouter à d’autres calamités que
cette région a subies est une tragédie, mais que grâce à la mobilisation
collective soutenue par la France, nous avons obtenu des résultats dont il faut
savoir se féliciter.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Blocage des lycées] À la suite du courrier du Premier ministre demandant
le renforcement des réponses de proximité face à la souffrance psychique des
élèves, j'ai réuni aujourd'hui les directeurs généraux des ARS. Je leur ai
demandé de partager d'ici la fin octobre des propositions concrètes et
immédiatement mobilisables afin de mieux repérer les situations de détresse,
renforcer les accompagnements et améliorer l'accès aux soins et aux soutiens de
proximité. L’objectif est que des premières améliorations puissent être déployées
dès la rentrée suivant les vacances de la Toussaint. Nous devons être au
rendez-vous des attentes des jeunes et de leurs familles et nous devons agir
vite, au plus près du terrain et avec l'ensemble des acteurs concerné.
> Aujourd’hui, j’ai réuni l’ensemble des partenaires de Mon Bilan Prévention à l’occasion du 2ᵉ comité de pilotage du dispositif. Deux ans après son lancement, la dynamique est au rendez-vous : près de 690 000 bilans réalisés et désormais 45 000 bilans de prévention chaque mois, soit un rythme qui permet d’atteindre les objectifs fixés par la Politique Prioritaire du Gouvernement 2026. Ce succès est le fruit de la mobilisation de tous : professionnels de santé, agences, assurance maladie, collectivités et associations. Je tiens à les remercier chaleureusement. Depuis le 1er octobre, les masseurs-kinésithérapeutes ont également rejoint pleinement le dispositif pour renforcer encore son accessibilité. Avec Mon Bilan Prévention, nous faisons entrer la prévention dans le quotidien des Français à chaque âge clé de la vie pour promouvoir les comportements favorables à la santé, renforcer la vaccination et le dépistage, et prévenir l’apparition des maladies chroniques. La prévention est un investissement pour l’avenir de notre système de santé. Nous poursuivrons notre mobilisation pour permettre à chacun de devenir acteur de sa santé.
> À l’occasion de la Journée nationale des aidants, je veux saluer les 9,3 millions de personnes qui accompagnent chaque jour un proche malade, en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Être aidant, c’est souvent devoir concilier l’accompagnement d’un proche avec son travail, sa famille, sa propre santé et sa vie sociale. C’est aussi une expertise acquise au quotidien, qui doit être davantage reconnue et entendue. Notre responsabilité est double : protéger les aidants et écouter ce qu’ils savent. Au colloque annuel de l’UNAFAM, j’ai tenu à remercier toutes celles et ceux qui se mobilisent depuis plus de 60 ans aux côtés des familles et des proches de personnes vivant avec des troubles psychiques. Par son accompagnement, ses 2 000 bénévoles formés et ses 330 points d’accueil, l’UNAFAM contribue chaque jour à rompre l’isolement, à informer les familles et à faire entendre leur expérience. Reconnaître l’expertise des aidants ne doit jamais conduire à leur demander d’être des soignants par défaut. Un aidant est d’abord un proche. Nous devons lui permettre de le rester.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Parfois, il faut du temps pour que les idées cheminent. En 2023, je
déposais une proposition de loi pour que les élus condamnés pour violences
intrafamiliales ou sexuelles ne puissent plus se présenter. Aujourd'hui, cette
mesure est adoptée. L'exemplarité n'est pas une option. Elle est un préalable.
> Ma réponse à LFI sur la prostitution. "Non, la prostitution n'est pas le plus vieux métier du monde. C'est le plus vieux système de domination au monde !"
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Téléphone au volant : une sanction pour faire changer les comportements.
Avec 3 515 personnes tuées sur les routes en 2025, nous devons mobiliser tous
les leviers pour faire reculer l’accidentalité et, surtout, sauver des vies.
L’objectif n’est pas de multiplier les suspensions de permis. L’objectif, c’est
de faire reculer l’usage du téléphone au volant. L’inattention est à l’origine
de 24 % des accidents corporels, tandis que l’usage du téléphone reste
largement banalisé : près de 80 % des conducteurs reconnaissent l’utiliser en
conduisant. Dans les Landes, où la suspension du permis était déjà appliquée,
l’usage constaté du téléphone au volant a diminué de 12 %. C’est cette
dynamique que nous voulons désormais engager à l’échelle nationale. La sanction
doit rester proportionnée aux circonstances et adaptée au profil du conducteur.
Mais la règle doit être claire et appliquée partout.
Faire prendre conscience du danger, changer les comportements et sauver des
vies : c’est le seul objectif de cette mesure.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> [Blocage des lycées] 215 élèves, 85 personnels de l’Éducation
nationale et 715 forces de l’ordre blessés : ces chiffres doivent nous faire
réagir. Soyons clairs : manifester est un droit fondamental, un droit
démocratique. Les lycéens qui s'engagent pacifiquement pour leurs convictions
méritent d'être écoutés et entendus. Mais une partie du mouvement est
aujourd'hui gangrené par des groupuscules ultra-violents qui ne défendent
aucune cause et mettent en danger les lycéens eux-mêmes et les personnels de
l’Education nationale. Cette violence doit cesser. J'adresse mon soutien à tous
les blessés, et ma reconnaissance à la communauté éducative et aux forces de
l'ordre, dont la mission se fait dans des conditions très difficiles. J'appelle
chacun à la responsabilité : parents, organisations lycéennes, élus. Nous
devons retrouver le chemin du dialogue, qui par nature exclut toute violence.
> [Blocage des lycées] Pleinement engagée sur les chantiers que nous confie le Premier ministre. La voie professionnelle représente un tiers des lycéens : elle y aura toute sa place. Nous continuerons de dialoguer et de travailler avec les élèves, leurs familles et les équipes éducatives pour répondre à leurs attentes.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> On peut vouloir que tout change. Mais tout casser et bloquer le pays ne
résoudra rien. La France a besoin de stabilité et de responsabilité. C’est le
sens du budget que nous proposons.
> Au-delà de nos sensibilités politiques, un intérêt doit nous rassembler : celui de la France. Notre pays a besoin d’un budget pour garantir sa stabilité, donner de la visibilité aux Français et nous permettre d’agir.
> Répondre aux revendications lorsqu’elles sont légitimes, oui. Dialoguer, toujours. Mais la violence ne peut jamais être une réponse. Le dialogue et l’apaisement doivent primer.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> À l'occasion de la Journée des aidants, je tiens à saluer les 10 millions
de personnes qui accompagnent chaque jour un proche âgé, malade ou en situation
de handicap.
Ils sont parents, enfants, conjoints, voisins, amis, ils donnent de leur temps
et de leur énergie. Et pour cela, je tiens à les remercier et à saluer leur
engagement.
> Chaque année, la semaine nationale des personnes âgées et retraités, baptisée la Semaine bleue, est l’occasion d’insuffler un nouveau regard sur le vieillissement, sur la place des seniors dans notre société. Elle se tiendra du 5 au 11 octobre 2026 dans toute la France.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Blocage des lycées] Je
pense qu'il faut écouter ce qu'ont à dire les lycéens, il faut les écouter. Je
crois que la décision est prise. La ministre de l'Éducation nationale, en fin
de semaine dernière, a commencé à jeter les bases d'un dialogue. Il a reçu les
organisations représentatives des lycéens au ministère de l'Éducation. Le
Premier ministre, dans le week-end, a été très clair. Il a demandé une feuille
de route. Il a demandé que les ministres concernés apportent des réponses
solides. (…)
Le ministre de l'Éducation nationale n'a pas attendu. Il a dit qu'il
fallait travailler sur l'ensemble des premiers thèmes qui sont remontés. On
parle des bâtiments, on parle des programmes, on parle bien sûr de la capacité
à disposer des enseignants qui sont nécessaires à fournir une bonne éducation à
nos lycéens. Donc tout ça, c'est parti, avec des premières réponses. (…)
Je pense que ces revendications sont légitimes, effectivement. Je pense
que, d'abord, elles sont localisées. On voit bien aussi que la réalité d'un
lycée n'est pas celle d'un autre. C'est toute la difficulté, d'ailleurs. Il
peut y avoir des revendications nationales, il y a aussi des sujets locaux, les
chefs d'établissement les connaissent bien. Voilà, je pense qu'il y a une
articulation qui va se faire entre les ministères concernés et les chefs
d'établissement pour apporter des réponses très concrètes aux lycéens.
> [Blocage des lycées] Une manifestation, c'est normal, ça fait partie de la démocratie sociale. Vous savez que j'y suis très attaché. Donc manifester, même un droit de grève pour les salariés, c'est tout à fait normal. Ce qu'il faut éviter, c'est que les éléments extérieurs viennent se greffer sur la manifestation. On voit bien ce qui se passe après : il y a de la violence contre les policiers, contre les biens publics, les abribus. C'est cela pour lequel il faut faire attention.
> S'il faut écouter les gens, on les écoute. Après, les réponses, elles sont possibles, elles sont parfois plus délicates. Il faut aussi savoir que dans les entreprises, par exemple sur le sujet du pouvoir d'achat, il y a des entreprises qui vont bien et qui peuvent augmenter les salaires, et d'autres qui ont plus de difficultés. Pour l'État, c'est exactement la même chose. Il y a des revendications qu'on peut satisfaire et on le fait. Puis il y en a d'autres. Quand cela demande beaucoup d'argent public, comme en ce moment, il y a une grosse tension sur les finances publiques, c'est plus compliqué. Donc oui aux manifestations. Le droit de grève, il est tout à fait possible. Il faut écouter et dialoguer et trouver les réponses possibles.
> [Blocage des lycées] On va revenir au début de
l'affaire quand même. Au début de l'affaire, plusieurs élus LFI ont plutôt mis
de l'huile sur le feu, si j'ose dire, que plutôt calmer les choses. On a vu
effectivement des élus au milieu des manifestants. On a vu aussi certains
appeler à la violence légitime de la jeunesse contre qui ? Contre les
forces de l'ordre, contre le bien public, contre des passants. Il faut faire
attention. Donc je pense que les premières postures de LFI étaient quand même
plutôt pour appeler à la violence qu'à la calmer. (…)
Je le redis, les manifestations sont bien sûr possibles dans notre pays. Le
droit à la grève pour les salariés aussi. Ce qui compte, c'est de le faire dans
la sérénité, le faire dans le calme. Et si ça suppose un encadrement un peu
plus resserré des manifestations, il faut le faire. Ce n'est pas nouveau
d'ailleurs. Vous avez parlé du Parti communiste ou de la CGT. Ça fait longtemps
que la CGT sait très bien encadrer les manifestations pour éviter tout
débordement.
> [Blocage des lycées] Ce que je vois, c'est que,
en marge de ces manifestations, on ne sait pas trop qui, mais en fait des
jeunes ont commis des actes très graves. On a eu des passages à tabac, on a eu
une passante qui a reçu un produit incendiaire sur son visage. Sans parler des
biens publics. Les biens publics, c'est de l'argent. Vous avez vu les lycées
eux-mêmes qui ont été saccagés. Des abribus, n'en parlons pas dans les villes. Et
là-dessus, qui c'est qui est là pour essayer de réguler tout ça ? C'est
quand même la Police nationale, la Gendarmerie nationale. Ça s'appelle le
maintien de l'ordre. Moi, d'ailleurs, je leur rends hommage parce que ce n'est
pas facile, le travail qu'ils font. (…)
Il faut commencer par dire qu'ils font un métier pas facile. On est bien
contents de les avoir pour maintenir de l'ordre dans nos villes. A un moment
donné, c'est plus de la violence urbaine que de la gentille manifestation de
lycéens. Il faut voir les faits. Et ce n'est pas facile, ce qu'ils font, parce
qu'il faut justement démêler, dans une masse de jeunes, quels sont les jeunes
lycéens qui manifestent légitimement, malheureusement mélangés avec d'autres
qui sont là pour casser. Je le redis : casser des passants, casser de la
police, casser des biens publics. Voilà. Alors après, il y a eu deux ou trois
affaires qui ont été repérées, qui sont d'ailleurs déférées devant la justice.
Moi, j'ai confiance dans la justice de notre pays. Elle est indépendante, elle
ira au bout des enquêtes et on verra quelles sont les conclusions qui seront
établies dans ces enquêtes.
> Il n'y a pas de caractère d'impunité dans ce pays. C'est important. Qui que vous soyez, que vous soyez ministre d'ailleurs, que vous soyez un élu, que vous soyez un citoyen normal, que vous soyez un jeune ou un moins jeune, il n'y a pas d'impunité dans ce pays. Donc si vous commettez quelque chose qui n'est pas légal, il n'est pas anormal qu'on porte plainte contre vous et que vous soyez poursuivi en justice.
> Il y a un minimum à vivre. Bien évidemment, il faut que chaque foyer puisse conserver un minimum à vivre, mais je pense qu'il est très important d'inculquer aux gens : vous êtes responsable de vos actes à titre individuel. Quand vous attaquez quelqu'un, d'abord, ce n'est pas légal du tout. Cette violence, elle est illégitime. Et deuxièmement, si vous cassez un bien public, cet argent public, il va falloir mettre ça… Il n'est pas normal que vous participiez à quelque part à le rembourser.
> Est-ce qu'on veut redresser les comptes de ce pays ? Nous, on répond oui. Et le Budget qu'on a présenté, avec 54 milliards d'euros d'économies, il vise à faire un pas vers le redressement économique du pays. Alors si on est en désaccord avec ça, forcément on peut critiquer. Si on n'est pas en désaccord, il faut accepter un effort partagé de tous. Il faut qu'il soit partagé. Les retraités, c'est 25 % de la population. Et là, l'effort qu'on leur demande dans le budget, c'est autour de 10 %. Donc c'est proportionné. Voilà. Alors après, la modalité que vous avez dite, c'est une modalité qui est au débat dans le Parlement. Il y a deux modalités possibles qu'on peut combiner, d'ailleurs, pour trouver en gros 5 milliards et demi d'économies sur les retraites. Les retraites, c'est 400 milliards d'économies. Et si on ne fait rien, elles dérapent de 13 milliards d'euros l'année prochaine. C'est considérable, les masses. Donc il n'est pas anormal qu'on cherche aussi autour des retraités une participation à cet effort national. Donc deux mesures possibles. Effectivement, ne pas revaloriser les retraites à hauteur complètement de l'inflation. Et le débat aura lieu au Parlement. Et deuxièmement, revenir sur un abattement pour frais professionnels. Reconnaissez que des frais professionnels pour des retraités, il n'est pas illégitime de se poser la question. Voilà, il y a deux modalités possibles. Il faudra les combiner et le débat au Parlement, je l'espère, permettra, en responsabilité, de trouver le quantum que nous recherchons, autour de 5 milliards et demi d'euros sur les retraites.
> On n'enlève pas les retraites et aucune retraite ne sera abaissée. C'est la revalorisation. De combien peut-on la revaloriser ? Voilà. Donc attention aux mots qu'on utilise. Donc nous souhaitons qu'il y ait un ajustement de cette revalorisation. Je le redis, le débat aura lieu au Parlement et le Parlement décidera. Mais de notre côté, quand on demande des efforts à tout le monde, l'Etat le premier, on fait des efforts. Moi, j'ai fait un effort. Mon ministère va réduire ses dépenses de 2 milliards et demi l'année prochaine. Donc c'est un effort considérable. Donc il n'est pas anormal qu'on fasse en sorte que cet effort soit partagé.
> La marge de discussion, elle va être de combien revalorise-t-on les retraites au-dessus de 1 260 ? Vous savez qu'il y a un seuil aussi à 2 000. Voilà, entre 1 260 euros et 2 000 euros, de combien on valorise ? Au-delà de 2 000 euros, combien on valorise ? Tout ça, ça sera discuté au Parlement. L'année dernière déjà, il y a eu beaucoup d'amendements. Il y aura à nouveau des amendements, des discussions au Parlement sur ces sujets-là.
> C'est la loi qui décidera. C'est le Parlement qui décidera de combien les retraites augmenteront l'année prochaine et est-ce qu'il faut ou pas, et jusqu'à quel seuil, revenir sur cet abattement, je le redis, pour frais professionnels. On voit bien que ce n'est pas très logique, des frais professionnels et de la retraite. On voit bien que ce n'est pas tout à fait cohérent.
> En matière de retraite, je m'inspire des travaux conduits par la conférence Travail-Emploi-Retraite qui, pendant dix mois, a bossé avec tous les partenaires sociaux, à la fois patronaux et syndicats, sur le travail. Le travail, c'est les 42 années avant de prendre la retraite. C'est important d'en parler. L'emploi, qui fait le travail, l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors et les retraites. Là-dessus, il propose, il ne fixe pas de valeur. Mais je trouve que l'architecture est intéressante. Il y a effectivement un âge auquel il faut inciter les gens à aller travailler, mais sans les obliger. Deuxièmement, il y a un âge où vous pouvez partir, mais là, vous n'avez pas forcément toute votre retraite, mais vous avez une liberté de partir avant. Et cet élément de liberté est important. Il traite le problème de la pénibilité, vous le savez. C'est ça qui avait coincé au moment du conclave. Mais là, il y a une solution qui a été bien discutée avec les partenaires sociaux, qui pourrait être la bonne réponse. Quand vous êtes sur des métiers pénibles que vous évoquiez, d'ailleurs, comment vous pouvez partir plus tôt ? Il traite aussi des carrières longues, il traite des retraites des femmes. Enfin bref, il y a dans ce document des tas de choses intéressantes.
> [Budget 2027] La toile de fond, c'est qu'on fait appel aux efforts de tout le monde. Je le redis, l'État lui-même fait un effort puisque, pour la première fois, le budget de l'État en 2027 sera inférieur à celui de 2026. On n'avait jamais vu ça. Et moi, je suis exemplaire là-dessus, avec une baisse de 2 milliards et demi que j'accepte parce que j'ai eu des priorités. Priorité sur la jeunesse avec l'apprentissage, avec les contrats d'engagement jeunes. Donc bref, voilà. Donc on est sérieux. Les entreprises, ce n'est pas 20 milliards, c'est 10 milliards. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le ministre de l'Économie. Donc moi, j'ai confiance dans les calculs du ministère de l'Économie. Et puis après, vous avez les salariés aisés aussi, sur lesquels les niches fiscales vont être revues. Et puis vous avez les retraités, on en a parlé. Sur les entreprises, des allègements généraux, on fait deux choses. D'abord, quand il y a eu l'augmentation du SMIC cette année au 1er juin, on n'a pas répercuté sur les allègements généraux. Ils le savaient, on le savait, ce sont des décrets. On a continué sur 2027, donc ce n'est pas une surprise. Et le complément des allègements généraux, c'est justement corriger une anomalie, puisqu'il y avait des éléments de rémunération qui n'étaient pas comptés dans les calculs. Donc on corrige une anomalie. Voilà ce qu'on fait. Vous voyez les allègements généraux par ailleurs, un jour ou l'autre, et monsieur Martin le sait bien, il faudra qu'on en parle parce que c'est une trappe à Smic aujourd'hui. Donc si on veut que les gens sortent du Smic, tôt ou tard, il faudra bien mettre à plat les allègements généraux.
> Ce Budget va être discuté au Parlement. Donc au
Parlement, on va discuter avec toutes les forces qui sont présentes au
Parlement et qui voudraient bien discuter. La base de la discussion, les
quantums, on va tenir bon parce qu'il faut redresser les comptes de ce pays.
Donc le fameux 5 % de déficit public, en fait, c'est 4,8 % plus 0,2
pour la Défense. C'est ça, les comptes. On va tenir bon. Mais sur le comment,
on est très largement ouverts. Si des gens ont des propositions à nous faire. (…)
Dans le cadre de l'Assemblée nationale, on en discutera avec tous les groupes
qui voudront discuter avec nous. Par contre, il n'y a aucune discussion cachée,
secrète avec le Rassemblement national. Ça, ce n'est pas vrai, ce sont des fake
news. Bon, là, on est dans une période de fake news. Je le redis, il n'y a
aucune discussion cachée, occulte avec le Rassemblement national.
> Le travail paie si on prend les bonnes filières. Voilà, c'est ça qui me frappe, c'est qu'on a un problème d'orientation dans ce pays. On laisse les jeunes aller sur des filières où il n'y a pas de débouchés ou des salaires très peu payés. Et figurez-vous que dans l'industrie, ils recrutent énormément. Est-ce que vous connaissez le salaire d'un soudeur en sortie de formation ? En gros, un Bac+2, ce sont quand même des ouvriers très qualifiés, 3 000 euros par mois. Donc je dis à ces jeunes : renseignez-vous. Trouvez les filières qui gagnent de l'argent.
> Il faut que les jeunes s'orientent bien et donc on va leur donner un outil d'ailleurs, ça s'appelle l'InserScore, qui leur permettra de connaître, pour chaque formation, les débouchés et la rémunération moyenne en sortie du débouché. Choisissez les bonnes filières. Il y a dans ce pays, notamment autour de l'industrie, des métiers qui paient très bien dès le démarrage de votre carrière.
> [Blocage des lycées] La manifestation, elle est possible. La destruction, surtout pas. Il faut sortir cette idée-là de la jeunesse. La destruction ne mène à rien, elle ne mène qu'à dépenser de l'argent public pour rien. Elle mène à des risques d'accidents et de violences urbaines. Donc lycéens dans la rue, pourquoi pas. Destruction ? Surtout pas.
> On fait beaucoup de choses pour développer l'emploi des seniors. D'abord, il y a une base. Moi, je venais juste d'arriver, il y a une loi qui est venue transposer dans la loi un accord national interprofessionnel. Donc ça veut dire que le patronat et les syndicats veulent travailler là-dessus. Et moi, je vais sortir bientôt, là, dans quelques semaines, des applications qui vont aider les seniors à construire un parcours professionnel et qui vont surtout aussi aider les entreprises à avoir un vrai plan RH pour les seniors. Donc on se bat beaucoup pour l'emploi des seniors, c'est très important. Jusqu'à 60 ans, on n'est pas mal, même on est largement au-dessus de la moyenne européenne de 60 à 64 ans. Par contre, l'emploi des seniors baisse. Donc effectivement, il y a beaucoup d'efforts à faire, notamment dans les entreprises, pour garder les seniors au travail et en embaucher quelques-uns.
> Dès que vous sortez du SMIC, justement, les
allègements généraux jouent beaucoup moins sur le coût du travail, qui devient
énorme pour l'employeur, et donc ils hésitent à augmenter quelqu'un qui est au
SMIC. Donc vous voyez qu'il y a une espèce de péché originel dans les
allègements généraux qui mérite, qui justifie qu'on les regarde.
Ce qu'on fait, c'est quand même normal. On tient compte de l'ensemble des
revenus pour calculer le salaire quelque part global de la personne. C'est une
correction quasiment technique qu'on fait. Voilà ce qu'on fait. Alors après, je
le redis, on l'a redit, les efforts sont partagés. Les retraités font des
efforts, les entreprises sont appelées à faire des efforts, les salariés sont
prêts à faire des efforts, l'État fait des efforts. Je pense que comme moi,
vous voulez redresser les comptes publics de ce pays, ceux de l'État comme ceux
de la Sécurité sociale.
> [Unedic] On a négocié, les partenaires sociaux ont négocié un accord transformé dans une loi que j'ai portée pour ramener 1 milliard d'euros supplémentaires dans les caisses de l'Unedic. Deuxièmement, je me suis battu au niveau européen pour corriger une très grosse anomalie où la France payait le chômage des transfrontaliers français mis au chômage à l'étranger, 880 millions d'euros dans les caisses de l'Unedic. Mais vous avez un ministre qui se bat pour l'Unédic. Voilà. Deuxièmement, je me suis aussi battu sur l'Unedic. Je l'ai dit d'ailleurs dans le journal que vous citez, les discussions ont été franches. J'ai dit : il faut d'abord que l'Unédic soit à l'équilibre. Voilà, il est à l'équilibre. Après, il y a l'excédent qui peut se discuter. Je me suis beaucoup battu pour que l'Unedic revienne à l'équilibre, et ça sera le cas l'année prochaine.
> Franchement, en ce moment, il faut arrêter de défendre les petits intérêts catégoriels. Il faut qu'on soit tous ensemble pour redresser les comptes du pays dans le calme, les comptes du pays et de la Sécurité sociale. Et là-dessus, on fait un effort très important puisqu'on va réduire quasiment de moitié le déficit de la Sécurité sociale l'année prochaine.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Blocage des lycées / Intervention à l’Assemblée] Je sers mon pays depuis
vingt ans dans le service public et depuis un an comme ministre. Je l’ai servi
pendant quelques années au sein du ministère de l’éducation nationale. Depuis
dix ans, je n’ai jamais eu honte de servir mon pays, pas davantage que je n’ai
honte de défendre le service public contre celles et ceux qui mènent contre lui
une attaque en règle : ce sont quatre-vingt-cinq membres du personnel qui
ont été blessés en l’espace de huit jours – c’est
inédit dans l’histoire de l’éducation nationale – et vingt-quatre
bâtiments qui ont été saccagés et incendiés. Par conséquent,
30 000 élèves sont privés de cours parce que certains, sous une forme
ou une autre, ont encouragé ou légitimé la violence.
Je réponds à votre question : certains des sujets de préoccupation que
vous évoquez ne constituent pas pour nous une découverte. Un seul
exemple : nous avons multiplié par trois le taux de remplacement des
absences de courte durée dans le premier degré en l’espace de deux ans. À la
rentrée scolaire, nous avons réduit de 57 % le nombre de postes vacants.
On ne peut pas dire que nous ne nous y sommes pas attaqués !
Il n’en est pas moins très clair qu’il faut faire plus et mieux, notamment pour
les lycées. Le premier ministre nous a donc confié plusieurs chantiers, et
d’abord celui du remplacement pour que nos élèves n’aient plus à subir le
préjudice des absences de longue durée non remplacées. J’ai lancé un plan
d’action il y a déjà deux jours : nous identifierons un par un les
établissements qui rencontrent des difficultés et nous les résoudrons toutes,
comme nous l’avons fait en moins de huit jours au lycée Antoine de Saint-Exupéry
de Créteil.
Nous allons évidemment continuer de nous attaquer à la question de la médecine
scolaire. Je vous rappelle que dans le projet de budget, nous proposons de
créer 300 postes dans ce domaine après en avoir déjà créé 300 l’année
dernière.
Nous continuerons à travailler sur Parcoursup avec le ministre de
l’enseignement supérieur, pour améliorer sa transparence ainsi que
l’orientation des élèves. Au demeurant, Parcoursup a permis depuis 2019 à un
nombre inédit d’élèves de Seine-Saint-Denis de faire leurs études à Paris et
favorise de ce fait une mixité sociale qui n’existait pas auparavant dans les
mêmes termes.
Il faut quand même le savoir ! Tous ces chantiers sont ouverts et nous les
mènerons avec honneur, car servir l’État et la République est un honneur !
> [Blocage des lycées] Le Gouvernement avance pour répondre aux difficultés et aux attentes des lycéens. 28 conseils académiques de vie lycéenne, soit près de 350 élus lycéens, se sont réunis dans toute la France cette semaine. J'étais pour ma part à celui de l'académie de Versailles, et j'ai réuni le Conseil national de la vie lycéenne vendredi. Les chantiers que confie le Premier ministre au Gouvernement sont le fruit des remontées des élus. Ne rien céder à la violence. Répondre aux attentes et aux difficultés dans un cadre démocratique. Pour les lycéennes et les lycéens.
> Depuis 2017, le budget de l’Éducation nationale a augmenté de 31 %. En 2027, il augmentera encore de 1,2 milliard d’euros, alors même que le total des dépenses publiques diminuera de 54 milliards et que nous compterons 180 000 élèves de moins. C’est un choix clair du Gouvernement : investir dans l’École, c’est investir dans l’avenir de notre pays et la réussite de notre jeunesse.
> [Blocage des lycées] La violence contre nos personnels et nos lycées doit tous nous indigner. À Nantes, 160 élèves internes ont dû être évacués après l’incendie de leur lycée. Dans les Bouches-du-Rhône, des personnels ont été aspergés d’essence. Les mots d’une élue lycéenne disent ce que cette violence leur confisque : « on est des enfants, et on nous a volé notre mouvement. »
> [Blocage des lycées] On ne peut pas reprendre le chemin des cours comme s'il ne s'était rien passé. Dès le premier jour de reprise des cours, nous instaurons un « temps lycéen » dans chaque lycée de France : une demi-journée banalisée, d’abord avec les personnels, puis avec les élèves, pour un débat de fond, ouvert et démocratique, partout.
> [Blocage des lycées] Lycéennes, lycéens : vous avez la parole. Dites-nous vos difficultés et vos attentes, dans chacun de vos établissements. Jusqu’au 23 octobre, prenez la parole sur Agora. Avec vos mots. Les réponses sont libres et anonymes. Vos contributions seront rendues publiques. Elles nourriront un plan d’action mesurable, avec un calendrier précis. Et nous vous rendrons des comptes.
> [Blocage des lycées] Dialogue et transparence : c’est notre seule boussole depuis le début de la mobilisation. C’est celle qui fonde la vie démocratique. Au lycée de Villaroy à Guyancourt, nous avons longuement échangé avec les proviseurs des lycées qui ont suspendu leurs cours en présentiel, ainsi qu’avec les personnels et lycéens, délégués de classe et élus du conseil de la vie lycéenne. Un même message ressort de toutes nos discussions : les violences éclipsent les revendications des lycéens et empêchent leur parole d’être entendue. Je veux qu’ils aient la parole et que cette parole compte. Sur le terrain, avec les instances de la vie lycéenne, comme au niveau national avec la plateforme de consultation lancée ce soir, nous poursuivons le dialogue. Avec un plan d’action clair pour répondre à leurs demandes. C’est ainsi que nous pourrons apporter des réponses concrètes aux attentes des lycéens.
> [Blocage des lycées] J’ai appelé au dialogue dès le début de cette mobilisation, pour résoudre concrètement les problèmes et préserver les élèves des violences urbaines. Dès lundi, je me suis rendu au lycée Gutenberg de Créteil pour échanger avec les personnels. J’ai demandé aux chefs d’établissement et aux recteurs de réunir les élus lycéens, dans les établissements comme au niveau académique. Jeudi, j’ai moi-même participé au conseil académique de la vie lycéenne de Versailles. Vendredi, j’ai également rencontré les organisations syndicales, les associations de parents d’élèves, les représentants élus des lycéens et leurs associations. Le dialogue existe. Il doit se poursuivre et déboucher sur des réponses concrètes, c’est notre engagement.
> [Blocage des lycées] « Discipline de combat » pour Jean-Luc Mélenchon, « la violence peut être légitime » pour Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis. Quand on repousse la limite de la violence par les mots, on ne peut s'étonner que les actes suivent. En démocratie, dire que la violence peut être légitime est irresponsable. Derrière les violences urbaines de la semaine écoulée, il y a un service public de l'éducation durement éprouvé. Des bâtiments détruits ou saccagés, des personnels délibérément pris pour cibles. 78 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés. Ce déferlement de violence est inédit. Rien ne saurait le justifier.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Blocage des lycées] On vit dans un État de droit. Et dans un État de
droit, on peut contester, on peut demander d'ouvrir des dossiers, on peut
demander à discuter, mais la violence n'est pas un moyen d'expression. Et les
images qu'on voit depuis une semaine sont abominables. Elles sont inquiétantes
et elles sont abominables, évidemment. Moi, je pense évidemment aux forces de
l'ordre qui payent un très lourd tribut, mais aussi aux chefs d'établissement,
aux professeurs, aux lycéens, grévistes ou pas grévistes, qui, eux aussi, sont
blessés par les propres blocages. Donc, tout ça doit cesser, parce que ça n'a
aucun sens. Ce n'est pas comme ça qu'on débat. Ce n'est pas comme ça qu'on
débat. Je pense qu'effectivement, on a des sujets autour de la jeunesse. Il y a
peut-être des choses qu'il faut faire et qu'il faut ouvrir. Le Premier ministre
l'a dit et l'a écrit hier, mais pas avec ce niveau de violence, qui est
simplement abominable. Et les personnes qui allument le feu et qui continuent à
allumer le feu et à souffler sur les braises pour en obtenir un intérêt
politique, et qui tentent minute après minute de récupérer le mouvement, et je
pense évidemment à LFI, ces gens-là ont une très lourde responsabilité.
> [Blocage des lycées] Il y a des étudiants et des lycéens qui manifestent parfois ensemble. C'est vraiment parti, je crois, d'un mouvement lycéen. Je veux dire, c'est très clair et c'est assez facile à suivre. Évidemment, il y a des discussions aujourd'hui entre des lycéens et des étudiants. On a des blocages. Il n'y a pas eu de violences dans les universités, ou très marginalement. Donc, radicalement, c'est très différent de ce qu'on peut voir dans les lycées. Et je voudrais saluer quand même le travail à la fois des présidents, des enseignants-chercheurs, et puis des étudiants aussi, parce que jusqu'à maintenant, ils ont réussi à canaliser quelque part cette violence.
> [Supprimer Parcoursup] Excusez-moi, mais le
système précédent, on tirait au sort. Pardon. Excusez-moi de vous le rappeler.
Mais avant, quand il y avait trop de personnes qui voulaient faire la même
formation, on n'avait rien trouvé de meilleur que de tirer au sort les étudiants.
Alors, si ça, on m'explique que c'est simple, ça, ce n'est pas possible. La
plateforme, aujourd'hui, par contre… Des fois, on a un sentiment, et on
l'entend beaucoup, le fait que ce n'est pas transparent, on ne comprend pas. Et
c'est aussi une des pistes qui a été mise en avant par Sébastien Lecornu. Et je
pense qu'on a un immense travail, encore, à faire auprès des lycéens pour leur
expliquer. Pardon, juste un instant. C'est une plateforme numérique. C'est
probablement un des seuls outils où le code est intégralement disponible.
Alors, pardon, je suis un tout petit peu technique. (…)
Le code, il est intégralement disponible depuis des années. Ça veut dire qu'en
gros, tout le monde peut aller regarder le code. Il y a des conseils qui
associent des personnalités de la société civile, et cetera, qui regardent les
évolutions, qui regardent comment se passent les affectations, etc. Enfin, je
veux dire, les indicateurs qui sont les indicateurs factuels montrent que la
plateforme n'est évidemment ni raciste, et fait bien le contraire, que du tri
social. Elle fait plutôt le contraire. C'est à peu près 20 000 étudiants
chaque année qui, grâce à la plateforme et à des quotas qui sont mis en place
pour les boursiers, par exemple, donnent des places aux boursiers qu'ils
n'auraient pas eu autrement. Donc, c'est le contraire. Mais par contre, je
pense que… Pardon, je ne devrais pas dire ça à la radio, mais on a perdu le
combat de la communication sur cette plateforme, et de l'explication. (…) Je
pense qu'il y a un travail énorme à faire. Et je pense qu'il faut le faire. Et
après, il faut aussi évidemment continuer à faire vivre la plateforme et
continuer à la faire évoluer. Et s'il y a des propositions, s'il y a des bonnes
idées, honnêtement, je serai le premier à les prendre.
> La recherche, elle construit l'avenir du pays. Et
quand je dis qu'elle construit l'avenir du pays, c'est non seulement,
évidemment, quand on finance de la recherche, qu'on fait de la recherche dans
les laboratoires, c'est important pour développer les connaissances, pour
comprendre le monde, pour comprendre l'univers, pour comprendre la biologie
fondamentale, etc. C'est important aussi pour construire les médicaments de
demain, etc. Mais c'est aussi important, et ça, moi, je pense qu'il faut que
les Français le comprennent, c'est-à-dire que cette recherche qu'on fait là, en
fait, elle va se retrouver dans cinq ans, dans dix ans, dans 20 ans, dans les
produits, dans votre voiture, dans vos téléphones, dans tous les produits que
vous consommez et qu'on construit. (…)
Si on n'investit pas dans la recherche, en fait, ça veut dire qu'après, on va
avoir une industrie qui va être une industrie qui ne va pas être très
innovante, donc qui va avoir des parts de marché pas très, très, fortes sur les
produits innovants, donc, avec de la grosse valeur ajoutée. Et on va avoir une
industrie qui va faire une industrie de masse. Et on va être en compétition
directe avec des pays qui ont un coût de main-d'œuvre très, très bas. Et on n'y
arrivera jamais. Donc, il faut qu'on vise des produits innovants. Il faut qu'on
vise la technologie. Il faut qu'on vise, donc, la recherche. Et pour ça, il
faut investir dans la recherche, il faut croire dans la recherche et dans la
science. Et ça, c'est un truc, enfin, pardon, mais on n'en parle pas assez en
France. Moi, c'est le combat probablement d'une vie. Mais vraiment, je pense
que c'est quelque chose qui est fondamental.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Face aux violences, la priorité reste de rétablir à l’ordre. 715 policiers
et gendarmes, 215 élèves et 85 personnels ont été blessés. Les revendications
doivent s’exprimer aujourd’hui de façon encadrée. Cette expression est légitime
et sera écoutée, tant qu’elle reste pacifique.
> [Blocage des lycées] La priorité, c'est d'abord
de rétablir l'ordre. Les images qu'on a vues ces derniers jours, la semaine
dernière spécifiquement, aux abords des lycées, des images de grandes
violences, des policiers qui ont été pris pour cibles, des gendarmes qui ont
été pris pour cibles, des pompiers, des personnels de l'éducation nationale,
des journalistes, des élèves qui ont été pris pour cibles. Tout ça est
absolument évidemment inadmissible. (…)
Tout a été mis en place d'abord pour organiser un retour au calme. Et c'est
pour ça que de nouveaux établissements, 4 à 500 établissements sont fermés
aujourd'hui. Et on continuera autant que nécessaire. Là encore, il ne s'agit
pas de balayer d'un revers de main des revendications qui peuvent être
légitimes. Mais entre des lycéens qui ont des choses à dire, encore une fois,
de manière pacifique et légitime, et des violences urbaines, il y a un monde.
Ce sont deux choses complètement différentes. (…)
Je crois qu'il ne faut pas inverser les choses. Lorsque des individus, jeunes
ou moins jeunes d'ailleurs, caillassent des forces de l'ordre, s'en prennent à
des pompiers, agressent du personnel de l'éducation nationale, ce n'est pas la
faute du Gouvernement. C'est la faute de délinquants, de factieux. Ça pose la
question de la responsabilité parentale, par ailleurs, quand ils sont mineurs.
Et le rôle de l'État, le rôle du Gouvernement, c'est évidemment de tout mettre
en œuvre, là encore une fois, pour rétablir l'ordre. Et rétablir l'ordre, c'est
la priorité. Mais je le redis, n'inversons pas la charge de la preuve.
> [Blocage des lycées] Il faut bien faire le
distinguo entre des lycéens qui ont des revendications que nous devons écouter
parce que c'est notre jeunesse et parce qu'au fond, c'est leur quotidien, et en
même temps, ce qui s'est passé la semaine dernière, qui, je le redis, est proprement
inadmissible et par ailleurs instrumentalisé par une part de responsables
politiques. Je pense notamment à La France insoumise. Dès les prémices du
mouvement, dans les premières heures de ce mouvement, on a vu des élus comme
Louis Boyard, comme Bally Bagayoko attiser, encourager cette violence. Et donc
ils ont une responsabilité politique et morale majeure dans ce qui se passe
depuis plusieurs jours aux abords des lycées. (…)
Ils participent évidemment à l'embrasement. C'est fait de manière tout à fait
assumée. Et au fond, ça dit quelque chose d'une stratégie électorale qui est
mise en place pour soi-disant récupérer le vote peut-être d'une partie de la
jeunesse. Moi, je pense que c'est profondément délétère. Mais en tout état de
cause, ça existe. C'est une stratégie électorale assumée de La France
insoumise, profondément cynique, mais donc avec une responsabilité derrière
politique qu'ils devront assumer et qu'ils devront assumer devant les
policiers, devant les gendarmes et devant le corps enseignant qui, en ce
moment, a toutes les raisons d'avoir peur.
> Plus personne ne comprend aujourd'hui que l'État, et donc le contribuable, vos impôts, les impôts de ceux qui sont en train de nous écouter, paient pour les dégradations d'une minorité violente. Vous savez que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présenté un projet de loi en Conseil des ministres, un projet de loi qui s'appelle casseurs-payeurs, qui vise notamment à garantir que les amendes soient dans la totalité des cas payés, y compris si ça doit nous amener à aller piocher dans les aides sociales, dans les APL, par exemple. Et donc ce projet de loi sera présenté le 27 octobre prochain au Sénat. Il permettra donc deux choses. D'une part, d'aller prélever dans les prestations familiales lorsque c'est nécessaire, que ce soit pour des dégradations commises par des majeurs ou par des mineurs. Et du coup, on irait utiliser une part des allocations des parents. Et puis ensuite, ça permet d'engager une forme de responsabilité collective. Si vous êtes participante à un mouvement violent, qu'après sommation de la police, vous restez dans ce mouvement violent, alors pourra être engagée une co-responsabilité.
> Quand on a des jeunes de 14, 15, 16 ans qui, à 9h du matin, sont en train de brûler des abris de bus ou, plus grave encore peut-être, le lycée dans lequel ils étudient, ça pose la question de la place des parents et de la responsabilité parentale. J'ai d'ailleurs noté… Vous savez que chez moi, dans les Hauts-de-Seine, le préfet Alexandre Brugère convoquera aujourd'hui les parents d'enfants tenus pour responsables de violences dans les lycées ou aux abords des lycées. Je pense que c'est une bonne manière de faire parce qu'on ne peut pas trouver d'excuse à une forme de déresponsabilisation. Voilà. Quels que soient les milieux sociaux, quelles que soient les difficultés auxquelles les familles sont confrontées et qu'il faut encore une fois entendre, mais quand on a des gamins de 14, 15 ou 16 ans qui brûlent des lycées et qui s'en prennent au personnel de l'Éducation nationale, à leurs enseignants, dévoués pour eux, ça appelle encore une question fondamentale qui est celle de la sphère familiale.
> Je crois d'abord que les forces de l'ordre et l'immense majorité des policiers et des gendarmes font un travail absolument remarquable et absolument extraordinaire. Et les attaques au sens des accusations dont ils ont fait l'objet depuis une semaine maintenant, notamment en tout cas concernant les violences aux abords des lycées, sont absolument inacceptables. On a vu des centaines et des centaines d'individus s'en prendre encore une fois au personnel de l'État et une minorité, notamment de responsables politiques, pointer du doigt les forces de l'ordre. Je pense qu'encore une fois, c'est de la très basse politique. Mais je suis convaincue que ça ne reflète pas ce que pensent les Français, parce que l'immense majorité des Français sont en soutien des forces de l'ordre, des policiers et des gendarmes.
> [Budget 2027] Il y a un partage de l'effort et le
gros de l'effort est porté par l'État. Les crédits des ministères hors défense
seront gelés. C'est l'effort le plus important qui est demandé dans ce budget.
Maintenant, moi, je voudrais être claire ce matin. On est dans une situation
qui est très difficile, très difficile.
Le déficit 2026 sera supérieur à 5%. On a une situation nationale qui est,
encore une fois, extrêmement compliquée, notamment sur le plan politique. On a
une situation internationale confère ce qui se passe au Moyen-Orient, confère
la hausse des taux dont vous parlez sûrement sur vos plateaux, qui est
inquiétante par certains aspects. Et donc il y a urgence, plus que jamais, si
je puis dire, à permettre l'adoption d'un budget dans les semaines à venir. Je
vous renvoie vers le rapport de l'Inspection générale des finances. Ce n'est
pas un rapport du Gouvernement qui explique bien que l'absence de budget, c'est
un déficit qui avoisinera les 6% l'année prochaine. (…)
C'est l'État qui portera l'essentiel de l'effort. L'État portera l'essentiel de
l'effort par le gel, encore une fois, des crédits de l'ensemble des ministères
hors défense. (…)
Les entreprises porteront une partie de l'effort. Et toute la question, c'est
la manière dont on le répartit. Maintenant, moi, je voudrais être encore une
fois claire ce matin. Nous, on propose une copie de départ. On n'a pas de
majorité au Parlement. On propose une copie de départ qui fait contribuer les
uns et les autres de la manière la plus équitable possible. Et puis ensuite, on
discutera. Il va se passer des semaines de débats au Parlement. Et moi, ce que
j'espère, c'est que les partis politiques responsables, ceux qui n'ont pas
envie en tout cas d'envoyer le pays dans le fossé de la dette et du déficit,
arriveront à s'accorder pour un budget pour 4 ou 5 mois.
> Madame Le Pen, au dernier budget, elle a voté avec ses troupes 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires pour les Français et les entreprises. Donc c'est bien de vouloir mettre en place des règles d'or, c'est mieux de ne pas voter des hausses d'impôts et de taxes lorsqu'on est dans l'hémicycle.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Indigne. À la veille de l’anniversaire du massacre antisémite du 7
octobre, les drapeaux européen et israélien, érigés au parlement européen pour
une cérémonie de souvenir, ont été dégradés. C’est une insulte à la mémoire des
victimes qui doit être sanctionnée.
> Avec la ministre des finances indienne à New Delhi pour parler des opportunités de l’accord commercial. Cet accord devrait permettre à l’UE d’économiser 4 milliards d’euros en droits de douane, contribuer à doubler les échanges commerciaux entre l’UE et l’Inde et renforcer l’accès aux marchés respectifs tout en protégeant nos secteurs sensibles. Santé, défense, tech: le développement de chaînes de valeurs résilientes est dans nos intérêts respectifs. Dans un monde de bouleversements géopolitiques et de coercition commerciale, nous démontrons que nous sommes des partenaires fiables attachés à des relations fondées sur les règles.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Blocage des lycées] Face à la mobilisation lycéenne : j'appelle au calme
et au dialogue ! Le Gouvernement doit écouter les revendications légitimes des
lycéens mais il n'est pas tolérable que ces revendications s'accompagnent de
violences envers les jeunes ou les forces de l'ordre.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Ministre de l'Éducation nationale, j'ai augmenté tous les professeurs à la
rentrée 2023. C'était la plus forte hausse depuis les années 1990. C’était une
première étape. Mon projet pour 2027 : 200 euros nets de plus par mois pour les
professeurs et jusqu'à 500 euros pour ceux en milieu de carrière.
> L'IA va tout changer dans nos vies. Le premier risque à court terme pour les Français qui travaillent, ce n'est pas d’être remplacés par une IA, c'est d'être remplacés par quelqu'un qui sait utiliser l'IA. Alors je propose de former 20 millions d'actifs à l'IA en cinq ans. C'est une priorité de mon projet.
> Nous sommes dépendants de l'étranger pour notre énergie. Et lorsqu’une crise survient, les prix augmentent et le pouvoir d’achat des Français baisse. Ensuite, trop de logements sont encore mal isolés et consomment davantage d’électricité et d’énergie qu’ils ne le devraient. C'est sur ces deux problèmes que je veux agir : produire plus d'énergie en France et rénover nos logements.
> Je veux en finir avec ce système illisible aux 42 régimes et aux réformes incessantes qui repoussent l'âge de la retraite. Mon projet est clair : créer un système unique et supprimer l'âge légal pour ne conserver que la durée de cotisation. C'est la garantie d'une vraie liberté pour les Français.
> Un éleveur français respecte des normes qui ne sont pas exigées à ses concurrents espagnols, italiens ou belges. Pourtant, leurs produits arrivent sur les étals des Français. On marche sur la tête. Je n’ai rien contre le libre-échange mais à condition que les règles soient justes et les mêmes pour tous.
> Beaucoup de nos agriculteurs s’apprêtent à partir à la retraite. Le sujet, c’est comment des jeunes viennent reprendre l’exploitation. Je souhaite créer un prix plancher pour eux et pour tous nos agriculteurs. Pour qu’il ne soit pas possible d’acheter une production moins chère que ce qu’elle a coûté.
> On paye aujourd'hui le fait de ne pas avoir assez
de médecins en France. Pour répondre à cette pénurie je veux :
- former 20 000 médecins par an ;
- envoyer des docteurs juniors dans les zones les plus tendues ;
- mettre en place la taxe lapin pour mettre aux 27 millions de rendez-vous
médicaux non-honorés.
> Face aux défis qui sont devant nous (intelligence artificielle, retour de la guerre en Europe, dérèglement climatique, crise de la dette), nous devons nous rassembler et non nous diviser. Recréer des chapelles, c’est la garantie de la victoire du Rassemblement national l’année prochaine. Le retour des clivages créera plus de divisions que de solutions. Alors rassemblons-nous. Le plus largement possible.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare. Face
aux menaces auxquelles fait face notre pays et face à la tentation des extrêmes
qui ne lui apporteront que de la fracturation, il faut rassembler sur la base
d’une vision. De la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine, nous
savons que nous nous retrouvons sur l’essentiel : l’Europe, l’universalisme des
droits de l’homme, l’Etat de droit, le respect des libertés publiques, le
combat de la souveraineté et de la reindustrialisation, la volonté de justice
sociale, la lutte contre le dérèglement climatique... C’est le message porté
par Gabriel Attal: avancer ensemble sur l’essentiel car c’est l’essentiel qui
est en jeu en 2027.
Marc Ferracci (député)
> Quand un banquier d’affaires épouse les thèses de LFI, cela donne un bel
exemple de dissonance cognitive. Et de ridicule. La dette est un problème
sérieux. Sa cause principale est le manque de courage pour réduire la dépense
sociale, et en particulier pour réformer les retraites. Les déficits cumulés de
nos régimes de retraites publics et privés expliquent à eux seuls plus d’un
tiers de l’augmentation de la dette publique depuis 2017. Ceux qui prétendent
régler le problème en suspendant la réforme de 2023 et en promettant la
retraite à 60 ans n’ont pas une once de crédibilité.
> Les propositions budgétaires du RN ne sont pas seulement « irréalistes » comme le montrent Les Échos. Elles sont consternantes. Pensée magique, argent magique, refus constant de s’attaquer à la cause première de la dette, à savoir la dépense sociale… Les déficits cumulés de nos régimes de retraites publics et privés expliquent à eux seuls plus d’un tiers de l’augmentation de la dette publique depuis 2017. Ceux qui prétendent régler le problème en suspendant la réforme de 2023 et en promettant la retraite à 60 ans n’ont pas une once de crédibilité.
Jean-René Cazeneuve (député)
> Situation dramatique que vivent nos agriculteurs. Sécheresse, récoltes en
chute, élevages fragilisés : l’urgence est là. Le Gouvernement a répondu
présent. Nous devons poursuivre cet effort dans le prochain PLF pour soutenir
nos agriculteurs.
Violette Spillebout (députée)
> [Blocage des lycées] Je rencontre et j’écoute les lycéens. Ce ne sont pas
tous des casseurs. Il faut entendre les difficultés réelles des lycéens et
étudiants : manque de moyens, professeurs non remplacés, bâtiments dégradés…
Quand Gabriel Attal était ministre de l’Éducation nationale, il a revalorisé
les salaires des enseignants. Président de groupe, il s’est toujours opposé aux
suppressions de postes.
> [Blocage des lycées] J’appelle à la désescalade face aux violences qui accompagnent les mobilisations lycéennes. À Lens, dans ma région, un jeune de 15 ans a eu la main arrachée. En tant que mère, citoyenne et élue, ces images me bouleversent. Je soutiens nos forces de l’ordre et je condamne sans ambiguïté les incendies, les dégradations et les violences contre les personnels éducatifs. Mais cette escalade doit cesser. Protégeons nos jeunes, nos enseignants et nos forces de l’ordre. Revenons au calme et au dialogue.
> Il y a urgence à construire une alternative solide face aux extrêmes. Une primaire des modérés peut être le bon chemin : projet contre-projet, pour choisir le meilleur, puis se rassembler derrière celui ou celle qui sera le plus capable de gagner. Pas de dilution. Un choix clair, un projet fort, un rassemblement pour l’emporter.
> Le plafond de la prime carburant versée par
l’employeur est passé de 600 à 1 000 €. C’est un levier très concret pour les
salariés qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour
travailler. (…)
Les collectivités ont aussi un rôle à jouer en développant des solutions
adaptées aux bassins d’emploi : navettes, transports à la demande, dessertes
spécifiques des zones d’activité. À Calais ou à Amiens, des solutions de ce
type existent déjà. Il faut les multiplier là où la voiture reste aujourd’hui
indispensable. (…)
Pour le long terme, nous voulons accélérer cette transition en relançant le
leasing social pour un véhicule électrique à 100€ /mois et en élargissant aux
voitures d’occasion. L’objectif est simple face à la hausse des carburants :
rendre l’électrique plus accessible.
Paul Midy (député)
> La trajectoire financière présentée par Le Pen est sans surprise du
grand n’importe quoi. J’ai compté au moins 125 milliards d’euros d’économies
complètement fantaisistes, de recettes inexistantes et d’erreurs de calcul
manifestes. Ce serait drôle si ce n’était pas grave et n’avait pas d’impact sur
les Français. Dire n’importe quoi quand on est candidate à la présidentielle
fait augmenter les taux auxquels empruntent la France et les Français et va
nous faire perdre des milliards d’euros dans les prochaines semaines.
> « Il faut une coalition qui aille des électeurs
de Raphaël Glucksmann à ceux de la droite républicaine » (Gabriel Attal)
Oui, il faut rassembler tous les démocrates derriere un projet ambitieux pour
la France, un projet qui donne envie Oui, cela doit passer par une grande
coalition des démocrates Oui, nous pouvons faire une grande primaire pour
désigner le candidat de cette coalition C’est possible de réussir ce
rassemblement et d’éviter le second tour de l’horreur entre Le Pen et Mélenchon.
Céline Calvez (députée)
> [Blocage des lycées / Intervention à l’Assemblée] Aujourd’hui, partout
en France, des lycéens manifestent pour le droit à une éducation digne, pour
eux-mêmes, pour d’autres lycéens, pour les futurs lycéens et plus globalement
pour l’avenir de notre société. Nous, députés du groupe Ensemble pour la République,
souhaitons toutes et tous que cette journée se déroule dans l’apaisement. Cette
semaine, nous avons observé des tensions et des violences aux abords des
lycées. Elles sont intolérables, tout comme est inacceptable le comportement de
celles et de ceux qui profitent de la mobilisation pour casser, récupérer et
mettre de l’huile sur le feu. Ils font courir un danger aux jeunes, à leurs
professeurs, à leurs parents, aux forces de l’ordre et aux journalistes, et
provoquent surtout l’invisibilisation des demandes de fond des lycéens.
L’apaisement, c’est aussi et avant tout cela : écouter les lycéens
eux-mêmes. Hier, j’ai reçu dans ma permanence parlementaire dix représentants
des élèves des trois lycées publics de ma circonscription des Hauts-de-Seine, à
Clichy et à Levallois-Perret. Engagés pour leurs camarades, préoccupés par la
montée des tensions avec les forces de l’ordre, ils m’ont paru lucides et
déterminés. Que demandent-ils ? Que chaque professeur absent soit
remplacé, parce que c’est en suivant des cours tout au long de l’année que l’on
prépare le baccalauréat ; que leur emploi du temps soit allégé et mieux
organisé ; que leur charge de travail soit mieux répartie ; qu’une
infirmière soit présente dans leur établissement ; qu’on les accompagne
davantage face à Parcoursup et dans leur orientation ; et, plus
immédiatement, une règle claire distinguant l’absence choisie de l’absence
subie en ces journées de blocus. Cette écoute engage chaque adulte qui côtoie
ces jeunes et nous, élus, les premiers. Il ne s’agit pas de tout accorder mais
d’échanger des points de vue et de trouver les meilleures solutions.
Envisager ces solutions, c’est consacrer notre attention à l’éducation, un
levier d’investissement qu’il nous faut continuer d’actionner, et à la
jeunesse, qui demande et mérite qu’on l’associe davantage au débat public. Les
choix d’aujourd’hui déterminent non seulement leur avenir, mais aussi celui de
la nation. Comment permettre aux lycéens et aux jeunes de s’exprimer dans un
cadre apaisé et garantir qu’ils auront l’attention des adultes ?
● MoDem
Laurent Croizier (député)
> [Blocage des lycées] Depuis
plusieurs jours, des lycéens se mobilisent pour exprimer leurs inquiétudes face
à l'avenir. Les députés Les Démocrates ne confondent pas cette jeunesse qui
s'exprime pacifiquement avec les casseurs, parfois étrangers aux établissements
concernés. Nous condamnons fermement les violences commises aux abords des
lycées. Nous condamnons les mouvements politiques qui attisent les tensions et
encouragent ces violences. Nous pensons aux 85 personnels de l'Éducation
nationale, aux 215 lycéens et aux 715 forces de l'ordre, blessés en premier
lieu par les fauteurs de troubles. Nous pensons aussi aux lycéens gravement
blessés lors des opérations de maintien de l'ordre.
Il est temps de retrouver le chemin du
lycée et de l'apaisement. Professeurs non remplacés, journées surchargées,
bâtiments dégradés ou angoisses liées à Parcoursup, les préoccupations des
lycéens sont légitimes et appellent des réponses concrètes. Derrière la baisse
démographique, nous voyons une opportunité : réorganiser notre école pour
mieux remplacer les absences, alléger les effectifs des classes et améliorer
les conditions d'apprentissage. Nul besoin d'une énième réforme pour cela.
Faisons de ces revendications un grand moment de démocratie en faisant
confiance aux équipes éducatives et aux élèves responsables.
Le groupe Les Démocrates demande que, dès
demain, une demi-journée de débat soit organisée dans chaque classe, de chaque
lycée, sans oublier les spécificités ultramarines. Chaque élève doit pouvoir
s'exprimer et se sentir écouté. La synthèse transmise au conseil de vie
lycéenne, élargi à la région, aux élus locaux, chargés de distinguer ce qui se
règle immédiatement, ce qui exige un arbitrage et ce qui suppose des travaux
plus longs. Chaque action devra s'accompagner d'un responsable, d'une échéance,
d'un engagement écrit, une promesse sans responsable ni calendrier, n'est pas
une réponse.
● Parti radical
> Les blocus lycéens : question d’éducation ou question de
société ?
C’est, au fond, toute la problématique
posée par les blocages et les violences de ces derniers jours.
Bien sûr, les lycéens ont pleinement le droit de faire entendre leur voix
et de réclamer de meilleures conditions d’étude. Ils passent une part
essentielle de leur jeunesse dans les établissements scolaires et il est
légitime qu’ils souhaitent y étudier dans de bonnes conditions, dans des locaux
adaptés, sûrs et accueillants.
Les régions ont beaucoup investi dans les lycées, notamment pour leur
rénovation et leur sécurisation. Mais nous devons aussi entendre l’impatience
des jeunes qui n’ont que faire de travaux annoncés dans cinq ou dix ans : ils
ne seront alors plus lycéens.
Leur colère mérite donc d’être écoutée, leurs difficultés prises au sérieux
et leurs revendications examinées avec attention. Cela n’empêche pas de
regarder certaines d’entre elles avec lucidité.
Améliorer Parcoursup est une nécessité pour rendre les parcours plus
lisibles et les procédures plus compréhensibles. Mais sa suppression, à elle
seule, ne résoudrait pas le problème du manque de places dans les filières les
plus demandées. Les jeunes ont besoin de perspectives et de solutions
concrètes, pas simplement d’un changement de dispositif.
De même, les absences d’enseignants sont une préoccupation légitime pour
les élèves, dont les apprentissages et les projets peuvent être directement
pénalisés. Ils doivent pouvoir bénéficier d’un enseignement régulier et de
qualité. Cela suppose aussi de reconnaître les difficultés rencontrées par les
enseignants, qui doivent pouvoir exercer leur métier dans un climat de respect
mutuel, avec des règles claires et partagées.
En revanche, lorsqu’on casse, qu’on incendie ou qu’on affronte policiers et
pompiers, nous changeons de registre. Une minorité violente, instrumentalisée,
souvent extérieure aux établissements, finit alors par confisquer la parole des
lycéens.
À ce moment-là, on ne parle plus d’école. On parle de société.
Car l’école ne peut pas tout. Elle peut instruire, accompagner,
transmettre, parfois réparer. Mais elle ne peut pas remplacer entièrement ce
qui devrait avoir été appris auparavant : le respect des autres, des adultes,
des règles et des biens communs.
Donc si c’est encore une question d’éducation, ne révèle-t-elle pas surtout
une question de société plus profonde ? Celle des carences éducatives de
certaines familles ? De la place prise par les écrans dans la construction des
comportements et du rapport aux autres ? D’une difficulté croissante à accepter
la frustration, la contrainte ou l’autorité ? De l’instrumentalisation
politique de certaines colères ? De fractures sociales et culturelles que nous
n’avons pas su réduire ? De familles parfois durablement éloignées des
institutions, que notre société n’a pas su suffisamment intégrer et qui,
parfois, n’ont pas non plus trouvé leur place en leur sein ?
Autant de questions qui dépassent largement les portes du lycée et
auxquelles il serait sans doute trop simple de répondre par la seule question
des moyens accordés à l’Éducation nationale.
Dans l’immédiat, pour sortir des blocus et violences actuels, il y a
urgence pour le ministre de l’Éducation d’engager le dialogue dans tous les
lycées, et pour le ministre de l’Intérieur de rétablir l’ordre.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> 360 milliards d’euros, c’est le déficit commercial de l’Union européenne
avec la Chine en 2025. Près d’1 milliard d’euros par jour ! Ce que
révèle ce déficit, c’est qu’on ne lutte pas à armes égales. La Chine organise
le déséquilibre commercial avec l’UE. Nous devons durcir notre doctrine
commerciale, justement parce que nous soutenons un commerce international basé
sur des règles claires.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Pourquoi la France menace de partir à vau-l’eau] C’est à
vous donner envie de sauter dans l’avion pour Londres et d’y lancer un appel,
sans même attendre le 18 juin. Façon de parler, bien sûr, et je n’irai pas
jusqu’à citer De Gaulle. « Le dernier mot est-il dit ? L’espérance
doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? »,
demandait-il avant de répondre catégoriquement « Non ! » mais
que la France est aujourd’hui navrante, consternante, désespérante.
On la dit « maillon faible de l’Union », « homme
malade de l’Europe » à cause de ses milliers de milliards de dette
mais le plus grave n’est pas là. Une dette, ça se résorbe, surtout avec un
niveau d’épargne aussi élevé, mais il y faut des dirigeants visionnaires et un
désir de rebond national, une intelligence et une volonté politiques qui font
aujourd’hui défaut aux Français.
Si insensé que cela soit, nous n’avons pas été loin de porter à la présidence
de la République un incapable qu’une large part de la jeunesse trouvait cool
sur Tik Tok et dont l’amour de l’argent rassurait tant de possédants.
Maintenant qu’il s’est avéré assez stupide pour avoir cru que « tous
les banquiers » étaient juifs, il ne devrait plus même devenir Premier
ministre mais qui reste malgré tout en tête des sondages ?
Celle qui avait été assez aveugle ou complice pour l’avoir inventé et promu, celle-là même, Mme Le Pen, qui a si longtemps donné en exemples le Brexit, Donald Trump et Vladimir Poutine. Et qui recueille, derrière elle, le plus d’intentions de vote ?
Mélenchon, l’homme qui propose d’annuler la dette de
la France, de la « brûler» a-t-il d’abord dit, et dont le parti
encourage la grève de lycéens exaspérés par le délabrement de l’Education
nationale alors même qu’il n’y a pas un sou à leur offrir sauf à augmenter
encore la dette qu’ils auront à rembourser. Quant aux autres, au centre, à
gauche, à droite, ils s’empaillent si bien que même les meilleurs d’entre eux
ne parviennent pas à se détacher du lot.
La France menace aujourd’hui de partir à vau-l’eau car ses forces politiques ne
savent pas se réinventer dans un monde où rien n’a plus rien à voir avec le
siècle passé.
La gauche s’obstine à défendre les avantages acquis alors que la durée de vie
s’est considérablement allongée, que les métiers les plus pénibles ne sont plus
les mêmes ou que le bac ne peut plus automatiquement ouvrir les portes de
l’Université dès lors qu’il n’est plus qu’un certificat de fin d’études
secondaires.
Si la gauche veut assurer le financement de la retraite par répartition, elle
doit accepter qu’on travaille plus longtemps. Si elle veut que l’enseignement
reste gratuit et de qualité, elle devrait être la première à rétablir des
examens d’entrée au lycée et à l’Université. Si elle veut faire accepter une
plus forte imposition des plus grandes fortunes, des entreprises et des plus
aisés, elle doit fiscaliser les cotisations sociales afin de réduire le coût du
travail et d’augmenter les salaires nets, diminuer les dépenses de
fonctionnement de l’Etat et repenser l’ensemble de la protection sociale pour
en redéfinir les objectifs et en réduire le prix.
La droite, elle, devrait cesser de prôner une constante réduction de la
fiscalité sur les bénéfices, les patrimoines et les successions ou bien
ouvertement répudier la protection sociale et la redistribution des richesses.
Ce choix s’offre à elle mais, en passant du modèle européen au modèle
américain, elle achèverait de perdre sa base populaire au profit de
l’extrême-droite. Elle en viendrait à se suicider alors qu’elle pourrait au
contraire renaître de ses cendres en proposant aux syndicats la négociation
d’un nouveau contrat social permettant de libérer l’initiative des contraintes
administratives et, parallèlement, de développer et moderniser les services
publics.
Il ne s’agit plus de se rassurer en constatant que cela ne va pas mieux en
Allemagne et que c’est bien pire presque partout ailleurs. La France, sa
gauche, sa droite et son centre doivent se réinventer avant de se perdre
ensemble.
Pascal Canfin (député)
> Je me réjouis de la publication hier d'une analyse commune entre la France
et l'Allemagne sur la question essentielle des relations commerciales avec la
Chine. Cet alignement franco-allemand ouvre la voie à des actions politiques et
législatives d'ampleur pour mieux résister au tsunami chinois qui repose
notamment sur des conditions de concurrence inéquitables dans tous les domaines
et dans tous les secteurs.
> J'ai rencontré les négociateurs de la proposition EU Inc afin de finaliser un accord sur la position du Parlement européen. La réunion n'a pas été concluante, mais il y a eu un large consensus sur la grande majorité des sujets, avec une large coalition soutenant le texte, y compris la plupart de mes priorités telles qu'un champ d'application ouvert à toutes les entreprises, la possibilité de coter les sociétés EU Inc mais sans échapper aux règles nationales qui s'appliquent aux sociétés cotées, et des options d'achat d'actions européennes larges et flexibles, mais limitées aux entreprises de moins de 30 ans, ce qui en fait un véritable avantage compétitif uniquement pour les jeunes entreprises. Les droits sociaux sont également explicitement protégés et nous avons inclus des dispositions strictes pour éviter tout abus ou fraude. La seule question restante est la participation des salariés. C'est une question très délicate. D'une part, personne ne veut contourner les règles nationales en la matière et EU Inc ne peut pas être un moyen d'affaiblir les règles de codétermination, par exemple en Allemagne ou au Danemark. D’un autre côté, nous ne pouvons pas soutenir le fait qu’avoir une filiale dans un tel cas contraindrait l’EU Inc dont le siège est dans un pays sans codétermination à suivre ces règles chez lui, ce qui signifie exporter la codétermination vers des pays où elle n’existe pas. Nous travaillons dans un bon esprit de coopération, mais nous n’avons pas encore trouvé les bonnes solutions. Le vote en commission n'aura donc pas lieu cette semaine, mais nous sommes tous d'accord sur la nécessité de respecter un calendrier ambitieux. Je garde espoir que nous parviendrons à un accord qui fera avancer l’Europe.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> C’est une révolution européenne ! Un accord franco-allemand sur des outils
de protection commerciale inédits. Un impératif pour sauver une industrie
européenne, dont une grande partie est en danger de mort si rien n’est fait.
> [Opinion cosignée avec Gilbert Cette, professeur d’économie à NEOMA Business School: «Réformer les retraites pour redonner confiance»] La France a besoin de réformer son système de retraites. Et de le faire une bonne fois pour toutes. Non par habitude ou routine – chaque quinquennat porte sa réforme, faute de quoi notre système par répartition se serait déjà écroulé –, ni par obsession comptable ou technocratique. Mais pour trois raisons majeures, bien plus fortes en France qu’ailleurs. D’abord, notre pays est décalé : même en imaginant la mise en place complète de la réforme de 2023 (actuellement suspendue), notre âge de départ en retraite restera nettement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE – d’environ deux à trois ans. Un âge effectif moyen de départ à la retraite plus précoce contribue à abaisser notre PIB par habitant et donc à nous paupériser vis-à-vis de ces pays. La conséquence en est une accentuation de nos difficultés relatives de finances publiques. Ensuite, notre pays n’est plus singulier : nous parlons ici de démographie, dans un pays qui s’est longtemps démarqué de ses voisins européens par sa natalité dynamique. Avec un indice de fécondité tombé, selon les dernières données de l’Insee, à 1,56 enfant par femme en 2025 (niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale), notre natalité s’est écroulée en quinze ans, et la France a rejoint l’an dernier le club des 21 pays sur 27 au sein de l’Union européenne avec un solde naturel négatif – plus de décès que de naissances. Ce n’est pas une mauvaise passe, mais un hiver démographique commun à toute l’Europe (et au-delà) que nous devons, comme nos partenaires, affronter avec trois familles de réponses possibles, selon les choix politiques voulus et sans exclure les trois réponses à la fois, pour financer notre modèle social : augmenter la productivité (via la diffusion de l’IA, de la robotique, etc.) ; travailler plus au long de la vie, notamment en travaillant plus tard ; accepter et organiser une immigration économique. Enfin, notre pays est paradoxal : il est sans doute celui où l’attachement au système de retraite par répartition est le plus grand, où l’opposition aux réformes des retraites est la plus vive et où l’inquiétude sur l’avenir de ce système est la plus profonde – malgré ces réformes ou parce qu’elles sont perçues comme des efforts de simple ajustement, douloureux mais partiels : 73 % des Français pensent que la retraite par répartition n’existera tout simplement plus dans une génération, d’ici 20501. Il faut assumer de le dire ainsi : sans réforme des retraites, pas de confiance dans l’avenir. Autrement dit, une réforme puissante des retraites suscitera des protestations et demandera des efforts, mais elle seule peut lever la principale hypothèque sur notre futur collectif, et les Français le savent. C’est en quelque sorte nous retirer une grosse épine du pied : la douleur fait hésiter, le soulagement en vaut la peine. Nous proposons ici quelques faits et quelques idées pour guider cette transformation et en faire une réforme des retraites sinon définitive, du moins très durable. En résumé : assumer d’augmenter l’âge moyen de départ ; construire un « nouveau contrat social » de fin de carrière aux termes duquel on travaille quelques années de plus mais, pour ceux qui le souhaitent, un peu moins chaque année au cours de la dernière partie de vie professionnelle ; fixer à terme une formule d’ajustement automatique tenant compte de la démographie.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> La protection des enfants doit être intégrée dès la conception de l’IA,
pas ajoutée après les drames ! C’est le sens du « Child Safe by Design » que je
défends : faire de la sécurité, de la vie privée et du développement de
l’enfant des exigences.
> Protéger les enfants face à l’IA ne peut pas reposer sur les seuls parents. Les plateformes doivent prendre leur part : prévention, détection des contenus illicites, signalement efficace et produits conçus pour protéger les plus jeunes !
> Une IA peut simuler une relation. Pour un enfant, ce n’est pas neutre ! Nous devons prévenir les mécanismes d’attachement ou de manipulation émotionnelle et garantir qu’il sache toujours s’il échange avec une intelligence artificielle.
> L’intelligence artificielle peut faciliter la création et la diffusion de contenus d’abus sexuels sur mineurs. Nous devons adapter nos moyens de protection !
> [Sextorsion]
Le phénomène prend énormément d’ampleur
et touche des enfants de plus en plus jeunes, parfois dès 10 ans. Derrière
ces chantages, on trouve des « brouteurs», des quasi professionnels de la sextorsion qui cherchent à obtenir de
l’argent, mais aussi des agresseurs qui cherchent à humilier des jeunes filles,
à obtenir des images d’elles, voire à leur imposer des actes beaucoup plus
violents, comme la scarification. Historiquement, la sextorsion ciblait plutôt
les garçons. Aujourd’hui, tous les enfants peuvent en être victimes. (…)
Il y a la honte de dire à ses parents que
l’on a envoyé une photo ou une vidéo, que l’on était sur un réseau social
interdit, parfois de révéler des éléments de son intimité. Les auteurs
accentuent cette pression en menaçant d’envoyer les images aux amis de leur
victime. Pour un adolescent, vivre avec cette épée de Damoclès est extrêmement
violent. (…)
Les prédateurs approchent les enfants là
où ils se sentent en sécurité, gagnent leur confiance, puis les font basculer
vers des messageries privées. Les échanges peuvent commencer sur Roblox ou
d’autres jeux vidéo. J’ai vu une jeune fille que son prédateur guidait ensuite
pas à pas pour installer Discord.
On pense nos enfants à l’abri lorsqu’ils
sont à la maison. En réalité, ils peuvent devenir les proies de prédateurs
partout dans le monde, qui disposent désormais d’une porte d’entrée jusque chez
eux : leur téléphone ou leur tablette. (…)
Une simple photo de profil peut être
transformée par une IA pour faire apparaître la personne dénudée et devenir une
arme de chantage. Nous avons vu des adolescents se donner la mort parce qu’ils
se sentaient asphyxiés. Il faut prévenir un adulte et appeler le 3018, numéro
national dédié aux jeunes victimes de violences numériques. La honte doit
changer de camp. Ces enfants sont victimes de pièges et leurs agresseurs ne
sont pas tout-puissants : il est possible de les retrouver et de les
poursuivre. (…)
Le 3018 peut faire retirer des contenus, bloquer les profils
et accompagner la victime dans son dépôt de plainte. Les équipes peuvent aussi
identifier des éléments utiles aux enquêteurs et proposer un accompagnement
psychologique. Ce n’est pas parce qu’il y a un pseudonyme qu’il y a de
l’anonymat. Le 3018 est enfin un signaleur de confiance et travaille
directement avec plusieurs plateformes pour obtenir le retrait rapide de
contenus. (…)
Un adolescent victime de sextorsion ne
doit jamais payer, car céder permet aux agresseurs de maintenir leur emprise.
Il faut conserver les preuves, notamment les captures d’écran, et contacter
immédiatement e-Enfance. La sextorsion peut engendrer des rumeurs, puis du
harcèlement et du cyberharcèlement. Il faut sortir l’enfant au plus vite de cet
isolement. L’adulte doit avoir deux réflexes : croire et protéger. Ne pas
juger ce que l’enfant raconte, mais l’aider à ne plus se sentir piégé par le
chantage. Ce sont des victimes et il existe des solutions très concrètes.
> Soutenir l’emploi à domicile, c’est investir dans l’enfance ! Aux côtés du Syndicat des particuliers employeurs, je porte une conviction : des professionnels reconnus et formés, c’est un accueil de qualité pour nos enfants et des familles mieux accompagnées.

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