mercredi 21 octobre 2026

Propos centristes. Union européenne – L’Europe veut la paix, pas Poutine / Soutien à l’Ukraine / Trump aide l’extrême-droite européenne / Suède: le Centre chargé de former un gouvernement / Espagne: les centristes seront présents aux législatives / Pologne: retour du compromis sur l’avortement / Roumanie: nouveau gouvernement…


Voici une sélection, ce 21 octobre -2026, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux dans l’Union européenne.

► Institutions européennes
● Commission européenne (commissaires centristes)
[Nota: les propos tenus par les commissaires européens français sont à lire dans Propos centristes France]  
Kaja Kallas (vice-présidente, haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité)
> La Russie ne gagne pas sur le champ de bataille. C'est pourquoi Moscou change de tactique : 
bombardements ouverts de civils et d'infrastructures civiles,
escalade de l'agression contre l'Union européenne
et lobbying pour un allègement des sanctions.
L'économie est le talon d'Achille de Moscou. La Russie souhaite lever les sanctions car la pression économique est efficace.
Les sanctions ont déjà privé la Russie de plus de 1 000 milliards d’euros de ses ressources militaires. Et les sanctions sont particulièrement efficaces lorsqu’elles sont coordonnées avec nos partenaires et alliés.
L'adoption du projet de loi Graham par le Sénat et la Chambre des représentants américains le mois dernier constitue un développement important et positif.  
Cela reflétait un véritable effort bipartisan pour faire pression sur la Russie, le seul pays qui fait obstacle à la paix. Et cela a marqué un moment où les deux côtés de l'Atlantique se sont à nouveau unis dans une action ciblée et coordonnée pour mettre fin à cette guerre.
La récente décision de suspendre l'application des principales sanctions, restrictions et droits de douane prévus par la loi Lindsey Graham est regrettable et compromet la pression internationale exercée sur la Russie pour qu'elle mette fin à la guerre. 
Au cours des 17 mois qui se sont écoulés entre la première présentation de la proposition de Lindsay Graham en avril 2025 et son adoption formelle en septembre 2026, l'Union européenne a adopté plus de 30 séries de sanctions liées à la Russie, y compris lors de chacun des 10 derniers Conseils des affaires étrangères.
Lorsque la Russie intensifie son agression contre l'Ukraine, l'Europe réagit en accentuant la pression sur l'agresseur.
Lorsqu'un drone russe atterrit sur un parc de village et tue des enfants – comme nous l'avons vu hier à Kharkiv –, nous devons réagir en exerçant une pression accrue.
Il y a une semaine, l'UE a décidé de sanctionner plus de 1 600 personnes et entités liées à la guerre menée par la Russie. Il s'agissait de la plus importante série de sanctions annoncées depuis le début du conflit.  
Vendredi dernier, nous avons également adopté des sanctions importantes pour combler les lacunes et lutter contre le contournement.
Hier encore, j'ai proposé un important ensemble de nouvelles mesures visant à restreindre davantage les sources de revenus de la Russie : la flotte clandestine, le secteur de l'énergie et le secteur bancaire, entre autres. 
Nous travaillons activement à l'élaboration d'un 22e ensemble de mesures ciblant les secteurs et les entités qui soutiennent la prolongation de la guerre menée par la Russie, y compris dans les pays tiers.
Nous sommes déterminés à maintenir la pression. Nous sommes également déterminés à coordonner ces efforts avec nos partenaires.
Notre travail, sous diverses formes, notamment au sein du G7, se poursuit activement. Certes, il est parfois difficile, mais l'Europe reste fidèle à ses principes et inébranlable dans ses objectifs. C'est sur cette base que nous continuons de dialoguer avec les États-Unis. Si ces derniers appliquaient la loi Graham, nous pourrions exercer une pression considérable pour que la Russie mette fin à la guerre.
L'Ukraine a déjà accepté un cessez-le-feu énergétique, que la Russie a violé.
L'Ukraine a également accepté un accord sur la mer Noire, que la Russie a rejeté. 
En réalité, cinq options de cessez-le-feu sont actuellement sur la table, élaborées conjointement avec d'autres pays. Seule la Russie fait obstacle à leur mise en œuvre.
L'Ukraine veut la paix. L'Europe veut la paix. Les États-Unis veulent la paix. Seul la Russie ne veut pas la paix.
Il est impératif d'amener la Russie à négocier, et non plus à faire semblant. 
C'est pourquoi, tant que la Russie n'aura pas accepté de mettre fin à sa guerre illégale et que l'Ukraine n'aura pas instauré une paix juste et durable, l'Europe doit conserver son influence et ne pas lever les sanctions de son propre chef. La sécurité de l'Europe est en jeu : nous n'avons pas le choix. 
Les guerres sont rarement aussi tranchées qu'en Ukraine. Il y a un agresseur et une victime, et cela nous paraît tout aussi clair. Pour parvenir à la paix, il faut faire pression sur l'agresseur, et non sur la victime.
Il y a un an, j'étais au Koweït et j'ai visité un musée d'histoire, au moment même où l'Irak envahissait le pays. J'ai alors assisté aux discours prononcés à l'ONU. Ces discours étaient en réalité identiques. Qu'on remplace l'Irak par la Russie ou l'Ukraine à la place du Koweït, on entendait les mêmes discours, mais le résultat fut tout autre. Pourquoi ? Parce que la communauté internationale était unie, non seulement dans ses discours, mais aussi dans sa volonté de repousser l'agresseur, de chasser l'Irak des frontières du Koweït. Cela s'est traduit par des sanctions, des pressions et le gel des avoirs irakiens au profit du Koweït. La communauté internationale était unie.
Si nous étions unis aux États-Unis pour faire pression sur la Russie, celle-ci serait contrainte de s'asseoir à la table des négociations avec l'Ukraine et de négocier. Or, jusqu'à présent, elle ne fait que feindre de négocier afin de préserver ses intérêts ultimes. Nous devons donc maintenir le cap, car nous ne pouvons céder à l'agression. Céder à l'agression engendrerait d'autres agressions. 

> [Déclaration sur l'escalade des attaques houthies et ses implications pour la sécurité régionale] Ces deux dernières semaines, nous avons vu des images déplorables d'attaques menées par les Houthis contre : le palais présidentiel yéménite à Aden ; l'aéroport international Roi Khaled à Riyad, où des dizaines de civils ont été tués et des centaines blessés ; des zones résidentielles de Riyad.
Ce sont des tactiques terroristes classiques, conçues pour semer la peur parmi les populations ordinaires de la région et au sein de la communauté internationale.

Les Houthis veulent modifier l'équilibre des pouvoirs dans la région, légitimer leur statut et utilisent des cibles civiles pour y parvenir.
Le ciblage indiscriminé des infrastructures civiles en temps de guerre est strictement interdit par le droit international humanitaire.
Je tiens à réaffirmer ici la pleine solidarité de l'UE avec le Royaume d'Arabie saoudite et le gouvernement du Yémen.
L’impact de l’agression houthie sur le peuple yéménite était déjà catastrophique.
Au Yémen, plus de 22 millions de personnes ont besoin d'une forme d'aide. Depuis août dernier, 200 000 personnes ont fui leur foyer, s'ajoutant aux plus de 5 millions de personnes déjà déplacées.  
Cette année seulement, l'Union européenne a fourni 85 millions d'euros d'aide humanitaire au Yémen. Depuis septembre, nous avons mobilisé 2,5 millions d'euros supplémentaires de fonds humanitaires d'urgence.
Nous étudions actuellement les moyens d'accroître notre aide humanitaire au Yémen et de soutenir le gouvernement. Il y a quelques semaines à peine, par exemple, nous avons signé un accord de 9 millions d'euros avec le Programme des Nations Unies pour le développement afin de soutenir les initiatives locales de relèvement.
Nous sommes également prêts à soutenir tous les efforts de médiation visant à reprendre des négociations politiques constructives. L'escalade ne fera qu'aggraver la situation pour tous.
À cet égard, les efforts déployés pour lutter contre le trafic d'armes entre les deux rives de la mer Rouge sont cruciaux.  
L’Union européenne fournira 2,5 millions d’euros supplémentaires au Mécanisme de vérification et d’inspection des Nations Unies pour le Yémen.
Et nous continuons à apporter notre soutien aux garde-côtes yéménites et aux autres acteurs maritimes de la région, comme Djibouti, pour lutter contre le trafic d'armes.
Le sommet entre l'Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe, qui devait se tenir ce samedi, a malheureusement été reporté en raison de l'escalade des attaques.
Ce sommet aurait offert une occasion importante de discuter directement avec nos partenaires du Golfe de la situation sécuritaire émergente dans la région.
C’est dans le Golfe que l’Europe fonde ses meilleurs espoirs de diversification des approvisionnements commerciaux. Environ un cinquième du commerce de l’UE transite déjà par la mer Rouge. La sécurité de la région est donc au cœur de nos intérêts.
C’est pourquoi, lorsque les Houthis ont commencé à attaquer des navires en mer Rouge en 2024, nous avons mis en place l’opération Aspides. Depuis, Aspides a escorté des centaines de navires en lieu sûr.
Face à la crise qui nous frappe de plein fouet, le rôle d'Aspides est plus visible que jamais et nos actifs plus recherchés. Cette situation met également en jeu la crédibilité de l'Europe.  
Aujourd'hui, nous recevons une longue liste de demandes d'assistance de la part d'entreprises, mais nous ne disposons pas d'assez de navires pour répondre à toutes les demandes. Les engagements des États membres à fournir davantage de frégates sont essentiels, mais il est impératif que ces navires prennent la mer. Faute de quoi, nous compromettons notre propre crédibilité.
Je tiens à souligner que l'Europe a un rôle à jouer en tant que garant de la sécurité dans la région. L'opération Aspides escorte déjà des navires hors de la mer Rouge pour les mettre en sécurité, et c'est pourquoi nous avons besoin de davantage de navires pour cette opération.
Nous collaborons étroitement avec la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, car nos routes commerciales en dépendent. Nos entreprises empruntent désormais la mer Rouge, faute d'autres points de passage stratégiques. Nous dépêcherons un agent de liaison d'Aspides afin d'assurer la coordination et d'éviter les doublons.
Et une question se posait : qu’a fait l’UE ? Nous avons escorté des centaines de navires commerciaux jusqu’à la sécurité, et nous ne participons pas à cette guerre, nous protégeons simplement notre commerce et notre transport maritime commercial.
Je partage l'avis de ceux qui affirment que les Houthis n'agissent pas seuls. Ils sont financés, équipés et entraînés par l'Iran, et leur mode opératoire est identique. Or, les Houthis commettent des actes de terrorisme, et j'ai entendu nombre d'entre vous évoquer la possibilité de les désigner comme organisation terroriste. Pour cela, nous avons besoin du soutien de tous les États membres.
Le Yémen a besoin de notre soutien international accru, et notamment d'une aide humanitaire à la population, mais aussi d'un soutien au gouvernement yéménite afin qu'il puisse maintenir l'ordre dans le pays. Je partage également l'avis de ceux qui estiment que la diplomatie est indispensable. Toutes les parties concernées doivent œuvrer pour mettre fin à cette agression et appeler les Houthis à reprendre le processus de médiation mené par l'ONU.
Une paix durable ne peut être atteinte que par la diplomatie, et un travail en ce sens est en cours.

> [Le voisinage septentrional de l'Europe – Une nouvelle stratégie pour l'Arctique] Le Collège a adopté aujourd'hui une communication commune intitulée « Le voisinage nordique de l'Europe : une nouvelle stratégie pour l'Arctique ». Nous l'aborderons plus en détail avec le commissaire Síkela dans quelques instants.
Mais nous avons également adopté une communication intitulée Vision 2040 pour la pêche et l'aquaculture, que le vice-président exécutif Fitto et le commissaire Kadis vous présenteront peu après cette conférence de presse.
Voici le compte rendu de la réunion du Collège. Nous pouvons maintenant aborder le sujet principal du jour : la stratégie arctique actualisée de l’UE.
L’Arctique joue un rôle important dans le commerce, les communications et la défense. Depuis notre précédente stratégie pour l’Arctique en 2021, nous sommes confrontés à un environnement sécuritaire beaucoup plus difficile.
L’Arctique n’est plus à l’abri des tensions géopolitiques mondiales. Notre stratégie arctique actualisée reflète cette nouvelle réalité en plaçant la sécurité au cœur de ses préoccupations.
La liste des défis est longue, mais certains se démarquent : la Russie renforce sa présence militaire dans le Grand Nord. Moscou a rouvert des bases datant de l’époque soviétique et teste de nouvelles armes dans la région. Les incursions de drones, le brouillage GPS et le sabotage des câbles sous-marins compromettent la sécurité arctique. L’intensification du trafic de la flotte clandestine russe met en péril la navigation et l’environnement.
Les ambitions stratégiques de la Chine dans le Grand Nord se développent également. Les investissements de Pékin dans les ports, les ressources minières et les infrastructures critiques nécessitent un examen attentif.
En résumé, l'Arctique est devenu le front de la compétition mondiale pour les puissances.
Tout cela est dû au fait que l'Arctique se réchauffe trois à quatre fois plus vite que la moyenne mondiale. Le recul des glaces ouvre l'accès aux ressources et aux voies maritimes, et intensifie la concurrence pour leur contrôle.
L'Arctique est le voisin septentrional de l'Europe. Il est proche, interconnecté et essentiel à notre avenir.
Trois États membres de l'UE – le Danemark, la Finlande et la Suède – sont des pays arctiques. Plus d'un demi-million de citoyens européens y vivent.
Tout cela fait de la sécurité arctique une composante de la sécurité européenne. Pour défendre nos intérêts, nous prévoyons d'accroître nos investissements dans la surveillance, les infrastructures, la mobilité militaire et les capacités. Nous travaillerons en étroite collaboration avec les États membres et nos partenaires, dans le plein respect de leur souveraineté.
Permettez-moi de vous donner quelques exemples concrets.
- L'UE renforcera la surveillance et le suivi par satellite en étendant ses systèmes satellitaires – Copernicus et Galileo – afin de mieux détecter les menaces arctiques.
- Un centre de câbles sous-marins arctiques nous permettrait de mieux surveiller, protéger et réparer les infrastructures sous-marines critiques. Il pourrait s'agir d'une première étape vers un centre de sécurité maritime plus vaste, chargé de suivre les navires suspects, la pêche illégale et la pollution.
- Nous étudierons la possibilité de réaliser des achats groupés et de mutualiser les ressources afin d'accroître les capacités de brise-glaces de l'Europe. Car dans l'Arctique, les brise-glaces sont un symbole de puissance.
- Nous avons également l'intention d'améliorer la mobilité militaire grâce aux ports, aéroports et corridors de transport de l'Arctique, afin que les forces et le matériel puissent arriver plus rapidement là où ils sont nécessaires.
Par le biais du Fonds européen de défense, nous investissons 260 millions d'euros dans de nouvelles technologies, notamment des aéronefs capables de résister à des environnements extrêmes, des textiles pour conditions météorologiques extrêmes et des capteurs transhorizon.
L'Arctique est sous la surveillance de l'OTAN, et tous ces efforts complètent le rôle de l'Alliance dans la défense collective.
Notre deuxième priorité est de renforcer encore davantage nos liens régionaux dans notre voisinage nordique. L’Europe est plus forte lorsqu’elle œuvre de concert avec ses partenaires pour un Arctique pacifique, sûr et prospère.
Une coopération plus étroite avec la Norvège, l'Islande, le Canada, le Royaume-Uni, les États-Unis et d'autres partenaires partageant les mêmes valeurs – dans le plein respect de leur souveraineté – est essentielle pour y parvenir.
Nous avons tenu un bon Sommet européen sur l'Arctique à Rovaniemi en septembre. Il pourrait servir de modèle pour des sommets conjoints réguliers de haut niveau avec nos États membres et nos partenaires afin de discuter des défis communs et de la manière de les relever ensemble.
Au Groenland, nous investissons 200 millions d'euros dans les énergies renouvelables, les matières premières, ainsi que dans la connectivité, le logement et les infrastructures. Nous prévoyons également la construction d'un câble sous-marin sécurisé reliant le Groenland à l'Europe.
Troisièmement, la sécurité économique et le développement durable. Les matières premières essentielles, l'énergie propre et les nouvelles routes commerciales de l'Arctique sont importantes pour la compétitivité européenne.
Nous allons renforcer nos chaînes d'approvisionnement avec des partenaires de confiance, investir dans les énergies renouvelables et améliorer les transports et la connectivité numérique.
Cela comprend l'accélération de la mise en œuvre du projet Rail Nordica et la poursuite de l'ambition à long terme de construire un câble de données panarctique. Le commissaire Síkela pourra aborder plus en détail les aspects économiques dans un instant.
Quatrièmement, protéger l'environnement et les populations de l'Arctique.
Les opportunités économiques ne doivent pas se faire au détriment de l'environnement et des populations autochtones. Nos investissements doivent être durables, respecter les droits des peuples autochtones et apporter des avantages concrets aux communautés arctiques.
L’Europe a des intérêts à défendre, des partenaires avec lesquels collaborer et des responsabilités à assumer. L’Europe ne restera pas les bras croisés dans l’Arctique.

> Déclaration sur le soutien européen à la défense de la Cour pénale internationale]
Saper la CPI, c'est : malavisé; contre les intérêts européens, notamment notre soutien indéfectible au droit international et à l’état de droit ; défie la volonté de plus de 120 États qui ont créé cette Cour ensemble. 
Les décisions du Niger, du Mali, du Burkina Faso, du Tchad et du Venezuela de rejeter ou même de se retirer de la CPI risquent d'éroder les fondements de la justice mondiale, avec le risque supplémentaire que d'autres pays suivent leur exemple. 
Les États-Unis ont déjà imposé des sanctions individuelles, notamment à l'encontre de neuf juges et du procureur général de la CPI. La dernière annonce américaine de sanctions institutionnelles met en péril l'ensemble de la Cour. 
Cette période de six mois, destinée à maintenir les opérations actuelles, offre un répit. 
Les États parties peuvent profiter de ce temps pour poursuivre des efforts diplomatiques en vue d’obtenir la levée des sanctions et de toute autre mesure visant à porter atteinte à l’indépendance et à l’intégrité de la Cour. 
Nous mettrons ce temps à profit pour analyser toutes les implications juridiques, ouvrir le dialogue et rechercher des solutions. 
Alors que nous appelons les États-Unis à revenir sur les mesures qui visent à saper la CPI, la Cour s'est préparée à en subir les conséquences, en trouvant des systèmes informatiques alternatifs pour la gestion des dossiers et des systèmes de paiement des salaires du personnel. 
Mais chaque État partie à la CPI doit aider la Cour à poursuivre son travail, non seulement à son siège mais aussi sur le terrain – en Ukraine par exemple, où des preuves de crimes de guerre de masse sont recueillies.
Vendredi, lors du Conseil européen, les États membres ont exprimé sans équivoque leur soutien à la Cour. Ils ont appelé la Commission à prendre toutes les initiatives appropriées pour protéger la Cour et atténuer les sanctions, notamment à l'encontre des entreprises de l'UE, afin qu'elles puissent continuer à fournir des services à la Cour. 
Je sais que de nombreux députés européens ont également plaidé avec force pour un soutien accru de l'UE. Merci pour cela.
Notre engagement est là. L'Union européenne dispose des moyens concrets pour faire davantage.
En parallèle, nous continuons de contribuer au travail quotidien de la Cour.
L’UE a déjà versé 13 millions d’euros à la CPI au cours des deux dernières années. Nous étudions actuellement les possibilités d’apporter une contribution supplémentaire.
Nos fonds :
- indemniser les victimes pour leurs préjudices physiques, psychologiques et matériels ; 
- renforcer les capacités d'enquête de la CPI ;
- aider la CPI à communiquer à l'échelle mondiale afin que chacun comprenne ce qu'est la Cour et pourquoi elle est nécessaire. Il est clair que nous devons intensifier nos efforts dans ce sens. 
Permettez-moi de commencer par ici.
Tout au long du XXe siècle, des millions de civils ont été victimes d'atrocités horribles lors de conflits mondiaux et régionaux. 
De nombreux dirigeants politiques et militaires étaient directement responsables de ces actes, mais ont échappé à toute sanction.
En l'absence d'une cour internationale pour juger ces individus, la communauté internationale a créé de nouveaux mécanismes de responsabilisation : Nuremberg, Tokyo, les tribunaux pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda. Là où la volonté de rendre justice existait, le monde a trouvé une solution.
Mais ces tribunaux ne traitaient que des situations spécifiques. Il nous fallait une solution permanente, un filet de sécurité pour garantir qu'un système judiciaire soit toujours prêt à répondre aux atrocités commises partout dans le monde. Une Cour pénale internationale. 
En peu de temps, depuis sa création en 1998, la CPI a obtenu des condamnations historiques pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, du Darfour au Rwanda.
Aujourd'hui, les enquêtes de la CPI sur la guerre menée par la Russie en Ukraine, les conflits à Gaza, au Soudan, au Myanmar, en Éthiopie, à Haïti et en Afghanistan mettent la cour à rude épreuve. 
La Cour pénale internationale n'est pas moins pertinente aujourd'hui parce que le monde a évolué au-delà de tout besoin de justice. Au contraire, elle est plus pertinente que jamais parce que nous n'avons pas évolué. 
La CPI n'a jamais ciblé d'États souverains. Elle poursuit les individus soupçonnés d'avoir commis un crime d'atrocité. 
La Cour n'intervient que si un État refuse ou est incapable de mener lui-même une véritable enquête ou des poursuites contre les personnes suspectées. 
La CPI n'est jamais le premier recours des victimes, mais c'est toujours le dernier.
Avec les États parties, nous devons collectivement défendre la CPI, mais aussi la renforcer davantage et encourager d'autres pays à y adhérer. 
Je suis en contact régulier avec la présidente de la CPI, Tomoko Akane, et je serai à La Haye cette semaine pour discuter de ce que l'Union européenne peut faire à cet égard. 
Chaque jour, nous nous réveillons avec des nouvelles d'atrocités, d'agressions accrues et de morts parmi les civils à travers le monde. Nous voyons des hôpitaux bombardés, des installations énergétiques détruites, des prises d'otages et des enfants enlevés. La moitié de nos concitoyens ne suivent plus l'actualité, tant le flot de catastrophes est insupportable. 
Le monde est plongé dans un tel chaos car le droit international est bafoué et la responsabilité est quasi inexistante. La Cour pénale internationale est attaquée précisément au moment où nous en avons le plus besoin. Une agression non contenue ne fait qu'engendrer davantage de violence.
En tant que législateurs, hommes politiques et fonctionnaires, nous avons le devoir de contribuer à changer cela, en commençant par soutenir la CPI dans la mission que nous lui avons confiée.
La responsabilisation est essentielle à toute paix. Sans responsabilisation, il n'y a pas de justice, et le risque de vengeance et de représailles, synonymes d'atrocités nouvelles, est bien réel.
Je partage entièrement votre avis : ces sanctions sont injustes. L’Europe est unie sur ce point. Elles reposent sur des arguments qui contredisent la véritable nature de la CPI. C’est pourquoi, dans mon discours, j’ai également évoqué son rôle. Il est donc essentiel que nous discutions avec les Américains du véritable rôle de la CPI.
Parallèlement, nous continuons d'apporter notre soutien à la Cour au mieux durant cette période de transition de six mois. Ces sanctions ne sont pas encore entrées en vigueur, il est donc essentiel d'en tenir compte. C'est pourquoi, lorsque j'ai dit que nous devions envisager toutes les options, je faisais également référence à la loi de blocage. Et oui, des travaux sont en cours à ce sujet. Mais je tiens à souligner que la question ne se limite pas à la loi de blocage. Si nous y avons recours, nous n'aurons qu'une seule chance de réussir. Il est donc impératif que cette option soit parfaitement préparée.
Mais il ne s'agit pas uniquement de cela. Nous devons être prêts à protéger les intérêts des opérateurs de l'UE au sein du marché unique par toutes les mesures nécessaires, en fonction de l'évolution des discussions avec les États-Unis.
Nous appelons également toutes les entreprises à ne pas se conformer excessivement aux exigences, car les sanctions ne sont pas encore entrées en vigueur. Par conséquent, veuillez ne pas interrompre vos services à la CPI.
Il est également nécessaire de dialoguer avec les États parties et de collaborer avec eux, car il incombe non seulement à l'Union européenne, mais aussi aux États parties, de se réunir pour identifier, élaborer et, le cas échéant, mettre en œuvre des mesures d'atténuation supplémentaires pour la Cour. À noter que plusieurs d'entre vous ont évoqué les systèmes informatiques et le fonctionnement des services bancaires.
Troisièmement, l’UE poursuivra son dialogue avec les États parties à travers le monde afin de renforcer le soutien transrégional à la CPI et d’indiquer clairement à ses partenaires que toute pression exercée sur eux pour qu’ils se retirent du Statut de Rome aura des conséquences évidentes sur leurs relations avec l’Union européenne. Nos délégations auprès de l’UE peuvent nous aider à identifier les risques potentiels liés à un retrait du Statut de Rome et à dissuader de telles initiatives chaque fois que cela est possible.

> [Déclaration sur l'escalade des frappes russes dans l'UE, notamment contre la navigation en mer Noire, qui menacent des vies humaines, la stabilité régionale et la sécurité alimentaire] La Russie ne remporte pas la victoire sur le champ de bataille en Ukraine. Au lieu de cela, Poutine cible ouvertement les civils et intensifie ses attaques hybrides dans le reste de l'Europe. L'escalade des attaques en mer Noire mérite une attention particulière ; merci donc d'avoir lancé ce débat.
Des chasseurs F-16 roumains ont abattu deux drones au-dessus des eaux territoriales roumaines. Sans cette interception, les drones auraient pu atteindre des cibles potentielles, causer davantage de destructions et faire plus de victimes en Europe.
Six attaques en dix jours, attribuées à des drones russes présumés, marquent une escalade dangereuse et inacceptable en mer Noire. Les sauveteurs poursuivent les recherches des sept marins portés disparus après l'attaque de drones contre deux pétroliers au large des côtes roumaines de la mer Noire.
Depuis la mi-juillet, la Russie a intensifié ses attaques contre les routes d'exportation ukrainiennes. 
L'Ukraine perdrait environ 60 millions d'euros par jour de recettes d'exportation. 
L'Ukraine est l'un des plus importants exportateurs agricoles au monde. 
Elle fournit : 15 % des exportations mondiales de maïs, 10 % de blé, 15 à 20 % de l'orge, et 50 % des exportations mondiales d'huile de tournesol. 
Environ 90 % de ces marchandises transitent par le corridor de la mer Noire. Il s'agit de la voie la plus importante pour acheminer les céréales ukrainiennes vers les marchés internationaux. 
La Russie attaque : l'infrastructure agricole de l'Ukraine ; les ports de la mer Noire et du Danube ; les points de passage frontaliers ; les installations d'exportation ; les vaisseaux; les voies maritimes. Et elle détruit des installations de stockage de céréales. 
Comme les États membres l'ont souligné lors du Conseil européen la semaine dernière, la Russie instrumentalise délibérément l'alimentation et compromet la sécurité alimentaire mondiale, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. 
Afin d’éviter une nouvelle détérioration de la situation, le Conseil européen appelle au rétablissement immédiat du passage sûr pour la navigation civile, les navires marchands et commerciaux en mer Noire.
Les prix mondiaux des céréales ont atteint leur plus haut niveau depuis février 2023.
Les stocks mondiaux de céréales sont plus importants qu'en 2022, année où la Russie avait bloqué vingt millions de tonnes de céréales ukrainiennes. Mais le système alimentaire mondial est aujourd'hui confronté à une situation critique : un super El Niño, une sécheresse dans les deux hémisphères ; des conflits au Moyen-Orient mettent à rude épreuve les exportations d'engrais.
Il existe désormais trois points de passage stratégiques : le détroit d’Ormuz, le canal de Bab el-Mandeb et la mer Noire.
Les actions de la Russie rendent plus difficile l'acheminement de la nourriture dans les assiettes des populations du monde entier.
Cela exige une réponse européenne forte et unie sur trois fronts. 
Premièrement, nous œuvrons pour maintenir l'Ukraine connectée aux marchés mondiaux et protéger sa sécurité alimentaire. 
L’initiative des couloirs de solidarité UE-Ukraine contribue à trouver des itinéraires alternatifs. Depuis juillet, les exportations de céréales via ces couloirs ont augmenté de près de deux millions de tonnes. 
Cependant, la Russie cible désormais également les points de passage frontaliers avec la Moldavie, la Roumanie et la Pologne, ce qui met également en péril les itinéraires alternatifs. 
C'est aussi pourquoi nous devons renforcer la sécurité le long de la mer Noire et du Danube. Voilà mon deuxième point.
La détection précoce et le partage d'informations en temps réel sont essentiels. 
Grâce au réseau MARSUR de l'Agence européenne de défense, les États membres peuvent échanger des informations de surveillance maritime et améliorer leur connaissance partagée de la situation maritime. 
Le pôle de sécurité maritime de la mer Noire, que la Roumanie et la Bulgarie mettent en place conjointement avec le soutien de l'UE, permettra de renforcer encore la connaissance de la situation.
Nous avons également besoin d'une prise de décision collective plus rapide lorsque des incidents graves surviennent. 
Tel est l’objectif du protocole d’urgence proposé, à savoir des consultations politiques immédiates et une meilleure coordination lors de crises hybrides majeures, y compris une coordination avec l’OTAN.
L'Europe a également besoin de meilleures capacités pour contrer les menaces aériennes et maritimes. 
Nous faisons progresser le développement et l'acquisition de capacités conjointes, notamment par le biais de la Drone Capability Coalition. 
L'unité de surveillance du flanc est soutient un renforcement de la surveillance et de la défense de la mer Baltique à la mer Noire, en étroite coordination avec l'OTAN. 
La mer Noire est également truffée de mines. Par le biais de l'Agence européenne de défense, les États membres coopèrent déjà sur des systèmes de lutte contre les mines maritimes de nouvelle génération ainsi que sur des systèmes maritimes sans pilote. 
Troisièmement, nous continuons à œuvrer sur le front diplomatique pour accroître la pression internationale.
À l'Assemblée générale des Nations Unies, 51 pays se sont réunis pour condamner la Russie et réclamer le passage de la mer Noire. 
Nous travaillons actuellement avec des partenaires internationaux, notamment la Turquie, l'Inde et d'autres pays, y compris des pays importateurs de produits alimentaires en Afrique et plus largement dans les pays du Sud, afin de promouvoir un accord de liberté de navigation en mer Noire.
Un accord en mer Noire permettrait de protéger des vies et des ressources vitales. L'Ukraine l'a proposé. La Russie l'a rejeté. 
C’est pourquoi, une fois encore, l’engagement diplomatique doit aller de pair avec une pression soutenue sur Moscou et un soutien à l’Ukraine.
Oui, il est vrai que la Russie instrumentalise la sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire, en particulier, concerne toutes les denrées alimentaires, notamment les céréales, qui transitent par la mer Noire depuis l'Ukraine. Je vous ai communiqué les chiffres relatifs aux céréales et à l'orge destinées aux pays africains, et je vous exhorte à sensibiliser ces pays afin qu'ils puissent également influencer la mise en place de cet accord de sécurité en mer Noire, car il est clair qu'il les affecte. Il est également vrai que la sécurité alimentaire est aussi liée à la cyber-résilience. Nous avons entendu le député européen néerlandais souligner comment les cyberattaques peuvent impacter l'ensemble de notre sécurité alimentaire, mais il s'agit là d'une question qui mériterait un autre débat. 
J'ai entendu de nombreux parlementaires affirmer que nous n'avons pas de plan, que nous ne voulons pas la paix. C'est faux. L'Ukraine aspire à la paix plus que quiconque, car elle subit des bombardements depuis quatre ans déjà, et la cinquième année est en cours. Elle désire donc ardemment la paix, et l'Europe la désire également. Il est inexact de dire que nous ne voulons pas la paix. La seule qui ne la désire pas, c'est la Russie. Soyons clairs sur ce point. 
J'ai également entendu des accusations de la part de membres de cette assemblée selon lesquelles nous n'aurions pas de stratégie de paix. C'est faux. Dès février, j'ai présenté aux ministres des Affaires étrangères un plan résolument maximaliste pour aborder ces pourparlers de paix. Car si la Russie formule des exigences maximalistes, nous devons présenter les nôtres afin d'équilibrer les négociations et d'adresser un message clair à la Russie : pour tout ce qui l'intéresse – la levée des sanctions –, l'Europe doit être présente, car il s'agit de décisions européennes. C'est pourquoi, bien que les négociateurs américains tentent de pousser l'Ukraine à la capitulation depuis près de deux ans, un an et demi à présent, l'Ukraine n'a pas capitulé aux conditions de Poutine grâce au soutien de l'Europe. Nous n'avons pas le choix. Nous n'avons pas le choix. Mais il faut être très clair : nous avons aussi des exigences envers la Russie. Nous ne cédons pas sans contrepartie, car il ne s'agit pas seulement d'obtenir la paix, mais aussi d'une paix durable et juste. Nous avons déjà connu des cessez-le-feu. Je veux dire, au cours des 100 dernières années, la Russie a attaqué de nombreux pays, certains jusqu'à trois ou quatre fois. Nous devons donc nous assurer qu'elle ne recommencera pas. 
Les sanctions fonctionnent car la Russie souhaite les lever. Elles ont également privé la Russie d'un billion d'euros, argent qui ne sert pas à financer l'effort de guerre russe.
Ces membres ont déclaré posséder l'arme nucléaire et qu'il fallait donc leur donner satisfaction. Or, si nous agissons ainsi, tout le monde se sentira menacé. Chacun voudrait posséder l'arme nucléaire, car la menace de l'utiliser permettrait d'obtenir ce que l'on veut. Et le monde deviendrait alors bien plus dangereux.
L'Ukraine a accepté un cessez-le-feu énergétique. L'Ukraine a accepté un accord sur la mer Noire. L'Ukraine a accepté un cessez-le-feu il y a déjà un an et demi. La Russie, elle, n'a pas accepté, et c'est pourquoi nous devons vraiment accentuer la pression sur elle et lui faire comprendre fermement que nous avons aussi des demandes et que rien ne sera fait sans contrepartie. 

> [Conseil européen] Le sujet principal aujourd'hui est l'Ukraine. Nous avons le président Zelensky parmi nous, et vous l'avez déjà entendu. La situation est très grave. Nous devons soutenir l'Ukraine pour qu'elle puisse traverser cet hiver rigoureux. 
Nous ne voyons aucun signe de la part de la Russie indiquant qu'elle souhaite mettre fin à cette guerre, ou qu'elle est disposée à instaurer une quelconque trêve ou paix, et c'est pourquoi nous devons vraiment aider les Ukrainiens à survivre et à défendre leur pays.  
Ils ont besoin d'une défense aérienne, c'est évident. De notre côté, nous pouvons aussi discuter des mesures supplémentaires à prendre pour que la Russie comprenne qu'elle doit négocier pour mettre fin à cette guerre.  
Nous avons mis en ligne 1 600 nouvelles annonces ce lundi. Nous travaillons sur un nouveau train de sanctions pour faire pression sur la Russie et nous espérons bien sûr pouvoir le faire avec tous nos partenaires à travers le monde. 

> Concernant les avoirs russes gelés. Nous avons convenu de ne pas les débloquer tant que la Russie n'aura pas versé de réparations à l'Ukraine. L'Ukraine a besoin de cet argent immédiatement. Il convient donc d'utiliser ces mécanismes de solidarité pour répartir les risques entre les États membres, afin de pouvoir réellement aider l'Ukraine. 

> Nous essayons de convaincre nos partenaires américains que si nous voulons mettre fin à cette guerre, nous devons faire pression sur l'agresseur, car il ne s'agit pas seulement de mettre fin à ce conflit, mais aussi de s'assurer qu'aucune autre guerre ne soit déclenchée par la Russie. C'est pourquoi j'ai préparé avec les ministres des Affaires étrangères notre liste de demandes, notre liste de préoccupations en matière de sécurité européenne, que nous devrions également présenter à la Russie. Nous ne devons pas céder à toutes ses demandes sans obtenir certaines concessions de sa part. Mais, comme vous pouvez le constater, avec nos alliés américains, la situation est très difficile en ce moment. 

> Starlink est absolument indispensable à l'Ukraine et, malheureusement, à court terme, l'Europe ne peut pas remplacer cette capacité. C'est pourquoi nous abordons aujourd'hui la question de la préparation de la défense. L'Agence européenne de défense a recensé toutes les capacités et infrastructures critiques qui nous font défaut et que nous devons mettre en place. Il s'agit maintenant de passer à l'action, et nous devons le faire au plus vite car nous avons nous-mêmes besoin de ces capacités. 

 

 

Michael McGrath (commissaire à la démocratie, à la justice et à l’état de droit)
> Lorsque les pères fondateurs de l'Europe ont signé le Traité du charbon et de l'acier en 1951, ils mesuraient la force en fonction de ce que l'on pouvait peser, compter et transporter. Certains des fondements les plus importants aujourd'hui sont totalement intangibles. On ne peut pas voir la confiance d'un jeune, la résilience d'une infirmière après une longue journée de travail, ni le courage discret nécessaire pour demander de l'aide. Pourtant, tout ce que nous espérons construire repose sur ces fondements. C'est ce qui m'a ramené à l'University College Cork, mon ancienne université, pour une conférence de haut niveau sur la santé mentale, organisée dans le cadre de la présidence irlandaise du Conseil de l'UE. La santé mentale influence tous les aspects de notre vie : notre façon d'apprendre, de travailler et de prendre soin les uns des autres. Pour beaucoup de jeunes, elle est aussi façonnée par ce qui se passe sur un écran tard le soir, bien après l'extinction des feux. Grâce à la loi KIDS et à la future loi sur l'équité numérique, nous souhaitons créer des espaces en ligne qui placent les enfants au centre de leurs préoccupations, plutôt que de les laisser se débrouiller seuls. Nul ne traverse la vie seul. Une Europe résiliente écoute tôt, apporte un meilleur soutien et accompagne les gens dans les moments difficiles.

> Des salles de conférence aux amphithéâtres, les discussions à Dublin cette semaine ont toutes converger vers un même constat : l’Europe est plus forte lorsque l’innovation, la confiance et les citoyens progressent ensemble.
L’IA était au cœur des débats. Lors du Sommet international sur l’IA et du Sommet sur l’IA et la science à l’University College Dublin, chercheurs, innovateurs, chefs d’entreprise et représentants de la société civile se sont réunis pour discuter du potentiel de cette technologie, de l’accélération des découvertes à la transformation des services publics. Mais l’IA ne tiendra ses promesses que si elle gagne la confiance du public. Si nous y parvenons, les percées réalisées aujourd’hui dans nos laboratoires pourront devenir demain des réussites européennes à l’échelle mondiale.
Cette ambition repose également sur un marché unique où les entreprises peuvent se développer sans entrave. Ce constat est ressorti clairement des discussions entre les fondateurs de Stripe, les dirigeants d’entreprise de la Chambre de commerce de Dublin et la Chambre de commerce britannique et irlandaise, où nous avons abordé la simplification, l’intégration européenne et la transformation d’une relation UE-Royaume-Uni renforcée en résultats concrets pour les deux parties.
Et puis, il y a quelque chose qu'aucune loi ne peut créer à elle seule : la compréhension mutuelle qui naît des rencontres. Célébrer les 40 ans de Léargas aux côtés de la vice-présidente exécutive Roxana Minzatu a été un puissant rappel de ce que permet Erasmus+. Un semestre à l'étranger, un stage dans un autre pays ou un échange de jeunes transforment les voisins en amis et partenaires, et donnent tout son sens aux valeurs européennes. Merci à la présidence irlandaise et à tous ceux qui ont pris le temps de participer. C'est dans des lieux comme celui-ci que s'écrit l'avenir de l'Europe.

> L'Europe ne doit pas se contenter de s'adapter à l'ère de l'IA. Elle doit jouer un rôle actif dans la construction de son avenir.
Lors du Sommet international sur l'IA à Dublin, j'ai prononcé le discours de clôture sur la construction d'une économie numérique de confiance. L'IA offre des opportunités extraordinaires pour la compétitivité, l'innovation et les services publics européens. Mais pour libérer tout son potentiel, il est essentiel de trouver le juste équilibre : innovation et sécurité, compétitivité et confiance, ambition technologique et intervention humaine. Cela implique des règles claires et applicables pour les développeurs d'IA, une protection renforcée des données et des consommateurs, des garanties pour les enfants en ligne et la garantie que l'IA renforce – et non remplace – le jugement humain dans nos systèmes judiciaires et nos processus démocratiques. À travers la loi sur l'IA, la loi sur l'équité numérique et l'initiative EU Inc., l'Europe s'efforce de créer les conditions permettant aux entreprises d'innover, de se développer et de réussir, tout en protégeant les citoyens et leurs droits fondamentaux. J'ai également eu des échanges bilatéraux fructueux avec Meta, Vodafone, TikTok, ainsi qu'avec des représentants de l'Alliance pour les droits de l'enfant et de CyberSafeKids. Nous avons discuté des moyens de favoriser une innovation responsable en matière d'IA, d'aider les entreprises européennes à se développer et à prendre de l'ampleur, et de renforcer la protection des consommateurs à l'ère numérique. Merci à la présidence irlandaise du Conseil d'avoir réuni décideurs politiques, chefs d'entreprise, innovateurs et représentants de la société civile pour cet échange essentiel. La confiance n'est pas un frein à l'innovation ; elle en est le gage de pérennité.

 

Hadja Lahbib (commissaire à l’égalité et à la gestion des crises)
> L’égalité est un droit fondamental et renforce notre économie. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre encore 18 ans pour l’instaurer. Aujourd’hui, à la réunion de l’EPSCO, j’exhorte les États membres à adopter la directive sur l’égalité de traitement et je présente mon deuxième rapport d’étape et de mise en œuvre sur l’égalité.

> [Discours à la Conférence internationale sur la protection des travailleurs humanitaires] J'ai passé une grande partie de ma vie à voyager d'une crise à l'autre, d'abord comme journaliste, puis comme ministre des Affaires étrangères, et maintenant comme commissaire à l'aide humanitaire.
Partout où j'allais, quelqu'un de la communauté nous indiquait le chemin. J'ai vu des humanitaires sauver des vies. Ils nous ont fait passer les points de contrôle. Ils connaissaient chaque route et chaque danger. Une chose m'est restée gravée dans la mémoire : nous aurions pu partir. Mais ils sont restés, pour continuer à aider.
L'aide humanitaire est impossible sans ceux qui la distribuent. C'est aussi simple que cela. Neuf travailleurs humanitaires sur dix victimes d'agressions sont des employés ou des bénévoles locaux ou nationaux. Ils restent sur place une fois les caméras parties. Je le sais, car j'étais moi-même parmi ces caméras. Les lieux que nous appelons zones de crise sont leur foyer.
Le 3 octobre, au Kordofan du Sud, au Soudan, une frappe aérienne a touché deux camions du Programme alimentaire mondial clairement identifiés. Un chauffeur a été tué.
En République démocratique du Congo, Ismaël Mulindwa, ambulancier de la Croix-Rouge ougandaise, intervenait lors de l'épidémie d'Ebola. Blessé, il est décédé le 1er octobre.
À Gaza, le 8 juillet, un chauffeur travaillant pour un partenaire de World Central Kitchen a été abattu. Cet incident s'est produit pendant un cessez-le-feu.
Chacun d'eux se levait le matin et partait porter secours. Aucun n'est rentré chez lui. L'an dernier, on en a dénombré 350, soit presque un humanitaire tué chaque jour.
Certains d'entre vous, ici présents, ont vécu ce danger.
Justine Masika Bihamba dirige une organisation féminine en RDC qui soutient les survivantes de violences sexuelles. Après la chute de Goma, elle a dû fuir, laissant des milliers de femmes qui dépendaient d'elle sans ressources.
Oleh Dehusarov évacue des civils en Ukraine depuis 2022. Un drone a percuté sa voiture.
Justine, Oleh, merci pour votre dévouement. Vous êtes une source d'inspiration pour nous tous. Aider les autres ne devrait jamais vous mettre en danger.
Aujourd'hui, même le ciel est devenu une menace. Des drones traquent ceux qui livrent du pain et des vaccins. La croix rouge, le casque bleu, le drapeau blanc. Ces symboles signifiaient autrefois : « Ne tirez pas ». Aujourd'hui, pour certains, ils sont une cible.
La désinformation transforme les travailleurs humanitaires en cibles. Dans ce monde polarisé, aider les populations est parfois considéré comme un crime. L'une des conséquences de la réduction des budgets est que les travailleurs humanitaires prennent davantage de risques pour sauver des vies.  
Nous condamnons cet acte. Mais la condamnation n'empêche pas l'utilisation de drones ni ne garantit l'obligation de rendre des comptes. Ceux qui s'en prennent aux travailleurs humanitaires doivent être traduits en justice. C'est le rôle du droit international humanitaire.
L’Union européenne étend son programme de protection des travailleurs humanitaires à l’échelle mondiale. La protection des travailleurs humanitaires est le premier pilier de notre communication humanitaire européenne. Nous demandons à chaque État de traduire en actes la Déclaration pour la protection du personnel humanitaire et la résolution 2730 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ces promesses doivent se concrétiser en protection.
Le Comité international de la Croix-Rouge accomplit également un travail remarquable, notamment en lançant l'Initiative mondiale pour dynamiser l'engagement politique en faveur du droit international humanitaire. L'UE est fière d'y contribuer activement, notamment à la Conférence de haut niveau sur l'humanité en temps de guerre qui s'est tenue en Jordanie.
Je tiens également à remercier la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Vous êtes souvent les premiers à intervenir en cas de catastrophe, mais trop souvent, vous êtes aussi les premiers à en payer le prix. Nous sommes là pour vous écouter et comprendre vos besoins afin que vous puissiez exercer votre métier en toute sécurité.
Je n'attends pas d'autre déclaration de cette conférence. Nous voulons quitter Bruxelles avec des actions concrètes.
J’ai maintenant le plaisir de passer la parole au ministre irlandais Neale Richmond. Vous et la présidence irlandaise avez été des partenaires précieux pour la tenue de cette conférence.
Nous étions également côte à côte à New York, à l'Assemblée générale des Nations Unies, pour défendre la protection des civils et le respect du droit international humanitaire. La semaine dernière, en Irlande, nous avons aussi plaidé en faveur d'un budget humanitaire européen conséquent. Merci pour votre attachement indéfectible à nos valeurs européennes.

 

Marta Kos (commissaire à l'élargissement)
> L'Ukraine figure parmi les pays qui progressent le plus vers l'adhésion à l'UE. Suite à l'ouverture de deux nouveaux groupes de négociation cette semaine, j'ai discuté des prochaines étapes avec le Premier ministre. Nous avons convenu de lancer un groupe de travail conjoint afin d'accélérer les progrès concernant les critères intermédiaires et de faire progresser les réformes essentielles relatives à l'État de droit et à la lutte contre la corruption. Cette mesure témoigne de notre engagement à soutenir l'Ukraine sur la voie de l'adhésion à l'UE. Notre succès dépendra de l'unité et de l'engagement de tous les partenaires ukrainiens impliqués. Nous l'avons constaté en début de semaine lorsque le Parlement ukrainien a adopté les nouvelles lois sur l'éducation relatives aux minorités.

> L'élargissement de l'UE est nécessaire à la paix, à la sécurité et à la prospérité en Europe. Il nous faut donc nous y préparer minutieusement. La Commission européenne a formulé des propositions : garantir l'état de droit par des mesures de sauvegarde, accroître le nombre de décisions européennes prises à la majorité simple et conclure des accords spécifiques sur l'agriculture en Ukraine. Pour cet élargissement, nous avons besoin du soutien des parlements nationaux.

> Malgré l'instabilité institutionnelle de ces deux dernières années, le Kosovo a progressé dans ses réformes relatives à l'État de droit et au Plan de croissance. Des avancées significatives ont été réalisées en vue de la mise en place de l'accord de partenariat économique spécial (SEPA). Cependant, les récentes modifications apportées à la loi sur les Chambres spécialisées du Kosovo sont inacceptables. Leur adoption et leur mise en œuvre seraient contraires aux engagements du Kosovo envers l'UE et constitueraient un grave recul sur la voie de son adhésion. Le respect de l'État de droit et l'indépendance des institutions judiciaires sont essentiels pour préparer les prochaines étapes de l'adhésion du Kosovo à l'UE.

 

♦ Renew Europe (groupe centriste et libéral au Parlement européen) 
[Nota: les propos tenus par les députés européens français sont à lire dans Propos centristes France]  
Billy Kelleher (premier vice-président)
> L'attaque perpétrée par des colons israéliens contre un citoyen américain est abominable. Les Palestiniens sont pris pour cible par les colons israéliens et les États-Unis ne condamnent jamais ces attaques. Espérons que la qualification d'« acte de terrorisme » par Mike Huckabee permettra de condamner toutes les attaques de colons.

> L'aile MAGA du Parti républicain s'attaque systématiquement à la législation numérique européenne. Elle est entièrement soumise à Musk, qui déteste la DSA, le Digital Fairness et la DMA, ainsi que les lois de l'UE. Nos lois sont censées protéger les citoyens, mais Musk, Vance et Trump les détestent. Pourquoi ?

> S’il nous fallait une raison en Europe pour développer nos infrastructures critiques, la voici. L’UE ne peut plus dépendre d’Elon Musk ou des États-Unis dans des domaines vitaux comme les communications, la sécurité et les systèmes de paiement. Nous sommes vulnérables et devons y remédier.

 

Dan Barna (vice-président)
> Je condamne fermement les audiences accélérées de la Cour constitutionnelle géorgienne visant à interdire l'opposition démocratique. Cette action en justice abusive et dangereuse intentée par Rêve géorgien est une tentative flagrante de faire taire les alternatives politiques, y compris nos partenaires du parti ALDE. Nous sommes fermement solidaires du peuple géorgien et de son avenir démocratique !

> En 2021, l'USR accède au pouvoir pour la première fois grâce aux suffrages d'un peuple convaincu qu'une Roumanie pouvait être gouvernée autrement que par le PSD, qui l'avait fait pendant des années. Sous ce gouvernement, la Roumanie obtient l'un des meilleurs plans nationaux de développement régional (PNRR) d'Europe. Ce PNRR, élaboré par Cristian Ghinea, devient une source d'investissements essentielle pour le pays dans les années qui suivent. Grâce à ce PNRR, et nous devons remercier Cătălin Drulă pour cela, l'autoroute moldave (A7) est aujourd'hui une réalité dont des millions de Roumains bénéficient quotidiennement. L'USR reste au pouvoir pendant neuf mois. Le président de l'époque décide alors de ramener le PSD au pouvoir, et quatre ans plus tard, la Roumanie affiche le déficit le plus important d'Europe. En 2025, l'USR revient au pouvoir. Une équipe de ministres compétents démontre une fois de plus qu'il est possible de gouverner autrement, en pensant au peuple et au pays, et non à ses propres intérêts. Au ministère de la Défense, Ionuț Moșteanu puis Radu Miruță ont mis en œuvre le programme SAFE, qui constituera l'une des principales sources d'investissement pour la Roumanie dans les années à venir. En matière d'Environnement, Diana Buzoianu a démontré que la lutte contre un système corrompu est possible, que les chantiers de ballast illégaux et les clans mafieux ne sont pas des impasses et qu'il est possible de les combattre. Aux Affaires étrangères, Oana Țoiu a montré que la Roumanie peut aussi avoir une voix nouvelle et cohérente et que, dans les consulats, le respect du citoyen et de son temps peut devenir une réalité. En matière d'Économie, Irineu Darău a prouvé que des complexes industriels, des usines et des chantiers navals viables peuvent être préservés pour la Roumanie, et non pour eux. Cette fois-ci, l'USR a gouverné pendant 16 mois et a démontré de plus en plus clairement que la Roumanie peut être gouvernée autrement, honnêtement et avec intégrité, sans escrocs ni membres de la mafia occupant des postes publics. Aujourd'hui, après 16 mois, le PSD est de retour au pouvoir et, comme l'histoire a la fâcheuse tendance à se répéter, nous savons déjà très bien ce qui va se passer ensuite. Ce que Radu, Diana, Oana, Irineu et Ionuț ont réussi à faire, c'est à maintenir l'espoir. À démontrer qu'une bonne gouvernance est possible en Roumanie. Pour un pays exaspéré par un enlisement persistant, l'espoir en l'avenir est précieux. Pour tous leurs accomplissements et, surtout, pour cet espoir, je remercie ces collègues avec respect et admiration.

 

Gerben-Jan Gerbrandy (vice-président)
> [Witkoff, l’émissaire de Trump, sert la main de Poutine et déclare qu’il est un «grand humaniste»] Je n'arrive pas à me sortir cette image de la tête. Faustien. Cynique. Immoral. L'Ukraine et ses citoyens, victimes. Rien que ces dernières 24 heures, 11 morts et 103 blessés, dont 10 enfants. Pour le pouvoir et l'argent.

> La situation en Ukraine est préoccupante. Par conséquent, nous devons examiner les avoirs russes bloqués chez Euroclear, à condition de partager les risques avec les 27 États membres et que la Belgique ne reste pas isolée.

 

Petras Austrevicius (député)
> [Soutien de Trump à Poutine] C’est une grave erreur de nier la réalité et de soutenir l’agresseur plutôt que la victime. Rejeter la loi Lindsey Graham revient à donner à l’agresseur un permis de tuer et à renforcer l’impunité des criminels de guerre.

> Manifestation de solidarité « Non aux exécutions mardi » au Parlement européen. Nous sommes solidaires du peuple iranien.

> Alors que la Russie est considérablement affaiblie sur le front et que des sanctions sont nécessaires pour l'amener à la table des négociations, l'administration Trump a fait le contraire.

 

Engin Eroglu (député)
>  L'Europe doit préserver sa souveraineté technologique ! Ce point a été une nouvelle fois mis en lumière lors de mon récent échange avec Hannes Van Raemdonck, du fabricant néerlandais de semi-conducteursNexperia. Nexperia est l'un des principaux fabricants mondiaux de semi-conducteurs. Ses puces sont des composants essentiels de nombreux systèmes électroniques. L'entreprise est issue du groupe néerlandais Philips. En 2017, Nexperia a été vendue à un consortium d'investisseurs chinois. Deux ans plus tard, la société technologique chinoise Wingtech a acquis une participation majoritaire. La situation s'est envenimée à l'automne 2025. Le gouvernement néerlandais a obtenu des preuves concrètes du transfert non autorisé d'actifs, de technologies et d'un savoir-faire précieux. Il craignait que les capacités de production et le savoir-faire technologique ne soient délocalisés en Chine, affaiblissant ainsi l'industrie européenne des semi-conducteurs. Pour éviter cela, le gouvernement néerlandais est intervenu dans la gestion de l'entreprise fin septembre 2025. La Chine a réagi en imposant des restrictions à l'exportation des produits Nexperia fabriqués dans ses usines. Les conséquences ont été considérables : les chaînes d'approvisionnement internationales ont été mises à rude épreuve, notamment dans l'industrie automobile européenne. Des efforts diplomatiques ont depuis contribué à apaiser quelque peu les tensions. Néanmoins, la situation reste tendue. Nexperia a perdu le contrôle de capacités de production clés en Chine et s'efforce de développer ses activités de fabrication sur d'autres sites. L'Europe doit désormais tirer les leçons de cette affaire ! L'histoire de Nexperia illustre clairement la rapidité avec laquelle les dépendances économiques peuvent se transformer en instruments de pression politique. C'est pourquoi nous devons renforcer la résilience des industries clés européennes et réduire les dépendances unilatérales. Cela implique de protéger la propriété intellectuelle, de construire des chaînes d'approvisionnement résilientes et de consolider nos propres capacités industrielles et technologiques.

> Le dialogue avec les entreprises chinoises est essentiel, surtout en cette période économique et géopolitique difficile. Au Parlement européen à Bruxelles, j'ai rencontré Dennis She, vice-président de Longi Solar et PDG de LONGi Energy Storage ; Shengming Zhang, directeur du département juridique et conformité ; et Jules Schilz, responsable des relations gouvernementales pour l'Europe, pour un échange constructif. LONGi est l'une des entreprises leaders mondiales dans le domaine de l'énergie solaire et est également de plus en plus active dans le secteur du stockage d'énergie. L'entreprise est présente sur le marché européen depuis onze ans. Dans le cadre de mon travail politique, axé sur l'économie et la Chine, le dialogue direct avec les entreprises opérant en Europe est primordial. Il me permet d'appréhender différents points de vue, de mieux comprendre l'évolution économique et d'aborder ouvertement les défis communs. Ma position est claire : nous avons besoin d'un dialogue objectif, d'une concurrence loyale et d'un cadre réglementaire garantissant la puissance économique et la compétitivité technologique de l'Europe. Un grand merci à Dennis She, Shengming Zhang et Jules Schilz pour cet échange ouvert et fructueux !

 

Michal Kobosko (député)
> Hier, nous avons célébré le 30e anniversaire du Réseau européen des médiateurs (REM), créé en 1996 et qui regroupe plus de 95 bureaux dans 36 pays européens. Ce travail est difficile et exigeant, et ces 30 dernières années ont été consacrées au renforcement de la confiance des citoyens dans les institutions publiques et au développement des normes européennes en matière de protection des droits humains. Cet événement revêt également une importance particulière compte tenu de mes responsabilités au sein de la commission des pétitions (PETI) du Parlement européen. Le travail du Médiateur et celui de la PETI consistent tous deux à protéger les droits des citoyens, à lutter contre les irrégularités et à veiller au respect de la loi par les institutions publiques.

> La politique numérique européenne est bien plus qu'une simple réforme technique de la réglementation des télécommunications. Il s'agit d'une approche stratégique pour l'avenir de l'Europe, son indépendance, sa sécurité et sa place dans l'économie mondiale.
Cinq domaines sont aujourd'hui cruciaux :
- La connectivité n'est pas qu'une infrastructure ; c'est aussi une question d'influence stratégique, de puissance, de sécurité et d'indépendance.
- La souveraineté numérique est le fondement de la compétitivité, de la résilience et de la protection des citoyens européens.
- La compétitivité de l'Europe exige des investissements accrus, une réglementation simplifiée et des règles communes au sein du marché unique.
- La résilience des infrastructures numériques et de télécommunications est une condition essentielle à leur bon fonctionnement, même en situation de crise.
- Les citoyens sont au cœur d'une Europe numérique où la sécurité, la disponibilité des services et une connectivité fiable sont garanties.
L'Europe a besoin d'une stratégie cohérente qui réduise sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs mondiaux, instaure des règles du jeu équitables et permette le développement d'infrastructures modernes. La transformation numérique doit renforcer l'indépendance européenne tout en répondant aux besoins réels des citoyens. La puissance numérique de l'Europe signifie sa capacité à décider en toute indépendance de son avenir.

 

Brigitte van den Berg (députée)
> L'Europe ne peut pas être compétitive si elle sous-estime les personnes et les compétences qui font fonctionner nos industries. Nous devons briser les barrières entre l'enseignement académique et la formation professionnelle, et offrir à chaque talent la possibilité de contribuer à l'avenir de l'Europe.

 

Urmas Paet (député)
> Depuis 11 ans, je plaide au sein du Parlement européen pour que l’UE porte son attention sur la région arctique et prenne conscience que les agissements de la Russie - tels que la militarisation de ses territoires arctiques et la guerre menée contre l’Ukraine - exigent également notre vigilance et notre action dans l’Arctique. (…)
Il est par ailleurs nécessaire de se pencher sur la coopération croissante entre la Chine et la Russie, ainsi que sur les intérêts stratégiques grandissants de la Chine dans l’Arctique européen. Par le passé, l’UE appréhendait l’Arctique principalement sous l’angle des enjeux environnementaux. Toutefois, la réalité actuelle en matière de politique étrangère impose une approche bien plus géopolitique, axée sur la défense et la sécurité, mais aussi sur le changement climatique et la sécurité énergétique. (…)
Alors que les activités militaires, hybrides et commerciales s’intensifient dans l’Arctique, l’UE et ses États membres doivent renforcer leur capacité à agir efficacement dans cette région — en coopération avec l’OTAN - et investir dans une compréhension commune de la situation, dans la vigilance, ainsi que dans les capacités de préparation et de réaction.

 

Ana Vasconcelos (députée)
> L'Europe dispose déjà de tous les ingrédients de la réussite : la technologie, l'ingénierie et des millions de citoyens qui souhaitent des moyens de transport plus propres et plus rapides. Pourtant, dans une Union fondée sur la libre circulation, nos trains rapides s'arrêtent encore aux frontières nationales. Nous devons mobiliser les investissements publics comme privés et adopter une approche véritablement européenne qui donne la priorité aux liaisons transfrontalières. En reliant nos régions, de Lisbonne à Varsovie, nous pouvons faire du rail une véritable colonne vertébrale du marché unique, permettre aux citoyens et aux entreprises de se déplacer plus facilement, renforcer l'intégration économique et faire en sorte que les bénéfices d'une Europe connectée profitent à chaque région. (…)
L'Europe ne peut pas être un marché unique si ses trains s'arrêtent aux frontières nationales. Aujourd'hui, la lenteur des autorisations, l'incertitude des financements et 27 réglementations différentes empêchent la construction de liaisons transfrontalières, et le trafic ferroviaire à grande vitesse n'a progressé que de 17 % en huit ans. Comme l'ont tous deux souligné Mario Draghi et Enrico Letta, notre compétitivité dépend d'infrastructures qui relient l'Europe comme un seul marché. C'est pourquoi les liaisons transfrontalières doivent passer en premier. Si nous réussissons, nous bâtirons une Europe plus compétitive, plus connectée et plus résiliente.

 

Svenja Hahn (députée)
> Les libéraux sont au gouvernement dans 17 pays européens et ont un bilan qui montre comment il faut s'y prendre : moins de bureaucratie, des factures moins élevées, de meilleurs emplois et une Europe superpuissance capable de protéger ses citoyens et d'être un leader dans le monde. L'extrême droite veut laisser l'Europe divisée et paralysée. Les recettes économiques de l'extrême gauche feraient fuir les investissements et détruiraient les emplois et la prospérité. Les libéraux doivent démanteler les obstacles au marché, renforcer l'économie, faire baisser les prix de l'énergie et donner aux gens la liberté de construire leur propre avenir.

 

► Pays membres de l’Union européenne
● Allemagne 
♦ FDP 
> Le chef du FDP Wolfgang Kubicki accuse Klingbeil, le ministre des Finances de « violation de la législation fiscale en vigueur ». Cette accusation est explosive sur les plans juridique et politique. Seul le Bundestag peut corriger cette erreur, et non le ministre lui-même.

 

Wolfgang Kubicki (président)
> L'échec du ministère fédéral des Finances est encore plus grave qu'on ne le pensait. Non seulement Klingbeil est incompétent en tant que ministre des Finances, mais la législation de ce gouvernement fédéral est devenue tellement amateur qu'il est légitime de douter sérieusement des capacités de résolution des problèmes du SPD et de la CDU.

> La socialisation d'un parc de logements de plus de 10 000 unités est manifestement arbitraire. De plus, les montants des indemnisations proposées sont loin d'être garantis par la Constitution.

> La prospérité pour tous ou l'égalité dans la misère ?
Une coalition entre le SPD, les Verts et le parti Die Linke à Berlin pourrait servir de modèle au gouvernement fédéral. Quelles seraient les conséquences d'une telle alliance pour la démocratie, l'État de droit et l'économie sociale de marché ? Au fond, la question est de savoir quel modèle politique et économique doit façonner l'avenir de l'Allemagne.
Il ne faut pas se laisser tromper par le tumulte entourant la suspension des pourparlers exploratoires à Berlin : le SPD, les Verts et Die Linke œuvrent activement à la formation d’un front uni. Cette volonté farouche de constituer une coalition à Berlin vise à envoyer un signal fort à l’ensemble de la République fédérale. Dans ce contexte, les prochaines élections fédérales entraîneront inévitablement une polarisation extrême. Le prétendu différend sur l’antisémitisme n’est qu’un prétexte. En réalité, l’enjeu est la question, plus abstraite, de savoir comment le SPD et les Verts peuvent s’affranchir de tabous auxquels ils se sentaient autrefois liés. 
Le tabou n'est pas de former une coalition avec les héritiers d'Ulbricht. Le SPD l'avait déjà surmonté dans les années 1990. Le tabou berlinois, c'est plutôt de confier le pouvoir gouvernemental d'un Land à un groupe politique manifestement entaché d'antisémitisme.
Le mécanisme imaginé par les futurs partenaires de coalition dans leur « Déclaration de Berlin » pourrait servir de modèle à de nouvelles transgressions des tabous politiques nationaux, qui ont jusqu'à présent empêché les sociaux-démocrates et les Verts de coopérer. Qu'il s'agisse de quitter l'OTAN ou de s'engager en faveur de l'économie sociale de marché : apparemment, aucune position, aussi radicale soit-elle, ne peut être superficiellement contenue par des menaces de façade. Les partis de gauche œuvrent à une manœuvre décisive pour faire basculer la République fédérale entièrement à gauche. Je n'ai probablement pas besoin d'expliquer à un lecteur de Cicéron à quel point ce projet est dangereux pour l'avenir de notre pays. L'égalité dans la misère plutôt que la prospérité pour tous serait le principe directeur qui me vient à l'esprit.
- L'alliance de Berlin a un effet significatif
Mais la vérité est que beaucoup ne perçoivent plus le danger sous-jacent aux débats superficiels. L'antisémitisme est certes le plus grand problème auquel est confrontée la gauche berlinoise, mais il est loin d'être le seul. Un coup d'œil à son programme électoral le révèle. On y trouve des propositions telles que l'augmentation des tarifs de stationnement pour les SUV et l'interdiction d'immatriculer des SUV en Allemagne. Parmi les autres revendications anticonstitutionnelles figurent, par exemple, le droit de vote et d'éligibilité indépendamment de la nationalité allemande. La naturalisation et les tests de langue y sont qualifiés de « dégradants ». De plus, la naturalisation ne doit pas être « instrumentalisée à des fins de répression contre les personnes politiquement actives ». Il s'agit là encore d'une capitulation à peine voilée face à l'aile anti-israélienne du mouvement palestinien : la question du droit à l'existence de l'État d'Israël ne doit absolument pas entrer en ligne de compte.
Le programme électoral vise à interdire le « béton, destructeur pour le climat », par le biais de la réglementation du bâtiment, ne l'autorisant que lorsque, par exemple, la sécurité incendie le rend absolument nécessaire. La « taxe sur les villas de luxe » et la création de « cantines de quartier » ne sont que deux autres exemples tirés de ce pamphlet socialiste de 333 pages, que le SPD et les Verts jugent apparemment si compatible avec leurs propres idées qu'ils en font la base de leur coalition potentielle. Tout cela est déjà suffisamment alarmant.
- Quand les tabous politiques tombent
Pire encore est l'état général de ce parti et sa position sur la démocratie et l'État de droit. Il est donc temps de rappeler le rôle joué par la section de Treptow-Köpenick dans les tentatives d'évincer le média en ligne Apollo News . Le président de section, Moritz Warnke, a déclaré qu'ils voulaient « faire pression » sur la publication et lui « rendre la vie difficile ». L'objectif d'une manifestation conjointe avec des groupes de gauche était même d'envisager comment « mettre un terme » au travail des journalistes. Difficile d'imaginer une manière plus flagrante de se révéler ennemi de la liberté de la presse. Voilà vos partenaires de prédilection, chers SPD et Verts.
Le parti de gauche berlinois est une bande d'imbéciles antisémites. Il s'agit d'une organisation politique qui soutient ardemment le mouvement national palestinien et qui souhaiterait probablement la dissolution de l'État-nation allemand. C'est un parti qui planifie méticuleusement la transformation de l'Allemagne en un musée industriel. Je ne crois pas que les liens avec le crime organisé, largement rapportés, soient fortuits, malgré leurs dénégations répétées. 
Ce que font le SPD et les Verts, ce n'est pas jouer avec les brebis galeuses. C'est livrer le pouvoir d'État à la brute de classe. Tout en réclamant sans cesse un rempart contre l'AfD, ils alimentent le conflit en s'alliant au Parti de gauche. Je n'accuse personne de voter selon ses convictions, peu importe qui les partage. Mais j'accuse le SPD et les Verts de briser délibérément les derniers tabous contre l'extrémisme de gauche organisé, car ils pensent tous deux que cela leur permettra, tôt ou tard, de s'emparer de la chancellerie.
L'Allemagne risque de se polariser entre une coalition de gauche regroupant les sociaux-démocrates, Die Linke et les Verts, et un front nationaliste, afin que la gauche, sous la menace d'un gouvernement AfD, puisse se présenter comme le dernier rempart contre son adversaire politique et s'emparer du pouvoir. C'est un plan dangereux. Mais un plan qu'il faut combattre chaque jour. Car entre ces deux extrêmes se trouve le véritable objectif pour lequel ce combat est essentiel : la prospérité pour tous plutôt que l'égalité dans la misère.

 

● Belgique 
♦ Gouvernement
Maxime Prévot (vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement de la Belgique) 

> Les défis sanitaires mondiaux sont interdépendants. Nos réponses doivent l'être tout autant. Hier, j'ai eu le plaisir de clôturer la conférence « Parce que la santé », où les discussions ont mis en lumière l'importance de systèmes de santé résilients, d'un accès équitable à des soins de qualité et de partenariats internationaux solides. La Belgique demeure déterminée à collaborer avec ses partenaires pour transformer les connaissances et les engagements partagés en actions concrètes.

> Très bonne et ouverte conversation avec l'American Jewish Committee au sujet de notre engagement commun dans la lutte contre l'antisémitisme en Belgique, aux États-Unis et, plus largement, dans le monde entier. Nul ne devrait se sentir en danger, avoir à cacher son identité ou craindre pour ses enfants parce qu'il est juif. Les responsables politiques et les organisations de la société civile ont la responsabilité de s'unir sur ce sujet, quelles que soient nos divergences politiques. Cela implique d'écouter les communautés juives, de prendre leurs préoccupations au sérieux, d'y répondre et de combattre la désinformation, les théories du complot et les stéréotypes antisémites qui alimentent la haine. L'engagement de la Belgique est ancien et sans équivoque. Forts des efforts déjà déployés, nous renforçons la coopération à tous les niveaux de gouvernement et préparons de nouvelles mesures de lutte contre l'antisémitisme, en associant les représentants des communautés juives de Belgique à ce travail. Notre objectif est clair : garantir que la vie juive puisse s'épanouir en Belgique dans la sécurité et la dignité.

> Pour la première fois en dix ans, sept ministres belges et turcs se sont rencontrés aujourd'hui. La Belgique considère la Turquie comme un partenaire stratégique : nous travaillons sur des enjeux communs tout en maintenant un dialogue ouvert et franc sur nos divergences. Lors de notre mission économique en Turquie en début d'année, nous avons pu constater la richesse des atouts réciproques de nos pays. Près de 200 entreprises belges y ont participé, ce qui a abouti à 33 accords. Aujourd'hui, nous capitalisons sur cette dynamique et renforçons notre coopération politique. La Turquie est un allié clé de l'OTAN, un partenaire économique majeur et un acteur diplomatique influent, de l'Ukraine et de la mer Noire au Moyen-Orient et à l'Afrique. Il existe encore un potentiel considérable à exploiter ensemble, notamment grâce à une Union douanière UE-Turquie modernisée, susceptible de créer de nouvelles opportunités pour nos entreprises, l'emploi et la prospérité de nos citoyens. Aujourd'hui, nous renforçons concrètement notre coopération en matière de sécurité, de justice et de migration, notamment par le biais d'un nouveau plan d'action bilatéral de coopération policière. Nos relations dépassent largement le cadre de nos gouvernements. Des générations de familles, d'entrepreneurs et d'étudiants ont tissé des liens durables entre nos deux pays. Ces liens sont précieux et nous devons les préserver et les consolider. Prêts à franchir ensemble les prochaines étapes.

> Je condamne avec la plus grande fermeté l'attaque perpétrée par des colons masqués à Taybeh, en Cisjordanie occupée, contre des Palestiniens, notre consul général, des diplomates français et polonais ainsi que des représentants catholiques. Un maire français a été agressé et un véhicule belge endommagé. Notre équipe est saine et sauve. Les Palestiniens sont confrontés quotidiennement à cette violence. Les colons ciblent également les journalistes qui couvrent l'actualité et les diplomates. La récolte des olives, le journalisme ou l'exercice de fonctions diplomatiques ne devraient jamais exposer quiconque à un risque d'agression. En tant que puissance occupante, les autorités israéliennes doivent protéger les Palestiniens, garantir la sécurité des diplomates et des journalistes et traduire les responsables en justice. L'impunité des colons violents doit cesser. La Belgique continuera de faire pression pour que l'UE impose des sanctions aux responsables de cette violence et à leurs complices. Cette violence est indissociable de la politique de colonisation illégale d'Israël. La Belgique condamne l'expansion des colonies et les tentatives de déplacement forcé des Palestiniens de leurs terres. L'occupation du territoire palestinien doit cesser.

 

♦ Les Engagés 
Yvan Verougstraete (président, député européen)

> Il y a 30 ans, la Marche blanche marquait à jamais l’histoire de notre pays. La Belgique perdait une part de son innocence, bouleversée par l’horreur, la douleur des familles et les failles de certaines institutions. Mais de cette tragédie est aussi né un immense élan de mobilisation. Des centaines de milliers de citoyens ont fait entendre leurs préoccupations : celles d’une société qui protège, qui exige la vérité et la justice, et qui refuse que de telles défaillances se reproduisent. Trente ans plus tard, des progrès ont été accomplis. La vigilance s’est accrue, la protection des enfants est devenue centrale et les attentes de la société ont contribué à faire évoluer les pratiques. Mais il reste du travail. Cette journée doit nous rappeler à la fois le chemin parcouru et celui qu’il reste à accomplir. Car la mémoire de la Marche blanche ne doit pas seulement nous inviter au recueillement. Elle doit continuer à nous engager, collectivement, pour une société plus attentive et plus protectrice.

> Les images de violence et de pillage qui secouent la France sont alarmantes. L’indignation est légitime. Les sanctions indispensables. Mais cela ne suffira pas. Ces événements nourrissent à mes yeux une double exigence : celle de condamner sans ambiguïté et celle de comprendre ce qui se joue plus profondément dans notre société. Aucune excuse pour les auteurs de violences ne peut être entendue. Les affrontements avec les forces de l’ordre, les dégradations, les incendies et les pillages sont inacceptables ! Ceux qui s’en rendent coupables doivent être poursuivis et condamnés avec fermeté. Se réclamer de la démocratie tout en détruisant ses fondements, à commencer par le débat, est une contradiction insupportable. La violence confisque la parole de la majorité silencieuse. Elle étouffe aussi celle de nombreuses personnes qui manifestent pacifiquement et dont les préoccupations méritent d’être entendues. La fermeté est indispensable. Mais elle ne peut pas constituer, à elle seule, une réponse. La responsabilité politique ne peut s’arrêter à la condamnation des violences. Elle oblige aussi à regarder la réalité en face. Le monde d’hier n’est plus. Les événements que nous traversons sont les symptômes de bouleversements profonds qui mettent sous pression notre prospérité, notre modèle social et notre démocratie. Pour de nombreux jeunes, l’inquiétude est réelle : celle de grandir dans un monde qui vacille, sans avoir le sentiment que quiconque en maîtrise le contrôle.
Cinq points de bascule nous obligent aujourd’hui à repenser notre modèle.
- Le vieillissement de la population. Nous devons garantir des pensions et des soins dignes sans faire peser une charge insoutenable sur celles et ceux qui travaillent pour les financer.
- ⁠La guérilla commerciale mondiale. Nous devons défendre une concurrence loyale, nos entreprises, nos emplois et notre pouvoir d’achat dans un monde où les règles sont de plus en plus contestées.
- Notre dépendance aux énergies fossiles. Près d’un milliard d’euros quitte chaque jour l’Europe pour payer nos importations énergétiques. Investir dans une énergie propre, abondante et abordable est devenu un impératif économique autant qu’environnemental.
-
⁠L’intelligence artificielle. Elle transforme déjà notre économie et notre société. La richesse qu’elle crée doit aussi contribuer au financement de notre modèle social, plutôt que d’accentuer les inégalités.
- La sécurité de notre démocratie. Désinformation, manipulation, guerres hybrides : nous devons protéger nos citoyens, nos institutions et notre capacité à décider librement de notre avenir.
Face à ces défis, les recettes du passé ne suffiront pas. Il faut du courage pour changer, de la lucidité pour regarder les difficultés en face et de la responsabilité pour construire des solutions durables. Le danger serait de céder à la facilité : exploiter les peurs, désigner des boucs émissaires ou prétendre que la seule réponse au radicalisme est davantage de radicalisme. L’extrême gauche et l’extrême droite sont devenues les meilleures ennemies l’une de l’autre. Chaque excès de l’une nourrit le discours de l’autre. Les colères alimentent les peurs, les peurs renforcent les colères. Et, dans cette spirale, chacun finit par servir la cause de son adversaire, tandis que les vrais problèmes restent sans réponse. La polarisation fragilise notre débat démocratique, nos institutions et la confiance collective. Elle détourne notre attention des enjeux essentiels et nous enferme dans des oppositions stériles.

> Du siège du PS vandalisé à Bruxelles à l’hôtel de ville de Limoges incendié, ces violences sont intolérables. Manifester est un droit. Casser, incendier et intimider ne le sera jamais. Il est temps de mettre fin à cette spirale de violence et à tous les discours qui attisent la haine.

> Excellente nouvelle pour les droits des consommateurs européens ! La justice européenne vient de clarifier les règles : les victimes de paiements non autorisés doivent être remboursées rapidement. C’est une avancée importante. Être victime d’une arnaque est déjà une épreuve. Se voir refuser le remboursement par sa banque en est une deuxième. Les consommateurs ne doivent pas être laissés seuls face aux conséquences des fraudes. Leurs droits doivent être concrets, et les banques doivent assumer leurs responsabilités.

 

♦ DéFI 
François de Smet (député)

> Ce gouvernement n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Parce qu’il est face à son vice de construction. (…)
Il y a un sérieux problème de méthode. Ils ont les mêmes discussions qu’il y a un an. Et la somme derrière laquelle il court - les fameux dix milliards - c’est celle qui était déjà manquante à la constitution du gouvernement en février 2025. (…)
Souvenez-vous, il y avait les fameux huit milliards à peu près d’effet retour qui n’était absolument pas justifiés et quantifiés. On leur avait dit, dès le début, vous allez avoir un rendez-vous avec la réalité à un moment. Donc, en fait, ils doivent toujours boucler leur accord de gouvernement initial. Ils n’ont toujours pas fait les arbitrages majeurs, notamment fiscaux et sociaux. Et donc, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. (…)
Le moment que nous vivons est intéressant parce que cette tension doit se résoudre dans un sens ou dans un autre. Ou bien cette coalition devient vraiment forte, pour de bon. Aussi forte que l’image de son Premier ministre, notamment sur le plan européen. Ou bien c’est M. De Wever qui va se transformer définitivement en Alexander De Croo et vous allez avoir (…) au pire une crise gouvernementale. (…)
Bart de Wever est dans cet exercice d’assainissement budgétaire, il veut vraiment assainir les comptes de l’État. Mais quelle est sa fin ? Lui, il ne se projette pas dans une Belgique à 2030 ou 2040 puisqu’il pense que ce pays doit être démantelé. Lui, Bart de Wever, agit comme un liquidateur qui aurait reçu une société dont il faut assainir les comptes. Et son idée, c’est d’assainir les comptes pour après démanteler et liquider cette société.

> La hausse la TVA, c’est le prototype de la mauvaise bonne idée. Si vous haussez la TVA, vous allez faire monter l’inflation, dont l’indexation. (…) Sur la TVA comme sur le reste, nous, on prône plutôt une meilleure efficacité. (…) Plutôt que de se dire, paresseusement, augmentons d’un point, non, allons rechercher ce qui devrait rentrer dans les caisses et ce qui ne rentre pas. Pourquoi est-ce qu’on ne parle pas d’abord d’aller rechercher la TVA qui n’est pas perçue ?
D’après l’Union européenne, la Belgique perd en moyenne cinq milliards d’euros chaque année de TVA non perçue. (…) Par fraude, par manque d’efficacité de l’administration, par le fait que la facturation électronique, pendant longtemps, n’a pas existé. (…) Plutôt que de se dire, paresseusement, 'augmentons d’un point', allons rechercher ce qui devrait rentrer dans les caisses et ce qui ne rentre pas. Ce serait beaucoup plus efficace et aussi beaucoup plus juste.

> Les visites domiciliaires sont le pire projet de l’Arizona. C’est pour moi la quintessence du projet illibéral qui viole la Constitution dans son article 15 qui garantit l’inviolabilité du domicile, qui criminalise les étrangers à outrance. On nous fait croire que ça ne va viser que les étrangers vraiment criminels et dangereux. Je rappelle qu’on a ce truc, qui s’appelle le Code pénal et, qui permet déjà d’aller chercher chez eux, de perquisitionner, même d’arrêter les étrangers ou les Belges d’ailleurs, qui sont coupables ou suspectés de crimes ou de délits. (…) Le juge d’instruction, c’est le joker qu’ils nous ont sorti. Les juges d’instruction, on les a auditionnés en commission. Eux-mêmes nous disent que le texte les instrumentalise. (…)
Le vrai problème n’est pas d’arrêter des gens car les centres fermés sont pleins. Et on n’arrive pas à renvoyer les gens qui sont notamment en prison, qui pour le coup, sont criminels, condamnés et dangereux. L’Arizona devrait peut-être se concentrer là-dessus.

> Est-ce qu’il ne serait pas temps de conditionner plus sérieusement les aides publiques aux effets leviers sur l’emploi ? Est-ce qu’il ne serait pas temps d’agir enfin sérieusement sur les prix de l’énergie, qui tuent nos industries ? Est qu’il ne serait pas temps d’avoir une véritable stratégie industrielle et de création d'emplois, qui repose sur autre chose que les flexijobs et les CPAS ?

 

● Danemark
♦ Gouvernement

♦ Venstre liberale parti
> Nous avons une seule revendication : Les Danois aux salaires ordinaires devraient pouvoir conserver une plus grande part de leurs revenus ! Le policier, le coiffeur, le boulanger et le chauffeur routier contribuent tous à la cohésion du Danemark et devraient tous bénéficier d'une réduction d'impôt. Malheureusement, le gouvernement ne prévoit de baisser l'impôt sur le revenu que pour les personnes gagnant plus de 58 000 couronnes par mois. C'est insuffisant. C'est pourquoi nous abordons les négociations fiscales avec une seule revendication : baisser l'impôt pour le caissier et l'enseignant également. Ainsi, tout le monde en profitera. La proposition du gouvernement comporte des points positifs : baisse de l'impôt sur les sociétés, réduction de l'impôt sur les classes moyennes et suppression de la surtaxe instaurée par les Modérés. C'est un point positif. Nous souhaitons donc parvenir à un accord avec le gouvernement afin d'alléger la pression fiscale sur les Danois et les entreprises, et nous abordons la question avec une attitude constructive. Mais dans le même temps, le gouvernement va instaurer une taxe déguisée, ce qui augmentera les impôts sur les revenus ordinaires. Cela rend notre revendication de baisses d'impôts pour les plus modestes encore plus cruciale. Nous avons de grandes ambitions pour le Danemark. Et nous sommes unis sur ce point au sein du Parti libéral, de l'Alliance libérale, du Parti populaire conservateur et des Démocrates danois. Nous participons aux négociations avec la même détermination. Car ainsi, nous pouvons garantir que le travail soit plus rémunérateur, y compris pour les plus modestes.

 

♦ Radikale Venstre
Martin Lidegaarg (leader)
> Le verdict vient d'être rendu dans le procès en diffamation intenté par Morten Messerschmidt contre moi, et comme prévu, il a été débouté. Après une évaluation globale, le tribunal conclut que « les déclarations de Martin Lidegaard sont étayées par des faits qui peuvent être considérés comme suffisants ». Je me réjouis bien sûr de ce verdict sans équivoque. Mais je suis profondément déçu par ce qu'il révèle. Que nous avons, au Danemark, un parti qui copie ouvertement les politiques et les méthodes de ses partis frères d'extrême droite, également impliqués dans le mouvement de remigration. En substance, la politique du Parti populaire danois est une politique de remigration qui vise à expulser les musulmans du Danemark. L'idée d'un peuple danois uni, au-delà des différences de religion et d'origine ethnique, a été abandonnée. Peu importe qui vous êtes, votre comportement ou votre attachement au Danemark et à ses valeurs, vous serez suspecté et ne pourrez jamais devenir un vrai Danois, simplement parce que vous êtes musulman. C’est le message de l’interview de Morten Messerschmidt dans Weekendavisen qui m’a fait prendre conscience de la gravité de la situation, car il marque un virage à droite brutal. Tant pour le Danemark que pour le Parti populaire danois. Les méthodes du Parti populaire danois sont également contraires aux valeurs danoises, et ce procès en est la parfaite illustration. Rien de tout cela ne préserve le Danemark ni la démocratie danoise. En revanche, le verdict d’aujourd’hui démontre clairement qu’au Danemark, chacun doit assumer la responsabilité de ses déclarations et opinions politiques. Puisse ce verdict contribuer à un débat politique et à une culture politique où nous pourrons discuter ouvertement du Danemark que nous aimons tous et que je continuerai de défendre, dans une version encore meilleure, pour tous les Danois.

 

● Espagne 
♦ Ciudadanos 
> Jeudi dernier, le 8 octobre, le Conseil général des citoyens a autorisé le secrétaire général, Carlos Pérez-Nievas, à entamer des discussions avec d'autres formations de notre espace idéologique afin d'explorer la possibilité de se présenter ensemble aux prochaines élections générales du 29 novembre .
À la suite de ces discussions, Ciudadanos a conclu un accord pour rejoindre le projet dirigé par Miriam González  et se présenter dans une coalition électorale avec Democracia21 et UCIN.
La coalition, baptisée Démocratie pour le XXIe siècle , présentera des candidats au Congrès des députés de Madrid et de Barcelone, concentrant ses efforts et ses ressources dans les circonscriptions où les chances d'obtenir une représentation parlementaire sont plus grandes.
Cette décision témoigne d'un sens des responsabilités et d'un réalisme politique. Chez Ciudadanos, nous sommes convaincus que l'Espagne a besoin d'une alternative réformiste, modérée et pro-européenne, capable de surmonter les confrontations et de contribuer efficacement à l'avenir de notre pays.
Miriam González a appelé celles et ceux qui croient à la nécessité du changement à unir leurs forces. Chez Ciudadanos, nous relevons ce défi, convaincus que son projet partage nombre des principes que nous avons toujours défendus: la liberté, l’égalité entre les Espagnols, le renouveau démocratique, l’européanisme et la modération face à l’extrémisme .
Notre objectif n’est pas simplement de participer aux élections, mais de le faire avec une réelle chance d’être représentés. Pour y parvenir, nous mettons notre expérience, notre structure territoriale, nos ressources et, surtout, l’engagement de nos membres et sympathisants au service de ce projet commun.
Nous comprenons qu'aujourd'hui, la meilleure façon de défendre nos idées est d'unir nos forces à celles de ceux qui partagent notre vision du pays.
Nous abordons cette nouvelle étape avec responsabilité et enthousiasme, convaincus que cette alliance peut être le point de départ pour consolider une alternative politique pour l'avenir, y compris face aux défis électoraux à venir.

> Le secrétaire général et le secrétaire aux Relations européennes ont participé au Sommet des dirigeants de Renew Europe, aux côtés de dirigeants de l'ensemble de l'Union européenne. Par ailleurs, nos partenaires européens ont réaffirmé leur engagement à nous aider à bâtir une Espagne plus prospère et tournée vers l'avenir.

 

● Hongrie
♦ Momentum Mozgalom

> György Matolcsy est en détention ! Le gourou de l'économie « non orthodoxe », qui croit que les anciens Hongrois étaient d'excellents neurochirurgiens et que la Hongrie est un « disque de traduction des structures économiques et spatiales », peut désormais patienter au grelot avant de répondre aux enquêteurs concernant le plus grand braquage de banque de Hongrie : le pillage et le gaspillage de centaines de milliards de la Banque nationale hongroise. Du beau travail ! On attend la suite avec impatience !

> Hier, le groupe parlementaire Tisza a décidé que Tibor Kapirnyák, célèbre pour ses photos prises lors de ses luxueux séjours de chasse, devait quitter la Commission de l'environnement. C'est une décision judicieuse que nous approuvons pleinement : un participant à des séjours de chasse de luxe en Afrique n'a pas sa place au sein d'une commission œuvrant pour la protection de l'environnement. Nous espérons qu'avec le départ de Kapirnyák, le lobby pro-environnemental s'affaiblira au sein de la Tisza et que la voix de ceux qui font de la protection de l'environnement une priorité se fera entendre davantage. Rappelons-le : le 30 septembre, le gouvernement a levé le moratoire sur l'exploitation forestière dans les forêts protégées. Cela signifie qu'à partir d'octobre, l'abattage d'arbres à des fins économiques pourra de nouveau être autorisé dans les forêts protégées de Hongrie. Cette décision gouvernementale, qui a surpris nombre d'observateurs, constitue une victoire pour ce même lobby qui reléguait la protection de l'environnement au second plan au sein de la Tisza. D'après la déclaration de patrimoine de Tibor Kapirnyák, ce dernier possède près de 130 hectares de forêt. La levée du moratoire sur l'exploitation forestière aurait donc probablement été avantageuse pour le vice-président sortant de la Commission de l'environnement. Bien que nous nous réjouissions du revirement de Tisza suite à l'indignation des électeurs, il convient de préciser que la passion de Kapirnyák pour la chasse et sa conception de l'environnement comme une simple ressource économique étaient notoires, même lorsque Tisza l'a nommé vice-président de la Commission de l'environnement. Le contrôle démocratique par les électeurs est une bonne chose, mais il serait encore préférable que le contrôle interne de Tisza ait également été efficace avant qu'une telle décision ne soit prise.

 

● Italie 
♦ Azione 
Carlo Calenda (secrétaire général) 

À partir d'aujourd'hui minuit, je rejoins la grève de la faim lancée par Pina Picierno pour attirer l'attention internationale sur la situation à Oleshky, ville ukrainienne où des milliers de personnes sont prises au piège en territoire occupé par l'armée russe, sans accès régulier à la nourriture et aux médicaments. Le dernier convoi de vivres de première nécessité est arrivé le 26 mai. Ceux qui restent risquent de mourir de faim, et ceux qui tentent de fuir risquent de marcher sur une mine. Cette initiative est louable et non violente. En Italie, certains réclament chaque jour « plus de diplomatie ». Voici une action diplomatique. Voyons combien de personnes se joindront à nous.

> Les nouvelles menaces exigent de nouvelles formes de défense. C'est pourquoi, il y a plus d'un an, nous avons présenté un projet de loi visant à établir un bouclier démocratique pour protéger notre démocratie et nos processus électoraux contre toute forme de menace ou d'ingérence de puissances étrangères. Il est donc essentiel que ce projet de loi ait été examiné par la Commission des affaires constitutionnelles du Sénat, même si cela a nécessité un an et demi d'attente. À présent, n'attendons plus : le bouclier démocratique doit être approuvé immédiatement.

> Communistes dans leur jeunesse, pro-Poutine aujourd'hui. Ils restent des illibéraux, dénonçant le fascisme tout en soutenant des dictateurs.

> [Trump] L'atout de Poutine se soumet à son maître. Voilà le monde dans lequel nous vivons. Et c'est très dangereux pour nous, Européens.

> Ce qui s'est passé à Milan est particulièrement choquant, mais des actes de violence similaires, même à plus petite échelle, se produisent quotidiennement dans toutes les villes italiennes. Le garçon qui a poignardé son professeur avec une caméra vidéo ; les bagarres organisées via les réseaux sociaux ; les courses de vitesse qui tournent au drame, et mille autres incidents « mineurs » que nous ne voyons pas. C'est un problème générationnel répandu, lié au laxisme des familles, mais surtout aux mauvais exemples et à la contagion des réseaux sociaux, auxquels ces enfants sont exposés très jeunes (8-9 ans). Le monde adulte n'est pas non plus épargné par les mauvais exemples véhiculés par la télévision et les autres médias : justiciers improvisés, délinquants mythifiés, influenceurs violents. La répression des actes de violence doit être ferme et efficace. Il ne s'agit pas de placer deux véhicules blindés devant une gare, mais plutôt d'utiliser, par exemple, la connexion à toutes les caméras disponibles, reliées à l'intelligence artificielle, pour signaler les rassemblements, les bagarres, etc., dès leur apparition et directement aux policiers les plus proches. Mais même cela ne suffit pas. Il faut s'attaquer de front au problème des réseaux sociaux, TikTok en particulier, en interdisant l'accès aux mineurs de moins de 15 ans et en exigeant une modération des contenus par les plateformes. Dans les zones de crise sociale complexe, outre un renforcement de la présence policière, il est indispensable d'organiser des activités périscolaires à tous les niveaux scolaires, afin d'aider les familles à accompagner leurs enfants, de les encourager à lire et à pratiquer un sport. L'expérimentation de Caivano sur la continence intègre certains de ces éléments. Elle doit être améliorée et étendue. À Milan, la majorité des hooligans étaient issus de familles non européennes. Le multiculturalisme dans le processus d'intégration constitue assurément un problème supplémentaire. Mais si vous interrogez vos enfants, ils vous diront à quel point le phénomène de la violence chez les adolescents est répandu, même parmi les enfants de familles italiennes souvent considérées comme « très traditionnelles ». Il faut sauver une génération. Rigueur, sécurité, apprentissage des limites, construction d'une vie hors ligne. Des mesures s'imposent à tous ces niveaux. Sans excuses ni simplifications. Face à un problème aussi profondément enraciné, un dialogue entre la droite, la gauche et le centre est essentiel. Les insultes entre factions et l'instrumentalisation de ces incidents à des fins électorales ne rendent pas ceux qui se livrent à ces comportements meilleurs que ceux qui brisent des vitrines.

> Je partage entièrement l'avis de Meloni quant à son refus de signer l'augmentation salariale d'un milliard d'euros pour les magistrats. L'inflation ronge les salaires des ouvriers, des infirmières, des enseignants, des indépendants, etc., sans parler des jeunes. Nous avons assurément d'autres priorités.

> Il me semble positif, voire opportun, que les jeunes se mobilisent enfin face au manque d'investissement dans l'éducation et la recherche, et aux salaires de misère qu'ils perçoivent à leur entrée sur le marché du travail. Cette année, j'ai visité 35 universités et rencontré 10 000 étudiants. Je les ai toujours encouragés à se mobiliser pour défendre leurs droits. C'est donc une bonne chose que cette mobilisation ait lieu avant la présentation du budget. Mais attention à ne pas se laisser instrumentaliser par ceux qui ont toujours défendu les droits fondamentaux et bloqué toute réforme scolaire. La CGIL est en première ligne.

> Roman a 35 ans et vient de Kharkiv. Ce jeune barman, quelques mois après le début de la guerre, a décidé de s'engager pour défendre les siens et a combattu à Bakhmut. Une mine lui a coûté une jambe. Aujourd'hui, il court dix kilomètres d'affilée avec sa prothèse et aide d'autres blessés de guerre à se relever. Chaque jour, je pense à ces jeunes comme lui, qui font preuve d'un courage exceptionnel : le courage de se sacrifier pour défendre la liberté de tous. Être à leur niveau est le minimum que nous puissions faire lors des prochaines élections. Nous sommes confrontés à un mouvement de droite paralysé et à un large éventail d'électeurs entraînés par les positions indignes de Giuseppe Conte. Pourtant, il faut de la force et du courage ; c'est précisément ce que je demande chaque jour à moi-même, à notre parti, et aujourd'hui à vous, jeunes engagés dans la vie publique.

> Lutter contre le bipopulisme est une tâche difficile, longue et risquée. @Azione_it s'y emploie depuis sept ans, en restant au centre et en abordant la politique avec idéalisme et objectivité. Nous avons connu des hauts et des bas, mais nous sommes toujours là, fiers et intègres. Nous étions, et sommes plus que jamais, convaincus qu'il n'y a pas d'avenir pour l'Italie et l'Europe si nous persistons dans l'extrémisme, l'opportunisme et les fausses promesses. Au cours de cette législature, nous avons vu Renzi se réfugier dans le camp des partisans de la majorité, et des parlementaires d'Azione et d'IV soutenir le gouvernement en cours de législature. Nous resterons ici. Pour défendre les valeurs européennes et la démocratie libérale. Quiconque souhaite travailler avec nous est le bienvenu ; quiconque, à l'approche des élections, cède à la panique et se tourne vers la droite ou la gauche en quête de raccourcis sera jugé par les électeurs. À ces derniers, nous ne pouvons adresser que l'exhortation d'un grand Romain : « Signifer, statue signum; hic manebimus optime! » (Significator, mets un signe ; nous resterons ici très bien !)

> Aujourd'hui, tous les journaux ne parlent que des signataires et des votants des innombrables motions transpartisanes présentées par la droite et la gauche. Dans ce brouhaha inutile, l'information la plus importante a été occultée : la volonté du Premier ministre de mettre en place un rempart démocratique contre les ingérences étrangères avant les prochaines élections législatives.

 

♦ Spazio pubblico 
Pina Picierno (leader)

> À Oleshky, en Ukraine, des milliers de personnes sont prises au piège en territoire occupé par l'armée russe, sans accès régulier à la nourriture et aux médicaments. Les zones minées rendent toute fuite extrêmement dangereuse : ceux qui restent risquent de mourir de faim, ceux qui tentent de partir mettent leur vie en danger. Pour attirer l'attention internationale sur cette situation d'urgence, j'ai annoncé une grève de la faim. Mais ce combat ne peut être mené seul. J'appelle les associations, les citoyens et les institutions nationales et locales à se joindre à cette grande action non violente. Nous devons exiger une trêve humanitaire immédiate, l'acheminement de nourriture et de médicaments, et la possibilité d'évacuer en toute sécurité les civils qui souhaitent quitter la ville. Vous pouvez nous rejoindre en cliquant ici : https://spaziopubblico.eu/save-oleshky/ Par cette mobilisation, nous voulons soutenir les efforts du pape Léon XIV et de tous ceux qui, en ce moment même, font tout leur possible pour éviter une tragédie humanitaire d'une ampleur considérable. On ne peut abandonner les habitants d'Oleshky. Il est temps d'agir ensemble, pour que la diplomatie aboutisse à des résultats concrets et que personne ne soit condamné à mourir en silence.

> Les agriculteurs italiens ne demandent pas d'aide ; ils demandent simplement à pouvoir travailler. Le gouvernement devrait immédiatement refinancer le crédit d'impôt sur le diesel agricole et initier une réduction structurelle des droits d'accise assortie d'une couverture significative. La défense nécessaire de nos libertés ne saurait justifier l'inertie dans d'autres secteurs essentiels. @GiorgiaMeloni

> D'un côté, les réflexes d'une droite incapable de promouvoir le dialogue et la cohésion ; de l'autre, une gauche incapable de se distancer clairement de la violence politique, et qui, dans certains cas, flirte même avec elle en invoquant des justifications sociologiques improbables, comme viennent de le faire Landini, Schelin et Fratoianni/Bonelli, en appelant à « comprendre » la détresse sociale des jeunes (!!!). La violence politique est un fléau de notre époque, qui s'exprime sous diverses formes, des commentaires en ligne aux manifestations de rue auxquelles nous assistons actuellement. Elle mérite une réflexion approfondie, des choix clairs et sans équivoque, et une politique qui redevienne un lieu de résolution des conflits, et non d'exacerbation. Il est important de ne pas oublier que la polarisation dans laquelle nous sommes plongés est l'un des plus puissants déclencheurs de la violence que nous observons. C'est pourquoi nous devons mettre fin à cette querelle incessante qu'est le débat public italien et renouer avec une conception de la politique comme lieu de résolution. Pour cette raison aussi — et peut-être surtout —, nous devons œuvrer à doter le pays d'un centre réformiste.

> Il existe une Italie qui refuse de choisir entre deux populismes, qui croit en la liberté, la compétence, la responsabilité, l'Europe et la démocratie libérale. C'est pourquoi nous agissons et continuerons d'agir.

> Notre groupe, Renew Europe, appelle les dirigeants européens à agir d'urgence, car les restrictions imposées par Starlink mettent en péril la défense de l'Ukraine. Nous ne devons pas laisser à Elon Musk et à Donald Trump le soin de décider si l'Ukraine sera en mesure de se défendre ou non. Il est temps que l'Europe intervienne et garantisse à Kiev l'accès aux communications par satellite et que les capacités européennes puissent être déployées pour pallier ce manque. La souveraineté numérique est un impératif de sécurité.

 

● Pays-Bas
♦ Gouvernement
Rob Jetten (premier ministre)

> Au deuxième jour du Conseil européen, la guerre en Ukraine et la question migratoire sont à l'ordre du jour. Dans l'intérêt des Ukrainiens qui luttent pour leur liberté, et dans l'intérêt de notre propre sécurité, nous devons continuer à soutenir l'Ukraine par tous les moyens possibles : militairement, humanitairement, financièrement, juridiquement et politiquement. C'est pourquoi je continue d'appeler les autres pays à apporter une contribution substantielle, financière ou militaire. Par ailleurs, nous devons maintenir la pression sur la Russie. C'est pourquoi nous avons imposé de nouvelles sanctions à la Russie la semaine dernière, ciblant les personnes et les entreprises impliquées dans la production de missiles. Des efforts importants sont également déployés pour mieux contrôler les entrées dans l'Union européenne. Le Pacte européen sur l'asile et la migration doit être pleinement et effectivement mis en œuvre par tous les États membres, y compris le renvoi des demandeurs d'asile entrés dans un autre État membre. Aujourd'hui, je m'entretiens avec des pays partageant les mêmes vues sur des solutions complémentaires, telles que l'augmentation des capacités d'accueil dans la région, une lutte plus efficace contre le trafic d'êtres humains et la possibilité de créer des centres de retour. Nous travaillons d'arrache-pied et prévoyons de prendre des mesures concrètes avant la fin de l'année.

> Principaux sujets abordés au Conseil européen cette semaine : le budget pluriannuel européen, la compétitivité et les relations commerciales avec la Chine. Dès le début des négociations sur le budget pluriannuel de l’UE, les Pays-Bas ont affirmé clairement leur position : des choix fermes sont nécessaires, tant sur le fond que sur la forme. Il s’agit de privilégier l’innovation et la pérennité de notre économie, de renforcer notre sécurité et d’améliorer le contrôle des migrations. La proposition actuelle ne constitue pas une base d’accord. Nous restons attachés à un budget moderne et abordable, adapté aux enjeux futurs. L’ordre du jour d’aujourd’hui porte également sur les mesures prises pour une Union européenne plus forte et plus compétitive. Dans ce contexte, nous discutons également de solutions pour lutter contre la flambée des prix de l’énergie : investir dans les énergies propres afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles coûteuses importées. Par ailleurs, nous devons redoubler d’efforts pour établir des relations commerciales équitables avec la Chine. Enfin, nous abordons les réformes indispensables pour permettre à l’UE de s’élargir et la préserver lors du processus d’adhésion de nouveaux États membres. Une UE plus large offre des opportunités : un poids politique accru et une compétitivité renforcée.

 

● Pologne
♦ Polska 2050
> Le président Trump prétend ne pas s'intéresser à l'Europe. Mais dès qu'il peut aider l'extrême droite à accéder au pouvoir, il s'implique soudainement beaucoup. Il traite le monde comme un plateau de Monopoly et les autres dirigeants comme des pions. 

> Braun instrumentalise la question ukrainienne et celle des réfugiés pour effrayer la population, puis se présente comme un garant de la sécurité. À cela s'ajoutent des promesses de réformes fiscales miraculeuses et des promesses de résolution rapide de tous les problèmes. Les deux Confédérations tiennent le même discours.

> Victoire des femmes aujourd'hui ! La Diète a approuvé le projet Pologne 2050, qui rétablit le compromis sur l'avortement et propose un soutien psychologique. PS : Et la droite ? Eh bien, une fois de plus, elle a privilégié l'idéologie politique à la vie et à la sécurité humaines.

> Là où la peur s'installe chez les femmes et les médecins, les luttes politiques doivent cesser. En Pologne 2050, nous choisissons la voie de la raison, du respect et du compromis. Députée Maja Nowak : « Nous pouvons avoir des opinions divergentes sur la portée de ces réglementations concernant l'avortement, mais nous ne devrions pas diverger sur un point : la sécurité des femmes doit être garantie. »

> Les femmes ne devraient pas avoir peur de tomber enceintes à cause des conséquences que leur état de santé pourrait avoir. C'est pourquoi nous avons besoin d'un dispositif d'aide. Lorsqu'un diagnostic compromet l'espoir de survie de l'enfant, une femme doit pouvoir décider de la suite. C'est elle qui est confrontée à cette tragédie.

> Ils s'essuient la bouche avec la Constitution et protègent le Tribunal constitutionnel comme un butin de parti. Święczkowski et le président Nawrocki préféreraient se jeter dans la pagaille plutôt que de perdre le contrôle de ce bastion du PiS. Voilà tout ce qui leur reste du respect qu'ils portent à l'État.

> Depuis trois ans, nous reconstruisons l'armée, augmentons les dépenses de défense et rétablissons le système de protection civile polonais. Avec la guerre russe à nos frontières, il n'y a pas de tâche plus importante aujourd'hui. Et la droite se plaint, comme d'habitude, comme si elle avait oublié qui cherchait à bloquer les milliards dont la Pologne a besoin.

> La Pologne a besoin d'un Tribunal constitutionnel opérationnel, et non d'une nouvelle série de querelles partisanes concernant la composition de son siège. Aujourd'hui, le Tribunal constitutionnel n'est qu'une façade. Il est temps de le réformer en profondeur et de reconstruire une institution indépendante de tous les partis.

> La guerre profite aux plus grandes puissances. Elles peuvent mobiliser leurs troupes, intimider l'adversaire, et pourtant échouer à s'attaquer aux problèmes les plus importants. Notre succès commun repose sur une orientation constante : l'UE, l'OTAN et la force du droit plutôt que la loi du plus fort. On peut débattre de bien des choses, mais ce fondement ne saurait être abandonné à ceux qui rêvent de faire la paix avec la Russie. La présidente de Polska 2050, Kpelczynska : «S'en tenir à ce choix civilisationnel est un pilier absolument fondamental.»

> Voilà les résultats que nous souhaitions ! Le développement du logement social et la suppression des subventions qui ont fait flamber les prix de l'immobilier constituent l'une des plus grandes réussites du programme Pologne 2050 durant les trois années de coalition. La présidente de Polska 2050, Kpelczynska : « Le logement change tout pour les jeunes et les familles. »

> Si nous voulons vaincre les radicaux, nous devons prendre la désinformation au sérieux. C'est pourquoi nous privilégions l'éducation aux médias, le soutien aux médias locaux et le journalisme indépendant. Il est essentiel que les gens puissent vérifier l'information avant d'être endoctrinés !

 

♦ Unia Centrum
> Le président n'a aucun pouvoir pour nommer les juges du Tribunal constitutionnel, ni le droit de contrôler la légalité de leur nomination. Le président Nawrocki s'arroge tout simplement des pouvoirs qu'il ne possède pas.

> Du point de vue de la sécurité polonaise, le rapport de la commission démontre que Pegasus était totalement inefficace, car le système ne fonctionnait pas avec les cartes SIM russes et biélorusses. Or, la Russie et la Biélorussie représentent aujourd'hui, et représentaient déjà à l'époque, les plus grandes menaces pour nous.

 

● Roumanie
♦ Gouvernement
Nicosur Dan (président)

> Suite à ma rencontre la semaine dernière à Bruxelles avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, et le Premier ministre bulgare, Roumen Radev, le Conseil de l'Atlantique Nord s'est réuni hier pour évaluer les derniers développements en mer Noire et discuter de mesures concrètes visant à renforcer la sécurité et à protéger la navigation, le commerce et les infrastructures énergétiques. La Roumanie a clairement indiqué qu'elle attend un soutien accru, notamment par le biais de capacités supplémentaires de lutte anti-drones, de surveillance, de reconnaissance et d'expertise, ainsi que d'une posture de l'OTAN adaptée et renforcée dans la région. Ces éléments sont essentiels pour protéger les vies humaines, le commerce mondial et les infrastructures critiques, ainsi que pour garantir la sécurité et l'ouverture de la mer Noire. La Roumanie remplit son devoir, comme en témoigne le 17 octobre, lorsque deux avions de chasse F-16 de l'armée de l'air roumaine ont intercepté et abattu deux drones qui avaient pénétré illégalement dans notre espace aérien national, au-dessus des eaux territoriales roumaines au large de Sulina. Les deux drones ont été neutralisés quelques minutes après leur entrée dans notre espace aérien. Je félicite nos pilotes pour leur professionnalisme et leur rapidité de réaction. La réponse de la Roumanie restera ferme : nous défendrons notre espace aérien et nos eaux territoriales en toutes circonstances, aux côtés de nos alliés. La sécurité de la mer Noire est essentielle non seulement pour la Roumanie et les États riverains, mais aussi pour l'ensemble de l'Europe et pour le commerce international. La réunion d'hier a clairement démontré que la solidarité des Alliés est inébranlable. L'engagement de défendre chaque territoire allié, y compris nos eaux et notre espace aérien, est partagé par toute l'Alliance.

> À compter d'aujourd'hui, nous avons un nouveau gouvernement validé par le Parlement. Je tiens à remercier le Premier ministre Ilie Bolojan et son cabinet pour leurs efforts tout au long de cette période. Le Premier ministre, les ministres précédents et ceux qui ont suivi, chacun d'eux a travaillé sans relâche et s'est consacré pleinement à son domaine de compétence. Je vous remercie également car, durant ces cinq mois et demi d'absence de gouvernement aux pleins pouvoirs, la Roumanie a continué de fonctionner. Nous avons dû finaliser les chapitres de négociation du PNRR et de l'OCDE, mener à bien le programme SAFE, faire l'objet d'évaluations par les agences de notation et, durant toute cette période, une véritable collaboration s'est instaurée entre les partis politiques sur les questions importantes. C'est un signe de maturité pour notre démocratie. Je remercie également Eugen Tomac, Adrian Veștea et Siegfried Mureșan pour leurs efforts visant à former un gouvernement avec les personnes qui ont assumé cette responsabilité, en particulier celles qui n'étaient pas issues du monde politique. Il est en effet toujours difficile de passer du monde professionnel, où l'on a acquis des années d'expérience et de reconnaissance, à celui des médias. C'est un acte de courage. Je félicite Luca Niculescu, qui a su, en peu de temps, élaborer un programme gouvernemental, constituer une équipe et, surtout, obtenir le soutien de la majorité parlementaire. Cela signifie qu'il possède des compétences qu'il devra pleinement mettre à profit dans les mois à venir. Ce sera probablement plus difficile qu'actuellement, mais je suis convaincu qu'il saura trouver le juste équilibre, notamment dans ses relations avec le Parlement. La Roumanie a contracté des obligations financières pour assurer son avenir économique. Là encore, il est essentiel de trouver un juste milieu entre ces contraintes et les attentes des Roumains. Ces derniers attendent des réformes, et celles-ci doivent être mises en œuvre, ou du moins amorcées. Je me réjouis que le nouveau gouvernement dispose d'un portefeuille dédié à la numérisation et à l'intelligence artificielle. Notre pays doit se projeter dans l'avenir économique et s'intégrer aux enjeux de l'économie mondiale, car nous possédons de nombreux atouts concurrentiels. Je souhaite plein succès aux membres du gouvernement !

> Le défi le plus important auquel la démocratie est confrontée aujourd'hui est la communication sur les réseaux sociaux. C'est l'un des messages que je souhaitais transmettre aujourd'hui lors des discussions sur l'état de droit au sein du forum dédié. Comment garantir la préservation du principe fondamental de la démocratie, « une personne, une voix, une voix », sans porter atteinte à la liberté d'expression et d'association ? Nous constatons qu'il est devenu extrêmement facile de payer mille voix pour couvrir une seule voix légitime, et c'est une question sur laquelle chacun d'entre nous, soucieux de la démocratie et de l'état de droit, doit réfléchir. L'état de droit ne peut exister sans l'aspiration de la société à des mécanismes qui régulent équitablement les relations entre les citoyens, l'État et les institutions. La protestation et l'indignation sont des moyens démocratiques légitimes et doivent être utilisés, mais le dialogue et le compromis sont également indispensables pour parvenir à un consensus. Autrement, nous risquons de nous retrouver avec une société où chaque groupe reste campé sur ses positions, ce qui ne peut jeter les bases d'une construction démocratique permettant d'aligner les institutions et les règles sur les aspirations du peuple. L'état de droit signifie, en termes plus accessibles, le respect de la loi. Il est important de créer une société où les institutions se contrôlent mutuellement, afin d'éviter les dysfonctionnements, de s'entraider pour mieux fonctionner, dans l'intérêt du citoyen.

> J'ai eu hier un entretien très fructueux avec le Président de la République française, Emmanuel Macron. Le partenariat stratégique franco-roumain est un pilier essentiel de notre sécurité commune et de notre coopération bilatérale. J'ai fait part de la profonde préoccupation de la Roumanie concernant les récentes attaques de drones contre des navires marchands en mer Noire et, à cet égard, j'ai salué la solidarité et le soutien manifestés par la France en faveur de la sécurité de la navigation dans la région. Parallèlement, nous avons poursuivi le dialogue relatif à la candidature de la Roumanie au poste de Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie.

 

● Suède
♦ Liberalerna
> 37 jours. C'est le temps qui s'est écoulé entre les élections de 2022 et l'entrée en fonction du gouvernement d'Ulf Kristersson. Aujourd'hui, le même laps de temps s'est écoulé depuis les élections de cette année. Le processus de formation du gouvernement se poursuit et la Suède attend toujours de savoir qui composera le prochain gouvernement.

> Depuis l'arrivée au pouvoir des Libéraux il y a quatre ans, ces derniers ont œuvré pour obtenir le financement de plus de 12 millions de nouveaux livres pour les écoles suédoises. Environ la moitié sont des manuels scolaires et l'autre moitié des romans. Si l'on alignait autant de livres, on recouvrirait toute la Suède du nord au sud. Cela fait partie de notre vaste réforme des écoles suédoises : moins de temps passé devant les écrans, plus de livres et un accent mis sur la lecture et le savoir. Place aux livres ! Place aux écrans !

 

♦ Centerpartiet
> Le Parti du Centre a voté contre la candidature de Magdalena Andersson au premier tour de scrutin pour le poste de Premier ministre. Le parti estime qu'il n'existe pas de programme politique concret pour un nouveau gouvernement, ancré au centre, et appelle désormais à la poursuite du processus de formation du gouvernement.
Le Parti du Centre votera contre Magdalena Andersson lors du premier vote pour le poste de Premier ministre. La raison invoquée est l'absence de programme politique concret, ancré au centre. La dirigeante du parti, Elisabeth Thand Ringqvist, précise dans un commentaire :
« Depuis les élections, le Parti du Centre a pris plusieurs initiatives constructives pour faire avancer la formation du gouvernement. Lors de nos discussions, nous avons clairement indiqué que c'est le contenu des politiques qui est déterminant, et non l'accumulation de postes ministériels. »
Les résultats des élections ne donnent pas de mandat clair à un virage à gauche marqué. Il est donc crucial pour nous qu'un nouveau gouvernement mène une politique de centre. Le Parti du Centre peut certes présenter un gouvernement composé uniquement de sociaux-démocrates, mais il ne dispose d'aucun programme politique concret de centre. C'est pourquoi le Parti du Centre votera non au poste de Premier ministre aujourd'hui.
« Il appartient désormais au Président de la Chambre de poursuivre le processus. Le Parti du Centre reste disposé à dialoguer afin de parvenir à un gouvernement stable. Nous sommes ouverts à Magdalena Andersson et aux autres partis avec lesquels nous avons déclaré, durant la campagne électorale, que nous pourrions coopérer au sein d'un gouvernement. »

 

Elisabeth Thand Ringqvist (présidente)
> Je suis honorée d’avoir été chargée par le Président de la Chambre d’étudier les possibilités d’un gouvernement de centre. Mon ambition est de contribuer à la résolution de la question gouvernementale, et non de devenir moi-même Première ministre.
Pour le Parti du Centre, l'emploi, le climat et la protection sociale sont au cœur des préoccupations.
Le Parti du Centre souhaite un gouvernement actif qui crée des emplois, réduit les émissions et renforce la protection sociale. J’invite donc tous les chefs de parti à des discussions
Dans l'alternative de centre qui se présente à nous, la candidate la plus probable au poste de Premier ministre est Magdalena Andersson, qui dirige le plus grand parti,

 

 

 


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